+†+Yesus Kristus azu+†+

« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

Un Papiste nommé saint Augustin

Dossier sur la Papauté :ici

On entend parfois, sous divers motifs qu’il sera inutile d’exposer ici, des non-catholiques affirmer que saint Augustin enseignait une doctrine contraire à la Papauté ! Il s’agit d’une erreur complète que nous allons immédiatement dissiper.

Voici le plan de notre étude :

I) Les propos de saint Augustin seul

II) Les conciles de Carthage (juin 416) et de Milève (septembre 416) présidés par saint Augustin

A) Les lettres de ces deux conciles au Pape saint Innocent Ier

B) Les réponses du Pape saint Innocent Ier contenant la doctrine de la Papauté

C) Saint Augustin fait entièrement sienne la doctrine de ces lettres

III) Le Concile général de l’Eglise Africaine (419) auquel saint Augustin participa

IV) Saint Augustin approuve la doctrine de saint Ambroise et saint Optat

A) Les éloges de saint Augustin à saint Ambroise et saint Optat

B) Le Papisme de saint Ambroise

C) Le Papisme de saint Optat

V) Ce que rapporte Saint Possidius de Calame, biographe de saint Augustin

I) Les propos de saint Augustin seul

Tout ce qu’Augustin affirme au sujet de Saint Pierre, il l’affirme de la même manière des évêques de Rome, en atteste sa Lettre LIII adressée à Generosus écrite en 400. Générosus était un catholique de Constantine, honoré de l’amitié de saint Augustin. Un prêtre donatiste lui ayant adressé une lettre en faveur du schisme et où il se vantait d’avoir reçu les communications d’un ange, Générosus envoya cette lettre à saint Augustin; notre saint, tant en son nom qu’au nom de ses vénérables collègues, écrivit la réponse suivante, moins pour éclairer Générosus dont la piété lui était connue, que pour rappeler les faits et les témoignages des Ecritures au prêtre égaré. Dans cette lettre, Augustin prit l’exemple de la succession des évêques de Rome et d’aucune autre Église pour prouver que les donatistes étaient dans l’erreur: il dressa la liste des trente-neuf évêques de Rome depuis saint Pierre jusqu’à Anastase (le pape de l’époque) et affirma d’une part qu’aucun d’entre eux n’avaient tenue la doctrine donatiste et d’autre part que cela prouvait la fausseté du donatisme car ils enseignent la vérité en raison de la promesse faite à Saint Pierre par le Christ en Matthieu XVI, 18 :

« Si l’on doit avoir égard à la suite et à la succession des évêques. Combien n’y a-t-il pas plus de sûreté et d’avantages à s’en tenir à celle qui remonte jusqu’à Pierre, à qui le Seigneur a dit, comme au représentant de l’Eglise tout entière : Sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle. Or, c’est à Pierre que Lin a succédé ; comme c’est à Lin qu’a succédé ensuite Clément ; puis à Clément, Anaclet, etc. ; A Damase, Sirice ; à Sirice, Anastase. Dans cet ordre de succession ne se trouve aucun évêque donatiste. Et quand même dans cette suite d’évêque qui de Pierre redescendent jusqu’à Anastase, le même qui occupe ce siège aujourd’hui, il se serait glissé dans les temps de persécution quelque traditeur, cela ne préjudicierait en rien à l’Eglise elle-même, ni à tout ce qu’il y aurait eu de chrétiens innocents de ce crime, puisque le Seigneur nous a dit d’avance pour nous mettre en garde contre les mauvais pasteurs : Faites ce qu’ils disent, mais ne faites pas ce qu’ils font ; car ils disent et ne font pas. Voilà ce qui assure l’espérance des fidèles et ce qui fait que, se confiant non dans les hommes, mais dans le Seigneur, ils ne sont point exposés à faire naufrage dans la tempête que soulève un schisme sacrilège. » (Lettre 165 alias 53 à Generosus, II)

