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« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

L’Eglise catholique enseigne-t-elle l’inerrance partielle de l’Ecriture Sainte ?

Dossier apologétique sur les Dogmes de la Sainte Eglise : ici

On entend parfois de la part de protestants ou de « catholiques » libéraux que l’Eglise catholique n’enseignerait que l’Ecriture Sainte ne fut inspirée et n’est donc infaillible, exempte d’erreur, d’où le mot d’inerrance, uniquement que pour les affirmations touchant à la foi et à la morale. C’est en réalité absolument faux. Nous allons le prouver immédiatement en produisant les actes du Magistère de l’Eglise enseignant au contraire que l’inerrance de l’Ecriture Sainte est absolue :

Concile de Florence

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Le concile de Florence en 1442 promulgue la première liste des Écritures canoniques de l’Ancien et du Nouveau Testament officiellement promulguée par l’Église catholique. Cette liste est précédée de la formule suivante :

[La très sainte Église romaine] professe qu’un seul et même Dieu est l’auteur de l’Ancien et du Nouveau Testament, c’est-à-dire de la Loi et des prophètes, et des évangiles, car c’est par l’inspiration du même Esprit Saint qu’ont parlé les Saints de l’un et l’autre Testament, dont l’Église reconnaît et vénère les livres qui sont contenus sous les titres suivants : […] » (Bulle Cantate Domino sur l’union avec les coptes et les Ethiopiens, 4 février 1442 (1441 selon le comput de Florence), Décret pour les jacobites)

La formule « Dieu est l’auteur » unique des deux Testaments est traditionnelle et classique, et reviendra régulièrement par la suite. Son intention primitive était dirigée contre ceux qui remettaient en cause l’Ancien Tetament comme Écriture. Elle est ici fondée sur l’affirmation de l’inspiration par l’Esprit Saint : c’est cette inspiration qui justifie le terme d’auteur. Le concile de Trente reprendra purement et simplement la liste de Florence, afin de ne pas entrer dans la contestation nouvelle soulevée par les luthériens sur les proto- et les deutéro-canoniques. Il emploie aussi la formule traditionnelle « sous la dictée du Saint-Esprit », qui enveloppe même dans son texte les Écritures et les « traditions non écrites » et reprend l’affirmation de Florence : « Dieu est l’auteur unique de l’un et l’autre » Testament. Mais que Dieu soit « l’auteur » de l’Ecriture Sainte signifie aussi que chacune de ses parties est inspirées et qu’aucune erreur ne saurait s’y être glissée. C’est cela aussi qu’a voulu dire le concile de Florence, comme il est évident en lisant qu’il enseigne que Dieu est « l’auteur » de l’Ecriture Sainte, et comme Léon XIII l’interprétera authentiquement plus tard.

Comme nous le verrons plus bas, Léon XIII qualifiera cette définition du concile de Florence de « l’antique et immuable foi de l’Église, solennellement définie dans les conciles de Florence et de Trente, et finalement confirmée et formulée plus expressément par le Conseil du Vatican »

Concile de Trente

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Après avoir établit la liste des livres de l’Ancien et du Nouveau Testaments, le Concile de Trente décrète :

« Si quelqu’un ne reçoit pas ces livres pour sacrés et canoniques dans leur totalité, avec toutes leurs parties, tels qu’on a coutume de les lire dans l’Eglise catholique et qu’on les trouve dans la vieille édition de la Vulgate latine ; s’il méprise en connaissance de cause et de propos délibéré les traditions susdites : qu’il soit anathème. » (Concile de Trente, IVè session, 8 avril 1546, a) Décret sur la réception des livres saints et des traditions)

De même que pour la définition du concile de Florence, nous verrons plus bas que Léon XIII qualifiera cette définition du concile de Trente de « l’antique et immuable foi de l’Église, solennellement définie dans les conciles de Florence et de Trente, et finalement confirmée et formulée plus expressément par le Conseil du Vatican »

Concile Vatican I

Le concile dans la basilique Saint-Pierre de Rome.

Dans sa Constitution dogmatique Dei Filius du 24 avril 1870 sur la foi catholique, le concile Vatican I définit :

« Or, cette révélation surnaturelle, selon la foi de l’Église universelle qui a été déclarée par le saint Concile de Trente, est contenue dans les livres écrits et dans les traditions non écrites qui, reçues de la bouche de Jésus-Christ même par les Apôtres, ou transmises comme par les mains des Apôtres, sous l’inspiration du Saint-Esprit, sont venues jusqu’à nous (Conc. de Trent. Sess. IV, Décr. de Can. Script.) Et ces livres de l’Ancien et du Nouveau Testament doivent être reconnus pour saints et canoniques en entier, dans toutes leurs parties, tels qu’ils sont énumérés dans le décret du Concile de Trente et comme on les lit dans l’antique édition latine de la Vulgate. Ces livres, l’Église les tient pour saints et canoniques, non point parce que, composés par la seule habileté humaine, ils ont été ensuite approuvés par l’autorité de l’Église ; et non pas seulement parce qu’ils contiennent la révélation sans erreur, mais parce que, écrits sous l’inspiration de l’Esprit saint, ils ont Dieu pour auteur et qu’ils ont été livrés comme tels à l’Église elle-même. » (Chapitre II. – De la Révélation)

Il y fit correspondre le canon suivant :

