+†+Yesus Kristus azu+†+

« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

Les louanges des Papes à Saint Thomas d’Aquin

XIIIe SIÈCLE

Alexandre IV dit en 1256, lorsque saint Thomas d’Aquin, âgé de trente ans, était loin encore d’avoir donné les plus belles productions de son génie :

« Bien vive a été notre satisfaction d’apprendre avec quel zèle et quelle vigilance vous prenez les intérêts de la piété et de la justice. C’est ainsi que récemment, avant même d’avoir reçu nos Lettres, vous avez accordé la Licence à Frère Thomas d’Aquin, de l’Ordre des Prêcheurs, homme également illustre par la noblesse de sa race, la pureté de sa vie, et le trésor de science et de doctrine que la grâce de Dieu lui a déjà fait acquérir. » (Bref à Émeric, chancelier de l’Église de Paris)

XIVe SIÈCLE

Jean XXII

« On apprend plus avec saint Thomas en une année, qu’avec tous les autres saints ensemble pendant toute la vie. […] Autant ce Docteur a composé d’articles, autant il a opéré de miracles […] Lui qui  a plus éclairé l’Église que tous les autres docteurs ensemble […] Sa doctrine n’a pu provenir que d’une action miraculeuse de Dieu […] Il a fait autant de miracles qu’il a écrit d’articles. » (Bulle de Canonisation de Saint Thomas, 18 juillet 1323)

Clément VI

Dans une bulle datée de 1344, après avoir comparé la doctrine de l’Ange de l’école au rayon de soleil qui illumine la terre, et à un glaive spirituel qui pourfend l’erreur, ajoute à sa louange :

« Les écrits de saint Thomas, remplis de sagesse et de science, ne cessent pas de procurer à l’Église universelle cette abondance de fruits variés, dont l’arôme console et réjouit toujours la sainte Épouse de Jésus-Christ. »

Innocent VI

« La doctrine de saint Thomas a, plus que toutes les autres, le droit canon excepté, l’avantage de la propriété des termes, de la mesure dans l’expression, de la vérité des propositions, de telle sorte que ceux qui la possèdent ne sont jamais surpris hors du sentier de la vérité, et que quiconque l’a combattue a toujours été suspect d’erreur. »

Urbain V

« Considérant que saint Thomas a, par cette science éminente qu’il avait reçue de Dieu, illustré non seulement l’Ordre des Frères Prêcheurs, mais encore l’Église entière, et que, fidèlement attaché aux pas du bienheureux Augustin, il a enrichi cette même Église d’un très grand nombre de savants ouvrages, Nous vous exhortons dans le Seigneur Jésus à recevoir son corps avec toute sorte de respect, d’honneur et de vénération. »

« Nous voulons et, par la teneur des présentes, Nous vous enjoignons de suivre la doctrine du bienheureux Thomas, comme étant véridique et catholique, et de vous appliquer de toutes vos forces à la développer. » (Lettre à l’académie de Toulouse)

XVIe SIÈCLE

Concile de Trente

Lors du concile de Trente (1545-1563), la Somme théologique de saint Thomas était posée sur le Maître autel de l’église où les Pères conciliaires se réunissaient, juste à côté de la Sainte Bible, pour signifier que la Somme contient et exprime la foi catholique.

« les Pères du concile de Trente voulurent que, au milieu de leur assemblée, avec le livre des divines Écritures et les décrets des pontifes suprêmes, sur l’autel même, la Somme de Thomas d’Aquin fut déposée ouverte, pour pouvoir y puiser des conseils, des raisons, des oracles. » (Léon XIII, encyclique Æterni Patris, 1879)

Saint Pie V

En 1567, le pape saint Pie V déclara Thomas d’Aquin Docteur de l’Église, et ordonna que sa fête fût célébrée avec la même solennité lue celles des quatre premiers docteurs de l’Église latine : saint Grégoire le Grand, saint Ambroise, saint Augustin et saint Jérôme. Le principal motif de cette décision se trouve exposé comme il suit, dans la bulle Mirabilis :

« Par un effet de la providence du Tout-Puissant, plusieurs hérésies qui s’étaient élevées, depuis la mort du Docteur angélique, sont maintenant confondues et entièrement dissipées, grâce à la force et à la vérité de sa doctrine; on l’a vu dans le passé, mais la chose a paru en dernier liera très clairement, dans les décrets du saint concile de Trente. »

Clément VIII

Le zèle empressé des Napolitains, pour obtenir du Saint-Siège le droit d’honorer saint Thomas comme patron de leur cité, donna occasion au pape Clément VIII de leur adresser trois Brefs, desquels on peut détacher ces magnifiques éloges :

