+†+Yesus Kristus azu+†+

« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

L’enseignement des Pères de l’Église sur « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église » (Matthieu XVI, 18)

Toues les preuves de la Papauté : ici

imageIl est courant d’entendre de la part des chrétiens non-catholiques que l’interprétation catholique de Matthieu XVI, 18, à savoir que l’Apôtre est la pierre fondamentale de l’Église est fausse et que les Pères de l’Église n’auraient jamais enseigné cela avant le Vème siècle. Vous trouverez en cliquant ici toute le démonstration biblique de la primauté de saint Pierre (et donc de la Papauté) en particulier comment Matthieu XVI, 18 ne peut correctement être interprété que dans le sens catholique.

Nous proposons ici une recension des pères de l’Église démontrant que ces dernier enseignaient bien et sans conteste que l’Apôtre Pierre est bel et bien la pierre sur laquelle est fondée l’Église:

Tertullien (vers 155-vers 230)

« Voilà quels témoins rencontre l’Enfant-Dieu; il n’en aura pas d’autres dans un âge plus avancé. Pierre lui seul sera marié; sa belle-mère me l’indique; qu’il ait été monogame, je le conjecture par l’Eglise qui, fondée sur lui, devait composer de monogames l’ordre hiérarchique de ses rangs. Quant aux autres, dès que je ne trouve pas qu’ils aient été mariés, il faut nécessairement que je les suppose vierges et continents. » (De la Monogamie, VIII) [ATTENTION : contrairement à ce que le lecteur non averti pourrait penser, cela ne contredit pas le célibat ecclésiastique, lisez cet article pour pus d’information]

« Saint Pierre aurait-il ignoré quelque chose quelque chose, lui que le Christ a désigné du nom de la pierre sur laquelle il allait bâtir son Eglise, qui allait recevoir les clefs du royaume des cieux, avec le pouvoir de délier et de lier, sur la terre comme au ciel ? » (De la prescription, XXII dans PL, 2/34)

« Maintenant, je prends acte de ta déclaration, pour te demander à quel titre tu usurpes le droit de l’Eglise. Si de ce que le Seigneur a dit à Pierre: « Je bâtirai mon Eglise sur cette pierre; Je t’ai donné les clefs du royaume des Cieux, » ou bien: « Tout ce que lu lieras ou délieras sur la terre, sera lié ou délié dans les cieux; » tu t’imagines orgueilleusement que la puissance de lier et de délier est descendue jusqu’à toi, c’est-à-dire à toute l’Eglise, qui est en communion avec Pierre, quelle est ton audace de pervertir et de ruiner la volonté manifeste du Seigneur, qui ne conférait ce privilège qu’à la personne de Pierre? « C’est sur toi que je bâtirai mon Eglise », lui dit-il; c’est à toi que je donnerai les clefs, » et non à l’Eglise. « Tout ce que tu lieras ou que tu délieras; etc. » mais non pas tout ce qu’ils lieront ou délieront. » (De la pudicité, XXI)

Il enseigne aussi que que le Seigneur a « donné les Clefs à Pierre, et par lui à l’Eglise. » (Scorpiaque, X)

Origène (vers 185-vers 254)

« Vous voyez ce grand fondement de l’Église, cette pierre si solide sur laquelle le Christ a fondé son Église. Que lui dit le Seigneur .? Il lui dit : « Homme de foi, pourquoi as-tu douté?… ». » (Homélie V sur l’Exode n°4 dans PG, 12/329)

« Saint Pierre, sur lequel l’Église a été construite comme sur son fondement, Eglise contre laquelle les portes de l’enfer ne pourront prévaloir, nous a laissé seulement une épître, du moins la seule qui soit reçue à l’unanimité. » (Commentaire sur l’Evangile de saint Jean, Tome V, n° 3 dans PG, 14/187)

Pseudo-Clément (IIIème siècle)

« Sachez, seigneur, que Simon, qui, pour le bien de la vraie foi, et le fondement le plus sûr de sa doctrine, a été mis à part pour être le fondement de l’Église, et à cette fin a été nommé Pierre par Jésus lui-même, avec sa bouche vraie. » (Lettre de Clément à Jacques, II)

« [Pierre dit à Simon le Magicien à Rome] ‘Car vous êtes maintenant en opposition directe avec moi, qui suis le ferme rocher, le fondement de l’Eglise’. » (Homilies, XVII, 19)

Saint Hippolyte de Rome (vers 165-235)

« Par cet Esprit [Saint] Pierre prononça ces mots bénis: ‘Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant.‘ Par cet Esprit, la pierre de l’Église fut établie. » (Sur la Sainte Théophanie, IX)

Saint Hippolyte fut disciple de saint Irénée de Lyon (vers 125-vers 202), lui-même disciple de saint Polycarpe de Smyrne (vers 69-155), disciple de l’apôtre saint Jean.

Saint Cyprien (vers 200-258)

« Il n’y a qu’un Dieu, qu’un Christ, qu’une Église, qu’une chaire que la parole du Seigneur a établie sur Pierre comme fondement. Un autre autel ne peut être érigé, un autre sacerdoce ne peut être institué, en dehors de cet unique autel, de cet unique sacerdoce. » (Lettre 40, 5)

« Dieu nous dit et nous crie : « N’écoutez pas les discours des pseudo-prophètes, que leurs visions abusent. Ils parlent, mais ils ne sont pas les hérauts du Seigneur. Ils disent à ceux qui rejettent la parole du Seigneur : « La paix sera avec vous ». Ceux-là maintenant offrent la paix, qui ne l’ont pas, et l’on voit se faire forts de ramener à l’Église les lapsi ceux-là même qui se sont éloignés de l’Église. Il n’y a qu’un Dieu, qu’un Christ, qu’une Église, qu’une chaire que la parole du Seigneur a établie sur Pierre comme fondement. Un autre autel ne peut être érigé, un autre sacerdoce ne peut être institué, en dehors de cet unique autel, de cet unique sacerdoce. Quiconque amasse ailleurs, dissipe. Adultère, impie, sacrilège, tout ce qu’un égarement humain établit en violation des dispositions divines. Éloignez-vous du commerce de ces hommes et fuyez leur conversation comme on cherche à éviter, en s’écartant, le chancre ou la peste. Le Seigneur nous avertit quand Il dit : « Ce sont des aveugles qui conduisent des aveugles : or, quand un aveugle conduit un aveugle, ils tombent tous les deux dans le fossé ». (Mt 15,14). Ils s’opposent à ces prières que vous répandez avec nous jour et nuit devant Dieu, pour Lui offrir une juste satisfaction qui L’apaise, ils s’opposent aux larmes par lesquelles vous effacez la dette de vos fautes, ils s’opposent à la paix que vous sollicitez, avec sincérité et fidélité, de la Miséricorde du Seigneur. Ils ne savent pas qu’il est écrit : « Celui-là est-il prophète ou songeur, qui a parlé de manière à vous écarter du Seigneur votre Dieu ? » (Dt 13,5). Que personne, mes frères, ne vous écarte des voies du Seigneur. Que personne n’enlève à l’évangile du Christ des chrétiens comme vous, que personne ne prenne à l’Église des fils de l’Église, que ceux-là seuls périssent qui ont voulu périr, et que hors de l’Église demeurent seuls ceux qui se sont éloignés de l’Église; que ceux-là seuls ne soient point avec les évêques, que les évêques ont vus se révolter contre eux, et qu’ils soient seuls à subir la peine de leurs complots ceux qui, jadis d’après votre suffrage, maintenant d’après le jugement de Dieu, ont mérité d’être condamnés pour leurs complots et leur malice. » (Lettre 43)

Au sujet d’hérétiques: « Après tout cela, ils se sont encore fait sacrer un pseudo-évêque par des hérétiques, et c’est dans ces conditions qu’ils osent passer la mer [méditerranée], pour venir au siège de Pierre et l’Église principale [Rome], d’où l’unité épiscopale est sortie, et y apporter des lettres de schismatiques et de profanes [preuve de la reconnaissance de la juridiction universelle de l’Église de Rome]. Ils ne réfléchissent donc pas que ce sont là les mêmes Romains dont l’Apôtre a loue la foi [Rm I, 8] et auprès de qui la perfidie [au sens latin: per fide: perdre la foi] ne saurait avoir accès [preuve que tant pour l’auteur que pour les hérétiques en question, l’Eglise de Rome ne peut pas perdre la foi et est donc infaillible]. » (Lettre 59, 14)

« Dieu est véridique, et tout homme est menteur « . Et le Seigneur Lui-même dans l’évangile, voyant les disciples le quitter au milieu de son discours, se tourna vers les Douze et leur dit : « Est-ce que vous aussi, vous voulez vous en aller ? » Pierre Lui répondit : « Seigneur, à qui irions nous : c’est Toi qui as la parole de la vie éternelle, et nous Te croyons et reconnaissons que Tu es le Fils du Dieu vivant ».Celui qui parle là, c’est Pierre, sur qui l’Église avait été bâtie, et au nom de l’Église, il fait voir que quand bien même une multitude en révolte et refusant d’obéir s’éloignerait, l’Église cependant ne s’éloigne pas du Christ; il montre que l’Église, c’est pour lui le peuple uni à son pontife, et le troupeau resté près du pasteur. » (Lettre 66, 8)

« Il ne faut point se retrancher derrière la coutume, mais vaincre par la raison. Pierre, que le Seigneur a choisi tout d’abord, et sur lequel il a bâti son Église, se trouvant par la suite en désaccord avec Paul au sujet de la circoncision, ne montra point d’arrogance ou de prétention insolente; il ne dit point qu’il avait la primauté, et que les nouveau venus et les moins anciens devaient plutôt lui obéir, et il ne méprisa point Paul, sous le prétexte qu’il avait été persécuteur de l’Église, mais il se rendit de bonne grâce à la vérité et aux justes raisons que Paul faisait valoir. » (Lettre 71 à Quintinius, chapitre 3, n°1)

« Cela arrive, mes frères bien aimés, parce qu’on ne remonte pas à l’origine de la vérité; parce qu’on ne cherche pas le principe, parce qu’on ne conserve pas la doctrine du maître céleste. Si on se livrait à cet examen, on n’aurait besoin ni de longs traités, ni d’arguments. Rien de plus facile que d’établir sur ce point la foi véritable. Dieu parle à Pierre: Je te dis que tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église et les puissances des enfers n’en triompheront jamais. Je te donnerai les clefs du royaume du Ciel, et tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans le Ciels et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans le Ciel (Matt., XVI.). Après sa résurrection, il dit au même apôtre : Pais mes brebis. Sur lui seul il bâtit son Église, à lui seul il confie la conduite de ses brebis. Quoique, après sa résurrection,. il donne à tous ses apôtres un pouvoir égal, en leur disant : Comme mon Père m’a envoyé, je vous envoie; recevez le Saint-Esprit les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez, ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez (Joan., XX), cependant, afin de rendre l’unité évidente, il a établi une seule chaire et, de sa propre autorité, il a placé dans un seul homme le principe de cette même unité. Sans doute les autres apôtres étaient ce que fut Pierre; ils partageaient le même honneur, la même puissance, mais tout se réduit à l’unité. La primauté est donnée à Pierre, afin qu’il n’y ait qu’une seule Église du Christ et une seule chaire. Tous sont pasteurs; mais on ne voit qu’un troupeau dirigé par les apôtres avec un accord unanime. L’Esprit-Saint avait en vue cette Eglise une, quand il disait dans le Cantique des cantiques: Elle est une ma colombe, elle est parfaite, elle est unique pour sa mère; elle est l’objet de toutes ses complaisances (Cant., VI). Et celui qui ne tient pas à l’unité de l’Église croit avoir la foi! Et celui qui résiste à l’Église, qui déserte la chaire de Pierre sur laquelle l’Église repose, se flatte (113) d’être dans l’Église! écoutez l’apôtre saint Paul; il expose lui aussi le dogme de l’unité : Un seul corps, un seul esprit, une seule espérance de votre vocation, un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu (Ephés., IV). » (De unitate Ecclesiae, IV)