« Si quelqu’un ne reçoit pas dans leur intégrité, avec toutes leurs parties, comme sacrées et canoniques, les Livres de l’Écriture, comme le saint concile de Trente les a énumérés, ou nie qu’ils soient divinement inspirés ; qu’il soit anathème. » (Chapitre II, canon IV)

Il définit encore :

« Or, on doit croire d’une foi divine et catholique tout ce qui est contenu dans les saintes Écritures et dans la tradition, et tout ce qui est proposé par l’Église comme vérité divinement révélée, soit par un jugement solennel, soit par son magistère ordinaire et universel. » (Chapitre III. – De la Foi)

Léon XIII

Léon XIII enterre de explicitement l’idée d’une inerrance partielle, limitée à la foi et à la morale, de l’Ecriture Sainte :

« Règles d’interprétation

[…] Il ne peut y avoir d’erreur dans la Sainte Ecriture, puisqu’elle est inspirée par Dieu. On ne peut non plus tolérer la méthode de ceux qui se délivrent de ces difficultés en n’hésitant pas à accorder que l’inspiration divine ne s’étend qu’aux vérités concernant la foi et les mœurs, et à rien de plus. Ils pensent à tort que, lorsqu’il s’agit de la vérité des avis, il ne faut pas rechercher surtout ce qu’a dit Dieu, mais examiner plutôt le motif pour lequel il a parlé ainsi.

En effet, tous les livres entiers que l’Église a reçus comme sacrés et canoniques dans toutes leurs parties, ont été écrits sous la dictée de l’Esprit-Saint. Tant s’en faut qu’aucune erreur puisse s’attacher à l’inspiration divine, que non seulement celle-ci par elle-même exclut toute erreur, mais encore l’exclut et y répugne aussi nécessairement que nécessairement Dieu, souveraine vérité, ne peut être l’auteur d’aucune erreur.

Telle est la croyance antique et constante de l’Église, définie solennellement par les Conciles de Florence et de Trente, confirmée enfin et plus expressément exposée dans le Concile du Vatican, qui a porté ce décret absolu : « Les livres entiers de l’Ancien et du Nouveau Testament, dans toutes leurs parties, tels qu’ils sont énumérés par le décret du même Concile de Trente, et tels qu’ils sont contenus dans l’ancienne édition vulgate en latin, doivent être regardés comme sacrés et canoniques. L’Église les tient pour sacrés et canoniques non parce que, rédigés par la seule science humaine, ils ont été ensuite approuvés par l’autorité de ladite Église ; non seulement parce qu’ils renferment la vérité sans erreur, mais parce que, écrits sous l’inspiration du Saint-Esprit, ils ont Dieu pour auteur (Sess. III, cap. II, De Revel). »

On ne doit donc presque en rien se préoccuper de ce que l’Esprit-Saint ait pris des hommes comme des instruments pour écrire, comme si quelque opinion fausse pouvait être émise non pas certes par le premier Auteur, mais par les écrivains inspirés. En effet, lui-même les a, par sa vertu, excités à écrire, lui-même les a assistés tandis qu’ils écrivaient, de telle sorte qu’ils concevaient exactement, qu’ils voulaient rapporter fidèlement et qu’ils exprimaient avec une vérité infaillible tout ce qu’il leur ordonnait et seulement ce qu’il leur ordonnait d’écrire.

Tel a été toujours le sentiment des saints Pères. « Aussi, dit saint Augustin, puisque ceux-ci ont écrit ce que l’Esprit-Saint leur a montré et leur a enjoint d’écrire, on ne doit pas dire que lui-même n’a pas écrit ; ceux-ci, comme les membres, ont mis en œuvre ce que la tête leur dictait (De consensu Evangel. I, 35). » Saint Grégoire le Grand s’exprime encore en ces termes : « Il est bien superflu de chercher qui a écrit ces livres puisqu’on croit fermement que l’auteur en est l’Esprit-Saint. Celui-là, en effet, a écrit qui a dicté ce qu’il fallait écrire : celui-là a écrit qui a inspiré l’œuvre. » (Praef. in Job, n. 2)

Il suit de là que ceux qui pensent que, dans les passages authentiques des Livres Saints, peut être renfermée quelque idée fausse, ceux-là assurément ou pervertissent la doctrine catholique, ou font de Dieu lui-même l’auteur d’une erreur. Tous les Pères et tous les docteurs ont été si fermement persuadés que les Lettres divines, telles qu’elles nous ont été livrées par les écrivains sacrés, sont exemptes de toute erreur, qu’ils se sont appliqués, avec beaucoup d’ingéniosité et religieusement, à faire concorder entre eux et à concilier les nombreux passages qui semblaient présenter quelque contradiction ou quelque divergence. (Et ce sont presque les mêmes qu’au nom de la science nouvelle, on nous oppose aujourd’hui.)

Les docteurs ont été unanimes à croire que ces Livres, et dans leur ensemble et dans leurs parties, sont également d’inspiration divine, que Dieu lui-même a parlé par les auteurs sacrés, et qu’il n’a rien pu énoncer d’opposé à la vérité.

