+†+Yesus Kristus azu+†+

« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

Un Catholique nommé saint Augustin

Nombreux sont les non-catholiques, surtout parmi les protestants, qui se prévalent de l’autorité de saint Augustin contre l’Eglise catholique. Nous allons montrer que cette revendication est infondée en exposant la catholicité de ce dernier.

Voici le plan de notre étude :

I) Règle de la foi

A) Ecriture Sainte et Tradition

B) Ecclésiologie

1) Fondation de l’Eglise sur saint Pierre

2) La Papauté

II) Doctrine du baptême

A) Baptême des nouveaux-nés

B) Régénération baptismale

III) Culte des saints

A) Culte des défunts

1) Prières à des personnes décédées

2) Culte des reliques

B) Doctrine mariale

1) Immaculée Conception

2) Le titre de « Mère de Dieu »

3) Virginité Perpétuelle

IV) Prières pour les morts

V) Sauvés par la « foi seule » ?

VI) Présence Réelle du Christ dans l’Eucharistie

VII) Confession à un prêtre

VIII) Le célibat des prêtres

IX) Les livres deutérocanoniques

A) Saint Augustin seul

B) Les conciles auxquels saint Augustin participa

1) IIIè concile de Carthage (397)

2) Concile général d’Afrique (419)

X) Filioque

I) Règle de la foi

A) Ecriture Sainte et Tradition

Voir notre article : Saint Augustin enseignait-il « sola scriptura » ?

Voir aussi notre article sur « sola scriptura » et la Tradition : ici

B) Ecclésiologie

1) Fondation de l’Eglise sur saint Pierre

Voir notre article : Saint Augustin et la fondation de l’Eglise sur Saint Pierre

Voir aussi notre article : Matthieu XVI, 18 : le Christ fait de saint Pierre la Pierre de fondement de son Église

2) La Papauté

Voir notre article : Un Papiste nommé saint Augustin

Voir aussi notre article : La Papauté depuis les apôtres

II) Doctrine du baptême

A) Baptême des nouveaux-nés

« Pour appuyer votre doctrine de la réitération du baptême, cessez donc de nous opposer l’autorité de Cyprien ; avec nous bien plutôt imitez son exemple et conservez l’unité. De son temps la question de la réitération du baptême, à peine soulevée, n’avait point encore été l’objet d’un examen sérieux, et cependant l’Eglise conservait la salutaire coutume de corriger, dans les schismatiques ou les hérétiques, ce qu’ils avaient de dépravé, et de ne pas réitérer ce qu’ils avaient reçu; de guérir les blessures qui leur avaient été faites, en respectant ce qui eu eux était parfaitement sain. Je regarde cette coutume comme venant directement des Apôtres; non pas en ce sens que nous la trouvions formellement signalée dans les écrits apostoliques ou dans les décrets des premiers conciles; pour appuyer ma conclusion, il me suffit de constater que cette coutume a été conservée par toute l’Eglise et que nous croyons avoir été et transmise et recommandée par les apôtres eux-mêmes. Or, Cyprien nous a déclaré que cette coutume salutaire commença à recevoir quelques corrections de la part d’Agrippinus, son prédécesseur. Mais, aidée par des recherches plus approfondies, et s’affirmant par l’organe d’un concile universel, après avoir surnagé au-dessus des flots de l’incertitude et du doute, la vérité se fit jour et déclara qu’Agrippinus avait commencé, non pas à la corriger, mais à la corrompre. En ce qui concerne la rémission des péchés et la régénération spirituelle de l’homme, se présentait donc l’importante question de savoir si des résultats aussi précieux pouvaient se produire dans les rangs des hérétiques ou des schismatiques. La solution devenait très-difficile, quand surtout on avait sous les yeux l’exemple d’Agrippinus et de quelques autres évêques qui avaient mieux aimé innover que de conserver les anciens usages dont ils ignoraient la raison d’être. Voilà ce qui nous explique pourquoi de vains sophismes s’élevèrent tout à coup, éblouirent les yeux et ne permirent plus à la vérité de se faire jour. » (Du baptême, contre les donatistes, II, 7, 12)

« Si quelqu’un nous demande de produire quelque autorité divine à l’appui (de notre usage de baptiser les enfants), quoiqu’il n’y ait rien de plus sage que de considérer comme venant d’autorité apostolique ce que l’on trouve pratiqué de tout temps par toute l’Eglise sans avoir jamais été établi par aucun concile ; nous répondrons encore, que l’utilité du baptême conféré aux enfants peut s’inférer très-légitimement de l’usage de circoncire les enfants prescrit à l’ancien peuple. » (Du baptême, contre les donatistes, IV, 24)

« Depuis l’enfant nouveau-né jusqu’à l’homme cassé de vieillesse, tous doivent être admis au baptême, parce que tous y meurent au péché; l’enfant meurt au péché originel, et les personnes plus âgées meurent de plus à tous les péchés qu’elles ont ajoutés à celui de leur naissance par les fautes de leur vie. » (Traité de la Foi, de l’Espérance et de la Charité, 43)

« Après cette discussion, telle que nous l’ont permise et le temps et nos forces, je conclurais que les raisonnements et les témoignages de l’Écriture ont une valeur égale ou presque égale dans les deux hypothèses, si la coutume où est l’Église de baptiser les petits enfants, ne me faisait pencher en faveur de l’opinion selon laquelle les âmes émanent de celles des parents; je ne vois aucune réponse à faire à cette opinion sur ce point; si Dieu m’envoie ensuite quelque lumière, s’il accorde même la grâce d’écrire aux docteurs qui se préoccupent- de ces questions, je le verrai avec plaisir. Aujourd’hui toutefois je déclare que l’argument tiré du baptême des petits enfants est très sérieux, afin qu’on s’occupe de le réfuter, s’il est faux. Car, ou nous devons abandonner cette question et croire qu’il suffit pour la foi de savoir le but où nous conduira une vie pieuse, sans connaître notre origine ; ou l’âme intelligente est portée avec ardeur à sonder un problème qui la touche : alors, mettons de côté toute obstination dans le débat ; faisons nos recherches avec conscience, demandons avec humilité, frappons avec persévérance. Si cette connaissance nous est utile, Celui qui sait mieux que nous ce qu’il nous faut nous l’accordera, lui qui donne ce qui leur est bon à ses enfants (I Jean III, 6). Toutefois l’usage où l’Église, notre mère, est de baptiser les enfants, doit être pris en sérieuse considération : il ne faut ni le regarder comme inutile, ni croire qu’il n’est pas une tradition des Apôtres. Cet âge tendre offre un argument d’autant plus sérieux, que le premier il a eu le bonheur de verser son sang pour le Christ. » (Commentaire sur la Genèse eu sens littéral, X, 23)

