+†+Yesus Kristus azu+†+

« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

Un Catholique nommé saint Augustin

Nombreux sont les non-catholiques, surtout parmi les protestants, qui se prévalent de l’autorité de saint Augustin contre l’Eglise catholique. Nous allons montrer que cette revendication est infondée en exposant la catholicité de ce dernier.

Voici le plan de notre étude :

I) Règle de la foi

A) Ecriture Sainte et Tradition

B) Ecclésiologie

1) Fondation de l’Eglise sur saint Pierre

2) La Papauté

II) Doctrines du baptême

A) Baptême des nouveaux-nés

B) Régénération baptismale

C) La validité du baptême conféré par les hérétiques

III) Culte des saints

A) Culte des défunts

1) Prières à des personnes décédées

2) Culte des reliques

B) Doctrine mariale

1) Immaculée Conception

2) Le titre de « Mère de Dieu »

3) Virginité Perpétuelle

IV) Prières pour les morts

V) Sauvés par la « foi seule » ?

VI) Présence Réelle du Christ dans l’Eucharistie

VII) Confession à un prêtre

VIII) Le célibat des prêtres

IX) Les livres deutérocanoniques

A) Saint Augustin seul

B) Les conciles auxquels saint Augustin participa

1) IIIè concile de Carthage (397)

2) Concile général d’Afrique (419)

X) Filioque

XI) Union de l’Eglise et de l’Etat

I) Règle de la foi

A) Ecriture Sainte et Tradition

Voir notre article : Saint Augustin enseignait-il « sola scriptura » ?

Voir aussi notre article sur « sola scriptura » et la Tradition : ici

B) Ecclésiologie

1) Fondation de l’Eglise sur saint Pierre

Voir notre article : Saint Augustin et la fondation de l’Eglise sur Saint Pierre

Voir aussi notre article : Matthieu XVI, 18 : le Christ fait de saint Pierre la Pierre de fondement de son Église

2) La Papauté

Voir notre article : Un Papiste nommé saint Augustin

Voir aussi notre article : La Papauté depuis les apôtres

II) Doctrines du baptême

A) Baptême des nouveaux-nés

« Pour appuyer votre doctrine de la réitération du baptême, cessez donc de nous opposer l’autorité de Cyprien ; avec nous bien plutôt imitez son exemple et conservez l’unité. De son temps la question de la réitération du baptême, à peine soulevée, n’avait point encore été l’objet d’un examen sérieux, et cependant l’Eglise conservait la salutaire coutume de corriger, dans les schismatiques ou les hérétiques, ce qu’ils avaient de dépravé, et de ne pas réitérer ce qu’ils avaient reçu; de guérir les blessures qui leur avaient été faites, en respectant ce qui eu eux était parfaitement sain. Je regarde cette coutume comme venant directement des Apôtres; non pas en ce sens que nous la trouvions formellement signalée dans les écrits apostoliques ou dans les décrets des premiers conciles; pour appuyer ma conclusion, il me suffit de constater que cette coutume a été conservée par toute l’Eglise et que nous croyons avoir été et transmise et recommandée par les apôtres eux-mêmes. Or, Cyprien nous a déclaré que cette coutume salutaire commença à recevoir quelques corrections de la part d’Agrippinus, son prédécesseur. Mais, aidée par des recherches plus approfondies, et s’affirmant par l’organe d’un concile universel, après avoir surnagé au-dessus des flots de l’incertitude et du doute, la vérité se fit jour et déclara qu’Agrippinus avait commencé, non pas à la corriger, mais à la corrompre. En ce qui concerne la rémission des péchés et la régénération spirituelle de l’homme, se présentait donc l’importante question de savoir si des résultats aussi précieux pouvaient se produire dans les rangs des hérétiques ou des schismatiques. La solution devenait très-difficile, quand surtout on avait sous les yeux l’exemple d’Agrippinus et de quelques autres évêques qui avaient mieux aimé innover que de conserver les anciens usages dont ils ignoraient la raison d’être. Voilà ce qui nous explique pourquoi de vains sophismes s’élevèrent tout à coup, éblouirent les yeux et ne permirent plus à la vérité de se faire jour. » (Du baptême : contre les donatistes, II, 7, 12)

 

« Si quelqu’un nous demande de produire quelque autorité divine à l’appui (de notre usage de baptiser les enfants), quoiqu’il n’y ait rien de plus sage que de considérer comme venant d’autorité apostolique ce que l’on trouve pratiqué de tout temps par toute l’Eglise sans avoir jamais été établi par aucun concile ; nous répondrons encore, que l’utilité du baptême conféré aux enfants peut s’inférer très-légitimement de l’usage de circoncire les enfants prescrit à l’ancien peuple. » (Du baptême, contre les donatistes, IV, 24)

 

« Depuis l’enfant nouveau-né jusqu’à l’homme cassé de vieillesse, tous doivent être admis au baptême, parce que tous y meurent au péché; l’enfant meurt au péché originel, et les personnes plus âgées meurent de plus à tous les péchés qu’elles ont ajoutés à celui de leur naissance par les fautes de leur vie. » (Traité de la Foi, de l’Espérance et de la Charité, 43)

 

« Après cette discussion, telle que nous l’ont permise et le temps et nos forces, je conclurais que les raisonnements et les témoignages de l’Écriture ont une valeur égale ou presque égale dans les deux hypothèses, si la coutume où est l’Église de baptiser les petits enfants, ne me faisait pencher en faveur de l’opinion selon laquelle les âmes émanent de celles des parents; je ne vois aucune réponse à faire à cette opinion sur ce point; si Dieu m’envoie ensuite quelque lumière, s’il accorde même la grâce d’écrire aux docteurs qui se préoccupent- de ces questions, je le verrai avec plaisir. Aujourd’hui toutefois je déclare que l’argument tiré du baptême des petits enfants est très sérieux, afin qu’on s’occupe de le réfuter, s’il est faux. Car, ou nous devons abandonner cette question et croire qu’il suffit pour la foi de savoir le but où nous conduira une vie pieuse, sans connaître notre origine ; ou l’âme intelligente est portée avec ardeur à sonder un problème qui la touche : alors, mettons de côté toute obstination dans le débat ; faisons nos recherches avec conscience, demandons avec humilité, frappons avec persévérance. Si cette connaissance nous est utile, Celui qui sait mieux que nous ce qu’il nous faut nous l’accordera, lui qui donne ce qui leur est bon à ses enfants (I Jean III, 6). Toutefois l’usage où l’Église, notre mère, est de baptiser les enfants, doit être pris en sérieuse considération : il ne faut ni le regarder comme inutile, ni croire qu’il n’est pas une tradition des Apôtres. Cet âge tendre offre un argument d’autant plus sérieux, que le premier il a eu le bonheur de verser son sang pour le Christ. » (Commentaire sur la Genèse eu sens littéral, X, 23)

 

« Ceux mêmes qui n’ont aucun péché personnel à raison de leur âge, ont contracté déjà ce péché originel, ils sont ainsi par nature enfants de colère ; et de cette colère, de cette maladie, de ce péché, nul n’est affranchi que par l’Agneau de Dieu qui efface les péchés du monde (Jean I, 29) ; que par le médecin qui n’est pas venu pour les hommes bien portants, mais pour les malades, que par le Sauveur dont la venue a été annoncée au genre humain en ces termes : « Il vous est né aujourd’hui un Sauveur (Luc II, 11) » ; que par le Rédempteur dont tout le sang efface notre dette. Car, qui oserait dire que Jésus-Christ ne soit pas le Sauveur et le Rédempteur des enfants ? Et de quoi les sauve-t-il, s’il ne trouve en eux aucune maladie de péché originel ? Comment les rachète-t-il, s’ils n’ont pas été vendus au péché, rien que par leur naissance du premier homme ? N’allons donc pas, à notre fantaisie, promettre aux enfants aucune sorte de salut éternel en dehors du baptême de Jésus-Christ ; la divine Écriture, qui ne fait point semblable promesse, doit être préférée à tout esprit humain. » (Du mérite et de la rémission des péchés et du baptême des petits enfants, I, 23)

 

« Quoi! me dira-t-on encore, un enfant même aurait besoin d’être délivré ? Sans aucun doute : nous en avons pour garant cette mère qui court à l’église avec son petit pour le faire baptiser. Nous en avons pour garant notre sainte mère l’Eglise elle-même qui reçoit ce petit pour le purifier, soit qu’elle doive le laisser mourir après l’avoir délivré, ou le faire élever avec piété. Qui oserait élever la voix contre une telle mère ? Nous en avons pour garant enfin les pleurs mêmes que répand cet enfant en témoignage de sa misère. Si peu intelligente qu’elle soit, cette faible nature atteste à sa manière son malheureux état; elle ne commence point par rire, mais par pleurer. Ah ! reconnais cette triste situation et prête-lui secours. Que, tous ici prennent des entrailles de miséricorde. Moins ces petits peuvent faire pour eux-mêmes, plus nous devons parler en leur faveur : L’Eglise a coutume de protéger les intérêts des orphelins : ah! parlons tous pour eux, tous portons-leur secours afin de les faire échapper à la perte du patrimoine céleste. C’est pour eux que leur Seigneur s’est fait petit enfant. Comment n’auraient-ils point part à la délivrance qu’il assure, puisque les premiers ils ont mérité d’être mis à mort pour lui ? » (Sermon 293, n. 10)

 

« Si tu adores le Dieu des patriarches, pourquoi ne crois-tu pas que la circoncision faite le huitième jour, et dont le précepte fut donné à Abraham, figurait d’avance la régénération qui se fait en Jésus-Christ ? Si tu croyais cette vérité, tu comprendrais que l’âme d’un enfant, à moins qu’elle ne fût souillée de quelque péché, ne pouvait être avec justice bannie du milieu de son peuple, quand cet enfant n’avait pas été circoncis le huitième jour [Genèse XVII, 12-14 ; Jérémie XXXII, 18]. Si tu adores le Dieu des patriarches, pourquoi ne crois-tu pas ce que ce Dieu a dit si souvent par leur bouche : « Je vengerai sur les enfants les péchés de leurs pères [Exode XXXIV, 7] ? » Si tu adores le Dieu des Apôtres, pourquoi ne crois-tu pas que le corps est mort à cause du péché [Romains VIII, 10] ? Si tu adores le Dieu en qui a espéré et en qui espère l’Église des premiers-nés dont les noms sont inscrits dans les cieux, pourquoi ne crois-tu pas que les enfants, sur le point d’être baptisés, sont arrachés à la puissance des ténèbres [Colossiens I, 13], puisque l’Église fait sur eux des insufflations et des exorcismes, afin précisément d’expulser de leurs âmes la puissance des ténèbres ? » (Contre la seconde réponse de Julien, pélagien, I, 50)

 

« Je demande donc où l’âme contracte le péché par suite duquel elle tombe dans la damnation à laquelle n’échappe pas l’enfant lui-même qui meurt sans que la grâce du Christ lui vienne en aide par le baptême. Car vous n’êtes pas de ceux qui, débitant des nouveautés, s’en vont disant qu’il n’y a pas de péché originel dont l’enfant soit délivré par le baptême. […] Quiconque dirait que même les petits enfants qui quittent cette vie sans participation dans le Sacrement [du baptême] seront rendus vivants en Christ, va réellement à l’encontre de la prédication de l’Apôtre, et condamne toute l’Église, où il y a grande hâte à baptiser les petits enfants car on croit sans doute qu’il n’y a aucune autre manière sans laquelle ils peuvent être rendus vivants en Christ. » (Lettre CLXVI à S. Jérôme, 6)

 

« Les petits enfants sont présentés pour recevoir la grâce spirituelle, non pas tellement par ceux qui les portent dans leurs bras (quoique ce soit aussi le cas s’ils sont de bons fidèles) que par la société universelle des saints et des fidèles […] C’est la Mère Église tout entière, celle qui est dans ses saints, qui agit, car c’est elle qui tout entière les enfante, tous et chacun. » (Lettre 98, 5)

Notre article sur le baptême des nouveaux-nés : Le baptême des nouveaux-nés, un mensonge ?

B) Régénération baptismale

« Or, la régénération par la volonté d’autrui, au profit de l’enfant qu’on présente, est uniquement l’oeuvre de l’Esprit qui est le principe de cette régénération. Car il n’a pas été écrit qu’il faut renaître par la volonté des parents ou par la foi de ceux gui présentent au baptême ou de ceux qui l’administrent, mais par l’eau et l’Esprit-Saint (Jean, III, 5). C’est pourquoi l’homme, né du seul Adam, est régénéré dans le Christ seul par l’eau, qui forme le signe extérieur de la grâce, et par l’Esprit, qui la produit intérieurement en brisant les liens du péché, en réconciliant avec Dieu ce qu’il y a de bon dans notre nature. L’action divine de l’Esprit régénérateur est donc commune aux parents qui présentent et à l’enfant qui est présenté, et c’est cette société dans un seul et même Esprit qui rend profitable à l’enfant la volonté des parents. Mais quand ceux-ci pèchent à l’égard de leur enfant en l’offrant aux démons et en cherchant à l’assujettir à des liens sacrilèges, il n’y a pas là une âme commune, et dès lors la faute ne saurait l’être. Car une faute ne se communique point par la volonté d’un autre, comme la grâce se communique par l’unité de l’Esprit-Saint. Il peut demeurer.  à la fois dans deux hommes, sans que celui-ci sache que la même grâce a été accordée à celui-là. Au contraire, l’esprit de l’un n’est. pas l’esprit de l’autre, et la faute ne saurait être commune à celui qui pèche et à celui qui ne pèche pas. Un enfant engendré selon la chair peut donc être régénéré par l’Esprit de Dieu, qui l’absout de la faute originelle; mais, une fois régénéré par l’Esprit de Dieu, il ne peut être engendré de nouveau selon la chair, de façon à contracter de nouveau la souillure d’Adam. La grâce du Christ qu’il a reçue, il ne la perdra que par sa propre impiété, si avec l’âgé il se pervertit; alors aussi commenceront des fautes personnelles que la régénération baptismale n’effacera plus, et pour lesquelles il faudra d’autres remèdes. » (Lettre, 98, à l’évêque Boniface, 2 [408])

 

« Tous ceux, en effet, qui meurent pour la confession de Jésus-Christ obtiennent, sans avoir reçu le baptême, le pardon de leurs péchés, comme s’ils avaient été baptisés. Il est écrit, à la vérité, que « personne n’entrera dans le royaume des cieux, qu’il ne renaisse de l’eau et du Saint-Esprit (Jean III, 5) ». Mais l’exception à cette règle est contenue dans ces paroles non moins formelles: « Quiconque me confessera devant les hommes, je le confesserai aussi devant mon Père qui est dans les « cieux (Matth. X, 32)». Et ailleurs: « Qui perdra sa vie pour moi, la trouvera (Ibid. XVI, 25)». Voilà pourquoi il est écrit: « Précieuse est devant le Seigneur la mort de ses saints (Ps. CXV, 15) ». Quoi de plus précieux en effet qu’une mort qui efface les péchés et qui accroît les mérites? Car il n’y a pas à établir de parité entre ceux qui, ne pouvant différer leur mort, sont baptisés et sortent de cette vie après que tous leurs péchés leur ont été remis, et ceux qui, pouvant s’empêcher de mourir ne l’ont pas fait, parce qu’ils ont mieux aimé perdre la vie en confessant Jésus-Christ, que d’être baptisés après l’avoir renié. Et cependant, alors même qu’ils l’auraient renié par crainte de la mort, ce crime leur eût aussi été remis au baptême, puisque les meurtriers de Jésus-Christ, quand ils ont été baptisés, ont aussi obtenu miséricorde (Voyez les Actes des Apôtres (n, 36-47), où les Juifs, meurtriers de Jésus-Christ, se convertissent par milliers et reçoivent le baptême).  Mais combien a dû être puissante la grâce de cet Esprit qui souffle où il veut, pour avoir inspiré aux martyrs la force de ne pas renier Jésus-Christ dans un si grand péril de leur vie, avec une si grande espérance de pardon? La mort des saints est donc précieuse, puisque le mérite de celle de Jésus-Christ leur a été si libéralement appliqué, qu’ils n’ont point hésité à lui sacrifier leur vie pour jouir de lui, de sorte que l’antique peine du péché est devenue en eux une source nouvelle et plus abondante de justice. Toutefois ne concluons pas de là que la mort soit un bien en soi; si elle a été cause d’un si grand bien, ce n’est point par sa propre vertu, mais par le secours de la grâce. Elle était autrefois un objet de crainte, afin que le péché ne fût pas commis; elle doit être aujourd’hui acceptée avec joie, afin que le péché soit évité, ou s’il a été commis, afin qu’il soit effacé par le martyre, et que la palme de la justice appartienne au chrétien victorieux. »  (La cité de Dieu, XIII, 7 [419])