On doit appliquer ici d’une façon générale les paroles que le même saint Augustin écrivait à saint Jérôme : « Je l’avoue, en effet, à ta charité, j’ai appris à accorder aux seuls livres des Écritures, que l’on appelle maintenant canoniques, cette révérence et cet honneur de croire très fermement qu’aucun de leurs auteurs n’a pu commettre une erreur en les écrivant. Et si je trouvais dans ces Saintes Lettres quelque passage qui me parût contraire à la vérité, je n’hésiterais pas à affirmer ou que le manuscrit est défectueux ou que l’interprète n’a pas suivi exactement le texte, ou que je ne comprends pas bien (Ep. LXXXII, 1, et alibi). » […]

En cas de contradiction apparente

Mais, pour que de tels travaux profitent vraiment aux sciences bibliques, les hommes doctes doivent s’appuyer sur les principes que nous avons indiqués plus haut. Ils doivent retenir fidèlement que Dieu, créateur et maître de toutes choses, est, en même temps, l’auteur des Écritures ; rien donc ne peut se trouver dans la nature, rien parmi les monuments de l’histoire, qui soit réellement en désaccord avec celles-ci.

S’il semble y avoir quelque contradiction sur un point, il faut s’appliquer à la faire disparaître, tantôt en recourant au sage jugement des théologiens et des interprètes, pour montrer ce qu’a de vrai et de vraisemblable le passage au sujet duquel on discute, tantôt en pesant avec soin les arguments qu’on y oppose. On ne doit pas perdre pied, même lorsqu’il réside quelque apparence de vérité dans l’opinion contraire ; en effet, puisque le vrai ne peut en aucune façon contredire le vrai, on peut être certain qu’une erreur s’est glissée soit dans l’interprétation des paroles sacrées, soit dans une autre partie de la discussion ; et si l’on n’aperçoit pas assez clairement l’une de ces deux fautes, il faut attendre avant de définir le sens du texte.

De très nombreuses objections, en effet, empruntées à toutes les sciences, se sont élevées pendant longtemps et en foule contre les Écritures, et se sont entièrement évanouies comme étant sans valeur.

De même, au cours de l’interprétation, de nombreuses explications ont été proposées au sujet de certains passages des Écritures ne concernant ni la foi ni les mœurs, qu’une étude approfondie a permis depuis de comprendre d’une façon plus juste et plus claire. En effet, le temps détruit les opinions et les inventions nouvelles, mais « la vérité demeure à jamais » (III Esdr., 50, 38).

Aussi, comme personne ne peut se flatter de comprendre toute l’Écriture, au sujet de laquelle saint Augustin, il l’avouait lui-même, « ignorait plus qu’il ne savait » (Ad Januar. ep. LV, 21), que chacun, s’il rencontre un passage trop difficile pour pouvoir l’expliquer, ait la prudence et la patience demandées par ce même docteur : « Il vaut mieux, dit celui-ci, être chargé de signes ignorés mais utiles, que d’envelopper, en les interprétant inutilement, sa tête dans un filet d’erreurs, après l’avoir délivrée du joug de la soumission. » (De doct. chr. III, 9, 18)

Si nos conseils et nos ordres sont suivis honnêtement et sagement par les hommes qui se livrent à ces études subsidiaires, si dans leurs écrits, dans leur enseignement, dans leurs travaux, ils se proposent de réfuter les ennemis de la vérité, de prévenir chez les jeunes gens la perte de la foi, alors enfin ils pourront se réjouir de servir véritablement l’intérêt des Saintes Lettres, d’apporter à la religion catholique un appui tel que l’Église l’attend à bon droit de la piété et de la science de ses fils. » (Encyclique Providentissimus Deus, 18 novembre 1893)

Saint Pie X

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Sous saint Pie X, les thèses modernistes ont été ainsi formalisées et condamnées dans le décret Lamentabili du Saint-Office, que le même Pape publia comme son propre document le 3 juillet 1907. S’y trouve condamnées les trois propositions suivantes :

« 9. Ceux qui croient que Dieu est vraiment l’auteur de l’Écriture sainte manifestent une simplicité et une ignorance excessives.

10. L’inspiration des livres de l’Ancien Testament consiste en ce que les écrivains d’Israël ont transmis les doctrines sous un point de vue qui était peu ou pas connu des païens.

11. L’inspiration divine ne s’étend pas à toute l’Écriture de manière à prémunir contre toute erreur toutes et chacune de ses parties. »

La même année, le même Pape soumis à de grave censures, dont l’excommunication automatique, envers ceux qui contreviendraient à ce Décret :

« En outre, voulant réprimer l’audace de jour en jour croissante de nombreux modernistes – qui, par toutes sortes de sophismes et d’artifices, s’efforcent de ruiner la valeur et l’efficacité non seulement du décret Lamentabili sane exitu rendu, sur Notre ordre, le 3 juillet de l’année courante, par la sainte Inquisition romaine et universelle, mais encore de Notre Encyclique Pascendi dominici gregis, du 8 septembre de cette même année, – Nous réitérons et confirmons, de Notre Autorité apostolique, tant le Décret le cette sainte Congrégation suprême que Notre Encyclique, et nous ajoutons la peine d’excommunication contre les contradicteurs.