« Ceux mêmes qui n’ont aucun péché personnel à raison de leur âge, ont contracté déjà ce péché originel, ils sont ainsi par nature enfants de colère ; et de cette colère, de cette maladie, de ce péché, nul n’est affranchi que par l’Agneau de Dieu qui efface les péchés du monde (Jean I, 29) ; que par le médecin qui n’est pas venu pour les hommes bien portants, mais pour les malades, que par le Sauveur dont la venue a été annoncée au genre humain en ces termes : « Il vous est né aujourd’hui un Sauveur (Luc II, 11) » ; que par le Rédempteur dont tout le sang efface notre dette. Car, qui oserait dire que Jésus-Christ ne soit pas le Sauveur et le Rédempteur des enfants ? Et de quoi les sauve-t-il, s’il ne trouve en eux aucune maladie de péché originel ? Comment les rachète-t-il, s’ils n’ont pas été vendus au péché, rien que par leur naissance du premier homme ? N’allons donc pas, à notre fantaisie, promettre aux enfants aucune sorte de salut éternel en dehors du baptême de Jésus-Christ ; la divine Écriture, qui ne fait point semblable promesse, doit être préférée à tout esprit humain. » (Du mérite et de la rémission des péchés et du baptême des petits enfants, I, 23)

« Quoi! me dira-t-on encore, un enfant même aurait besoin d’être délivré ? Sans aucun doute : nous en avons pour garant cette mère qui court à l’église avec son petit pour le faire baptiser. Nous en avons pour garant notre sainte mère l’Eglise elle-même qui reçoit ce petit pour le purifier, soit qu’elle doive le laisser mourir après l’avoir délivré, ou le faire élever avec piété. Qui oserait élever la voix contre une telle mère ? Nous en avons pour garant enfin les pleurs mêmes que répand cet enfant en témoignage de sa misère. Si peu intelligente qu’elle soit, cette faible nature atteste à sa manière son malheureux état; elle ne commence point par rire, mais par pleurer. Ah ! reconnais cette triste situation et prête-lui secours. Que, tous ici prennent des entrailles de miséricorde.Moins ces petits peuvent faire pour eux-mêmes, plus nous devons parler en leur faveur : L’Eglise a coutume de protéger les intérêts des orphelins : ah! parlons tous pour eux,tous portons-leur secours afin de les faire échapper à la perte du patrimoine céleste. C’est pour eux que leur Seigneur s’est fait petit enfant. Comment n’auraient-ils point part à la délivrance qu’il assure, puisque les premiers ils ont mérité d’être mis à mort pour lui ? » (Sermon 293, n. 10)

« Si tu adores le Dieu des patriarches, pourquoi ne crois-tu pas que la circoncision faite le huitième jour, et dont le précepte fut donné à Abraham, figurait d’avance la régénération qui se fait en Jésus-Christ ? Si tu croyais cette vérité, tu comprendrais que l’âme d’un enfant, à moins qu’elle ne fût souillée de quelque péché, ne pouvait être avec justice bannie du milieu de son peuple, quand cet enfant n’avait pas été circoncis le huitième jour [Genèse XVII, 12-14 ; Jérémie XXXII, 18]. Si tu adores le Dieu des patriarches, pourquoi ne crois-tu pas ce que ce Dieu a dit si souvent par leur bouche : « Je vengerai sur les enfants les péchés de leurs pères [Exode XXXIV, 7] ? » Si tu adores le Dieu des Apôtres, pourquoi ne crois-tu pas que le corps est mort à cause du péché [Romains VIII, 10] ? Si tu adores le Dieu en qui a espéré et en qui espère l’Église des premiers-nés dont les noms sont inscrits dans les cieux, pourquoi ne crois-tu pas que les enfants, sur le point d’être baptisés, sont arrachés à la puissance des ténèbres [Colossiens I, 13], puisque l’Église fait sur eux des insufflations et des exorcismes, afin précisément d’expulser de leurs âmes la puissance des ténèbres ? » (Contre la deuxième réponse de Julien, pélagien, I, 50)

« Je demande donc où l’âme contracte le péché par suite duquel elle tombe dans la damnation à laquelle n’échappe pas l’enfant lui-même qui meurt sans que la grâce du Christ lui vienne en aide par le baptême. Car vous n’êtes pas de ceux qui, débitant des nouveautés, s’en vont disant qu’il n’y a pas de péché originel dont l’enfant soit délivré par le baptême. […] Quiconque dirait que même les petits enfants qui quittent cette vie sans participation dans le Sacrement [du baptême] seront rendus vivants en Christ, va réellement à l’encontre de la prédication de l’Apôtre, et condamne toute l’Église, où il y a grande hâte à baptiser les petits enfants car on croit sans doute qu’il n’y a aucune autre manière sans laquelle ils peuvent être rendus vivants en Christ. » (Lettre CLXVI à S. Jérôme, 6)

« Les petits enfants sont présentés pour recevoir la grâce spirituelle, non pas tellement par ceux qui les portent dans leurs bras (quoique ce soit aussi le cas s’ils sont de bons fidèles) que par la société universelle des saints et des fidèles […] C’est la Mère Église tout entière, celle qui est dans ses saints, qui agit, car c’est elle qui tout entière les enfante, tous et chacun. » (Lettre 98, 5)

Notre article sur le baptême des nouveaux-nés : Le baptême des nouveaux-nés, un mensonge ?

B) Régénération baptismale

« Or, la régénération par la volonté d’autrui, au profit de l’enfant qu’on présente, est uniquement l’oeuvre de l’Esprit qui est le principe de cette régénération. Car il n’a pas été écrit qu’il faut renaître par la volonté des parents ou par la foi de ceux qui se présentent au baptême ou de ceux qui l’administrent, mais par l’eau et l’Esprit-Saint (Jean, III, 5.). C’est pourquoi l’homme, né du seul Adam, est régénéré dans le Christ seul par l’eau, qui forme le signe extérieur de la grâce, et par l’Esprit, qui la produit intérieurement en brisant les liens du péché, en réconciliant avec Dieu ce qu’il y a de bon dans notre nature.» (Lettres, 98, 2 [408])

« Tous ceux, en effet, qui meurent pour la confession de Jésus-Christ obtiennent, sans avoir reçu le baptême, le pardon de leurs péchés, comme s’ils avaient été baptisés. Il est écrit, à la vérité, que « personne n’entrera dans le royaume des cieux, qu’il ne renaisse de l’eau et du Saint-Esprit ». Mais l’exception à cette règle est contenue dans ces paroles non moins formelles: « Quiconque me confessera devant les hommes, je le confesserai aussi devant mon Père qui est dans les « cieux 2».  (La cité de Dieu, XIII, 7 [419])