« C’est par un motif également sage et pieux que vous désirez avoir pour nouveau protecteur le bienheureux Thomas d’Aquin, jadis votre concitoyen, angélique interprète des volontés divines, dont la doctrine a eu ce rare privilège d’être approuvée par le témoignage de Dieu même. En accordant votre demande, Nous voulons non seulement satisfaire Notre dévotion particulière envers ce Saint, mais témoigner, en Notre nom autant qu’au nom de toute l’Église, combien Nous nous sentons redevables au Docteur angélique. »

XVIIe SIÈCLE

Paul V

Quatre ans après, Paul V, successeur de Clément VIII, écrivait :

« Nous nous réjouissons beaucoup dans le Seigneur de voir tous les jours s’accroître le culte et les honneurs que l’on rend à saint Thomas d’Aquin, ce très illustre athlète de la foi catholique, dont les écrits servent à l’Église militante comme d’un bouclier pour repousser avec succès les traits des hérétiques. »

Alexandre VII

Le pape Alexandre VII, qui condamna les cinq propositions de Jansénius, écrivait, en 1660, aux docteurs de Louvain :

« Nous ne doutons point que vous ne suiviez toujours et’ n’ayez en singulière vénération les principes très sûrs et inébranlables de saint Augustin et de saint Thomas, ces deux célèbres et saints docteurs, dont le grand génie et la réputation si bien établie parmi les peuples catholiques sont supérieurs à toute louange, et ne peuvent être recommandés par de nouveaux éloges. »

XVIIIe SIÈCLE

Benoît XIII

Dans trois brefs adressés à l’Ordre des Frères Prêcheurs, auquel il déclare avoir eu l’honneur d’appartenir, relève de son autorité apostolique les louanges décernées par ses prédécesseurs à la doctrine de saint Thomas, et s’insurge contre les calomnies dont on l’a attaqué :

« Par un effet de sa providence suprême, Dieu ne s’est pas contenté de donner au Docteur angélique la force et la science nécessaires pour confondre et dissiper les hérésies qui avaient précédé sa naissance ou qui s’étaient répandues de son temps, mais encore plusieurs autres qui ont affligé l’Eglise depuis sa mort. Méprisez donc, Nos chers fils, les calomnies que l’on a mises en avant pour noircir vos sentiments, particulièrement sur la grâce efficace par elle-même et par une vertu intrinsèque, comme parle l’école, et sur la prédestination gratuite à la gloire, sans aucune prévision des mérites; sentiments que vous avez enseignés jusqu’à ce jour avec honneur, que votre école se glorifie avec juste titre d’avoir puisés dans saint Augustin et dans saint Thomas, et qu’elle soutient avec une louable fermeté être conformes à la parole divine, aux décrets des conciles, aux décisions des souverains pontifes et à la doctrine des Pères de l’Église.

« Continuez de vous consacrer à l’étude des ouvrages. de votre saint Docteur sans craindre de vous égarer, puisque ses écrits, exempts de toute erreur, sont plus lumineux que le soleil, et que l’Église, qui admire son érudition, reconnaît en avoir été éclairée; appuyés sur une règle si sûre de la doctrine chrétienne, soutenez toujours avec courage les vérités de notre sainte religion et la pureté de sa morale.

« Voilà ce que nos prédécesseurs ont pensé et Nous ont appris de la doctrine de saint Thomas; à leurs justes éloges Nous joignons de grand cœur les Nôtres. »

Clément XII

L’acte important de Clément XII pour honorer la mémoire de l’angélique Docteur. Après avoir rappelé, l’approbation donnée à ses écrits par les pontifes romains, et cité nommément treize de ses prédécesseurs: Alexandre IV, Jean XXII, Clément VI, Urbain V, Nicolas V, Pie IV, Pie V, Sixte-Quint, Clément VIII, Paul V, Alexandre VII, Innocent XII et Benoît XIII, le Saint-Père déclare que,

« voulant aussi témoigner son estime particulière pour la doctrine de saint Thomas, il accorde à tous les séculiers qui auront étudié la théologie dans les écoles des Frères Prêcheurs, selon la forme en usage, mêmes prérogatives, mêmes grades, mêmes droits aux bénéfices, que s’ils avaient suivi les cours des plus célèbres Universités du monde. »

Dans la constitution de 1733 du pape Clément XII :

« La doctrine de ce grand homme a été exaltée dans les conciles même œcuméniques. »

Benoît XIV

Dans un Bref adressé à l’Ordre des Frères Prêcheurs :

« ses écrits exempts de toute erreur, sont plus lumineux que le soleil, […] l’Eglise, qui admire son érudition, reconnaît en avoir été éclairée »

Pour continuer cette nomenclature, il faudrait citer encore Pie VI

XIXe SIÈCLE

… et Pie IX, qui ont comblé de louanges le Docteur angélique.

