+†+Yesus Kristus azu+†+

« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

L’union de l’Eglise et de l’Etat : ce qu’enseignent les Pères de l’Eglise

Défense de tous les dogmes de la Sainte Eglise : ici

L’union de l’Eglise et de l’Etat : ce qu’enseignent les Papes : ici

L’infaillibilité du consensus moral des Pères de l’Eglise : ici

De nos jours, bon nombre de « catholiques » libéraux et modernistes prétendent que l’Eglise te l’Etat doivent être séparés, et que l’union du Trône et de l’Autel ne doit jamais redevenir une réalité. Ils trouveront ci dessous toutes les preuves patristiques que l’union de l’Eglise et de l’Etat comme état normal, naturel et bon des choses est un enseignement infaillible de l’Eglise :

Saint Damase (305-384)

Sous le pape saint Damase, l’empereur Théodose promulgue l’Edit de Thessalonique, dit Edit de Théodose, faisant du christianisme la religion officielle de l’empire. Saint Damase, chef visible de l’Eglise donna forcément son approbation. Nous pouvons donc considérer comme couverts de l’autorité papale les mots qui suivent :

« Édit des empereurs Gratien, Valentinien II et Théodose Auguste, au peuple de la ville de Constantinople. Nous voulons que tous les peuples que régit la modération de Notre Clémence s’engagent dans cette religion que le divin Pierre Apôtre a donné aux Romains – ainsi que l’affirme une tradition qui depuis lui est parvenue jusqu’à maintenant – et qu’il est clair que suivent le pontife Damase Ier et l’évêque d’Alexandrie, Pierre, homme d’une sainteté apostolique : c’est-à-dire que, en accord avec la discipline apostolique et la doctrine évangélique, nous croyons en l’unique Divinité du Père et du Fils et du Saint-Esprit, dans une égale Majesté et une pieuse Trinité.

Nous ordonnons que ceux qui suivent cette loi prennent le nom de Chrétiens Catholiques et que les autres, que nous jugeons déments et insensés, assument l’infamie de l’hérésie. Leurs assemblées ne pourront pas recevoir le nom d’églises et ils seront l’objet, d’abord de la vengeance divine, ensuite seront châtiés à notre propre initiative que nous avons adopté suivant la volonté céleste.

Donné le troisième jour des calendes de mars à Thessalonique, Gratien Auguste étant consul pour la cinquième fois et Théodose Auguste pour la première fois. »

Saint Ambroise de Milan (vers 340-397)

Saint Ambroise qui fut un instigateur de l’édit, commence ainsi une lettre à l’empereur :

« Alors que tous les hommes soumis à la puissance de Rome combattent pour vous, empereurs et princes de la terre, vous combattez, vous, pour le Dieu tout puissant et pour la sainte foi. » (Lettre XVII, P.L. 16, col. 961)

Saint Grégoire de Nazianze (vers 329-390)

Saint Grégoire de Nazianze qui n’est pas non plus étranger à l’édit, met en garde l’empereur :

« C’est une grande chose de réprimer le meurtre, de punir l’adultère, de châtier le vol ; mais, c’en est une bien plus grande encore de porter des lois favorables à la religion et de répandre la sainte religion. » (Discours XXXVII, 23)

Saint Jean Chrysostome (vers 344-407)

« Il est des gens grossiers que les vengeances futures impressionnent moins que les rigueurs du monde. Dès lors, le prince qui, par les craintes ou les récompenses, dispose l’esprit des hommes à une plus grande docilité aux enseignements de la vérité mérite à bon droit le titre de ministre de Dieu. » (23è homélie sur l’Epître aux Romains, Œuvres complètes, Nancy-Paris, Bordes, 1868, t. 5, p. 388)

Saint Augustin (354-430)

Saint Augustin écrit que les rois doivent servir Dieu :

« en y défendant le mal non seulement pour ce qui touche à la société humaine, mais encore à la divine religion. » (Quatre Livres contre le grammairien Cresconius, ch. 51, § 6, P.L., t. 43, col. 517)