« Or, si les morts sont jugés même d’après ce qu’ils auraient fait, supposé que leur vie eût été prolongée, les habitants de Tyr et de Sidon qui auraient été fidèles dans le cas où l’Evangile leur eût été annoncé avec des miracles aussi éclatants, ne devraient donc pas être châtiés. Mais ils le seront certainement, et par là même il est faux aussi que les morts soient jugés suivant ce qu’ils auraient fait, si l’Evangile leur eût été annoncé pendant qu’ils vivaient. Et si cela est faux, on n’est donc plus autorisé à dire, par rapport aux enfants qui meurent sans avoir reçu le baptême, que ce malheur les frappe justement par la raison que Dieu a prévu, dans le cas où ils vivraient et où l’Evangile leur serait annoncé, leur obstination à ne pas croire. Il ne reste donc plus qu’à considérer ces enfants comme coupables du péché originel exclusivement et comme envoyés à la damnation pour ce seul motif ; quoique nous voyions ce même péché pardonné dans le sacrement de la régénération, et par une faveur tout à fait gratuite de Dieu, à d’autres enfants dont la condition est identique. » (Du don de persévérance, VIII)

Voir aussi notre article : Naître de nouveau par le baptême – les premiers chrétiens croyaient en la régénération baptismale

III) Culte des saints

A) Culte des défunts

1) Prières à des personnes décédées

Parlant d’un livre de magie que les païens avaient voulu attribuer à Jésus-Christ, dit :

« Cherchant ensuite auxquels de ses disciples ils feraient adresser cet écrit par le Sauveur, Pierre et Paul leur sont venus à l’esprit, sans doute pour les avoir vus souvent et dans plusieurs endroits peints ensemble avec leur divin maître. » (Sur l’accord des Évangiles, l.I. c. x)

Les méditations de saint Augustin nous offrent également le passage suivant qui nous éclaire beaucoup sur  sa pensée quant à Marie :

« Sainte et immaculée Vierge Marie, mère de Dieu notre Seigneur Jésus-Christ, daignez intervenir pour moi auprès de celui dont vous avez mérité d’être le temple; chœurs célestes des anges, des archanges, des patriarches, des prophètes, des apôtres, des évangélistes, des martyrs, des confesseurs, des prêtres, des lévites, des mines, des vierges, et de tous les justes; par celui qui vous a élus, et dont la contemplation fait votre félicité, je vous en conjure, daignez supplier le Seigneur pour moi, misérable pécheur, afin que je puisse échapper à la rage du démon et à la mort éternelle. » (Méditations c. XL)

Voir aussi notre dossier : Le culte des saints est conforme à la Bible

2) Culte des reliques

« Vous voyez le chef illustre de leur grand des empires, paraître en suppliant au tombeau du Pêcheur, et la tête qui porte le diadème se courbe humblement devant la dépouille de Pierre. » (Lettre XLII).

Il encouragea la vénération du corps des fidèles « qui ont servi d’instrument et d’organe au Saint-Esprit pour toutes sortes de bonnes œuvres ». Il nous transmet en outre le récit authentique des miracles éclatants et nombreux qui eurent lieu lors de la translation des reliques de saint Étienne (La cité de Dieu, XXII, 8) mais il serait trop long de les rapporter ici.

Voir aussi notre article sur les fondements bibliques du culte des saints : ici

Voir aussi notre article sur le culte des saint chez les Pères de l’Eglise : ici

B) Doctrine mariale

1) Immaculée Conception

Voir notre article : Saint Augustin croyait-il en l’Immaculée Conception ?

Voir aussi notre article sur l’Immaculée Conception : ici

2) Le titre de « Mère de Dieu »

« Sainte et immaculée Vierge Marie, mère de Dieu notre Seigneur Jésus-Christ, daignez intervenir pour moi auprès de celui dont vous avez mérité d’être le temple; chœurs célestes des anges, des archanges, des patriarches, des prophètes, des apôtres, des évangélistes, des martyrs, des confesseurs, des prêtres, des lévites, des mines, des vierges, et de tous les justes; par celui qui vous a élus, et dont la contemplation fait votre félicité, je vous en conjure, daignez supplier le Seigneur pour moi, misérable pécheur, afin que je puisse échapper à la rage du démon et à la mort éternelle. » (Méditations, chapitre XL)

Voir aussi notre article sur le titre de « Mère de Dieu » : ici

3) Virginité Perpétuelle

« Ce qui rehausse le mérite de sa virginité, ce n’est point que Jésus-Christ, en descendant en elle, s’en soit fait le gardien avant tout contact avec son époux, c’est que cette virginité était . déjà par elle consacrée à Dieu avant que le Sauveur la- choisît pour sa Mère. C’est là ce que Marie nous fait entendre dans sa réponse à l’ange qui lui annonçait l’Incarnation. « Comment, dit-elle, cela pourra-t-il se faire, puisque je ne connais pas d’homme [Luc, I, 34] ? » Ces paroles supposent clairement que Marie avait déjà voué à Dieu sa virginité. Mais parce qu’un tel voeu était alors contraire aux moeurs des Juifs, elle dut se marier avec un homme juste, lequel devait, non pas lui ravir par violence , mais lui conserver contre toute violence la virginité qu’elle avait vouée. D’ailleurs elle pouvait se contenter de dire: «Comment cela pourra-t-il se faire?» sans ajouter: puisque « je ne connais point d’homme ». Si elle était mariée dans l’attention d’user du mariage, eût elle demandé comment elle pourrait enfanter le Fils qui lui était promis ? Dès que, par un prodige éclatant, le Fils de Dieu devait revêtir en elle la forme d’esclave, elle pouvait bien recevoir l’ordre de rester vierge ; mais comme Marie devait servir de modèle aux autres vierges, Dieu ne voulut pas laisser croire que celle-là seule devait rester vierge, qui tout en restant Vierge aurait mérité de devenir mère. Marie voua donc sa virginité quand elle ignorait encore son futur et miraculeux enfantement. Ainsi devait-elle, en imitant la -vie des anges dans un corps mortel, être fidèle à un voeu et non pas à un commandement, faire un choix dicté par l’amour et non obéir en esclave. Dès lors, en naissant d’une Vierge qui, avant de connaître sa maternité future, avait voué la virginité, Jésus-Christ montra qu’il préférait approuver la virginité plutôt que de l’imposer. Ainsi voulut-il que la virginité fût libre jusque dans la femme qu’il prit pour sa Mère en se faisant esclave. » (De la sainte virginité, IV)

« Réjouissons-nous,mes frères; que les peuples tressaillent de bonheur et d’allégresse. Ce n’est pas ce soleil visible, mais son invisible Créateur qui a fait pour nous de ce jour un jour sacré ; quand devenu visible pour l’amour de nous, l’invisible Créateur de sa mère est né de son sein fécond sans aucune atteinte à sa pureté virginale; car elle est restée Vierge en concevant son Fils, Vierge en l’enfantant, Vierge en le portant, Vierge en le nourrissant de son sein, Vierge toujours. Pourquoi t’étonner de ceci, ô mortel ? Il fallait qu’en daignant se faire homme Dieu naquît de cette sorte, et qu’il formât ainsi Celle qui devait lui donner le jour. En effet, il était avant de naître, et avec sa toute-puissance, il pouvait naître tout en demeurant ce qu’il était. Il se créa donc une Mère tout en demeurant dans le sein de son Père; et naissant d’elle, il ne cessa de demeurer en Lui. Et comment aurait-il cessé d’être Dieu en se faisant homme; puisqu’il accordait à sa Mère de ne cesser pas d’être Vierge, tout en l’enfantant ? Aussi en se faisant chair le Verbe n’a point péri, il ne s’est point transformé en chair ; c’est la chair qui s’est unie au Verbe pour ne point périr : et comme il y a dans l’homme une âme et un corps, le Christ est Dieu et homme tout à la fois. Ainsi l’homme est Dieu, et Dieu est homme; il n’y a pas de confusion de nature, mais unité de personne. Ainsi encore le Fils de Dieu, qui est coéternel à son Père en naissant éternellement de lui, a commencé, en naissant d’une Vierge, à être fils de l’homme; et c’est ainsi que l’humanité s’est jointe en lui à la divinité, sans former pourtant une quatrième personne et sans ajouter à la Trinité. » (Sermons 186:1 [411])