Léon XIII

« Entre tous les docteurs scolastiques, brille, d’un éclat sans pareil leur prince et maître à tous, Thomas d’Aquin, lequel, ainsi que le remarque Cajetan, pour avoir profondément vénéré les Saints Docteurs qui l’ont précédé, a hérité en quelque sorte de l’intelligence de tous. Thomas recueillit leurs doctrines, comme les membres dispersés d’un même corps; il les réunit, les classa dans un ordre admirable, et les enrichit tellement, qu’on le considère lui-même, à juste titre, comme le défenseur spécial et l’honneur de l’Église. D’un esprit ouvert et pénétrant, d’une mémoire facile et sûre, d’une intégrité parfaite de mœurs, n’ayant d’autre amour que celui de la vérité, très riche de science tant divine qu’humaine, justement comparé au soleil, il réchauffa la terre par le rayonnement de ses vertus, et la remplit de la splendeur de sa doctrine. Il n’est aucune partie de la philosophie qu’il n’ait traitée avec autant de pénétration que de solidité: les lois du raisonnement, Dieu et les substances incorporelles, l’homme et les autres créatures sensibles, les actes humains et leurs principes, font tour à tour l’objet des thèses qu’il soutient, dans lesquelles rien ne manque, ni l’abondante moisson des recherches, ni l’harmonieuse ordonnance des parties, ni une excellente manière de procéder, ni la solidité des principes ou la force des arguments, ni la clarté du style ou la propriété de l’expression, ni la profondeur et la souplesse avec lesquelles il résout les points les plus obscurs. » (Encyclique Aeterni Patris, 4 août 1879)

En lire plus de cette encyclique : ici

Ce pape confie aux Dominicains la tâche de publier une édition scientifique et critique des œuvres de Thomas d’Aquin en fondant la Commission Léonine. Le 4 août 1880, Léon XIII déclare le patron des études dans les écoles catholiques (Cum hoc sit).

« C’est que la méthode du Docteur angélique est admirablement propre à former les esprits; c’est qu’elle fournit le moyen de commenter, de philosopher, de disserter d’une façon pressante et invincible : car elle montre lumineusement les choses dérivant chacune les unes des autres par une série non interrompue, et toutes s’enchaînant et s’unissant entre elles, toutes se rapportant à des principes supérieurs, puis elle élève à la contemplation de Dieu, qui est la cause efficiente, la force, le modèle souverain de toutes choses, à qui finalement toute la philosophie de l’homme, pour grand qu’il soit, doit se rapporter. Ainsi, par saint Thomas, la science des choses divines et humaines, des causes qui contiennent ces choses, cette science est à la fois admirablement éclairée et solidement affermie. Contre cette méthode, les vieilles sectes d’erreurs se sont ruées en vain; et les nouvelles, qui en diffèrent plutôt par le nom et l’apparence que par la chose, après avoir aussi levé la tête, sont tombées sous ses coups, ainsi que l’ont montré beaucoup de nos écrivains. Il est vrai que la raison humaine veut pénétrer avec des armes libres dans la connaissance intérieure et cachée des choses, elle le veut et ne peut pas ne pas le vouloir; mais avec Thomas d’Aquin pour auteur et pour maître, elle le fait plus vite et plus librement,parce qu’elle le fait avec une entière sécurité, à l’abri de tous périls de dépasser les frontières de la vérité. Car on ne peut raisonnablement appeler liberté ce qui conduit et disperse les opinions jusqu’au caprice et à la fantaisie, bien plus, à une licence perverse, à une science fausse et menteuse qui est le déshonneur de l’esprit et une vraie servitude. C’est là vraiment le très sage docteur qui s’avance entre les frontières de la vérité, qui non seulement ne s’attaque pas à Dieu, principe et terme de toute vérité, mais qui .lui adhère très étroitement et qui lui rend toujours hommage, toujours de quelque façon qu’il lui découvre ses mystères; qui n’est pas moins saintement obéissant dans son enseignement au Pontife romain, qui révère en lui l’autorité divine et qui tient qu’il est absolument nécessaire, de nécessité de salut, d’être soumis au Pontife romain. — Qu’à son école donc, le clergé grandisse et s’exerce dans l’étude de la philosophie et de la théologie : car, de la sorte, il sera savant et plus vaillant que personne dans les saints combats » (Encyclique Officio sanctissimo, 22 décembre 1887)