Nous déclarons et décrétons que si quelqu’un – ce qu’à Dieu ne plaise – avait assez de témérité pour défendre n’importe laquelle des Propositions, des opinions et des doctrines réprouvées dans l’un ou l’autre des documents mentionnés plus haut, il encourrait ipso facto la censure portée par le chapitre Docentes, de la Constitution Apostolicæ Sedis, laquelle censure est la première des excommunications latæ sententiæ [automatique] simplement réservées au Pontife romain. Et il doit être entendu que cette excommunication ne supprime pas les peines que peuvent encourir ceux qui se seront opposés en quelque manière aux susdits documents en tant que propagateurs et fauteurs d’hérésies, lorsque leurs propositions, opinions ou doctrines seront hérétiques, ce qui, à la vérité, est arrivé plus d’une fois aux adversaires de ces deux documents, surtout lorsqu’ils se sont faits les champions du modernisme, c’est-à-dire du rendez-vous de toutes les hérésies. » (Motu proprio Praestantia scripturae sacrae, 18 avril 1907)

Saint Pie X est très sévère dans sa condamnation. En effet, en plus de l’assortir de l’excommunication automatique, il la qualifie de thèse « moderniste ». Or le même saint Pie X enseigne que le modernisme est « le pire ennemis de l’Eglise » et « l’égoût collecteur de toutes les hérésies » :

« Ennemis de l’Eglise, certes ils [les modernistes] le sont, et à dire qu’elle n’en a pas de pires on ne s’écarte pas du vrai. » (Encyclique Pascendi Dominici Gregis, 8 septembre 1907, n°3)

« Maintenant, embrassant d’un seul regard tout le système, qui pourra s’étonner que Nous le définissions le rendez-vous de toutes les hérésies ? Si quelqu’un s’était donné la tâche de recueillir toutes les erreurs qui furent jamais contre la foi et d’en concentrer la substance et comme le suc en une seule, véritablement il n’eût pas mieux réussi. Ce n’est pas encore assez dire: ils ne ruinent pas seulement la religion catholique, mais, comme Nous l’avons déjà insinué, toute religion. » (Encyclique Pascendi Dominici Gregis, 8 septembre 1907, n°53)

Trois ans plus tard, saint Pie X publia la Serment antimoderniste, obligatoire pour tous les prêtres, et par là-même infaillible. Or dans ce serment le prêtre jure :

« Moi, N…, j’embrasse et reçois fermement toutes et chacune des vérités qui ont été définies, affirmées et déclarées par le magistère infaillible de l’Eglise, principalement les chapitres de doctrine qui sont directement opposés aux erreurs de ce temps. » (Motu proprio Sacrorum antistitum du 1er septembre 1910, instituant le « serment antimoderniste »)

Or comme nous l’avons vu, l’inerrance absolue de l’Ecriture Sainte fut enseignée par le concile Vatican I, Léon XIII et saint Pie X lui-même. De plus, comme nous l’avons vu dans l’encyclique de Léon XIII, et comme il est encore écrit dans d’autres endroits que nous n’avons pas cité, la thèse inverse, celle de l’inerrance limitée à la foi et à la morale fait partie des « inventions nouvelles », ou est encore du rationalisme, à savoir une idée moderne. De plus, saint Pie X condamne la proposition selon laquelle « L’inspiration divine ne s’étend pas à toute l’Écriture de manière à prémunir contre toute erreur toutes et chacune de ses parties. » (Décret Lamentabili, n° 11) comme une erreur du modernisme, philosophie moderne s’il en est ! Tout en sachant que le serment que nous venons de citer a pour but principal celui de détruire le modernisme. Il est donc établi que pour un catholique l’inerrance absolue de l’Ecriture Sainte est une vérité infaillible pour un catholique.

Benoît XV

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Dans sa célèbre Encyclique Spiritus paraclitus, publiée pour célébrer le 15è centenaire de la mort de saint Jérôme qui fit la grande traduction latine de la Vulgate, et qui mériterait d’être lue dans son intégralité sur le thème de l’inerrance biblique, enseigna :

« Qu’on parcoure à cet égard les écrits du grand Docteur [saint Jérôme] : pas une seule page qui n’en témoigne à l’évidence, il a fermement et invariablement affirmé, avec l’Eglise catholique tout entière, que les Saints Livres ont été écrits sous l’inspiration du Saint-Esprit, qu’ils ont Dieu pour auteur et que c’est comme tels que l’Eglise les a reçus (Conc. Vat. s. III, Const. « de Fide cath. », cap. 2). Les Livres de la Sainte Ecriture, affirme-t-il, ont été composés sous l’inspiration, ou la suggestion, ou l’insinuation, ou même la dictée de l’Esprit-Saint ; bien plus, c’est cet Esprit lui-même qui les a rédigés et publiés. Mais Jérôme ne doute nullement, par ailleurs, que tous les auteurs de ces Livres n’aient, chacun conformément à son caractère et à son génie, prêté librement son concours à l’inspiration divine.

Ainsi, il n’affirme pas seulement sans réserve ce qui est l’élément commun de tous les écrivains sacrés — à savoir, que leur plume était guidée par l’Esprit de Dieu, au point que Dieu doit être tenu pour la cause principale de chacune des pensées et des expressions de l’Ecriture ; — il discerne encore avec soin ce qui est particulier à chacun d’eux. […]

Sur l’ensemble de l’Ecriture, nous lisons encore dans son commentaire sur Jérémie, que la mort l’empêcha d’achever : « Ce n’est point l’erreur des parents ni des ancêtres qu’il faut suivre, mais bien l’autorité des Ecritures et la volonté du maître qui est Dieu. » (In Jer. 9, 12, ss.). Et voici en quels termes il décrit à Fabiola la méthode et l’art de combattre l’ennemi : « Une fois versé dans les divines Ecritures, armé de ses lois et témoignages, qui sont les liens de la vérité, tu marcheras à tes ennemis, tu les enlaceras, les enchaîneras et les ramèneras captifs 1 ; et de ces adversaires et prisonniers d’hier tu feras de libres enfants de Dieu. » (Ep. 78, 30, al. 28. mansio.). .