« Pierre aussi, à qui le Seigneur recommande que ses brebis soient nourries et gardées, à qu’Il a placé et fondé l’Église, dit en effet qu’il n’a ni argent ni or, mais qu’il est riche de la grâce du Christ – qu’il est riche dans sa foi et sa vertu – avec lesquelles sil a accompli de nombreuses grandes œuvres et miracles, avec lesquelles il a abondé en bénédictions spirituelles à la grâce de la gloire. » (De la conduite des vierges, chapitre 10 dans PL, 4/449)

Plus d’éléments sur saint Cyprien et la primauté de saint Pierre dans ce dossier en anglais: http://www.biblicalcatholic.com/apologetics/num44.htm

Saint Firmilien de Césarée (mort en 256)

« Et ici une juste indignation s’empare de moi devant l’évidente et manifeste folie d’Étienne. Ne le voit-on pas, lui, si fier du rang de son siège épiscopal, lui qui revendique l’honneur d’être le successeur de Pierre, sur qui ont été établis les fondements de l’Église, introduire beaucoup d’autres pierres, et beaucoup de nouvelles Églises, en prêtant au baptême qui se donne chez les hérétiques l’appui de son autorité ? Ce sont les baptisés, incontestablement qui remplissent les cadres de l’Église. Celui donc qui approuve leur baptême, admet aussi qu’il y a la une Église composée de ces baptisés. Et il ne s’aperçoit pas qu’on obscurcit, qu’on anéantit en quelque sorte la vérité de la pierre chrétienne, en trahissant ainsi et en abandonnant l’unité. Les Juifs, bien qu’aveuglés, et charges du plus grand des forfaits, ont cependant, au témoignage de l’apôtre, le zèle de la gloire de Dieu. Étienne, qui se vante de succéder à Pierre et d’occuper sa chaire, n’est animé d’aucun zèle contre les hérétiques, puisqu’il leur accorde au point de vue de la grâce, non un petit, mais un grand pouvoir. Il dit en effet, il soutient que, par le sacrement de baptême, ils effacent les souillures du vieil homme, relèvent des anciens péchés et de la mort, donnent par une nouvelle et divine régénération des enfants à Dieu, et par la sanctification du bain céleste rendent apte à la vie éternelle. » (Lettre à Cyprien, conservée par saint Cyprien : Lettre 75 (74), 16).

Ce document est intéressant car il prouve que saint Firmilien croit que l’Église est fondée sur Pierre et que l’évêque de Rome est son successeur, et ne remet pas cela en cause alors même qu’il se trouve en grave conflit avec ce dernier. En effet, cette lettre prend place dans le contexte de la querelle des rebaptisants qui vu s’affronter les saints. Il s’agissait de savoir si les baptêmes administrés par des hérétiques pouvaient être valides. La réponse est oui. Mais ce fut alors un conflit atroce qui vit entre autres le Pape saint Étienne soutenir la validité de ces baptêmes et saint Cyprien ainsi que saint Firmilien la nier. Aussi, cette lettre est tellement virulente et irrévérencieuse envers le Pape que l’authenticité en fut autrefois contestée (P. Marcellinus MOLKENBUHR, Binae dissertationes de S. Firmiliano, Münster, 1790, P.L., t. III, col. 1357-1418). Elle ne l’est plus aujourd’hui : locutions et manuscrits, tout attesté la main de l’évêque de Césarée (Acta sanctorum, Bruxelles, 1867, t. XII, octobris, p. 480-493). Ce témoignage a d’autant plus de valeur qu’il est hostile à l’individus qui à ce moment là est successeur de Pierre…

Eusèbe de Césarée (vers 260-vers 339)

Parlant du canon du Nouveau Testament à une époque où la IIème Épître de Pierre était contestée par certains, disait: « Pierre, sur qui est bâtie l’Eglise du Christ, contre laquelle ne prévaudront pas les Portes de l’Enfer, n’a laissé qu’une lettre incontestée ; et une seconde peut-être, car elle est controversée. » (Histoire ecclésiastique, VI, 25, 8)

Aphraate le Sage persan (270-vers 345)

Aphraate parle de l’Église comme « fondée par le Christ sur Pierre, témoin fidèle posé au milieu des nations. » (Démonstrations, XI, 12, P. S., I, 502. Cf. VI, 15, P. S., I, 335 ; X, 4, P. S., I, 454.). Ainsi que: « Les Apôtres Jean et Jacques sont les colonnes tres fortes de l’Église, mais Pierre en est le fondement. » (Démonstrations, XXIII, 12, P. S., t. II, p. 35. Sur saint Aphraate, voir l’étude de M. CHAVANIS, 1903.) Il écrivit encore: « le chef des disciples… le Seigneur l’accepta, l’établit comme la fondation, l’appela Pierre et structure de l’Eglise. » (Homélie De Paenitentibus, VII, 15 [337])

Saint Hilaire de Poitiers (315-367)

Ce plus ancien des Docteur de l’Église est souvent cité par les chrétiens non-catholiques contre l’interprétation catholique de Matthieu XVI, 18. Ils utilisent la citation suivante: « Cette foi est le fondement de l’Eglise; grâce à cette foi les portes de l’enfer ne peuvent prévaloir contre elle. » (De Trinitate, VI, 37 cité in Nicene and Post-Nicene Fathers, Series 2,Vol 9, p.112).

La vérité est que pour saint Hilaire comme pour tous les Père parlant de l’Eglise fondée sur la foi de Pierre, la foi et la personne de Pierre sont inséparables, en atteste ce que le même saint Hilaire dit dans ce même ouvrage: « Bienheureux Simon, qui, après sa confession du mystère fut placé comme pierre de fondation de l’Eglise, et reçut les clefs du royaume des cieux ». (De Trinitate, VI, 20 cité in NPNF2, vol 9, p.105).

« Pierre, crut en premier lieu, ensuite il est le prince de l’apostolat. » (Commentaires sur Matthieu, VII, 6)

« Ô, bienheureux fondement de l’Eglise, qui vous voyez attribuer un nouveau nom, pierre qui méritez bien de soutenir cette construction, puisque c’est vous qui allez détruire les portes de l’enfer, les portes du séjour maudit et tous les verrous de la mort ! Ô bienheureux portier du ciel, à la discrétion duquel sont remises les clefs qui donnent accès à l’éternité, etc. » (Commentaires sur l’Evangile de saint Matthieu, chapitre XVI, n°7 dans PL, 9/1010)

Saint Ephrem le Syrien (vers 303-373)

Ce grand docteur de l’Église syriaque, célébra la grandeur de l’enseignement pontifical, continuellement assisté par le Saint-Esprit: « Salut, ô sel de la terre, sel qui ne peut jamais s’affadir ! Salut, ô lumière du monde, paraissant à l’Orient et partout resplendissante, illuminant ceux qui étaient accablés sous les ténèbres, et brûlant toujours sans être renouvelée. Cette lumière, c’est le Christ; son chandelier c’est Pierre ; la source de son huile, c’est l’Esprit-Saint » (Enconium in Petrum et Paulum et Andream, etc.)

Il dit ailleurs: « [Jésus dit:] « Simon, mon disciple, je vous ai fait le fondement de la sainte Église. Je vous ai appelé de bonne heure Pierre, parce que vous aurez en charge l’ensemble de ses édifices. Vous êtes le surveillant de ceux qui bâtiront sur terre une Église pour moi… Je vous ai donné les clés de mon royaume. Voici, je vous ai donné l’autorité sur tous les trésors. » (Homélie IV, 1)

Saint Basile le Grand (330-379)

« Lorsque nous entendons prononcer ce nom « Pierre », nous entendons par là non la substance mais les propriétés qui concernent cet individus. Car ce nom évoque à notre esprit la personne du fils de Jonas, appelé au ministère de l’apostolat alors qu’il était pêcheur et qui reçu pour lui la prérogative de soutenir l’Eglise, à cause de sa profession de foi. Rien de tout cela n’équivaut à son essence, si par essence on entend la substance. » (Contre Eunome, Livre 2, n°4 dans PG, 29/578).

« Pierre, Roc sur lequel le Seigneur qu’Il bâtirait son Église. » (Commentaire sur Isaïe, II, 66 [375])

Grâce à la promesse du Christ, le pape persévérait absolument sans aucune défaillance, car sa foi avait la même stabilité que celle du Fils de Dieu Lui-même! « Pierre a été lancé placé pour être le fondement. Il avait dit à Jésus Christ: Vous êtes le Christ, Fils du Dieu vivant», et à son tour il lui fut dit qu’il était Pierre, quoiqu’il ne fut pas pierre immobile, mais seulement par la volonté de Jésus-Christ. Dieu communique aux hommes ses propres dignités. Il est prêtre, et il fait des prêtres; Il est pierre, et il donne la qualité de pierre, rendant ainsi ses serviteurs participants de ce qui lui est propre » (Homélie 29). Ce dernier passage de saint Basile jouit d’une autorité particulière dans l’Église catholique, puisqu’il fut inséré dans le catéchisme du concile de Trente (explication du symbole, section Credo in… Ecclesiam).

Voici une plus ample démonstration de cette pensée: « Pierre a renié son maître trois fois, et il n’en a pas moins été donné pour fondement à son Eglise. Pierre avait été déclaré bienheureux pour avoir dit :Vous êtes le Fils du Dieu très-haut ; et il lui avait été dit à son tour qu’il était pierre, éloge que lui donnait Jésus-Christ, qui lui-même était pierre d’une manière tout autrement excellente. Jésus est la pierre immuable par elle-même. Pierre n’est immuable que par la pierre qui lui communique son immutabilité. Car Jésus aime à faire part aux autres de ses avantages. Et il le fait sans s’appauvrir, sans diminuer ses richesses. Il est la lumière ; ce qui ne l’empêche pas de dire à ses apôtres : Vous êtes la lumière dit monde (MATTH., V, 14). Il est prêtre, et c’est lui qui fait les prêtres. Il est la brebis, et il dit : Voici que je vous envoie comme des brebis au milieu des loups (MATTH., X, 16). Il est la pierre, et il donne à Pierre son nom. Ce qu’il a, il le communique à ses serviteurs. Posséder et donner aux autres, c’est le caractère de l’opulence. » (in homiliâ de pænitentiâ, quæ est inter homilias variorum argumentorm ultima)

Ce même Père informa son ami saint Athanase qu’il avait l’intention de demander au souverain pontife d’exercer son autorité pour exterminer l’hérésie de Marcel d’Ancyre (Lettre 69). « La lettre de saint Basile, mentionnant cette demande d’intervention de l’évêque de Rome comme une affaire courante et ordinaire, attire à conclure qu’à cette époque c’était non seulement la conviction personnelle de Basile, mais aussi la conviction de tous, même en Orient, que l’évêque de Rome possède le pouvoir de juger souverainement, par lui-même, les questions doctrinales » (Messieurs les abbés VACANT et MANGENOT, Dictionnaire de théologie catholique, article « Infaillibilité du Pape »).