XXe SIÈCLE

Saint Pie X

« Ceux qui s’éloignent de saint Thomas sont par là même conduits à cette extrémité qu’ils se détachent de l’Église » (Lettre Delata Nobis, 17 novembre 1907, adressée au Père Thomas PÈGUES)

Il déclara dans l’encyclique Pascendi (8 septembre 1907) :

« Quand Nous prescrivons la philosophie scolastique, ce que Nous entendons surtout par là – ceci est capital – c’est la philosophie que nous a léguée le Docteur angélique. Nous déclarons que tout ce qui a été édicté à ce sujet par Notre Prédécesseur reste pleinement en vigueur, et, en tant que de besoin, Nous l’édictons à nouveau et le confirmons, et ordonnons qu’il soit par tous rigoureusement observé. Que, dans les Séminaires où on aurait pu le mettre en oubli, les évêques en imposent et en exigent l’observance: prescriptions qui s’adressent aussi aux Supérieurs des Instituts religieux. Et que les professeurs sachent bien que s’écarter de saint Thomas, surtout dans les questions métaphysiques, ne va pas sans détriment grave. »

En 1910, saint Pie X institue le serment antimoderniste pour immuniser le clergé contre l’hérésie. Il ne manqua pas d’imposer à cette occasion de rappeler la sûreté absolue de saint Thomas :

« S’écarter de St. Thomas ne va jamais sans grave danger » (Motu proprio Sacrorum antistitum, instituant le Serment antimoderniste, 1er septembre 1910)

Le 29 juin 1914, dans son motu proprio Doctoris angelici, ce pape exige des professeurs de philosophie catholique dans les universités et les collèges :

« l’étude de la philosophie que nous a léguée le Docteur Angélique. »

Cette même année, la Congrégation romaine des Séminaires et Universités promulgua une liste de 24 thèses thomistes considérées comme normæ directivæ tutæ : ce sont les thèses de 1914

Benoît XV

En 1917, Benoît XV promulgua le premier Code de Droit canonique, législation universelle de l’Église, couverte de l’infaillibilité pratique, dont le canon 1366, § 2 dispose on ne peut plus clairement que la doctrine de saint Thomas doit être « tenue religieusement » par les formateurs du clergé :

« Les professeurs doivent ordonner les études de philosophie rationnelle et de théologie, de même que la formation des élèves dans ces disciplines, selon la méthode du docteur Angélique [c’est-à-dire saint Thomas d’Aquin : ndlr], et s’en tenir religieusement à sa doctrine et à ses principes. »

Ce Pape adressa une lettre au Père Edouard HUGON, qui sera la futur rédacteur de l’encyclique Mortalium animos (6 février 1928) pour le Pape Pie XI, lui disant ce qui suit :

« L’obligation sainte et salutaire qui s’impose aux écoles catholiques où l’on forme à la science de la philosophie et de la théologie la jeunesse du Sanctuaire, c’est de prendre pour maître suprême saint Thomas d’Aquin. Tout ce qui fut établi, à ce sujet, avec tant de sagesse par Nos prédécesseurs, en particulier par Léon XIII et Pie X, d’heureuse mémoire, doit être maintenu et inviolablement observé.

Mais Nous estimons que c’est aussi une oeuvre opportune de faire sortir, pour ainsi dire, le Docteur Angélique de l’enceinte de l’Ecole, pour lui permettre de rayonner au dehors et de projeter la lumière presque divine de son génie sur tous ceux qui veulent approfondir notre religion. Il est certain que les modernistes n’ont pu s’écarter si loin de la foi et s’égarer et s’égarer en tant d’opinions diverses, que parce qu’ils ont négligé les principes et la doctrine de saint Thomas. » (Lettre de Sa Sainteté Benoît XV à son cher fils Edouard HUGON, religieux dominicain, docteur et professeur en théologie au Collège Angélique à Rome, 5 mai 1916, citée en introduction de son ouvrage Les vingt-quatre thèses thomistes, Téqui-Paris VI°)

Benoît XV affirme donc que les modernistes sont devenus modernistes car ils se sont écarter de saint Thomas d’Aquin. C’est plus que significatif lorsqu’on sait que son prédécesseur saint Pie X enseigne que le modernisme est « le pire ennemis de l’Eglise » et « l’égoût collecteur de toutes les hérésies » :