Mais saint Jérôme enseigne que l’inspiration divine des Livres Saints et leur souveraine autorité comportent, comme conséquence nécessaire, la préservation et l’absence de toute erreur et tromperie ; .ce principe, les plus célèbres écoles d’Occident et d’Orient le lui avaient donné comme transmis par les Pères et communément reçu. Aussi bien, comme il venait d’entreprendre, sur l’ordre du Pape Damase, la révision du Nouveau Testament, certains « esprits à courte vue » lui reprochaient amèrement d’avoir tenté, au mépris de l’autorité des anciens et de l’opinion du monde entier, de faire certaines retouches aux Evangiles », il se contenta de répondre qu’il n’était pas assez simple d’esprit, ni assez lourdement naïf pour penser qu’une parcelle des paroles du Seigneur eût besoin d’être corrigée ou ne fût pas divinement inspirée (Ep. 27,1, 1 s.). Commentant la première vision d’Ezéchiel sur les quatre Evangiles, il remarque : « Celui-là ne trouvera pas étrange tout ce corps et ces dos parsemés d’yeux, qui s’est rendu compte que du moindre détail des Evangiles jaillit une lumière dont le rayonnement éclaire le monde au point que tel détail même qu’on croit négligeable et vulgaire rayonne de tout l’éclat majestueux de l’Esprit Saint. » (In Ez., 1, 15 ss.)

Or, ce privilège qu’il revendique ici pour les Evangile, il le réclame, en Chacun de ses commentaires, pour toutes les autres « paroles du Seigneur » et en fait la loi et la base de l’interprétation catholique ; tel est, d’ailleurs, le critérium qu’emploie saint Jérôme lui-même pour distinguer le vrai du faux prophète (In Mich. 2, 11 s. ; 3, 5 ss.). « Car la- parole du Seigneur est vérité et, pour lui, dire et réaliser, c’est tout un » (In Jer. 31, 35 ss.), et il n’est pas permis d’accuser l’Ecriture de mensonge (In Nah. 1, 9), ni même d’admettre dans son texte ne fût-ce qu’une erreur de nom (Ep. 57, 7, 4). Au reste, le saint Docteur ajoute qu’il « ne traite pas de la même façon les apôtres et les autres écrivains », c’est-à-dire les auteurs profanes ; « ceux-là disent toujours la vérité ; ceux-ci, comme il arrive aux hommes, se trompent sur certains points » (Ep. 82, 7 , 2) ; et bien des affirmations de l’Ecriture qui paraissent incroyables ne laissent pas d’être vraies (Ep. 72, 2, 2) ; dans cette « parole de vérité » on ne saurait découvrir de choses ou d’affirmations contradictoires, « aucune discordance, aucune incompatibilité » (Ep. 18 ; 7, 4; cf. Ep. 46, 6, 2) ; par conséquent, « si l’Ecriture contenait deux données qui paraîtraient s’exclure, l’une et l’autre » resteraient « vraies », « en dépit de leur diversité » (Ep. 36, 11, 2). ,

Fortement attaché à ce principe, s’il lui arrivait de rencontrer dans les Saints Livres des contradictions apparentes, Jérôme concentrait tous ses soins et les efforts de son esprit à résoudre la difficulté ; jugeait-il la solution encore peu satisfaisante, il reprenait, quand l’occasion s’en présentait, et sans se décourager, l’examen de cette- difficulté, sans arriver toujours à la résoudre parfaitement. Jamais, du moins, il n’imputa aux écrivains sacrés la moindre imposture — « Je laisse cela aux impies, tels Celse, Porphyre, Julien. » (Ep. 57, 9, 1). Il était en cela pleinement d’accord avec saint Augustin ; celui-ci, lisons-nous dans une de ses lettres à saint Jérôme lui-même, portait aux seuls Livres Saints une si respectueuse vénération qu’il croyait très fermement que pas une erreur ne s’est glissée sous la plume d’aucun de leurs auteurs ; aussi, s’il rencontrait dans les Saintes Lettres un passage qui parût’ contraire à la vérité, loin de crier au mensonge, il en accusait une altération du manuscrit, une erreur de traduction, ou de sa part une totale inintelligence. A quoi il ajoutait : « Et je sais, mon frère, que tu ne juges point différemment ; je ne m’imagine pas, veux-je dire, le moins du monde que tu désires voir tes ouvrages lus dans les mêmes dispositions d’esprit que ceux des Prophètes et des Apôtres : douter que ceux-ci soient exempts de toute erreur serait un crime. » (S. Aug. ad S, Hieron., inter epist. S. Hier. 116, 3).

Cette doctrine de saint Jérôme confirme donc avec éclat en même temps qu’elle explique la déclaration où Notre Prédécesseur Léon XIII, d’heureuse mémoire, formulait solennellement la croyance antique et constante de l’Eglise en l’immunité parfaite qui met l’Ecriture à l’abri de toute erreur : « Il est si impossible que l’inspiration divine soit exposée à un danger d’erreur, que non seulement la moindre erreur en est exclue essentiellement, mais que cette exclusion et cette impossibilité sont aussi nécessaires qu’il est nécessaire que Dieu, souveraine vérité, ne soit l’auteur d’aucune erreur, fût-ce la plus légère. » Après avoir reproduit les définitions des Conciles de Florence et de Trente, confirmées par’ celui du Vatican, Léon XIII ajoute : « La question ne change en rien du fait que l’Esprit-Saint s’est servi des hommes comme d’instruments pour écrire, comme si quelque erreur avait pu échapper, non pas, il est vrai, à l’auteur principal, mais aux rédacteurs inspirés. En effet, Lui-même les a, par son action surnaturelle, à ce point excités et poussés à écrire, à ce point assistés pendant la rédaction, qu’ils concevaient avec justesse, voulaient rapporter fidèlement et exprimaient parfaitement et avec une exactitude infaillible tout ce qu’il leur ordonnait d’écrire, et cela seulement : s’il en avait été autrement, Il ne serait pas Lui-même l’auteur de la Sainte Ecriture tout entière. » (Litt. Enc. Providentissimus Deus) […]