 

« Or, si les morts sont jugés même d’après ce qu’ils auraient fait, supposé que leur vie eût été prolongée, les habitants de Tyr et de Sidon qui auraient été fidèles dans le cas où l’Evangile leur eût été annoncé avec des miracles aussi éclatants, ne devraient donc pas être châtiés. Mais ils le seront certainement, et par là même il est faux aussi que les morts soient jugés suivant ce qu’ils auraient fait, si l’Evangile leur eût été annoncé pendant qu’ils vivaient. Et si cela est faux, on n’est donc plus autorisé à dire, par rapport aux enfants qui meurent sans avoir reçu le baptême, que ce malheur les frappe justement par la raison que Dieu a prévu, dans le cas où ils vivraient et où l’Evangile leur serait annoncé, leur obstination à ne pas croire. Il ne reste donc plus qu’à considérer ces enfants comme coupables du péché originel exclusivement et comme envoyés à la damnation pour ce seul motif ; quoique nous voyions ce même péché pardonné dans le sacrement de la régénération, et par une faveur tout à fait gratuite de Dieu, à d’autres enfants dont la condition est identique. » (Du don de persévérance, VIII)

 

« Nous regardons également comme une erreur de soutenir que le germe de tous les péchés est renfermé dans la chair mauvaise, comme la racine des cheveux, après qu’ils sont coupés, reste implantée dans la tête, de manière à ce que ces péchés croissent de nouveau pour être de nouveau coupés. Cette comparaison leur a été suggérée parle besoin qu’ils éprouvent de nous calomnier; de quel droit nous l’attribuer quand j’ai pu me convaincre qu’elle est leur oeuvre propre ?

Quant à cette concupiscence de la chair, je crois qu’ils sont dans l’erreur ou qu’ils veulent nous y jeter; car s’il est une chose certaine, c’est la nécessité dans laquelle se trouve tout homme baptisé de lutter pieusement contre cette concupiscence, s’il veut assurer sa perfection et se laisser conduire par l’Esprit de Dieu (Rom. VIII, 14). Cette concupiscence porte le nom de péché, non pas qu’elle soit un péché formel, mais parce qu’elle est le résultat du péché; en parlant de l’écriture de quelqu’un, ne dit-on pas qu’il a une belle ou une mauvaise main, parce que c’est la main qui forme l’écriture ? De même tout ce qui se fait illicitement sous l’empire de la concupiscence ou de l’ignorance, qu’il s’agisse d’actions, de paroles ou de simples pensées, tout cela est péché, et tout cela reste comme une souillure jusqu’à ce que le péché soit pardonné. Dans le baptême, la concupiscence est pardonnée, en ce sens qu’elle cesse de nuire à ceux qui renaissent, quoiqu’elle soit contractée par ceux qui naissent, lors même qu’ils naîtraient de parents régénérés. Quoique invalidée par le baptême dans les parents, cette concupiscence s’impose aux enfants avec toutes ses suites funestes, jusqu’à ce qu’elle soit de nouveau pardonnée par la régénération. Elle cesse donc d’être un péché, quoiqu’elle en conserve le nom, mais ce nom ne cesse pas de lui convenir encore, puisqu’elle est le résultat du péché, et qu’elle se laisse émouvoir par la dilectation du péché, quoiqu’elle soit vaincue par la dilectation de la justice. Cependant, ce serait fine erreur de croire que c’est uniquement à cause de cette concupiscence remise dans le sacrement de la régénération, que les fidèles baptisés redisent cette prière : « Pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés » . N’ont-ils pas à demander pardon pour les péchés qu’ils commettent, soit par un consentement volontaire, soit par une ignorance criminelle qui leur fait prendre plaisir au mal ? Et cette culpabilité, ils la contractent soit dans leurs paroles, soit dans leurs actions, ou, ce qui est beaucoup plus facile encore, dans leurs pensées. Est-il donc un seul fidèle qui ose se glorifier d’être pur de toutes ces iniquités, et d’être absolument sans péché (Prov. XX, 9)? Mais c’est en vue de la concupiscence que nous ajoutons dans cette même oraison dominicale : « Ne nous laissez point succomber à la tentation, mais délivrez-nous du mal (Matt. VI, 12, 13) ». N’est-il pas écrit: «Chacun est tenté par sa propre concupiscence qui l’emporte et l’attire dans le péché ; ensuite, quand la concupiscence a conçu, elle enfante le péché (Jac. I, 14, 15)? »

Tous ces fruits de la concupiscence, en même temps que la souillure originelle qui en découle primitivement, sont effacés dans le bain sacré du baptême. Quant à ces fautes produites en nous chaque jour par la concupiscence, pourvu qu’elles ne revêtent pas ce caractère qui en faitnon-seulementdes péchés, mais des crimes, nous en obtenons la rémission par la prière quotidienne : « Pardonnez-nous nos offenses », ainsi que par l’aumône chrétienne. En effet, quel est celui qui pousserait l’absurdité jusqu’à soutenir que les hommes baptisés n’ont, rien à voir dans ce précepte du Seigneur : « Pardonnez, et il vous sera pardonné ; donnez, et vous recevrez (Luc, VI, 37, 38)? » Quel ministre pourrait être ordonné dans l’Eglise, si l’Apôtre avait exigé qu’il fût absolument sans péché, tandis qu’il se contente de dire : « Si quelqu’un est sans crime (Tit. I, 6) » ; ou bien, si au lieu de dire : « N’ayant aucun crime », il avait demandé qu’ils n’eussent aucun péché (I Tim. III, 10)? Parmi les fidèles, on en trouve beaucoup sans aucun crime; quant à être exempt de tout péché, je n’oserais le dire de personne, quoique je sache fort bien avec quelle folie les Pélagiens prétendent tirer de là, contre nous, une conséquence qui nous abaisse profondément à leurs yeux. Je ne veux pas dire toutefois que le péché ne soit pas tout entier effacé dans le baptême; je soutiens seulement que, dans le cours de cette misérable vie, nous avons toujours lieu de prier fidèlement et de faire des oeuvres de miséricorde polar obtenir le pardon de nos fautes quotidiennes. Telle est la saine doctrine que nous enseigne la foi catholique sous l’inspiration du Saint-Esprit; qu’elle est loin de cette perversion des hérétiques aussi vaine que présomptueuse ! » (Réfutation de deux lettres des Pélagiens, adressée au Pape Boniface, chapitre 26-28)

Voir aussi notre article : Naître de nouveau par le baptême – les premiers chrétiens croyaient en la régénération baptismale.

C) La validité du baptême conféré par les hérétiques

Saint Augustin compare l’erreur de saint Cyprien de saint Pierre à Antioche sans remettre en cause la foi et la primauté de Pierre, et en déduit qu’on ne doit pas s’offusquer de la critique contre saint Cyprien. Ce dernier étant le premier de apôtres pouvant pécher, à plus forte raison saint Cyprien :

« Or, si saint Pierre, contre la règle de la vérité formulée depuis par l’Eglise, a pu vouloir contraindre les Gentils à judaïser, comment ne pas admettre que Cyprien, contrairement à la règle de la vérité, formulée plus tard par l’Eglise, n’a pu vouloir contraindre les hérétiques et les schismatiques à recevoir une seconde fois le baptême ? Je pense que l’évêque Cyprien ne doit pas être blessé de se voir comparé à l’apôtre saint Pierre, quant à ce qui regarde la couronne du martyre. Bien plutôt je dois craindre de paraître injurieux à l’égard de saint Pierre. En effet, qui pourrait ignorer que cette primauté de l’apostolat conférait à saint Pierre une prééminence réelle sur tout l’épiscopat ? » (Du baptême : contre les donatistes, II, 1, 2)

Et il affirme que par la suite saint Cyprien et un concile local firent revenir l’Afrique Latine de son erreur :

« Je n’ai pas entre les mains la preuve de rétraction de Cyprien, mais je suis fondé à croire qu’elle a réellement eu lieu ; peut-être les documents ont-ils été supprimés par ceux qui, épris de la même erreur, n’ont pas voulu se priver d’un tel patronage. Il est certain d’ailleurs qu’on n’a pas écrit tout ce que firent les évêques d’alors, et j’avoue que, pour ma part, je ne connais pas tout ce qui a été écrit. » (Du baptême : contre les donatistes, II, 4)

Saint Augustin ne dit pas de manière absolue que les sacrements reçus en dehors de l’Eglise ne servent à rien pour la salut. Il l’affirme seulement avec cette condition sous-entendue : si et seulement si celui qui reçoit ces sacrements adhère à l’intention coupable des ministres hérétiques ou schismatiques :

« Cyprien écrit donc à Jubaianus : « Quant au baptême des hérétiques séparés (il le croyait) du corps de l’Eglise, il ne leur confère ni droit ni puissance, et nous, ne pouvons ni le ratifier ni le légitimer, puisqu’il est certain que dans leurs rangs ce baptême est illégitime ». Nous-mêmes, toujours, nous avons affirmé que le baptême conféré par des hérétiques ou des schismatiques, c’est-à-dire hors de l’Eglise, n’est d’aucune utilité à celui qui le reçoit, en tant du moins que ce dernier se rend complice de l’hérésie ou du schisme; nous soutenons également que ceux qui baptisent, alors même que c’est- bien le véritable baptême qu’ils confèrent, se rendent coupables, recueillent hors de l’Eglise et se posent en adversaires de l’Eglise. Mais autre chose est de ne pas avoir tel sacrement, autre chose est de le posséder ou de l’usurper d’une manière illicite. Les sacrements ne cessent pas d’être les sacrements de Jésus-Christ et de l’Eglise, par cela seul que les hérétiques,. les pécheurs et les impies en font un usage illicite. Ces hérétiques,pécheurs ou impies, doivent être corrigés et punis, mais on doit reconnaître et vénérer les sacrements qu’ils confèrent. » (Du baptême : contre les donatistes, Livre 3, chapitre 10, n°13, PL tome 43, colonne 144)

Ici saint Augustin évoque déjà la différence que la théologie catholique fait entre un sacrement valide et un sacrement fructueux. En effet, saint Augustin enseigne que tout sacrement administré avec la forme, la matière et l’intention requises est valide, quelque soit le ministre, catholique ou hérétique. Cela signifie que l’effet surnaturel est présent et que, pour les sacrements de baptême, confirmation et ordre, ils impriment une marque indélébile dans l’âme dans l’âme du récipiendaire. En revanche un sacrement valide n’est pas toujours fructueux, c’est-à-dire que si l’âme du récipiendaire est mal disposée, le sacrement ne produit pas son effet bon, mais est en revanche occasion de sacrilège. Aussi celui qui reçoit un sacrement d’un hérétique ne le reçoit avec fruit, de manière fructueuse, que s’il n’adhère pas consciemment au schisme ou à l’hérésie du ministre. c’est pour cela qu’il dit par exemple :

«Un homme ne peut se sauver si ce n’est dans l’Église catholique. En dehors de l’Église catholique, il peut tout avoir, sauf le salut. Il peut avoir l’honneur (être évêque), il peut avoir les sacrements, il peut chanter l’Alleluia, il peut répondre Amen, il peut tenir l’Évangile, il peut avoir et prêcher la foi au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, mais jamais il ne peut trouver le salut si ce n’est dans l’Église catholique. […] Il peut même répandre son sang, mais pas recevoir la couronne. » (Sermon au peuple de Césarée, n° 6, dans PL 43/695)

Saint Augustin enseigne encore :

« Ces développements seraient sans utilité si je n’en montrais immédiatement l’application à la question qui nous occupe. Au sujet du baptême vous demandez où ce sacrement doit être reçu, si c’est dans notre Eglise ou dans la secte des Donatistes. Mais comme vous optez exclusivement en faveur des Donatistes, vous alléguez comme principal argument que nous-mêmes nous avouons que les Donatistes confèrent validement le baptême. Mais il est évident que de ce principe vous voulez déduire une conséquence que nous rejetons impitoyablement; parce que nous avouons que les Donatistes confèrent validement le baptême, vous voudriez nous forcer à avouer que c’est par eux que tout homme doit être baptisé.

Examinez attentivement si cette conclusion est rigoureuse, et répondez-vous à vous-même. Pour peu que vous y apportiez d’attention, je suis persuadé que vous avez trop de perspicacité intellectuelle pour vous laisser prendre à de pures apparences quand il s’agit de conclusions. Oui, sans doute, nous affirmons que les Donatistes ont conservé le baptême véritable ; mais, loin de dire que ce baptême conféré par eux soit utile, nous soutenons au contraire qu’il est nuisible. Quand on demande où chacun doit être baptisé, je crois ne voir dans cette question que l’application de ces paroles du Sauveur. « Si un homme ne renaît de l’eau et du Saint-Esprit il n’entrera pas dans le royaume des cieux » (Jean III, 3). Tel est donc le but qui rend nécessaire la réception du baptême ; d’où il suit que demander où l’on doit recevoir le baptême, c’est demander non pas précisément où il est, mais où il est conféré de manière à permettre l’entrée dans le royaume des cieux. Si tous ceux qui possèdent un bien véritable savaient toujours en profiter, on pourrait en toute sécurité demander le baptême à tous ceux qui le possèdent. Mais puisqu’un si grand nombre d’hommes n’ont souvent d’aussi grands biens que pour leur propre malheur, peut-on douter encore qu’en demandant où l’on doit recevoir tel bien, on demande à le recevoir là seulement où il doit nous profiter ? Vous m’avouerez, je pense, que l’or est une chose bonne en soi ; vous m’avouerez également.que des voleurs peuvent avoir de l’or; mais si de ces prémisses je tirais pour conclusion que celui qui veut avoir de l’or, doit entrer en société avec les voleurs, est-ce que vous ne vous opposeriez pas à une telle conclusion ? De même, quand je déclare que le baptême est bon par lui-même,quand je concède que les Donatistes ont le baptême véritable, pouvez-vous conclure que celui qui veut recevoir le baptême doit entrer en société avec les Donatistes ?

Vous conviendrez également qu’il est beaucoup de choses, bonnes et utiles en elles-mêmes, et qui cependant ne sont pas utiles à tous ceux qui les possèdent, mais uniquement à ceux qui en font un bon usage. Tel homme a les yeux sains, tel autre les a malades ; la lumière vient également les frapper tous, mais pour les premiers elle est un secours et pour les autres elle est un tourment. La même nourriture soutient telle santé et en blesse telle autre ; le même remède guérit, compromet et débilite ceux-là ; les mêmes armes sont pour les uns une défense, et pour les autres un embarras; le même vêtement est pour ceux-ci une protection, et pour ceux-là un obstacle. Il en est de même du baptême, il conduit les uns au ciel et les autres à la damnation.
 
