+†+Yesus Kristus azu+†+

« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

Les fondements bibliques de la Papauté (1): Matthieu XVI, 18: le Christ fait de Pierre la pierre de fondement de son Église

Toutes les preuves de la Papauté: ici

I) Pierre est la pierre de fondement de l’Église:

« Jésus étant venu dans le territoire de Césarée de Philippe, demanda à ses disciples :  » Qui dit-on qu’est le Fils de l’homme ?  » Ils lui répondirent :  » Les uns disent que vous êtes Jean-Baptiste, d’autres Élie, d’autres Jérémie ou quelqu’un des prophètes. — Et vous, leur dit-il, qui dites-vous que je suis ?  » Simon Pierre, prenant la parole, dit :  » Vous êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant.  » Jésus lui répondit :  » Tu es heureux, Simon, fils de Jean, car ce n’est pas la chair et le sang qui te l’ont révélé, mais c’est mon Père qui est dans les cieux. Et moi je te dis que tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle. Et je te donnerai les clefs du royaume des cieux : et tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux.  » » (Matthieu XVI, 13-19)

C’est principalement sur ce passage des Saintes Écritures que se fonde la Papauté. Le Christ fait de son Apôtre Simon la pierre fondamentale de son Église, c’est ce que nous verrons ici. Aussi, Il fait de lui son premier ministre, nous le démontrons dans cet article.

Ainsi, le Christ demandant à ses Apôtres ce que l’on dit qu’Il est, puis, ce que les Apôtres eux-mêmes disent qu’il est, c’est Simon qui le premier prend le parole et confesse la divinité et la messianité du Christ. C’est ce qui lui vaudra de s’entendre immédiatement promettre par le Christ d’être la pierre sur laquelle Il fondera son Église. Simon-Pierre est ainsi le rocher inébranlable qui est le fondement de l’Église et auprès de qui aucune erreur (les portes de l’enfer) ne peut avoir accès. Grâce à sa profession, saint Pierre est passé de la dignité de grain de sable (ce que signifie ‘Simon’ en araméen) à celle de rocher, c’est donc sur lui, ce Rocher et non pas sur le sable qu’il faut bâtir sa maison (cf. Matthieu VII, 24-27). Il faut souligner que le Christ ne dit cela qu’à Pierre alors que tous les Apôtres sont présents…

De plus, il convient de noter que Jésus dit ‘sur cette pierre je bâtirai mon Eglise’, plutôt que par ‘sur toi’, en se référant à Pierre. C’est parce que tandis que Pierre est par définition ‘la pierre’ / le rocher, la fonction qu’Il établit en Pierre (la Papauté) durera à travers les âges bien après que Pierre soit mort. Cette fonction est instituée avec Pierre, mais ne sera pas limité à Pierre… car il aura des successeurs ! En effet, le fondement d’un édifice doit durer aussi longtemps que l’édifice lui-même, sinon ce dernier s’effondre…

En effet, comme l’écrit Dom Prosper GUÉRANGER, OSB, Abbé de Solesmes: « Le saint Évangile, en saint Matthieu, chapitre XVI, nous apprend que le Sauveur voulant récompenser Simon, son disciple, du témoignage qu’il venait de rendre à sa divinité, lui dit : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église. »

Évidemment le Seigneur voulait, en retour, accorder à cet apôtre une prérogative qu’il ne conférait pas aux autres, puisqu’il ne parlait qu’à lui seul, puisque lui seul avait répondu à la question que Jésus venait de faire à tous.

Dans cette circonstance, Jésus parle de son Église pour la première fois. Il annonce l’intention de la bâtir lui-même ; mais il pose déjà le fondement sur lequel il l’établira.

