+†+Yesus Kristus azu+†+

« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

L’enseignement des Pères de l’Église sur « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église » (Matthieu XVI, 18)

Toues les preuves de la Papauté : ici

imageIl est courant d’entendre de la part des chrétiens non-catholiques que l’interprétation catholique de Matthieu XVI, 18, à savoir que l’Apôtre est la pierre fondamentale de l’Église est fausse et que les Pères de l’Église n’auraient jamais enseigné cela avant le Vème siècle. Vous trouverez en cliquant ici toute le démonstration biblique de la primauté de saint Pierre (et donc de la Papauté) en particulier comment Matthieu XVI, 18 ne peut correctement être interprété que dans le sens catholique.

Nous proposons ici une recension pères de l’Église démontrant que ces dernier enseignaient bien et sans conteste que l’Apôtre Pierre est bel et bien la pierre sur laquelle est fondée l’Église.

 

Voici le plan de notre étude :

I) Remarque préliminaire sur l’identification de la pierre à la confession de Pierre

A) Ce qu’enseigne précisément l’Eglise catholique

B) La clé de lecture donnée par saint Ambroise et saint Augustin

II) Matthieu XVI, 18-19 formellement identifié à l’exercice de l’Episcopat Romain

III) Les autres témoignages

I) Remarque préliminaire sur l’identification de la pierre à la confession de Pierre

Les témoignages qui suivent identifient Pierre avec la pierre. Les apologètes non-catholiques tentent de faire croire qu’il s’agit d’une lecture décontextualisée et que cela signifie en fait ‘la foi de Pierre’. A la réalité, si il est vrai que c’est sur la foi de Pierre que l’Eglise est fondée en cela que c’est en récompense de sa foi que Pierre a reçu pour lui et ses successeurs la promesse de la fermeté dans la même foi, il serait faux en  revanche de faire une dissociation entre les deux. Cela fera l’objet d’un futur article.Mais ici, il faut faire une mise au point sur ce qu’enseigne réellement l’Eglise catholique, et montrer que l’explication de nos adversaire ne tient pas en face des témoignages de saint Ambroise et saint Augustin.

A) Ce qu’enseigne précisément l’Eglise catholique

La réalité est la suivante : lorsque les Pères de l’Eglise disent que la pierre de fondement de l’Eglise n’est pas la personne de Pierre mais sa foi, ils sont… parfaitement catholiques ! Mais encore faut-il savoir ce que l’Eglise enseigne ! En effet, dans la Missel de Saint Pie V dans la Vigile de la fête des saints apôtres Pierre et Paul (28 juin : veille de la principale célébration liturgique de la Papauté), l’Eglise fait dire dans la prière propre de la « Collecte », appelée parfois « Oraison » :

« Daignez, nous vous en supplions, ô Dieu tout-puissant, ne point permettre qu’aucun trouble nous ébranle, après que vous nous avez établis sur la pierre solide de la foi des Apôtres » (https://www.introibo.fr/28-06-Vigile-des-Sts-Pierre-et)

On remarquera que ce n’est même pas un passage de l’Ecriture Sainte ni d’un Père de l’Eglise que l’Eglise aurait transposé dans la liturgie, mais bel et bien une prière qu’elle a forgée elle-même, preuve que cette affirmation n’est nullement contraire à la foi catholique !

Mais il faut distinguer entre la pierre matérielle et la pierre formelle. La pierre matérielle, c’est la personne de Pierre, la pierre formelle c’est la foi. L’Eglise de Jésus-Christ étant fondée sur la foi, il faut que la foi soit enseignée infailliblement. Aussi, ce qui matérialise la pierre est la personne de Pierre (puis du Pape), non par leur propre force, mais par le soutien infaillible que le Christ leur prête. Cf. les propos du Christ :

« Tu es heureux, Simon, fils de Jean, car ce n’est pas la chair et le sang qui te l’ont révélé, mais c’est mon Père qui est dans les cieux » (Matthieu XVI, 17)

Le Pape n’est que la ministre visible qui manifeste ce qu’est la pierre, d’où la phrase de saint Ambroise :

« Là où est Pierre, là est l’Église. Là où est l’Église n’est pas la mort, mais la vie éternelle » (Commentaire sur le Psaume 40, 19)

C’est par la visibilité antécédente de la pierre qu’on reconnaît la foi, et non par l’idée préétablie de ce qu’on pense subjectivement être la foi qu’on reconnaît la pierre. Sinon le rôle de la pierre de la foi, fondement de l’Eglise, n’a plus aucun sens ! Autrement c’est l’anarchie où chacun est sa propre pierre et son propre Pape, et la notion même de la foi, qui est une adhésion à un dépôt reçu (Romains I, 5 ; XVI, 26) et enseigné avec autorité (Romains X, 13-17) ! Et on a plus aucune garantie de ce qu’on doit croire. On tombe dans l’explosion infinie des milliers protestantismes différents et rivaux entre eux, sans qu’il n’y ait aucun moyen de savoir lequel est le bon, ou dans le problème des églises orthodoxes qui, par exemple, sont divisées de manière insoluble sur la validité des baptêmes réalisés par effusion plutôt que par immersion, ou encore sur la validité des baptêmes réalisés par des hérétiques, or il est innadmissible pour l’unité, la sainteté et la visibilité de l’Eglise, qu’on ne sahce pas avec certitude qui est baptisé ou non.

B) La clé de lecture donnée par saint Ambroise et saint Augustin

En plus de cette explication théorique, nous allons établir immédiatement et péremptoirement la preuve concrète que chez les Pères, Pierre et sa foi étaient identiques dans la fondation de l’Eglise. Pour cela nous feront appel aux deux exemples représentatifs de saint Ambroise et saint Augustin.

Nous démontrons dans notre article Saint Augustin et la fondation de l’Eglise sur Saint Pierre comment saint Augustin témoigne que saint Ambroise professait l’exégèse catholique de Matthieu XVI, 18, et comment saint Ambroise lui-même témoigne que cette exégèse était celle communément reçue par les générations précédentes. Nous y montrons aussi pourquoi le changement d’avis de saint Augustin est infondé.

II) Matthieu XVI, 18-19 formellement identifié à l’exercice de l’Episcopat Romain

Saint Cyprien (vers 200-258)

Au sujet d’hérétiques :

« Après tout cela, ils se sont encore fait sacrer un pseudo-évêque par des hérétiques, et c’est dans ces conditions qu’ils osent passer la mer [méditerranée], pour venir au siège de Pierre et l’Église principale [Rome], d’où l’unité épiscopale est sortie, et y apporter des lettres de schismatiques et de profanes [preuve de la reconnaissance de la juridiction universelle de l’Église de Rome]. Ils ne réfléchissent donc pas que ce sont là les mêmes Romains dont l’Apôtre a loue la foi [Rm I, 8] et auprès de qui la perfidie [au sens latin: per fide: perdre la foi] ne saurait avoir accès [preuve que tant pour l’auteur que pour les hérétiques en question, l’Eglise de Rome ne peut pas perdre la foi et est donc infaillible]. » (Lettre 59, 14)

Saint Firmilien de Césarée (mort en 256)

« Et ici une juste indignation s’empare de moi devant l’évidente et manifeste folie d’Étienne. Ne le voit-on pas, lui, si fier du rang de son siège épiscopal, lui qui revendique l’honneur d’être le successeur de Pierre, sur qui ont été établis les fondements de l’Église, introduire beaucoup d’autres pierres, et beaucoup de nouvelles Églises, en prêtant au baptême qui se donne chez les hérétiques l’appui de son autorité ? Ce sont les baptisés, incontestablement qui remplissent les cadres de l’Église. Celui donc qui approuve leur baptême, admet aussi qu’il y a la une Église composée de ces baptisés. Et il ne s’aperçoit pas qu’on obscurcit, qu’on anéantit en quelque sorte la vérité de la pierre chrétienne, en trahissant ainsi et en abandonnant l’unité. Les Juifs, bien qu’aveuglés, et charges du plus grand des forfaits, ont cependant, au témoignage de l’apôtre, le zèle de la gloire de Dieu. Étienne, qui se vante de succéder à Pierre et d’occuper sa chaire, n’est animé d’aucun zèle contre les hérétiques, puisqu’il leur accorde au point de vue de la grâce, non un petit, mais un grand pouvoir. Il dit en effet, il soutient que, par le sacrement de baptême, ils effacent les souillures du vieil homme, relèvent des anciens péchés et de la mort, donnent par une nouvelle et divine régénération des enfants à Dieu, et par la sanctification du bain céleste rendent apte à la vie éternelle. » (Lettre à Cyprien, conservée par saint Cyprien : Lettre 75 (74), 16).

Ce document est intéressant car il prouve que saint Firmilien croit  non seulement que l’Église est fondée sur Pierre et que l’évêque de Rome est son successeur, mais encore que cette succession implique un privilège particulier pour ce qui est de la foi. En effet, il parle de la « manifeste folie d’Étienne […] lui, si fier du rang de son siège épiscopal, lui qui revendique l’honneur d’être le successeur de Pierre, sur qui ont été établis les fondements de l’Église, introduire beaucoup d’autres pierres, et beaucoup de nouvelles Églises, en prêtant au baptême qui se donne chez les hérétiques l’appui de son autorité ? […] Étienne, qui se vante de succéder à Pierre et d’occuper sa chaire, n’est animé d’aucun zèle contre les hérétiques, puisqu’il leur accorde au point de vue de la grâce, non un petit, mais un grand pouvoir ». Si l’évêque de Rome occupe la « chaire de Pierre », il ne s’agit pas sa chaire physique, mais de sa fonction. Aussi, Firmilien témoigne qu’Etienne occupe la chaire de Pierre  « sur qui ont été établis les fondements de l’Église » et que, selon lui à tort, il « appui de son autorité » les baptêmes des hérétiques et ainsi d’accorder à ceux-ci un « au point de vue de la grâce, non un petit, mais un grand pouvoir ». Qu’est-ce que tout cela pourrait-il bien faire si l’évêque de Rome n’avait pas de prérogative sur l’Eglise universelle en matière de foi ? De quelle autorité pourrait-il bien couvrir quoi que ce soit ? Et quelle motif pousserait à mentionner qu’il succède à saint Pierre ? Il est d’ailleurs stupéfiant de constater que malgré son grave désaccord avec le pape, il ne remet pas la Papauté en cause, indice que cette dernière était un article de foi indiscutable.

« Il fallait qu’il fût bien impossible de nier le double fait du séjour de saint Pierre à Rome et de la transmission de son autorité aux êvêques de cette ville, pour que Firmilien, si irrité, ne le niât pas, et qu’il raillât seulement Etienne de ses soins à faire valoir un titre qu’il ne soutenait guère, disait-il, par son enseignement. L’Eglise a justifié Etienne de sa folie et pardonné à Firmilien les emportements de son zèle en les rangeant tous deux au nombre des saints. La papauté n’a pas été rancunière » (Abbé Jean-Marie-Sauveur GORINI, Défense de l’Eglise contre les erreurs historiques, troisième édition, Lyon 1864, tome 4, page 160-161)

Cette lettre prend place dans le contexte de la querelle des rebaptisants qui vu s’affronter les saints. Il s’agissait de savoir si les baptêmes administrés par des hérétiques pouvaient être valides. La réponse est oui. Mais ce fut alors un conflit atroce qui vit entre autres le Pape saint Étienne soutenir la validité de ces baptêmes et saint Cyprien ainsi que saint Firmilien la nier.

« Saint Denys d’Alexandrie, dans une lettre au pape Étienne. ibid. [Eusèbe, Histoire ecclésiatique]., VII, nomme Firmilien au premier rang des évêques d’Asie Mineure qui réprouvaient le novatianisme. Mais la part active que Firmilien a prise à querelle baptismale du siècle forme le côté le plus saillant et le plus important de son épiscopat. Entre 230 et 235, on voit l’évêque de Césarée siéger dans les conciles d’Iconium et de Synuada, tenus l’un et l’autre en Phrygie, qui rejettent tout baptême administré hors de l’Église, établissant ainsi dans l’Asie Mineure la même règle que le concile de Carthage, vers 220, avait formulée en Afrique. De là, vers la fin de 253, la mésintelligence du pape Étienne et de Firmilien, soutenu par tes évêques de Cappadoce, de Cilicie et des provinces voisines. Peu s’en fallut que le pape, Eusèbe, H. E., VII, 5, P. G., t. XX, col. 645, ne fulminât l’excommunication contre tous ces évêques, qui persistaient à renouveler, contrairement à l’usage de Rome, le baptême conféré par hérétiques. Seule l’intervention de saint Denys d’Alexandrie, ibid., VII, 3, P. XX, col. 641, détourna le coup de leur tête. Mais le conflit s’envenima, lorsque le pape Étienne, dans le courant 256, enjoignit aux évêques d’Afrique comme à Ceux d’Orient de se conformer sur la question du baptême, à l’usage de Rome et les menaça de rompre au besoin rapport avec eux. Un peu avant ou aussitôt après le concile de Carthage du septembre 1er, saint Cyprien envoya la diacre Rogatien à l’évêque de Césarée, pour nouer des relations avec lui et s’encourager à la résistance par son exemple. La lettre de saint Cyprien est perdue ; mais nous avons encore la longue lettre dans laquelle Firmilien approuve sans réserve les principes et l’attitude de son collègue, et qui, traduite du grec en latin par saint Cyprien lui- même, selon tonte apparence, forme le n. 75 du recueil des lettres de ce dernier, P. L., t. III, col. 1101 Sq. Lettre virulente et irrévérencieuse envers le pape Étienne, à ce point que l’authenticité en a été autrefois contestée. Molkenbuhr, Binae dissertationes de S. Firmiliano, Münster, 1790, P.L., t. III, col. 1357-1418. Elle ne l’est plus aujourd’hui : locutions et manuscrits, tout attesté la main de l’évêque de Césarée. Acta sanctorum, Bruxelles, 1867, t. XII, octobris, p. 480-493. » (P. GODET, Dictionnaire de théologie catholique, article « FIRMILIEN »)

Saint Optat de Milève (???-384)

Saint Augustin cite Optat aux côtés d’hommes disparus depuis longtemps, cet évêque « de vénérable mémoire » apparaît comme l’égal d’Ambroise de Milan.