Il est encore un autre groupe de déformateurs de l’Ecriture Sainte : nous voulons dire ceux qui, par abus de certains principes, justes du reste tant qu’on les renferme dans certaines limites, en arrivent à ruiner les fondements de la véracité des Ecritures et à saper la doctrine catholique transmise par l’ensemble des Pères. S’il vivait encore, saint Jérôme dirigerait à coup sûr des traits acérés contre ces imprudents qui, au mépris du sentiment et du jugement de l’Eglise, recourent trop aisément au système qu’ils appellent système des citations implicites ou des récits qui ne seraient historiques qu’en apparence, prétendent découvrir dans les Livres Saints tels procédés littéraires inconciliables avec l’absolue et parfaite véracité de la parole divine, et sur l’origine de la Bible professent une opinion qui ne va à rien de moins qu’à en ébranler l’autorité ou même la réduit à néant.

Que penser -maintenant de ceux qui, dans l’explication des Evangiles, s’attaquent à leur autorité tant humaine que divine, amoindrissent celle-là et détruisent celle-ci ? Discours, actions de Notre-Seigneur Jésus-Christ, rien, pensent-ils, ne nous est parvenu dans son intégrité et sans altération, malgré le témoignage de ceux qui ont consigné avec un soin religieux ce qu’ils avaient vu et entendu ; ils ne voient là — surtout pour ce qui est du quatrième Evangile — qu’une compilation comprenant, d’une part, des additions considérables dues à l’imagination des Evangélistes, et, d’autre part, un récit de fidèles d’une autre époque ; finalement, ces courants issus d’une double source ont aujourd’hui si bien mêlé leurs eaux dans le même lit qu’on n’a absolument aucun critérium certain par quoi les distinguer.

Ce n’est pas ainsi que les Jérôme, les Augustin et les autres Docteurs de l’Eglise ont compris la valeur historique des Evangiles, dont « celui qui a vu a rendu témoignage, et son témoignage est vrai et il sait qu’il dit vrai, afin que vous aussi vous croyiez » (Joh. 19, 35). Aussi bien, après avoir reproché aux hérétiques, auteurs, d’évangiles apocryphes, d’avoir visé plus à bien ordonner le récit qu’à établir la vérité historique » (In Matth: Prol.), saint Jérôme ajoute par contre, en parlant des Livres canoniques : « Personne n’a le droit de mettre en doute la réalité de ce qui est écrit. » (Ep. 78, 1, 1 ; cf. In Marc. 1,13-31). Ici encore, il était de nouveau d’accord avec saint Augustin, qui disait excellemment en parlant des Evangiles : « Ces choses vraies ont été écrites en toute fidélité et véracité à son sujet, afin que quiconque croit à son Evangile se nourrisse de vérité au lieu d’être le jouet de mensonges. » (S. Aug., C. Faustum, 26, 8.) » (Encyclique Spiritus paraclitus, 15 septembre 1920)

Pie XII

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On entend souvent dire que Pie XII enseigna, ou permit, l’exégèse rationaliste, ne faisant demeurer l’inspiration qu’aux seules questions de foi et de morale, dans sa fameuse encyclique Divino afflante Spiritu du 30 septembre 1943 sur les études bibliques. Mais à la réalité cela est complétement faux ! Bien au contraire, il entérine la doctrine de Léon XIII, tout en témoignant d’une attention beaucoup plus grande à la dimension humaine de la rédaction et de l’interprétation des Écritures, faisant droit aux méthodes d’exégèse relative aux genres littéraires. Il poursuit de manière plus précise dans des phrases où l’on sent le souci d’être fidèle aux affirmations de Providentissimus Deus. Comme nous le verrons ensuite, dans une autre encyclique, Pie XII ira même jusqu’à dire que « on a audacieusement perverti le sens de la définition du Concile du Vatican sur Dieu, auteur de la Sainte Ecriture; et la théorie qui n’admet l’inerrance des lettres sacrées que là où elles enseignent Dieu, la morale et la religion, on la professe en la renouvelant, bien qu’elle ait été plusieurs fois condamnée » (Encyclique Humani generis du 12 août 1950).

Voici d’abord pour ce qui est de la première encyclique en question : Divino afflante Spiritu :

« Sous l’inspiration de l’Esprit-Saint, les écrivains sacrés ont composé les livres que Dieu dans sa paternelle bonté a voulu donner au genre humain « pour enseigner, convaincre, corriger, former à la justice, en vue de rendre l’homme de Dieu parfait, apte à toute bonne œuvre » (II Tim. III, l6 sq.). Ce trésor, qui lui est venu du ciel, l’Eglise le tient comme la source la plus précieuse et une règle divine de la doctrine de la foi et des mœurs. Il n’est donc pas étonnant qu’elle l’ait gardé avec le plus grand soin tel qu’elle l’a reçu intact des mains des apôtres ; qu’elle l’ait défendu contre toute interprétation fausse et perverse ; qu’elle l’ait employé avec zèle dans sa tâche de procurer aux âmes le salut éternel, comme d’innombrables documents de toute époque l’attestent clairement.