Saint Cyrille de Jérusalem (315-386)

« Pierre, le premier des Apôtres, et Chef Hérault de l’Église. » (Cathéchèses, XI, 3 [350]). Il nomme Pierre « le coryphée et le chef de file des Apôtres. »

Saint Optat de Milève (???-384)

Saint Augustin cite Optat aux côtés d’hommes disparus depuis longtemps, cet évêque « de vénérable mémoire » apparaît comme l’égal d’Ambroise de Milan.

« Puisque St Pierre a reçu de Jésus Christ les clefs du royaume des cieux, non seulement pour lui-même, mais encore pour tous les souverains pontifes ses successeurs » (Contre les donatistes, Contre Parménien, vide, I, 2)

« Nous prouvons que l’Église catholique est celle qui est répandue dans tout l’univers. Il s’agit maintenant d’énumérer ses privilèges, et de voir où ils se trouvent dans leur nombre de cinq ou de six, comme vous le dites. Le premier de ces privilèges, c’est de posséder une chaire qu’occupe un évêque, qui soit comme l’anneau sans lequel il n’y aurait pas lieu d’y joindre d’autres propriétés ; et il s’agit par conséquent de voir quel est l’évêque qui a siégé le premier, et où il a fixé son siège. Apprenez-le, si vous l’ignorez encore ; rougissez, si vous ne l’ignorez pas. On ne peut supposer que vous l’ignoriez ; il reste donc à dire que vous le savez. Errer avec connaissance de cause, c’est ce qui fait le crime. Car pour ce qui est de l’ignorance, elle est quelquefois excusable. Vous ne sauriez donc nier, sous prétexte d’ignorance, qu’à Rome Pierre ait le premier occupé la chaire épiscopale ; Pierre, le chef de tous les apôtres, et appelé pour cette raison Céphas [Ici saint Optat commet assez visiblement une erreur d’étymologie : le mot Cephas ne vient pas, comme il semble le croire, du mot grec κεφαλη, tête ou chef ; mais c’est un mot syriaque qui signifie la même chose que pierre ou rocher : « Tu vocaberis Cephas, quod interpretatur Petrus » (Jean, I, 42). Au reste, le mot grec κεφαλη peut avoir lui-même pour étymologie le mot syriaque כיפא]. C’est cette chaire qui doit être pour tout le monde le centre de l’unité, et à laquelle les autres apôtres n’ont jamais pu avoir la pensée d’opposer leurs chaires particulières ; en sorte que ce serait commettre ce crime de schisme, que d’élever aujourd’hui une autre chaire en opposition avec celle-là. Donc cette chaire unique, première des propriétés de l’Eglise, a été occupée par Pierre le premier. A Pierre a succédé Lin ; à Lin a succédé Clément ; à Clément Anaclet ; etc. ; à Jules, Libère ; à Libère Damase ; et à Damase, Sirice, qui est aujourd’hui notre collègue, et avec lequel tout l’univers, en même temps que nous-même, est en société de communion par le commerce des lettres formées [On trouvera dans le Protestantisme et la règle de foi du P. Perrone, t, II, p. 116-578 et suiv. (trad. franc.) ce qu’on doit entendre par lettres formées]. Vous, à votre tour, dites quelle est l’origine de votre chaire épiscopale, vous, qui vous attribuez les privilèges de la vraie Eglise. » (Contre les donatistes, Contre Parménien, livre II, 2-3). Juste après avoir donné la liste des évêques de Rome, démontre que les schismatiques sont en dehors de l’Église catholique en donnant pour preuve qu’aucun de leurs évêques n’est en communion avec la chaire de Rome et il conclut ainsi: « Cette chaire est le premier de tous les dons du Christ, et comme nous l’avons prouvé c’est saint Pierre qui nous l’a communiqué. » (Livre 2, chapitre 6 dans PL, 11/958.) […] « Et cette chaire de saint Pierre qui nous a été donnée est le principe grâce auquel nous parviennent tous les autres dons. » (Livre 2, chapitre 9 dans PL, 11/962.) Dans ce passage, saint Optat entend désigner avec cette prérogative de la chaire la note d’apostolicité, qui se trouve chez tous ceux qui sont en communion avec cette chaire, où réside la source et l’origine du pouvoir apostolique.

« Pour le bien de l’unité, le béni Pierre, pour qui il aura suffi que, après son reniement, il n’eût obtenu que le pardon, pour mériter d’être préféré à tous les Apôtres, et seul il a reçu les clefs du Royaume des Cieux pour les communiquer aux autres. » (Contre les donatistes, Contre Parménien, VII, 3).

Saint Grégoire de Nazianze (329-389)

« Vous voyez comment parmi les disciples du Christ, du moins parmi tous ceux qui furent les principaux et les plus signalés, c’est celui-ci qui se voit attribuer le nom d’une pierre et reçoit la charge de soutenir l’Eglise par sa profession de foi, tandis que c’est cet autre qui est aimé davantage [saint Jean] et repose sur la poitrine de Jésus [Jean XIII, 25]. » (Discours XXXII, sur la retenue à avoir dans les controverses, n°18, dans PG 36/194)

Saint Grégoire de Nysse (vers 335-394)

Frère cadet de saint Basile, affirma: « L’Église de Dieu à sa solidité dans Pierre, car c’est lui qui, d’après la prérogative qui lui a été accordée par le Seigneur, est la pierre ferme et très solide sur laquelle le Sauveur a bâti l’Église » (Panégyrique de Saint Stéphane, III, vers la fin)

Saint Ambroise de Milan (340-397)

Il interpréta le passage de Luc XXII, 32 en ce sens que le Seigneur avait affermi la foi de Pierre, afin que, « immobile comme un rocher », elle pût soutenir efficacement l’édifice de l’Eglise (Sermon 5). Dans sa glose sur le Psaume 40, Ambroise établit une équation qui allait devenir célèbre: « Là où est Pierre, là est l’Église. Là où est l’Église n’est pas la mort, mais la vie éternelle » (Commentaire sur le Psaume 40, 19). Autant dire: hors du pape, point de salut.

Il dit aussi dans son Hymne sur le chant du coq: « Tandis que ce coq chante, la Pierre de l’Eglise expie sa faute. » (Hymne 1 « AEterne rerum conditor », dans PL, 16/1409). Saint Augustin atteste que tel est le sens que beaucoup comprennent lorsqu’ils chantent ces vers de saint Ambroise: « Pendant que j’étais prêtre ; j’écrivis encore un livre contre une lettre de Donat, qui fut à Carthage le second évêque du parti donatiste après Majorinus. Dans cette lettre, il prétendait que si on n’était pas de sa communion on n’était pas baptisé en Jésus-Christ. Mon livre le combat. En un passage j’ai dit de l’apôtre saint Pierre que l’Eglise a été fondée sur lui comme sur la pierre ; c’est le sens que célèbre l’hymne très-répandue du bienheureux Ambroise dans ces vers sur le chant du coq: « A ce chant, la pierre de l’Eglise efface sa faute. » Mais je sais que très-souvent, dans la suite, j’ai expliqué cette parole du Seigneur: « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise,» en ce sens que cette pierre est Celui que Pierre a confessé en disant : « Vous êtes le Christ, Fils du Dieu vivant [Matthieu XVI, 18] ; » de la sorte, Pierre tirant son nom de cette pierre, figurait la personne de l’Eglise, qui est élevée sur elle et qui a reçu les clefs du royaume des cieux. Il ne lui a pas été dit en effet: « Tu es la pierre (petra), » mais : « Tu es Pierre (Petrus). » Car la pierre était le Christ; et Simon, l’ayant confessé comme toute 1’Eglise le confesse, a été nommé Pierre. Que le lecteur choisisse de ces deux interprétations celle qui lui semblera la plus probable. » (Rétractations, Livre 1, chapitre 21, n°1 dans PL, 32/618) Cette nouvelle hypothèse de saint Augustin est née d’une erreur linguistique, comme nous le démontrons ici.

Il dit encore: « [Christ] répondit: » Tu es Pierre, et sur ce roc je bâtirai mon Église » […] « Ne pourrait-il donc pas fortifier la foi de l’homme à qui, agissant de sa propre autorité, il a donné le royaume qu’il appelait le rocher, déclarant ainsi qu’il était le fondement de l’Église ? » (De le foi, IV, 5)

L’Ambrosiaster

« Il est bien vrai qu’il [saint Paut] devait être bien angoissé en voyant Pierre; pour lui qui était le premier parmi les apôtres, et fut délégué par le Sauveur aux soins des Églises. » (Commentaire sur l’Épître aux Galates, PL 17, 344)

Saint Damase (vers 300-384)

« Nous avons considéré qu’il faut annoncer que bien que toutes les Eglises catholiques se répandent à travers le monde comprennent une chambre nuptiale du Christ, néanmoins, la sainte Eglise Romaine fut placée au premier plan non par décret conciliaires des autres églises, mais a reçu la primauté par la voie évangélique de Notre Seigneur et Sauveur, qui dit: ‘Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise contre laquelle les portes de l’enfer ne prévaudront pas‘… La première est donc celle de l’apôtre Pierre, celle de l’église romaine, qui n’a ni tâche ni souillure ni rien de pareil. » (Décret de Damase, III [382]; ce document est assez mystérieux, il ne nous est pas connu que par le Décret gélasien traditionnellement daté de 496, mais dont la date doit peut-être être repoussée jusqu’en 523, année de la mort du Pape saint Hormisdas; toutefois, il est possible que ce décret ait vraiment Damase pour auteur; vous pouvez consulter cette étude).