« Les hérétiques nommés Antidicomarites sont ceux qui contredisent la perpétuelle virginité de Marie et affirme qu’après que le Christ soit né, elles s’unit à son époux. » (Des Hérésies 56 [428])

Voir aussi notre article sur la Virginité Perpétuelle de Marie : ici

IV) Prières pour les morts

« Nous lisons dans, les livres des Machabées qu’un sacrifice fut offert pour les morts,. Mais lors même qu’on ne lirait rien de semblable dans les anciennes Ecritures, nous avons sur ce point l’autorité si grave de l’Eglise universelle, évidemment constatée par la coutume, puisque la recommandation des morts a sa place dans les prières que le prêtre adresse au Seigneur Dieu à son autel. » (Des devoirs à rendre aux morts, I, 3)

« Les pompes funèbres, l’éclat qui les environne, la recherche somptueuse dans la structure des mausolées, sans être de la moindre ressource pour les défunts, peuvent bien offrir quelque sorte de consolation aux vivants. Mais ce dont il ne faut pas douter, c’est que les prières de l’Eglise, le saint sacrifice, les aumônes, ne leur portent du soulagement, et ne leur obtiennent d’être traités plus miséricordieusement qu’ils ne l’avaient mérité. L’Église universelle, instruite par la tradition de ses Pères, observe qu’à l’endroit du sacrifice où l’on fait mention des morts, on prie et on offre pour tous ceux qui sont décédés dans la communion du corps de Jésus-Christ. » (Sermon 172, intitulé Nos devoirs envers les morts [411])

« Si la personne baptisée remplit les obligations exigées d’un chrétien, elle fait bien. Si elle ne le fait pas – pourvu qu’elle garde la foi, sans laquelle elle périrait pour toujours – peu importe quel péché ou impureté demeure, elle sera sauvée, pour ainsi dire, par le feu, comme celui qui a construit sur la base, qui est le Christ, non pas d’or, d’argent et de pierres précieuses, mais de bois, de foin, de paille, c’est-à–dire, pas seulement des œuvres chastes mais des œuvres mauvaises et non-chastes. » (La foi et les œuvres, I, 1 [413])

« Maintenant pour quelle motif cette personne prie qu‘elle ne puisse pas être « réprimée dans l‘indignation, ni être châtiée dans la fureur« ? Elle parle comme si elle disait à Dieu : « puisque les choses que je subis sont déjà nombreuses, je vous prie qu’elles suffisent » ; et elle commence à les énumérer, dans le but de satisfaire Dieu ; offrant ce qu’elle souffre maintenant, pour qu’elle n’ait pas à subir des maux pires après ceci. » (Exposition des Psaumes, XXXVIII (XXXVII), 3 [418])

« Y a-t-il dans l’autre monde une épreuve analogue ? Il n’y aurait là rien d’extraordinaire, et on peut se poser cette question. Par une loi plus ou moins mystérieuse, il peut y avoir des fidèles qui se purifient, dans les flammes, de leur attachement excessif aux choses d’ici-bas, et qui se sauvent en endurant un supplice dont la longueur est en rapport avec l’intensité de leurs désirs mondains… » (Traité de la Foi, de l’espérance, et de la charité, 69 [421])

« Il est incontestable que les âmes des morts sont soulagées par la piété des vivants, quand on fait offrir pour elles le sacrifice du Médiateur ou qu’on répand des aumônes dans l’Eglise. » (Traité de la Foi, de l’espérance, et de la charité, 110 [421])

« Et il n‘est pas impossible que quelque chose de la même sorte puisse avoir lieu même après cette vie. C‘est une question sur laquelle on peut s’informer, et être assuré ou laissé douteux, si certains croyants doivent passer à travers une sorte de feu du purgatoire, et dans la mesure où ils ont aimé avec plus ou moins de dévotion les biens qui périssent, sont plus ou moins rapidement délivrés de lui. Cela ne peut cependant pas être le cas pour aucun de ceux dont il est dit qu’ils « ne doivent pas hériter du royaume de Dieu », à moins qu‘après un repentir approprié leurs péchés leurs soient pardonnés. Quand je dis « approprié », je veux dire qu’ils ne doivent pas être stériles dans l’aumône, car l’Écriture Sainte met tellement l’accent sur cette vertu, que notre Seigneur nous dit d’avance qu’il n’attribuera aucun mérite à ceux de sa droite sauf s’ils y abondent, et aucun défaut à ceux de sa gauche sauf leur manque de celle-ci, quand il dira aux premiers, « Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le royaume », et aux derniers, « Éloignez-vous de moi, maudits, allez au feu éternel. » (Enchiridion, 69 [421])

« Pendant le temps, d’ailleurs, qui intervient entre la mort d’un homme et la résurrection finale, l’âme demeure dans une retraite cachée, où elle jouit de repos ou souffre de juste affliction en proportion du mérite qu’elle a gagné par la vie qu’elle a menée sur la terre. » (Enchiridion, 1099 [421])

« Pour notre part, nous reconnaissons que même dans cette vie quelques punitions sont purgatives, – pas, en effet, pour ceux dont la vie n’est pas meilleure mais plutôt la plus mauvaise pour eux, mais pour ceux qui sont contraints par eux pour modifier leur vie. Toutes les autres peines, soit temporelles ou éternelles, infligées comme elles sont sur chaque homme par la providence divine, sont envoyées à cause des péchés passés, ou de péchés actuellement permis dans la vie, ou exercées pour révéler les grâces d’un homme. Elles peuvent être infligées par l’instrument des mauvais hommes et anges, ainsi que par les bons. Car même si quelqu’un souffre un peu de mal par la méchanceté ou par une erreur d’un autre, l’homme pèche en effet dont l’ignorance ou l’injustice fait le mal ; mais Dieu, qui par son juste jugement caché permet que cela se fasse ne pèche pas. Mais des peines temporaires sont subies par certains dans cette vie seulement, par d’autres après la mort, par d’autres à la fois les deux de temps ; mais chacun d’entre eux avant ce dernier et plus strict jugement. mais de. ceux qui souffrent des peines temporaires après la mort, tous ne sont pas condamnés à ces peines éternelles qui vont suivre ce jugement ; Mais de ceux qui subissent des punitions provisoires après la mort, tous ne sont pas condamnés à ces douleurs éternelles qui doivent suivre ce jugement ; pour certains, comme nous l’avons déjà dit, ce qui n‘est pas remis en ce monde est remis dans le prochain, ce qui signifie qu’ils ne sont pas punis de la peine éternelle du monde à venir. » (La Cité de Dieu, XXI, 13 [426])