« Nous prouvons que l’Église catholique est celle qui est répandue dans tout l’univers. Il s’agit maintenant d’énumérer ses privilèges, et de voir où ils se trouvent dans leur nombre de cinq ou de six, comme vous le dites. Le premier de ces privilèges, c’est de posséder une chaire qu’occupe un évêque, qui soit comme l’anneau sans lequel il n’y aurait pas lieu d’y joindre d’autres propriétés ; et il s’agit par conséquent de voir quel est l’évêque qui a siégé le premier, et où il a fixé son siège. Apprenez-le, si vous l’ignorez encore ; rougissez, si vous ne l’ignorez pas. On ne peut supposer que vous l’ignoriez ; il reste donc à dire que vous le savez. Errer avec connaissance de cause, c’est ce qui fait le crime. Car pour ce qui est de l’ignorance, elle est quelquefois excusable. Vous ne sauriez donc nier, sous prétexte d’ignorance, qu’à Rome Pierre ait le premier occupé la chaire épiscopale ; Pierre, le chef de tous les apôtres, et appelé pour cette raison Céphas [Ici saint Optat commet assez visiblement une erreur d’étymologie : le mot Cephas ne vient pas, comme il semble le croire, du mot grec κεφαλη, tête ou chef ; mais c’est un mot syriaque qui signifie la même chose que pierre ou rocher : « Tu vocaberis Cephas, quod interpretatur Petrus » (Jean, I, 42). Au reste, le mot grec κεφαλη peut avoir lui-même pour étymologie le mot syriaque כיפא]. C’est cette chaire qui doit être pour tout le monde le centre de l’unité, et à laquelle les autres apôtres n’ont jamais pu avoir la pensée d’opposer leurs chaires particulières ; en sorte que ce serait commettre ce crime de schisme, que d’élever aujourd’hui une autre chaire en opposition avec celle-là. Donc cette chaire unique, première des propriétés de l’Eglise, a été occupée par Pierre le premier. A Pierre a succédé Lin ; à Lin a succédé Clément ; à Clément Anaclet ; etc. ; à Jules, Libère ; à Libère Damase ; et à Damase, Sirice, qui est aujourd’hui notre collègue, et avec lequel tout l’univers, en même temps que nous-même, est en société de communion par le commerce des lettres formées [On trouvera dans le Protestantisme et la règle de foi du P. Perrone, t, II, p. 116-578 et suiv. (trad. franc.) ce qu’on doit entendre par lettres formées]. Vous, à votre tour, dites quelle est l’origine de votre chaire épiscopale, vous, qui vous attribuez les privilèges de la vraie Eglise. » (Contre les donatistes, Contre Parménien, livre II, 2-3).

Juste après avoir donné la liste des évêques de Rome, démontre que les schismatiques sont en dehors de l’Église catholique en donnant pour preuve qu’aucun de leurs évêques n’est en communion avec la chaire de Rome et il conclut ainsi :

« Cette chaire est le premier de tous les dons du Christ, et comme nous l’avons prouvé c’est saint Pierre qui nous l’a communiqué. » (Livre 2, chapitre 6 dans PL, 11/958)

« Et cette chaire de saint Pierre qui nous a été donnée est le principe grâce auquel nous parviennent tous les autres dons. » (Livre 2, chapitre 9 dans PL, 11/962)

Dans ce passage, saint Optat entend désigner avec cette prérogative de la chaire la note d’apostolicité, qui se trouve chez tous ceux qui sont en communion avec cette chaire, où réside la source et l’origine du pouvoir apostolique.

« Pour le bien de l’unité, le béni Pierre, pour qui il aura suffi que, après son reniement, il n’eût obtenu que le pardon, pour mériter d’être préféré à tous les Apôtres, et seul il a reçu les clefs du Royaume des Cieux pour les communiquer aux autres. » (Contre les donatistes, Contre Parménien, VII, 3)

Saint Sirice (vers 320-399)

« Nous ne refusons pas à ta demande la réponse qui convient, puisque eu égard à Notre charge, Nous n’avons pas la liberté de pouvoir dissimuler ou taire quelque chose, puisque plus qu’à tous Nous incombe le zèle pour la religion chrétienne. Nous portons les charges de tous ceux qui peinent, et plus encore : les porte en Nous le bienheureux apôtre Pierre dont Nous croyons avec confiance qu’il Nous protège et Nous garde en toutes choses comme l’héritier de son ministère… » (Lettre Directa ad decessorem, 10 février 385, à l’évêque Himère de Tarragone, Introduction, §1)

« Maintenant, que tous vos prêtres observent la règle ici donnée, à moins qu’ils ne souhaitent être arrachés à la roche solide et apostolique sur laquelle Christ a construit l’Église universelle. » (Lettre Directa ad decessorem, 10 février 385, à l’évêque Himère de Tarragone, III, §2)

« Maintenant Nous encourageons encore et encore le propos de ta fraternité d’observer les canons et de garder les décrets édictés, pour que ce que Nous avons écrit en réponse à ta demande, tu fasses en sorte que cela soit porté à la connaissance de tous nos coévêques, et non pas de ceux-là seulement qui se trouvent dans ta province ; mais ce qui a été déterminé par Nous selon une ordonnance salutaire doit être envoyé aussi, accompagné de ta lettre, à tous les évêques de Carthage, de la Bétie, de Lusitanie et de Galice. Et bien qu’aucun prêtre du Seigneur n’ait la liberté d’ignorer les décisions du Siège apostolique ou les déterminations vénérables des canons, il pourra être néanmoins très utile et — compte tenu de l’ancienneté de ton sacerdoce — très glorieux pour ta Charité, que ce qui t’a été écrit à titre spécial en termes généraux soit porté, par ton souci de l’unanimité, à la connaissance de tous nos frères : afin que qui a été édicté par Nous, non pas de façon inconsidérée mais de façon circonspecte, avec une grande prudence et longue réflexion, demeure inviolé, et qu’à l’avenir soit fermée la voie des excuses, laquelle ne pourra plus être ouverte à personne auprès de Nous. » (Lettre Directa ad decessorem, 10 février 385, à l’évêque Himère de Tarragone, XV, §2o)

Saint Jérôme de Stridon (347-420)

Dans ses lettres au pape saint Damase où il questionnait ce dernier sur le schisme de l’église d’Antioche, et y défendit rigoureusement la nécessité d’être uni au pontife romain :

« Comme l’Orient divisé en lui-même par les haines invétérées de ses peuples, déchiré par pièces et morceaux la tunique sans couture et tissée par le haut de Notre-Seigneur, et que les renards ravagent la vigne du Christ, comme d’ailleurs il est difficile, au milieu de ces citernes entrouvertes qui ne peuvent retenir l’eau (JER., II, 13), de dire où est la fontaine scellée, le jardin fermé (Cant., IV, 12) ; j’ai cru devoir consulter la chaire de Pierre, et cette foi romaine tant exaltée par l’apôtre, en demandant l’aliment de mon âme là où j’ai autrefois reçu le vêtement de Jésus-Christ. Car toute la distance des terres et des mers, qui nous séparent n’a pas pu m’empêcher d’aller à la recherche de cette pierre précieuse. Partout où est le corps, là il faut que les aiglons se rassemblent (LUC, XVII, 37). Après que le patrimoine a été dissipé par une race pervertie, c’est chez vous seuls que se trouve intact l’héritage de nos pères. Chez vous la terre féconde reproduit au centuple et en belle qualité la divine semence qui lui est confiée ; chez nous au contraire le froment enfoui dans les sillons dégénère en avoine et en ivraie. Maintenant c’est en Occident que se lève le soleil de justice, tandis qu’en Orient ce Lucifer, qui était tombé, élève son trône au-dessus des astres. Vous autres, vous êtes la lumière du monde, vous êtes le sel de la terre, vous êtes des vases d’or ou d’argent ; parmi nous on ne trouve que vases de terre ou de bois, qui attendent une verge de fer pour les briser, ou le feu éternel qui les consumera. Ainsi donc, quoique je tremble devant votre majesté, je me sens invité par votre clémence. Au pontife je demande la victime du salut, au pasteur sa protection pour une brebis du troupeau. Loin de vous les sentiments d’envie ; loin de vous le faste de la grandeur romaine : je parle au successeur du pêcheur, au disciple de la croix. Sans reconnaître d’autre chef que Jésus-Christ, je m’unis de communion avec votre béatitude, c’est-à-dire avec la chaire de Pierre ; je sais que c’est sur cette pierre qu’est bâtie l’Eglise. Quiconque mange l’agneau hors de cette maison, est un profane. Quiconque ne sera pas dans cette arche de Noé périra dans les eaux du déluge… Je ne connais pas Vital, je rejette Mélèze, je ne connais pas davantage Paulin. Celui qui ne ramasse pas avec vous, dissipe, c’est-à-dire, celui qui n’est pas à Jésus-Christ est à l’antechrist… C’est pourquoi je supplie votre béatitude par celui qui a été crucifié, par le salut du monde, par la Trinité consubstantielle, de m’autoriser par quelqu’une de vos lettres, soit à dire, soit à taire trois hypostases. Et de peur que l’obscurité du lieu où je demeure n’occasionne quelque mépris, daignez me faire parvenir votre réponse par le prêtre Evagre que vous connaissez fort bien ; faites-moi savoir en même temps avec qui je dois me mettre en communion à Antioche : car les hérétiques Campiens, unis aux Tharsiens, n’ont pas de plus grande ambition que de faire triompher les trois hypostases entendues dans leur sens, en s’appuyant de votre autorité. » (Lettre 14 à Damase)

« Pourquoi reprendre les choses de si loin ? C’est pour que de votre grandeur vous abaissiez vos regards sur ma bassesse ; pour que, pasteur opulent, vous ne dédaigniez pas une brebis malade. » Il dit ensuite, un peu plus loin : « Quoique j’aie, comme je l’ai écrit déjà, le vêtement du Christ (le baptême) dans la ville de Rome, je suis maintenant relégué dans les plages barbares de la Syrie. Et pour que vous ne pensiez pas que c’en soit un autre qui m’ait condamné à cet exil, c’est moi-même qui en ai porté la juste sentence contre moi-même. Mais, comme dit le poète latin, ceux qui s’en vont au-delà des mers peuvent changer de climat sans changer de dispositions [« Cœlum, non animum mutant qui trans mare currunt. » (Horace, Lettre 2)]. Mon implacable ennemi s’est tellement mis à mes trousses, que j’ai à soutenir dans cette solitude des combats encore plus violents. Car, tandis que d’un côté la fureur arienne se déploie appuyée par la puissance du siècle, de l’autre les trois factions qui partagent l’Eglise s’efforcent de m’attirer chacune à elles. Les moines du voisinage, établis avant moi dans le pays, se prévalent contre moi de leur priorité de possession. Au milieu de tout cela, je crie : Celui-là est de mon côté, qui est uni à la chaire de Pierre. Mélèce, Vital et Paulin se disent en communion avec vous. Si un seul l’affirmait, je pourrais l’en croire ; mais ici, il faut ou que deux à la fois mentent, ou même que tous les trois le fassent. Je supplie donc votre béatitude par la croix de Notre-Seigneur, par tout ce que demande l’honneur de notre foi, par la passion de Jésus-Christ, de vous montrer tellement par vos actions le digne successeur des apôtres, de siéger sur votre trône de société avec les douze avec une telle autorité, de vous laisser ceindre avec Pierre dans votre vieillesse avec une telle douceur, d’avoir tellement avec Paul votre conversation dans le ciel, que vous ne m’en fassiez pas moins connaître par vos lettres avec qui je dois me mettre en communion dans ce pays de Syrie. Ne méprisez pas une âme pour laquelle est mort Jésus-Christ. » (Lettre 16 à Damase)

Et on doit remarquer que saint Jérôme ne fait pas de différence entre le Christ et le pape lorsqu’il s’agit de la foi ; car on peut voir clairement qu’il se place à ce dernier point de vue si on lit sa lettre.

Saint Sixte III (mort en 440)

« Le bienheureux Pierre dans ses successeurs a livré ce qu’il a reçu. Qui serait disposé à se séparer de la doctrine dont le Maître lui-même a instruit le premier parmi les apôtres ? » (Lettre VI à Jean d’Antioche)

Saint Augustin d’Hippone (354-430)

Tout ce qu’Augustin affirme au sujet de Saint Pierre, il l’affirme de la même manière des évêques de Rome, en atteste sa Lettre LIII adressée à Generosus écrite en 400. Générosus était un catholique de Constantine, honoré de l’amitié de saint Augustin. Un prêtre donatiste lui ayant adressé une lettre en faveur du schisme et où il se vantait d’avoir reçu les communications d’un ange, Générosus envoya cette lettre à saint Augustin; notre saint, tant en son nom qu’au nom de ses vénérables collègues, écrivit la réponse suivante, moins pour éclairer Générosus dont la piété lui était connue, que pour rappeler les faits et les témoignages des Ecritures au prêtre égaré. Dans cette lettre, Augustin prit l’exemple de la succession des évêques de Rome et d’aucune autre Église pour prouver que les donatistes étaient dans l’erreur: il dressa la liste des trente-neuf évêques de Rome depuis saint Pierre jusqu’à Anastase (le pape de l’époque) et affirma d’une part qu’aucun d’entre eux n’avaient tenue la doctrine donatiste et d’autre part que cela prouvait la fausseté du donatisme car ils enseignent la vérité en raison de la promesse faite à Saint Pierre par le Christ en Matthieu XVI, 18 :

« Si l’on doit avoir égard à la suite et à la succession des évêques. Combien n’y a-t-il pas plus de sûreté et d’avantages à s’en tenir à celle qui remonte jusqu’à Pierre, à qui le Seigneur a dit, comme au représentant de l’Eglise tout entière : Sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle. Or, c’est à Pierre que Lin a succédé ; comme c’est à Lin qu’a succédé ensuite Clément ; puis à Clément, Anaclet, etc. ; A Damase, Sirice ; à Sirice, Anastase. Dans cet ordre de succession ne se trouve aucun évêque donatiste. Et quand même dans cette suite d’évêque qui de Pierre redescendent jusqu’à Anastase, le même qui occupe ce siège aujourd’hui, il se serait glissé dans les temps de persécution quelque traditeur, cela ne préjudicierait en rien à l’Eglise elle-même, ni à tout ce qu’il y aurait eu de chrétiens innocents de ce crime, puisque le Seigneur nous a dit d’avance pour nous mettre en garde contre les mauvais pasteurs : Faites ce qu’ils disent, mais ne faites pas ce qu’ils font ; car ils disent et ne font pas. Voilà ce qui assure l’espérance des fidèles et ce qui fait que, se confiant non dans les hommes, mais dans le Seigneur, ils ne sont point exposés à faire naufrage dans la tempête que soulève un schisme sacrilège. » (Lettre 165 alias 53 à Generosus, II)