Un fondement posé par Dieu lui-même ne saurait manquer. Si l’édifice qu’il porte doit durer, c’est au fondement inébranlable qu’il le devra. Jésus donne donc à Simon une qualité qu’il n’avait pas auparavant. Jusque-là il était simple apôtre comme les autres ; désormais il est mis à part. Son nom est changé ; il s’appellera la Pierre. Or, la Pierre est un des noms prophétiques du Christ lui-même. Le Messie est annoncé comme devant être la Pierre choisie, angulaire, fondamentale [Isaïe XXVIII, 16, rappelé par saint Pierre lui-même en I Pierre II, 4, voir aussi I Corinthiens III, 11]. C’est donc son propre nom que Jésus donne à Simon, comme s’il lui disait : « Je suis la Pierre inviolable, la Pierre angulaire, qui réunis en un deux choses ; je suis le fondement auquel nul n’en peut substituer un autre ; mais toi aussi, tu es Pierre ; car ma force devient le principe de ta solidité, en sorte que ce qui m’était propre et personnel à ma puissance, te devient commun avec moi par participation. » [Pape saint Léon le Grand, In  Assumptionis suae. Serm. IV]

Pierre est donc, avec Jésus-Christ et en Jésus-Christ, le fondement de l’Église, et l’Église ne saurait exister en dehors de ce fondement inébranlable. Qui dit Pierre, dit toute la suite de ses successeurs, parce que Pierre ne peut mourir ; autrement, l’Église n’ayant plus de fondement ne subsisterait pas. Les prérogatives de Pierre sont personnelles en lui et en toute la succession des Pontifes romains, que la tradition tout entière a reconnu ne former avec lui qu’une seule personne, quant aux droits du Pontificat.

Le fondement est unique, super hanc Petram, parce qu’il n’y a qu’un seul Christ ; il est unique, parce qu’il n’y a qu’une seule Église. Tout doit reposer sur ce fondement, et les apôtres et les disciples ; et les évêques et les prêtres et le peuple fidèle, en un mot l’Église tout entière : super hanc Petram ædificabo Ecclesiam meam.

En posant ce fondement, Jésus-Christ devait le rendre inébranlable, le garantir de la chute ; autrement, le fondement entraînerait avec lui l’édifice, ou l’édifice devrait désormais reposer sur un autre fondement. Or, d’un côté, l’Église ne peut périr ; de l’autre, elle n’est l’Église que parce qu’elle est établie sur la Pierre. La Pierre donc ne peut faillir. Si le Pontife romain pouvait enseigner l’erreur, ou l’Église le suivrait, et elle cesserait d’être l’Église, s’étant séparée de la foi qui est son élément vital ; ou elle ne reposerait plus sur celui auquel Jésus-Christ l’a superposée, et elle perdrait le caractère de la vraie Église. L’un et l’autre étant contraires aux promesses de Jésus-Christ, il suit des paroles du Sauveur que le Pape enseignant l’Église, est personnellement infaillible. » (De la Monarchie Pontificale, 2è édition, 1870, pp. 140-142)

II) L’objection sémantique:

Cette explication rapide mais néanmoins suffisante en elle-même se heurte à deux objections sémantiques des non-catholiques. La première est que Pierre ne serait pas la pierre fondamentale de l’Église mais que cette dernière serait le Christ. La seconde (qui est une autre hypothèse proposée) est que la pierre ne serait pas la personne de Pierre mais la confession qu’il vient de faire, comme roc de la vérité.

Nous réfuterons ces deux théories en même temps car pour l’une comme pour l’autre, il suffit de prouver qu’il y a une identité entre Pierre et la pierre.

Ces théories s’appuient sur la différence de termes employés dans le texte grec original pour désigner les deux. En effet, Pierre est désigné par le mot ‘Petros’ et la pierre par le mot ‘petra’. Aussi disent-ils, en grec, Petros signifie petite pierre, ou caillou et petra signifie grosse pierre ou rocher. De la sorte, il y aurait un jeu de mot tendant à marquer le contraste entre la petitesse de Pierre par rapport à la grande taille du Rocher qui serait soit le Christ, soit la confession de saint Pierre (à savoir, la Vérité).