Voici quelques autres mots de saint Augustin sur le Siège de Saint Pierre, son grade, son Église, son Évêque, sa dignité, car, comme le dit saint François de Sales,  » tout cela revient en un » :

« Revenez, mes frères, si vous voulez être entés sur la vigne. Nous sommes saisis de douleur quand nous vous voyons gisants et sans vie. Comptez les pontifes qui se sont succédé sur la chaire de Pierre, Et voyez si cette succession ne prouve pas une intervention divine et constante. C’est bien là le rocher que n’ébranleront jamais les portes orgueilleuses de l’enfer [Matthieu XVI, 18]. » (Psaume abécédaire contre le parti de Donat, XVIII, voir aussi dans PL, 43/30)

« De plus, Carthage est voisine des régions d’outre-mer, et le monde entier connaît son nom; aussi l’autorité de son évêque n’est pas petite, et il pouvait ne pas prendre souci de la multitude de ceux qui conspiraient contre lui, en se voyant uni de communion avec l’Eglise de Rome où la chaire apostolique a toujours gardé sa forte primauté » (Lettre 43, n°7)

« Je passe d’abord sous silence cette sagesse sincère et véritable dont la connaissance n’est possible en cette vie qu’à un petit nombre d’hommes spirituels ; les autres n’en connaissent que les éléments les plus simples, mais du moins cette connaissance n’est accompagnée d’aucune hésitation ; ce qui leur donne cette heureuse assurance, ce n’est pas, la vivacité de leur compréhension, mais la simplicité de leur foi. Je garderai donc le silence sur cette sagesse, dont vous niez la présence dans l’Eglise catholique ; j’y consens d’autant plus volontiers que je trouve assez d’autres garanties qui me retiennent dans son sein. Ce qui me frappe d’abord, c’est le consentement unanime des nations et des peuples; c’est le spectacle d’une autorité engendrée par les miracles, nourrie par l’espérance, augmentée par la charité, affermie par la durée. Ce qui, me frappe encore, c’est la chaire de Pierre à qui le Seigneur, après la résurrection, a confié le soin de paître ses brebis, c’est aussi cette imposante succession du sacerdoce, couronnée par l’épiscopat qui découle directement du pontificat lui-même.» (Réfutation de l’épître manichéenne appelée Fondamentale, IV)

« Vous disiez tout à l’heure que nous connaissons la loi et que nous parlons légalité, mais que nos oeuvres nous font rougir ». Vous le dites, mais où sont vos preuves? et dussiez-vous en fournir contre quelques rares exceptions, les autres défient toutes vos calomnies. Et puis, lors même que tous les catholiques de l’univers seraient tels que vous les représentez, qu’avez-vous à dire contre la chaire de l’Eglise romaine sur laquelle s’est assis saint Pierre et sur laquelle siège Anastase ; ou contre la chaire de l’Eglise de Jérusalem, sur laquelle saint Jacques s’est assis et sur laquelle siège l’évêque Jean ? Or, c’est avec Anastase et avec Jean que nous sommes unis dans les liens de cette unité dont vous vous êtes séparés avec une fureur sacrilège. Pourquoi appelez-vous  « chaire de pestilence » la chaire apostolique ? Est-ce à cause de ces hommes que vous accusez de citer la loi et de ne pas l’accomplir ? Mais souvenez-vous donc que le Sauveur n’a jamais insulté la chaire de Moïse, quoiqu’elle, fût alors occupée par ces pharisiens « qui enseignent et ne font pas ». Il entoura cette chaire de tous les honneurs, tout en condamnant ceux qui l’occupaient. Ecoutez-le : « Ils siègent sur la chaire de Moïse; faites ce a qu’ils vous disent, mais ne faites pas ce qu’ils font, car ils disent et ne font pas [Matthieu XXIII, 2-3] ». Si vous pesiez sérieusement ces paroles, vous ne trouveriez pas dans certains hommes que vous incriminez, l’occasion de blasphémer contre la chaire apostolique, à laquelle vous n’appartenez pas. Votre conduite est donc réellement celle d’adversaires qui ne savent pas ce qu’ils veulent dire et qui ne peuvent qu’insulter et calomnier. » (Contre les lettres du donatiste Pétilien, II, 118)