Je comprends ce qui peut vous émouvoir. Vous m’objectez peut-être que dans toute cette énumération il n’est pas question de sacrement, tandis que le baptême est un sacrement divin. II pourrait donc fort bien se faire que l’or, la lumière, la nourriture, les armes,les vêtements, soient utiles pour les uns, tandis qu’ils sont inutiles ou nuisibles pour les autres;mais n’est-ce pas autre chose quand il s’agit de soutenir que le baptême, à l’égard de ceux qu’ils ont reçu, soit utile pour les uns et nuisible pour les autres? Eh bien! soit, examinons si lesbiens de l’ordre surnaturel profitent toujours à ceux qui les reçoivent. Il suffit de poser cette question pour la résoudre et pour se convaincre avec nous que ces biens ne profitent pas toujours à ceux qui les possèdent. Je n’en veux d’autres preuves que vos propres aveux. Avant tout vous avouez que l’on doit croire à l’apôtre saint Paul. Ce point seul me suffit. Vous avouez également que c’est bien l’apôtre saint Paul qui a prononcé cette parole : « La loi est bonne ». Il suit de là que la loi est bonne, mais pour ceux qui en font un usage légitime (I Timothée I, 8). Supposé qu’on en fasse un usage criminel, la loi n’en devient pas mauvaise par elle-même, mais elle nuit certainement aux méchants.
 
Vous direz peut-être que personne ne peut vivre sous la loi et faire un mauvais usage de la loi ; car, du moment qu’il la viole, il cesse de vivre sous son empire. Je soutiens, au contraire, que l’on peut être sous la loi et faire de la loi un mauvais usage. Je n’en veux également d’autres preuves que vos propres aveux. Vous avouez, je pense, que ce même saint Paul a emprunté au livre des psaumes un passage où il condamne ceux qui, tout en se glorifiant d’appartenir à la loi, vivaient contre la loi. « Selon qu’il est écrit: Il n’y a pas un juste, il m’y en a pas un seul. Il n’y a point d’homme qui ait de l’intelligence, il n’y en a point qui cherche Dieu.Ils se sont tous détournés du droit chemin, ils sont tous devenus inutiles, il n’y en a point qui fasse le bien, il n’y en a pas un seul. Leur gosier est un sépulcre ouvert; ils se sont servis de leur langue pour tromper avec adresse; ils ont sous leur langue un venin d’aspic. Leur bouche est remplie de malédiction et d’amertume, leurs pieds sont légers pour répandre le sang. Le brisement et le malheur sont dans toutes leurs voies. Ils ne connaissent point la voie de la paix;ils n’ont point la crainte de Dieu devant les yeux». Et de peur que ceux auxquels il s’adressait ne crussent qu’il s’agissait là des païens exclusivement, l’Apôtre ajoute aussitôt : « Or, nous savons que toutes les paroles de la loi s’adressent à ceux qui sont sous la loi, en sorte que toute bouche doit être fermée et tout le monde soumis à Dieu » (Romains III, 10-19). Il écrit également dans un autre passage : « Que dirons-nous donc ? La loi est-elle péché ? Nullement. Mais je n’ai connu le péché que par la loi, car je n’aurais point connu la a concupiscence si la loi n’avait dit : Vous n’aurez point de mauvais désirs. Or, le péché ayant pris occasion de s’irriter par les préceptes, a produit en moi toute sorte de mauvais désirs ». Un peu après il ajoute : « Le péché, ayant pris occasion du commandement, m’a trompé et tué par le à commandement même. Ainsi la loi est véritablement sainte, et le commandement est saint, juste et bon. Ce qui était bon en soi, m’a-t-il donc causé la mort ? Nullement ; mais c’est le péché qui, m’ayant donné la mort par une chose qui était bonne, a fait paraître ce qu’il était » (Romain VII, 7-13). Vous voyez que tout en louant la loi il blâme ceux qui vivent sous la loi et leur reproche de faire de ce qui est bon un mauvais usage pour le mal. Ailleurs, parlant d’une certaine science de la loi, le même Apôtre avoue que cette science est possédée par lui et par d’autres ; mais en même temps il déclare que sans la charité cette science est inutile et nuisible. « Quant aux viandes immolées aux idoles, nous n’ignorons pas que nous avons tous sur ce point assez de science; mais la science enfle, tandis que la charité édifie » (I Corinthiens VIII, 1). Pourtant cette science avait pour objet la loi de Dieu, ce qui n’empêche pas qu’elle enfle et nuise quand elle n’est pas fondée sur la charité.S’agit-il du sacrifice unique du corps et du sang de Notre-Seigneur immolé pour notre salut?Jésus-Christ a dit : « Si quelqu’un ne mange ma chair et ne boit mon sang, il n’aura pas la vie en lui » (Jean VI, 54) ; et cependant voici que l’Apôtre déclare que ce sacrement devient pernicieux pour ceux qui en usent mal : « Quiconque mange le pain et boit le calice du Seigneur indignement,se rend coupable du corps et du sang du Sauveur » (I Corinthiens XI, 27).
 
Voilà comment les choses les plus divines et les plus saintes peuvent nuire à ceux qui en font un mauvais usage. De quel droit ferait-on une exception pour le baptême ? Pourquoi sous un baptême bon en lui-même n’y aurait-il pas des hérétiques mauvais, quand la bonté de la loi n’empêchait pas les Juifs d’être mauvais ? Vous ne pouvez plus en douter,puisque je n’ai fait appel qu’à vos propres aveux. Vous déclarez croire à l’apôtre saint Paul, et vous ne doutez point que ces passages que je viens de citer ne soient réellement de cet Apôtre. J’ai donc prouvé qu’il est des choses qui, toutes bonnes qu’elles soient en elles-mêmes, peuvent nuire à ceux qui les possèdent et en font un mauvais usage. Demanderez-vous encore pour quoi le baptême, quoique bon et légitime, peut n’être pas utile à tous ceux qui le possèdent? Parce que nous concédons que les Donatistes ont le véritable baptême, vous prétendiez en conclure que c’est chez eux que tout homme doit recevoir le baptême. Vous ne remarquiez donc pas que nous pouvions ajouter que ce baptême, quelque juste, quelque bon, quelque saint qu’il fût en lui-même, devient un châtiment, un obstacle, pour les ennemis du corps de Jésus-Christ, c’est-à-dire pour les ennemis de l’Eglise, répandue sur toute la terre selon les prophéties.
 
A cela vous répondez qu’on ne peut assimiler le baptême à ces biens qui découlent de la loi divine, et que l’on peut posséder sans cesser pour cela d’être pécheur. Ainsi donc telle est la nature de la loi, de la science, et même du sacrifice du corps et du sang de Jésus-Christ, qu’on peut les posséder, ou y participer dans l’état du péché, tandis que le baptême est un bien tel que quiconque le possède est nécessairement bon. Une telle assertion n’est qu’une fausseté évidente, et voyez quelles fausses conséquences en découlent. En les développant devant vous, je ne prétends pas procéder par voie de déduction d’un principe faux à ses conséquences de même nature ; il me suffit de vous faire comprendre la fausseté de la conséquence, afin de vous y arracher et de vous faire sentir la fausseté du principe. Quel est ce principe ? C’est que, d’après vous, tous ceux qui possèdent le baptême véritable sont nécessairement bons; et c’est là une erreur évidente. Quelle en est la conséquence? C’est qu’on doit regarder comme réellement bons tous ceux qui faisaient schisme et disaient : « Moi j’appartiens à Paul, moi à Céphas, et moi au Christ ». Ce langage leur est reproché par l’Apôtre en ces termes : « Est-ce que Jésus-Christ est divisé? est-ce que Paul a été crucifié pour vous ?est-ce au nom de Paul que vous avez été baptisés ? » (I Corinthiens I, 12-13) C’est donc une erreur de soutenir que tous ces hommes étaient bons ; il n’y avait de bons que ceux qui disaient : « Je suis au Christ »; et cependant tous avaient reçu le saint baptême de Jésus-Christ. Maintenant, d’où vient que cette conséquence est fausse ? C’est parce que le principe est faux lui-même, à savoir que tous ceux qui possèdent le baptême véritable sont nécessairement bons. Il faut donc corriger et le principe et la conséquence. Puisque ceux qui formaient des schismes n’étaient pas bons, quoiqu’ils eussent reçu le baptême véritable, il est de la dernière évidence qu’on ne doit pas toujours regarder comme bons tous ceux qui ont reçu le baptême. Voilà pourquoi enfin nous ne sommes pas tenus de conclure que c’est dans la secte de Donat que l’on doit recevoir le baptême, quoique nous concédions que cette secte, toute mauvaise qu’elle soit en elle-même, possède le baptême véritable.

Vous allez plus loin encore, et pour me faire accepter une conclusion contre laquelle je proteste, vous m’alléguez ces paroles de l’Ecriture : « Un Dieu, une foi, un baptême, une Eglise catholique incorruptible et véritable » (Ephésiens IV, 5). Je concède ces paroles, quoiqu’elles aient été écrites dans un autre sens. Mais de toutes mes concessions, quelle conséquence pouvez-vous tirer? Que tous ceux qui ne sont pas dans une seule Eglise ne peuvent avoir un seul baptême ? C’est là une absurdité. Mais c’est uniquement par vous-même que je veux vous convaincre. En citant ces paroles : « Un Dieu, une foi, un baptême, une église catholique incorruptible et véritable», vous vous flattez assurément de me convertir à vos idées, et de me prouver ce que je n’admets pas, à savoir qu’il ne peut y avoir unité de baptême que là où se trouve l’unité d’Eglise. De mon côté, je soutiens au contraire que, lors même qu’il n’y a pas unité d’Eglise, il peut y avoir unité de baptême, pourvu qu’on ne change rien à ce qui constitue son essence. Je le prouve par les termes mêmes de votre citation, où nous lisons également l’unité de Dieu et l’unité de foi. Est-ce qu’en dehors de l’Eglise nous ne trouvons pas le même Dieu adoré; et fût-il adoré par des hommes qui ne le connaissent pas, cesse-t-il pour cela d’être le même Dieu ? Quant à la foi en vertu de laquelle nous croyons que Jésus-Christ est le Fils du Dieu vivant, ne la trouvons-nous pas dans des hommes qui ne sont pas membres de l’Eglise ? Leur séparation de l’Eglise empêche-t-elle l’unité de la foi ? De même quand, en dehors de l’Eglise, nous trouvons le baptême administré dans toutes ses conditions essentielles, de quel droit affirmerions-nous que ce n’est pas le baptême véritable?

Vous soutiendrez peut-être qu’en dehors de l’Eglise le Dieu unique et véritable ne peut être adoré, et qu’on ne peut trouver la foi unique par laquelle nous confessons que Jésus-Christ est le Fils du Dieu vivant, et qui a mérité un si bel éloge à l’apôtre saint Pierre (Matthieu XVI, 16, 17). Eh bien ! je veux vous prouver que vous êtes dans l’erreur. Vous avez encore présentes à la mémoire ces paroles de l’apôtre saint Paul aux Athéniens, quand il leur rappelle l’autel portant pour inscription : « Au Dieu inconnu », et qu’il ajoute: « Ce Dieu que vous adorez sans le connaître, c’est celui-là même que je vous annonce » (Actes XVII, 23). Leur dit-il : Parce que vous l’adorez en dehors de l’Eglise, ce n’est pas le Dieu véritable que vous adorez? Non, et son langage est formel : « Celui que vous adorez sans le connaître, c’est celui que je vous annonce » ; son but évident n’est-il pas de.les amener à adorer sagement et utilement dans l’Eglise celui qu’ils adoraient inutilement et sans le connaître, en dehors de l’Eglise? C’est dans le même sens que nous vous disons à vous-mêmes : Le baptême que vous observez sans le connaître, nous vous en prêchons la paix; non pas que nous voulions, quand vous reviendrez à nous, vous en conférer un autre, mais nous ne désirons que vous rendre utile et efficace la possession de celui que vous avez. Certains fidèles osaient soutenir que la foi suffit au salut sans les oeuvres. Saint Jacques entreprend de dissiper cette erreur et leur dit : « Vous croyez qu’il n’y a qu’un seul Dieu; c’est bien ; mais les démons le croient également et ils frémissent » (Jacques II, 19). Les démons ne sont pas membres de l’unité de l’Eglise, et cependant nous ne pouvons pas soutenir que leur foi soit erronée, quand nous les entendons dire au Sauveur : « Qu’y a-t-il entre nous et vous, Fils de Dieu ? » (Marc, I, 24). De là cette phrase si connue de l’Apôtre : « Quand j’aurais une foi capable de transporter les montagnes, si je n’ai pas la charité, je ne suis rien » (I Corinthiens XIII, 2). Or, je ne crois pas que l’on puisse pousser la folie jusqu’à croire qu’on appartienne à l’unité de l’Eglise quand on n’a pas la charité. De même donc que le Dieu unique est adoré, sans être connu, hors de l’Eglise, et qu’il ne cesse pas pour cela d’être le même Dieu ; de même que l’unité de la foi peut exister, sans la charité, hors de l’Eglise, sans cesser pour cela d’être la même foi; de même le baptême unique peut exister, par ignorance et sans la charité, hors de l’’Eglise, sans cesser pour cela d’être le baptême véritable. Un Dieu, une foi, un baptême, une Eglise catholique incorruptible; ce n’est pas seulement dans le sein de cette Eglise que le Dieu unique est adoré, mais c’est uniquement dans son sein qu’il est pieusement adoré ; ce n’est pas seulement dans son sein que l’on trouve la foi une, mais c’est uniquement dans son sein que l’on trouve la foi unie à la charité; ce n’est pas seulement dans son sein que l’on trouve le baptême un, mais c’est uniquement dans son sein qu’il produit des fruits de salut et de paix.

Vous nous alléguez l’unité de Dieu, de la foi, du baptême, de l’Eglise incorruptible: sur tous ces points nous sommes parfaitement d’accord; mais vous pouvez déjà reconnaître que vous n’avez pas obtenu le résultat que vous vous proposiez, et qu’au contraire vous nous avez été d’un grand secours pour vous convaincre de ce que nous voulions vous prouver. Comprenez donc quelle situation heureuse est la nôtre ; quand des schismatiques ou des hérétiques reviennent à nous, nous rétablissons les vérités qu’ils ont dénaturées ; quant à celles qu’ils ont conservées pures et intactes, nous les reconnaissons, nous y applaudissons, sans nous exagérer à nous-mêmes, outre mesure, les vices de la nature humaine, et sans faire aucune injure aux choses divines nous suivons ainsi les Mates de l’Apôtre, qui trouvant le nom de Dieu inscrit sur un autel de ces païens, adorateurs des idoles, applaudit à cette idée, loin de la condamner et de la maudire. Parce qu’un déserteur s’est servi du sceau royal pour s’entourer de satellites, est-ce une raison pour détruire et changer ce sceau dans tout homme qui, revenu de son erreur, a obtenu avec son pardon l’ordre de rassembler des troupes? Parce qu’un serviteur infidèle a gravé le nom de son maître sur les brebis qu’il lui a ravies, est-ce une raison pour se croire obligé de changer cette marque sur toutes les brebis restées fidèles? » (Contre Cresconius, Livre I, n°26 à 35 dans PL, tome 43, colonne 464)

 