Voici quelques autres mots de saint Augustin sur le Siège de Saint Pierre, son grade, son Église, son Évêque, sa dignité, car, comme le dit saint François de Sales,  » tout cela revient en un » :

« Revenez, mes frères, si vous voulez être entés sur la vigne. Nous sommes saisis de douleur quand nous vous voyons gisants et sans vie. Comptez les pontifes qui se sont succédé sur la chaire de Pierre, Et voyez si cette succession ne prouve pas une intervention divine et constante. C’est bien là le rocher que n’ébranleront jamais les portes orgueilleuses de l’enfer [Matthieu XXI, 18]. » (Psaume abécédaire contre le parti de Donat, XVIII, voir aussi dans PL, 43/30)

« Je passe d’abord sous silence cette sagesse sincère et véritable dont la connaissance n’est possible en cette vie qu’à un petit nombre d’hommes spirituels; les autres n’en connaissent que les éléments les plus simples, mais du moins cette connaissance n’est accompagnée d’aucune hésitation ; ce qui leur donne cette heureuse assurance, ce n’est pas, la vivacité de leur compréhension, mais la simplicité de leur foi. Je garderai donc le silence sur cette sagesse, dont vous niez la présence dans l’Eglise catholique; j’y consens d’autant plus volontiers que je trouve assez d’autres garanties qui me retiennent dans son sein. Ce qui me frappe d’abord, c’est le consentement unanime des nations et des peuples; c’est le spectacle d’une autorité engendrée par les miracles, nourrie par l’espérance, augmentée par la charité, affermie par la durée. Ce qui, me frappe encore, c’est la chaire de Pierre à qui le Seigneur, après la résurrection, a confié le soin de paître ses brebis, c’est aussi cette imposante succession du sacerdoce, couronnée par l’épiscopat qui découle directement du pontificat lui-même.» (Réfutation de l’épître manichéenne appelée Fondamentale, IV)

« Vous disiez tout à l’heure que nous connaissons la loi et que nous parlons légalité, mais que nos oeuvres nous font rougir ». Vous le dites, mais où sont vos preuves? et dussiez-vous en fournir contre quelques rares exceptions, les autres défient toutes vos calomnies. Et puis, lors même que tous les catholiques de l’univers seraient tels que vous les représentez, qu’avez-vous à dire contre la chaire de l’Eglise romaine sur laquelle s’est assis saint Pierre et sur laquelle siège Anastase; ou contre la chaire de l’Eglise de Jérusalem, sur laquelle saint Jacques s’est assis et sur laquelle siège l’évêque Jean ? Or, c’est avec Anastase et avec Jean que nous sommes unis dans les liens de cette unité dont vous vous êtes séparés avec une fureur sacrilège. Pourquoi appelez-vous  « chaire de pestilence » la chaire apostolique ? Est-ce à cause de ces hommes que vous accusez de citer la loi et de ne pas l’accomplir ? Mais souvenez-vous donc que le Sauveur n’a jamais insulté la chaire de Moïse, quoiqu’elle, fût alors occupée par ces pharisiens « qui enseignent et ne font pas ». Il entoura cette chaire de tous les honneurs, tout en condamnant ceux qui l’occupaient. Ecoutez-le : « Ils siègent sur la chaire de Moïse; faites ce a qu’ils vous disent, mais ne faites pas ce qu’ils font, car ils disent et ne font pas [Matthieu XXIII, 2-3] ». Si vous pesiez sérieusement ces paroles, vous ne trouveriez pas dans certains hommes que vous incriminez, l’occasion de blasphémer contre la chaire apostolique, à laquelle vous n’appartenez pas. Votre conduite est donc réellement celle d’adversaires qui ne savent pas ce qu’ils veulent dire et qui ne peuvent qu’insulter et calomnier. » (Contre les lettres du donatiste Pétilien, II, 118)

« Voilà ce qu’a fait la divine Providence au moyen des prédictions des prophètes, de l’humanité et de la doctrine du Christ, des voyages des Apôtres, des outrages, des tortures, du sang et de la mort des martyrs, au moyen de la vie admirable des saints, et, au milieu de tout cela, à l’aide des miracles dignes d’accompagner tant de grandes actions et de vertus, selon que les temps le demandaient. A la vue de cette protection puissante du ciel et des beaux résultats qu’elle a produits, hésiterons-nous à nous réfugier dans le sein de cette Eglise, qui s’est fait reconnaître du genre humain tout entier par une constante succession d’évêques, à commencer par le Siège apostolique, malgré les aboiements de l’hérésie condamnée soit par le jugement du peuple lui-même, soit par l’autorité des conciles, soit enfin par la majesté des miracles? A cette Eglise revêtue d’une autorité sans égale, ne pas vouloir donner le premier rang, c’est certainement une impiété extrême, une téméraire arrogance. Car, s’il n’est point de voie qui mène plus sûrement à la sagesse et au salut que de plier sa raison à la foi, n’est-ce pas de l’ingratitude envers un Dieu secourable et bienfaisant, que de vouloir résister à une autorité qui se recommande par des motifs si puissants ? Et si toute science, quelque peu importante, quelque facile qu’elle soit, exige les leçons d’un maître pour être comprise, n’est-ce pas le comble de la témérité et de l’orgueil, quand il s’agit de livres remplis d’enseignements divins, de se refuser à entendre leurs interprètes, et de vouloir les condamner sans les connaître ? » (De l’utilité de la foi, XVII)

Les conciles de Carthage (416) et de Milève (419)

Saint Augustin présida également les conciles de Carthage et de Milève. Les Pères de ces deux conciles et lui-même, demandèrent a l’évêque de Rome, saint Innocent Ier de confirmer leur décisions. Voici la lettre du concile de Carthage :

« Nous avons cru, vénérable frère, devoir porter cet acte à la connaissance de votre charité, afin que vous confirmiez par l’autorité du siège apostolique les décisions de notre médiocrité pour mettre à couvert le salut d’un grand nombre, et corriger au besoin la perversité de quelques-uns.  […] Quand même donc Pélage paraîtrait à votre sainteté avoir été justement absous par certains actes qu’on dit être des évêques d’orient, son erreur et son impiété, qui compte en divers pays tant de partisans, n’en devrait pas moins être anathématisée par l’autorité du siège apostolique. » (Lettre 90 (175) au pontife romain Innocent, Ibid., col. 923 et 925, édit. de Gaume ; col. 617 et 619, édit. de Montfaucon)

Et la lettre que les Pères du concile de Milève et lui adressèrent au même Pape :

« Puisque le Seigneur, par un bienfait signalé de sa grâce, vous a élevé sur le siège apostolique, et vous a placé dans un poste tel, qu’il y aurait négligence de notre part à ne pas déférer à votre révérence ce que les besoins de l’Eglise demandent de nous, sans que nous puissions avoir à craindre que notre démarche soit, ou dédaigneusement repoussée, ou froidement accueillie de vous ; nous vous prions d’apporter votre soin pastoral à la guérison de membres infirmes. Car une hérésie nouvelle et excessivement pernicieuse cherche à s’élever pour anéantir la grâce du Christ. » (Lettre 92 alias 176, Cf. Opera S. Augustini, t. II, col. 927, édit. de Gaume ; col. 620, édit. de Montfaucon).

Saint Innocent Ier (mort en 417)

Ce pape adressa la réponse suivante aux Pères du concile de Carthage, dans laquelle il assimila l’Église de la ville de Rome à une source pure de toute souillure hérétique, qui vivifiait les églises locales :

« Voilà ce que vous avez estimé dans la vigilance de votre office sacerdotal, à savoir qu’on ne doit pas fouler aux pieds les ordonnances des Pères; car ceux-ci, dans une pensée plus divine qu’humaine, avaient décrété que n’importe quelle affaire à traiter, fût-ce des provinces les plus éloignées et les plus retirées, ne serait pas considérée comme finie avant d’avoir été portée à la connaissance de ce Siège, pour qu’il confirmât de toute son autorité les justes sentences et que les autres églises – comme les eaux qui jaillissent de leur source originelle et qui s’écoulent dans toutes les régions du monde par de purs ruisseaux venus de la source non corrompue – reçoivent de lui ce qu’elles prescriront et sachent qui elles doivent purifier et qui, souillé d’une fange ineffaçable, ne recevra pas l’eau digne des corps purs » (Lettre In requirendis du 27 janvier 417 aux évêques du concile de Carthage (Dz. 217); citée dans la lettre 181 (alias 191) de SAINT AUGUSTIN – PL, 33 / 780.).

Ainsi que cette réponse à ceux du concile de Milève :

« Je loue la diligence que vous avez apportée à rendre hommage au siège apostolique, je veux dire au siège de celui qui, sans compter les embarras qui peuvent lui survenir d’ailleurs, est chargé du soin de toutes les Eglises, en nous consultant sur le parti que vous pouvez avoir à prendre dans vos doutes, vous conformant ainsi à l’antique règle que vous savez aussi bien que moi avoir toujours été observée par tout l’univers. Mais je me tais là-dessus, persuadé que vous en êtes d’avance parfaitement instruits, puisque vous l’avez reconnu par votre conduite même, sachant bien que le siège apostolique ne manque jamais de répondre aux consultations qui lui viennent de toutes les parties de l’univers. Mais surtout s’il s’agit de ce qui intéresse la foi, tous nos frères ou nos collègues dans l’épiscopat se font, comme je n’en doute pas, un devoir d’en référer à Pierre, ou à celui de qui il tient son nom et son privilège, ainsi que vous l’avez fait vous-mêmes pour obtenir une décision qui puisse, dans le monde entier, servir en commun à toutes les Eglises. » (Lettre aux Pères du concile de Milève, Inter epistolas S. Augustini, Opera S. Augustini, t. II, col. 934, édit. de Gaume ; col. 638, édit. de Montfaucon). Lettre citée dans la lettre 182 (alias 193) de SAINT AUGUSTIN – PL, 33 / 784.).

Et nous ne pouvons que constater que saint Augustin fait entièrement siennes ces deux sentences papales ! En effet, lorsque dans sa Lettre à Paulin, saint Augustin rapporte ces actes, il recommande les réponses que le pape Innocent Ier donna par écrit, en ajoutant :

« Sur tous ces points, le pape nous a donné réponse par écrit, exactement comme le requérait le droit et comme il convenait au pontife du Siège apostolique » (Epistola 186 (alias 106), § 2 – PL, 33 / 817.).

Et dans un célèbre sermon :

« Réfutez leurs contradictions, amenez-nous les quand ils résistent. Déjà effectivement on a envoyé sur ce sujet les actes de deux Conciles au Siège Apostolique, dont on a aussi reçu les réponses. La cause est finie; puisse ainsi finir l’erreur ! Aussi les avertissons-nous de rentrer en eux-mêmes; nous prêchons pour leur faire connaître la vérité et nous prions pour obtenir leur changement. » (Sermon 131, 10).

C’est d’ailleurs des mots « Siège Apostolique, dont on a aussi reçu les réponses. La cause est finie » que fut tirée le célébrissime adage : « Roma locuta, causa finita est » : « Rome a parlé, la cause est entendue » !

Saint Zosime (mort en 418)

« La tradition de nos Pères, attribue au Siège apostolique une autorité tellement absolue dans l’Eglise, que nul n’a le droit de réformer son jugement. Cette règle canonique a toujours été observée ; la sainte antiquité non moins que la discipline actuelle sont unanimes à proclamer la puissance de l’apôtre Pierre, à qui Jésus-Christ Notre-Seigneur a conféré le privilège de lier ou de délier [Matthieu XVI, 19]. Ce privilège appartient par droit d’héritage aux successeurs du prince des apôtres. Pierre continue toujours à porter la sollicitude de toutes les Eglises, mais il veille avec un soin particulier sur le Siège de Rome qui est le sien propre ; il ne souffre ni défaillance ni incorrection dans les jugements doctrinaux émanés de la Chaire qu’il a honorée de son nom et constituée sur des fondements inébranlables [Matthieu XVI, 18]. Quiconque se heurte à cette pierre, s’y brisera. Tel est donc Pierre, le chef de la plus haute autorité qui soit ici-bas ! Les lois divines et humaines, la discipline ecclésiastique tout entière confirment ce pouvoir éclatant de l’Eglise romaine, à la tête de laquelle nous avons été établi, comme vous le savez, bien-aimés frères, dans la plénitude de l’autorité apostolique. Cependant, malgré cette puissance suprême dont le dépôt est entre nos mains, nous n’avons pas voulu agir, dans l’affaire présente, sans prendre votre avis. Dans un sentiment de dilection vraiment fraternelle, nous avons fait appel à votre conseil commun, non par ignorance de notre devoir ou par impuissance de l’accomplir en la forme la plus utile pour l’Eglise, mais parce qu’il s’agit d’un accusé qui a déjà comparu à votre tribunal, et qui se constitue devant le nôtre pour y purger un appel antérieur, provoquant lui-même sa confrontation avec ses accusateurs, et anathématisant les erreurs qui lui étaient, dit-il, faussement reprochées… Des matières aussi graves ne se jugent pas légèrement. Votre fraternité saura donc que rien n’a été changé ni dans la décision doctrinale portée par notre saint prédécesseur, ni dans le jugement à intervenir sur la question de fait relative à Célestius et à Pelage. » (Lettre 12 à Aurélien et au concile de Carthage, PL, XX, 675-676)

Concile d’Ephèse (431)

« Philippe, presbytre et légat du Siège Apostolique a dit : Il n’y a pas de doute, et en fait cela fut connu dans tous les âges, que le saint et très-heureux Pierre, prince et tête des Apôtres, pilier de la foi, et fondation de l’Eglise catholique, reçu les clés du royaume de Notre-Seigneur Jésus-Christ, le Sauveur et Rédempteur de la race humaine, et qu’à lui fut donner le pouvoir de remettre et retenir les péchés; qui depuis le commencement jusqu’à aujourd’hui et pour toujours, vit et juge en ses successeurs. Le saint et très-heureux Pape Célestin, selon l’ordre est don successeur et tient sa place. […] En conséquence, la décision de toutes les églises est arrêtée, car les prêtres des églises orientales et occidentales sont présents. […] C’est pourquoi Nestorius sait qu’il est exclu de la communion des prêtres de l’Église catholique » (IIIè session)

Saint Léon le Grand (vers 395-461)

« En outre, comme suite à cette assistance essentielle et éternelle, nous avons reçu la protection et l’appui de l’apôtre qui, certes, ne se relâche pas de sa fonction ; et ce solide fondement sur lequel s’élève de toute sa hauteur l’édifice de l’Eglise ne se lasse aucunement de porter la masse du temple qui repose sur lui. En effet, elle ne défaille pas, le fermeté de cette foi qui fut louée par le Prince des apôtres ; et de même que demeure ce que saint Pierre a cru dans le Christ, ainsi demeure ce que le Christ a établi en saint Pierre. » (Sermon 3 pour l’anniversaire de son élévation au souverain pontificat, chapitre 2, PL, 54/145-146)

Ce Pape laissait entendre que saint Pierre vivait et enseignait par la bouche de ses successeurs :

« Le bienheureux Pierre, conservant toujours cette consistance de pierre qu’il a reçue, n’a pas abandonné le gouvernail de l’Église […]. Si donc nous faisons, quelque chose de bon, si nous pénétrons avec justesse dans les questions, si quelque chose est gagné de la miséricorde de Dieu par nos supplications quotidiennes, c’est l’œuvre, c’est le mérite de celui dont la puissance vit et dont l’autorité commande dans son Siège […] À celui qu’ils savent non seulement être le maître de ce Siège, mais aussi le primat de tous les évêques. Qui par conséquent […] croient qu’il parle par son représentant que nous sommes. » (Sermon 3 pour l’anniversaire de son élévation au souverain pontificat, chapitre 3 et 4)

Pierre et ses successeurs étaient, assurés d’une rectitude doctrinale inébranlable : « Le messie est annoncé comme devant être la pierre choisie, angulaire, fondamentale (Isaïe XXVIII, 16) », C’est donc son propre nom que Jésus donne à Simon, comme s’il lui disait :

« Je suis la pierre inviolable, la pierre angulaire, qui réunit en un deux choses; je suis le fondement auquel nul n’en peut substituer un autre; mais toi aussi, tu es pierre, car ma force devient le principe de ta solidité, en sorte que ce qui m’était propre et personnel à ma puissance, te devient commun avec moi par participation. » (Sermon 4 pour l’anniversaire de son élévation au souverain pontificat)

Le Christ est donc la Pierre et il communique cette dignité à son Apôtre.