« Nous appelons les princes heureux quand ils font régner la justice, quand, au milieu des louanges qu’on leur prodigue ou des respects qu’on leur rend, ils ne s’enorgueillissent pas, mais se souviennent qu’ils sont hommes; quand ils soumettent leur puissance à la puissance souveraine de Dieu ou la font servir à la propagation du vrai culte, craignant Dieu, l’aimant, l’adorant et préférant à leur royaume celui où ils ne craignent pas d’avoir des égaux ; quand ils sont lents à punir et prompts à pardonner, ne punissant que dans l’intérêt de l’’Etat et non dans celui de leur vengeance, ne pardonnant qu’avec l’espoir que les coupables se corrigeront, et non pour assurer l’impunité aux crimes, tempérant leur sévérité par des actes de clémence et par des bienfaits, quand des actes de rigueur sont nécessaires; d’autant plus retenus dans leurs plaisirs qu’ils sont plus libres de s’y abandonner à leur gré ; aimant mieux commander à leurs passions qu’à tous les peuples de la terre; faisant tout cela, non pour la vaine gloire, mais pour la félicité éternelle, et offrant enfin au vrai Dieu pour leurs péchés le sacrifice de l’’humilité, de la miséricorde et de la prière. Voilà les princes chrétiens que nous appelons heureux, heureux par l’espérance dès ce monde, heureux en réalité quand ce que nous espérons sera accompli. » (La Cité de Dieu, Livre V, chapitre 24)

« Chacun sert Dieu à sa manière, celui-ci comme homme, celui-là comme roi. Comme homme, on le sert par une vie pieuse et fidèle ; comme roi, on le sert en sanctionnant avec une rigueur convenable, par des lois prescrivant le bien et réprimant le mal. Ezéchias le servit ainsi en détruisant les bois et les temples consacrés au culte des idoles […]. C’est ainsi que le servit Josias en agissant de même […]. Darius, en donnant à Daniel la permission de briser les idoles […] [voir ces trois exemples : II Rois XVIII, 4 ; XXIII, 4-5 et Daniel III, 96]. Voilà comment les rois, en qualité de rois, servent Dieu : quand ils font, pour son service, ce que seuls les rois peuvent faire. » (Lettre 185 au comte Boniface, ch. V, § 19 et 20 ; P.L. 33, col. 801)

Saint Possisius de Calame (370-437)

« Comme ces hérétiques s’efforçaient, par leurs artifices, de persuader leur erreur au Saint-Siège Apostolique, les saints évêques d’Afrique, réunis en concile, résolurent de montrer, avec le plus grand soin, au saint pape de Rome, le vénérable Innocent et ensuite à saint Zozime, son successeur, combien cette secte devait être abhorrée et condamnée par la foi catholique. Ces pontifes du Siège Suprême les censurèrent à diverses reprises et les retranchèrent des membres de l’Église : par des lettres adressées aux églises d’Afrique en Occident et à celles d’Orient, ils ordonnèrent à tous les fidèles de les anathématiser et de les fuir. Ayant appris le jugement que venait de porter sur eux l’Église catholique de Dieu, le très pieux empereur Honorius, pour s’y conformer, ordonna de les ranger parmi les hérétiques condamnés par ses lois. Alors quelques-uns d’entre eux rentrèrent dans le sein de l’Église, notre mère, d’où ils étaient sortis ; d’autres y reviennent encore tous les jours, à mesure que la vérité de la vraie foi se manifeste à eux et l’emporte sur cette détestable erreur. » (Vie d’Augustin, XVIII)

Saint Célestin Ier († 432)

« Vous devez attacher plus d’importance à la foi qu’à votre royaume. Votre Clémence doit prendre plus de soin de la paix de l’Eglise que de la sécurité de ses terres. Car la prospérité s’ensuivra partout, si vous commencez par rendre à Dieu ce qui a le plus grand prix à ses yeux. » (Lettre 19 à l’empereur Théodose dans PL, 50/511)

Saint Cyrille d’Alexandrie (376-444)

Citation en latin :