III) Réponse à l’objection sémantique:

A) L’explication du texte grec:

« Bien qu’il soit véridique que petros et petra peuvent respectivement signifier en grec récent ‘pierre’ et ‘rocher’, la distinction est largement confinée à la poésie. » (Donald-Arthur CARSON, protestant Baptiste, professeur d’Ancien Testament au Trinity Evangelical Seminary cité dans The Expositor’s Bible Commentary, Volume 8, p. 368). Aussi, cette distinction qui ne s’appliquait qu’à la poésie, était de toute façon obsolète à l’époque de la rédaction de l’Évangile selon saint Matthieu où les deux mots étaient devenus synonymes, comme nous l’apprend le même protestant dans son Commentaire des exégètes de la Bible, publié par Zondervan. Cette distinction n’était peut-être même plus valable dès 400 ans avant la venue du Christ…

La disparition de cette distinction est confirmé par l’éminent professeur de grec ancien Anatole BAILLY (1833-1911) qui donne au mot petra (πετρα) les deux significations suivantes: « rocher, roche || 2 rocher dans la mer ou sur le rivage, écueil » et il donne un peu plus bas au mot petros (πετρος) les deux significations suivantes: « 1 pierre: au figuré comme synonyme de dureté, d’insensibilité || 2 rar. c. πετρα, rocher. » (Anatole BAILLY, Abrégé du dictionnaire grec-français, Hachette, Paris, 1901, page 698). Nous voyons que la première définition de πετρος est tout simplement « pierre » comme synonyme de dureté ou d’insensibilité, ce qui correspond exactement au rôle et au charisme que la doctrine catholique affirme être donnés par le Christ à la personne de Pierre, puis aux Papes ses successeurs. Et la deuxième est purement est simplement identique à celle de πετρα. Nous invoquerons également l’autorité du Dictionnaire grec-français: composé sur le Thesaurus Linguæ Græcæ de Henri Estienne (1843) de Joseph PLANCHE, professeur de rhétorique au Collège Royal de Bourbon, dictionnaire adopté pour l’usage des classes par l’université. En effet, ce dernier ouvrage est encore plus explicite car en sa page 1026 où il donne les définitions de ces deux mots, il défini πετρα comme « pierre, roche ou rocher. R. πετρος », donc il établit la possible synonymie des deux mots et définit πετρος comme ceci: « pierre, rocher, grosse pierre. ». Cela sa passe de commentaire…

De plus, cette distinction, même s’il elle ne s’était pas limitée à la poésie et même si elle avait été d’actualité au Ier siècle, elle n’aurait de toute façon pas pu s’appliquer à cette phrase du Christ. Pourquoi ? Parce que la langue de rédaction du Nouveau Testament est le grec, certes, mais pas n’importe quel grec: la koinè grecque qui était la forme de grec en usage dans tout le monde hellénistique issu des conquêtes d’Alexandre le Grand. Or la distinction que nous avons exposé n’est valable qu’en grec attique qui est le grec « standard », enseigné dans les collèges, lycées et universités… De plus, il aurait existé un mot pertinent pour désigner l’Apôtre comme une petite pierre ou caillou, ce mot c’est lithos, ce que l’Évangile ne fait pas. Et c’est au contraire ce mot de lithos, qui en plus de nombreux emplois dans le Nouveau Testament, que ce même saint Pierre utilise dans la Ière Épître, elle aussi en koinè grecque en parlant des baptisés comme des « pierres vivantes » de l’Église: « Vous aussi, soyez les pierres vivantes qui servent à construire le Temple spirituel » (I Pierre II, 5).

Mais alors, pourquoi avoir usé de deux termes différents pour désigner la même chose ? Tout simplement parce que l’Apôtre Simon-Pierre est un homme, alors qu’en grec, le mot pierre est comme en français, de genre féminin, il était donc nécessaire d’employer deux mots différents pour que le premier soit masculin et le second féminin, car sinon, cela aurait été comme si l’évangéliste avait fait dire au Christ: « Tu es Martine » au lieu de « Tu es Martin ».