« Voilà ce qu’a fait la divine Providence au moyen des prédictions des prophètes, de l’humanité et de la doctrine du Christ, des voyages des Apôtres, des outrages, des tortures, du sang et de la mort des martyrs, au moyen de la vie admirable des saints, et, au milieu de tout cela, à l’aide des miracles dignes d’accompagner tant de grandes actions et de vertus, selon que les temps le demandaient. A la vue de cette protection puissante du ciel et des beaux résultats qu’elle a produits, hésiterons-nous à nous réfugier dans le sein de cette Eglise, qui s’est fait reconnaître du genre humain tout entier par une constante succession d’évêques, à commencer par le Siège apostolique, malgré les aboiements de l’hérésie condamnée soit par le jugement du peuple lui-même, soit par l’autorité des conciles, soit enfin par la majesté des miracles? A cette Eglise revêtue d’une autorité sans égale, ne pas vouloir donner le premier rang, c’est certainement une impiété extrême, une téméraire arrogance. Car, s’il n’est point de voie qui mène plus sûrement à la sagesse et au salut que de plier sa raison à la foi, n’est-ce pas de l’ingratitude envers un Dieu secourable et bienfaisant, que de vouloir résister à une autorité qui se recommande par des motifs si puissants ? Et si toute science, quelque peu importante, quelque facile qu’elle soit, exige les leçons d’un maître pour être comprise, n’estce pas le comble de la témérité et de l’orgueil, quand il s’agit de livres remplis d’enseignements divins, de se refuser à entendre leurs interprètes, et de vouloir les condamner sans les connaître ? » (De l’utilité de la foi, XVII)

« Carthage était une ville rapprochée des pays transmarins, célèbre par son ancienne gloire : ce qui ne donnait pas peu d’autorité à son évêque qui pouvait bien ne pas se mettre en peine de la conspiration de ses ennemis, lorsqu’il se voyait uni par les lettres de communion avec l’Eglise romaine, dans laquelle a toujours résidé la principauté de la chaire apostolique, et avec les autres pays d’où l’Evangile a pénétré en Afrique, et où il était tout prêt à plaider sa cause, si ses adversaires cherchaient à tourner ces Eglises contre lui. » (Lettre 162 alias 43 aux évêques donatistes, chapitre 3, n°7 ; Cf. Opera S. Augustini, t. II, p. 136, édit. de Gaume ; p. 90, édit. de Montfaucon ou PL, 33/163)

II) Les conciles de Carthage (juin 416) et de Milève (septembre 416) présidés par saint Augustin

Saint Augustin présida également les conciles de Carthage (juin 416) et de Milève (septembre 416). Les Pères de ces deux conciles et lui-même, demandèrent a l’évêque de Rome, saint Innocent Ier de confirmer leur décisions.

A) Les lettres de ces deux conciles au Pape saint Innocent Ier

Voici la lettre du concile de Carthage :

« Nous avons cru, vénérable frère, devoir porter cet acte à la connaissance de votre charité, afin que vous confirmiez par l’autorité du siège apostolique les décisions de notre médiocrité pour mettre à couvert le salut d’un grand nombre, et corriger au besoin la perversité de quelques-uns.  […] Quand même donc Pélage paraîtrait à votre sainteté avoir été justement absous par certains actes qu’on dit être des évêques d’orient, son erreur et son impiété, qui compte en divers pays tant de partisans, n’en devrait pas moins être anathématisée par l’autorité du siège apostolique. » (Lettre 90 (175) au pontife romain Innocent, Opera S. Augustini, t. II, col. 923 et 925, édit. de Gaume ; col. 617 et 619, édit. de Montfaucon)

Et la lettre que les Pères du concile de Milève et lui adressèrent au même Pape :