« Ennemis de l’Eglise, certes ils [les modernistes] le sont, et à dire qu’elle n’en a pas de pires on ne s’écarte pas du vrai. » (Encyclique Pascendi Dominici Gregis, 8 septembre 1907, n°3)

« Maintenant, embrassant d’un seul regard tout le système, qui pourra s’étonner que Nous le définissions le rendez-vous de toutes les hérésies ? Si quelqu’un s’était donné la tâche de recueillir toutes les erreurs qui furent jamais contre la foi et d’en concentrer la substance et comme le suc en une seule, véritablement il n’eût pas mieux réussi. Ce n’est pas encore assez dire: ils ne ruinent pas seulement la religion catholique, mais, comme Nous l’avons déjà insinué, toute religion. » (Encyclique Pascendi Dominici Gregis, 8 septembre 1907, n°53)

Il adresse aussi un Bref au Père PÈGUES le 5 février 1918, lui disant ce qui suit : 

« Les éloges, d’éclat exceptionnel, que le Siège Apostolique a faits de Thomas d’Aquin ne permettent plus à aucun catholique de douter que ce docteur n’ait été, dans ce but, suscité par Dieu, afin que l’Église eût un maître de la doctrine qu’elle suivrait par excellence en tout temps. D’autre part, il semblait convenable que la sagesse unique de ce docteur fût directement ouverte, non pas seulement aux hommes du clergé, mais encore à tous ceux, quels qu’ils soient, qui cultiveraient à un degré plus élevé les études religieuses, et jusqu’à la multitude elle-même: la nature veut, en effet, que plus on approche de la lumière, plus on s’en trouve abondamment éclairé. Vous êtes donc grandement à louer, vous qui, ayant entrepris d’expliquer par un commentaire littéral en français l’œuvre principale du Docteur angélique, la Somme théologique — et les volumes déjà parus montrent que votre projet se réalise avec succès — avez récemment publié la même Somme rendue en forme de catéchisme. Par là, vous n’avez pas d’une façon moins apte approprié les richesses de ce grand génie à l’usage des moins instruits qu’à celui des plus doctes, donnant, sous une forme brève et succincte, dans le même ordre lumineux, tout ce que lui-même avait exposé d’une façon plus copieuse. Et, assurément, Nous vous félicitons de ce fruit d’un travail et d’une étude prolongés, dans lequel il est permis de reconnaître votre grande connaissance et votre grande science de la doctrine thomiste ; et Nous souhaitons, ce qui est le vœu que vous inspire votre amour de la sainte Église, que ce travail serve au plus grand nombre possible pour connaître à fond la doctrine chrétienne. Comme gage des faveurs divines et comme témoignage de Notre bienveillance très spéciale, Nous vous accordons très affectueusement, à vous, cher fils, et à vos disciples, la bénédiction apostolique. »

Pie XI

« Disons pourtant qu’entre ceux qui ont au cour l’amour de saint Thomas, et il convient que ce soit tous les fils de l’Église consacrés aux sciences supérieures, – Nous désirons voir régner une sage émulation dans une juste liberté, ce qui est la condition du progrès intellectuel, mais sans aucune de ces disputes qui ne servent pas la vérité et ne vont qu’à relâcher les liens de la charité. Que ces paroles du Code de Droit canonique soient donc la loi pour tous: « Quant aux études de philosophie et de théologie et à la formation des étudiants en ces matières, que les professeurs s’inspirent absolument de la méthode, de la doctrine et des principes de saint Thomas, et y soient inviolablement attachés » : que tous s’inspirent tellement de cette ligne de conduite qu’ils puissent en toute vérité l’appeler leur maître. Que les uns pourtant se gardent d’exiger des autres plus que n’exige de tous l’Église, mère et maîtresse de tous: dans les questions traditionnelles, où les meilleurs maîtres des différentes écoles théologiques ne sont pas d’accord, chacun peut, en toute liberté, suivre l’opinion qui lui paraît la plus vraisemblable. […]