Saint Epiphane de Salamine (vers 315-403)

Le saint archevêque interpréta Matthieu XVI, 18. Il affirma qu’il était impossible que l’Eglise Romaine fût vaincue par les portes de l’enfer, c’est-à-dire par les hérésies, parce qu’elle était appuyée sur la foi solide de Pierre, auprès de qui on trouvait la bonne réponse à toutes les questions, doctrinale. « C’est là le témoignage du prince des apôtres, qui a mérité d’être appelé bienheureux par le Seigneur, pour avoir reçu cette révélation du Père. C’est donc à lui que le Père désigne son propre Fils, et cela lui vaut d’être appelé. Mais saint Pierre nous a encore manifeste son propre Fils, et c’est pour cela qu’il est appelé bienheureux. Pierre à son tour manifesté le Saint-Esprit [dans son discours aux juifs, le jour de la Pentecôte] ; car il revenait au premiers des apôtres, à la pierre solide sur laquelle l’Église de Dieu a été fondée, cette Eglise contre laquelle les portes de l’enfer ne prévaudront pas [Matthieu XVI, 18]. Par ces portes de l’enfer il faut entendre les hérésies et les auteurs, des hérésies. En toutes manières, la foi est fondée solidement en lui: il a reçu les clefs du ciel, il délie et lie sur la terre et au ciel. en lui se résolvent les questions de la foi les ardues Pierre a renié trois fois et il s’est condamné trois fois jusqu’à ce que le coq ait chanté. Pour signifier la surabondance de son amour pour son propre maître, Pierre a insisté fortement en disant : « Même si tous te renient, je ne te renierai pas » (Mt 26, 32 ; Mc 14, 24) et ainsi Pierre l’a reconnu comme homme véritable. Pierre est celui qui a pleuré en entendant le chant du coq afin qu’il confesse en vérité que l’arrestation du Fils de Dieu n’était pas une apparence mais la vérité et qu’il dise, en pleurant sur son arrestation orchestrée par les pharisiens, que le Christ est homme véritable. Pierre est celui qui est sorti pour aller pêcher en Galilée ; il était un compagnon de celui qui se reposait sur la poitrine [du Christ] Celui-ci, Jean, d’une part, a appris auprès du Fils et prenant du Fils la puissance de la connaissance, il [l’]a révélée ; celui-là, Pierre, d’autre part, a reçu de l’aide d’auprès du Père et a affermi les fondements de la certitude de la foi [par sa confession]. C’est Pierre qui, après avoir été appelé, était dans le bateau sur le lac de Tibériade, nu, et pêchait – le disciple que Jésus aimait était avec lui. Et sur la parole que le Sauveur a dite : « Mes enfants, n’avez-vous pas un petit quelque chose à manger ? » et encore : « Jetez sur le côté droit du bateau et vous en trouverez » (Jn 21, 6), sur cette parole stupéfiante dite à Pierre, Jean, celui que Jésus aimait, a dit : « C’est le Seigneur » (Jn 21, 7), lui, le Christ, qui était, d’une part, homme selon la chair à partir de Marie qui l’avait conçu en vérité et non pas en apparence, mais Dieu, d’autre part, selon l’Esprit qui des cieux venait du Père. Pierre est celui qui a entendu d’auprès du Christ : « Pierre, pais mes brebis » ; il est celui qui était jugé digne de devenir le pasteur du troupeau, conduisant les brebis bien dans la puissance de son propre maître, confessant [l’incarnation] selon la chair, annonçant en vérité les choses du Père concernant le Fils, signifiant l’Esprit et sa dignité en divinité, donnant la main droite à Paul et à Barnabé et étant un compagnon avec Jacques et Jean afin que « par le témoignage de trois, toute parole soit établie. » (Dt 19, 15) » (Anchoratus, chapitre 9)

Saint Sirice (vers 320-399)

« Nous ne refusons pas à ta demande la réponse qui convient, puisque eu égard à Notre charge, Nous n’avons pas la liberté de pouvoir dissimuler ou taire quelque chose, puisque plus qu’à tous Nous incombe le zèle pour la religion chrétienne. Nous portons les charges de tous ceux qui peinent, et plus encore : les porte en Nous le bienheureux apôtre Pierre dont Nous croyons avec confiance qu’il Nous protège et Nous garde en toutes choses comme l’héritier de son ministère… » (Lettre Directa ad decessorem, 10 février 385, à l’évêque Himère de Tarragone, Introduction, §1)

« Maintenant, que tous vos prêtres observent la règle ici donnée, à moins qu’ils ne souhaitent être arrachés à la roche solide et apostolique sur laquelle Christ a construit l’Église universelle. » (Lettre Directa ad decessorem, 10 février 385, à l’évêque Himère de Tarragone, III, §2)

« Maintenant Nous encourageons encore et encore le propos de ta fraternité d’observer les canons et de garder les décrets édictés, pour que ce que Nous avons écrit en réponse à ta demande, tu fasses en sorte que cela soit porté à la connaissance de tous nos coévêques, et non pas de ceux-là seulement qui se trouvent dans ta province ; mais ce qui a été déterminé par Nous selon une ordonnance salutaire doit être envoyé aussi, accompagné de ta lettre, à tous les évêques de Carthage, de la Bétie, de Lusitanie et de Galice. Et bien qu’aucun prêtre du Seigneur n’ait la liberté d’ignorer les décisions du Siège apostolique ou les déterminations vénérables des canons, il pourra être néanmoins très utile et — compte tenu de l’ancienneté de ton sacerdoce — très glorieux pour ta Charité, que ce qui t’a été écrit à titre spécial en termes généraux soit porté, par ton souci de l’unanimité, à la connaissance de tous nos frères : afin que qui a été édicté par Nous, non pas de façon inconsidérée mais de façon circonspecte, avec une grande prudence et longue réflexion, demeure inviolé, et qu’à l’avenir soit fermée la voie des excuses, laquelle ne pourra plus être ouverte à personne auprès de Nous. » (Lettre Directa ad decessorem, 10 février 385, à l’évêque Himère de Tarragone, XV, §2o)

Saint Jean Chrysostome (vers 346-407)

Saint Jean Chrysostome est un Père dont la doctrine relative à saint Pierre peut-être difficile à cerner. C’est pourquoi nous suggérons la lecture de ce dossier sur saint Jean Chrysostome et saint Pierre dans l’Ecriture Sainte ici (français) ou ici (anglais). Et sur la primauté de l’évêque de Rome ici.

« Saint Pierre a dit : « Eloignez-vous de moi car je suis un pécheur ». Et c’est pourquoi il devint le fondement de l’Eglise. » (Homélie 3 sur Matthieu I, 1 dans PG, 57/38)

« Saint Pierre, le coryphée de cette assemblée, […] mis à la tête du monde entier, […] fondement de l’Eglise. » (Homélie sur le passage Hoc scitote [II Timothée III, 1], n°4 dans PG, 56/275)

« Quant à saint Pierre, base sur laquelle repose l’Eglise, qui aimait tant le Christ, etc. » (Homélie 4 sur Ozias ou Vidi Dominum [Isaïe VI, 1], n°3 dans PG, 56/123)

« Pierre lui-même, la tête, ou couronne, des Apôtres, le premier dans l’Eglise, l’ami du Christ, qui reçu la révélation non d’un homme mais du Père… Ce Pierre, quand je dis Pierre, je nomme cette pierre incassable, ce ferme fondement, de ce grand apôtre, le premier des disciples, le premier appelé, le premier obéissant à la voix du divin maître. » (De Eleemosyna, Homélie 3, De poenit.4 [387])

« [Pierre] Le premier des apôtres, la fondation de l’Eglise, le coryphées du chœur des disciples. » (Ad eos qui scandalizati 17)

[Sur ces paroles:] Vous autres, qui dites-vous que je suis ? : « Que va donc répondre Pierre, la bouche de tous les apôtres ? C’est bien à lui à répondre lorsque tous sont interrogés à la fois, lui partout si plein d’ardeur, lui le coryphée du collège entier.  » Un peu plus loin :  » Il (Jésus-Christ) l’établit pasteur de la multitude des croyants.  » Plus loin encore :  » Un pouvoir qui n’appartient qu’à Dieu, comme de remettre les péchés, de rendre l’Eglise inébranlable au milieu des plus violentes tempêtes, de faire à son Eglise d’un pauvre pêcheur un fondement plus solide que les pierres les plus dures et capable de résister à l’univers entier, voilà ce qu’il promet à Pierre » (Hom. 55, al. 84, in Matthæum)

« Pourquoi Jésus-Christ a-t-il versé son sang ? Pour faire l’acquisition de ce troupeau dont il voulait confier le soin à Pierre et à ses successeurs. C’est donc avec raison qu’il disait : Quel est le serviteur fidèle et prudent que le maître a établi sur ses serviteurs ? » (Du Sacerdoce, II)

Il insista sur l’étymologie symbolique du nom du premier pape: « Saint Pierre a été ainsi nommé, en raison de sa vertu. Dieu a comme déposé dans ce nom une preuve de la fermeté de l’apôtre dans la foi » (Quatrième Homélie sur les changements de noms).

Il suggéra la solidité admirable de la foi de Pierre par une image: « Il y a beaucoup de flots impétueux et de cruelles tempêtes, mais je necrains pas d’être submergé, parce que je me tiens sur la pierre. Que la mer s’agite furieuse, peu m’importe: elle ne peut renverser cette pierre inébranlable » (Lettre 9 à Cyriaque).

« C’est une chose juste et louable d’honorer cet apôtre à qui le Fils de Dieu a promis de bâtir sur lui son Eglise, en récompense du témoignage qu’il a été inspiré de rendre à sa divinité ; de lui donner les clefs du royaume des cieux, et de confirmer dans le ciel la sentence d’indulgence ou de rigueur qu’il porterait sur la terre.  » Un peu plus loin, interpellant saint Pierre lui-même :  » Où sont les clefs du royaume des cieux ? Où est ce titre glorieux qui vous a été donné de fondement de l’Eglise ?  » Plus loin encore :  » Les chœurs céleste des anges l’ont comblé de leurs éloges ; le collège des apôtres, plein d’admiration pour sa personne, a reconnu en lui son oracle. Tous ceux qui ont cru à Jésus-Christ en prenant cet apôtre pour chef et pour maître n’ont point donné dans l’écueil de l’infidélité. Parvenu qu’il est maintenant au ciel, nous l’invoquons comme la colonne la plus glorieuse du nouveau peuple de Dieu, comme le pilote spirituel qui conduit le vaisseau de l’Eglise à travers les dangers de la mer de ce monde. C’est là vraiment le soutien du corps apostolique, le maître de la doctrine céleste ; Pierre enfin, cette merveille du monde, la gloire de l’Eglise, l’honneur du peuple chrétien, l’ornement des docteurs, la bouche par laquelle le Christ rend ses oracles, etc.  » On lit encore vers la fin :  » Pour vous, ô Pierre, pierre et fondement de l’Eglise de Jésus-Christ, chef suprême des apôtres, prenez compassion de nous et assistez-nous aujourd’hui [etc] ». (Serm. in adorationem venerabilium catenarum et gladii sancti et apostolorum principis Petri)

« Il s’agissait de confier à l’apôtre Pierre les Eglises de l’univers entier, la multitude des peuples, et pour tout dire, les clefs du royaume des cieux. Que lui dit en effet le Seigneur ? Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel. Mais voyez dans quel péché il a permis que tombât ce grand apôtre le chef de tout le collège apostolique, ce fondement inébranlable, cette pierre immobile, capable de résister à tous les assauts, ce prince de l’Eglise, ce port imprenable, cette forte et invincible tour. Pierre, dis-je, cette colonne et ce rempart de l’Eglise, a cédé non pas même à des menaces, mais à un simple mot d’une servante. Un mot d’une simple fille s’est fait entendre, et cette colonne a été ébranlée. Elle a dit, et le rempart a chancelé. Dieu a permis ce péché dans celui qui allait avoir la charge de l’Eglise entière, dans cette colonne de toutes les Eglises du monde, dans ce port où la foi ne pourra faire naufrage, dans ce docteur chargé de l’enseignement de tout le monde, sans doute pour que, lorsqu’il aurait à gouverner les peuples, il ne se montrât pas sévère et inexorable, mais plutôt compatissant pour les fautes de ses frères. » (Homélie sur les saints Pierre Apôtre et le prophète Élie)

Saint Jérôme de Stridon (347-420)

« Si on entend le sens de cette métaphore de la pierre, le Christ veut précisément dire à saint Pierre : « Je bâtirai mon Eglise sur toi. ». » (Commentaire sur l’Evangile de saint Matthieu, Livre 3, sur Matthieu XVI, 18, dans PL, 26/117)