Faisons une dernière remarque sur la phrase grecque: Jésus dit: « tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise. ». Le mot grec pour ‘cette’ – en tant que ‘cette pierre’ – est le pronom démonstratif ‘taute’. Donc , la phrase insiste sur ‘CETTE pierre’. Taute est utilisé quand « on veut attirer l’attention, avec un accent particulier, sur un objet désigné, que ce soit dans le voisinage physique de l’orateur ou dans le contexte littéraire de l’écrivain » (H.E. DANA et Julius R. MANTEY, A Manual Grammar of the Greek New Testament, 127). Dans la version de la Bible protestante Louis-Segond, ‘taute’ est traduit par ‘cette’ dans I Corinthiens XV, 19 et II Corinthiens IX, 4.

Par conséquent, la déclaration de Jésus faite à Pierre, porte cette signification: ‘tu es Pierre et sur CETTE PIERRE-CI je bâtirai mon Eglise.’. Dans le contexte donné, « cette pierre » se réfère naturellement à Pierre. Il se trouve justement que Jésus change le nom de Simon en un nom qui signifie ‘pierre’…

B) La langue dans laquelle cette phrase fut prononcée par le Christ:

Mais on se rend vite compte que la difficulté présentée par le texte grec est de toute façon hors-sujet car la langue dans laquelle le Christ a dit cette phrase n’est pas le grec mais l’araméen ou l’hébreux. Or dans ces langues, il n’y a pas de distinction sémantique entre caillou et roc. Dans les deux cas, le mot est Céphas (ou Kephas dans certaines versions anglophones de la Bible). Nous en avons la certitude car c’est l’Évangile selon saint Jean qui nous rapporte le changement initial du nom de l’Apôtre de Simon en Pierre (qui eut lieu dès son recrutement): « Et il l’amena à Jésus. Jésus, l’ayant regardé dit :  » Toi, tu es Simon, fils de Jean ; tu seras appelé Céphas (ce qui se traduit Pierre).  » » (Jean I, 42). Par ailleurs, en de très nombreux endroits des Épîtres de saint Paul, Pierre est appelé Céphas (I Corinthiens I, 12; III, 22; IX, 5; XV, 5; Galates I, 18; II, 9), alors même que saint Paul parlait grec à des gens ne comprenant que le grec.

Ainsi, c’est comme si le Christ avait dit à son Apôtre: « Tu es Céphas et sur cette céphas je bâtirai mon Église ». Il y a donc une identité parfaite entre Pierre et la pierre sur laquelle l’Église et bâtie.

C’est alors que l’araméen nous montre avec encore plus de force l’absurdité déjà visible en grec, d’une phrase où le Christ commencerait à désigner son Apôtre et ne finirait pas son propos pour parler soit de Lui-même, soit de la confession de son Apôtre.

IV) L’objection théologique:

Mais le Christ n’est-il pas le seul fondement comme il est dit en I Corinthiens III, 11 et comme le rappelle saint Pierre lui-même en I Pierre II, 4 ?

V) Réponse à l’objection théologique:

La réponse est: oui, bien évidemment ! Le Christ est la seule pierre de fondement, mais il communique cette dignité à son Apôtre. L’Apocalypse parle bien des douze Apôtres comme douze fondements: «La muraille de la ville avait douze fondements, et sur eux les douze noms des douze apôtres de l’agneau.» (Apocalypse XXI, 14), de même, saint Paul nous dit: « Ainsi donc vous n’êtes plus des étrangers, ni des hôtes de passage ; mais vous êtes concitoyens des saints, et membres de la famille de Dieu, édifiés que vous êtes sur le fondement des apôtres et des prophètes, dont Jésus-Christ lui-même est la pierre angulaire. » (Ephésiens II, 19-20). Par ailleurs, plusieurs Apôtres sont appelés « colonnes »: « ayant reconnu la grâce qui m’avait été accordée, Jacques, Céphas et Jean, qui sont regardés comme des colonnes, nous donnèrent la main, à Barnabé et à moi, en signe de communion, pour aller, nous aux païens, eux aux circoncis. » (Galates II, 9). L’Église repose entre autres sur ces Apôtres comme sur des colonnes et fondements car c’est le Christ qui leur confère cette dignité. Cela signifie simplement que tout vient du Christ. Toute vraie autorité dans l’Eglise doit venir du Christ parce que l’Église elle-même vient du Christ. Tout ce qui est en dehors du Christ est un faux fondement. Attention toutefois: le fondement qu’est Pierre et celui que ont les autres apôtres ne ont pas de la même nature: Pierre est la pierre de fondement de l’Église en qui est garantie l’indéfectibilité de cette dernière; les Apôtres dans leur globalité sont le fondement de la foi de l’Église car ils sont les derniers avec lesquels la Révélation s’effectue. L’Église de Dieu est encore appelée « colonne et base de la vérité. » (I Timothée III, 14-15).

Voici quelques exemples de Pères de l’Église dans ce sens:

Saint Basile le Grand (330-379): « Pierre a été lancé placé pour être le fondement. Il avait dit à Jésus Christ: Vous êtes le Christ, Fils du Dieu vivant, et à son tour il lui fut dit qu’il était Pierre, quoiqu’il ne fut pas pierre immobile, mais seulement par la volonté de Jésus-Christ. Dieu communique aux hommes ses propres dignités. Il est prêtre, et il fait des prêtres; Il est pierre, et il donne la qualité de pierre, rendant ainsi ses serviteurs participants de ce qui lui est propre » (Homélie 29). Voici une plus ample démonstration de cette pensée: « Pierre a renié son maître trois fois, et il n’en a pas moins été donné pour fondement à son Eglise. Pierre avait été déclaré bienheureux pour avoir dit : Vous êtes le Fils du Dieu très-haut ; et il lui avait été dit à son tour qu’il était pierre, éloge que lui donnait Jésus-Christ, qui lui-même était pierre d’une manière tout autrement excellente. Jésus est la pierre immuable par elle-même. Pierre n’est immuable que par la pierre qui lui communique son immutabilité. Car Jésus aime à faire part aux autres de ses avantages. Et il le fait sans s’appauvrir, sans diminuer ses richesses. Il est la lumière ; ce qui ne l’empêche pas de dire à ses apôtres : Vous êtes la lumière du monde (MATTH., V, 14). Il est prêtre, et c’est lui qui fait les prêtres. Il est la brebis, et il dit : Voici que je vous envoie comme des brebis au milieu des loups (MATTH., X, 16). Il est la pierre, et il donne à Pierre son nom. Ce qu’il a, il le communique à ses serviteurs. Posséder et donner aux autres, c’est le caractère de l’opulence. » (in homiliâ de pænitentiâ, quæ est inter homilias variorum argumentorm ultima)

Saint Maxime de Turin (mort vers 420): « Ce Pierre sur qui Christ a librement accordé un partage en son nom. Car comme Christ est le rocher, comme l’a enseigné l’apôtre Paul, ainsi, par Christ, Pierre est fait rocher et le Seigneur lui dit: ‘Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise…’ » (H

Saint Prosper d’Aquitaine (vers 390-vers 463): « Le plus ferme des rocher, qui [Pierre] du rocher principal [le Christ] a reçu en partage sa vertu et son nom. » (L’appel à toute les nations, II, 28 [426])