Pour dissiper les erreurs qui sont la source et l’origine de toutes les misères actuelles, il faut s’attacher plus religieusement que jamais aux doctrines de saint Thomas. Il réfute à fond tous les mensonges modernistes: en philosophie, par la valeur et puissance qu’il reconnaît à l’esprit humain et les arguments très solides qu’il donne de l’existence de Dieu ; en dogmatique, par la distinction qu’il établit entre l’ordre surnaturel et l’ordre naturel et l’explication qu’il donne des raisons de croire et des dogmes à croire ; en théologie, par l’affirmation que les articles de foi ne sont pas de simples opinions, mais des vérités, et des vérités immuables ; en Écriture Sainte, par la vraie notion de l’inspiration ; en morale, en sociologie, en droit, par la formule exacte des principes de justice légale ou sociale, commutative ou distributive, et l’explication des rapports entre la justice et la charité; en ascétique, par les règles de la perfection chrétienne et la défense des Ordres religieux de son époque contre leurs adversaires. Enfin, contre la prétendue autonomie de la raison humaine, il revendique les droits et l’autorité sur nous du Dieu Souverain. On voit assez pourquoi, entre tous les Docteurs de l’Église, aucun n’est plus redoutable aux modernistes que Thomas d’Aquin. » (Encyclique Studiorum ducem, 29 juin 1923, sur la conduite des études avec saint Thomas d’Aquin, pour le VIème centenaire de sa canonisation)

Pie XII

Dans l’encyclique Humain generis du 12 août 1950, significativement sous-titrée « Sur les opinions faussent qui menacent de ruiner les fondements de la doctrine catholique », écrit :

« Par ailleurs, les théologiens et les philosophes catholiques, auxquels incombe la lourde charge de défendre la vérité divine et humaine et de l’inculquer à toutes les âmes, n’ont pas le droit d’ignorer ni de négliger les systèmes qui s’écartent plus ou moins de la droite voie. Bien plus, il leur faut les connaître à fond, d’abord parce qu’on ne peut guérir que les maux que l’on connaît bien, puis parce que dans les systèmes erronés peut se cacher quelque lueur de vérité, et parce qu’enfin ces erreurs poussent l’esprit à scruter avec plus de soin et à apprécier mieux telle ou telle vérité philosophique et théologique.

Ah ! si nos philosophes et nos théologiens s’étaient efforcés de tirer de l’examen prudent de ces systèmes l’avantage que nous disons, il n’y, aurait, pour le magistère de l’Eglise, aucune raison d’intervenir. Toutefois, même si nous tenons pour certain que les docteurs catholiques se sont gardés en général de ces erreurs, il n’est pas moins certain qu’il en est aujourd’hui, tout comme aux temps apostoliques, pour s’attacher, plus qu’il convient, aux nouveautés dans la crainte de passer pour ignorants de tout ce que charrie un siècle de progrès scientifiques : on les voit alors qui, dans leur prétention de se soustraire à la direction du magistère sacré, se trouvent en grand danger de s’écarter peu à peu de la vérité divinement révélée et d’induire avec eux les autres dans l’erreur. […]

On sait combien l’Eglise estime la raison humaine dans le pouvoir qu’elle a de démontrer avec certitude l’existence d’un Dieu personnel, de prouver victorieusement par les signes divins les fondements de la foi chrétienne elle-même, d’exprimer exactement la loi que le Créateur a inscrite dans l’âme humaine et enfin de parvenir à une certaine intelligence des mystères, qui nous est très fructueuse (7). La raison cependant ne pourra remplir tout son office avec aisance et en pleine sécurité que si elle reçoit une formation qui lui est due : c’est-à-dire quand elle est imprégnée de cette philosophie saine qui est pour nous un vrai patrimoine transmis par les siècles du passé chrétien et qui jouit encore d’une autorité d’un ordre supérieur, puisque le magistère de l’Eglise a soumis à la balance de la révélation divine, pour les apprécier, ses principes et ses thèses essentielles qu’avaient peu à peu mis en lumière et définis des hommes de génie. Cette philosophie reconnue et reçue dans l’Eglise défend, seule, l’authentique et juste valeur de la connaissance humaine, les principes inébranlables de la métaphysique, à savoir de raison suffisante, de causalité et de finalité la poursuite enfin, effective, de toute vérité certaine et immuable.

Dans cette philosophie, sans doute sont traitées des parties qui ni directement ni indirectement ne touchent à la foi et aux moeurs: aussi l’Eglise les laisse-t-elle à la libre discussion des philosophes. Mais pour beaucoup d’autres, surtout dans le domaine des principes et des thèses essentielles que Nous avons rappelés plus haut, de liberté de discussion il n’y a point. Même dans ces questions essentielles, il est permis de donner à la philosophie un vêtement plus juste et plus riche, de la renforcer de développements plus efficaces, de la débarrasser de quelques procédés scolaires insuffisamment adaptés, de l’enrichir discrètement aussi d’éléments apportés par une pensée humaine qui sainement progresse, mais il n’est jamais possible de la bouleverser, de la contaminer de principes faux ou même de la tenir pour un monument sans doute imposant mais absolument suranné. Car la vérité et toute son explication philosophique ne peuvent pas changer chaque jour, surtout quand il s’agit de principes évidents, par soi, pour tout esprit humain ou de ces thèmes qui prennent appui aussi bien sur la sagesse des siècles que sur leur accord avec la révélation divine qui les étaye si fortement. Tout ce que l’esprit humain, adonne à la recherche sincère, peut découvrir de vrai ne peut absolument pas s’opposer à une vérité déjà acquise; Dieu, Souveraine Vérité a créé l’intelligence humaine et la dirige, il faut le dire, non point pour qu’elle puisse opposer chaque jour des nouveautés à ce qui est solidement acquis, mais pour que, ayant rejeté les erreurs qui se seraient insinuées en elle, elle élève progressivement le vrai sur le vrai selon l’ordre et la complexion même que nous discernons dans la nature des choses d’où nous tirons la vérité.