« Le Christ fonde son Eglise sur l’une de ces montagnes et lui dit ; « Tu es Pierre et sur cette pierre etc. ». » (Commentaire dur Isaïe, chapitre 2, verset 2 dans PL 24/43)

« De la même manière que Notre-Seigneur a appelé les apôtres lumières du monde, et qu’il a donné encore d’autres noms particuliers à quelques-uns d’eux ; ainsi a-t-Il surnommé Simon du nom de Pierre, à cause de la fermeté de sa foi en lui, comme une pierre fondamentale de l’Eglise qu’il allait élever. Conséquemment à la même métaphore, il lui dit avec une sagesse infinie : Je bâtirai sur vous mon EgliseQue le lecteur se demande à lui-même comment, après l’avoir béatifié à ce point, il lui dit ailleurs : Retirez-vous, Satan, vous m’êtes à scandale. Par quel changement soudain appelle-t-il Satan celui à qui il venait de décerner de si grandes louanges ? Mais si l’on y fait bien attention, on verra que toute cette bénédiction, toute cette béatitude, toute cette puissance, ce privilège enfin d’être la pierre sur laquelle il bâtira son Eglise, tout cela est promis pour l’avenir, et non accordé pour le présent. Je bâtirai sur toi, dit-il, mon Eglise, et les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle ; et je te donnerai les clefs du royaume des cieux. Tout ici, comme on le voit, est au futur. S’il lui avait donné dès lors tous ces privilèges, il n’aurait pas permis qu’il s’échappa à dire cette parole répréhensible. » (Commentaire sur Matthieu, chapitre XVI)

« Vous dites, l’Eglise est fondée sur Pierre, il est vrai, mais la même chose est dite ailleurs des autres apôtres ; tous ont pareillement reçu les clefs du royaume des cieux, et l’Eglise porte également sur chacun d’eux. Avouez cependant qu’un seul est choisi sur les douze, pour que, par l’établissement d’un chef, toute occasion soit enlevée au schisme. » (Premier livre contre Jovinien, chapitre XIV)

Dans ses lettres au pape saint Damase où il questionnait ce dernier sur le schisme de l’église d’Antioche, et y défendit rigoureusement la nécessité d’être uni au pontife romain : « Comme l’Orient divisé en lui-même par les haines invétérées de ses peuples, déchiré par pièces et morceaux la tunique sans couture et tissée par le haut de Notre-Seigneur, et que les renards ravagent la vigne du Christ, comme d’ailleurs il est difficile, au milieu de ces citernes entrouvertes qui ne peuvent retenir l’eau (JER., II, 13), de dire où est la fontaine scellée, le jardin fermé (Cant., IV, 12) ; j’ai cru devoir consulter la chaire de Pierre, et cette foi romaine tant exaltée par l’apôtre, en demandant l’aliment de mon âme là où j’ai autrefois reçu le vêtement de Jésus-Christ. Car toute la distance des terres et des mers, qui nous séparent n’a pas pu m’empêcher d’aller à la recherche de cette pierre précieuse. Partout où est le corps, là il faut que les aiglons se rassemblent (LUC, XVII, 37). Après que le patrimoine a été dissipé par une race pervertie, c’est chez vous seuls que se trouve intact l’héritage de nos pères. Chez vous la terre féconde reproduit au centuple et en belle qualité la divine semence qui lui est confiée ; chez nous au contraire le froment enfoui dans les sillons dégénère en avoine et en ivraie. Maintenant c’est en Occident que se lève le soleil de justice, tandis qu’en Orient ce Lucifer, qui était tombé, élève son trône au-dessus des astres. Vous autres, vous êtes la lumière du monde, vous êtes le sel de la terre, vous êtes des vases d’or ou d’argent ; parmi nous on ne trouve que vases de terre ou de bois, qui attendent une verge de fer pour les briser, ou le feu éternel qui les consumera. Ainsi donc, quoique je tremble devant votre majesté, je me sens invité par votre clémence. Au pontife je demande la victime du salut, au pasteur sa protection pour une brebis du troupeau. Loin de vous les sentiments d’envie ; loin de vous le faste de la grandeur romaine : je parle au successeur du pêcheur, au disciple de la croix. Sans reconnaître d’autre chef que Jésus-Christ, je m’unis de communion avec votre béatitude, c’est-à-dire avec la chaire de Pierre ; je sais que c’est sur cette pierre qu’est bâtie l’Eglise. Quiconque mange l’agneau hors de cette maison, est un profane. Quiconque ne sera pas dans cette arche de Noé périra dans les eaux du déluge… Je ne connais pas Vital, je rejette Mélèze, je ne connais pas davantage Paulin. Celui qui ne ramasse pas avec vous, dissipe, c’est-à-dire, celui qui n’est pas à Jésus-Christ est à l’antechrist… C’est pourquoi je supplie votre béatitude par celui qui a été crucifié, par le salut du monde, par la Trinité consubstantielle, de m’autoriser par quelqu’une de vos lettres, soit à dire, soit à taire trois hypostases. Et de peur que l’obscurité du lieu où je demeure n’occasionne quelque mépris, daignez me faire parvenir votre réponse par le prêtre Evagre que vous connaissez fort bien ; faites-moi savoir en même temps avec qui je dois me mettre en communion à Antioche : car les hérétiques Campiens, unis aux Tharsiens, n’ont pas de plus grande ambition que de faire triompher les trois hypostases entendues dans leur sens, en s’appuyant de votre autorité. » (Lettre 14 à Damase)

« Pourquoi reprendre les choses de si loin ? C’est pour que de votre grandeur vous abaissiez vos regards sur ma bassesse ; pour que, pasteur opulent, vous ne dédaigniez pas une brebis malade. » Il dit ensuite, un peu plus loin : « Quoique j’aie, comme je l’ai écrit déjà, le vêtement du Christ (le baptême) dans la ville de Rome, je suis maintenant relégué dans les plages barbares de la Syrie. Et pour que vous ne pensiez pas que c’en soit un autre qui m’ait condamné à cet exil, c’est moi-même qui en ai porté la juste sentence contre moi-même. Mais, comme dit le poète latin, ceux qui s’en vont au-delà des mers peuvent changer de climat sans changer de dispositions [« Cœlum, non animum mutant qui trans mare currunt. » (Horace, Lettre 2)]. Mon implacable ennemi s’est tellement mis à mes trousses, que j’ai à soutenir dans cette solitude des combats encore plus violents. Car, tandis que d’un côté la fureur arienne se déploie appuyée par la puissance du siècle, de l’autre les trois factions qui partagent l’Eglise s’efforcent de m’attirer chacune à elles. Les moines du voisinage, établis avant moi dans le pays, se prévalent contre moi de leur priorité de possession. Au milieu de tout cela, je crie : Celui-là est de mon côté, qui est uni à la chaire de Pierre. Mélèce, Vital et Paulin se disent en communion avec vous. Si un seul l’affirmait, je pourrais l’en croire ; mais ici, il faut ou que deux à la fois mentent, ou même que tous les trois le fassent. Je supplie donc votre béatitude par la croix de Notre-Seigneur, par tout ce que demande l’honneur de notre foi, par la passion de Jésus-Christ, de vous montrer tellement par vos actions le digne successeur des apôtres, de siéger sur votre trône de société avec les douze avec une telle autorité, de vous laisser ceindre avec Pierre dans votre vieillesse avec une telle douceur, d’avoir tellement avec Paul votre conversation dans le ciel, que vous ne m’en fassiez pas moins connaître par vos lettres avec qui je dois me mettre en communion dans ce pays de Syrie. Ne méprisez pas une âme pour laquelle est mort Jésus-Christ. » (Lettre 16 à Damase)

Et on doit remarquer que saint Jérôme ne fait pas de différence entre le Christ et le pape lorsqu’il s’agit de la foi ; car on peut voir clairement qu’il se place à ce dernier point de vue si on lit sa lettre quatre.

D’après saint Jérôme, les fidèles pouvaient en toute sûreté suivre les enseignements pontificaux, car la chaire de Pierre gardait incorruptiblement l’héritage de la foi: « La sainte Église romaine, qui est toujours demeurée sans tache, demeurera encore dans tous les temps à venir ferme et immuable au milieu des attaques des hérétiques, et cela par une protection providentielle du Seigneur et par l’assistance du bienheureux Pierre. » (in: Mgr de Ségur, Le Souverain Pontife, in Œuvres complètes Paris 1874, t. III, p. 80)

Saint Maxime de Turin (mort vers 420)

« Ce Pierre sur qui Christ a librement accordé un partage en son nom. Car comme Christ est le rocher, comme l’a enseigné l’apôtre Paul, ainsi, par Christ, Pierre est fait rocher et le Seigneur lui dit: ‘Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise…’ » (Homélie 63 [408])

Saint Sixte III (mort en 440)

« Le bienheureux Pierre dans ses successeurs a livré ce qu’il a reçu » (Lettre VI, à Jean d’Antioche)

Saint Augustin d’Hippone (354-430)

Lire une étude sur ce Père et la fondation de l’Église sur saint Pierre ici.

Saint Prosper d’Aquitaine (vers 390-vers 463)

« Le plus ferme des rocher, qui [Pierre] du rocher principal [le Christ] a reçu en partage sa vertu et son nom. » (L’appel à toute les nations, II, 28  [426])

Concile d’Ephèse (431)

« Il n’y a pas de doute, et en fait cela fut connu dans tous les âges, que le saint et très-heureux Pierre, prince et tête des Apôtres, pilier de la foi, et fondation de l’Eglise catholique, reçu les clés du royaume de Notre-Seigneur Jésus-Christ, le Sauveur et Rédempteur de la race humaine, et qu’à lui fut donner le pouvoir de remettre et retenir les péchés; qui depuis le commencement jusqu’à aujourd’hui et pour toujours, vit et juge en ses successeurs. Le saint et très-heureux Pape Célestin, selon l’ordre est don successeur et tient sa place. » (Intervention du prêtre Philippe, IIIè session)

Saint Cyrille d’Alexandrie (370-444)

Cet évêque qui a joué un rôle clé lors du Concile d’Ephèse, qu’il dirigea, déclarait : « Il [Jésus] lui intima de ne plus se faire appelé Simon…. Il changea son nom par Pierre, du mot ‘petra’ [pierre] ; car sur lui, Il allait fonder Son Eglise. Le Christ a jugé bon de désigner saint Pierre en recourant à une similitude bien adaptée, celle de la pierre, pour indiquer qu’il allait fonder son Eglise sur cet apôtre. » (Commentaire de l’Evangile de saint Jean, sur I, 42 dans PG, 73/219)

Dans son Commentaire sur Luc (XXII, 32), expliqua que l’expression « confirme tes frères » signifiait que Pierre était le maître et le soutien de ceux qui venaient au Christ par la foi. Il commenta également l’évangile selon St. Matthieu. « D’après cette promesse [Tu es Petrus et], l’Église apostolique de Pierre ne contracte aucune souillure de toutes les séductions de l’hérésie (Commentaire sur Luc XXII, 32, cité in: St. Thomas d’Aquin, Chaîne d’or sur Matthieu XVI, 18).