Mais parce que, dans les temps modernes, la divine origine des Saintes Ecritures et leur interprétation correcte ont été particulièrement mises en question, l’Eglise s’est appliquée à les défendre et à les protéger avec encore plus d’ardeur et de soin. Aussi le saint Concile de Trente, dans un décret solennel, a-t-il déjà déclaré, au sujet de la Bible, qu’on devait en reconnaître « comme sacrés et canoniques les livres entiers, avec toutes leurs parties, tels qu’on a coutume de les lire dans l’Eglise catholique et tels qu’ils sont contenus dans l’ancienne édition de la Vulgate latine » (Sessio IV décret. I ; Ench. Bibl. n. 45).

Puis, de notre temps, le Concile du Vatican, voulant réprouver de fausses doctrines sur l’inspiration, a déclaré que l’Eglise tient les Livres Saints pour sacrés et canoniques, « non parce que, œuvre de la seule industrie humaine, ils auraient été approuvés ensuite par son autorité, ni pour cette seule raison qu’ils contiendraient la vérité sans erreur, mais parce que, écrits sous l’inspiration du Saint-Esprit, ils ont Dieu pour auteur et ont été transmis comme tels à l’Eglise » (Sessio III cap. II, Ench. Bibl. n. 62).

Plus récemment cependant, en dépit de cette solennelle définition de la doctrine catholique, qui revendique pour ces « livres entiers, avec toutes leurs parties », une autorité divine les préservant de toute erreur, quelques écrivains catholiques n’ont pas craint de restreindre la vérité de l’Ecriture Sainte aux seules matières de la foi et des mœurs, regardant le reste, au domaine de la physique ou de l’histoire, comme « choses dites en passant » et n’ayant – ainsi qu’ils le prétendirent – aucune connexion avec la foi. Mais Notre Prédécesseur Léon XIII, d’immortelle mémoire, dans son Encyclique Providentissimus Deus du 18 novembre 1893, a confondu à bon droit ces erreurs et réglé l’étude des Livres Divins par des instructions et des directives très sages.

Puisqu’il convient de célébrer le cinquantième anniversaire de la publication de cette Encyclique, considérée comme la loi fondamentale des études bibliques, après avoir affirmé dès le commencement de Notre Pontificat Notre intérêt pour les sciences sacrées (Sermo ad alumnos Seminariorum… in Urbe [24 juin 1939] ; Acta Ap. Sedis, XXXI [1939], p. 245-251), Nous avons jugé très opportun, d’une part, de rappeler et de confirmer ce que Notre Prédécesseur a établi dans sa sagesse et ce que ses Successeurs ont ajouté pour affermir et parfaire son œuvre ; d’autre part, d’indiquer ce que les temps présents semblent postuler, afin de stimuler de plus en plus à une entreprise aussi nécessaire et aussi louable tous les fils de l’Eglise qui s’adonnent à ces études.

Le premier et principal soin de Léon XIII fut d’exposer la doctrine de la vérité des Livres Saints et de la venger des attaques lancées contre elle. Il proclama donc avec insistance qu’il n’y a absolument aucune erreur quand l’hagiographe, traitant des choses de la nature, « a suivi ce qui apparaît aux sens », comme dit le Docteur angélique (cf. Ia, q. LXX, art. 1 ad 3), parlant « ou par une sorte de métaphore, ou comme le comportait le langage usité à cette époque ; il en est encore ainsi aujourd’hui, sur beaucoup de points, dans la vie quotidienne, même parmi les hommes les plus savants ». En effet, « les écrivains sacrés ou, plus véritablement – ce sont les paroles mêmes de saint Augustin (De Gen. ad litt. II, IX, 20 ; P. L., XXXIV, col. 270 s. ; C. S. E. L. XXVIII [Sectio III, pars II], p. 46), – l’Esprit de Dieu, qui parlait par leur bouche, n’a pas voulu enseigner aux hommes ces vérités concernant la constitution intime des objets visibles, parce qu’elles ne devaient leur servir de rien pour leur salut » (LEONIS XIII Acta, XIII, p. 355 ; Ench. Bibl. n. 106) ; principe qu’il « sera permis d’appliquer aux sciences du même genre et notamment à l’histoire », en réfutant « de la même manière les objections fallacieuses des adversaires » et en défendant « la vérité historique de l’Ecriture Sainte contre leurs attaques » (cf. BENOÎT XV, Encyclique Spiritus Paraclitus, Acta Ap. Sedis, XII [1920], p. 396 ; Ench. Bibl. n. 471).