C’est pourquoi un chrétien, qu’il soit philosophe ou théologien, ne peut pas se jeter à la légère, pour les adopter, sur toutes les nouveautés qui s’inventent chaque jour; qu’il en fasse au contraire un examen très appliqué, qu’il les pèse en une juste balance ; et ainsi, se gardant de perdre ou de contaminer la vérité déjà acquise, il évitera de causer un dommage certain à la foi elle-même et de la mettre gravement en péril.

Si l’on a bien saisi ces précisions, on verra sans peine pour quelle raison l’Église exige que ses futurs prêtres soient instruits des disciplines philosophiques « selon la méthode, selon la doctrine et les principes du Docteur Angélique »; c’est que l’expérience de plusieurs siècles lui a parfaitement appris que la méthode de l’Aquinate l’emporte singulièrement sur toutes les autres, soit pour former les étudiants, soit pour approfondir les vérités peu accessibles ; sa doctrine forme comme un accord harmonieux avec la révélation divine ; elle est de toutes la plus efficace pour mettre en sûreté les fondements de la foi, comme pour recueillir utilement et sans dommage les fruits d’un progrès véritable (A. A. S., vol. XXXVIII, 1946, p. 387)

C’est pour tant de motifs, qu’il est au plus haut point lamentable que la philosophie reçue et reconnue dans l’Eglise soit aujourd’hui méprisée par certains qui, non sans imprudence, la déclarent vieillie dans sa forme et rationaliste (comme ils osent dire) dans son processus de pensée. Nous les entendons répétant que cette philosophie, la nôtre, soutient faussement qu’il peut y avoir une métaphysique absolument vraie; et ils affirment de façon péremptoire que les réalités, et surtout les réalités transcendantes, ne peuvent être mieux exprimées que par des doctrines disparates, qui se complètent les unes les autres, encore qu’elles s’opposent entre elles toujours en quelque façon. Aussi concèdent-ils que la philosophie qu’enseignent Nos écoles, avec son exposition claire des problèmes et leurs solutions, avec sa détermination si rigoureuse du sens de toutes les notions et ses distinctions précises, peut être utile pour initier de jeunes esprits à la théologie scolastique et qu’elle était remarquablement accommodée aux esprits du moyen-âge; mais elle n’offre plus, selon eux, une méthode qui réponde à notre culture moderne et aux nécessités du temps. Ils opposent ensuite que la philosophia perennis n’est qu’une philosophie des essences immuables, alors que l’esprit moderne doit nécessairement se porter vers l’existence de chacun et vers la vie toujours fluente. Et tandis qu’ils méprisent cette philosophie, ils en exaltent d’autres, anciennes ou récentes, de l’Orient ou de l’Occident, de sorte qu’ils semblent insinuer dans les esprits que n’importe quelle philosophie, n’importe quelle manière personnelle de penser, avec, si besoin est, quelques retouches ou quelques compléments, peut s’accorder avec le dogme catholique : or, cela est absolument faux, surtout quand il s’agit de ces produits de l’imagination qu’on appelle l’immanentisme, l’idéalisme, le matérialisme soit historique soit dialectique ou encore l’existentialisme, qu’il professe l’athéisme ou pour le moins qu’il nie toute valeur au raisonnement métaphysique. Quel catholique pourrait avoir le moindre doute sur toutes ces choses