Saint Sechnall d’Irlande (375-447)

« Ferme dans le crainte de Dieu, et dans la foi inébranlable, l’Eglise [d’Irlande] est construite sur [saint Patrick] comme sur Pierre ; […] ; contre lui les portes de l’enfer ne prévaudront pas. » (Hymne à la louange de Saint Patrick, III)

Saint Léon le Grand (vers 395-461)

Ce Pape laissait entendre que saint Pierre vivait et enseignait par la bouche de ses successeurs: « Le bienheureux Pierre, conservant toujours cette consistance de pierre qu’il a reçue, n’a pas abandonné le gouvernail de l’Église […]. Si donc nous faisons, quelque chose de bon, si nous pénétrons avec justesse dans les questions, si quelque chose est gagné de la miséricorde de Dieu par nos supplications quotidiennes, c’est l’œuvre, c’est le mérite de celui dont la puissance vit et dont l’autorité commande dans son Siège […] À celui qu’ils savent non seulement être le maître de ce Siège, mais aussi le primat de tous les évêques. Qui par conséquent […] croient qu’il parle par son représentant que nous sommes [il emploi de « nous » de majesté] » (In anniversario Assumptionis suae, sermon III, 3-4 [442]).

Pierre et ses successeurs étaient, assurés d’une rectitude doctrinale inébranlable: « Le messie est annoncé comme devant être la pierre choisie, angulaire, fondamentale (Isaïe XXVIII, 16) », C’est donc son propre nom que Jésus donne à Simon, comme s’il luidisait: «Je suis la pierre inviolable, la pierre angulaire, qui réunit en un deux choses; je suis le fondement auquel nul n’en peut substituer un autre; mais toi aussi, tu es pierre, car ma force devient le principe de ta solidité, en sorte que ce qui m’était propre et personnel à ma puissance, te devient commun avec moi par participation. » (In anniversario Assumptionis suae, sermon 4): le Christ est la Pierre et il communique cette dignité à son Apôtre.

« Le Seigneur souhaita etre effectivement la préoccupation de tous les apôtres: et de lui comme de la tête, il souhaite que les dons s’écoulent dans le corps: afin que celui que quiconque ose se séparer du solide Rocher de Pierre puisse comprendre qu’il n’a pas part ou destinée dans le divin mystère. » (Lettre X, aux évêques de Vienne [450])

Ce pape dit encore « Au cours de tant de siècles, aucune hérésie ne pouvait souiller ceux qui étaient assis sur la chaire de Pierre, car c’est le Saint-Esprit qui les enseigne » (Sermon 98).

Concile de Chalcédoine (451)

Les Pères de ce concil déclarèrent formellement au sujet de saint Léon: « Dieu, dans sa providence, s’est choisi, dans la personne du pontife romain un athlète invincible, impénétrable à toute erreur, lequel vient d’exposer la vérité avec la dernière évidence ». Lors du même concile, Paschasinus déclara à sa IIIème cession: « C’est pourquoi le plus saint et béni Léon, archevêque de la grande et aînée Rome, à travers nous, et à travers ce présent synode très saint avec le trois fois béni et tout glorieux Pierre Apôtre, qui est le rocher et le fondement de l’Eglise catholique, et le fondement de la foi orthodoxe, l’a dépouillé de son épiscopat et lui a aliéné toute dignité hiératique. ‘Pierre, l’apôtre, qui est le rocher et le support de l’Eglise catholique’. »

Saint Gélase (???-496)

« La saint Eglise Romaine est supérieure aux autres églises, non pas en vertu de quelque décret conciliaire, mais obtint cette primauté de Notre-Seigneur et Sauveur en ces mots de l’Evangile: ‘Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise‘ » (Décret de Gélase [492])

Saint Hormisdas Ier (450-523)

Ce Pape envoya à la cour impériale de Constantinople – qui l’avait sollicité pour mettre fin aux schismes qui dècheraient l’Orient – le 1er août 515, un document intitulé Libellus Fidei, ou encore Regula Fidei, ce qui peut se traduire par Programme de la foi, Opuscule de la foi, Règle de la foi ou encore Profession de foi, mais plus connu sous le nom de Formulaire d’Hormisdas. Tous les évêques d’Orient devaient y souscrire. Une des vérités impératives exprimées dans ce texte était que l’orthodoxie s’est toujours maintenue à Rome : « La condition première du salut est de garder la règle de la foi juste et de ne s’écarter d’aucune façon des décrets des pères. Et parce qu’il n’est pas possible de négliger la parole de notre Seigneur Jésus Christ qui dit :  » Tu es Pierre, et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise  » Mt 16,18, ce qui a été dit est prouvé par les faits ; car la religion catholique a toujours été gardée sans tache auprès du Siège apostolique [autre version du texte: c’est seulement dans la chaire de Rome que les faits postérieurs ont correspondu à la parole du Christ]. Ne voulant donc nous séparer d’aucune façon de cette espérance et de cette foi, et suivant en toutes choses ce qu’ont décrété les pères, nous anathématisons tous les hérétiques, et principalement l’hérétique Nestorius qui fut jadis évêque de la ville de Constantinople, condamné au concile d’Ephèse par Célestin, le pape de la ville de Rome, et par saint (l’homme vénérable) Cyrille, l’évêque de la ville d’Alexandrie ; avec celui-ci (de même)nous anathématisons Eutychès et Dioscore d’Alexandrie, condamnés au saint synode de Chalcédoine que nous suivons et embrassons ( qui, suivant le saint concile de Nicée, a proclamé la foi apostolique). Nous y ajoutons (nous exécrons également) le criminel Timothée, surnommé Aelure, ainsi que son disciple et partisan en toutes choses Pierre d’Alexandrie ; et de même nous condamnons (également) et nous anathématisons Acace, jadis évêque de Constantinople, condamné par le Siège apostolique, leur complice et partisan, et ceux qui sont restés en communion avec eux ; car (Acace), s’étant joint à leur communion, a mérité la même sentence de condamnation. De même nous condamnons Pierre d’Antioche avec tous ceux qui l’ont suivi et les partisans de ceux qui ont été mentionnés plus haut. (Mais) c’est pourquoi nous recevons et approuvons toutes les lettres du bienheureux pape Léon, qu’il a écrites touchant la religion chrétienne. Comme nous le disions plus haut, suivant en toutes choses le Siège apostolique et prêchant tout ce qu’il a décrété, j’espère (donc) mériter de rentrer dans la communion avec vous que prêche le Siège apostolique, communion dans laquelle réside, entière et vraie (et parfaite) la solidité de la religion chrétienne ; nous promettons (je promets) aussi que (à l’avenir) les noms de ceux qui sont séparés de la communion de l’Eglise catholique, c’est-à-dire qui ne sont pas en accord avec le Siège apostolique, ne seront pas lus durant les saints mystères. (Mais si je tentais de dévier en quoi que ce soit de ma profession de foi, je confesse que, selon mon propre jugement, je serais un complice de ceux que j’ai condamnés.) Cette profession de foi je l’ai souscrite de ma propre main, et je l’ai transmise (envoyée) à toi, Hormisdas, le saint et vénérable pape de la ville de Rome. »

Plus tard, le Pape Adrien II fit souscrire à ça texte tous les Pères grecs et latins lors du IVème concile de Constantinople (10e session du 28 février 870).

Les Pères du Concile Vatican I – qui défini le dogme de l’infaillibilité pontificale – commentèrent ce texte comme il suit. Ils dirent de l’affirmation selon laquelle la promesse du Christ « s’est vérifié dans les faits » dans le siège de Rome: « Ceci doit être entendu non seulement comme un simple fait (facto) mais aussi comme un droit (jure) constant et immuable, en [vertu] des paroles du Christ [« Tu es Pierre etc.»], qui demeurent immuables. Aussi longtemps que durera la pierre sur laquelle le Christ fonda l’Église, aussi longtemps la religion catholique et la doctrine sainte seront gardées immaculées dans le Siège apostolique, et ce de par le droit divin. […][L’infaillibilité pontificale] est parfaitement contenue dans le Formulaire d’Hormisdas (avec l’ajout d’Adrien II), qui dit: en vertu des paroles du Christ «Tu es Pierre etc.,», dans le Siège apostolique, c’est-à-dire par Pierre et par ceux qui lui succèdent en cette chaire, la religion et la doctrine ont toujours été gardées immaculées, et comme cela a été montré plus haut), de droit divin, elles seront toujours gardées [à l’avenir]. Ceci équivaut certainement à la proposition qui dit: les évêques romains qui occupent le Siège de Pierre sont, par rapport à la religion et à la doctrine, immunisés contre l’erreur » (Relatio de observationibus Reverendissimorum concilii Patrum in schema de romani pontificis primatu, in: Gerardus SCHNEEMANN, Acta et decreta sacrosancti oecumenici concilii Vaticani cum permultis aliis documentis concilium ejusque historiam spectantibus, Freiburg 1892, col. 281 – 284).

Finalement, Vatican I intégra une citation abrégée du Formulaire au chapitre 4 de Pastor aeternus, contenant la définition du dogme de l’Infaillibilute pontificale: « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église » (Matthieu XVI,18); ce qui a été dit et prouvé par les faits; car la religion catholique a toujours été gardée sans tache dans le Siège apostolique et la doctrine catholique toujours professée dans sa sainteté (…) Nous espérons mériter de rester dans la communion avec vous que prêche le Siège apostolique, communion dans laquelle réside, entière et vraie, la solidité de la religion chrétienne. »

Pape Pélage II (520-590)

« Car, bien que le diable ait voulu tamiser tous les disciples, le Seigneur témoigne Lui-même qu’Il a sollicité Pierre seul, et a souhaité que les autres soient confirmés par lui; et à Pierre il confia aussi la charge de ‘paître les agneaux’ [Jean XXI, 15]; et à lui aussi le Seigneur remis les ‘Clés du Royaume des Cieux’ [Matthieu XVI, 19], et sur lui Il a promis de ‘bâtir Son Eglise’ [Matthieu XVI, 18]; et Il témoigna que ‘les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle’ [Matthieu XVI, 18] » (Lettre Quod ad dilectionem adressée aux évêques schismatiques d’Istrie [585])

Saint Grégoire le Grand (vers 540-604)

« Qui peut-être ignorant du fait que la sainte Eglise est consolidée dans la solidité du prince des Apôtres, dont la fermeté de caractère s’étendait à son nom, il dut donc être appelé Pierre, en référence à la ‘pierre’, quand la voie de la Vérité dit, ‘Je te confierai les clés du royaume des cieux‘. Il lui dit encore ‘quand tu seras converti, affermis tes frères‘. » (Lettre 40)

« Pour tous ceux qui connaissent l’Evangile, il est évident que par la parole du Seigneur, le soin de toute l’Eglise a été confié au saint Apôtre Pierre, chef de tous les Apôtres […] Il a reçu les clés du royaume du ciel, la puissance de lier et de délier lui est attribuée, et le soin et le gouvernement de toute l’Eglise lui est confié. » (Lettre à l’empereur Maurice Auguste, Registre des lettres, livre V, lettre XX)

Théophylacte d’Ohrid (1030-1108)

 » « Et quand tu te seras converti, confirme tes frères. » Le sens de cette expression est fort clair : je te considère comme le chef de mes disciples et c’est pourquoi lorsque tu auras pleuré après m’avoir renié et te seras repenti, confirme tous les autres. Car cela te revient, puisque, après moi, c’est toi qui est la pierre et le fondement de l’Eglise. » (Commentaire sur l’Evangile de saint Luc, 22/32 dans PG, 123/1074)

Ce témoignage est d’autant plus significatif qu’il est fait par un évêque de l’Eglise orthodoxe, postérieurement au schisme, et considéré comme un saint par l’église orthodoxe.