« Saint Pierre ne cesse de présider à son siège et conserve une participation sans fin avec le souverain prêtre. La fermeté qu’il a reçut de la pierre qui est le Christ, lui, devenu également Pierre, il la transmet aussi à ses héritiers ; et, partout où paraît quelque fermeté, se manifeste indubitablement la force du pasteur. […] Qui sera assez ignorant ou assez envieux pour mésestimer la gloire de saint Pierre et croire qu’il y ait des portions de l’Eglise qui échappent à la sollicitude de son gouvernement et ne s’accroissent pas avec lui ? » (Sermon 5 pour l’anniversaire de son élévation au souverain pontificat, chapitre 4, PL, 54/155)

« Le Seigneur souhaita être effectivement la préoccupation de tous les apôtres : et de lui comme de la tête, il souhaite que les dons s’écoulent dans le corps: afin que celui que quiconque ose se séparer du solide Rocher de Pierre puisse comprendre qu’il n’a pas part ou destinée dans le divin mystère. » (Lettre X, aux évêques de Vienne [450])

« Au cours de tant de siècles, aucune hérésie ne pouvait souiller ceux qui étaient assis sur la chaire de Pierre, car c’est le Saint-Esprit qui les enseigne » (Sermon 98).

Concile de Chalcédoine (451)

Les Pères de ce concile déclarèrent formellement au sujet de saint Léon :

« Dieu, dans sa providence, s’est choisi, dans la personne du pontife romain un athlète invincible, impénétrable à toute erreur, lequel vient d’exposer la vérité avec la dernière évidence ».

De plus, lors de la session III furent présentée les requêtes des diacres Théodore et Ischyrion, du prêtre Athanase et du laïque Sophrone contre Dioscore, adressées tant au pape Léon qu’au concile ; Léon y est désigné sous les titres d’archevêque universel et de patriarche de la grande Rome. Dans la même action ou session, on attribue aux légats de Léon la présidence du concile comme aux représentants du pape, et ils sont les premiers à prononcer la sentence contre Dioscore en ces termes :

« C’est pourquoi le très-saint archevêque de Rome, Léon, par nous et par le présent concile, avec l’apôtre saint Pierre, qui est la pierre et la base de l’Eglise catholique et le fondement de la foi orthodoxe, l’a dépouillé de la dignité épiscopale et de tout ministère sacerdotal. »

À la fin de cette même session, le concile demanda au pape Léon, dans le compte qu’il lui rendit, la confirmation de tous ses actes, et lui dit entre autres choses :

« Qu’est-ce qui en effet donne plus de joie que la foi ? […] Cette foi, le Sauveur lui-même nous l’a transmise depuis les temps anciens en disant : « Allez donc, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit » [Matthieu XXVIII, 19] ; toi-même tu l’as gardée comme une chaîne d’or qui, au commandement de celui qui ordonne, vient jusqu’à nous, en étant pour tous l’interprète de la voix du bienheureux Pierre, et en procurant à tous la bénédiction de sa foi. Nous servant donc nous aussi de toi avec fruit comme d’un guide vers ce bien, nous avons montré aux enfants de l’Eglise l’héritage de la vérité… en faisant connaître d’un même coeur et d’un même esprit la confession de la foi. Et nous étions dans un même choeur, faisant nos délices, comme dans un banquet royal, des nourritures spirituelles que le Christ, par tes écrits, a préparés aux convives du festin, et nous pensions voir l’époux céleste en convive parmi nous. Car si là où deux ou trois sont rassemblés en son nom il est présent, comme il le dit, au milieu d’eux [Matthieu XVIII, 20], quelle familiarité n’a-t-il pas manifestée alors aux cinq cent vingt prêtres qui ont placé la connaissance de la confession de la foi plus haut que leur patrie et que les fatigues ? Eux que, comme la tête le fait pour les membres, tu as conduits en ceux qui tenaient ta place en faisant connaître ton conseil excellent […] Voilà ce que nous avons fait de concert avec vous, qui étiez présent d’esprit au milieu de nous comme d’autant de frères et qu’il nous semblait voir dans la personne de vos sages légats. Nous vous annonçons en même temps que nous avons pris encore quelques autres mesures pour le maintien du bon ordre et l’exécution des lois ecclésiastiques, sachant bien que votre sainteté les approuverait et les confirmerait dès que la connaissance lui en serait parvenue […] Nous vous conjurons donc d’honorer de votre suffrage définitif le jugement que nous avons porté et de donner à vos fils cette preuve de votre bienveillance, de même que nous nous sommes attachés à vous suivre en tout comme notre chef. » (Lettre synodale au pape Léon 1er, début de novembre 451, Labbe, t. IV, col. 833-834 et 837-838)

Saint Félix III (vers 440-492)

« Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise : à cette parole, les trois cent dix-huit Pères, réunis à Nicée, demandèrent à la sainte Eglise Romaine de confirmer et de sanctionner par son autorité ce qui avait été fait. » (Lettre IV, année 483 ; in : Dion. Exig.. In praefat. conc. Nie)

Décret de Gélase (496)

« Nous avons considéré qu’il faut annoncer que bien que toutes les Eglises catholiques se répandent à travers le monde comprennent une chambre nuptiale du Christ, néanmoins, La sainte romaine n’est pas placée devant les autres églises par des édits de synodes, mais elle a la primauté de par la parole évangélique du Seigneur et Sauveur disant : ‘Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise contre laquelle les portes de l’enfer ne prévaudront pas‘. À cela s’est ajouté également la compagnie du très bienheureux Paul, le vase d’élection : ce n’est pas un autre moment, comme le disent sottement les hérétiques, mais au même moment, le même jour, par une mort glorieuse avec saint Pierre, qu’il a été couronné en combattant, dans la Ville de Rome, sous l’empereur Néron : et de la même manière ils ont consacré au Christ l’église romaine susdite, et par leur présence et triomphe vénérable ils l’ont placée avant toutes les autres villes dans le monde entier. Le premier siège de l’apôtre Pierre est donc l’église romaine qui n’a ni tache, ni ride, ni rien de semblable [Ephésiens V, 27]. […] Et bien que personne ne puisse poser d’autre fondement que celui qui a été posé et qui est Jésus Christ (voir 1Co 3,11), l’Eglise sainte, c’est-à-dire l’Eglise romaine, n’interdit pas que pour son édification, outre les Ecritures de l’Ancien et du Nouveau Testament que nous recevons selon la règle, soient reçus également ces autres écrits, à savoir : […] » (Lettre décrétale sur les livres à recevoir ou à ne pas recevoir, aussi nommée Décret de Gélase ou Décret gélasien, III et IV, DS 350, 351 et 352)

Ce document est appelé Décret Gélasien traditionnellement daté de 496, mais dont la date doit peut-être être repoussée jusqu’en 523, année de la mort du Pape saint Hormisdas. Nous ne connaissons pas son auteur. Toutefois, on consultera avec fruits l’étude du Père Albert DUFOURCQ intitulée Vues nouvelles sur le décret gélasien et sur le pape Damase (Comptes rendus des séances de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Année 1909, 53-11, pp. 820-825) en cliquant ici. Ce document anonyme n’a donc sans doute aps l’autorité du Pape saint Gélase, toutefois il doit quand même refléter la doctrine générale de l’époque de sa rédaction. Dans le cas contraire son auteur n’aurait jamais pu songer à l’écrire et encore moins à le mettre sous le nom de Gélase. Et quand même l’aurait-il fait, jamais il n’aurait obtenu aussi vite une autorité aussi grande, surtout en lui reconnaissant une origine papale.

Saint Hormisdas Ier (450-523)

Ce Pape envoya à la cour impériale de Constantinople – qui l’avait sollicité pour mettre fin aux schismes qui dècheraient l’Orient – le 1er août 515, un document intitulé Libellus Fidei, ou encore Regula Fidei, ce qui peut se traduire par Programme de la foi, Opuscule de la foi, Règle de la foi ou encore Profession de foi, mais plus connu sous le nom de Formulaire d’Hormisdas. Tous les évêques d’Orient devaient y souscrire. Une des vérités impératives exprimées dans ce texte était que l’orthodoxie s’est toujours maintenue à Rome :

« La condition première du salut est de garder la règle de la foi juste et de ne s’écarter d’aucune façon des décrets des pères. Et parce qu’il n’est pas possible de négliger la parole de notre Seigneur Jésus Christ qui dit :  » Tu es Pierre, et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise  » Mt 16,18, ce qui a été dit est prouvé par les faits ; car la religion catholique a toujours été gardée sans tache auprès du Siège apostolique [autre version du texte: c’est seulement dans la chaire de Rome que les faits postérieurs ont correspondu à la parole du Christ]. Ne voulant donc nous séparer d’aucune façon de cette espérance et de cette foi, et suivant en toutes choses ce qu’ont décrété les pères, nous anathématisons tous les hérétiques, et principalement l’hérétique Nestorius qui fut jadis évêque de la ville de Constantinople, condamné au concile d’Ephèse par Célestin, le pape de la ville de Rome, et par saint (l’homme vénérable) Cyrille, l’évêque de la ville d’Alexandrie ; avec celui-ci (de même)nous anathématisons Eutychès et Dioscore d’Alexandrie, condamnés au saint synode de Chalcédoine que nous suivons et embrassons ( qui, suivant le saint concile de Nicée, a proclamé la foi apostolique). Nous y ajoutons (nous exécrons également) le criminel Timothée, surnommé Aelure, ainsi que son disciple et partisan en toutes choses Pierre d’Alexandrie ; et de même nous condamnons (également) et nous anathématisons Acace, jadis évêque de Constantinople, condamné par le Siège apostolique, leur complice et partisan, et ceux qui sont restés en communion avec eux ; car (Acace), s’étant joint à leur communion, a mérité la même sentence de condamnation. De même nous condamnons Pierre d’Antioche avec tous ceux qui l’ont suivi et les partisans de ceux qui ont été mentionnés plus haut. (Mais) c’est pourquoi nous recevons et approuvons toutes les lettres du bienheureux pape Léon, qu’il a écrites touchant la religion chrétienne. Comme nous le disions plus haut, suivant en toutes choses le Siège apostolique et prêchant tout ce qu’il a décrété, j’espère (donc) mériter de rentrer dans la communion avec vous que prêche le Siège apostolique, communion dans laquelle réside, entière et vraie (et parfaite) la solidité de la religion chrétienne. Nous promettons (je promets) aussi que (à l’avenir) les noms de ceux qui sont séparés de la communion de l’Eglise catholique, c’est-à-dire qui ne sont pas en accord avec le Siège apostolique, ne seront pas lus durant les saints mystères. (Mais si je tentais de dévier en quoi que ce soit de ma profession de foi, je confesse que, selon mon propre jugement, je serais un complice de ceux que j’ai condamnés.) Cette profession de foi je l’ai souscrite de ma propre main, et je l’ai transmise (envoyée) à toi, Hormisdas, le saint et vénérable pape de la ville de Rome. »

Saint Maxime Le Confesseur (580-662)

Saint Maxime applique la vertu de pierre de fondement à l’Eglise de Rome sans même mentionner saint Pierre, tellement la chose devait être évidente pour tous ses contemporains :

« Toutes les parties de l’univers et tous ceux qui reconnaissent partout le Seigneur avec une foi véritable et authentique se tournent comme vers le soleil vers la sainte Eglise de Rome, et considèrent sa profession de foi, dont Ils attendent l’éclat de sa lumière. […] C’est dès le commencement, lorsque le Verbe de Dieu descendit jusqu’à nous en assument notre chair, tous les chrétiens ont toujours regardé et regardent encore comme l’unique base solide, l’unique fondement de l’Eglise le siège suprême qui se trouve en cette église de Rome, celui que, d’après la promesse du Sauveur, les portes de l’enfer ne sauraient vaincre et qui possède les clefs de la vraie foi et de l’authentique confession, celui chez qui tous ceux qui s’approchent avec une piété sincère se voient ouvrir l’accès à l’unique religion, celui qui rend les hérétiques muets et ôte la parole de la bouche de ceux qui profèrent l’iniquité en présence du Tout-Puissant. » (Lettre à Marin de Chypre, PG, 91/138-139)

Saint Agathon (574-681) et le IIIè concile de Constantinople (680-681)

A l’occasion du IIIè concile de Constantinople (680-681), le Pape saint Agathon envoya deux lettres aux empereurs. Nous lisons, entre autres, dans la première lettre :

« Que Votre Clémence considère donc cet avertissement de Notre-Seigneur et Sauveur, l’auteur de notre foi : en promettant à saint Pierre que sa foi ne défaillirait pas, il l’engagea à confirmer ses frères. Tout le monde sait bien que les pontifes du siège apostolique, ceux qui ont précédé mon humble personne, ont réalisé cette tache sans douter de cette parole. » (Lettre 1 aux empereurs, PL, 87/1168-1169)