« Mais depuis qu’elle a cette certitude pour aucun homme, elle prie pour tous ses ennemis qui vivent encore dans ce monde, et pourtant elle n’a pas entendu en faveur de tous, mais elle est entendue dans le cas seulement de ceux qui, bien qu’ils s’opposent à l’Église, sont encore prédestinés à devenir ses fils par son intercession … Pour certains morts, en effet, la prière de l‘Église ou des personnes pieuses est entendue ; mais elle l’est pour ceux qui, après avoir été régénérés dans le Christ, n‘ont pas passé leur vie tellement par méchanceté qu‘elles peuvent être jugées indignes d‘une telle compassion, ni si bien qu’ils ne peuvent être considérés comme n’en ayant pas besoin. En outre, après la résurrection, il y aura une partie des morts à qui est accordé, après avoir enduré les douleurs propres aux esprits des morts, la miséricorde et l’acquittement de la punition du feu éternel. Pour certains dont les péchés, cependant n’avaient pas été remis dans cette vie, seront remis dans celle à venir, il ne pourrait pas être vraiment dit : « Ils ne seront pas pardonnés ni dans ce siècle, ni dans celui qui est à venir ». Mais quand le juge des vivants et des morts a dit : « Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde », et à ceux de l’autre côté, «Éloignez-vous de moi, maudits, allez dans le feu éternel qui est préparé pour le diable et ses anges », et « ceux-ci iront au châtiment éternel, mais les justes à la vie éternelle », il serait très présomptueux de dire que la punition de ceux pour lesquels Dieu a dit qu’ils iront au châtiment éternel, ne sera pas éternelle, et ainsi amener du désespoir ou du doute sur la promesse correspondante à la vie éternelle. » (La Cité de Dieu, XXI, 24 [426])

Saint Augustin écrivit également un ouvrage intitulé Des devoirs à rendre aux morts (pour le lire, cliquer ici) dans lequel la prière pour les morts revient sans cesse. Enfin, dans son ouvrage contre les hérésies, le même Père range Aérius parmi les hérétiques, ainsi qu’avait fait avant lui saint Epiphane de Salamine, pour avoir nié, contre la doctrine et la tradition de tous les temps, l’utilité de la prière pour les morts. L’un et l’autre nous témoignent ainsi qu’elle était regardée, dans l’Église, comme une des vérités révélées et connues par tradition apostolique; je cite saint Augustin :

« Désolé de n’avoir pu devenir évêque, le prêtre Aérius se jeta dans le parti des Ariens, fonda la secte des Aériens en ajoutant quelques erreurs ‘à celles de l’arianisme. Ainsi, selon lui, on ne devait ni offrir le saint sacrifice pour les morts » (Des Hérésies, 53, 75)

La mère de saint Augustin, sainte Monique dit à son fils :

« Peu m’importe le lieu de ma sépulture mais souvenez-vous de moi à l’autel du Seigneur. » (Saint Augustin, Les Confessions, IX)

Voir aussi notre dossier sur le Purgatoire : ici

V) Sauvés par la « foi seule » ?

Lire l’article : The Church Fathers and « Sola Fide » (Justification by « Faith Alone »)

Voir notre dossier sur la nécessité des oeuvres : ici

VI) Présence Réelle du Christ dans l’Eucharistie

Lire notre article : L’enseignement de saint Augustin sur la Présence Réelle

Voir aussi notre dossier sur la Présence Réelle : ici

VII) Confession à un prêtre

« Que personne d’entre nous ne dise :   « Je fais pénitence en secret et devant Dieu ; Dieu qui sait que je me repens dans mon cœur, me pardonnera . » C’est donc sans raison qu’il a été dit : « tout ce que vous délirez sur la terre sera délié dans le ciel ? C’est donc sans raison que l’Eglise a reçu les clefs du Royaume des Cieux ? Ce serait frustrer l’Évangile, ce serait frustrer les paroles de Jésus-Christ. » (Sermon 392)

Saint Augustin dit clairement que ce confesser mentalement et secrètement à Dieu ne suffit pas. Ainsi, si ce type de confession n’est pas suffisant, c’est donc qu’il faut s’adresser à une tierce personne pour être pardonné. De plus, Augustin ne manque pas de mettre en opposition d’une part cette attitude de confession uniquement mentale et d’autre part ces paroles du Christ qui donnent aux apôtres le pouvoir de lier et de délier sur la terre et au Ciel et qui donnent les clefs du Royaume des Cieux à l’Église; c’est donc que pour saint Augustin (mort en 430), la confession et le pardon des péchés sont suspendus à l’obéissance à l’Église et à ses pasteurs.

En parlant du pécheur en général, il s’exprime dans les termes suivants :

« Qu’il aille se confesser au pontife [à l’évêque], car c’est à ce dernier qu’a été confiée l’administration des clefs, qu’il en reçoive le mode convenable de satisfaction, qu’il fasse ce qu’il faut pour recouvrer le salut et servir d’exemples à ses frères; si son péché lui a causé un grand dommage, et a donné aux autres beaucoup de scandale; si le pontife le juge expédient, pour l’édification de l’Église, que ce péché devienne connu non seulement de plusieurs mais encore de tout le peuple, que le pêcheur ne s’y refuse pas, qu’il ne résiste pas, et par honte il n’aime pas ajouter une tumeur funeste à une plaie déjà mortelle. »

« Et je vis des trônes et j’en vis plusieurs s’asseoir sur ces trônes, et la puissance de juger leur fut donnée (Apoc., XX, 12). Il ne faut pas croire que ces paroles regardent le jugement dernier : il s’agit ici de trônes de juges, et de ces juges mêmes qui gouvernent l’Eglise. Et cette puissance de juger qui leur est donnée ne saurait mieux s’entendre que de cette promesse : Ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. Et de là ce mot de l’Apôtre : Pourquoi entreprendrais-je de juger ceux qui sont hors de l’Eglise ? N’est-ce pas à ceux qui sont dans l’Eglise que vous avez droit de juger ? (I Cor., V, 12) » (De la Cité de Dieu, XX, 9)