Phillipe, lors de la IIIème cession du concile d’Ephèse en 431: « Il n’y a pas de doute, et en fait cela fut connu dans tous les âges, que le saint et très-heureux Pierre, prince et tête des Apôtres, pilier de la foi, et fondation de l’Eglise catholique, reçu les clés du royaume de Notre-Seigneur Jésus-Christ, le Sauveur et Rédempteur de la race humaine, et qu’à lui fut donner le pouvoir de remettre et retenir les péchés; qui depuis le commencement jusqu’à aujourd’hui et pour toujours, vit et juge en ses successeurs. Le saint et très-heureux Pape Célestin, selon l’ordre est don successeur et tient sa place. »

Saint Léon le Grand (vers 395-461), Pape, dit que Pierre et ses successeurs étaient, assurés d’une rectitude doctrinale inébranlable: « Le messie est annoncé comme devant être la pierre choisie, angulaire, fondamentale (Isaïe XXVIII, 16) », C’est donc son propre nom que Jésus donne à Simon, comme s’il luidisait: «Je suis la pierre inviolable, la pierre angulaire, qui réunit en un deux choses; je suis le fondement auquel nul n’en peut substituer un autre; mais toi aussi, tu es pierre, car ma force devient le principe de ta solidité, en sorte que ce qui m’était propre et personnel à ma puissance, te devient commun avec moi par participation. » (In anniversario Assumptionis suae, sermon 4): le Christ est la Pierre et il communique cette dignité à son Apôtre.

Ce n’est pas le seul endroit du Nouveau Testament où nous voyons qu’une dignité, un titre ou une fonction appartenant en propre à Dieu ou au Christ est communiquée à d’autres. En effet, Dieu est notre seul Père (Matthieu XXIII, 9) et pourtant il y en a d’autres qui tirent de lui leur nom de père au Ciel et sur la terre (Ephésiens III, 14-15); et saint Paul dit également au Corinthiens qu’il est – lui, Paul – leur père dans le Christ puisque c’est lui les a engendré en Jésus-Christ par l’Evangile: « vous n’avez pas cependant plusieurs pères, puisque c’est moi qui vous ai engendrés en Jésus-Christ par l’Evangile. » (I Corinthiens IV, 15); le Christ est le seul maître (Matthieu XXIII, 8 et 10) et portant saint Paul parle aux Corinthiens de leur possibilité d’avoir « dix mille maîtres dans le Christ » (I Corinthiens IV, 15); Dieu seul peut pardonner les péchés (Marc II, 7) et pourtant le Christ donne ce pouvoir à ses Apôtres (Jean XX, 23); Il détient les Clefs de David (Apocalypse III, 7) mais Il les confie à ce même Pierre (Matthieu XVI, 19); Il dit être le Bon Pasteur (Jean X, 14) et pourtant Il confie toujours à ce même saint Pierre le soin de paître ses agneaux et brebis (Jean XXI, 15-17); Il est la lumière, mais il dit à ses Apôtres qu’ils sont la lumière du monde (Matthieu V, 14); Il est le constructeur (Matthieu XVI, 18) mais les Apôtres sont aussi bâtisseurs (I Corinthiens III, 11); Il est la pierre d’angle (Actes IV, 11) mais les Apôtres sont aussi des pierres (I Pierre II, 4); Il est le temple (Apocalypse XXI, 22) mais les Apôtres aussi sont des temples (Ephésiens II, 21). Enfin, n’oublions pas l’épisode du Buisson Ardent: Dieu s’adresse à Moïse par le Buisson Ardent, Moïse qui ne sait pas qu’il a affaire à Dieu et ne comprend pas comment un buisson peut brûler sans se consumer et surtout parler comme un homme, il lui demande donc qui il est (Exode III, 13), et Dieu lui répond: « Je suis celui qui suis » (Exode III, 14). Or si moi, administrateur du site j’ai écrit cet article et si vous internaute le lisez, c’est bien que vous et moi avons l’existence, et pourtant ni vous ni moi ne sommes Dieu alors que seul ce dernier est l’être, mais il nous le communique… N’est-il pas écrit que « Puisque sa divine puissance nous a accordé tous les dons qui regardent la vie et la piété, en nous faisant connaître celui qui nous a appelés par sa propre gloire et par sa vertu, et qui par elles nous a mis en possession de si grandes et si précieuses promesses, afin de vous rendre ainsi participants de la nature divine, en vous soustrayant à la corruption de la convoitise qui règne dans le monde. » (II Pierre I, 3-4)