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10 commentaires sur “L’enseignement des Pères de l’Église sur « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église » (Matthieu XVI, 18)

  1. Pingback: Démonstration de la primauté de Pierre et de la Papauté | +†+Yesus Kristus azu+†+

  2. Maxime Georgel
    15 octobre 2015

    Merci a vous pour cet article et pour le travail que vous faites sur ce site. Puisqueje commente pour la première fois, autant me présenter : je suis un jeune (17ans) chrétien, je suis protestant, réformé baptiste. Je vais suivre vos articles avec grand intérêt.

    Je relève toutefois quelques mauvaises représentations et citations des Pères dans votre article. J’encourage donc vos lecteurs à lire eux mêmes les Pères dont les ecrits sont assez accessibles, prenez cette habitude. Je ne vais pas repertiorier ici ces citations qui peuvent paraitre comme malhonnêtes et sorties de leurs contextes pour la simple raison que cet article le fait de façon plus complète que je pourrais le faire (en anglais) : http://www.the-highway.com/Matt16.18_Webster.html

    Bonne lecture!

    • Maxime Georgel
      21 novembre 2015

      Car il ne suffit pas de dire que Pierre est la pierre pour montrer sa primauté au-dessus des autres apôtres (Éph 2:20), ni que cette primauté s’étendrait à l’évêque de Rome (et uniquement à lui).

  3. Maxime Georgel
    16 octobre 2015

    voici ce qu’en pense Ambroise par exemple :

    He, then, who before was silent, to teach us that we ought not to repeat the words of the impious, this one, I say, when he heard, ‘But who do you say I am,’ immediately, not unmindful of his station, exercised his primacy, that is, the primacy of confession, not of honor; the primacy of belief, not of rank. This, then, is Peter, who has replied for the rest of the Apostles; rather, before the rest of men. And so he is called the foundation, because he knows how to preserve not only his own but the common foundation…Faith, then, is the foundation of the Church, for it was not said of Peter’s flesh, but of his faith, that ‘the gates of hell shall not prevail against it.’ But his confession of faith conquered hell. And this confession did not shut out one heresy, for, since the Church like a good ship is often buffeted by many waves, the foundation of the Church should prevail against all heresies (The Fathers of the Church (Washington D.C., Catholic University, 1963), Saint Ambrose, Theological and Dogmatic Works, The Sacrament of the Incarnation of Our Lord IV.32-V.34, pp. 230-231).

    Jesus said to them: Who do men say that I am? Simon Peter answering said, The Christ of God (Lk. ix.20). If it is enough for Paul ‘to know nothing but Christ Jesus and Him crucified,’ (1 Cor. ii.2), what more is to be desired by me than to know Christ? For in this one name is the expression of His Divinity and Incarnation, and faith in His Passion. And accordingly though the other apostles knew, yet Peter answers before the rest, ‘Thou art the Christ the Son of God’…Believe, therefore, as Peter believed, that thou also mayest be blessed, and that thou also mayest deserve to hear, ‘Because flesh and blood hath not revealed it to thee, but My Father who is in heaven’…Peter therefore did not wait for the opinion of the people, but produced his own, saying, ‘Thou art the Christ the Son of the living God’: Who ever is, began not to be, nor ceases to be. Great is the grace of Christ, who has imparted almost all His own names to His disciples. ‘I am,’ said He, ‘the light of the world,’ and yet with that very name in which He glories, He favored His disciples, saying, ‘Ye are the light of the world.’ ‘I am the living bread’; and ‘we all are one bread’ (1 Cor. x.17)…Christ is the rock, for ‘they drank of the same spiritual rock that followed them, and the rock was Christ’ (1 Cor. x.4); also He denied not to His disciple the grace of this name; that he should be Peter, because he has from the rock (petra) the solidity of constancy, the firmness of faith. Make an effort, therefore, to be a rock! Do not seek the rock outside of yourself, but within yourself! Your rock is your deed, your rock is your mind. Upon this rock your house is built. Your rock is your faith, and faith is the foundation of the Church. If you are a rock, you will be in the Church, because the Church is on a rock. If you are in the Church the gates of hell will not prevail against you…He who has conquered the flesh is a foundation of the Church; and if he cannot equal Peter, he can imitate him (Commentary in Luke VI.98, CSEL 32.4).

    prendre le texte dans son contexte est valable tant en herméneutique que pour comprendre les Pères… Encore une fois, j’exhorte vos lecteurs catholiques qui se repose sur la Tradition, à lire cette Tradition, à lire Augustin, Origène, Ambroise, Cyprien, Clément de Rome et a constater eux-mêmes ce qu’enseignent les Pères.

  4. Maxime Georgel
    16 octobre 2015

    Voici ce que dit réellement Cyprien, quand on le prend dans le contexte :

    The Lord saith unto Peter, I say unto thee, (saith He,) that thou art Peter, and upon this rock I will build My Church, and the gates of Hell shall not prevail against it. And I will give unto thee the keys of the kingdom of heaven, and whatsoever thou shalt bind on earth, shall be bound in heaven, and whatsoever thou shalt loose on earth, shall be loosed in heaven (Matt. 16:18–19). To him again, after His resurrection, He says, Feed My sheep. Upon him being one He builds His Church; and although He gives to all the Apostles an equal power, and says, As My Father sent Me, even so I send you; receive ye the Holy Ghost: whosoever sins ye remit, they shall be remitted to him, and whosoever sins ye shall retain, they shall be retained (John 20:21);—yet in order to manifest unity, He has by His own authority so placed the source of the same unity, as to begin from one (A Library of the Fathers of the Holy Catholic Church (Oxford: Parker, 1844), Cyprian, On The Unity of the Church 3-4, pp. 133-135).

    Certainly the other Apostles also were what Peter was, endued with an equal fellowship both of honour and power; but a commencement is made from unity, that the Church may be set before as one; which one Church, in the Song of Songs, doth the Holy Spirit design and name in the Person of our Lord: My dove, My spotless one, is but one; she is the only one of her mother, elect of her that bare her (Cant. 9:6) (A Library of the Fathers of the Holy Catholic Church (Oxford: Parker, 1844), Cyprian, On The Unity of the Church 3, p. 133).

    Our Lord whose precepts and warnings we ought to observe, determining the honour of a Bishop and the ordering of His own Church, speaks in the Gospel and says to Peter, I say unto thee, that thou art Peter, and on this rock I will build My Church; and the gates of hell shall not prevail against it. And I will give unto thee the keys of the kingdom of heaven: and whatsoever thou shalt bind on earth shall be bound in heaven. Thence the ordination of Bishops, and the ordering of the Church, runs down along the course of time and line of succession, so that the Church is settled upon her Bishops; and every act of the Church is regulated by these same Prelates (A Library of the Fathers of the Holy Catholic Church (Oxford: Parker, 1844), The Epistles of S. Cyprian, Ep. 33.1).

    Et voici ce que dit de Cyprien l’historien catholique, Robert Eno :

    Cyprian makes considerable use of the image of Peter’s cathedra or chair. Note however that it is important in his theology of the local church: ‘God is one and Christ is one: there is one Church and one chair founded, by the Lord’s authority, upon Peter. It is not possible that another altar can be set up, or that a new priesthood can be appointed, over and above this one altar and this one priesthood’ (Ep. 43.5).
    The cathedri Petri symbolism has been the source of much misunderstanding and dispute. Perhaps it can be understood more easily by looking at the special treatise he wrote to defend both his own position as sole lawful bishop of Carthage and that of Cornelius against Novatian, namely, the De unitate ecclesiae, or, as it was known in the Middle Ages, On the Simplicity of Prelates. The chapter of most interest is the fourth. Controversy has dogged this work because two versions of this chapter exist. Since the Reformation, acceptance of one version or the other has usually followed denominational lines.
    Much of this has subsided in recent decades especially with the work of Fr. Maurice Bevenot, an English Jesuit, who devoted most of his scholarly life to this text. He championed the suggestion of the English Benedictine, John Chapman, that what we are dealing with here are two versions of a text, both of which were authored by Cyprian. This view has gained wide acceptance in recent decades. Not only did Cyprian write both but his theology of the Church is unchanged from the first to the second. He made textual changes because his earlier version was being misused.
    The theology of the controverted passage sees in Peter the symbol of unity, not from his being given greater authority by Christ for, as he says in both versions, ‘…a like power is given to all the Apostles’ and ‘…No doubt the others were all that Peter was.’ Yet Peter was given the power first: ‘Thus it is made clear that there is but one Church and one chair.’ The Chair of Peter then belongs to each lawful bishop in his own see. Cyprian holds the Chair of Peter in Carthage and Cornelius in Rome over against Novatian the would–be usurper. You must hold to this unity if you are to remain in the Church. Cyprian wants unity in the local church around the lawful bishop and unity among the bishops of the world who are ‘glued together’ (Ep. 66.8).
    Apart from his good relations and harmony with Bishop Cornelius over the matter of the lapsed, what was Cyprian’s basic view of the role, not of Peter as symbol of unity, but of Rome in the contemporary Church? Given what we have said above, it is clear that he did not see the bishop of Rome as his superior, except by way of honor, even though the lawful bishop of Rome also held the chair of Peter in an historical sense (Ep. 52.2). Another term frequently used by the Africans in speaking of the Church was ‘the root’ (radix). Cyprian sometimes used the term in connection with Rome, leading some to assert that he regarded the Roman church as the ‘root.’ But in fact, in Cyprian’s teaching, the Catholic Church as a whole is the root. So when he bade farewell to some Catholics travelling to Rome, he instructed them to be very careful about which group of Christians they contacted after their arrival in Rome. They must avoid schismatic groups like that of Novation. They should contact and join the Church presided over by Cornelius because it alone is the Catholic Church in Rome. In other words, Cyprian exhorted ‘…them to discern the womb and root…of the Catholic Church and to cleave to it’ (Ep. 48.3).
    It is clear that in Cyprian’s mind…one theological conclusion he does not draw is that the bishop of Rome has authority which is superior to that of the African bishops (Robert Eno, The Rise of the Papacy (Wilmington: Michael Glazier, 1990), pp. 57-60).

    Voici ce qu’en dit l’historien catholique romain Michael Winter :

    Cyprian used the Petrine text of Matthew to defend episcopal authority, but many later theologians, influenced by the papal connexions of the text, have interpreted Cyprian in a propapal sense which was alien to his thought…Cyprian would have used Matthew 16 to defend the authority of any bishop, but since he happened to employ it for the sake of the Bishop of Rome, it created the impression that he understood it as referring to papal authority…Catholics as well as Protestants are now generally agreed that Cyprian did not attribute a superior authority to Peter (Michael Winter, St. Peter and the Popes (Baltimore: Helikon, 1960), pp. 47-48).

    Selon ses propres mots donc « Catholiques et Protestants sont maintenant en accord sur le fait que Cyprien n’attribue pas une autorité supérieure à Pierre ».