« Quelqu’un dira en conséquence : A quoi sert le ministère de l’Eglise, si celui qui confesse ses péchés est déjà ressuscité par la voix divine qui le fait ainsi sortir du tombeau ? A quoi sert à celui qui se confesse le ministère de l’Eglise, de l’Eglise à laquelle il a été dit : Tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel ! Pour le savoir, considérez Lazare lui-même ; il sort du sépulcre, mais les mains et les pieds liés. Il vivait déjà ce pécheur, puisqu’il confessait ses péchés, mais il ne marchait encore qu’avec peine, embarrassé de ses liens. Que fait donc l’Eglise, l’Eglise à laquelle il a été dit : Ce que vous délierez sera délié, sinon exécuter cet ordre que Notre-Seigneur donna immédiatement après à ses disciples : Déliez-le, et laissez-le aller ? » (De verbis Domini, sermon VIII, 2)

« Quel autre ressuscitera un pécheur mort dans ses péchés que celui qui, après avoir fait lever la pierre du sépulcre, a crié : Lazare, sortez dehors ? Mais qu’est-ce que sortir dehors, sinon produire au dehors ce qui était caché ? Celui qui confesse ses péchés, c’est celui-là qui sort du sépulcre. Mais pour sortir du sépulcre, il faut être déjà vivant. Pour être ainsi vivant, il faut être ressuscité. Donc s’accuser soi-même en confession, c’est rendre gloire à Dieu. » (De verbis Domini, sermon VIII, 4)

« Il est donc nécessaire que celui qui est rendu à la vie soit délié, et mis en état de marcher. C’est la charge qu’il a imposée à ses disciples en leur disant : Ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. » (De verbis Domini, sermon 44, 6)

« Qu’est-ce que sortir dehors, sinon montrer à découvert ce qu’on a de secret dans le cœur ? Mais pour vous donner la force de faire cet aveu, il faut que Dieu vous appelle à haute voix, c’est-à-dire par un puissant effort de sa grâce. C’est pourquoi, après que fut sorti du tombeau, encore chargé de liens, ce mort, image fidèle de celui qui se confesse et qui n’a pas encore reçu l’absolution de ses crimes, le Seigneur dit aux ministres qui l’accompagnaient : Déliez-le et laissez-le aller. Que veulent dire ces paroles, Déliez-le et laissez-le aller ? La même chose que ces autres-ci : Ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. » (Traités sur saint Jean, 59)

« Lazare leva la tête et sortit du tombeau ; mais il était lié, comme le sont les hommes qui ont confessé leurs péchés et qui font pénitence. Ils sont déjà sortis de l’état de mort ; car ils ne confesseraient pas leurs péchés, s’ils n’étaient pas en voie de sortir de cet état. L’acte même de confesser ses péchés est une preuve qu’on sort de cet abîme. Mais que dit le Seigneur à son Eglise ? Ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. C’est-à-dire que ce Lazare, ce mort soustrait aux regards des vivants, ce cadavre en putréfaction, revenant à l’état de vie et sortant du tombeau par la confession des péchés, l’œuvre de la miséricorde divine étant ainsi accomplie, c’est à l’Eglise à remplir à son tour son ministère en obéissant à ces autres paroles : Déliez-le et laissez-le aller » (Livre 50 des homélies, homélie XXVII, (al. Serm. 352), 3; Cf. S. Aurelii Augustini opera omnia, t. V, p. 1370, édition des Bénédictins ; col. 2032, édition de Gaume).  »

« Qu’eût-il servi à Lazare d’être sorti du sépulcre, si Jésus-Christ n’eût dit en même temps : Déliez-le, et laissez-le aller ? Il est vrai que Jésus-Christ lui-même le ressuscita du tombeau par la force de sa voix toute-puissante ; il est vrai que le cri qu’il jeta fit rentrer son âme dans son corps ; il est vrai qu’il fit ôter lui-même cette pierre dont on l’avait recouvert, et qu’alors on le vit sortir encore lié. Il en sortit non de lui-même mais par la force de celui qui le ressuscitait. Voilà ce qui se fait véritablement dans le cœur d’un pénitent. Lorsqu’un homme se repent de ses péchés, il est déjà ressuscité lorsqu’il s’accuse lui-même et que par une humble confession il découvre ce qu’il y avait de plus caché dans sa conscience, il est déjà tiré du tombeau ; mais il n’est pas encore délié. Quand est-il délié et quels sont ceux qui le délient ? Ce sont ceux à qui Jésus-Christ a dit :Tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. L’Eglise a le pouvoir de délier les péchés mais le mort ne peut être ressuscité que par le cri puissant que Jésus-Christ fait entendre au fond de son cœur. C’est là, mes frères, ce que Dieu fait au dedans de vous. » (Discours sur les Psaumes, CI, 2; Cf. Sermons de S. Augustin sur les Psaumes, t. V, p. 395-396). «

Voir aussi notre article sur la confession à un prêtre : ici

VIII) Le célibat des prêtres

« Quand nous avertissons ceux qui semblent faire consister la supériorité de l’homme sur la femme dans une licence sans mesure, de ne pas s’exposer à périr éternellement en se livrant à l’adultère, nous avons coutume de leur proposer pour exemple la continence des clercs, qui le plus souvent sont pris malgré eux pour porter ce fardeau, et qui l’ayant une fois accepté, le mènent à bonne fin avec l’aide de Dieu. Nous leur disons donc : Et vous, si le peuple vous faisait violence pour vous imposer une pareille charge, n’en rempliriez-vous pas saintement les devoirs quand une fois vous en seriez chargés, en demandant à Dieu, par une conversion subite, sans qu’auparavant vous y eussiez jamais pensé la grâce nécessaire pour les remplir ? L’honneur qui leur en revient, nous objectent-ils alors, est pour eux une fiche de consolation. Nous leur répondons : Et vous, le motif de la crainte devrait vous contenir encore bien davantage. Car si tant de ministres de Dieu, quoique pris à l’improviste, ont accepté un tel fardeau, dans l’espérance de paraître avec plus d’éclat dans l’héritage de Jésus-Christ, combien ne devez-vous pas vous appliquer davantage à vivre purs de tout adultère, dans la crainte, je ne dirai pas de briller moins dans le royaume de Dieu, mais de brûler dans le feu de l’enfer ? » (Des unions adultères, XX)

Voir aussi notre article sur le célibat des prêtres : ici

IX) Les livres deutérocanoniques

A) Saint Augustin seul

« Nous trouvons intégralement formulée cette liste en Afrique, aux Conciles d’Hippone (393) et de Carthage (397, 419). SAINT AUGUSTIN (354-430), s’est fait l’écho fidèle de ces décisions conciliaires. Le canon qu’il nous présente, après 397, dans son livre « De doctrina christiana » (M. L. , XXXIV, 41), comprend les deutérocanoniques de l’Ancien Testament. Le grand et saint docteur affirme d’ailleurs que telle est bien la pensée de l’Eglise, car « en ce qui concerne les Ecritures canoniques, il faut suivre le plus grand nombre des communautés catholiques« . » (Abbés LUSSEAU et COLLOMB, Manuel d’études bibliques, Tome I, deuxième édition, Paris VI° Pierre TEQUI, Librairie-éditeur, 82 rue Bonaparte, 1936, page 300. Manuel rédigé conformément aux directives données par le Pape saint Pie X aux professeurs d’Ecriture Sainte en sa Lettre apostolique Quoniam in re biblica du 27 mars 1906)