« Dans les livres que je viens de rappeler, j’ai dit hautement que le baptême peut être conféré en dehors de la communion catholique, comme il peut y être possédé et conservé. Tous les Donatistes n’affirment-ils pas que les apostats conservent en eux le caractère du baptême? Et,en effet, qu’un apostat se repente de son crime et revienne à résipiscence, on ne lui rend pas le baptême, ce qui prouve qu’on le regarde comme l’ayant conservé. De même, s’il s’agit de ceux qui par le schisme se sont séparés de l’Eglise, il n’est pas moins certain qu’ils conservent le baptême reçu avant leur séparation; car s’ils font pénitence, et rentrent dans l’unité, on ne leur réitère pas le sacrement, ce qui prouve qu’on les regarde comme n’ayant pu perdre, par leur crime, le baptême qu’ils avaient précédemment reçu. Or, si l’on peut validement posséder le baptême hors de I’Eglise, pourquoi donc ne pourrait-on pas l’y conférer validement? Mais, me direz-vous, cette collation du baptême hors de l’Eglise n’est pas légitime; je vous réponds La possession du baptême hors de l’Eglise n’est pas légitime, et cependant elle existe; de même la collation n’est pas légitime, et cependant elle est valide. Hors de l’Eglise le baptême que vous aviez reçu vous devenait inutile pour le salut, tandis qu’il recouvre son efficacité dès que vous êtes rentré dans l’unité; de même, dès que vous rentrez dans l’unité, le sacrement qui vous avait été inutilement conféré hors de l’Eglise, commence à produire en vous ses nombreux effets. C’est donc une erreur de soutenir que ce qui a été donné n’a pas été donné; ou d’affirmer que tel homme n’a pu donner ce qu’il assure avoir reçu validement. En effet, dès qu’un homme est baptisé, il possède le sacrement de baptême, et dès qu’il est ordonné, il ale droit et le pouvoir de baptiser. Or, de même que celui qui est baptisé ne perd pas le sacrement de baptême, en se séparant de l’unité; de même en se jetant dans le schisme, celui qui a été ordonné ne perd pas le droit de conférer le baptême. Aucun de ces deux sacrements ne saurait être outragé : si l’un des deux quitte les méchants, l’autre les quitte également; et si l’un des deux persévère au milieu des méchants, l’autre y persévère au même titre. De même donc qu’on ratifie le baptême que n’a pu perdre celui qui s’était séparé de l’unité; de même on doit ratifier le baptême conféré par un ministre, qui, en se séparant de l’unité, n’avait pas perdu le sacrement de l’ordination. On ne réitère pas le baptême à ceux qui, rentrant dans l’unité, avaient reçu ce sacrement avant de tomber dans le schisme; de même on ne réitère pas l’ordination à ceux qui, rentrant dans l’unité,avaient été ordonnés avant de tomber dans le schisme: si l’Eglise le juge utile, elle leur permet d’administrer ce qu’ils administraient; et si, pour les punir, elle leur refuse cette autorisation, elle ne laisse pas de les regarder comme réellement ordonnés et s’abstient de leur imposer les mains,comme elle les impose aux laïques. Félicianus, par exemple, avait-il donc perdu le baptême et l’ordination, en quittant les Donatistes pour embrasser la secte de Maximien? Est-ce que ces mêmes Donatistes n’ont pas ouvert leurs rangs à tous ceux que Félicianus avait baptisés pendant qu’il appartenait au schisme de Maximien? Ainsi donc, des hommes qui n’avaient jamais appartenu à l’Eglise, ont pu recevoir de la main des Donatistes et des Maximianistes ce que ceux-ci n’avaient pas perdu en se séparant de l’unité. J’en conclus que c’est une impiété sacrilège de vouloir rebaptiser l’unité catholique, et que nous sommes parfaitement dans la vérité lorsque nous refusons d’invalider les sacrements, alors même qu’il ont été conférés dans le schisme. En effet, les schismatiques sont avec nous dans les points sur lesquels ils pensent comme nous; comme aussi ils se séparent de nous dans les points sur lesquels ils ont une doctrine différente de la nôtre. Rappelons-nous qu’il s’agit ici de matières essentiellement spirituelles, et qu’il serait absurde de vouloir leur appliquer les lois qui régissent les mouvements corporels dans leur rapprochement ou leur éloignement. L’union des corps s’opère par la conjonction des mêmes lignes; de même le contact des esprits s’opère par la conjonction des volontés. Si donc, celui qui s’est séparé de l’unité, prétend faire autre chose et user de pouvoirs qu’il n’a pas reçus dans l’unité, par cela même il s’éloigne et se sépare; au contraire, tant qu’il ne fait que ce qui se fait dans l’unité, et observe les conditions essentielles qui lui ont été enseignées, en cela du moins il reste et persévère dans l’unité. » (Du baptême : contre les donatistes, Livre 1, chapitre 1, n°2, PL tome 43, colonnes 109-110)

III) Culte des saints

A) Culte des défunts

1) Prières à des personnes décédées

Parlant d’un livre de magie que les païens avaient voulu attribuer à Jésus-Christ, dit :

« Cherchant ensuite auxquels de ses disciples ils feraient adresser cet écrit par le Sauveur, Pierre et Paul leur sont venus à l’esprit, sans doute pour les avoir vus souvent et dans plusieurs endroits peints ensemble avec leur divin maître. » (Sur l’accord des Évangiles, l.I. c. x)

Les méditations de saint Augustin nous offrent également le passage suivant qui nous éclaire beaucoup sur  sa pensée quant à Marie :

« Sainte et immaculée Vierge Marie, mère de Dieu notre Seigneur Jésus-Christ, daignez intervenir pour moi auprès de celui dont vous avez mérité d’être le temple; chœurs célestes des anges, des archanges, des patriarches, des prophètes, des apôtres, des évangélistes, des martyrs, des confesseurs, des prêtres, des lévites, des mines, des vierges, et de tous les justes; par celui qui vous a élus, et dont la contemplation fait votre félicité, je vous en conjure, daignez supplier le Seigneur pour moi, misérable pécheur, afin que je puisse échapper à la rage du démon et à la mort éternelle. » (Méditations c. XL)

Voir aussi notre dossier : Le culte des saints est conforme à la Bible

2) Culte des reliques

« Vous voyez le chef illustre de leur grand des empires, paraître en suppliant au tombeau du Pêcheur, et la tête qui porte le diadème se courbe humblement devant la dépouille de Pierre. » (Lettre XLII).

Il encouragea la vénération du corps des fidèles « qui ont servi d’instrument et d’organe au Saint-Esprit pour toutes sortes de bonnes œuvres ». Il nous transmet en outre le récit authentique des miracles éclatants et nombreux qui eurent lieu lors de la translation des reliques de saint Étienne (La cité de Dieu, XXII, 8) mais il serait trop long de les rapporter ici.

Voir aussi notre article sur les fondements bibliques du culte des saints : ici

Voir aussi notre article sur le culte des saint chez les Pères de l’Eglise : ici

B) Doctrine mariale

1) Immaculée Conception

Voir notre article : Saint Augustin croyait-il en l’Immaculée Conception ?

Voir aussi notre article sur l’Immaculée Conception : ici

2) Le titre de « Mère de Dieu »

« Sainte et immaculée Vierge Marie, mère de Dieu notre Seigneur Jésus-Christ, daignez intervenir pour moi auprès de celui dont vous avez mérité d’être le temple; chœurs célestes des anges, des archanges, des patriarches, des prophètes, des apôtres, des évangélistes, des martyrs, des confesseurs, des prêtres, des lévites, des mines, des vierges, et de tous les justes; par celui qui vous a élus, et dont la contemplation fait votre félicité, je vous en conjure, daignez supplier le Seigneur pour moi, misérable pécheur, afin que je puisse échapper à la rage du démon et à la mort éternelle. » (Méditations, chapitre XL)

Voir aussi notre article sur le titre de « Mère de Dieu » : ici

3) Virginité Perpétuelle

« Ce qui rehausse le mérite de sa virginité, ce n’est point que Jésus-Christ, en descendant en elle, s’en soit fait le gardien avant tout contact avec son époux, c’est que cette virginité était . déjà par elle consacrée à Dieu avant que le Sauveur la- choisît pour sa Mère. C’est là ce que Marie nous fait entendre dans sa réponse à l’ange qui lui annonçait l’Incarnation. « Comment, dit-elle, cela pourra-t-il se faire, puisque je ne connais pas d’homme [Luc, I, 34] ? » Ces paroles supposent clairement que Marie avait déjà voué à Dieu sa virginité. Mais parce qu’un tel voeu était alors contraire aux moeurs des Juifs, elle dut se marier avec un homme juste, lequel devait, non pas lui ravir par violence , mais lui conserver contre toute violence la virginité qu’elle avait vouée. D’ailleurs elle pouvait se contenter de dire: «Comment cela pourra-t-il se faire?» sans ajouter: puisque « je ne connais point d’homme ». Si elle était mariée dans l’attention d’user du mariage, eût elle demandé comment elle pourrait enfanter le Fils qui lui était promis ?

Dès que, par un prodige éclatant, le Fils de Dieu devait revêtir en elle la forme d’esclave, elle pouvait bien recevoir l’ordre de rester vierge ; mais comme Marie devait servir de modèle aux autres vierges, Dieu ne voulut pas laisser croire que celle-là seule devait rester vierge, qui tout en restant Vierge aurait mérité de devenir mère. Marie voua donc sa virginité quand elle ignorait encore son futur et miraculeux enfantement. Ainsi devait-elle, en imitant la -vie des anges dans un corps mortel, être fidèle à un voeu et non pas à un commandement, faire un choix dicté par l’amour et non obéir en esclave. Dès lors, en naissant d’une Vierge qui, avant de connaître sa maternité future, avait voué la virginité, Jésus-Christ montra qu’il préférait approuver la virginité plutôt que de l’imposer. Ainsi voulut-il que la virginité fût libre jusque dans la femme qu’il prit pour sa Mère en se faisant esclave. » (De la sainte virginité, IV)

 

« Réjouissons-nous,mes frères; que les peuples tressaillent de bonheur et d’allégresse. Ce n’est pas ce soleil visible, mais son invisible Créateur qui a fait pour nous de ce jour un jour sacré ; quand devenu visible pour l’amour de nous, l’invisible Créateur de sa mère est né de son sein fécond sans aucune atteinte à sa pureté virginale; car elle est restée Vierge en concevant son Fils, Vierge en l’enfantant, Vierge en le portant, Vierge en le nourrissant de son sein, Vierge toujours.

Pourquoi t’étonner de ceci, ô mortel ? Il fallait qu’en daignant se faire homme Dieu naquît de cette sorte, et qu’il formât ainsi Celle qui devait lui donner le jour. En effet, il était avant de naître, et avec sa toute-puissance, il pouvait naître tout en demeurant ce qu’il était. Il se créa donc une Mère tout en demeurant dans le sein de son Père; et naissant d’elle, il ne cessa de demeurer en Lui. Et comment aurait-il cessé d’être Dieu en se faisant homme; puisqu’il accordait à sa Mère de ne cesser pas d’être Vierge, tout en l’enfantant ? Aussi en se faisant chair le Verbe n’a point péri, il ne s’est point transformé en chair ; c’est la chair qui s’est unie au Verbe pour ne point périr : et comme il y a dans l’homme une âme et un corps, le Christ est Dieu et homme tout à la fois. Ainsi l’homme est Dieu, et Dieu est homme; il n’y a pas de confusion de nature, mais unité de personne. Ainsi encore le Fils de Dieu, qui est coéternel à son Père en naissant éternellement de lui, a commencé, en naissant d’une Vierge, à être fils de l’homme; et c’est ainsi que l’humanité s’est jointe en lui à la divinité, sans former pourtant une quatrième personne et sans ajouter à la Trinité. » (Sermon 186, pour Noël, 1 [411])

 

« Les hérétiques nommés Antidicomarites sont ceux qui contredisent la perpétuelle virginité de Marie et affirme qu’après que le Christ soit né, elles s’unit à son époux. » (Des Hérésies, 56 [428])

Voir aussi notre article sur la Virginité Perpétuelle de Marie : ici

IV) Prières pour les morts

« Nous lisons dans, les livres des Machabées qu’un sacrifice fut offert pour les morts,. Mais lors même qu’on ne lirait rien de semblable dans les anciennes Ecritures, nous avons sur ce point l’autorité si grave de l’Eglise universelle, évidemment constatée par la coutume, puisque la recommandation des morts a sa place dans les prières que le prêtre adresse au Seigneur Dieu à son autel. » (Des devoirs à rendre aux morts, I, 3)

 

« Les pompes funèbres, l’éclat qui les environne, la recherche somptueuse dans la structure des mausolées, sans être de la moindre ressource pour les défunts, peuvent bien offrir quelque sorte de consolation aux vivants. Mais ce dont il ne faut pas douter, c’est que les prières de l’Eglise, le saint sacrifice, les aumônes, ne leur portent du soulagement, et ne leur obtiennent d’être traités plus miséricordieusement qu’ils ne l’avaient mérité. L’Église universelle, instruite par la tradition de ses Pères, observe qu’à l’endroit du sacrifice où l’on fait mention des morts, on prie et on offre pour tous ceux qui sont décédés dans la communion du corps de Jésus-Christ. » (Sermon 172, intitulé Nos devoirs envers les morts [411])

 

« Selon l’opinion de quelques personnes, on doit admettre indifféremment au bain sacré qui nous régénère en Jésus-Christ tous les hommes, même ceux qui ne consentiraient pas à réformer leur vie souillée des crimes et des infamies les plus notoires, et qui afficheraient la résolution de persévérer dans leurs désordres. Par exemple, un homme vit dans l’adultère. Si l’on en croit ces personnes, on doit lui conférer le baptême sans l’avertir de rompre cette liaison criminelle ; lors même qu’il y persévérait, . qu’il se flatterait dans son coeur ou se vanterait publiquement d’y persévérer, il n’en faudrait pas moins l’admettre au baptême, et laisser devenir membre de Jésus-Christ l’homme qui veut rester, celui d’une prostituée (II Cor. VI, 15) ; on attendra qu’il soit baptisé pour lui apprendre l’énormité de son péché et les moyens de réformer ses moeurs. Dans leur opinion, c’est intervertir et confondre l’ordre des choses que d’enseigner à vivre en chrétien avant de baptiser ; il faut d’abord conférer le sacrement, puis inculquer les règles de la morale chrétienne ; si on les observe fidèlement, on agira selon son intérêt ; si on ne le veut pas et qu’en gardant la foi chrétienne, sans laquelle on serait condamné à la mort éternelle, on persévère dans toute sorte de crimes et d’infamies, on se sauvera, en passant comme par le feu; on aura le sort de celui qui a élevé sur le véritable fondement, c’est-à-dire, sur la doctrine de Jésus-Christ, un édifice, non d’or, d’argent et de pierres précieuses, mais de bois, de foin et de paille (II Cor. II, 11-16), en d’autres termes des oeuvres non de justice et de pureté, mais d’injustice et d’impudicité. » (De la foi et des œuvres, I, 1 [413])

 

« Cet homme donc, redoutant un plus grand malheur que celui dont il était accablé déjà, raconte et offre à Dieu ses agitations. Car il dit clairement qu’il est dans la douleur, et il n’est besoin, pour le comprendre, ni d’interprète, ni de soupçon, ni de conjecture: ses paroles ne nous laissent aucun doute sur le mal dont il souffre, et il n’est nul besoin de le chercher, mais de comprendre ce qu’il dit. Et s’il ne craignait un malheur plus grand que celui dont il souffre, il ne commencerait pas ainsi : « Seigneur, ne me reprenez point dans votre indignation, ne me corrigez point dans votre colère » (Ps. XXXVII, 2). Il arrivera, en effet, que Dieu châtiera des pécheurs dans sa colère et les reprendra dans son indignation. Tous ceux qu’il reprendra ne seront peut-être pas corrigés; et néanmoins, plusieurs seront sauvés par le châtiment. Il y en aura, puisque être châtié, c’est « passer comme par le feu » (I Cor. III, 15). D’autres, au contraire, seront repris sans néanmoins se corriger. Car ce sera bien les reprendre que de leur dire: « J’ai eu faim et vous ne m’avez pas donné à manger; j’ai eu soif, et vous ne m’avez point donné à boire » (Matt. XXV, 41) ; et tout ce qui vient ensuite, pour reprocher la dureté de coeur et la stérilité aux méchants qui seront à sa gauche et auxquels il dira : « Allez au feu éternel qui a été préparé au diable et à ses anges » (Id. 42). Cette âme donc, redoutant des maux bien plus grands que ceux dont elle gémit en cette vie, supplie le Seigneur et s’écrie: « Seigneur, ne me reprenez pas dans votre colère ». Que je ne sois point avec ceux auxquels vous direz: « Allez au feu éternel qui a été préparé au diable et à ses anges.— Ne me corrigez pas dans votre colère »; mais plutôt, corrigez-moi dès cette vie, et rendez-moi telle que je n’aie pas besoin de passer par le feu de l’expiation, comme ceux qui doivent être sauvés, mais comme par le feu. Pourquoi, sinon parce qu’en cette vie ils élèvent sur le vrai fondement un édifice en bois, en foin, en paille? S’ils bâtissaient en or, en argent, en pierres précieuses, ils seraient en sûreté contre l’un et l’autre feu ; non seulement contre le feu éternel qui doit dévorer l’impie pendant l’éternité, mais contre le feu qui doit purifier ceux qui seront sauvés par le feu. Il est dit en effet « qu’ils seront sauvés, mais comme par le feu ». Or, parce qu’il est dit: « Il sera sauvé », on dédaigne ces flammes. Mais, bien qu’il serve à nous sauver, ce feu sera néanmoins plus horrible que toutes les douleurs qu’un homme peut endurer ici-bas. Et pourtant, vous savez quels maux endurent les méchants, quels maux ils peuvent endurer encore sur la terre ; mais ils n’ont rien enduré que les bons ne puissent endurer. Quels supplices les lois humaines ont-elles pu infliger au magicien, au voleur, à l’adultère, au scélérat, au sacrilège, que le martyr n’ait pas souffert en confessant Jésus-Christ? Les maux de cette vie sont donc bien plus supportables ; et toutefois, voyez avec quel empressement les hommes feront, pour les éviter, tout ce que vous leur commanderez. Combien gagneraient-ils plus à supporter ce que Dieu ordonne, pour éviter ces horribles tourments? » (Discours su les Psaumes, XXXVIII (XXXVII), 3 [418])