« Etsi enim in universitatem rerum potestatem haberet ut Deus, propter carnis ministerium sibi datae esse ait quae ut Deus habuit. » (Commentaire sur Isaïe, III, 5, Rouet de Journel, 3044)

Saint Léon le Grand (vers 395-461)

« Le pouvoir royal vous a été donné non seulement pour gouverner le monde, mais surtout pour la protection de l’Eglise. En vous opposant aux entreprises impies, vous devez défendre le bon ordre déjà établi et rétablir la paix là où elle a été troublée. » (Lettre 156 à l’empereur Léon, PL 54, col. 1130)

Saint Félix III (vers 440-492)

« Puisque même chez les nations barbares et qui ignorent le nom de Dieu, la liberté de n’importe quelle légation est toujours considérée comme sacro-sainte par le droit des gens, même pour la mise en oeuvre d’entreprises purement humaines, chacun sait qu’à plus forte raison elle aurait dû être intégralement sauvegardée par un empereur romain et chrétien, surtout dans les affaires religieuses. […]

Mais je pense que ta piété, prête à s’assujettir à ses propres lois plutôt que de s’y opposer, devrait de même obéir aux célestes décrets, et ne pas oublier que sa suprématie sur les choses humaines ne peut s’étendre aux choses divines qu’elle doit recevoir, sans aucun doute possible, des mains des dispensateurs établis par Dieu. Je pense qu’il t’est certainement utile de laisser, au cours de ton principat, l’Eglise catholique vivre selon ses lois, et de ne permettre à personne de faire obstacle à sa liberté, à elle qui t’a rendu le pouvoir royal.

Il est sûr en effet que la prospérité de tes affaires t’impose, quand il s’agit des intérêts de Dieu, de faire effort, ainsi qu’il l’a voulu, pour soumettre ta volonté aux prêtres du Christ et ne pas la faire prévaloir sur eux : tu dois d’autre part apprendre de ceux qui y sont préposés les mystères sacrés, et non pas les enseigner ; te plier à l’organisation de l’Eglise, et non pas lui prescrire des règles d’un droit humain, ni vouloir régner sur ses décisions, elle à qui Dieu a voulu par le joug d’un religieux dévouement soumettre ta clémence. Il est à craindre en effet que par les infractions aux dispositions du ciel, on n’en vienne à mépriser celui qui en est l’auteur. » (Lettre Quoniam pietas, 1er août 484, à l’empereur Zénon)

Saint Rémi de Reims (vers 437-533)

Le Testament de Saint Rémi, dont l’authenticité indiscutable fut démontrée contre les impies au XIXè siècle par l’abbé DESSAILLY (http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6457246d) est clair :

« Nous donnons tous nos pouvoirs pour tout le Royaume de notre cher Fils spirituel Clovis, que par la grâce de Dieu vous avez converti avec toute sa Nation, par un apostolat et des miracles dignes du temps des Apôtres. »

Que le présent testament que j’ai écrit pour être gardé respectueusement intact par mes successeurs les évêques de Reims, mes frères, soit aussi défendu, protégé partout envers et contre tous par mes très chers fils les rois de France par moi consacrés au Seigneur à leur baptême, par un don gratuit de Jésus-Christ et la grâce du Saint-Esprit.

Qu’en tout et toujours il garde la perpétuité de sa force et l’inviolabilité de sa durée…

Mais par égard seulement pour cette race royale qu’avec tous mes frères et co-évêques de la Germanie, de la Gaule et la Neustrie, j’ai choisi délibérément pour régner jusqu’à la fin des temps, au sommet de la majesté royale pour l’honneur de la Sainte Eglise et la défense des humbles.

Par égard pour cette race que j’ai baptisée, que j’ai reçue dans mes bras ruisselants des eaux du baptême : cette race que j’ai marquée des sept dons du Saint-Esprit, que j’ai ointe de l’onction des rois, par le Saint Chrême du même Saint-Esprit ;

J’ai ordonné ce qui suit :

I° MALÉDICTIONS

Si un jour cette race royale que j’ai tant de fois consacrée au Seigneur, rendant le mal pour le bien, lui devenait hostile ; envahissait ses Églises, les détruisait, les dévastait :

Que le coupable soit averti une première fois par tous les évêques réunis du diocèse de Reims.