« Puisque le Seigneur, par un bienfait signalé de sa grâce, vous a élevé sur le siège apostolique, et vous a placé dans un poste tel, qu’il y aurait négligence de notre part à ne pas déférer à votre révérence ce que les besoins de l’Eglise demandent de nous, sans que nous puissions avoir à craindre que notre démarche soit, ou dédaigneusement repoussée, ou froidement accueillie de vous ; nous vous prions d’apporter votre soin pastoral à la guérison de membres infirmes. Car une hérésie nouvelle et excessivement pernicieuse cherche à s’élever pour anéantir la grâce du Christ. » (Lettre 92 alias 176, Cf. Opera S. Augustini, t. II, col. 927, édit. de Gaume ; col. 620, édit. de Montfaucon)

B) Les réponses du Pape saint Innocent Ier contenant la doctrine de la Papauté

Saint Innocent Ier (mort en 417) adressa ses réponses à ces deux conciles dans deux lettres datées du même jour, le 27 janvier 417.

Il fit d’abord la réponse suivante aux Pères du concile de Carthage, dans laquelle il assimila l’Église de la ville de Rome à une source pure de toute souillure hérétique, qui vivifiait les églises locales :

« Voilà ce que vous avez estimé dans la vigilance de votre office sacerdotal, à savoir qu’on ne doit pas fouler aux pieds les ordonnances des Pères; car ceux-ci, dans une pensée plus divine qu’humaine, avaient décrété que n’importe quelle affaire à traiter, fût-ce des provinces les plus éloignées et les plus retirées, ne serait pas considérée comme finie avant d’avoir été portée à la connaissance de ce Siège, pour qu’il confirmât de toute son autorité les justes sentences et que les autres églises – comme les eaux qui jaillissent de leur source originelle et qui s’écoulent dans toutes les régions du monde par de purs ruisseaux venus de la source non corrompue – reçoivent de lui ce qu’elles prescriront et sachent qui elles doivent purifier et qui, souillé d’une fange ineffaçable, ne recevra pas l’eau digne des corps purs » (Lettre In requirendis du 27 janvier 417 aux évêques du concile de Carthage, chapitre I (Dz. 217) ; citée dans la lettre 181 (alias 191) de SAINT AUGUSTIN – PL, 33 / 780)

Ainsi que cette réponse à ceux du concile de Milève :

« Je loue la diligence que vous avez apportée à rendre hommage au siège apostolique, je veux dire au siège de celui qui, sans compter les embarras qui peuvent lui survenir d’ailleurs, est chargé du soin de toutes les Eglises, en nous consultant sur le parti que vous pouvez avoir à prendre dans vos doutes, vous conformant ainsi à l’antique règle que vous savez aussi bien que moi avoir toujours été observée par tout l’univers. Mais je me tais là-dessus, persuadé que vous en êtes d’avance parfaitement instruits, puisque vous l’avez reconnu par votre conduite même, sachant bien que le siège apostolique ne manque jamais de répondre aux consultations qui lui viennent de toutes les parties de l’univers. Mais surtout s’il s’agit de ce qui intéresse la foi, tous nos frères ou nos collègues dans l’épiscopat se font, comme je n’en doute pas, un devoir d’en référer à Pierre, ou à celui de qui il tient son nom et son privilège, ainsi que vous l’avez fait vous-mêmes pour obtenir une décision qui puisse, dans le monde entier, servir en commun à toutes les Eglises. Elles doivent en effet devenir plus prudentes, lorsqu’elles voient que, selon la relation du double synode, les inventeurs du mal sont séparés de la communion de par les déterminations de notre jugement. » (Lettre aux Pères du concile de Milève, Inter epistolas du 27 janvier 417, chapitre II (Dz 218), citée par saint Augustin, lettre 182 (alias 193), PL, 33 / 784 ; S. Augustini, Opera S. Augustini, t. II, col. 934, édit. de Gaume ; col. 638, édit. de Montfaucon)

C) Saint Augustin fait entièrement sienne la doctrine de ces lettres

Et nous ne pouvons que constater que saint Augustin fait entièrement siennes ces deux sentences papales ! En effet, lorsque dans sa Lettre à Paulin, saint Augustin rapporte ces actes, il recommande les réponses que le pape Innocent Ier donna par écrit, en ajoutant :

« Sur tous ces points, le pape nous a donné réponse par écrit, exactement comme le requérait le droit et comme il convenait au pontife du Siège apostolique » (Lettre 186 (alias 106), § 2 – PL, 33 / 817).