 

« Y a-t-il dans l’autre monde une épreuve analogue ? Il n’y aurait là rien d’extraordinaire, et on peut se poser cette question. Par une loi plus ou moins mystérieuse, il peut y avoir des fidèles qui se purifient, dans les flammes, de leur attachement excessif aux choses d’ici-bas, et qui se sauvent en endurant un supplice dont la longueur est en rapport avec l’intensité de leurs désirs mondains… » (Traités de la Foi, de l’espérance, et de la charité, 69 [421])

 

« Il est incontestable que les âmes des morts sont soulagées par la piété des vivants, quand on fait offrir pour elles le sacrifice du Médiateur ou qu’on répand des aumônes dans l’Eglise. » (Traités de la Foi, de l’espérance, et de la charité, 110 [421])

 

« Ceux qui adoptent ce sentiment ne reconnaissent après la mort que des peines purifiantes; et comme l’air, l’eau et le feu sont des éléments supérieurs à la terre, ils les font servir de moyens d’expiation pour purifier les âmes que le commerce de la terre a souillées. Aussi Virgile a-t-il employé ces trois éléments : l’air, quand il dit qu’elles sont livrées au souffle du vent; l’eau, quand il les plonge dans un abîme immense ; le feu, quand il charge le feu de les purifier. Pour nous, nous reconnaissons qu’il y a dans cette vie mortelle quelques peines purifiantes, mais elles n’ont ce caractère que chez ceux qui en profitent pour se corriger, et non chez les autres, qui n’en deviennent pas meilleurs, ou qui n’en deviennent que pires. Toutes les autres peines, temporelles ou éternelles, que la providence de Dieu inflige à chacun par le ministère des hommes ou par celui des bons et des mauvais anges, ont pour objet, soit de punir les péchés passés ou présents, soit d’exercer et de manifester la vertu. Quand nous endurons quelque mal par la malice ou par l’erreur d’un autre, celui-là pèche qui nous cause ce mal; mais Dieu, qui le permet par un juste et secret jugement, ne pèche pas. Les uns donc souffrent des peines temporelles en cette vie seulement, les autres après la mort; et d’autres en cette vie et après la mort tout ensemble, bien que toujours avant le dernier jugement. Mais tous ceux qui souffrent des peines temporelles après la mort ne tombent point dans les éternelles. Nous avons déjà dit qu’il y en a à qui les peines ne sont pas remises en ce siècle et à qui elles seront remises en l’autre, afin qu’ils ne soient pas punis du supplice qui ne finit pas. » (La Cité de Dieu, XXI, 13 [426])

 

« Que si l’Eglise connaissait dès à présent ceux qui sont prédestinés à aller avec le diable dans le feu éternel, elle prierait aussi peu pour eux que pour lui. Mais, comme elle n’en est pas assurée, elle prie pour tous ses ennemis qui sont ici-bas, quoiqu’elle ne soit pas exaucée pour tous. Car elle n’est exaucée que pour ceux qui, bien que ses ennemis, sont prédestinés à devenir ses enfants par le moyen de ses prières. Mais prie-t-elle pour les âmes de ceux qui meurent dans l’obstination et qui n’entrent point dans son sein? Non, et pourquoi cela, sinon parce qu’elle compte déjà au nombre des complices du diable ceux qui pendant cette vie ne sont pas amis de Jésus-Christ?

C’est donc, je le répète, la même raison qui empêche maintenant l’Eglise de prier pour les mauvais anges qui l’empêchera alors de prier pour les hommes destinés au feu éternel. Et c’est encore pour la même raison que tout en priant maintenant pour les morts en général, elle ne prie pas pourtant pour les méchants et les infidèles qui sont morts. Car, parmi les hommes qui meurent, il en est pour qui les prières de l’Eglise ou de quelques personnes pieuses sont exaucées ; mais ce sont-ceux qui ayant été régénérés en Jésus-Christ, n’ont pas assez mal vécu pour qu’on les juge indignes de cette assistance, ni assez bien pour qu’elle ne leur soit pas nécessaire. Il s’en trouvera aussi, après la résurrection des morts, à qui Dieu fera miséricorde et qu’il n’enverra point dans le feu éternel, à condition qu’ils auront souffert les peines que souffrent les âmes des trépassés. Car il ne serait pas vrai de dire de quelques-uns, qu’il ne leur sera pardonné ni en cette vie, ni dans l’autre, s’il n’y en avait à qui Dieu ne pardonne point en cette vie, mais à qui il pardonnera dans l’autre. Donc, puisque le Juge des vivants et des morts a dit: « Venez, vous que mon Père a bénis, prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès la naissance du monde » ; et aux autres au contraire: « Retirez-vous de moi, maudits, et allez au feu éternel préparé pour le diable et ses anges » ; et: « Ceux-ci iront au supplice éternel et les justes à la vie éternelle » (Matt. XXV, 34, 41, 46), il y a trop de présomption à prétendre que le supplice ne sera éternel pour aucun de ceux que Dieu envoie au supplice éternel, et ce serait donner lieu de désespérer ou de douter de la vie éternelle. » (La Cité de Dieu, XXI, 24 [426])

Saint Augustin écrivit également un ouvrage intitulé Des devoirs à rendre aux morts (pour le lire, cliquer ici) dans lequel la prière pour les morts revient sans cesse. Enfin, dans son ouvrage contre les hérésies, le même Père range Aérius parmi les hérétiques, ainsi qu’avait fait avant lui saint Epiphane de Salamine, pour avoir nié, contre la doctrine et la tradition de tous les temps, l’utilité de la prière pour les morts. L’un et l’autre nous témoignent ainsi qu’elle était regardée, dans l’Église, comme une des vérités révélées et connues par tradition apostolique; je cite saint Augustin :

« Désolé de n’avoir pu devenir évêque, le prêtre Aérius se jeta dans le parti des Ariens, fonda la secte des Aériens en ajoutant quelques erreurs ‘à celles de l’arianisme. Ainsi, selon lui, on ne devait ni offrir le saint sacrifice pour les morts » (Des Hérésies, 53, 75)

La mère de saint Augustin, sainte Monique dit à son fils :

« Ce que je répondis à ces paroles, je ne m’en souviens pas bien; mais à cinq ou six jours de là, la fièvre la mit au lit. Un jour dans sa maladie, elle perdit connaissance et fut un moment enlevée à tout ce qui l’entourait. Nous accourûmes; elle reprit bientôt ses sens, et nous regardant mon frère et moi, debout auprès d’elle; elle nous dit comme nous interrogeant: « Où étais-je? » Et à l’aspect de notre douleur muette : « Vous laisserez ici, votre mère! » Je gardais le silence et je retenais mes pleurs. Mon frère dit quelques mots exprimant le voeu qu’elle achevât sa vie dans sa patrie plutôt que sur une terre étrangère. Elle l’entendit, et, le visage ému, le réprimant des yeux pour de telles pensées, puis me regardant: « Vois comme il parle, » me dit-elle; et s’adressant à tous deux: « Laissez ce corps partout; et que tel souci ne vous trouble pas. Ce que je vous demande seulement, c’est de vous souvenir de moi à l’autel du Seigneur, partout où vous serez. » Nous ayant témoigné sa censée comme elle pouvait l’exprimer, elle se tut, et le progrès de la maladie redoublait ses souffrances. » (Saint Augustin, Les Confessions, Livre IX, chapitre 11, n°27)

Voir aussi notre dossier sur le Purgatoire : ici

V) Sauvés par la « foi seule » ?

Lire l’article : The Church Fathers and « Sola Fide » (Justification by « Faith Alone »)

Voir notre dossier sur la nécessité des oeuvres : ici

VI) Présence Réelle du Christ dans l’Eucharistie

Lire notre article : L’enseignement de saint Augustin sur la Présence Réelle

Voir aussi notre dossier sur la Présence Réelle : ici

VII) Confession à un prêtre

« Nous n’écouterons pas non plus ceux qui refusent à l’Eglise le pouvoir de remettre tous les péchés. Aussi ces malheureux, en ne voyant point la pierre dans Pierre, en ne voulant pas croire que les clefs du royaume des cieux ont été remises à l’Eglise, les ont laissé échapper de leurs mains. Ce sont eux qui condamnent comme adultères les veuves qui se remarient, et qui se prétendent plus purs que la doctrine des Apôtres (I Tim. V, 4). S’ils voulaient reconnaître leur véritable nom,ils s’appelleraient impurs, plutôt que purs. Puisqu’ils ne veulent pas se corriger quand ils ont péché, ne préfèrent-ils pas se damner avec ce monde? Car, en refusant aux pécheurs le pardon de leurs fautes, ils ne rendent pas la santé à leurs âmes, mais il privent les malades de tout remède; et, en ne permettant pas à leurs veuves de se remarier, ils les forcent de brûler (I Cor. VII, 9). » (Combat chrétien, XXXI)

 

« Voilà comment l’Apocalypse parle de ce royaume, où l’on a encore des ennemis à combattre ou à retenir dans le devoir, jusqu’à ce qu’on arrive dans le royaume paisible où l’on régnera sans trouble et sans traverses. Voilà comment elle s’explique sur cette première résurrection qui se fait maintenant. Après avoir dit que le diable demeurera lié pendant mille ans, et qu’ensuite il doit être délié pour un peu de temps, aussitôt reprenant ce que l’Eglise fait pendant ces mille ans ou ce qui se passe dans 1’Eglise : « Et je vis, dit-il, des trônes et des hommes assis sur ces trônes; et on leur donna le pouvoir de juger ». Il ne faut pas s’imaginer que ceci soit dit du dernier jugement, mais il s’agit des trônes des chefs et des chefs qui gouvernent maintenant même l’Eglise. Quant au pouvoir de juger qui leur est donné, il semble qu’on ne le puisse mieux entendre que de cette promesse: « Ce que vous lierez sur la terre sera lié au ciel, et ce que vous délierez sur la terre sera délié au ciel » (Matthieu XVIII, 18). Ce qui fait dire à l’Apôtre : « Qu’ai-je affaire de juger ceux qui sont hors de l’Eglise? N’êtes-vous pas juges de ceux qui sont dedans ? » (I Cor. V, 12) » (La Cité de Dieu, XX, 9)

 

« Lazare s’est levé, il est sorti du tombeau ; mais il était lié comme le sont les pénitents qui accusent leurs péchés. Déjà effectivement ils ont échappé à la mort ; se confesseraient-ils s’ils étaient encore glacés par elle ? Se confesser c’est quitter les ombres et les ténèbres. Que dit le Seigneur à son Église ? « Ce que vous délierez sur la terre, sera délié aussi dans le ciel (Matt. XVIII, 18)». Aussi, lorsque Lazare sort du tombeau, comme le Seigneur dans sa miséricorde a amené à la confession ce mort qui se cachait tout en répandant l’infection, les ministres de l’Église font ce qui reste, conformément à ces paroles : « Déliez-le et le laissez aller (Jean, XI, 39-44) ». » (Sermon XXVII, (al. Serm. 352), 8).  »

Voir aussi notre article sur la confession à un prêtre : ici

VIII) Le célibat des prêtres

« Quant à ceux qui ne font consister l’excellence des hommes que dans la liberté de pécher, lorsque nous faisons briller, à leurs yeux les terreurs de l’éternité pour les éloigner des mariages adultères, notre habitude est de leur proposer la continence des clercs dont plusieurs sont soumis malgré eux à porter le même fardeau de la continence et le portent courageusement jusqu’à la fin avec le secours de Dieu. Voici donc ce que nous leur disons Que feriez-vous si les peuples usaient de violence et vous contraignaient à porter ce fardeau ? N’accompliriez-vous pas avec chasteté les fonctions qui vous seraient imposées ? n’auriez-vous pas la pensée de vous tourner vers Dieu pour implorer son secours et des forces auxquelles jusque-là vous n’avez jamais pensé ? Quant aux clercs, répondent-ils, ils trouvent une abondante compensation dans les honneurs dont ils sont comblés. Et la crainte, leur répliquons-nous, ne doit-elle pas être pour vous un frein plus puissant encore? En effet si beaucoup de ministres du Seigneur, appelés soudain à charger leurs épaules du fardeau redoutable, s’y sont soumis dans l’espérance de briller un jour avec plus d’éclat dans le royaume du Seigneur; avec combien plus de raison ne devez-vous pas éviter l’adultère et vivre dans la continence, vous qui êtes pressés par la crainte, non pas de moins briller dans le royaume de Dieu, mais de brûler dans les flammes éternelles ? » (Des unions adultères, livre II, chapitre 20, § 22, PL, 40, 486)

 

« Je donnerais à ce long texte un développement plus soigné et plus approfondi, si je n’avais à citer d’autres endroits de ses Epîtres bien plus claires encore ; en les collationnant, ma première citation gagnera en évidence ; et ce premier texte fût-il anéanti, les nouveaux témoignages suffiraient à la preuve. Voici, en effet, ce qu’il dit sur le même sujet, écrivant aux Corinthiens :

« Ne suis-je pas libre ? Ne suis-je Apôtre ? N’ai-je pas vu Jésus-Christ, notre Seigneur? N’êtes-vous pas vous-mêmes mon ouvrage en notre Seigneur ? Quand je ne serais pas apôtre à l’égard des autres, je le suis au moins à votre égard; car vous êtes le sceau de mon apostolat en notre Seigneur. Voici ma défense contre ceux qui me reprennent : N’avons-nous pas le droit de manger et de boire ? N’avons-nous pas le pouvoir de conduire partout avec nous une femme d’entre nos soeurs, comme font les autres Apôtres, et les frères du Seigneur, et Céphas ? »(I Corinthiens IX, 1-7)

Remarquez comme il montre d’abord son droit, et son droit à titre d’Apôtre ; c’est de là qu’il part en effet : « Ne suis-je pas libre? Ne suis-je pas Apôtre ? » Et il prouve son titre d’Apôtre en ajoutant : « N’ai-je pas vu Notre-Seigneur Jésus-Christ? N’êtes-vous pas vous« mêmes mon ouvrage en notre Seigneur ? »

Ce point prouvé , il montre qu’il a droit, autant que les autres Apôtres, de ne pas travailler de ses mains, mais de vivre de l’Evangile, comme le Seigneur l’a réglé, et il continue à en donner la preuve très-évidente. En effet, si des femmes fidèles et bien pourvues d’ailleurs des biens de la terre, accompagnaient les Apôtres, si elles les aidaient de leur fortune, c’était pour leur procurer les choses nécessaires à la vie. Saint Paul démontre qu’il a le droit de suivre en ceci l’exemple de tous les Apôtres, mais il rappelle aussitôt qu’il n’a point voulu user de ce pouvoir. Quelques-uns, dans ce texte : « N’avons-nous pas le droit de conduire partout avec nous une femme-soeur », ont traduit non pas une femme notre soeur, mais une épouse. L’erreur vient du sens double du mot grec, parce que dans cette langue le même mot signifie épouse et femme. Et cependant l’Apôtre l’a employé de manière a rendre cette erreur impossible, disant non pas simplement une femme, mais une femme-soeur ; et parlant non pas de l’épouser, mais de s’en faire suivre partout. Mais cette équivoque n’a point trompé les autres interprètes, qui tous ont traduit « une femme » , et non pas « une épouse ». » (Du travail des moines, IV, 5)

Voir aussi notre article sur le célibat des prêtres : ici

IX) Les livres deutérocanoniques

A) Saint Augustin seul

« Nous trouvons intégralement formulée cette liste en Afrique, aux Conciles d’Hippone (393) et de Carthage (397, 419). SAINT AUGUSTIN (354-430), s’est fait l’écho fidèle de ces décisions conciliaires. Le canon qu’il nous présente, après 397, dans son livre « De doctrina christiana » (M. L. , XXXIV, 41), comprend les deutérocanoniques de l’Ancien Testament. Le grand et saint docteur affirme d’ailleurs que telle est bien la pensée de l’Eglise, car « en ce qui concerne les Ecritures canoniques, il faut suivre le plus grand nombre des communautés catholiques« . » (Abbés LUSSEAU et COLLOMB, Manuel d’études bibliques, Tome I, deuxième édition, Paris VI° Pierre TEQUI, Librairie-éditeur, 82 rue Bonaparte, 1936, page 300. Manuel rédigé conformément aux directives données par le Pape saint Pie X aux professeurs d’Ecriture Sainte en sa Lettre apostolique Quoniam in re biblica du 27 mars 1906)

Voici l’extrait en question :

« Revenons maintenant au troisième degré, dont nous nous sommes proposé de traiter spécialement, suivant les lumières qu’il plaira à Dieu de nous accorder. La règle la plus sage à suivre pour pénétrer dans les profondeurs des divines Écritures, est de commencer par les lire tout entières afin d’en acquérir au moins la connaissance que peut en donner cette lecture, si l’on n’arrive pas encore à les comprendre. On se bornera d’abord à celles qui sont réputées canoniques. Il y aura moins de danger à lire les autres, lorsqu’on sera instruit des vérités de la foi; il serait à craindre que, s’emparant d’un esprit encore faible, et le prévenant de leurs fables et de leurs dangereuses erreurs, elles ne lui inspirassent des préjugés contraires à une saine interprétation.