Il ne faut pas, en outre, imputer une erreur à l’auteur sacré « là où des copistes, en exécutant leur travail, ont laissé échapper quelque inexactitude », ou « lorsque le sens véritable de quelque passage demeure douteux ». Enfin, il serait absolument funeste « soit de limiter l’inspiration à quelques parties seulement de la Sainte Ecriture, soit d’accorder que l’écrivain sacré lui-même s’est trompé », puisque l’inspiration divine « non seulement par elle-même exclut toute erreur, mais encore l’exclut et y répugne aussi nécessairement que nécessairement Dieu, souveraine vérité, ne peut être l’auteur d’aucune erreur. Telle est la foi antique et constante de l’Eglise » (LEONIS XIII Acta, XIII, p. 357 sq. ; Ench. Bibl. n. 109 sq.). […]

Néanmoins, personne, qui ait un juste concept de l’inspiration biblique, ne s’étonnera de trouver chez les écrivains sacrés, comme chez tous les anciens, certaines façons d’exposer et de raconter, certains idiotismes propres aux langues sémitiques, des approximations, certaines manières hyperboliques de parler, voire même parfois des paradoxes destinés à imprimer plus fermement les choses dans l’esprit. En effet, des façons de parler dont le langage humain avait coutume d’user pour exprimer la pensée chez les peuples anciens, en particulier chez les Orientaux, aucune n’est étrangère aux Livres Saints, pourvu toutefois que le genre employé ne répugne en rien à la sainteté ni à la vérité de Dieu ; c’est ce que déjà le Docteur angélique a remarqué dans sa sagacité, lorsqu’il dit : « Dans l’Ecriture, les choses divines nous sont transmises selon le mode dont les hommes ont coutume d’user. » (Comment. ad Hebr. cap. I, lectio 4.)

De même que le Verbe substantiel de Dieu s’est fait en tout semblable aux hommes « hormis le péché » (Hebr. IV, 15), ainsi les paroles de Dieu, exprimées en langue humaine, sont semblables en tout au langage humain, l’erreur exceptée. C’est là la sugkatabasiV , ou condescendance de la divine Providence, que saint Chrysostome a déjà magnifiquement exaltée, affirmant à plusieurs reprises qu’elle se trouve dans les Livres Saints. (Cf. p. ex. In Gen. I, 4 [P. G., LIII, col. 34-35] ; In Gen. II, 21 [ib., col. 121] ; In Gen. III,8 [ib., col. 135] ; Hom. XV in Ioan. ad I, 18 [P. G., LIX, col. 97 sq.].) » (Encyclique Divino Afflante Spiritu, 30 septembre 1943, n° 1 à 6 et 37)

Voici l’extrait de sa seconde encyclique où il évoque ce sujet, où encore plus loin, non seulement en rappelant que l’inspiration ne se limite pas aux questions de foi et de morales, mais encore que cette thèse est une perversion de la doctrine du concile Vatican I. Il dit cela dans son Encyclique Humani generis du 12 août 1950, dont le sous-titre en donnant le thème parle de lui-même : « Sur les opinions fausses qui menacent de ruiner les fondements de la doctrine catholique« . L’idée selon laquelle l’inspiration biblique se limiterai aux questions de foi ou de morale est « une opinion fausse qui menace de ruiner les fondements de la doctrine catholique ». Voici ses mots :

« Mais pour en revenir aux systèmes nouveaux auxquels nous avons touché plus haut, il y a certains points que quelques-uns proposent ou qu’ils distillent, pour ainsi dire, dans les esprits, qui tournent au détriment de l’autorité divine de la Sainte Ecriture. Ainsi on a audacieusement perverti le sens de la définition du Concile du Vatican sur Dieu, auteur de la Sainte Ecriture; et la théorie qui n’admet l’inerrance des lettres sacrées que là où elles enseignent Dieu, la morale et la religion, on la professe en la renouvelant, bien qu’elle ait été plusieurs fois condamnée. Bien plus, de la façon la plus incorrecte, on nous parle d’un sens humain des Livres Saints, sous lequel se cacherait le sens divin, le seul, nous dit-on, qui serait infaillible. Dans l’interprétation de la Sainte Ecriture, on s’interdit de tenir compte de l’analogie de la foi et de la tradition ecclésiastique. En conséquence, c’est la doctrine des Saints Pères et du magistère sacré qui devrait être ramenée, pour ainsi dire, à la juste balance de l’Ecriture et de l’Ecriture telle qu’elle est expliquée par des exégètes qui ne font appel qu’à la lumière de la raison; et, partant, ce n’est plus la Sainte Ecriture qu’il faudrait expliquer selon la pensée de l’Eglise que le Christ institua gardienne et interprète de tout le dépôt de la vérité divinement révélée.

En outre, le sens littéral de la Sainte Ecriture et son explication faite laborieusement, sous le contrôle de l’Eglise, par tant d’exégètes de si grande valeur doivent céder, d’après les inventions qui plaisent aux novateurs, à une exégèse nouvelle, dite symbolique et spirituelle; et ainsi seulement, les Livres Saints de l’Ancien Testament, qui seraient aujourd’hui encore ignorés dans l’Eglise, comme une source qu’on aurait enclose, seraient enfin ouverts à tous. Ils assurent que toutes les difficultés, par ce moyen, s’évanouiront, qui ne paralysent que ceux-là qui se tiennent attachés au sens littéral de la Bible.

Il n’est personne qui ne puisse voir à quel point tant de prétentions s’écartent des principes et des règles d’herméneutique si justement fixés par Nos Prédécesseurs d’heureuse mémoire Léon XIII dans l’Encyclique Providentissimus et Benoît XV dans l’Encyclique Spiritus Paraclitus et par Nous-même dans l’Encyclique Divino afflante Spiritu. »

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2 commentaires sur “L’Eglise catholique enseigne-t-elle l’inerrance partielle de l’Ecriture Sainte ?

  1. Pingback: Réfutations des erreurs doctrinales des chrétiens anti-catholiques | +†+Yesus Kristus azu+†+

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Cette entrée a été publiée le 5 juillet 2018 par dans Catholicisme, Etudes bibliques, Foi Catholique, La Bible.
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