Une deuxième fois par les églises réunies de Reims et de Trêves. Une troisième fois par un tribunal de trois ou quatre archevêques des Gaules.

Si à la septième monition il persiste dans son crime, trêve à l’indulgence ! Place à la menace !

S’il est rebelle à tout, qu’il soit séparé du corps de l’Eglise, par la formule inspirée aux évêques par l’Esprit-Saint : parce qu’il a persécuté l’indigent, le pauvre, au cœur contrit ; parce qu’il ne s’est point souvenu de la miséricorde ; parce qu’il a aimé la malédiction, elle lui arrivera ; et n’a point voulu de la bénédiction, elle s’éloignera.

Et tout ce que l’Eglise à l’habitude de chanter de Judas le traitre et des mauvais évêques, que toutes les Eglises le chantent de ce roi infidèle.

Parce que le Seigneur a dit : « Tout ce que vous avez fait au plus petit des miens, c’est à Moi que vous l’avez fait, et tout ce que vous ne leur avez pas fait, c’est à Moi que vous ne l’avez pas fait.

Qu’à la malédiction finale on remplace seulement, comme il convient à la personne, le mot épiscopat par le mot royauté :

Que ses jours soient abrégés et qu’un autre reçoive sa royauté !

Si les archevêques de Reims, mes successeurs, négligent ce devoir que je leur prescris, qu’ils reçoivent pour eux la malédiction destinée au prince coupable : que leurs jours soient abrégés et qu’un autre occupe leur siège. »

II° BÉNÉDICTIONS

« Si Notre-Seigneur Jésus-Christ daigne écouter les prières que je répands tous les jours en sa présence, spécialement pour la persévérance de cette race royale, suivant mes recommandations, dans le bon gouvernement de son royaume et le respect de la hiérarchie de la Sainte Eglise de Dieu.

Qu’aux bénédictions de l’Esprit-Saint déjà répandues sur la tête royale s’ajoute la plénitude des bénédictions divines !

Que de cette race sortent des rois et des empereurs qui, confirmés dans la vérité et la justice pour le présent et pour l’avenir suivant la volonté du Seigneur pour l’extension de la Sainte Eglise, puissent régner et augmenter tous les jours leur puissance et méritent ainsi de s’asseoir sur le trône de David dans la céleste Jérusalem où ils règneront éternellement avec le Seigneur. Ainsi soit-il. »

Saint Gélase Ier (496)

« Il y a deux principes par lesquels ce monde est régi principalement : l’autorité sacrée des pontifes et le pouvoir royal ; et parmi les deux la charge des prêtres est d’autant plus lourde qu’ils doivent rendre compte devant la justice divine de ceux-là mêmes qui sont les rois.

Tu le sais en effet, fils très clément : bien que ta dignité te place au-dessus du genre humain, tu inclines cependant, par un devoir religieux, ta tête devant ceux qui sont chargés des choses divines et tu attends d’eux les moyens de te sauver ; et pour recevoir les célestes mystères et les dispenser comme il convient, tu dois, tu le sais aussi, selon la règle de la religion, te soumettre plutôt que diriger. Par conséquent, en tout cela tu dépends de leur jugement et tu ne dois pas vouloir les réduire à ta volonté.

Si en effet, pour ce qui concerne les règles de l’ordre public, les chefs religieux admettent que l’empire t’a été donné par une disposition d’en haut et obéissant eux-mêmes à tes lois, ne voulant pas, au moins dans les affaires de ce monde, paraître aller contre… une décision exclue, dans quels sentiments ne faut-il pas, je t’en prie, obéir à ceux qui sont chargés de dispenser les vénérables mystères ?