Enfin ils reprochent à cette philosophie de ne s’adresser qu’à l’intelligence dans le processus de la connaissance, puisqu’elle néglige, disent-ils, l’office de la volonté et celui des affections de l’âme. Or cela n’est pas vrai. Jamais la philosophie chrétienne n’a nié l’utilité et l’efficacité des bonnes dispositions de toute l’âme humaine pour connaître à fond et pour embrasser les vérités religieuses et morales; bien mieux, elle a toujours professé que le défaut de ces dispositions peut être cause que l’intelligence, sous l’influence des passions et de la volonté mauvaise, s’obscurcisse à ce point qu’elle ne voit plus juste. Bien mieux encore, le Docteur commun estime que l’intelligence peut d’une certaine manière percevoir les biens supérieurs d’ordre moral soit naturel soit surnaturel, mais dans la mesure seulement où l’âme éprouve une certaine connaturalité affective avec ces mêmes biens, soit par nature, soit par don de grâce (Cfr. S. THOM., Summa Theol., II-II, qu. 1, art. 4 ad. 3 et qu. 45, art. 2, in c). Et l’on ne peut pas ne pas saisir l’intérêt du secours apporté par cette connaissance obscure aux recherches de notre esprit. Cependant autre chose est de reconnaître aux dispositions affectives de la volonté le pouvoir d’aider la raison à poursuivre une science plus certaine et plus ferme des choses; et autre chose, ce que soutiennent ces novateurs, à savoir: attribuer aux facultés d’appétit et d’affection un certain pouvoir d’intuition et dire que l’homme, incapable de savoir par la raison et avec certitude la vérité qu’il doit embrasser, se tourne vers la volonté pour faire choix et décider librement entre des opinions erronées : n’est-ce pas là mêler indûment la connaissance et l’acte de la volonté?

Il n’est pas étonnant que, par ces nouveaux systèmes, on soit amené à mettre en danger les deux disciplines philosophiques qui, par leur nature même, sont étroitement liées avec l’enseignement de la foi, la théodicée et l’éthique; on en vient donc à penser que leur rôle n’est pas de démontrer quelque chose de certain sur Dieu ou sur un autre être transcendant, mais bien plutôt de montrer que ce que la foi enseigne sur un Dieu personnel et sur ses commandements s’accorde parfaitement avec les nécessités de la vie et que par voie de conséquence il faut que tous l’embrassent pour éviter le désespoir et pour parvenir au salut éternel. Or tout cela s’oppose manifestement aux documents de Nos Prédécesseurs Léon XIII et Pie X et ne peut s’accorder avec les décrets du Concile du Vatican. Nous n’aurions certes pas à déplorer ces écarts loin de la vérité si tous, même en philosophie, voulaient écouter le magistère de l’Église avec tout le respect qui lui est dû; car il lui revient, de par l’institution divine, non seulement de garder et d’interpréter le dépôt de la vérité divinement révélée, mais encore d’exercer toute sa vigilance sur les disciplines philosophiques pour que de faux systèmes ne portent pas atteinte aux dogmes catholiques. » (Encyclique Humain generis, 12 août 1950)

Et Pie XII conclut son encyclique en montrant qu’il entend la couvrir de l’infaillibilité :

« Aussi, après avoir mûrement pesé et considéré la chose devant Dieu, pour ne pas manquer à Notre devoir sacré, Nous enjoignons aux Evêques et aux Supérieurs de familles religieuses, leur en faisant une très grave obligation de conscience, de veiller avec le plus grand soin à ce que ces opinions ne soient pas exposées dans les écoles, dans les réunions, dans n’importe quels écrits, et qu’elles ne soient pas enseignées on quelque manière que ce soit aux clercs et aux fidèles.

Que ceux qui sont professeurs d’instituts ecclésiastiques sachent qu’ils ne peuvent exercer on toute tranquillité de conscience la charge d’enseigner qui leur est confiée, s’ils n’acceptent pas religieusement les normes doctrinales que Nous avons édictées, et s’ils ne les suivent pas exactement au cours de la formation de leurs élèves. Le respect et l’obéissance qu’ils doivent professer envers le magistère de l’Eglise dans leur travail quotidien, ils les doivent inculquer aussi au coeur et à l’esprit de leurs élèves.

Oui, qu’ils travaillent, usant de toutes leurs forces et de toute leur application, à faire avancer les disciplines qu’ils enseignent, mais qu’ils se gardent aussi d’outrepasser les limites que nous avons fixées en vue de protéger les vérités de la foi et la doctrine catholique. » (Encyclique Humain generis, 12 août 1950)

Le Père Raimondo SPIAZZI, O.P., professeur à l’Angelicum à Rome, rapportera plusieurs années plus tard :

« Je me souviens que quelques mois après la publication d’Humani generis, j’y fis allusion lors d’une audience avec Pie XII, et je l’entendis dire : « Si l’on n’était pas intervenu, on pouvait en arriver au point ou presque plus rien ne serait resté debout« . »

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Cette entrée a été publiée le 7 janvier 2018 par dans Foi Catholique.
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