Pour les Écritures canoniques, on suivra l’autorité du plus grand nombre des Églises catholiques, au premier rang desquelles on devra mettre celles qui ont eu le privilège d’être le siège des apôtres et d’en recevoir des lettres. On aura pour principe et pour règle en cette matière, de préférer celles que reçoivent toutes les Eglises catholiques à celles qui sont rejetées de quelques-unes; et parmi celles que toutes les Eglises n’admettent pas, on préférera celles que reçoivent des Eglises plus nombreuses et plus considérables, à celles qui n’ont l’assentiment que de quelques Eglises de moindre autorité. Si l’on rencontre certains livres admis par un plus grand nombre d’Eglises, et d’autres par des Eglises plus considérables, circonstance d’ailleurs difficile à se produire, je pense qu’on doit leur reconnaître le même degré d’autorité.

Le canon entier des Ecritures, auquel se rapportent les considérations que nous venons d’exposer, se compose des livres suivants : les cinq livres de Moïse : la Genèse, l’Exode, le Lévitique, les Nombres et le Deutéronome; le livre de Josué, le livre des Juges, le petit livre de Ruth, qui semble plutôt faire partie du commencement de l’histoire des Rois, et les deux livres des Paralipomènes, qui sont, non une suite des précédents, mais comme des suppléments qui en suivent l’ordre et la marche. Tels sont les Livres historiques, où les époques s’enchaînent les unes aux autres, et où se déroule la suite naturelle des évènements. Il en est d’autres dont les faits n’ont aucun lien qui les rattache à cet ordre naturel ni entre eux. Ce sont les livres de Job, de Tobie, d’Esther, de Judith, les deux livres des Macchabées, et les deux livres d’Esdras, qui semblent plutôt continuer l’histoire suivie des livres des Rois ou des Paralipomènes. Viennent ensuite parmi les prophètes, le livre des psaumes de David, les trois livres de Salomon : les Proverbes, le Cantique des Cantiques et l’Ecclésiaste. Une certaine ressemblance de forme et de style a fait attribuer à Salomon les deux livres de la Sagesse et de l’Ecclésiastique, mais une tradition constante leur donne pour auteur Jésus Sirach (II Rétr. I, ch. IV, n. 2) ; toutefois l’autorité qu’on leur a reconnue dans l’Eglise doit les faire ranger au nombre des livres prophétiques. Les autres livres sont ceux des prophètes proprement dits; les livres des douze prophètes qu’on n’a jamais séparés ne forment ensemble qu’un seul livre. Ces prophètes sont Osée, Joël, Amos, Abdias, Jonas, Michée, Nahum, Habacuc, Sophonie, Aggée, Zacharie, Malachie. Ensuite les quatre livres des quatre grands prophètes, Isaïe, Jérémie, Daniel et Ezéchiel. Tels sont les quarante-quatre livres qui font autorité dans l’Ancien Testament (Ibid.). Le Nouveau comprend les quatre livres de l’Evangile selon Mathieu, selon Marc, selon Luc et selon Jean; les quatorze épîtres de l’apôtre Paul une aux Romains, deux aux Corinthiens, une aux Galates, une aux Ephésiens, une aux Philippiens, deux aux Thessaloniciens, une aux Colossiens, deux à Timothée, une à Tite, une à Philémon et une aux Hébreux; deux épîtres de saint Pierre, trois de saint Jean, une de saint Jacques, le livre des Actes des apôtres, le livre de l’Apocalypse de saint Jean. » (De la doctrine chrétienne, II, VIII, 12-13)

Par-là, saint Augustin nous apprend que l’inspiration des livres deutérocanoniques est non seulement sa conviction, mais encore celle de « du plus grand nombre des Églises ».

Saint Augustin fit également ces quelques usages des deutérocanoniques (liste non exhaustive) :

« Nous lisons dans, les livres des Machabées qu’un sacrifice fut offert pour les morts,. Mais lors même qu’on ne lirait rien de semblable dans les anciennes Ecritures, nous avons sur ce point l’autorité si grave de l’Eglise universelle, évidemment constatée par la coutume, puisque la recommandation des morts a sa place dans les prières que le prêtre adresse au Seigneur Dieu à son autel. » (Des devoirs à rendre aux morts, I, 3)

 

« C’est en ensevelissant les morts que Tobie a mérité les faveurs de Dieu : c’est à ce titre qu’il est loué, et un ange même en rend témoignage (Tobie II, 9 ; XII, 12) » (Des devoirs à rendre aux morts, III, 5)

 

« Il peut aussi arriver que les morts soient envoyés chez les vivants, comme en un sens inverse, saint Paul du milieu des vivants fut ravi au ciel (I Corinthiens XII, 2). Les divines Ecritures en rendent témoignage. En effet, le prophète Samuel, défunt, prédit l’avenir au roi Saül, vivant (I Samuel XXVIII, 7-9). Selon plusieurs, je le sais, le prophète en personne ne put être évoqué par l’art magique, et ce fut quelque malin esprit complice des oeuvres perverses du roi, qui fit apparaître une image du prophète. Mais le livre de l’Ecclésiastique, qu’on dit avoir été écrit par Jésus, fils de Sirach, et que plusieurs attribuent à Salomon, à cause d’une certaine ressemblance de style, rapporte, parmi les louanges des anciens pères, que Samuël prophétisa même après sa mort (Ecclésiastique 46, 23). Veut-on contester l’autorité de ce livre parce qu’il n’est pas dans le canon des Hébreux ? Alors qu’objectera-t-on contre le fait de Moïse, qui meurt certainement dans le Deutéronome (Deutéronome XXXIV, 5), et qui dans l’Evangile apparaît aux vivants, avec Elie, qui n’est pas mort (Matthieu XVII, 3) ? » (Des devoirs à rendre aux morts, XV, 18)

Il ressort de ce dernier passage que saint Augustin, non seulement croyait en l’inspiration du livre de l’Ecclésiastique, mais encore qu’il rejetait le faux argument du canon hébreu.

« Que s’il venait a me répondre par le texte de l’Ecriture : « Ne cherche pas des vérités trop hautes pour ta petitesse, ne te mesure pas avec des vérités trop fortes. pour ta faiblesse, et contente-toi d’occuper toutes tes pensées de la méditation des commandements du Seigneur » (Ecclésiastique III, 22) , je lui rendrais grâce encore. » (Des devoirs à rendre aux morts, XVIII, 22)

 

« On demande aussi ordinairement en quoi les schismatiques diffèrent des hérétiques : or, ce qui fait les schismatiques, ce n’est pas la différence de foi, mais la séparation de la communion de l’Eglise. Mais faut-il les envisager comme de l’ivraie ? Sur ce point, le doute est permis. Ils semblent avoir plutôt de la ressemblance avec les épis dégénérés, suivant ce mot de l’Ecriture : « L’enfant pervers sera corrompu au souffle duvent » (Sagesse I, 4) : ou bien encore avec les barbes brisées, ou sciées et séparées des épis. » (Dix-sept questions sur l’Evangile selon saint Matthieu, XI, 2)

 

« Malheureux pécheurs, à qui l’Ecriture donne ce démenti : « Ne diffère point de te convertir au Seigneur, et ne remets point de jour en jour ; car sa colère éclatera tout d’un coup, et il te perdra au jour de la vengeance. » (Ecclésiastique V, 7-9) Ceux-là en effet sont de vrais convertis qui :commencent aussitôt à bien vivre : c’est là proprement revenir à Dieu; mais ceux qui continuent de se livrer à leurs passions, lui tournent en quelque sorte le dos, quoique, en restant dans l’unité, ils s’efforcent souvent de le regarder en élevant la tête vers lui. Ils ne sont donc, eux aussi, suivant le mot du Prophète, ils ne sont que chair, « qu’un vent qui passe et qui ne revient point. » (Psaume 82, 39) Toutefois, comme nous l’avons dit, leur persévérance dans la foi et dans l’unité de l’Eglise ne permet pas de les comparer à l’ivraie, qui a une racine différente de celle du froment; ni à la barbe de l’épi, qui ose élever au-dessus du froment sa pointe hérissée et sa fragile enveloppe ; mais à la paille, qui, malgré son union avec le froment, sera au dernier jour vannée et séparée du bon grain. » (Dix-sept questions sur l’Evangile selon saint Matthieu, XI, 3)

B) Les conciles auxquels saint Augustin participa

1) IIIè concile de Carthage (397)

« Il a été décidé […] que rien, sauf les Ecritures canoniques, ne devrait être lu dans l’Église sous le nom des Écritures divines. Mais les Écritures canoniques sont : Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome, Josué, Juges, Ruth, quatre livres de Rois, Paralipomène, deux livres, Job, le Psautier de David, cinq livres de Salomon [Proverbes, Ecclésiaste, Chant de Chants, Sagesse, Sirach [l’Ecclésiastique], douze livres des prophètes, Esaïe, Jérémie, Daniel, Ézéchiel, Tobie, Judith, Esther, deux livres d’Esdras, deux livres des Maccabées. » (IIIè Concile de Carthage, canon XXIV, année 397)

2) Concile général d’Afrique (419)

Rassemblant 217 évêques d’Afrique du Nord, ses canon furent inscrits dans le Codex canonum Ecclesiae africanae. Voici son canon sur le canon :

« [Il a été décidé] qu’en dehors des Écritures canoniques, rien ne se lu à l’église sous le nom de l’Ecriture divine, mais les Écritures canoniques sont : Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome, Josué, Fils de Nun, Juges, Ruth, les Rois, quatre livres, les Chroniques, deux livres, Job, le Psautier, les cinq livres de Salomon, les douze livres des prophètes, Isaïe, Jérémie, Daniel, Ezéchiel, Tobie, Judith, Esther, Esdras, deux livres , Maccabées, deux livres […] Que ceci soit envoyé à notre frère et collègue évêque, [le pape] Boniface, et aux autres évêques de ces parties, qu’ils puissent confirmer ce canon, de ceci sont les choses que nous avons reçues de nos pères à lire à l’église » (Canon 24)

Voir aussi notre dossier sur les livres deutérocanoniques : ici

X) Filioque

« Répéter une chose, c’est lui donner un nouveau degré d’assurance, et le Seigneur, par la bouche du Prophète, ajoute la paix à la paix qu’il accorde (Isa. XXVI, 5). « Comme mon Père m’a envoyé », dit Jésus, « je vous envoie moi-même ». Nous savons que le Fils est égal au Père, mais, ici, nous le reconnaissons à son langage comme notre médiateur. Le Père m’a envoyé, et moi je vous envoie. « Après qu’il eut dit ces paroles, il souffla sur eux, et leur dit : Recevez le Saint-Esprit ». En soufflant sur eux, il montra que le Saint-Esprit n’est pas seulement l’Esprit du Père, mais qu’il est aussi le sien. « Ceux à qui vous a remettrez les péchés, ils leur seront remis, et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus ». La charité de l’Eglise, que l’Esprit-Saint répand en nos coeurs, remet les péchés de ses membres, mais elle retient les péchés de ceux qui ne lui appartiennent pas. Aussi, après avoir dit : « Recevez l’Esprit-Saint », le Sauveur a-t-il immédiatement parlé de la remise et de la retenue des péchés. » (Traités sur Saint Jean, 121, 4)
 
« Si donc l’Esprit-Saint qui est donné, a pour principe celui qui le donne, parce qu’il ne procède que de lui, il faut avouer qu’à l’égard de ce divin Esprit le Père et le Fils sont un seul et unique principe, et non deux principes. Et en effet, comme le Père et le Fils ne sont qu’un seul et même Dieu, ils ne sont également, par rapport aux créatures, qu’un seul et même Seigneur, un seul et même Créateur. Et de même à l’égard de l’Esprit-Saint, ils ne sont qu’un seul et unique principe. S’agit-il au contraire d’exprimer les rapports de la Trinité avec la création? le Père, le Fils et l’Esprit-Saint sont un seul principe, un seul Créateur et un seul Seigneur. » (Traité de la Trinité, V, 14 : 15)
 
« Si nous voulons approfondir ce sujet, nous rencontrons la question suivante. De même que le Fils est essentiellement Fils, et en dehors de sa naissance temporelle, l’Esprit-Saint est-il par lui-même le don de Dieu, et abstraction faite de toute effusion sur l’homme? En d’autres termes : l’Esprit-Saint existait avant qu’il fût donné, mais il n’était pas encore le don de Dieu; ou bien, parce que Dieu devait un jour le donner, il était déjà le don de Dieu quoiqu’il n’eût pas encore été donné. Voici ma réponse: Si l’Esprit-Saint ne procède du Père et du Fils qu’au moment où il est donné, et si cette procession n’est point antérieure à l’homme auquel il devait être donné, comment pouvait-il exister personnellement et de toute éternité , puisque selon vous il n’est que parce qu’il est donné ? Vous reconnaissez que le Fils est Fils bien moins par relation de paternité et de filiation que par nature et essence : et pourquoi n’avouerez-vous pas aussi que l’Esprit-Saint procède du Père et du Fils avant tous les siècles et de toute éternité, mais qu’il en procède comme devant en être le don? Ainsi il était le don de Dieu avant même que fût créé l’homme auquel il devait être donné. On peut en effet le considérer comme étant le don de Dieu, et comme étant donné de Dieu. Sous le premier rapport l’Esprit-Saint existe avant que d’être donné; mais le second ne peut s’affirmer de lui s’il n’a été réellement donné. » (Traité de la Trinité, V, 15, 16)
 