C’est pourquoi, de même qu’elle n’est pas légère, la menace qui pèse sur les pontifes qui n’ont pas parlé pour le culte de Dieu, comme ils le doivent, ainsi n’est-il pas négligeable le danger – puisse-t-il ne pas exister – encouru par ceux qui, alors qu’ils devraient obéir, méprisent. Et s’il est normal que le coeur des fidèles se soumette à tous les prêtres en général qui s’acquittent convenablement de leurs divines fonctions, combien plus l’unanimité doit-elle se faire autour du préposé à ce siège, à qui la divinité suprême a voulu donner la prééminence sur tous les prêtres et que la piété universelle de l’Eglise a dans la suite constamment célébrée ?

C’est là que ta piété se rend compte avec évidence que jamais personne sous aucun prétexte humain ne peut s’élever au-dessus de la situation privilégiée de celui que la voix du Christ a placé au-dessus de tous, que l’Eglise vénérable a toujours reconnu et tient dévotement au premier rang. Elles peuvent être empêchées par des présomptions humaines, les décisions du jugement divin, mais vaincues, elles ne sauraient l’être par aucune puissance de qui que ce soit. » (Lettre à l’empereur Anastase, année 494, Denzinger, Schönmetzer, 347)

« Que vos lois ne souffrent aucun préjudice, n’admettez pas que le nom de Rome subisse quelque dommage. Non seulement vous désirez les bienfaits du Christ pour ici-bas, mais vous désirez encore ceux de l’au-delà. Mais alors, comment pourriez-vous, prince illustre, tolérer que la religion, la vérité et la pureté de la communion et de la foi catholique endurent quelque diminution ? Comment prétendriez-vous, je vous le demande, recevoir la récompense future si vous ne préservez l’Eglise des embûches d’ici-bas ? » (Ibid. PL, 59/43)

Saint Symmaque (vers 450-514)

« Comparons donc la dignité de l’empereur avec celle du pontife : elles diffèrent dans la mesure même où le premier a la charge des choses humaines, l’autre de celles de Dieu. Toi, l’empereur, c’est par le pontife que tu es baptisé, c’est de sa main que tu communies, ce sont ses prières que tu implores, sa bénédiction que tu espères, c’est à lui que tu demandes ta pénitence. En somme, toi, tu as l’administration des choses humaines, et il te fait participer, lui, aux dons de Dieu. De sorte que sa dignité est au moins égale, pour ne pas dire supérieure. …

Que le monde assiste à cette instance, sous le regard de Dieu et de ses anges ; oui, soyons en spectacle à tout ce siècle, en sorte que les prêtres trouvent là l’exemple d’une vie sans reproche et les empereurs, celui d’une pieuse modération. C’est en effet surtout à nos deux fonctions que ressortit l’administration du genre humain, et il ne devrait rien se trouver en elles qui pût offenser la divinité, d’autant plus que les deux dignités semblent devoir être perpétuelles et qu’ainsi l’on doit trouver des deux côtés sollicitude pour le genre humain.

Je t’en prie, ô empereur, souviens-toi que tu es un homme, de façon à pouvoir user de ce pouvoir qui t’a été concédé par Dieu ; en effet bien que cela soit advenu selon le jugement des hommes, il faut cependant que cela soit examiné selon le jugement de Dieu.

Peut-être vas-tu dire qu’il est écrit que nous devons être soumis à tout pouvoir (voir Tite III, 1). Mais pour nous,nous reconnaissons, en les mettant à leur place, les autorités humaines, tant qu’elles ne dressent pas leur volonté contre Dieu. D’ailleurs, si tout pouvoir vient de Dieu, c’est plus vrai encore de celui qui s’est vu assigner la charge des affaires divines. Respecte Dieu en nous et nous, nous respectons Dieu en toi. » (Lettre Ad augustae memoriae à l’empereur Anastase Ier, entre 506 et 512)

Saint Hormisdas (450-523)

« Comme me le laisse entendre vos illustres paroles, Votre Clémence a bien lieu d’espérer la prospérité toute particulière de son royaume, si les intérêts de la foi catholique passent avant tout le reste. Car celui qui a reçu la charge du gouvernement terrestre ne peut ne peut pas nourrir un dessein plus salutaire que lorsqu’il s’efforce par ses bonnes œuvres de se concilier la faveur de Celui qui donne et dirige le pouvoir ici-bas. » (Lettre 4 à l’empereur Anastase dans PL, 63/43)