Et dans un célèbre sermon :

« Réfutez leurs contradictions, amenez-nous les quand ils résistent. Déjà effectivement on a envoyé sur ce sujet les actes de deux Conciles au Siège Apostolique, dont on a aussi reçu les réponses. La cause est finie; puisse ainsi finir l’erreur ! Aussi les avertissons-nous de rentrer en eux-mêmes; nous prêchons pour leur faire connaître la vérité et nous prions pour obtenir leur changement. » (Sermon 131, 10)

C’est d’ailleurs des mots « Siège Apostolique, dont on a aussi reçu les réponses. La cause est finie » que fut tirée le célébrissime adage : « Roma locuta, causa finita est » : « Rome a parlé, la cause est entendue » !

III) Le Concile général de l’Eglise Africaine (419) auquel saint Augustin participa

Ce concile rassembla 217 évêques d’Afrique du Nord, dont saint Augustin. Ses canons furent inscrits dans le Codex canonum Ecclesiae africanae. Il envoya ses canons à Rome pour être confirmés :

« [Après avoir dresser le canon biblique avec les deutérocanoniques : ] Que ceci soit envoyé à notre frère et collègue évêque, [le pape] Boniface, et aux autres évêques de ces parties, qu’ils puissent confirmer ce canon, de ceci sont les choses que nous avons reçues de nos pères à lire à l’église » (Canon 24)

IV) Saint Augustin approuve la doctrine de saint Ambroise et saint Optat

A) Les éloges de saint Augustin à saint Ambroise et saint Optat

Saint Augustin parlait en ces termes de saint Ambroise et saint Optat :

« Mais c’est là ce qu’ils doivent me prouver par les livres canoniques des divines Ecritures. Quand nous disons que nous faisons partie de l’Eglise du Christ, nous n’alléguons point pour preuve que notre Eglise a pour elle les suffrages d’Optat de Milève ou d’Ambroise de Milan, ou de tant d’autres évêques de notre communion; ni qu’elle a été reconnue par les conciles de nos collègues. » (Lettre aux catholiques contre les donatistes ou Traité de l’Unité de l’Eglise, XIX, 50, PL tome 43, colonne 430)

« Qu’ils lisent, s’ils le veulent, les récits d’Optat de Milève, évêque catholique, de sainte mémoire, et les documents si pleins d’intérêt qu’il nous a laissés. » (Réfutation d’un écrit de Parménien, I, 5, PL tome 43, colection 37)

« N’est-ce pas là ce qu’ont fait nos plus illustres modèles ? Pour ne rien diredes vivants, ne voyons-nous pas de combien d’or, d’argent, de vêtements précieux, sesont chargés en sortant de l’Egypte, et Cyprien, cet éloquent docteur et cet heureuxmartyr, et Lactance, et Victorin, et Optat, et Hilaire et une foule d’autres parmi les Grecs ? » (De la doctrine chrétienne, II, 40, 61, PL tome 39, colonne 63)

B) Le Papisme de saint Ambroise

Saint Ambroise montre que l’on doit identifier les véritables catholiques en se basant sur un seul indice, celui qui nous est donné avec le siège de saint Pierre, c’est-à-dire avec la communion de l’Église de Rome. Voici en effet ce qu’il écrit au sujet de son frère Satyre, qui échappa à un naufrage alors qu’il était encore catéchumène et voulut recevoir sans tarder le baptême, mais uniquement d’un évêque catholique. Il donne en exemple et examine comment son frère a fait preuve de prudence et de sagesse lorsqu’il demandait dans les diverses régions de l’étranger s’il y avait un évêque catholique, c’est-à-dire un évêque qui fît partie de l’Église de Rome :