Voici l’extrait en question :

« Pour les Écritures canoniques, on suivra l’autorité du plus grand nombre des Églises catholiques, au premier rang desquelles on devra mettre celles qui ont eu le privilège d’être le siège des apôtres et d’en recevoir des lettres. On aura pour principe et pour règle en cette matière, de préférer celles que reçoivent toutes les Eglises catholiques à celles qui sont rejetées de quelques-unes ; et parmi celles que toutes les Eglises n’admettent pas, on préférera celles que reçoivent des Eglises plus nombreuses et plus considérables, à celles qui n’ont l’assentiment que de quelques Eglises de moindre autorité. Si l’on rencontre certains livres admis par un plus grand nombre d’Eglises, et d’autres par des Eglises plus considérables, circonstance d’ailleurs difficile à se produire, je pense qu’on doit leur reconnaître le même degré d’autorité. Le canon entier des Ecritures, auquel se rapportent les considérations que nous venons d’exposer, se compose des livres suivants : les cinq livres de Moïse : la Genèse, l’Exode, le Lévitique, les Nombres et le Deutéronome; le livre de Josué, le livre des Juges, le petit livre de Ruth, qui semble plutôt faire partie du commencement de l’histoire des Rois, et les deux livres des Paralipomènes, qui sont, non une suite des précédents, mais comme des suppléments qui en suivent l’ordre et la marche. Tels sont les Livres historiques, où les époques s’enchaînent les unes aux autres, et où se déroule la suite naturelle des évènements. Il en est d’autres dont les faits n’ont aucun lien qui les rattache à cet ordre naturel ni entre eux. Ce sont les livres de Job, de Tobie, d’Esther, de Judith, les deux livres des Macchabées, et les deux livres d’Esdras, qui semblent plutôt continuer l’histoire suivie des livres des Rois ou des Paralipomènes. Viennent ensuite parmi les prophètes, le livre des psaumes de David, les trois livres de Salomon : les Proverbes, le Cantique des Cantiques et l’Ecclésiaste. Une certaine ressemblance de forme et de style a fait attribuer à Salomon les deux livres de la Sagesse et de l’Ecclésiastique, mais une tradition constante leur donne pour auteur Jésus Sirach [voir : II Rétr. I, ch. IV, n. 2.] ; toutefois l’autorité qu’on leur a reconnue dans l’Eglise doit les faire ranger au nombre des livres prophétiques. Les autres livres sont ceux des prophètes proprement dits ; les livres des douze prophètes qu’on n’a jamais séparés ne forment ensemble qu’un seul livre. Ces prophètes sont Osée, Joël, Amos, Abdias, Jonas, Michée, Nahum, Habacuc, Sophonie, Aggée, Zacharie, Malachie. Ensuite les quatre livres des quatre grands prophètes, Isaïe, Jérémie, Daniel et Ezéchiel. Tels sont les quarante-quatre livres qui font autorité dans l’Ancien Testament. » (De la doctrine chrétienne, II, 12-13)

Par-là, saint Augustin nous apprend que l’inspiration des livres deutérocanoniques est non seulement sa conviction, mais encore celle de « du plus grand nombre des Églises ».

Saint Augustin fit également ces quelques usages des deutérocanoniques (liste non exhaustive) :

« Nous lisons dans, les livres des Machabées qu’un sacrifice fut offert pour les morts,. Mais lors même qu’on ne lirait rien de semblable dans les anciennes Ecritures, nous avons sur ce point l’autorité si grave de l’Eglise universelle, évidemment constatée par la coutume, puisque la recommandation des morts a sa place dans les prières que le prêtre adresse au Seigneur Dieu à son autel. » (Des devoirs à rendre aux morts, I, 3)

« C’est en ensevelissant les morts que Tobie a mérité les faveurs de Dieu : c’est à ce titre qu’il est loué, et un ange même en rend témoignage (Tobie II, 9 ; XII, 12) » (Des devoirs à rendre aux morts, III, 5)

« Il peut aussi arriver que les morts soient envoyés chez les vivants, comme en un sens inverse, saint Paul du milieu des vivants fut ravi au ciel (I Corinthiens XII, 2). Les divines Ecritures en rendent témoignage. En effet, le prophète Samuel, défunt, prédit l’avenir au roi Saül, vivant (I Samuel XXVIII, 7-9). Selon plusieurs, je le sais, le prophète en personne ne put être évoqué par l’art magique, et ce fut quelque malin esprit complice des oeuvres perverses du roi, qui fit apparaître une image du prophète. Mais le livre de l’Ecclésiastique, qu’on dit avoir été écrit par Jésus, fils de Sirach, et que plusieurs attribuent à Salomon, à cause d’une certaine ressemblance de style, rapporte, parmi les louanges des anciens pères, que Samuël prophétisa même après sa mort (Ecclésiastique 46, 23). Veut-on contester l’autorité de ce livre parce qu’il n’est pas dans le canon des Hébreux ? Alors qu’objectera-t-on contre le fait de Moïse, qui meurt certainement dans le Deutéronome (Deutéronome XXXIV, 5), et qui dans l’Evangile apparaît aux vivants, avec Elie, qui n’est pas mort (Matthieu XVII, 3) ? » (Des devoirs à rendre aux morts, XV, 18)

Il ressort de ce dernier passage que saint Augustin, non seulement croyait en l’inspiration du livre de l’Ecclésiastique, mais encore qu’il rejetait le faux argument du canon hébreu.

« Que s’il venait a me répondre par le texte de l’Ecriture : « Ne cherche pas des vérités trop hautes pour ta petitesse, ne te mesure pas avec des vérités trop fortes. pour ta faiblesse, et contente-toi d’occuper toutes tes pensées de la méditation des commandements du Seigneur » (Ecclésiastique III, 22) , je lui rendrais grâce encore. » (Des devoirs à rendre aux morts, XXVIII, 22)

« On demande aussi ordinairement en quoi les schismatiques diffèrent des hérétiques : or, ce qui fait les schismatiques, ce n’est pas la différence de foi, mais la séparation de la communion de l’Eglise. Mais faut-il les envisager comme de l’ivraie ? Sur ce point, le doute est permis. Ils semblent avoir plutôt de la ressemblance avec les épis dégénérés, suivant ce mot de l’Ecriture : « L’enfant pervers sera corrompu au souffle duvent » (Sagesse I, 4) : ou bien encore avec les barbes brisées, ou sciées et séparées des épis. » (Dix-sept questions sur l’Evangile selon saint Matthieu, XI, 2)