« Et cependant ce n’est pas sans raison que, dans cette souveraine Trinité, le nom de Verbe de Dieu n’est donné qu’au Fils, le nom de don de Dieu n’est donné qu’au Saint-Esprit et celui de Dieu le Père au principe dont le Verbe est engendré et dont procède en premier lieu le Saint-Esprit. J’ai dit : en premier lieu , parce qu’on découvre que le Saint-Esprit procède aussi du Fils. Mais le Père a donné cela au Fils, non en ce sens que le Fils existât avant de l’avoir; mais tout ce que le Père a donné à son Verbe Fils unique, il le lui a donné en l’engendrant. Il l’a donc engendré de manière à ce que le Don commun procédât aussi de lui, et que l’Esprit-Saint fût l’Esprit des deux. Ce n’est donc pas rapidement et au vol, mais sérieusement qu’il faut considérer cette distinction au sein de l’indivisible Trinité. Voilà pourquoi le Verbe de Dieu a été proprement appelé Sagesse de Dieu, bien qui le Père et le Saint-Esprit soient sagesse. Si donc le nom de Charité a pu être le nom propre d’une des trois personnes, à qui convient-il mieux qu’au Saint-Esprit? En ce sens cependant que, dans cette simple et souveraine nature, la substance et la charité ne soient pas choses différentes; mais que la substance elle-même soit charité, et la charité substance, soit dans le Père, soit dans le Fils, soit dans le Saint-Esprit, bien que le nom de charité soit proprement attribué au Saint-Esprit. » (Traité de la Trinité, XV, 17 : 29)
 
« Pouvons-nous donc demander si, quand le Fils est né, le Saint-Esprit avait déjà procédé du Père, ou non, et s’il a procédé des deux, après la naissance du Fils, là où il n’y a pas de temps; absolument comme nous avons pu, là où le temps existe, examiner si la volonté procède en premier lieu de l’âme humaine, pour chercher ensuite l’objet qui, une fois découvert, prendra le nom de fils; lequel fils étant enfanté ou engendré, la volonté se complète, et trouve le repos en atteignant sa fin, en sorte que ce qui était désir quand elle cherchait, devienne amour quand elle jouit : amour procédant de deux choses, c’est-à-dire de l’âme qui joue le rôle de père en enfantant, et de la connaissance qui joue le rôle de fils comme étant enfantée? Non assurément, on ne peut poser de telles questions là où rien ne commence avec le temps pour s’achever dans le temps. Ainsi donc, que celui qui peut comprendre que le Fils est éternellement engendré du Père, comprenne que le Saint-Esprit procède aussi éternellement des deux. Que celui encore qui peut comprendre, d’après ces paroles du Fils : « Comme le Père a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils d’avoir en lui-même la vie (Jean, V, 28 )», comprendre, dis-je, que le Père n’a pas donné la vie à un Fils jusque-là sans vie, mais qu’il l’a engendré en dehors du temps, en sorte que la vie que le Père a donnée au Fils en l’engendrant est coéternelle à la vie même du Père qui l’a donnée; que celui-là comprenne aussi que, comme il est dans la nature du Père que le Saint-Esprit procède de lui, de même il a donné à son Fils que le même Saint-Esprit procède aussi de lui, double procession également éternelle; et que, quand on dit que le Saint-Esprit procède du Père, on l’entend en ce sens que le Père a aussi donné au Fils que le Saint-Esprit procède du Fils. En effet, si le Fils tient du Père tout ce qu’il a, il en tient aussi que le Saint-Esprit procède de lui. Mais, qu’on exclue ici toute idée du temps, qui renferme celle d’antériorité et de postériorité; car il n’y en a pas l’ombre.
 
Comment donc ne serait-il pas souverainement absurde d’appeler le Saint-Esprit fils des deux, puisque, comme, par sa génération du Père, le Fils possède une essence éternelle et immuable, de même, par sa procession des deux, le Saint-Esprit possède une nature éternelle et immuable? Voilà pourquoi, si nous ne disons pas que le Saint-Esprit est engendré, nous n’osons cependant le dire non engendré: évitant d’employer cette expression pour ne pas laisser croire ou qu’il y a deux pères dans la Trinité, ou qu’il y a deux personnes qui ne sont pas d’une autre. Car le Père seul n’est pas d’un autre; voilà pourquoi seul il est appelé non engendré, sinon dans les Ecritures, au moins dans le langage usuel de ceux qui discutent un si haut mystère et s’en expliquent comme ils peuvent. Le Fils est né du Père; et le Saint-Esprit procède principalement du Père, et, sans aucun intervalle de temps, tout à la fois du Père et du Fils. Or, on l’appellerait fils du Père et du Fils, si — ce que tout homme de bon sens rejette avec horreur — tous les deux l’avaient engendré. L’Esprit des deux n’a donc pas été engendré par les deux, mais il procède des deux.  » (Traité de la Trinité, XV, 26 : 47)

Voir au sujet du Filioque :

Le Filioque d’un point de vue théologique : ici

Le Filioque d’un point de vue historique

XI) Union de l’Eglise et de l’Etat

Saint Augustin répond à l’objection se fondant sur cette phrase de Jésus : « Mon royaume n’est pas de ce monde, mon royaume n’est pas d’ici-bas. » (Jean XVIII, 36) dans son 115è traité sur saint Jean, qu’il est possible de lire en cliquant ici (3 pages).

Il écrit que les rois doivent servir Dieu :

« Les rois, quand ils sont dans l’erreur, portent des lois contre la vérité en faveur de l’erreur; quand ils sont dans la vérité, ils se prononcent contre l’erreur en faveur de la vérité. Il suit de là que les bons sont éprouvés par les lois mauvaises, et que les méchants sont corrigés par les lois équitables et bonnes. Le roi Nabuchodonosor, s’inspirant de l’idolâtrie qu’il professait, rendit une loi sévère qui prescrivait d’adorer les idoles; et quand il fut converti, il défendit, sous des peines rigoureuses, de blasphémer le Dieu véritable (Daniel III, 5, 6, 96). C’est donc un précepte divin pour les rois, s’ils veulent servir Dieu en rois (Psaume II, 10), de commander le bien dans leur empire et d’y défendre le mal, et cela, non-seulement en ce qui concerne la société humaine, mais aussi en ce qui concerne la religion divine. » (Contre Cresconius, grammairien et donatiste, livre III, chapitre 51, § 6, P.L., t. 43, col. 517)

 

Nous appelons les princes heureux quand ils font régner la justice, quand, au milieu des louanges qu’on leur prodigue ou des respects qu’on leur rend, ils ne s’enorgueillissent pas, mais se souviennent qu’ils sont hommes; quand ils soumettent leur puissance à la puissance souveraine de Dieu ou la font servir à la propagation du vrai culte, craignant Dieu, l’aimant, l’adorant et préférant à leur royaume celui où ils ne craignent pas d’avoir des égaux ; quand ils sont lents à punir et prompts à pardonner, ne punissant que dans l’intérêt de l’’Etat et non dans celui de leur vengeance, ne pardonnant qu’avec l’espoir que les coupables se corrigeront, et non pour assurer l’impunité aux crimes, tempérant leur sévérité par des actes de clémence et par des bienfaits, quand des actes de rigueur sont nécessaires; d’autant plus retenus dans leurs plaisirs qu’ils sont plus libres de s’y abandonner à leur gré ; aimant mieux commander à leurs passions qu’à tous les peuples de la terre; faisant tout cela, non pour la vaine gloire, mais pour la félicité éternelle, et offrant enfin au vrai Dieu pour leurs péchés le sacrifice de l’’humilité, de la miséricorde et de la prière. Voilà les princes chrétiens que nous appelons heureux, heureux par l’espérance dès ce monde, heureux en réalité quand ce que nous espérons sera accompli. » (La Cité de Dieu, Livre V, chapitre 24)

 

« Le coeur ne doit donc jamais oublier ces préceptes de patience, et la bienveillance doit être toujours entière dans la volonté, pour empêcher qu’on ne rende le mal pour le mal. Toutefois il arrive souvent qu’il faut employer contre des résistances une certaine sévérité qui a son principe dans le désir du bien; on consulte alors non pas la volonté, mais l’intérêt de ceux qu’on punit : cette conduite a été fort bien louée dans un chef de république par les auteurs païens. Quelque rude que soit la correction infligée à un fils, l’amour paternel est toujours là. C’est en faisant ce qu’il ne veut pas et ce qui est une souffrance, qu’on cherche à le guérir par la douleur. Ainsi donc, si les sociétés politiques gardaient ces préceptes chrétiens, les guerres elles-mêmes ne se feraient pas sans une certaine bonté, et les vaincus seraient plus aisément ramenés à la paix sociale qui repose sur la piété et la justice. La victoire est utile lorsqu’elle ôte au vaincu le pouvoir de faire le mal. Rien n’est plus malheureux que la prospérité des méchants; elle nourrit l’impunité vengeresse, elle fortifie la volonté mauvaise comme un ennemi intérieur. Mais les mortels, dans l’égarement de leur corruption, croient que les choses humaines prospèrent, quand de splendides palais s’élèvent et que les âmes tombent en ruines; quand on bâtit des théâtres et que les fondements des vertus sont renversés; quand on met de la gloire à dépenser follement et qu’on se raille des oeuvres de miséricorde ; quand les histrions s’enivrent des prodigalités des riches et, que les pauvres ont à peine le nécessaire; quand des peuples impies blasphèment le Dieu qui, par les prédicateurs de sa doctrine, condamne ce mal public, et qu’on s’empresse autour des dieux en l’honneur de qui se donnent des représentations théâtrales qui déshonorent le corps et l’âme. C’est surtout en permettant ces choses, que Dieu laisse voir sa colère; en les laissant impunies , il les punit plus terriblement. Au contraire, lorsqu’il détruit ce qui aide à soutenir les vices, et. qu’il substitue la pauvreté aux richesses dangereuses, il frappe miséricordieusement. Il faudrait même, si c’était possible, que les gens de bien fissent miséricordieusement la guerre pour dompter de licencieuses cupidités et détruire des vices que, l’autorité publique devrait extirper ou réprimer.

Si la doctrine chrétienne condamnait toutes les guerres, on aurait répondu aux soldats dont il est parlé dans l’Evangile qu’ils n’avaient qu’à jeter leurs armes et à se soustraire au service militaire. Mais au contraire il leur a été dit : « Ne faites ni violence ni tromperie à l’égard de personne; contentez-vous de votre paie (Luc. III, 14). » En prescrivant aux soldats de se contenter de leur paie, l’Evangile ne leur interdit pas la guerre. Que ceux qui prétendent que la doctrine du Christ est contraire aux intérêts des Etats, nous donnent une armée composée selon les prescriptions de l’Evangile; qu’ils nous donnent des chefs de provinces, des maris, des épouses, des pères, des fils, des maîtres, des serviteurs, des rois, des juges, des contribuables et des exacteurs animés des sentiments chrétiens, et qu’ils osent dire que notre religion est contraire aux intérêts des Etats; ah ! plutôt, qu’ils ne craignent pas d’avouer que la pratique sincère du christianisme est la plus grande garantie de salut pour les empires. » (Lettre 138 [alias 5] à Marcellin, II, 14 et 15)

 

« Comment donc les rois servent-ils le Seigneur avec crainte, si ce n’est en empêchant ou en punissant, par une sévérité religieuse, ce qui se fait contre les commandements du Seigneur? On ne sert pas Dieu de la même manière comme homme, et de la même manière comme roi; comme homme, on sert Dieu par une vie fidèle; mais, comme roi, on le sert en faisant des lois, avec une vigueur convenable, pour ordonner ce qui est juste et empêcher ce qui ne l’est pas. Ce fut ainsi qu’Ezéchias servit Dieu en détruisant les bois sacrés, les temples des idoles et les hauts lieux (II/IV Rois XVIII, 4) ; Josias, en faisant ainsi lui-même (II/IV Rois XXIII, 4-5) ; le roi des Ninivites, en forçant toute la ville à apaiser le Seigneur (Jonas, III, 6-9); Darius, en donnant à Daniel l’idole à briser et en livrant aux lions les ennemis de ce prophète (Daniel XIV, 21. 41) ; Nabuchodonosor, dont nous avons déjà parlé, en défendant, sous des peines terribles, dans tout son royaume, de blasphémer Dieu (Daniel III, 96). Les rois servent donc le Seigneur, en tant que rois, lorsqu’ils font pour son service ce qu’ils ne pourraient pas faire s’ils n’étaient rois.

Comme au temps des Apôtres, les rois ne servaient pas le Seigneur, mais au contraire, selon. les prophéties, méditaient des choses vaines contre le Seigneur et contre son Christ, les lois ne pouvaient pas empêcher les impiétés : bien plus, les impiétés étaient leur oeuvre. Il était dans l’ordre des temps que les Juifs, d’après la prédiction du Sauveur, tuassent les prédicateurs du Christ, croyant remplir un devoir envers Dieu (Jean, XVI, 2), et que les nations frémissent contre les chrétiens, et que la patience des martyrs triomphât de tous. Mais lorsqu’ensuite on a commencé à voir s’accomplir la parole qui annonçait que tous les rois de la terre adoreraient Dieu et que toutes les nations le serviraient (Ps. LXXI, 11), quel homme sensé dirait aux rois . Ne vous occupez pas de savoir, dans votre royaume, qui défend ou qui attaque l’Eglise de votre Seigneur; qu’on veuille être religieux ou sacrilège dans votre royaume, cela ne vous regarde pas? Mais nul n’oserait leur dire : Que vous importe qu’on veuille être pudique ou impudique? Et puisque Dieu ayant donné à l’homme le libre arbitre, pourquoi la loi permettra-t-elle le sacrilège et punira-t-elle l’adultère ? Est-ce une moindre faute pour une âme de ne pas rester fidèle à Dieu que pour une femme de ne pas rester fidèle à son mari? Ou bien si les péchés commis, non point par le mépris mais par l’ignorance de la religion, doivent être punis moins sévèrement, faut-il pour cela ne pas du tout s’en mettre en peine ? » (Lettre 185 au comte Boniface, ch. V, § 19 et 20 ; P.L. 33, col. 801)

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  25. M
    13 avril 2020

    Pourriez-vous écrire un article comme celui-ci, mais avec des citations de Saint Athanase d’Alexandrie?

    • Ressources Catholiques
      15 avril 2020

      Bonjour,

      Nous feront peut-être un jour un article comme celui-ci sur saint Athanase. Mais dès ici je mets à votre dispositions ceci à son sujet :

      SUR LA PAPAUTE :

      Il écrit :

      « En effet, les ariens n’épargnèrent pas même l’évêque de Rome Libère, dès le début de son pontificat. Ils étendirent leur rage jusqu’aux citoyens de cette ville, et l’idée qu’il y avait là le trône apostolique ne les arrêta nullement. […] Car ces impies, voyant que Libère avait le culte de la vraie foi, […] crurent que, s’ils pouvaient le séduire, ils s’empareraient de tous les esprits. » (Lettre aux moines sur l’histoire de l’arianisme, n° 35 dans PG, 25/734.)

      Commentaire du cardinal Louis BILLOT :

      « Cette expression est si souvent utilisée, elle est d’usage si courant chez les Pères et les conciles que le titre de « Siège apostolique » a fini par devenir le nom propre et distinctif du siège de Rome. Mais remarquons bien que ce siège est appelé apostolique en ce sens absolument unique, non seulement à cause de son origine ou de sa fondation, au sens où, dans l’antiquité, bien des sièges épiscopaux étaient eux aussi apostoliques, mais surtout à cause de son pouvoir, dans la mesure où le pouvoir apostolique de gouvernement s’y trouvait non pas comme un pouvoir participé et dérivé, ce qui était le cas de tous les autres sièges épiscopaux, mais de manière excellente et en plénitude, comme dans sa source, dans sa matrice, dans sa racine. » (L’Eglise, Courrier de Rome, 2010, n° 882, tome 2, page 416)

      De plus, si les ariens crûrent que si ils pouvaient séduire l’évêque de Rome « ils s’empareraient de tous les esprits », cela témoigne de la croyance tant de saint Athanase que des ariens du pouvoir d’enseignement doctrinal universel et infaillible de ce dernier.