« Il fit venir à lui l’évêque de l’endroit, ne croyant pas qu’il y eût de véritable grâce en dehors de celle de la vraie foi. Il lui demanda s’il était en communion avec les évêques catholiques c’est-à-dire avec l’Église de Rome, et peut-être le schisme avait-il alors ses adhérents dans cette contrée : car c’était le temps où Lucifer s’était séparé de notre Eglise. » (Sur la mort de son frère Satyre, Livre 1, n° 47 dans PL, 16/1306.)

Et pourquoi parlait-il de l’Église de Rome, et non de celle de Jérusalem, d’Antioche ou de Constantinople, sinon parce que c’est l’Église de Rome qui se retrouve sans aucun doute comme leur tête dans toutes les églises catholiques ? Parce qu’il s’agit du « Siège de Pierre »:

« ceux qui n’ont pas au milieu d’eux le siège de Pierre, qui le déchirent par un schisme impie, n’ont pas de part à l’héritage de Pierre » (De la pénitence, I, 7)

Et on pourra trouver un critère de discernement semblable dans ce que saint Jérôme écrit au pape saint Damase :

« Pour ma part, je répète incessamment en criant : si quelqu’un est uni à la chaire de Pierre, il est avec moi. » (lettre 16 à Damase)

Il veut « suivre l’Eglise romaine » :

« Nous n’ignorons pas que cette coutume de laver les pieds n’est pas suivie par l’Eglise de Rome, que nous aimons du reste à prendre en tout pour modèle. Voyez si ce ne serait pas à cause du grand nombre des fidèles qu’elle n’a pas adopté cet usage. Je n’ai rien tant à cœur que de suivre en toutes choses l’Eglise romaine. » (Des Sacrements, livre III, chapitre 1)

En 381, saint Ambroise et les Pères du concile d’Aquilée dans leur lettre adressée aux empereurs :

« Il nous fallait supplier Votre Clémence, de ne pas souffrir que la tête de tout l’univers romain, l’église de Rome, fût en proie au trouble. Car cette église est la source à laquelle tous puisent les liens de justice, qui constituent la communion sacrée. » (Lettre XI à l’empereur Gratien, 4)

C) Le Papisme de saint Optat

« tous conservent l’unité dans l’unique chaire de saint Pierre. » (Contre les donatistes, Contre Parménien, livre 2, n°&, PL, 11/947)

« Nous prouvons que l’Église catholique est celle qui est répandue dans tout l’univers. Il s’agit maintenant d’énumérer ses privilèges, et de voir où ils se trouvent dans leur nombre de cinq ou de six, comme vous le dites. Le premier de ces privilèges, c’est de posséder une chaire qu’occupe un évêque, qui soit comme l’anneau sans lequel il n’y aurait pas lieu d’y joindre d’autres propriétés ; et il s’agit par conséquent de voir quel est l’évêque qui a siégé le premier, et où il a fixé son siège. Apprenez-le, si vous l’ignorez encore ; rougissez, si vous ne l’ignorez pas. On ne peut supposer que vous l’ignoriez ; il reste donc à dire que vous le savez. Errer avec connaissance de cause, c’est ce qui fait le crime. Car pour ce qui est de l’ignorance, elle est quelquefois excusable. Vous ne sauriez donc nier, sous prétexte d’ignorance, qu’à Rome Pierre ait le premier occupé la chaire épiscopale ; Pierre, le chef de tous les apôtres, et appelé pour cette raison Céphas [Ici saint Optat commet assez visiblement une erreur d’étymologie : le mot Cephas ne vient pas, comme il semble le croire, du mot grec κεφαλη, tête ou chef ; mais c’est un mot syriaque qui signifie la même chose que pierre ou rocher : « Tu vocaberis Cephas, quod interpretatur Petrus » (Jean, I, 42). Au reste, le mot grec κεφαλη peut avoir lui-même pour étymologie le mot syriaque כיפא]. C’est cette chaire qui doit être pour tout le monde le centre de l’unité, et à laquelle les autres apôtres n’ont jamais pu avoir la pensée d’opposer leurs chaires particulières ; en sorte que ce serait commettre ce crime de schisme, que d’élever aujourd’hui une autre chaire en opposition avec celle-là. Donc cette chaire unique, première des propriétés de l’Eglise, a été occupée par Pierre le premier. A Pierre a succédé Lin ; à Lin a succédé Clément ; à Clément Anaclet ; etc. ; à Jules, Libère ; à Libère Damase ; et à Damase, Sirice, qui est aujourd’hui notre collègue, et avec lequel tout l’univers, en même temps que nous-même, est en société de communion par le commerce des lettres formées [On trouvera dans le Protestantisme et la règle de foi du P. Perrone, t, II, p. 116-578 et suiv. (trad. franc.) ce qu’on doit entendre par lettres formées]. Vous, à votre tour, dites quelle est l’origine de votre chaire épiscopale, vous, qui vous attribuez les privilèges de la vraie Eglise. » (Contre les donatistes, Contre Parménien, livre II, 2-3).