« Malheureux pécheurs, à qui l’Ecriture donne ce démenti : « Ne diffère point de te convertir au Seigneur, et ne remets point de jour en jour ; car sa colère éclatera tout d’un coup, et il te perdra au jour de la vengeance. » (Ecclésiastique V, 7-9) Ceux-là en effet sont de vrais convertis qui :commencent aussitôt à bien vivre : c’est là proprement revenir à Dieu; mais ceux qui continuent de se livrer à leurs passions, lui tournent en quelque sorte le dos, quoique, en restant dans l’unité, ils s’efforcent souvent de le regarder en élevant la tête vers lui. Ils ne sont donc, eux aussi, suivant le mot du Prophète, ils ne sont que chair, « qu’un vent qui passe et qui ne revient point. » (Psaume 82, 39) Toutefois, comme nous l’avons dit, leur persévérance dans la foi et dans l’unité de l’Eglise ne permet pas de les comparer à l’ivraie, qui a une racine différente de celle du froment; ni à la barbe de l’épi, qui ose élever au-dessus du froment sa pointe hérissée et sa fragile enveloppe ; mais à la paille, qui, malgré son union avec le froment, sera au dernier jour vannée et séparée du bon grain. » (Dix-sept questions sur l’Evangile selon saint Matthieu, XI, 3)

B) Les conciles auxquels saint Augustin participa

1) IIIè concile de Carthage (397)

« Il a été décidé […] que rien, sauf les Ecritures canoniques, ne devrait être lu dans l’Église sous le nom des Écritures divines. Mais les Écritures canoniques sont : Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome, Josué, Juges, Ruth, quatre livres de Rois, Paralipomène, deux livres, Job, le Psautier de David, cinq livres de Salomon [Proverbes, Ecclésiaste, Chant de Chants, Sagesse, Sirach [l’Ecclésiastique], douze livres des prophètes, Esaïe, Jérémie, Daniel, Ézéchiel, Tobie, Judith, Esther, deux livres d’Esdras, deux livres des Maccabées. » (IIIè Concile de Carthage, canon XXIV, année 397)

2) Concile général d’Afrique (419)

Rassemblant 217 évêques d’Afrique du Nord, ses canon furent inscrits dans le Codex canonum Ecclesiae africanae. Voici son canon sur le canon :

« [Il a été décidé] qu’en dehors des Écritures canoniques, rien ne se lu à l’église sous le nom de l’Ecriture divine, mais les Écritures canoniques sont : Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome, Josué, Fils de Nun, Juges, Ruth, les Rois, quatre livres, les Chroniques, deux livres, Job, le Psautier, les cinq livres de Salomon, les douze livres des prophètes, Isaïe, Jérémie, Daniel, Ezéchiel, Tobie, Judith, Esther, Esdras, deux livres , Maccabées, deux livres […] Que ceci soit envoyé à notre frère et collègue évêque, [le pape] Boniface, et aux autres évêques de ces parties, qu’ils puissent confirmer ce canon, de ceci sont les choses que nous avons reçues de nos pères à lire à l’église » (Canon 24)

Voir aussi notre dossier sur les livres deutérocanoniques : ici

X) Filioque

« Ce souffle extérieur ne fut point la substance de l’Esprit saint, mais une figure propre à nous faire comprendre que l’Esprit saint procédait non-seulement du Père, mais aussi du Fils. Car, qui serait assez dénué de raison pour prétendre que l’Esprit saint que Jésus donna à ses disciples en soufflant sur eux est différent de celui qu’il leur a envoyé après sa résurrection ? » (Commentaire sur St Jean, XX, 22)
« Si donc l’Esprit-Saint qui est donné, a pour principe celui qui le donne, parce qu’il ne procède que de lui, il faut avouer qu’à l’égard de ce divin Esprit le Père et le Fils sont un seul et unique principe, et non deux principes. Et en effet, comme le Père et le Fils ne sont qu’un seul et même Dieu, ils ne sont également, par rapport aux créatures, qu’un seul et même Seigneur, un seul et même Créateur. Et de même à l’égard de l’Esprit-Saint, ils ne sont qu’un seul et unique principe. S’agit-il au contraire d’exprimer les rapports de la Trinité avec la création? Le Père, le Fils et l’Esprit-Saint sont un seul principe, un seul Créateur et un seul Seigneur. » (Traité de la Trinité, V, 14 : 15)
« Et cependant ce n’est pas sans raison que, dans cette souveraine Trinité, le nom de Verbe de Dieu n’est donné qu’au Fils, le nom de don de Dieu n’est donné qu’au Saint-Esprit et celui de Dieu le Père au principe dont le Verbe est engendré et dont procède en premier lieu le Saint-Esprit. J’ai dit : en premier lieu, parce qu’on découvre que le Saint-Esprit procède aussi du Fils. Mais le Père a donné cela au Fils, non en ce sens que le Fils existât avant de l’avoir; mais tout ce que le Père a donné à son Verbe Fils unique, il le lui a donné en l’engendrant. Il l’a donc engendré de manière à ce que le Don commun procédât aussi de lui, et que l’Esprit-Saint fût l’Esprit des deux. » (Traité de la Trinité, XV, 17 : 29)
« que celui-là comprenne aussi que, comme il est dans la nature du Père que le Saint-Esprit procède de lui, de même il a donné à son Fils que le même Saint-Esprit procède aussi de lui, double procession également éternelle; et que, quand on dit que le Saint-Esprit procède du Père, on l’entend en ce sens que le Père a aussi donné au Fils que le Saint-Esprit procède du Fils. En effet, si le Fils tient du Père tout ce qu’il a, il en tient aussi que le Saint-Esprit procède de lui. Mais, qu’on exclue ici toute idée du temps, qui renferme celle d’antériorité et de postériorité; car il n’y en a pas l’ombre. » (Traité de la Trinité, XV, 26 : 47)

Voir au sujet du Filioque :

Le Filioque d’un point de vue théologique : ici

Le Filioque d’un point de vue historique

9 commentaires sur “Un Catholique nommé saint Augustin

  1. Pingback: Seize astuces pour ne jamais devenir catholique | +†+Yesus Kristus azu+†+

  2. Pingback: Les livres deutérocanoniques dans l’Histoire de l’Église (2) | +†+Yesus Kristus azu+†+

  3. Pingback: Devons-nous « regarder ce qui nous rassemble  ? | «+†+Yesus Kristus azu+†+

  4. Pingback: L’enseignement des Pères de l’Église sur « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église » (Matthieu XVI, 18) | +†+Yesus Kristus azu+†+

  5. Pingback: Saint Pierre a-t-il un successeur ? | +†+Yesus Kristus azu+†+

  6. Pingback: Saint Grégoire le Grand et le titre d’ « Evêque universel  | «+†+Yesus Kristus azu+†+

  7. Pingback: L’Infaillibilité du Pape proclamée en 681 ? | +†+Yesus Kristus azu+†+

  8. Pingback: L’infaillibilité du magistère ordinaire-universel | +†+Yesus Kristus azu+†+

  9. Pingback: L’union de l’Eglise et de l’Etat : ce qu’enseignent les Pères de l’Eglise | +†+Yesus Kristus azu+†+

Réagir à l'article

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Information

Cette entrée a été publiée le 10 juillet 2019 par dans Foi Catholique.
%d blogueurs aiment cette page :