Saint Isidore de Séville (560 et 570-)

« les puissants du siècle […] sont tenus par le lien de la foi à prêcher la foi du Christ par leurs lois. » (P.L., t. 83, col. 123)

Saint Grégoire le Grand (vers 540-604)

« L’autorité suprême a été confiée par Dieu aux empereurs pour qu’ils aident leurs sujets dans la recherche du bien et qu’ils leur ouvrent plus large la voie du ciel, de telle sorte que le royaume terrestre soit au service du royaume céleste. » (Lettre à Maurice Auguste, PL 77, col. 663)

« Il y a des hérétiques qui nient la divinité de Notre Seigneur, d’autres qui nient l’humanité de Notre Seigneur, et d’autres encore qui nient la royauté de Notre-Seigneur Jésus-Christ. » (Homélie X sur les péricopes évangéliques, 6)

Saint Agathon (574-681)

« Aucun autre motif plus approprié ne saurait recommander à la divine majesté votre force absolument invincible : combattez ceux qui se sont écartés de la règle de la vérité, faites connaître et proclamez partout l’intégrité de notre foi évangélique et apostolique. » (Lettre I Consideranti mihi aux empereurs, 27 mars 680, dans PL, 87, 1212)

IIIè concile de Constantinople (680-681)

Au moment du IIIè concile de Constantinople (680-681), ce pape envoya deux lettres aux empereurs Constantin IV Pogonat de Constantinople, Héraclius et Tibère. La deuxième est signée des cent vingt-cinq évêques d’un concile tenu à Rome. En voici les extraits intéressant pour le cas qui nous occupe :

« Que Votre Clémence considère donc cet avertissement de Notre-Seigneur et Sauveur, l’auteur de notre foi : en promettant à saint Pierre que sa foi ne défaillirait pas, il l’engagea à confirmer ses frères. Tout le monde sait bien que les pontifes du siège apostolique, ceux qui ont précédé mon humble personne, ont réalisé cette tache sans douter de cette parole. » (Lettre 1 aux empereurs, PL, 87/1168-1169)

Puis :

« Saint Pierre a reçu du Rédempteur lui-même par une triple recommandation qui lui en a été faite, la charge de paître les brebis spirituelles qui composent son Eglise ; et c’est grâce à l’appui qu’il continue de lui prêter, que cette Eglise apostolique n’a jamais déviée par une erreur quelconque de la voie de la vérité ; aussi, de tout temps, toute l’Eglise catholique et les conciles généraux ont-ils fidèlement adhéré à son autorité comme à celle du prince de tous les apôtres, s’attachant à la suivre en tout, et tous les saints Père en ont embrassé et soutenu avec zèle la doctrine comme venant des apôtres […] Que votre auguste clémence veuille donc bien considérer que le maître et le Sauveur de tous, qui est l’auteur de la foi, et qui a promis que la foi de Pierre ne défaillira jamais, l’a averti d’affermir ses frères : charge dont se sont acquittés en toute circonstance avec courage, comme tout le monde le sait, les pontifes apostoliques mes glorieux prédécesseurs ; et quoique bien inférieur à leurs mérites je veux, puisque la grâce divine m’a appelé à leur succéder, m’acquitter à leur exemple de ce même ministère. » (Lettre 1 aux empereurs, 27 mars 680, PL, 87/1168-1169 ; LABBE, Sacrosancta concilia, t. VI, col. 635 et 636 et MANSI, Sacrorum Conciliorum nova et amplissima collectio, t. XI, col. 234 et suivants)

Et dans la seconde :