Puis :

« Saint Pierre a reçu du Rédempteur lui-même par une triple recommandation qui lui en a été faite, la charge de paître les brebis spirituelles qui composent son Eglise ; et c’est grâce à l’appui qu’il continue de lui prêter, que cette Eglise apostolique n’a jamais déviée par une erreur quelconque de la voie de la vérité ; aussi, de tout temps, toute l’Eglise catholique et les conciles généraux ont-ils fidèlement adhéré à son autorité comme à celle du prince de tous les apôtres, s’attachant à la suivre en tout, et tous les saints Père en ont embrassé et soutenu avec zèle la doctrine comme venant des apôtres […] Que votre auguste clémence veuille donc bien considérer que le maître et le Sauveur de tous, qui est l’auteur de la foi, et qui a promis que la foi de Pierre ne défaillira jamais, l’a averti d’affermir ses frères : charge dont se sont acquittés en toute circonstance avec courage, comme tout le monde le sait, les pontifes apostoliques mes glorieux prédécesseurs ; et quoique bien inférieur à leurs mérites je veux, puisque la grâce divine m’a appelé à leur succéder, m’acquitter à leur exemple de ce même ministère. » (Lettre 1 aux empereurs, 27 mars 680, PL, 87/1168-1169 ; LABBE, Sacrosancta concilia, t. VI, col. 635 et 636 et MANSI, Sacrorum Conciliorum nova et amplissima collectio, t. XI, col. 234 et suivants)

Et dans la seconde, signée des cent-vingt-cinq Évêques d’un concile tenu à Rome :

« Nous croyons que Dieu fera à votre trône, qu’il a élevé lui-même, la faveur si rare, et qui est le privilège du très-petit nombre, d’être le moyen dont il se servira pour faire briller aux yeux de tous la lumière de la foi catholique et apostolique, qui, ayant pour principe la source même de la vraie lumière dont elle est comme le rayon, nous a été transmise par le ministère des princes des apôtres saint Pierre et saint Paul, et par les hommes apostoliques leurs disciples et leurs successeurs, et est parvenue ainsi intacte, grâce au secours divin, jusqu’à notre médiocrité, sans que les ténèbres des hérésies aient pu l’obscurcir, sans qu’aucune erreur ait pu l’altérer, et Dieu veuille bénir les efforts que fait votre autorité providentielle pour la conserver toujours inaltérable ! Tel a été aussi l’objet constant de la sollicitude du siège apostolique, et de tant de pontifes auxquels nous succédons malgré notre indignité. » (Lettre 3 aux empereurs, PL, 87, 1217 et 1220 ; LABBE, Sacrosancta concilia, t. VI, col. 679-682)

Le pape évoque « les pontifes apostoliques mes glorieux prédécesseurs » comme s’étant « acquittés en toute circonstance avec courage, comme tout le monde le sait » à affermir leurs frères selon les paroles du Sauveur. Il est enfin question de la saine doctrine « parvenue ainsi intacte, grâce au secours divin, jusqu’à [saint Agathon], sans que les ténèbres des hérésies aient pu l’obscurcir, sans qu’aucune erreur ait pu l’altérer ». Aussi si tous se sont acquittés de cette tache, cela signifie qu’aucun n’a failli.

Aussi, cela signifie que les propos de saint Sirice, saint Sixte III, saint Innocent Ier, saint Zosime, saint Léon le Grand, saint Félix III et saint Hormisdas, que nous avons cité, se trouvent ainsi « validés » en tant que tels par ces lettres.

Par la suite, le 15 novembre 680, lors de la 4è session du IIIè concile de Constantinople (680-681) réunissant surtout des évêques Orientaux, une lecture fut donnée de la première lettre (PL, 87/1168-1169 et MANSI, 11/239-254). Puis, lors de la 18è session, le 16 septembre 681, ce fut au tour de la seconde lettre lue en public et les Pères du concile l’approuvèrent et l’insérèrent dans les actes du concile. Ils déclarèrent :

« C’est le souverain prince des apôtres qui a agi de concert avec nous. Nous avons eu, pour nous aider, le pape qui dans ses lettres déclare le mystère de la vérité divine et sacrée. Rome, cette ville antique, nous a transmis la profession de foi que Dieu avait dictée à saint Pierre. La feuille sur laquelle fut inscrit le dogme a honoré la fin de ce jour ; sur cette feuille on voyait de l’encre, mais c’est réalité c’est saint Pierre qui parlait au travers du pape Agathon. […] C’est à toi, évêque du premier siège de l’Eglise universelle, que nous nous abandonnons pour savoir ce que nous devons faire, puisque tu es établi sur le ferme rocher de la foi. […] Tous unis sous l’inspiration du Saint Esprit, tous d’accord et tous du même avis, acquiesçant tous aux lettres de Notre Très Saint Père et Souverain pontife le pape Agathon a envoyées à Votre Puissance [ndlr : les empereurs], reconnaissant la sainte décision du concile qui dépend de lui et qui rassemble cent-vingt-cinq prélats, etc. » (MANSI, 11/666, 684 et 686)

Le déroulé des événements est décrit dans cet article.

Le concile donc, fait non seulement sienne la doctrine de l’infaillibilité Papale de droit et de la perfection de fait de l’enseignement des Papes précédents, ce qui implique l’approbation de ce que nous avons cité des Papes, mais en plus, dans son approbation, le concile identifie lui-même la promesse faite par le Christ a saint Pierre d’être le rocher de l’Église, à l’exercice de l’épiscopat romain : « C’est à toi, évêque du premier siège de l’Eglise universelle, que nous nous abandonnons pour savoir ce que nous devons faire, puisque tu es établi sur le ferme rocher de la foi ».

Nous pouvons et devons souligner à l’attention des Orthodoxes, gallicans, vieux-catholiques et tout autres qui reconnaissent l’autorité des conciles sans reconnaître celle des Papes, qui liraient notre article, que cette décision conciliaire confirmant la doctrine de la Papauté est non seulement un témoignage parmi les autres de la Tradition, mais encore une sentence infaillible selon les normes théologiques de leurs propres églises. Aussi, après avoir lu cela, ils sont obligés, en conscience, d’accepter la doctrine de la Papauté exprimée dans ces lettres et approuvées par le concile, ainsi que l’intégralité de ce qu’ont enseigné les Papes précédents sur la Papauté, le Filioque et le célibat sacerdotal, puisque ces lettres affirment aussi la perfection de la doctrine de tous les Papes antérieurs.

Saint Théodore Studite (759-826)

Dans la lettre qu’il écrit en 821 à l’empereur Michel II le Bègue (820-829), notre Saint, parlant de l’Église romaine, s’exprime de la manière suivante :

« Ordonnez que l’on reçoive l’exposition de foi envoyée de l’ancienne Rome, suivant qu’il a été pratiqué de tout temps par nos pères, car cette Église, ô empereur imitateur du Christ, est la première de toutes les Églises de Dieu ; Pierre est son premier évêque, Pierre à qui le Seigneur a dit : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle. » » (Lettres, livre II, 86 ; Migne, P. G., t. XCIX, col. i332 Β Αυτή γαρ, Χρ^τομίμητε βασιλευ, ή κορυφαίοτάτη των Εκκλησιών του Θεοΰ, ης Πέτρος πρωτόθρονος, προς ό’ν ό Κύριος φησιν » Συ ει Πέτρος)

Ce passage, on le voit, va directement à prouver la primauté de l’Église Romaine. Mais il n’est pas moins aisé de se rendre compte qu’une telle argumentation suppose de toute évidence l’exégèse catholique de la grande promesse faite par le Christ à saint Pierre dans la région de Césarée de Philippe. Déjà, en 815, dans sa lettre dogmatique adressée au conciliabule iconoclaste tenu par le patriarche intrus Théodote Mélissène Cassiteras, Théodore avait écrit au nom de tous les higoumènes :

« Nous marchons avec assurance, appuyés que nous sommes sur ce Siège au sujet duquel le Christ a dit : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle. » » (Lettres, livre II, 1, col. 1117 Β. ‘Ασφαλώς βεβήκαμεν έπ’ έκείνην την Εδραν, έφ’ η φησιν ό Χριστός » Συ ει Πέτρος )

Cette assurance, cette sécurité que l’intrépide défenseur du culte des images place dans le Saint-Siège, d’où provient-elle, sinon de la certitude même de la primauté de Pierre?

Aussi sa vision complète de la Papauté nous est exposée dans l’article La primauté de saint Pierre et du Pape d’après saint Théodore Studite (759-826) par le Père Sévérien SALAVILLE (dans Revue d’Etudes Byzantines, 1914, Numéro 104,  pp. 23-42). Voici le plan de cet article :

I. – La primauté de saint Pierre.

II. – La primauté du Pape.

1° L’épiscopat de saint Pierre à Rome.

2° La primauté du Pape est de droit divin.

3° Universalité de juridiction sur le monde entier.

4° Le pouvoir du Pape est sans appel.

5° Droit de convocation et d’approbation des conciles.

6° L’infaillibilité du Pape.

7° La Papauté centre de l’unité de la foi et de la communion.

Il faut noter que les Orthodoxes, célébrant ce saint le 11 novembre, le chantent comme :

« L’intrépide défenseur de la vérité, la colonne et le soutien de la foi orthodoxe, le guide inspiré de l’orthodoxie, le docteur de la piété, le flambeau de l’univers qui, par ses enseignements, a éclairé tous les fidèles, la lyre du Saint-Esprit, etc. » (Τής αληθείας σφόδρον συνήγογον, στύλον, έδραί’ωμα ορθοδόξου πίστεως. — ‘Ορθοδοξίας οδηγέ, Οεόπνευστε, εύσεβείας διδάσκαλε, της οΐκουμε’νης ό φωστήρ, ταΐς διδαχαΐς σου πάντας έφώτισας, λύροΕ του Πνεύματος. Voir dans les Menées l’office des Vêpres et de l’aurore, au 11 novembre)

Ils épuisent en son honneur la magnificence des titres et des épithètes. Ou ce langage signifie quelque chose, ou ce n’est qu’une phraséologie rhétorique sans substance. Pour un esprit logique il n’est point d’autre alternative. Par les saints qu’elle célèbre, la liturgie grecque est la condamnation la plus expresse qui se puisse imaginer du schisme oriental. Quand on chante saint Jean Chrysostome, saint Léon de Rome, saint Grégoire le Grand, saint Maxime le Confesseur, saint Jean Damascene, saint Théodore Studite et tant d’autres, si l’on connaît leur doctrine et si l’on est conséquent, on ne peut qu’être catholique.

IVème concile de Constantinople (870)

Le Pape Adrien II fit souscrire au Formulaire d’Hormisdas mentionné plus haut, tous les Pères grecs et latins lors du IVème concile de Constantinople (10e session du 28 février 870) :

« La condition première du salut est de garder la règle de la foi orthodoxe […] On ne peut, en effet, négliger la parole de notre Seigneur Jésus-Christ qui dit : ‘Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église’ [Mt 16, 18]. Cette affirmation se vérifie dans les faits, car la religion catholique a toujours été gardée sans tache dans le Siège apostolique. Désireux de ne nous séparer en rien de sa foi et de sa doctrine […] nous espérons mériter de demeurer unis en cette communion que prêche le Siège apostolique, en qui réside, entière et vraie, la solidité de la religion chrétienne » (Ier Session)

Les Pères du Concile Vatican I – qui défini le dogme de l’infaillibilité pontificale – commentèrent ce texte comme il suit. Ils dirent de l’affirmation selon laquelle la promesse du Christ « s’est vérifié dans les faits » dans le siège de Rome :

« Ceci doit être entendu non seulement comme un simple fait (facto) mais aussi comme un droit (jure) constant et immuable, en [vertu] des paroles du Christ [« Tu es Pierre etc.»], qui demeurent immuables. Aussi longtemps que durera la pierre sur laquelle le Christ fonda l’Église, aussi longtemps la religion catholique et la doctrine sainte seront gardées immaculées dans le Siège apostolique, et ce de par le droit divin. […][L’infaillibilité pontificale] est parfaitement contenue dans le Formulaire d’Hormisdas (avec l’ajout d’Adrien II), qui dit: en vertu des paroles du Christ «Tu es Pierre etc.,», dans le Siège apostolique, c’est-à-dire par Pierre et par ceux qui lui succèdent en cette chaire, la religion et la doctrine ont toujours été gardées immaculées, et comme cela a été montré plus haut), de droit divin, elles seront toujours gardées [à l’avenir]. Ceci équivaut certainement à la proposition qui dit: les évêques romains qui occupent le Siège de Pierre sont, par rapport à la religion et à la doctrine, immunisés contre l’erreur » (Relatio de observationibus Reverendissimorum concilii Patrum in schema de romani pontificis primatu, in: Gerardus SCHNEEMANN, Acta et decreta sacrosancti oecumenici concilii Vaticani cum permultis aliis documentis concilium ejusque historiam spectantibus, Freiburg 1892, col. 281 – 284).

Finalement, Vatican I intégra une citation abrégée du Formulaire au chapitre 4 de Pastor aeternus, contenant la définition du dogme de l’Infaillibilite pontificale.