Nous pourrions même nous risquer à dire que cette communication de la dignité de pierre de fondement aux chef des Apôtres était préfigurée dans l’Ancien Testament: Dieu y est désigné comme étant ‘le Rocher’, tout comme Abraham qui est décrit comme ‘le rocher’ [ la pierre ] dans Isaïe 51:1-2

Deutéronome XXXII:4- « Il est le rocher; ses oeuvres sont parfaites…»

Isaïe 51:1-2 – « … Portez les regards sur le rocher d’où vous avez été taillés, Sur le creux de la fosse d’où vous avez été tirés. Portez les regards sur Abraham votre père… »

L’Ancien Testament dit de regarder ‘le rocher’, de regarder Abraham. Abraham est décrit comme ‘le rocher’ [ la pierre ] parce qu’il était le père de tous les Israélites. Son ancien nom (Abram) fut changé afin de signifier son rôle de ‘rocher’ et de père du peuple de Dieu. Dieu a changé le nom d’‘Abram’ à celui d’‘Abraham’, car le nouveau nom insistait sur son rôle spécial de DIRIGEANT du peuple de Dieu. Abraham a été choisi pour être le père de plusieurs nations. Serait-il logique donc que Jésus ait choisi quelqu’un pour qu’il soit la pierre / ‘le rocher’ de la nouvelle Israël, nouvelle Eglise du Nouveau Testament, de la nouvelle Israël, l’Eglise? Oui, et c’est pourquoi le nom de Simon a été changé par ‘Petros’, qui signifie ‘pierre’. À la lumière de cette preuve, il devrait être totalement évident pour tous que Saint Pierre est le roc.

VII) Le Christ explique le changement de nom qu’Il a opéré:

Le Christ n’attend pas que Simon ait professé la foi pour lui donner le nom de Pierre, comme nous l’avons vu plus haut, Il le fait dès son recrutement. Mais ce n’est qu’après la profession de la Vérité par lui qu’Il lui révèle ce que sera son rôle de Pierre. Or nous savons que lorsque Dieu change le nom d’un individus, c’est pour une raison précise: pour signifier son rôle ou sa dignité. C’est une question que nous développons dans cet article. ou que Saül devient Paul (Actes XIII, 9). Bien plus, le nouveau nom de la personne est le reflet de sa vocation !

Qu’en est-il alors de Simon-Pierre? C’est justement ce passage qui donne la clé du changement de son nom ! Cette phrase en particulier du « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église » donne l’explication du changement de nom : Jésus a changé le nom de Simon en Pierre, parce qu’il est appelé à être l’élément de stabilité sur lequel Jésus va construire l’Église ! Sur lui le Christ va bâtir son Église… Et pour bâtir son Église, il lui faut quelqu’un de stable comme le roc ! Et c’est Simon qu’il a choisit particulièrement pour répondre à cette vocation.

Ainsi donc, cela n’aurait juste aucun sens que le Christ change le nom de Simon en Pierre si ce n’était pas pour signifier qu’il faisait de lui la pierre de fondement de son Église…

En effet, Dieu avait prévu de toute éteinte de faire de Simon la Pierre de fondement de son Église, c’est pourquoi le Christ lui donna immédiatement le nom de Pierre. Cependant, il a encore fallu que le Père révèle la vérité à l’Apôtre (Matthieu XVI, 17) pour que Simon mérite humainement d’être appeler la pierre de l’Église en professant la foi.