    • Ressources Catholiques
      16 octobre 2015

      I) Les écrits de saint Cyprien témoignent de la primauté de l’évêque de Rome. Cyprien croyait que l’unité de l’épiscopat et de l’Eglise étaient symbolisée en la personne de Pierre, à qui la primauté avait été donnée, et en son siège et que tous les évêques détenaient cette charge en commun (« in solidum » ; De unit. ecc., 4-5).

      Le siège de Pierre se trouvait donc dans chaque diocèse, mais particulièrement à Rome. Pour le docteur de Carthage, ceux qui se déplaçaient à Rome venaient « au siège de Pierre, à l’Eglise primordiale, à la source même de l’unité épiscopale (Ep. 59, 14, 1).

      L’évêque de Rome était, aux yeux de Cyprien, successeur de Pierre, non pas seulement à un titre commun, comme tout évêque, mais a un titre qui lui est propre. Il occupe la Petri cathedra, la cathedra sacerdotalis: son Église est l’Ecclesia principalis unde unitas sacerdotalis exorta est. Ce sont là des privilèges incommunicables, fondements d’une véritable primauté. De fait Cyprien prononce au sujet de l’évêque de Rome le nom de primauté, primatus, Et ne le prononce au sujet d’aucun autre.

      Saint Cyprien défendit également l’autorité et l’infaillibilité pontificale dans ce même traité : ‘La chaire de Pierre est cette Église principale d’où est sortie l’unité sacerdotale auprès de laquelle l’erreur ne peut avoir d’accès’ (Lettre 40 et 55);  c’est donc une autorité exercé par un humain qui enseigne la foi et qui commande aux prêtres, c’est à dire exactement ce qu’enseigne l’Eglise Catholique Romaine, de plus, il est évident de qu’il parle de la chaire de Rome, laquelle serait-ce sinon ?

      Le saint Docteur parle aussi de l’Eglise de Rome comme de « La Chaire et l’Église principale» (Epist. IV, ad Cornel ) et « L’Eglise où réside la puissance principale ». Et de l’évêque de Rome comme de « L’Origine de l’unité sacerdotale » (Epist. III, 2) et du « Lien de l’unité » (Epist. IV, 2).

      Il dit dans Catholicae ecclesiae unitate, ch 4 : « Toutefois pour en signaler l’unité il a fondé une chaire unique, et, par sa souveraine autorité, déterminé l’origine de cette même unité en la faisant descendre d’un seul. (…) La Primauté est donnée à Pierre pour faire voir qu’il n’y a qu’une seule Eglise de Jésus-Christ, une seule chaire. Celui qui ne garde pas l’unité de l’Eglise, croit-il qu’il garde la foi? Celui qui s’oppose à l’Eglise, qui abandonne la chaire de Pierre sur laquelle Jésus-Christ a fondée son Eglise, peut-il se flatter d’être encore membre de l’Eglise ». Cyprien parle d’une chaire bénéficiant d’une autorité, c’est donc un humain qui exerce cette autorité, et qui sinon l’évêque de Rome ?

      Cyprien soulignait aussi dans une lettre que l’empereur romain Dèce, persécuteur des chrétiens avait peur de l’évêque de Rome plus que de n’importe qui : « Je préférerais, disais, disait l’empereur Dèce, apprendre la révolte d’un compétiteur, plutôt que l’élévation d’un pontife romain. » (Cyprein, Ep. ad Anton.)

      II) Extrait d’un échange entre un catholique et un protestant sue saint Cypruen:

      Le protestant: « Cyprian, often quoted as saying the bishop occupies Peter’s seat, believed that about every bishop, not just the Roman one. He even called a council of 82 bishops (c. AD 250) that renounced bishop Stephen of Rome’s decision concerning the rebaptism of heretics. That council also specifically denounced Stephen’s claim to be a bishop over other bishops. (The proceedings of that council can be found in vol. 5 of the Ante-Nicene Fathers series, published by Eerdmans and Hendricksons) »

      Le catholique « Cyprian specifically referred to the Chair only of Peter, and how one must be in union with that Chair. One example: »The Lord says to Peter: ‘I say to you,’ He says , ‘that you are Peter, and upon this rock I will build my Church, and the gates of hell will not overcome it… And again He says to him after His resurrection: ‘Feed my sheep’ John 21:17. On him he builds the Church. …and although He assigns a like power to all the Apostles, yet He founded a single chair, and He established by His own authority a source and an intrinsic reason for that unity. Indeed, the others were that also which Peter was; but a primacy is given to Peter whereby it is made clear that there is but one Church and one chair. If someone does not hold fast to this unity of Peter, can he imagine that he still holds the faith? » Juergens, The Faith of the Early Fathers, vol. 1, p. 220. That is just for starters. Yes, later on he did make a mistake by calling other errant Bishops and Councils, just like there were other heretical Councils held in making errant claims on Christology (All Christians will affirm that those Councils were bogus, errant, and the Pope was right on the issues of Christology, against Nestorian, Monophysites, and Arians). But the decision of this errant council made by Cyprian did not hold sway, and Christendom down through the ages hold that Pope Stephen was correct on the issue. BTW, the very fact that the erring Bishops condemned Pope Stephen for him asserting authority over all the Bishops show indeed that this authority was asserted. The fact that Pope Stephen’s view is the one that was held by all succeeding generations show this Primacy. »

      III) Extrait d’un autre texte:

      « Like St. Irenaeus, St. Cyprian it is quite clear had no problem with the Bishop of Rome exercising a wide span of authority. In the case of St. Cyprian he had urged Pope Stephen (before falling out of favour with him) to send to Gaul, excommunicate the Bishop of Arles, and supply a successor (cf. Epistle 68, 3). So it seems that Bishop Cyprian’s problems were not with Pope Stephen exercising a wide span of authority (as Arles was in France about fiven hundred miles from Rome) but only when the Bishop of Rome opposed his (Cyprian’s) positions. However, before the controversy with Stephen (and even afterwards) Cyprian is still an effective witness, both in a positive as well as in a negative way, of the Primacy of the Bishop of Rome. In speaking of St. Cyprian of Carthage, Fr. Afanassieff makes the following observations, which bear noting:

      According to Cyprian, every bishop occupies Peter’s throne (the Bishop of Rome among others) but the See of Peter is Peter’s throne -par excellence-. The Bishop of Rome is the direct heir of Peter, whereas the others are heirs only indirectly, and sometimes only by the mediation of Rome. Hence Cyprian’s insistence that the Church of Rome is the root and matrix of the Catholic Church [Ecclesiae catholicae matricem et radicem]. The subject is treated in so many of Cyprian’s passages that there is no doubt: to him, the See of Rome was -ecclesia principalis unde unitas sacerdotalis exorta est- [the Principal Church from which the unity of the priesthood/episcopacy has its rise]. [Fr. Nicholas Afanassieff: « The Primacy of Peter » Ch. 4, pgs. 126-127 (c. 1992)]

      St. Cyprian says almost the exact same thing in his own words when speaking of the temerity of the Novatian schismatics of his time to appeal to the Church of Rome as this interpretation of Fr. Afanassieff’s. It is further interesting to note what Cyprian himself stated about the faith of the Church of Rome and how it factors into what the Church of Rome has always claimed for herself:

      After such things as these, moreover, they still dare–a false bishop having been appointed for them by, heretics–to set sail and to bear letters from schismatic and profane persons to the throne of Peter, and to the chief church whence priestly unity takes its source; and not to consider that these were the Romans whose faith was praised in the preaching of the apostle, to whom faithlessness could have no access. [ St. Cyprian: To Cornelius, Epistle 54/59:14 (A.D. 252)]

      How could faithlessness have no access to the Church of Rome??? It is a rather strange statement unless it referred somehow to the Church of Rome having some sort of special function in the church. The decisions of Rome predetermining the attitudes and actions of the other churches is evidence of a form of universal jurisdiction being utilized a long time before Nicaea. »

  5. Maxime Georgel
    16 octobre 2015

    Voici ce qu’en dit Saint Chrysostome :

    ‘And I say unto thee, Thou art Peter, and upon this rock I will build my Church’; that is, on the faith of his confession. Hereby He signifies that many were on the point of believing, and raises his spirit, and makes him a shepherd…For the Father gave to Peter the revelation of the Son; but the Son gave him to sow that of the Father and that of Himself in every part of the world; and to mortal man He entrusted the authority over all things in Heaven, giving him the keys; who extended the church to every part of the world, and declared it to be stronger than heaven (Philip Schaff, Nicene and Post-Nicene Fathers (Grand Rapids: Eerdmans, 1956), Volume X, Saint Chrysostom, Homilies on the Gospel of Saint Matthew, Homily 54.2-3; pp. 332-334).

    He speaks from this time lowly things, on his way to His passion, that He might show His humanity. For He that hath built His church upon Peter’s confession, and has so fortified it, that ten thousand dangers and deaths are not to prevail over it…(Philip Schaff, Nicene and Post-Nicene Fathers (Grand Rapids: Eerdmans, 1956), Volume X, Chrysostom, On Matthew, Homily 82.3, p. 494).

    ‘For other foundation can no man lay than that is laid, which is Jesus Christ.’ I say, no man can lay it so long as he is a master–builder; but if he lay it…he ceases to be a master–builder. See how even from men’s common notions he proves the whole of his proposition. His meaning is this: ‘I have preached Christ, I have delivered unto you the foundation. Take heed how you build thereon, lest haply it be in vainglory, lest haply so as to draw away the disciples unto men.’ Let us not then give heed unto the heresies. ‘For other foundation can no man lay than that which is laid.’ Upon this then let us build, and as a foundation let let us cleave to it, as a branch to a vine; and let there be no interval between us and Christ…For the branch by its adherence draws in the fatness, and the building stands because it is cemented together. Since, if it stand apart it perishes, having nothing whereon to support itself. Let us not then merely keep hold of Christ, but let us be cemented to Him, for if we stand apart, we perish…And accordingly, there are many images whereby He brings us into union. Thus, if you mark it, He is the ‘Head’, we are ‘the body’: can there be any empty interval between the head and the body? He is a ‘Foundation’, we are a ‘building’: He a ‘Vine’, we ‘branches’: He the ‘Bridegroom’, we the ‘bride’: He is the ‘Shepherd’, we the ‘sheep’: He is the ‘Way’, we ‘they who walk therein.’ Again, we are a ‘temple,’ He the ‘Indweller’: He the ‘First–Begotten,’ we the ‘brethren’: He the ‘Heir,’ we the ‘heirs together with Him’: He the ‘Life,’ we the ‘living’: He the ‘Resurrection,’ we ‘those who rise again’: He the ‘Light,’ we the ‘enlightened.’ All these things indicate unity; and they allow no void interval, not even the smallest (Philip Schaff, Nicene and Post-Nicene Fathers (Grand Rapids: Eerdmans, 1956), Volume XII, Saint Chrysostom, Homilies on the Epistles of Paul to the Corinthians, Homily VIII.7, p. 47).

  6. PGB
    27 octobre 2015

    Bonjour,

    Encore une fois un article clair.

    Vous savez quoi, un de mes frères est revenu au sein de la Sainte Eglise et je me suis permis d’utiliser vos arguments aussi afin d’étayer mes propos.

    Bon il m’en reste encore un autre et bien que le Seigneur intervienne pour lui

    Cordialement,

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