III) Les autres témoignages

Tertullien (vers 155-vers 230)

« Voilà quels témoins rencontre l’Enfant-Dieu; il n’en aura pas d’autres dans un âge plus avancé. Pierre lui seul sera marié; sa belle-mère me l’indique; qu’il ait été monogame, je le conjecture par l’Eglise qui, fondée sur lui, devait composer de monogames l’ordre hiérarchique de ses rangs. Quant aux autres, dès que je ne trouve pas qu’ils aient été mariés, il faut nécessairement que je les suppose vierges et continents. » (De la Monogamie, VIII)

[ATTENTION : contrairement à ce que le lecteur non averti pourrait penser, cela ne contredit pas le célibat ecclésiastique, lisez cet article pour pus d’information]

« Saint Pierre aurait-il ignoré quelque chose quelque chose, lui que le Christ a désigné du nom de la pierre sur laquelle il allait bâtir son Eglise, qui allait recevoir les clefs du royaume des cieux, avec le pouvoir de délier et de lier, sur la terre comme au ciel ? » (De la prescription, XXII dans PL, 2/34)

« Maintenant, je prends acte de ta déclaration, pour te demander à quel titre tu usurpes le droit de l’Eglise. Si de ce que le Seigneur a dit à Pierre: « Je bâtirai mon Eglise sur cette pierre; Je t’ai donné les clefs du royaume des Cieux, » ou bien: « Tout ce que lu lieras ou délieras sur la terre, sera lié ou délié dans les cieux; » tu t’imagines orgueilleusement que la puissance de lier et de délier est descendue jusqu’à toi, c’est-à-dire à toute l’Eglise, qui est en communion avec Pierre, quelle est ton audace de pervertir et de ruiner la volonté manifeste du Seigneur, qui ne conférait ce privilège qu’à la personne de Pierre? « C’est sur toi que je bâtirai mon Eglise », lui dit-il; c’est à toi que je donnerai les clefs, » et non à l’Eglise. « Tout ce que tu lieras ou que tu délieras; etc. » mais non pas tout ce qu’ils lieront ou délieront. » (De la pudicité, XXI)

Il enseigne aussi que que le Seigneur a :

« donné les Clefs à Pierre, et par lui à l’Eglise. » (Scorpiaque, X)

Origène (vers 185-vers 254)

« Vous voyez ce grand fondement de l’Église, cette pierre si solide sur laquelle le Christ a fondé son Église. Que lui dit le Seigneur .? Il lui dit : « Homme de foi, pourquoi as-tu douté?… ». » (Homélie V sur l’Exode n°4 dans PG, 12/329)

« Saint Pierre, sur lequel l’Église a été construite comme sur son fondement, Eglise contre laquelle les portes de l’enfer ne pourront prévaloir, nous a laissé seulement une épître, du moins la seule qui soit reçue à l’unanimité. » (Commentaire sur l’Evangile de saint Jean, Tome V, n° 3 dans PG, 14/187)

Pseudo-Clément (IIIème siècle)

« Sachez, seigneur, que Simon, qui, pour le bien de la vraie foi, et le fondement le plus sûr de sa doctrine, a été mis à part pour être le fondement de l’Église, et à cette fin a été nommé Pierre par Jésus lui-même, avec sa bouche vraie. » (Lettre de Clément à Jacques, II)

« [Pierre dit à Simon le Magicien à Rome] ‘Car vous êtes maintenant en opposition directe avec moi, qui suis le ferme rocher, le fondement de l’Eglise’. » (Homilies, XVII, 19)

Saint Hippolyte de Rome (vers 165-235)

Ce disciple de saint Irénée de Lyon (vers 125-vers 202), lui-même disciple de saint Polycarpe de Smyrne (vers 69-155), disciple de l’apôtre saint Jean enseigna :

« Par cet Esprit [Saint] Pierre prononça ces mots bénis: ‘Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant.‘ Par cet Esprit, la pierre de l’Église fut établie. » (Sur la Sainte Théophanie, IX)

Saint Cyprien (vers 200-258)

« Il n’y a qu’un Dieu, qu’un Christ, qu’une Église, qu’une chaire que la parole du Seigneur a établie sur Pierre comme fondement. Un autre autel ne peut être érigé, un autre sacerdoce ne peut être institué, en dehors de cet unique autel, de cet unique sacerdoce. » (Lettre 40, 5)

« Dieu nous dit et nous crie : « N’écoutez pas les discours des pseudo-prophètes, que leurs visions abusent. Ils parlent, mais ils ne sont pas les hérauts du Seigneur. Ils disent à ceux qui rejettent la parole du Seigneur : « La paix sera avec vous ». Ceux-là maintenant offrent la paix, qui ne l’ont pas, et l’on voit se faire forts de ramener à l’Église les lapsi ceux-là même qui se sont éloignés de l’Église. Il n’y a qu’un Dieu, qu’un Christ, qu’une Église, qu’une chaire que la parole du Seigneur a établie sur Pierre comme fondement. Un autre autel ne peut être érigé, un autre sacerdoce ne peut être institué, en dehors de cet unique autel, de cet unique sacerdoce. Quiconque amasse ailleurs, dissipe. Adultère, impie, sacrilège, tout ce qu’un égarement humain établit en violation des dispositions divines. Éloignez-vous du commerce de ces hommes et fuyez leur conversation comme on cherche à éviter, en s’écartant, le chancre ou la peste. Le Seigneur nous avertit quand Il dit : « Ce sont des aveugles qui conduisent des aveugles : or, quand un aveugle conduit un aveugle, ils tombent tous les deux dans le fossé ». (Mt 15,14). Ils s’opposent à ces prières que vous répandez avec nous jour et nuit devant Dieu, pour Lui offrir une juste satisfaction qui L’apaise, ils s’opposent aux larmes par lesquelles vous effacez la dette de vos fautes, ils s’opposent à la paix que vous sollicitez, avec sincérité et fidélité, de la Miséricorde du Seigneur. Ils ne savent pas qu’il est écrit : « Celui-là est-il prophète ou songeur, qui a parlé de manière à vous écarter du Seigneur votre Dieu ? » (Dt 13,5). Que personne, mes frères, ne vous écarte des voies du Seigneur. Que personne n’enlève à l’évangile du Christ des chrétiens comme vous, que personne ne prenne à l’Église des fils de l’Église, que ceux-là seuls périssent qui ont voulu périr, et que hors de l’Église demeurent seuls ceux qui se sont éloignés de l’Église; que ceux-là seuls ne soient point avec les évêques, que les évêques ont vus se révolter contre eux, et qu’ils soient seuls à subir la peine de leurs complots ceux qui, jadis d’après votre suffrage, maintenant d’après le jugement de Dieu, ont mérité d’être condamnés pour leurs complots et leur malice. » (Lettre 43)

Au sujet d’hérétiques :

« Après tout cela, ils se sont encore fait sacrer un pseudo-évêque par des hérétiques, et c’est dans ces conditions qu’ils osent passer la mer [méditerranée], pour venir au siège de Pierre et l’Église principale [Rome], d’où l’unité épiscopale est sortie, et y apporter des lettres de schismatiques et de profanes [preuve de la reconnaissance de la juridiction universelle de l’Église de Rome]. Ils ne réfléchissent donc pas que ce sont là les mêmes Romains dont l’Apôtre a loue la foi [Rm I, 8] et auprès de qui la perfidie [au sens latin: per fide: perdre la foi] ne saurait avoir accès [preuve que tant pour l’auteur que pour les hérétiques en question, l’Eglise de Rome ne peut pas perdre la foi et est donc infaillible]. » (Lettre 59, 14)

Il dit encore :

« Dieu est véridique, et tout homme est menteur « . Et le Seigneur Lui-même dans l’évangile, voyant les disciples le quitter au milieu de son discours, se tourna vers les Douze et leur dit : « Est-ce que vous aussi, vous voulez vous en aller ? » Pierre Lui répondit : « Seigneur, à qui irions nous : c’est Toi qui as la parole de la vie éternelle, et nous Te croyons et reconnaissons que Tu es le Fils du Dieu vivant ».Celui qui parle là, c’est Pierre, sur qui l’Église avait été bâtie, et au nom de l’Église, il fait voir que quand bien même une multitude en révolte et refusant d’obéir s’éloignerait, l’Église cependant ne s’éloigne pas du Christ; il montre que l’Église, c’est pour lui le peuple uni à son pontife, et le troupeau resté près du pasteur. » (Lettre 66, 8)

« Il ne faut point se retrancher derrière la coutume, mais vaincre par la raison. Pierre, que le Seigneur a choisi tout d’abord, et sur lequel il a bâti son Église, se trouvant par la suite en désaccord avec Paul au sujet de la circoncision, ne montra point d’arrogance ou de prétention insolente; il ne dit point qu’il avait la primauté, et que les nouveau venus et les moins anciens devaient plutôt lui obéir, et il ne méprisa point Paul, sous le prétexte qu’il avait été persécuteur de l’Église, mais il se rendit de bonne grâce à la vérité et aux justes raisons que Paul faisait valoir. » (Lettre 71 à Quintinius, chapitre 3, n°1)

« C’est à Pierre d’abord, sur qui il a bâti son Église et en qui il a établi et montré l’origine de l’unité, que le Seigneur a conféré le privilège de voir délier ce qu’il aurait délié sur la terre. Après sa Résurrection aussi, c’est aux apôtres qu’Il s’adresse : & »Recevez; le saint Esprit. Si vous remettez les péchés à quelqu’un, ils lui seront remis; et, si vous les retenez, ils seront retenus ». (Jn 21,22-23). Par là nous comprenons que c’est seulement à ceux qui sont les chefs dans l’Église, et dont l’autorité repose sur la loi évangélique et l’institution du Seigneur, qu’il est permis de baptiser et de donner la rémission des péchés, tandis qu’au dehors rien ne peut être ni lié ni délié, puisqu’il n’y a personne qui ait le pouvoir de lier ou de délier. » (Lettre 73 à Jubianus, VII)

« Cela arrive, mes frères bien aimés, parce qu’on ne remonte pas à l’origine de la vérité; parce qu’on ne cherche pas le principe, parce qu’on ne conserve pas la doctrine du maître céleste. Si on se livrait à cet examen, on n’aurait besoin ni de longs traités, ni d’arguments. Rien de plus facile que d’établir sur ce point la foi véritable. Dieu parle à Pierre: Je te dis que tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église et les puissances des enfers n’en triompheront jamais. Je te donnerai les clefs du royaume du Ciel, et tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans le Ciels et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans le Ciel (Matt., XVI.). Après sa résurrection, il dit au même apôtre : Pais mes brebis. Sur lui seul il bâtit son Église, à lui seul il confie la conduite de ses brebis. Quoique, après sa résurrection,. il donne à tous ses apôtres un pouvoir égal, en leur disant : Comme mon Père m’a envoyé, je vous envoie; recevez le Saint-Esprit les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez, ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez (Joan., XX), cependant, afin de rendre l’unité évidente, il a établi une seule chaire et, de sa propre autorité, il a placé dans un seul homme le principe de cette même unité. Sans doute les autres apôtres étaient ce que fut Pierre; ils partageaient le même honneur, la même puissance, mais tout se réduit à l’unité. La primauté est donnée à Pierre, afin qu’il n’y ait qu’une seule Église du Christ et une seule chaire. Tous sont pasteurs; mais on ne voit qu’un troupeau dirigé par les apôtres avec un accord unanime. L’Esprit-Saint avait en vue cette Eglise une, quand il disait dans le Cantique des cantiques: Elle est une ma colombe, elle est parfaite, elle est unique pour sa mère; elle est l’objet de toutes ses complaisances (Cant., VI). Et celui qui ne tient pas à l’unité de l’Église croit avoir la foi! Et celui qui résiste à l’Église, qui déserte la chaire de Pierre sur laquelle l’Église repose, se flatte (113) d’être dans l’Église! écoutez l’apôtre saint Paul; il expose lui aussi le dogme de l’unité : Un seul corps, un seul esprit, une seule espérance de votre vocation, un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu (Ephés., IV). » (De unitate Ecclesiae, IV)

« Pierre aussi, à qui le Seigneur recommande que ses brebis soient nourries et gardées, à qu’Il a placé et fondé l’Église, dit en effet qu’il n’a ni argent ni or, mais qu’il est riche de la grâce du Christ – qu’il est riche dans sa foi et sa vertu – avec lesquelles sil a accompli de nombreuses grandes œuvres et miracles, avec lesquelles il a abondé en bénédictions spirituelles à la grâce de la gloire. » (De la conduite des vierges, chapitre 10 dans PL, 4/449)

Plus d’éléments sur saint Cyprien et la primauté de saint Pierre dans ce dossier en anglais: http://www.biblicalcatholic.com/apologetics/num44.htm

Eusèbe de Césarée (vers 260-vers 339)

Parlant du canon du Nouveau Testament à une époque où la IIème Épître de Pierre était contestée par certains, disait :

« Pierre, sur qui est bâtie l’Eglise du Christ, contre laquelle ne prévaudront pas les Portes de l’Enfer, n’a laissé qu’une lettre incontestée ; et une seconde peut-être, car elle est controversée. » (Histoire ecclésiastique, VI, 25, 8)

Aphraate le Sage persan (270-vers 345)

Aphraate parle de l’Église comme :

« fondée par le Christ sur Pierre, témoin fidèle posé au milieu des nations. » (Démonstrations, XI, 12, P. S., I, 502. Cf. VI, 15, P. S., I, 335 ; X, 4, P. S., I, 454.).

Il écrivit encore :

« Les Apôtres Jean et Jacques sont les colonnes très fortes de l’Église, mais Pierre en est le fondement. » (Démonstrations, XXIII, 12, P. S., t. II, p. 35. Sur saint Aphraate, voir l’étude de M. CHAVANIS, 1903.)

« le chef des disciples… le Seigneur l’accepta, l’établit comme la fondation, l’appela Pierre et structure de l’Eglise. » (Homélie De Paenitentibus, VII, 15 [337])

Saint Hilaire de Poitiers (315-367)

Ce plus ancien des Docteur de l’Église est souvent cité par les chrétiens non-catholiques contre l’interprétation catholique de Matthieu XVI, 18. Ils utilisent la citation suivante : « Cette foi est le fondement de l’Eglise; grâce à cette foi les portes de l’enfer ne peuvent prévaloir contre elle. » (De Trinitate, VI, 37 cité in Nicene and Post-Nicene Fathers, Series 2,Vol 9, p.112).

La vérité est que pour saint Hilaire comme pour tous les Père parlant de l’Eglise fondée sur la foi de Pierre, la foi et la personne de Pierre sont inséparables, en atteste ce que le même saint Hilaire dit dans ce même ouvrage :

« Bienheureux Simon, qui, après sa confession du mystère fut placé comme pierre de fondation de l’Eglise, et reçut les clefs du royaume des cieux ». (De Trinitate, VI, 20 cité in NPNF2, vol 9, p.105).

Il dit encore :

« Pierre, crut en premier lieu, ensuite il est le prince de l’apostolat. » (Commentaires sur Matthieu, VII, 6)

« Ô, bienheureux fondement de l’Eglise, qui vous voyez attribuer un nouveau nom, pierre qui méritez bien de soutenir cette construction, puisque c’est vous qui allez détruire les portes de l’enfer, les portes du séjour maudit et tous les verrous de la mort ! Ô bienheureux portier du ciel, à la discrétion duquel sont remises les clefs qui donnent accès à l’éternité, etc. » (Commentaires sur l’Evangile de saint Matthieu, chapitre XVI, n°7 dans PL, 9/1010)

Saint Ephrem le Syrien (vers 303-373)

Ce grand docteur de l’Église syriaque, célébra la grandeur de l’enseignement pontifical, continuellement assisté par le Saint-Esprit: « Salut, ô sel de la terre, sel qui ne peut jamais s’affadir ! Salut, ô lumière du monde, paraissant à l’Orient et partout resplendissante, illuminant ceux qui étaient accablés sous les ténèbres, et brûlant toujours sans être renouvelée. Cette lumière, c’est le Christ; son chandelier c’est Pierre ; la source de son huile, c’est l’Esprit-Saint » (Enconium in Petrum et Paulum et Andream, etc.)