VIII) L’avis des auteurs:

Les Pères de l’Église enseignaient que Pierre est la pierre de fondement de l’Église (cliquer ici). De même, de nombreux érudits chrétiens non-catholiques en sont venus à reconnaître l’évidence que Pierre est la pierre, et ce en parfaite contradiction avec les théologies traditionnelles de leurs dénominations respectives (cliquer ici).

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19 commentaires sur “Les fondements bibliques de la Papauté (1): Matthieu XVI, 18: le Christ fait de Pierre la pierre de fondement de son Église

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  4. Carlito
    23 janvier 2016

    Merci cher ami pour ce bel exposé!

    La Vérité triomphe toujours. Je me réjouis de ta passion de transmettre la Foi de l’Eglise, sois bénis !
    Les mots sont importants et la Foi, don de l’Esprit-Saint, vient au secours de notre faiblesse car souvent notre esprit se  » heurte » à la soif légitime de connaître la Vérité, donc beaucoup d’humilité est requis pour recevoir ce Don qui nous dépasse infiniment !

    Carlito

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  8. GK jacques
    2 février 2016

    Salut à tous! je suis poussé par le désir d’apprendre et de comprendre.Pour moi il y’a une énigme importante à résoudre. Lorsque Le Seigneur dit … »Et moi je te dis que tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, … » comment traduire cette phrase en Anglais!? Le second pierre restera t’il en Peter ou on traduira par stone..on ne voit pas bien la nuance en français..donc cher ami je reste un peu dubitatif sur l’analyse de s’appuyer sur Pierre ou pierre pour batir l’Eglise du Christ! j’attends Votre retour avec empressement…bien à Vous

    • Ressources Catholiques
      2 février 2016

      Bonjour GK Jacques, merci de votre question.

      Comment traduire cette phrase en anglais ? De la manière suivante: « And I say to you that you are Peter, and on this rock will my church be based, and the doors of hell will not overcome it. ». Donc Pierre y est appelé « Peter » et le Christ lui dit qu’il sera le « rock » (et non la « stone ») sur laquelle il bâtira Son Église.

      En réalité, il faut se souvenir que le Christ n’a dit sa phrase ni en français, ni en anglais, ni même en grec: il l’a dite en araméen. En araméen, le mot pour dire « pierre » est « Kefa ». Aussi, le mot de Kefa n’était jamais employé comme prénom, c’est le Christ qui l’a pour la première fois employé comme cela en donnant ce mot comme nouveau nom à son Apôtre, signifiant par là qu’il serait la pierre de fondement de Son Église.

      C’est la raison pour laquelle la langue française a fait du mot « pierre » un prénom. Par ailleurs, d’autres langues ont fait de même en le modifiant un peu en raison du fait que ces langues connaissent le système linguistique des cas et des déclinaisons (en italien: pietra-Pietro, en espagnol: perda-Pedro). Par ailleurs, le prénom anglais « Peter » est une déformation du prénom français « Pierre ».

      Il faut se souvenir que pour comprendre la Bible, il faut se remettre dans le contexte linguistique original. En l’occurrence, c’est l’araméen. Et en araméen, le Christ a dit « tu es Kefa et sur cette kefa, je bâtirai mon Église ».

      Vous comprenez ?

      Amicalement,

      Nicolas.

      • GK jacques
        2 février 2016

        Merci pour la réponse très claire! Sachez je Vous écris toujours dans un esprit de compréhension pour m’édifier d’avantage…j’avais dans le temps lors d’un échange avec un évangélik buté sur ce point.Merci énormément je continue de parcourir Votre blog je sais que Vous serai constamment sollicité.Bien à Vous

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  17. Capello mariano
    10 novembre 2016

    Pierre la première pierre, tout les chrétiens qui sont venus ensuite forment l’église de christ, nous sommes appelés pierres vivantes. Jésus est le chef de l’église qui est le corps du seigneur. Nous nous prosternons devant dieu et son fils seulement.

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