      L’hérésie arienne était en train de ravager tout l’Orient et les ariens, sous la conduite d’Eusèbe de Nicomédie, s’acharnaient de toutes leurs forces contre saint Athanase, récemment élevé au rang de patriarche d’Alexandrie, afin de le chasser de son siège. Or, en cette affaire, on ne fit pas appel au siège d’Antioche, ni à celui de Jérusalem, ni à aucun autre siège d’Orient. Sans aucun conteste, les deux parties soumirent leur litige à l’évêque de Rome, Jules Ier, s’adressant à lui comme au juge suprême de toute l’Église. Et pour sa part, saint Athanase se rendit lui-même à Rome, de son propre chef. Les partisans d’Eusèbe ne refusèrent le jugement du pape qu’à partir du moment où ils comprirent qu’ils n’obtiendraient rien sans se faire appuyer par le pouvoir de l’empereur. Saint Athanase en fait le récit suivant en parlant de lui à la troisième personne :

      « C’est pourquoi, ayant vu que leur hérésie perdait du terrain, les partisans d’Eusèbe envoyèrent à Rome un courrier pour dénigrer Athanase. […] L’évêque de Rome, Jules, nous fit savoir par une lettre qu’il fallait réunir un concile où nous voudrions. […]

      Dès qu’il eut appris cette nouvelle, Athanase s’embarqua pour Rome. Il s’était parfaitement rendu compte de la rage dont étaient animés les hérétiques, et il voulait que le concile fût rassemblé comme on l’avait décidé à Rome. Jules dépêcha les prêtres Elpide et Philoxène, munis d’une lettre, afin de fixer aux partisans d’Eusèbe un délai, pour qu’ils se rendissent à Rome, faute de quoi ils devraient savoir qu’on les tiendrait pour suspects en tout. Mais les ariens, dès qu’ils apprirent que le jugement de l’Église aurait lieu en l’absence de leur allié, sans que des forces armées se tiennent à l’extérieur du concile, pour que celui-ci promulgue ses actes sous la crainte de l’empereur, […] furent saisis de crainte, au point de se dérober, en inventant une excuse dénuée de fondement : “Nous ne pouvons venir à Rome”, dirent-ils, “à cause de la guerre que nous livrent les Perses”. » (Lettre aux moines sur l’histoire des ariens, n° 9-11 dans PG, 25/703-706)

      Par ailleurs, saint Athanase se servit d’une lettre d’un pape pour lutter contre les hérétiques ariens. Le pape Saint Denys avait écrit, vers l’an 260, une lettre doctrinale à Denis, l’évêque d’Alexandrie, où il condamna l’hérésie des sabelliens, qui devait être reprise plus tard par les ariens. C’est pourquoi saint Athanase reprocha aux ariens d’avoir déjà été condamnés depuis longtemps par un jugement définitif, ce qui prouve qu’il croyait en l’infaillibilité pontificale (De sententia Dionysii).

      La vie de saint Athanase produit d’autres témoignages en faveur de la Papauté, sans qu’il en fut lui-même l’auteur :

      Saint Basile le Grand (vers 329-379) :

      Il informa son ami saint Athanase qu’il avait l’intention de demander au souverain pontife d’exercer son autorité pour exterminer l’hérésie de Marcel d’Ancyre (Lettre 69, PG, 32/431) :

      « Il nous a semblé bon d’écrire à l’évêque de Rome, pour qu’il prît connaissance de notre cause ; il s’avère en effet difficile de recourir à un décret conciliaire pour chasser d’ici certains perturbateurs, tandis que le souverain pontife pourrait prendre les mesures requises et se charger lui-même de cette affaire, en choisissant des personnes […] qui prendraient avec elles tous les actes postérieurs au concile de Rimini, afin de réduire à néant les décisions qui ont été imposées ici par la violence. » (Lettre 69, PG, 32/431)

      Pourquoi consulter Rome et pas une autre autorité ?

      « La lettre de saint Basile, mentionnant cette demande d’intervention de l’évêque de Rome comme une affaire courante et ordinaire, attire à conclure qu’à cette époque c’était non seulement la conviction personnelle de Basile, mais aussi la conviction de tous, même en Orient, que l’évêque de Rome possède le pouvoir de juger souverainement, par lui-même, les questions doctrinales ». (Abbé Edmond DUBLANCHY, Dictionnaire de théologie catholique, article « Infaillibilité du pape »)

      C’est une manifestation que même l’Orient considérait le siège de Rome comme supérieur à celui d’Alexandrie, autrement c’est à saint Athanase lui-même que saint Basile aurait demandé de régler la question.

      Saint Épiphane de Salamine (vers 315-403) relate les faits qui se sont déroulés lors du procès de saint Athanase. Il évoque la conversion des évêques ariens Ursace et Valens, qui voulurent être reçus dans la communion de l’Église et durent pour cela recourir à l’absolution de l’évêque de Rome, non à celle de saint Athanase.

      « Voulant faire pénitence, Ursace et Valens présentèrent à Jules, évêque de Rome, des libelles où ils abjuraient leur erreur. “Nous avons calomnié l’évêque Athanase. Admettez-nous dans votre communion et recevez notre pénitence”. » (Panarion, pharmacie contre toutes les hérésies, 68, chapitre 9 dans PG, 42/198-199)

      Sozomène de Constantinople (375-450) parle de la déposition de saint Athanase et de son rétablissement sur son siège par le Pape :

      « Athanase s’étant échappé d’Alexandrie, comme nous l’avons vu, se réfugia à Rome. Paul Évêque de Constantinople, Marcel Évêque d’Ancyre, et Asclépas Evêque de Gaza s’y rendirent au même temps. Ce dernier avait été accusé par les Ariens, auxquels il était fort contraire, d’avoir renversé un Autel, et Quintien avait été mis en sa place. Lucius Evêque d’Andinople, qui avait été déposé pour un autre sujet, demeurait aussi alors à Rome. L’Evêque de cette ville-là ayant pris connaissance de leur cause, et ayant trouvé qu’ils étaient de son sentiment, et qu’ils tenaient tous la doctrine du Concile de Nicée, les admit à la communion ; et parce qu’il est chargé du soin de tous les fidèles, à cause de la dignité de son Siège, il leur rendit leurs Églises. Il reprit les Evêques d’Orient, par la lettre qu’il leur écrivit, d’avoir mal jugé les causes de ces Evêques, et de troubler l’état de l’Eglise, en s’opposant aux décrets du Concile de Nicée. Il en cita quelques-uns à jour préfix, pour lui rendre compte de leur jugement, et les menaça de les châtier, s’ils continuaient à introduire des nouveautés.

      Athanase, et Paul se remirent sur leurs Sièges, et envoyèrent la lettre de Jules aux Evêques d’Orient. Cette lettre les ayant fâchés, ils s’assemblèrent dans la ville d’Antioche, pour y faire one réponse pleine d’ornements, et mêlée de railleries et de menaces. Ils avouèrent par cette réponse, que l’Eglise de Rome mérite de grands honneurs, parce qu’elle a été fondée par les Apôtres, et qu’elle jouit de la dignité de Métropole, dès le commencement de la Religion Chrétienne, bien que les premiers qui y ont répandu les semences de la foi, y soient allés d’Orient. Ils ajoutèrent, qu’ils ne devaient pas être mis au second rang, pour n’avoir pas l’avantage de la grandeur de la ville, ou de la multitude du peuple, puisqu’ils avaient celui de la fermeté et du zèle. Ils accusèrent Jules, d’avoir admis Athanase à sa communion, et lui témoignèrent une grande indignation, de ce qu’il avait entrepris de déshonorer leur assemblée, et de casser leur jugement ; ce qu’ils reprenaient comme une action fort injuste, et fort contraire aux règles de l’Eglise. Après toutes ces plaintes, et toutes ces protestations, ils lui promirent d’entretenir avec lui la paix et la communion, s’il voulait approuver la déposition de ceux qu’ils avaient chassés de leur Siège, et l’ordination de ceux qu’ils avaient élus en leur place, sinon qu’ils n’entretiendraient point avec lui de communion, ni de paix. Ils ajoutèrent que les Évêques d’Orient, qui les avaient précédés, n’avaient point désapprouvé la déposition qui avait été faite à Rome, de Novatien. Ils n’entrèrent point dans le détail de ce qu’ils avaient fait de contraire aux décrets du Concile de Nicée, et se contentèrent de lui marquer qu’ils avaient un grand nombre de raisons, pour justifier la conduite qu’ils avaient tenue, bien qu’ils ne voulussent pas alors entrer dans cette justification, parce qu’ils étaient soupçonnés d’avoir violé la justice en tous les chefs. » (Histoire ecclésiastique, livre III, chapitre 8)

      Il s’agit d’un témoignage en faveur de la Papauté à deux titres. Premièrement parce que les Evêques orientaux, dont saint Athanase, qui s’estiment lésés dans leurs droits vont se plaindre auprès de l’Evêque de Rome qui à son tour donne « tout naturellement » l’ordre à tout l’Orient de les reconnaître à nouveau comme Evêques. Et deuxièmement parce que même dans leur contestation, les Orientaux ne peuvent pas cacher la vérité, tellement elle est évidente que : « que l’Eglise de Rome mérite de grands honneurs, parce qu’elle a été fondée par les Apôtres, et qu’elle jouit de la dignité de Métropole, dès le commencement de la Religion Chrétienne ».

      Certains pourraient au contraire tirer de la désobéissance de l’Orient un argument contre la Papauté. Mais est-ce sérieux ? Peut-on honnêtement tirer argument de la désobéissance à Rome de ces gens un argument contre la Papauté lorsque les mêmes, dans la même désobéissance, mentent en prétendant que saint Athanase s’opposait à la doctrine du Concile de Nicée (puisque « Ils n’entrèrent point dans le détail de ce qu’ils avaient fait de contraire aux décrets du Concile de Nicée », tout simplement parce qu’il n’y avait rien à lui reprocher), et qu’ils ont troublé « l’état de l’Eglise, en s’opposant aux décrets du Concile de Nicée » ? L’autorité du Concile de Nicée est-elle remise en cause du fait que quelques-uns lui désobéirent ? Non bien sûr !

      Il écrit plus loin :

      « Les Évêques d’Egypte ayant écrit que ces accusations n’étaient que des calomnies, et Jules ayant jugé qu’Athanase n’était pas en sûreté, le manda à Rome. Il fit réponse dans le même temps, à la lettre des Evêques qui s’étaient rassemblés à Antioche, les accusant d’introduire lourdement des nouveautés contraires à la doctrine du Concile de Nicée ; d’avoir violé les règles de l’Eglise, en tenant un Concile sans l’y avoir invité, parce qu’il y a un Canon, qui déclare nul, tout ce qui est fait sans la participation de l’Evêque de Rome ; de n’avoir rien fait selon l’ordre de la justice, ni à Tyr, ni à Maréote contre Athanase ; que tout ce qui avoir été fait à Tyr, était ruiné par l’accusation calomnieuse de la main d’Arsène ; et tout ce qui avait été fait à Maréote en l’absence d’Athanase. Sur la fin de sa réponse, il se plaignait de la fierté avec laquelle leur lettre était écrite. » (Histoire ecclésiastique, Livre III, chapitre 10 dans PG, 67/1058.)

      Et Théodoret de Cyr (393-458) :

      « Athanase, ayant eu connaissance des pièges qu’on lui tendait, s’échappa furtivement et prit sa route vers l’occident. Car les Eusébiens avaient prévenu par lettres l’évêque Jules, qui gouvernait alors l’Eglise de Rome, des accusations qu’ils portaient faussement contre Athanase. Jules, conformément à la règle de l’Eglise, manda à Rome les accusateurs, et invita saint Athanase à venir lui-même défendre sa cause. Athanase n’eut pas plus tôt reçu cette invitation, qu’il se mit en devoir d’y répondre. Quant aux auteurs de tout ce tumulte, ils se gardèrent bien de se rendre Rome, persuadés qu’ils étaient que leurs mensonges y seraient découverts. » (Histoire ecclésiastique, livre II, chapitre 4)

      Saint Athanase cite aussi cette lettre du Pape saint Jules Ier dans une de ces oeuvres :

      « Car s’il y a eu, comme vous le dites, faute de leur part, il fallait juger l’affaire selon les canons de l’Eglise et non pas comme il a été fait. Vous deviez nous écrire à tous, afin que soit décrété par tous ce qui était juste. Il s’agissait d’évêques ; et d’Eglises qui ne sont pas n’importe lesquelles, mais des Eglises qui ont été gouvernées par les apôtres eux-mêmes. Au sujet de l’Eglise d’Alexandrie, pourquoi ne nous a-t-on pas écrit ? Ignorez-vous donc que la coutume était qu’on nous écrive d’abord, et que de là soit proclamé ensuite ce qui était juste. Si une suspicion pesait sur l’évêque d’Alexandrie, il aurait fallu en prévenir l’Eglise d’ici. » (Lettre aux Antiochiens intitulée Άνέγνων τὰ γράμματα en date de 341 ; PL tome 8, colonne 906A ; CouE 385B ; MANSI, tome 1, colonne 1229E ; Reg. : Jaffé 186 ; cité par saint Athanase, Apologie contre les ariens, n°35, PG tome 25, colonnes 305D-308A)

      Saint Athanase assista également au concile de Sardique et sanctionna ses délibérations. Il s’y réfère comme au : « grand Concile » (Défense contre es Ariens, I) et au : « Saint Synode » (Lettre au peuple d’Antioche, V)

      SUR LA PRESENCE RELLE DU CHRIST DANS L’EUCHARISTIE :

      « Tant que les prières et les invocations ne sont pas commencées, il n’y a rien d’autre que du pain et du vin. Mais une fois que les grandes et admirables prières ont été prononcées, alors le pain et le vin deviennent le corps et le sang de Notre Seigneur Jésus-Christ. » (Sermon aux nouveaux baptisés, PG 26,1325)

      SUR LA VIRGINITE PERPETUELLE DE MARIE :

      Dans son Discours contre les ariens, de Marie la « Toujours Vierge », Il mentionne ce titre, non comme une nouveauté ou quelque chose qui avait besoin d’être prouvé, mais comme un fait acquis pour les chrétiens. Il dit :

      « Par conséquent, il convient que quiconque nie que le Fils procède du Père par nature et selon Son essence, nie aussi qu’Il se soit revêtu par l’intermédiaire de Marie toujours vierge d’une chair humaine ; en effet, chacune de ces deux vérités sans l’autre ne serait d’aucun profit aux hommes : que le Verbe ne soit pas le vrai et naturel Fils de Dieu ou que la chair qu’il a assumée ne soit pas véritablement humaine. » (Discours contre les ariens, II, 70, année 362)

      Ailleurs :

      « Ils viennent à l’église de la Très Sainte Mère de Dieu, et toujours vierge Marie, qui comme nous avions commencé à dire, a été construite dans le quartier ouest, dans un faubourg, pour une cimetière des martyrs. » (Les Actes authentiques de Pierre d’Alexandrie [305])

      SUR LE FILIOQUE :

      « Que le Père et le Fils ont la même divinité, qui par nature anime un seul Esprit saint. » (Lettre à Sérapion)

      « Le Christ a dit de son Esprit : Il ne parle pas de lui-même, mais il dit tout ce qu’il apprend, c’est-à-dire en ce sens qu’il est un Esprit sans principe d’existence, ce qui n’appartient qu’au Père mais surtout et particulièrement il vient du Fils, duquel il possède ce qui le fait Dieu essentiellement avec lui, et duquel il apprend ce qu’il dit. » (Lettre à Sérapion)

      « Car lui, comme cela a été dit, donne à l’Esprit, et tout ce que l’Esprit a, il l’a du Verbe. » (Contre les Ariens, III, ch. 25)

      « Notre sainte mère l’Eglise, ici réunie, condamne les auteurs de cette hérésie, c’est-à-dire les Ariens, et affirme que le Saint Esprit est incréé, vrai Dieu, personne procédant des personnes du Père et du Fils, coessentiel à ces mêmes personnes. » (Sermon du Concile de Nicée)

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Cette entrée a été publiée le 10 juillet 2019 par dans Foi Catholique.
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