Il dit ailleurs: « [Jésus dit:] « Simon, mon disciple, je vous ai fait le fondement de la sainte Église. Je vous ai appelé de bonne heure Pierre, parce que vous aurez en charge l’ensemble de ses édifices. Vous êtes le surveillant de ceux qui bâtiront sur terre une Église pour moi… Je vous ai donné les clés de mon royaume. Voici, je vous ai donné l’autorité sur tous les trésors. » (Homélie IV, 1)

Saint Basile le Grand (330-379)

« Lorsque nous entendons prononcer ce nom « Pierre », nous entendons par là non la substance mais les propriétés qui concernent cet individus. Car ce nom évoque à notre esprit la personne du fils de Jonas, appelé au ministère de l’apostolat alors qu’il était pêcheur et qui reçu pour lui la prérogative de soutenir l’Eglise, à cause de sa profession de foi. Rien de tout cela n’équivaut à son essence, si par essence on entend la substance. » (Contre Eunome, Livre 2, n°4 dans PG, 29/578).

« Pierre, Roc sur lequel le Seigneur qu’Il bâtirait son Église. » (Commentaire sur Isaïe, II, 66 [375])

« La maison du Seigneur, bâtie sur le sommet des montagnes, est l’Eglise, selon le sentiment de l’Apôtre qui dit : Il faut savoir comment on doit se conduire dans la maison de Dieu qui est l’Eglise du Dieu vivant ; ses fondements sont sur les saintes montagnes, car elle est bâtie sur le fondement des apôtres et des prophètes. Une de ces montagnes était Pierre sur laquelle pierre le Seigneur avait promis de bâtir son Eglise. L’âme du bienheureux Pierre fut appelée une pierre sublime parce qu’elle avait de fortes racines dans la foi et qu’elle supporta constamment et avec courage les coups qui lui furent portés par l’épreuve. » (Sur le Chapitre II d’Isaïe)

Grâce à la promesse du Christ, le pape persévérait absolument sans aucune défaillance, car sa foi avait la même stabilité que celle du Fils de Dieu Lui-même !

« Pierre a été lancé placé pour être le fondement. Il avait dit à Jésus Christ: Vous êtes le Christ, Fils du Dieu vivant», et à son tour il lui fut dit qu’il était Pierre, quoiqu’il ne fut pas pierre immobile, mais seulement par la volonté de Jésus-Christ. Dieu communique aux hommes ses propres dignités. Il est prêtre, et il fait des prêtres; Il est pierre, et il donne la qualité de pierre, rendant ainsi ses serviteurs participants de ce qui lui est propre » (Homélie 29).

Ce dernier passage de saint Basile jouit d’une autorité particulière dans l’Église catholique, puisqu’il fut inséré dans le catéchisme du concile de Trente (explication du symbole, section Credo in… Ecclesiam).

Voici une plus ample démonstration de cette pensée: « Pierre a renié son maître trois fois, et il n’en a pas moins été donné pour fondement à son Eglise. Pierre avait été déclaré bienheureux pour avoir dit :Vous êtes le Fils du Dieu très-haut ; et il lui avait été dit à son tour qu’il était pierre, éloge que lui donnait Jésus-Christ, qui lui-même était pierre d’une manière tout autrement excellente. Jésus est la pierre immuable par elle-même. Pierre n’est immuable que par la pierre qui lui communique son immutabilité. Car Jésus aime à faire part aux autres de ses avantages. Et il le fait sans s’appauvrir, sans diminuer ses richesses. Il est la lumière ; ce qui ne l’empêche pas de dire à ses apôtres : Vous êtes la lumière dit monde (MATTH., V, 14). Il est prêtre, et c’est lui qui fait les prêtres. Il est la brebis, et il dit : Voici que je vous envoie comme des brebis au milieu des loups (MATTH., X, 16). Il est la pierre, et il donne à Pierre son nom. Ce qu’il a, il le communique à ses serviteurs. Posséder et donner aux autres, c’est le caractère de l’opulence. » (in homiliâ de pænitentiâ, quæ est inter homilias variorum argumentorm ultima)

Ce même Père informa son ami saint Athanase qu’il avait l’intention de demander au souverain pontife d’exercer son autorité pour exterminer l’hérésie de Marcel d’Ancyre (Lettre 69).

« La lettre de saint Basile, mentionnant cette demande d’intervention de l’évêque de Rome comme une affaire courante et ordinaire, attire à conclure qu’à cette époque c’était non seulement la conviction personnelle de Basile, mais aussi la conviction de tous, même en Orient, que l’évêque de Rome possède le pouvoir de juger souverainement, par lui-même, les questions doctrinales » (Messieurs les abbés VACANT et MANGENOT, Dictionnaire de théologie catholique, article « Infaillibilité du Pape »).

Saint Cyrille de Jérusalem (315-386)

« Pierre, le premier des Apôtres, et Chef Hérault de l’Église. » (Cathéchèses, XI, 3 [350]).

Il nomme Pierre :

« le coryphée et le chef de file des Apôtres. »

Saint Grégoire de Nazianze (329-389)

« Vous voyez comment parmi les disciples du Christ, du moins parmi tous ceux qui furent les principaux et les plus signalés, c’est celui-ci qui se voit attribuer le nom d’une pierre et reçoit la charge de soutenir l’Eglise par sa profession de foi, tandis que c’est cet autre qui est aimé davantage [saint Jean] et repose sur la poitrine de Jésus [Jean XIII, 25]. » (Discours XXXII, sur la retenue à avoir dans les controverses, n°18, dans PG 36/194)

Saint Grégoire de Nysse (vers 335-394)

« L’Église de Dieu a sa solidité dans Pierre, car c’est lui qui, d’après la prérogative qui lui a été accordée par le Seigneur, est la pierre ferme et très solide sur laquelle le Sauveur a bâti l’Église » (Panégyrique de Saint Stéphane, III, vers la fin)

Saint Ambroise de Milan (340-397)

Il interpréta le passage de Luc XXII, 32 en ce sens que le Seigneur avait affermi la foi de Pierre, afin que, « immobile comme un rocher », elle pût soutenir efficacement l’édifice de l’Eglise (Sermon 5). Dans sa glose sur le Psaume 40, Ambroise établit une équation qui allait devenir célèbre :

« Là où est Pierre, là est l’Église. Là où est l’Église n’est pas la mort, mais la vie éternelle » (Commentaire sur le Psaume 40, 19)

Il dit aussi dans son Hymne sur le chant du coq :

« Tandis que ce coq chante, la Pierre de l’Eglise expie sa faute. » (Hymne 1 « AEterne rerum conditor », dans PL, 16/1409).

Saint Augustin atteste que tel est le sens que beaucoup comprennent lorsqu’ils chantent ces vers de saint Ambroise :

« Pendant que j’étais prêtre ; j’écrivis encore un livre contre une lettre de Donat, qui fut à Carthage le second évêque du parti donatiste après Majorinus. Dans cette lettre, il prétendait que si on n’était pas de sa communion on n’était pas baptisé en Jésus-Christ. Mon livre le combat. En un passage j’ai dit de l’apôtre saint Pierre que l’Eglise a été fondée sur lui comme sur la pierre ; c’est le sens que célèbre l’hymne très-répandue du bienheureux Ambroise dans ces vers sur le chant du coq: « A ce chant, la pierre de l’Eglise efface sa faute. » Mais je sais que très-souvent, dans la suite, j’ai expliqué cette parole du Seigneur: « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise,» en ce sens que cette pierre est Celui que Pierre a confessé en disant : « Vous êtes le Christ, Fils du Dieu vivant [Matthieu XVI, 18] ; » de la sorte, Pierre tirant son nom de cette pierre, figurait la personne de l’Eglise, qui est élevée sur elle et qui a reçu les clefs du royaume des cieux. Il ne lui a pas été dit en effet: « Tu es la pierre (petra), » mais : « Tu es Pierre (Petrus). » Car la pierre était le Christ; et Simon, l’ayant confessé comme toute 1’Eglise le confesse, a été nommé Pierre. Que le lecteur choisisse de ces deux interprétations celle qui lui semblera la plus probable. » (Rétractations, Livre 1, chapitre 21, n°1 dans PL, 32/618)

Cette nouvelle hypothèse de saint Augustin est née d’une erreur linguistique, comme nous le démontrons ici.

Il dit encore :

« [Christ] répondit: » Tu es Pierre, et sur ce roc je bâtirai mon Église » […] « Ne pourrait-il donc pas fortifier la foi de l’homme à qui, agissant de sa propre autorité, il a donné le royaume qu’il appelait le rocher, déclarant ainsi qu’il était le fondement de l’Église ? » (De le foi, IV, 5)

Saint Epiphane de Salamine (vers 315-403)

Le saint archevêque interpréta Matthieu XVI, 18. Il affirma qu’il était impossible que l’Eglise Romaine fût vaincue par les portes de l’enfer, c’est-à-dire par les hérésies, parce qu’elle était appuyée sur la foi solide de Pierre, auprès de qui on trouvait la bonne réponse à toutes les questions, doctrinale.

« C’est là le témoignage du prince des apôtres, qui a mérité d’être appelé bienheureux par le Seigneur, pour avoir reçu cette révélation du Père. C’est donc à lui que le Père désigne son propre Fils, et cela lui vaut d’être appelé. Mais saint Pierre nous a encore manifeste son propre Fils, et c’est pour cela qu’il est appelé bienheureux. Pierre à son tour manifesté le Saint-Esprit [dans son discours aux juifs, le jour de la Pentecôte] ; car il revenait au premiers des apôtres, à la pierre solide sur laquelle l’Église de Dieu a été fondée, cette Eglise contre laquelle les portes de l’enfer ne prévaudront pas [Matthieu XVI, 18]. Par ces portes de l’enfer il faut entendre les hérésies et les auteurs, des hérésies. En toutes manières, la foi est fondée solidement en lui: il a reçu les clefs du ciel, il délie et lie sur la terre et au ciel. en lui se résolvent les questions de la foi les ardues Pierre a renié trois fois et il s’est condamné trois fois jusqu’à ce que le coq ait chanté. Pour signifier la surabondance de son amour pour son propre maître, Pierre a insisté fortement en disant : « Même si tous te renient, je ne te renierai pas » (Mt 26, 32 ; Mc 14, 24) et ainsi Pierre l’a reconnu comme homme véritable. Pierre est celui qui a pleuré en entendant le chant du coq afin qu’il confesse en vérité que l’arrestation du Fils de Dieu n’était pas une apparence mais la vérité et qu’il dise, en pleurant sur son arrestation orchestrée par les pharisiens, que le Christ est homme véritable. Pierre est celui qui est sorti pour aller pêcher en Galilée ; il était un compagnon de celui qui se reposait sur la poitrine [du Christ] Celui-ci, Jean, d’une part, a appris auprès du Fils et prenant du Fils la puissance de la connaissance, il [l’]a révélée ; celui-là, Pierre, d’autre part, a reçu de l’aide d’auprès du Père et a affermi les fondements de la certitude de la foi [par sa confession]. C’est Pierre qui, après avoir été appelé, était dans le bateau sur le lac de Tibériade, nu, et pêchait – le disciple que Jésus aimait était avec lui. Et sur la parole que le Sauveur a dite : « Mes enfants, n’avez-vous pas un petit quelque chose à manger ? » et encore : « Jetez sur le côté droit du bateau et vous en trouverez » (Jn 21, 6), sur cette parole stupéfiante dite à Pierre, Jean, celui que Jésus aimait, a dit : « C’est le Seigneur » (Jn 21, 7), lui, le Christ, qui était, d’une part, homme selon la chair à partir de Marie qui l’avait conçu en vérité et non pas en apparence, mais Dieu, d’autre part, selon l’Esprit qui des cieux venait du Père. Pierre est celui qui a entendu d’auprès du Christ : « Pierre, pais mes brebis » ; il est celui qui était jugé digne de devenir le pasteur du troupeau, conduisant les brebis bien dans la puissance de son propre maître, confessant [l’incarnation] selon la chair, annonçant en vérité les choses du Père concernant le Fils, signifiant l’Esprit et sa dignité en divinité, donnant la main droite à Paul et à Barnabé et étant un compagnon avec Jacques et Jean afin que « par le témoignage de trois, toute parole soit établie. » (Dt 19, 15) » (Anchoratus, chapitre 9)

Saint Jean Chrysostome (vers 346-407)

Saint Jean Chrysostome est un Père dont la doctrine relative à saint Pierre peut-être difficile à cerner. C’est pourquoi nous suggérons la lecture de ce dossier sur saint Jean Chrysostome et saint Pierre dans l’Ecriture Sainte ici (français) ou ici (anglais). Et sur la primauté de l’évêque de Rome ici.

« Saint Pierre a dit : « Eloignez-vous de moi car je suis un pécheur ». Et c’est pourquoi il devint le fondement de l’Eglise. » (Homélie 3 sur Matthieu I, 1 dans PG, 57/38)

« Saint Pierre, le coryphée de cette assemblée, […] mis à la tête du monde entier, […] fondement de l’Eglise. » (Homélie sur le passage Hoc scitote [II Timothée III, 1], n°4 dans PG, 56/275)

« Quant à saint Pierre, base sur laquelle repose l’Eglise, qui aimait tant le Christ, etc. » (Homélie 4 sur Ozias ou Vidi Dominum [Isaïe VI, 1], n°3 dans PG, 56/123)

« Pierre lui-même, la tête, ou couronne, des Apôtres, le premier dans l’Eglise, l’ami du Christ, qui reçu la révélation non d’un homme mais du Père… Ce Pierre, quand je dis Pierre, je nomme cette pierre incassable, ce ferme fondement, de ce grand apôtre, le premier des disciples, le premier appelé, le premier obéissant à la voix du divin maître. » (De Eleemosyna, Homélie 3, De poenit.4 [387])

« [Pierre] Le premier des apôtres, la fondation de l’Eglise, le coryphées du chœur des disciples. » (Ad eos qui scandalizati 17)

[Sur ces paroles:] Vous autres, qui dites-vous que je suis ? : « Que va donc répondre Pierre, la bouche de tous les apôtres ? C’est bien à lui à répondre lorsque tous sont interrogés à la fois, lui partout si plein d’ardeur, lui le coryphée du collège entier.  » Un peu plus loin :  » Il (Jésus-Christ) l’établit pasteur de la multitude des croyants.  » Plus loin encore :  » Un pouvoir qui n’appartient qu’à Dieu, comme de remettre les péchés, de rendre l’Eglise inébranlable au milieu des plus violentes tempêtes, de faire à son Eglise d’un pauvre pêcheur un fondement plus solide que les pierres les plus dures et capable de résister à l’univers entier, voilà ce qu’il promet à Pierre » (Hom. 55, al. 84, in Matthæum)

« Pourquoi Jésus-Christ a-t-il versé son sang ? Pour faire l’acquisition de ce troupeau dont il voulait confier le soin à Pierre et à ses successeurs. C’est donc avec raison qu’il disait : Quel est le serviteur fidèle et prudent que le maître a établi sur ses serviteurs ? » (Du Sacerdoce, II)

Il insista sur l’étymologie symbolique du nom du premier pape :

« Saint Pierre a été ainsi nommé, en raison de sa vertu. Dieu a comme déposé dans ce nom une preuve de la fermeté de l’apôtre dans la foi » (Quatrième Homélie sur les changements de noms).