« Nous croyons que Dieu fera à votre trône, qu’il a élevé lui-même, la faveur si rare, et qui est le privilège du très-petit nombre, d’être le moyen dont il se servira pour faire briller aux yeux de tous la lumière de la foi catholique et apostolique, qui, ayant pour principe la source même de la vraie lumière dont elle est comme le rayon, nous a été transmise par le ministère des princes des apôtres saint Pierre et saint Paul, et par les hommes apostoliques leurs disciples et leurs successeurs, et est parvenue ainsi intacte, grâce au secours divin, jusqu’à notre médiocrité, sans que les ténèbres des hérésies aient pu l’obscurcir, sans qu’aucune erreur ait pu l’altérer, et Dieu veuille bénir les efforts que fait votre autorité providentielle pour la conserver toujours inaltérable ! Tel a été aussi l’objet constant de la sollicitude du siège apostolique, et de tant de pontifes auxquels nous succédons malgré notre indignité. » (Lettre 3 aux empereurs, PL, 87, 1217 et 1220 ; LABBE, Sacrosancta concilia, t. VI, col. 679-682)

Le pape évoque « les pontifes apostoliques mes glorieux prédécesseurs » comme s’étant « acquittés en toute circonstance avec courage, comme tout le monde le sait » à affermir leurs frères selon les paroles du Sauveur. Il est enfin question de la saine doctrine « parvenue ainsi intacte, grâce au secours divin, jusqu’à [saint Agathon], sans que les ténèbres des hérésies aient pu l’obscurcir, sans qu’aucune erreur ait pu l’altérer ». Aussi si tous se sont acquittés de cette tache, cela signifie qu’aucun n’a failli. C’est ce que cela signifie. Cela implique que toutes les sentences Papales précédentes sur l’union de l’Eglise et de l’Etat, à savoir celles de saint Damase, saint Célestin Ier, saint Léon le Grand, saint Félix III, saint Gélase Ier, saint Symmaque, saint Hormisdas, saint Grégoire le Grand et saint Agathon, sont infaillibles. Et le concile confirma ces lettres comme actes du concile.

En effet, ces lettres de saint Agathon fut intégrée dans les actes du IIIè concile de Constantinople (680-681). En effet, le 15 novembre 680, lors de la 4è session de ce concile réunissant surtout des évêques Orientaux, une lecture fut donnée de la première lettre (PL, 87/1168-1169 et MANSI, 11/239-254). Puis, lors de la 18è session, le 16 septembre 681, ce fut au tour de la seconde lettre lue en public et les Pères du concile l’approuvèrent et l’insérèrent dans les actes du concile. Ils déclarèrent :

« C’est le souverain prince des apôtres qui a agi de concert avec nous. Nous avons eu, pour nous aider, le pape qui dans ses lettres déclare le mystère de la vérité divine et sacrée. Rome, cette ville antique, nous a transmis la profession de foi que Dieu avait dictée à saint Pierre. La feuille sur laquelle fut inscrit le dogme a honoré la fin de ce jour ; sur cette feuille on voyait de l’encre, mais c’est réalité c’est saint Pierre qui parlait au travers du pape Agathon. […] C’est à toi, évêque du premier siège de l’Eglise universelle, que nous nous abandonnons pour savoir ce que nous devons faire, puisque tu es établi sur le ferme rocher de la foi. […] Tous unis sous l’inspiration du Saint Esprit, tous d’accord et tous du même avis, acquiesçant tous aux lettres de Notre Très Saint Père et Souverain pontife le pape Agathon a envoyées à Votre Puissance [ndlr : les empereurs], reconnaissant la sainte décision du concile qui dépend de lui et qui rassemble cent-vingt-cinq prélats, etc. » (MANSI, 11/666, 684 et 686)

2 commentaires sur “L’union de l’Eglise et de l’Etat : ce qu’enseignent les Pères de l’Eglise

  1. Carlito
    3 novembre 2019

    Merci encore pour ce magnifique article qui nourrit en profondeur ma Foi….
    Soyez bénit pour tous ce saint travail que vous faites.

  2. Pingback: Réfutations des erreurs doctrinales des chrétiens anti-catholiques | +†+Yesus Kristus azu+†+

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Cette entrée a été publiée le 31 octobre 2019 par dans Foi Catholique.
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