Juste après avoir donné la liste des évêques de Rome, démontre que les schismatiques sont en dehors de l’Église catholique en donnant pour preuve qu’aucun de leurs évêques n’est en communion avec la chaire de Rome et il conclut ainsi :

« Cette chaire est le premier de tous les dons du Christ, et comme nous l’avons prouvé c’est saint Pierre qui nous l’a communiqué. » (Livre 2, chapitre 6 dans PL, 11/958)

« Et cette chaire de saint Pierre qui nous a été donnée est le principe grâce auquel nous parviennent tous les autres dons. » (Livre 2, chapitre 9 dans PL, 11/962.)

Dans ce passage, saint Optat entend désigner avec cette prérogative de la chaire la note d’apostolicité, qui se trouve chez tous ceux qui sont en communion avec cette chaire, où réside la source et l’origine du pouvoir apostolique.

« Pour le bien de l’unité, le béni Pierre, pour qui il aura suffi que, après son reniement, il n’eût obtenu que le pardon, pour mériter d’être préféré à tous les Apôtres, et seul il a reçu les clefs du Royaume des Cieux pour les communiquer aux autres. » (Contre les donatistes, Contre Parménien, VII, 3)

V) Ce que rapporte Saint Possidius de Calame, biographe de saint Augustin

Saint Possidius de Calame (vers 397-vers 437), biographe contemporain de saint Augustin rapporte lui aussi ce recours des conciles d’Afrique du Nord à Rome pour être confirmés :

« Comme ces hérétiques s’efforçaient, par leurs artifices, de persuader leur erreur au Saint-Siège Apostolique, les saints évêques d’Afrique, réunis en concile, résolurent de montrer, avec le plus grand soin, au saint pape de Rome, le vénérable Innocent et ensuite à saint Zozime, son successeur, combien cette secte devait être abhorrée et condamnée par la foi catholique. Ces pontifes du Siège Suprême les censurèrent à diverses reprises et les retranchèrent des membres de l’Église : par des lettres adressées aux églises d’Afrique en Occident et à celles d’Orient, ils ordonnèrent à tous les fidèles de les anathématiser et de les fuir. Ayant appris le jugement que venait de porter sur eux l’Église catholique de Dieu, le très pieux empereur Honorius, pour s’y conformer, ordonna de les ranger parmi les hérétiques condamnés par ses lois. Alors quelques-uns d’entre eux rentrèrent dans le sein de l’Église, notre mère, d’où ils étaient sortis ; d’autres y reviennent encore tous les jours, à mesure que la vérité de la vraie foi se manifeste à eux et l’emporte sur cette détestable erreur. » (Vie d’Augustin, XVIII)

 

 

 

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Cette entrée a été publiée le 9 juillet 2019 par dans Foi Catholique.
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