+†+Yesus Kristus azu+†+

« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

Grâce incréée et grâce créée

La Tradition catholique distingue la Grâce incréée et la grâce créée. Toutefois, cette distinction n’est pas acceptée par la tradition orthodoxe selon laquelle, lorsqu’on parle de « grâce », on désigne, de facto, une réalité incréée.

Selon la tradition orthodoxe, le mot « grâce » invoque une réalité incréée. Plus, la tradition orthodoxe fait cette distinction entre, d’une part, l’Essence de Dieu – elle est imparticipable et inaccessible à toute créature – et, d’autre part, les énergies divines, c’est-à-dire le « rayonnement » de l’essence divine – qui, quant à elles, sont participables par la créature. A la question de savoir ce qu’est le Bonheur, la béatitude ultime de l’homme, la tradition orthodoxe répondra qu’elle réside dans la vision des énergies divines par l’homme. Ce dernier ne verra donc pas Dieu dans son Essence. Mais de toute évidence, la théologie orthodoxe soutient que ce qui procure le Salut c’est la grâce (énergie divine) qui divinise l’homme. Le raisonnement est le suivant : Si la grâce était une créée, elle ne pourrait aucunement diviniser l’homme étant donné que seul Dieu divinise. Suivant, par exemple Grégoire de Palamas, une grâce créée serait tout simplement insuffisante pour procurer la vie divine.

Dans la Tradition catholique par contre, on ne fait pas de distinction entre énergies divines et Essence de Dieu, car l’opération divine est identique à son essence (= cela afin de préserver la simplicité divine). Toutefois, lorsqu’elle emploie le mot « Grâce », celui-ci désigne :

1° – La Grâce incréée, c’est-à-dire le Saint-Esprit Lui-même : « […] l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné » (Rm, V, 5). La Grâce incréée c’est donc le Saint-Esprit en qui sont donnés le Père et le Fils également. Dieu se donne donc Lui-même aux hommes.

2° – La grâce créée, qui est un don créé infusé dans l’homme par Dieu, afin que l’homme soit disposé à recevoir le Don incréé (la Grâce incréée). Elle permet également à l’homme de mettre en œuvre le rayonnement de la Grâce incréée. À la base de la grâce créée, se trouve la grâce sanctifiante qui modifie et élève l’âme de l’homme, le rendant ainsi agréable à Dieu (du point de vue de l’homme). Mais, du point de vue de Dieu, c’est une motion par laquelle Dieu rend agréable l’homme.

Si la Tradition catholique tient à l’existence d’une grâce créée, la raison est la suivante 1° Dieu ne peut en aucun cas fusionner avec la créature, car Il reste et demeure transcendant : ce qui permet à la Tradition catholique de repousser et éviter le panthéisme ! « Dieu vivifie l’âme, non pas comme une cause formelle mais comme une cause efficiente » (Thomas d’Aquin, De veritate, q. 27, a.1, ad.1). 2° Dans la sanctification, il est nécessaire de reconnaître un principe intérieur de vie divine dans l’homme, une réalité se tenant comme proportionnée à la nature créée de l’homme ; un principe dont on pourrait dire qu’il est la source de l’agir du saint. Le paragraphe ci-dessous résume ce bref résumé sur la Grâce incréée et créée :

« Le terme ‘grâce’ recouvre deux sortes de dons : le Don incréé, c’est-à-dire les Personnes divines données au croyant pour habiter en lui et s’unir à lui en une communication ineffable, et les dons créés, enrichissement spirituel de l’âme et de ses facultés pour la mettre en intime communication avec les Personnes divines ainsi données, pour en faire un principe de vie divine […]. Ce n’est donc pas la priorité absolue du Don incréé à l’égard des dons créés qui est en discussion, ni par conséquent la notion biblique et traditionnelle de la grâce incréée. Il est certain que Dieu se donne personnellement par amour à sa créature raisonnable, et que cet amour est ce Don, c’est la grâce même. Mais quand on se demande comment comprendre que Dieu se donne, lui qui est immuable et transcendant, on doit admettre que ce n’est pas en changeant lui-même, mais en attirant à soi la créature, c’est-à-dire en lui infusant les principes de vie et d’opération qui lui permettent d’entrer en communion avec lui. L’antériorité ainsi reconnue à la grâce créée n’est pas celle du don principal […], c’est celle du moyen par lequel se fait le Don incréé (J.-H. Nicolas, Les profondeurs de la grâce, Paris, 1969, p. 150 et 158)

En ce concerne la différence entre les traditions orthodoxe et catholique, notamment sur les énergies divines (puisque, à la question de savoir ce qu’est le Bonheur, la béatitude ultime de l’homme, la tradition orthodoxe répondra qu’elle réside dans la vision des énergies divines par l’homme), cette thèse nous semble s’opposer à ce que dit S. Jean : « […] Nous le verrons tel qu’il est » (I Jean III, 2). Ce ne sont donc point les énergies divines qui seront contemplées par l’homme, mais l’Essence même de Dieu – ceci, d’après la Tradition catholique.

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Cette entrée a été publiée le 23 juillet 2016 par dans Foi Catholique.
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