Il suggéra la solidité admirable de la foi de Pierre par une image :

« Il y a beaucoup de flots impétueux et de cruelles tempêtes, mais je ne crains pas d’être submergé, parce que je me tiens sur la pierre. Que la mer s’agite furieuse, peu m’importe: elle ne peut renverser cette pierre inébranlable » (Lettre 9 à Cyriaque).

Il dit encore :

« C’est une chose juste et louable d’honorer cet apôtre à qui le Fils de Dieu a promis de bâtir sur lui son Eglise, en récompense du témoignage qu’il a été inspiré de rendre à sa divinité ; de lui donner les clefs du royaume des cieux, et de confirmer dans le ciel la sentence d’indulgence ou de rigueur qu’il porterait sur la terre.  » Un peu plus loin, interpellant saint Pierre lui-même :  » Où sont les clefs du royaume des cieux ? Où est ce titre glorieux qui vous a été donné de fondement de l’Eglise ?  » Plus loin encore :  » Les chœurs céleste des anges l’ont comblé de leurs éloges ; le collège des apôtres, plein d’admiration pour sa personne, a reconnu en lui son oracle. Tous ceux qui ont cru à Jésus-Christ en prenant cet apôtre pour chef et pour maître n’ont point donné dans l’écueil de l’infidélité. Parvenu qu’il est maintenant au ciel, nous l’invoquons comme la colonne la plus glorieuse du nouveau peuple de Dieu, comme le pilote spirituel qui conduit le vaisseau de l’Eglise à travers les dangers de la mer de ce monde. C’est là vraiment le soutien du corps apostolique, le maître de la doctrine céleste ; Pierre enfin, cette merveille du monde, la gloire de l’Eglise, l’honneur du peuple chrétien, l’ornement des docteurs, la bouche par laquelle le Christ rend ses oracles, etc.  » On lit encore vers la fin :  » Pour vous, ô Pierre, pierre et fondement de l’Eglise de Jésus-Christ, chef suprême des apôtres, prenez compassion de nous et assistez-nous aujourd’hui [etc] ». (Serm. in adorationem venerabilium catenarum et gladii sancti et apostolorum principis Petri)

« Il s’agissait de confier à l’apôtre Pierre les Eglises de l’univers entier, la multitude des peuples, et pour tout dire, les clefs du royaume des cieux. Que lui dit en effet le Seigneur ? Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel. Mais voyez dans quel péché il a permis que tombât ce grand apôtre le chef de tout le collège apostolique, ce fondement inébranlable, cette pierre immobile, capable de résister à tous les assauts, ce prince de l’Eglise, ce port imprenable, cette forte et invincible tour. Pierre, dis-je, cette colonne et ce rempart de l’Eglise, a cédé non pas même à des menaces, mais à un simple mot d’une servante. Un mot d’une simple fille s’est fait entendre, et cette colonne a été ébranlée. Elle a dit, et le rempart a chancelé. Dieu a permis ce péché dans celui qui allait avoir la charge de l’Eglise entière, dans cette colonne de toutes les Eglises du monde, dans ce port où la foi ne pourra faire naufrage, dans ce docteur chargé de l’enseignement de tout le monde, sans doute pour que, lorsqu’il aurait à gouverner les peuples, il ne se montrât pas sévère et inexorable, mais plutôt compatissant pour les fautes de ses frères. » (Homélie sur les saints Pierre Apôtre et le prophète Élie)

Saint Jérôme de Stridon (347-420)

« Si on entend le sens de cette métaphore de la pierre, le Christ veut précisément dire à saint Pierre : « Je bâtirai mon Eglise sur toi. ». » (Commentaire sur l’Evangile de saint Matthieu, Livre 3, sur Matthieu XVI, 18, dans PL, 26/117)

« Le Christ fonde son Eglise sur l’une de ces montagnes et lui dit ; « Tu es Pierre et sur cette pierre etc. ». » (Commentaire dur Isaïe, chapitre 2, verset 2 dans PL 24/43)

« Vous dites, l’Eglise est fondée sur Pierre, il est vrai, mais la même chose est dite ailleurs des autres apôtres ; tous ont pareillement reçu les clefs du royaume des cieux, et l’Eglise porte également sur chacun d’eux. Avouez cependant qu’un seul est choisi sur les douze, pour que, par l’établissement d’un chef, toute occasion soit enlevée au schisme. » (Premier livre contre Jovinien, chapitre XIV)

Saint Jérôme, après avoir expliqué la métaphore de Matthieu XVI, 18, soulève l’objection pouvant être tiré du fait que très peu de temps après, Jésus traite Pierre de « satan » (nous répondons à cette objection de manière complète dans notre article Pourquoi le Christ appelle-t-Il Pierre « Satan » ?). Puis il dit que ce n’est nullement contradictoire, étant donné que Matthieu XVI, 18 ne fait qu’exposer une promesse qui se réalisera plus tard (« ce privilège enfin d’être la pierre sur laquelle il bâtira son Eglise, tout cela est promis pour l’avenir, et non accordé pour le présent« ). Cela prouve bien que pour saint Jérôme, le fait d’être la pierre est bel et bien une promesse faite à la personne de Pierre, et non une image pour désigner abstraitement sa foi qui peut aussi bien exister chez n’importe qui, car Pierre, lui, était allait être rendu infaillible :

« De la même manière que Notre-Seigneur a appelé les apôtres lumières du monde, et qu’il a donné encore d’autres noms particuliers à quelques-uns d’eux ; ainsi a-t-Il surnommé Simon du nom de Pierre, à cause de la fermeté de sa foi en lui, comme une pierre fondamentale de l’Eglise qu’il allait élever. Conséquemment à la même métaphore, il lui dit avec une sagesse infinie : Je bâtirai sur vous mon EgliseQue le lecteur se demande à lui-même comment, après l’avoir béatifié à ce point, il lui dit ailleurs : Retirez-vous, Satan, vous m’êtes à scandale. Par quel changement soudain appelle-t-il Satan celui à qui il venait de décerner de si grandes louanges ? Mais si l’on y fait bien attention, on verra que toute cette bénédiction, toute cette béatitude, toute cette puissance, ce privilège enfin d’être la pierre sur laquelle il bâtira son Eglise, tout cela est promis pour l’avenir, et non accordé pour le présent. Je bâtirai sur toi, dit-il, mon Eglise, et les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle ; et je te donnerai les clefs du royaume des cieux. Tout ici, comme on le voit, est au futur. S’il lui avait donné dès lors tous ces privilèges, il n’aurait pas permis qu’il s’échappa à dire cette parole répréhensible. » (Commentaire sur Matthieu, chapitre XVI)

Saint Maxime de Turin (mort vers 420)

« Ce Pierre sur qui Christ a librement accordé un partage en son nom. Car comme Christ est le rocher, comme l’a enseigné l’apôtre Paul, ainsi, par Christ, Pierre est fait rocher et le Seigneur lui dit: ‘Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise…’ » (Homélie 63 [408])

Saint Augustin d’Hippone (354-430)

Lire une étude sur ce Père et la fondation de l’Église sur saint Pierre ici.

Saint Prosper d’Aquitaine (vers 390-vers 463)

« Le plus ferme des rocher, qui [Pierre] du rocher principal [le Christ] a reçu en partage sa vertu et son nom. » (L’appel à toute les nations, II, 28  [426])

Saint Cyrille d’Alexandrie (370-444)

Cet évêque qui a joué un rôle clé lors du Concile d’Ephèse, qu’il dirigea, déclarait :

« Il [Jésus] lui intima de ne plus se faire appelé Simon…. Il changea son nom par Pierre, du mot ‘petra’ [pierre] ; car sur lui, Il allait fonder Son Eglise. Le Christ a jugé bon de désigner saint Pierre en recourant à une similitude bien adaptée, celle de la pierre, pour indiquer qu’il allait fonder son Eglise sur cet apôtre. » (Commentaire de l’Evangile de saint Jean, sur I, 42 dans PG, 73/219)

Dans son Commentaire sur Luc (XXII, 32), expliqua que l’expression « confirme tes frères » signifiait que Pierre était le maître et le soutien de ceux qui venaient au Christ par la foi. Il commenta également l’évangile selon St. Matthieu.

« D’après cette promesse [Tu es Petrus et], l’Église apostolique de Pierre ne contracte aucune souillure de toutes les séductions de l’hérésie (Commentaire sur Luc XXII, 32, cité in: St. Thomas d’Aquin, Chaîne d’or sur Matthieu XVI, 18).

Saint Sechnall d’Irlande (375-447)

« Ferme dans le crainte de Dieu, et dans la foi inébranlable, l’Eglise [d’Irlande] est construite sur [saint Patrick] comme sur Pierre ; […] ; contre lui les portes de l’enfer ne prévaudront pas. » (Hymne à la louange de Saint Patrick, III)

Pape Pélage II (520-590)

« Vous savez que le Seigneur dit dans l’Evangile : ‘Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamés pour vous cribler comme le froment ; mais j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point ; et toi, quand tu seras converti, affermis tes frères !’ [Luc XXII, 31-32]. Considérez que la Vérité n’a pas pu mentir, et que la foi de Pierre ne pourra pas être ébranlée ou changée pour toujours. Car, bien que le diable ait voulu tamiser tous les disciples, le Seigneur témoigne Lui-même qu’Il a sollicité Pierre seul, et a souhaité que les autres soient confirmés par lui; et à Pierre il confia aussi la charge de ‘paître les agneaux’ [Jean XXI, 15]; et à lui aussi le Seigneur remis les ‘Clés du Royaume des Cieux’ [Matthieu XVI, 19], et sur lui Il a promis de ‘bâtir Son Eglise’ [Matthieu XVI, 18]; et Il témoigna que ‘les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle’ [Matthieu XVI, 18] » (Lettre Quod ad dilectionem adressée aux évêques schismatiques d’Istrie [585])

Saint Grégoire le Grand (vers 540-604)

« Qui peut-être ignorant du fait que la sainte Eglise est consolidée dans la solidité du prince des Apôtres, dont la fermeté de caractère s’étendait à son nom, il dut donc être appelé Pierre, en référence à la ‘pierre’, quand la voie de la Vérité dit, ‘Je te confierai les clés du royaume des cieux‘. Il lui dit encore ‘quand tu seras converti, affermis tes frères‘. » (Lettre 40)

« Le Christ confie à saint Pierre la charge de toute l’Eglise et le pouvoir suprême sur celle-ci, et pourtant il ne l’appelle pas apôtre universel. […] Il est clair pour tous ceux qui connaissent l’Évangile qu’à la parole du Seigneur la charge de toute l’Église a été confiée à l’apôtre saint Pierre, prince de tous les apôtres ; c’est à celui-ci qu’il est dit : Pierre, m’aimes-tu ? ; Pais mes brebis. C’est à lui qu’il est dit : Voici que Satan a cherché à vous éprouver tous comme on passe le blé au crible, et moi j’ai prié pour toi afin que ta foi ne défaille pas, et lorsque tu te seras converti, confirme tes frères. C’est à lui qu’il est dit : Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église et les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle ; je te donnerai les clefs du Royaume des cieux ; tout ce que tu auras lié sur terre sera lié dans les cieux, tout ce que tu auras délié sur terre sera délié dans les cieux. Voici qu’il a reçu les clefs du Royaume céleste, voici qu’on lui donne le pouvoir de lier et de délier, voici qu’on lui confie le soin de toute l’Église et le pouvoir suprême sur celle-ci. » (Registre des Lettres, livre V, lettre 20 (alias livre 4, lettre 32), adressée à Maurice Auguste, PL, 77/746 et 748)

Saint Agathon (574-681) et le IIIè concile de Constantinople (680-681)

Nous renvoyons à ce que nous avons dit au sujet de ce Pape et de ce concile dans le deuxième partie de cet article, et nous rappelons que nous devons ici l’appliquer aux Papes Pélage II et saint Grégoire le Grand.

Théophylacte d’Ohrid (1030-1108)

 » « Et quand tu te seras converti, confirme tes frères. » Le sens de cette expression est fort clair : je te considère comme le chef de mes disciples et c’est pourquoi lorsque tu auras pleuré après m’avoir renié et te seras repenti, confirme tous les autres. Car cela te revient, puisque, après moi, c’est toi qui est la pierre et le fondement de l’Eglise. » (Commentaire sur l’Evangile de saint Luc, 22/32 dans PG, 123/1074)

Ce témoignage est d’autant plus significatif qu’il est fait par un évêque de l’Eglise orthodoxe, postérieurement au schisme, et considéré comme un saint par l’église orthodoxe.

Publicités

4 commentaires sur “L’enseignement des Pères de l’Église sur « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église » (Matthieu XVI, 18)

  1. Pingback: Démonstration de la primauté de Pierre et de la Papauté | +†+Yesus Kristus azu+†+

  2. PGB
    27 octobre 2015

    Bonjour,

    Encore une fois un article clair.

    Vous savez quoi, un de mes frères est revenu au sein de la Sainte Eglise et je me suis permis d’utiliser vos arguments aussi afin d’étayer mes propos.

    Bon il m’en reste encore un autre et bien que le Seigneur intervienne pour lui

    Cordialement,

  3. Pingback: POUR UNE FOI CATHOLIQUE BÂTIE SUR LE ROC (Mt.7, 25) | documentation.erlande

  4. Pingback: Les fondements bibliques de la Papauté (1): Matthieu XVI, 18: le Christ fait de Pierre la pierre de fondement de son Église | +†+Yesus Kristus azu+†+

Réagir à l'article

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :