+†+Yesus Kristus azu+†+

« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

Naître de nouveau par le baptême – les premiers chrétiens croyaient en la régénération baptismale

Défense de la doctrine catholique du baptême: ici

baptême christ

Une référence clé des Écritures au sujet de la «nouvelle naissance» ou encore de la «régénération» est Jean III, 5, où Jésus dit : « En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d’eau et d’Esprit, nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu.» Ce verset est si important que ceux qui prétendent que le baptême n’est seulement qu’un symbole nient que Jésus ici se réfère au baptême. Les chrétiens «nés de nouveau » prétendent que l’eau représente la prédication de la parole de Dieu.

Toutefois, les premiers chrétiens ont uniformément identifié ce verset par le baptême. Le baptême d’eau est la manière, nous ont-ils dit, par laquelle nous naissons de nouveau et recevons la vie nouvelle, un fait qui est corroboré tout au long de l’Écriture (Romain VI, 3-4 ; Colossiens :  II, 12-13 ; Tite III, 5).

Aucun père de l’Église ne s’est référé à Jean III, 5 pour autre chose que pour le baptême d’eau.

Les Pères apostoliques

La Lettre de Barnabé (entre 95 et 100), source très proche des apôtres, enseigne que la régénération baptismale fut prophétisée dans l’Ancien Testament : « Qu’est-il dit ensuite ? « Il y avait un fleuve coulant à droite, duquel montaient des arbres gracieux ; quiconque en mange vivra éternellement; » [Ezéchiel 47, 12] c’est à-dire : nous descendons dans l’eau remplis de péchés et de souillures ; mais nous en sortons chargés de fruits, ayant dans le cœur la crainte et dans l’esprit l’espérance en Jésus. » (Epître de Barnabé, XI, 10-11)

Hermas (IIème siècle), frère du pape saint Pie Ier et disciple de l’Apôtre saint Jean, cite Jésus dans Jean III, disant : «…il y avait nécessité pour elles à remonter à travers l’eau, afin qu’elles fussent vivifiées; car elles ne pouvaient entrer dans le royaume de Dieu autrement… » (Le Pasteur, écrit vers 140) ou encore: «  » Seigneur, dis-je, j’ajouterai encore une question. – Parle, dit-il. – J’ai entendu certains docteurs dire qu’il n’y a pas d’autre pénitence que celle du jour où nous descendîmes dans l’eau et où nous reçûmes le pardon de nos péchés antérieurs.  » Il me dit:  » Ce que tu as entendu est exact. Il en est ainsi. Celui qui a reçu le pardon de ses péchés ne devrait, en effet, plus pécher, mais demeurer en sainteté. » (Le Pasteur, Précepte IV, 3, 1-2)

Saint Justin Martyr (vers 100 – 165)

«Nous allons maintenant vous exposer comment, rendus à la vie par Jésus-Christ, nous sommes par lui consacrés à Dieu; car si nous omettions ce point, on pourrait nous accuser de dissimulation dans notre récit. Tous ceux qui se sont laissés persuader de la vérité de nos doctrines et de nos paroles, tous ceux qui y ont ajouté foi et croyance, et qui ont solennellement promis de vivre conformément à nos préceptes, apprennent à joindre leurs jeûnes à nos jeûnes, leurs prières à nos prières, pour obtenir de Dieu le pardon de leurs fautes passées. Ils sont ensuite conduits au lieu où est l’eau, et là, de la même manière que nous avons été régénérés, ils sont régénérés à leur tour; car ils sont lavés dans l’eau au nom de Dieu, père de l’univers, de Jésus-Christ, notre Sauveur, et du Saint-Esprit, en accomplissement de cette parole du Christ: « Si vous n’avez pas été régénérés, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux.» [Jean III, 3-5] Il est bien évident pour tout le monde que ceux qui sont nés une fois ne peuvent pas rentrer dans le sein de leur mère. Le prophète Isaïe, comme nous l’avons dit plus hauti, enseigne de quelle manière les pécheurs repentants effaceront leurs péchés. Il s’exprime en ces termes : Lavez-vous, Purifiez-vous, enlevez le mal de vos coeurs, apprenez a bien faire, rendez justice a l’orphelin et défendez la veuve ; venez alors et comptons, dit le Seigneur. Vos péchés vous eussent-ils rendus rouges comme la pourpre, je vous rendrai blancs comme la laine ; fussiez-vous rouges comme l’écarlate, je vous rendrai blancs comme la nege. Mats si vous ne m’écoutez pas, le glaive vous dévorera. C’est la bouche du Seigneur qui a parlé (ls l, 16-20). Voici la doctrine que les apôtres nous ont transmise sur ce sujet. Dans notre première génération, nous naissons sans le savoir et par nécessité, d’une semence humide, grâce à l’union mutuelle de nos parents. Nous vivons ensuite avec des habitudes mauvaises et des inclinaisons perverses. Pour que nous ne restions pas ainsi les enfants de la nécessité et de l’ignorance, mais de l’élection et de la science, pour que nous obtenions la rémission de nos fautes passées, on invoque dans l’eau sur celui qui veut être régénéré et qui se repent de ses péchés le nom de Dieu le père et le maître de l’univers. Cette dénomination seule est précisément celle que prononce celui qui conduit au bain le candidat qui doit être lavé. Peut-on donner en effet un nom au Dieu ineffable, et ne serait-ce pas folie orgueilleuse que d’oser dire qu’il en a un ? Cette ablution s’appelle illumination, parce que ceux qui reçoivent cette doctrine ont l’esprit rempli de lumière. Et aussi au nom de Jésus-Christ, qui fut crucifié sous Ponce Pilate, et au nom de l’Esprit Saint, qui prédit par les prophètes toute l’histoire de Jésus, est lavé celui qui est illuminé. » (Première Apologie, 61 [151 après J-C]).

Ici, saint Justin est très clair, il va même jusqu’à affirmer que la régénération était annoncé dans l’Ancien Testament pas le prophète Isaïe, et que cette doctrine vient des Apôtres !

« Personne ne doit prendre part à l’Eucharistie, sinon celui qui croit la vérité de notre doctrine, qui a été baptisé pour obtenir le pardon des péchés et la nouvelle naissance, et qui vit selon l’enseignement que le Christ nous a transmis. » (Première Apologie, 66)

Saint Théophile d’Antioche (mort vers 183)

« ces choses créées à partir des eaux ont été bénies par Dieu, de sorte que ceci puisse aussi être un signe que les hommes recevraient en un moment futur la repentance et la rémission des péchés à travers l’eau et le bain de régénération. » (Traité à Autolycus, II)

Saint Irénée de Lyon (vers 125 – vers 202), disciple de saint Polycarpe de Smyrne (vers 69-155), lui-même disciple de l’apôtre saint Jean

« Et Naaman ] s’est plongé…  sept fois dans le Jourdain [ 2 Rois 5:14 ]. Ce n’était pas pour rien que Naaman âgé, souffrant de la lèpre, fut purifié en étant baptisé, mais pour que ceci nous serve d’indication. Car nous sommes des lépreux dans le péché, nous sommes purifiés, de nos vieilles transgressions, au moyen de l’eau sacrée et de l’invocation du Seigneur, étant spirituellement régénéré en tant que bébés nouveau-nés, de la façon même que le Seigneur a décrite : « Excepté un homme né de nouveau d’eau et d’Esprit, nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu.» (Fragment 34 [ 190 après J-C ]).

Clément d’Alexandrie (vers 150- vers 215)

« Ainsi le baptême, en nous lavant de nos péchés, qui sont comme d’épaisses ténèbres, ouvre notre âme à l’esprit divin. L’œil de notre âme devient aussitôt clair et lucide ; l’Esprit saint descend en nous, et nous voyons clairement les choses divines. Nous sommes capables d’apercevoir les choses éternelles et la lumière éternelle. Le semblable cherche son semblable ; ce qui est saint est naturellement porté à aimer celui qui est la source de la sainteté, et proprement appelé la lumière. « Car, vous étiez autrefois ténèbres, vous êtes maintenant lumière dans le Seigneur. » [Ephésiens V, 8] […] Le baptême, comme un remède souverain, guérit nos péchés ; oui, tous sans exception, et il en fait disparaître jusqu’à la moindre trace. » (Le Pédagogue, I, 6)

Tertullien (vers 155 – vers 230)

« Heureux sacrement que celui de notre baptême! quel effet ne produit-il pas? il efface la tache de nos péchés passés, il nous rend enfants de Dieu, et nous ouvre l’entrée à la vie éternelle. Un traité sur cette matière ne sera pas sans doute inutile, soit pour instruire nos catéchumènes, soit pour convaincre ces fidèles indolents qui, se contentant simplement de croire, sans se mettre en peine de considérer ce que l’Ecriture et la tradition nous enseignent, négligent par cette ignorance affectée d’apprendre les fondements sur quoi la foi qu’ils professent est appuyée. Il est arrivé depuis peu qu’une femme, ou plutôt une vipère des plus venimeuses de la secte hérétique des caïniens, a séduit par sa mauvaise doctrine un assez grand nombre de personnes. Elle attaque surtout le baptême, en quoi elle agit selon son naturel et son caractère. Vipères, aspics et autres semblables serpents fuient ordinairement l’eau, et ne cherchent que les lieux secs et arides. Pour nous qui sommes comme des poissons [Allusion au mot grec ΙΧΘΥΣ, qui signifie -poisson, et qui servait à désigner Jésus-Christ chez les premiers chrétiens , parce que chacune des lettres qui la composent, prise isolément, devenait la première d’un de ces cinq mots: Ἰησοῦς, Χριστ́ος, Θεοῦ Ψἱός, Σωτήρ, Jésus, Christ, Fils de Dieu, Sauveur.] conduits par Jésus-Christ notre chef, nous naissons dans l’eau, et nous ne pouvons autrement conserver notre vie qu’en demeurant dans cette eau. Mais Quintille, ce serpent horriblement monstrueux, qui n’avait pas même le droit d’enseigner, a su trouver un moyen infaillible de faire périr ces poissons, en les mettant hors de l’eau. » (Du Baptême I [203]).

« Nous ne pouvons ignorer d’ailleurs que nul ne saurait être sauvé sans le baptême; c’est le Seigneur qui nous le déclare lui-même par ces paroles : « Nul ne peut obtenir la vie, s’il ne renaît de l’eau. » (Jean 3 :5) » (Du Baptême XII, 1).

« Il est vrai que nous avons un second baptême , qui est le baptême de sang, mais qui est aussi unique. C’est de ce baptême que parlait Jésus-Christ lorsqu’il disait : « J’ai à être baptisé d’un baptême » [Luc XII, 50], quoiqu’il eût été déjà baptisé, car il était venu par l’eau et le sang [I Jean V, 6], comme écrit saint Jean, afin qu’il fût lavé par l’eau et glorifié par le sang. C’est pour cela aussi que voulant nous appeler par l’eau et faire des élus par le sang, il fit rejaillir de la plaie de son côté ces deux baptêmes ; parce que ceux qui devaient croire en son sang devaient être purifiés par l’eau, et ceux qui seraient purifiés par l’eau devaient aussi boire son sang. C’est enfin ce baptême qui supplée au défaut du baptême d’eau, et qui en répare le défaut quand on a eu le malheur de perdre l’effet du baptême. » (Du Baptême XVI)

Origène (vers 185-vers 254)

« Il est impossible de recevoir le pardon des péchés sans le baptême. » (Exhortation au martyre, 30 [235]).

« C’est sans doute de ce péché des enfants que David a dit cette parole que nous avons déjà rapportée : Ma mère m’a conçu dans le péché. Car du reste l’histoire ne rapporte aucun péché commis personnellement par la mère de David. C’est pour ce péché que l’Eglise a appris des apôtres par tradition à donner le baptême même aux enfants. Car ces hommes à qui ont été confié les secrets des mystères divins, savaient bien que le péché ayant souillé toute la race humaine, personne ne pouvait en être purifié que par l’eau et le Saint-Esprit. » (Commentaire de l’Epître aux Romains, IV)

« On baptise les enfants pour leur procurer la rémission de leurs péchés. De quels péchés et en quel temps ont-ils pu les commettre ? ou comment le baptême est-il applicable aux enfants, si ce n’est à cause de ce que nous avons rapporté plus haut, que personne n’est exempt de souillures, quand même il n’y aurait pas plus d’un jour qu’il serait sur la terre (JOB, XIV, 4, d’après les Septante) ? Et comme le baptême a la vertu de nous purifier de ces souillures contractées dès notre naissance, c’est pour cela qu’on baptise même les enfants. Car si chacun ne renaît de l’eau et de l’Esprit, il ne pourra entrer dans le royaume des cieux. » (Homélies sur Luc, XIV)

Saint Hippolyte de Rome (vers 165 – vers 235)

« Le père d’immortalité a envoyé l’immortel Fils et Parole dans le monde, qui vint à l’homme afin de le laver avec l’eau et l’Esprit ; et il, nous engendra à l’incorruptibilité de l’âme et du corps, nous a insufflé l’Esprit de vie, nous a enduit d’une armure incorruptible. Si, donc, l’homme est devenu immortel, il sera également Dieu. Et s’il est fait Dieu par l’eau et l’Esprit Saint après la régénération du baptême, il sera également co-héritier avec le Christ après la résurrection des morts. C’est pourquoi je prêche à cet effet : Venez, tous les bénis des nations à l’immortalité du baptême » (Discours sur la Sainte Théophanie 8 [217 après J-C]).

[Citation en anglais:] « « [P]erhaps someone will ask, ‘What does it conduce unto piety to be baptized?’ In the first place, that you may do what has seemed good to God; in the next place, being born again by water unto God so that you change your first birth, which was from concupiscence, and are able to attain salvation, which would otherwise be impossible. For thus the [prophet] has sworn to us: ‘Amen, I say to you, unless you are born again with living water, into the name of the Father, Son, and Holy Spirit, you shall not enter into the kingdom of heaven.’ Therefore, fly to the water, for this alone can extinguish the fire. He who will not come to the water still carries around with him the spirit of insanity for the sake of which he will not come to the living water for his own salvation. » (Homilie XI, 26 [217]).

Pseudo-Clément de Rome (IIIème siècle)

« Mais vous direz peut-être « À quoi le baptême d’eau contribue-t-il au culte de Dieu ? En premier lieu, parce que ce qui a satisfait Dieu est accompli. Deuxièmement, parce que quand vous êtes régénérés et nés de nouveau d’eau et de Dieu, la faiblesse de votre ancienne naissance, que vous avez reçu des hommes, est achevée, et ainsi(…) vous pourrez atteindre le Salut; sinon autrement c’est impossible. Ainsi connaître le vrai prophète [ Jésus ] qui témoigne selon sa promesse : « En vérité, je vous le dis à moins qu’un homme ne naisse de nouveau d’eau(…) il n’entrera pas dans le royaume des Cieux » (Récognitions 6:9).  

Témoignages concernant les Juifs (240)

« À moins qu’un homme n’ait été baptisé et ne soit né de nouveau, il ne peut pas accéder au royaume de Dieu. Dans l’Évangile, selon Jean il est dit : « à moins qu’un  homme soit né de nouveau d’eau et d’Esprit, il ne peut pas entrer dans le royaume de Dieu » [ Jean 3:5 ](…)  En outre, dans le même texte : «si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme et ne buvez son sang, vous n’aurez pas la vie en vous.» [ Jean 6:53 ]. Ceci est un petit compte–rendu de ce à quoi sert  le baptême et  l’Eucharistie (…) » (Témoignages concernant les juifs 3:2:25-26).

Saint Cyprien de Carthage (vers 200 – 258)

« Il faut que l’eau ait été purifiée et sanctifiée par le prêtre pour qu’elle ait la vertu de laver les péchés de celui qui est baptisé. » (Lettre 70 (al.69) à Janvier et d’autres)

« (…) Quand ils viennent vers nous et vers l’Église, qui est une, ils devaient être baptisés, parce que c’est trop peu de leur imposer les mains pour qu’ils reçoivent le Saint Esprit, s’ils ne reçoivent aussi le baptême de l’Église. En effet, ils ne peuvent être pleinement sanctifiés et devenir enfants de Dieu, que s’ils naissent des deux manières : « Si quelqu’un ne naît pas de l’eau et d’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu.» » (Lettre 71[72], I [253]).

VIIè Concile de Carthage (256)

« Et dans l’Évangile notre seigneur Jésus-Christ a parlé de sa voix divine, disant : « À moins qu’il ne soit né de nouveau d’eau et d’Esprit, il ne pourra entrer dans le royaume de Dieu »(…) À moins donc qu’ils reçoivent le baptême salvateur dans l’Église Catholique, qui est une, ils ne peuvent pas être sauvés, mais seront condamnés avec la chair dans le jugement du Seigneur notre Christ »

Lactance (vers 250-vers 325)

« L’expérience fait voir au contraire la grandeur du pouvoir que les commandements de Dieu, qui sont simples et véritables, exercent sur l’esprit des hommes. Donnez-m’en un qui soit sujet à la colère et accoutumé à de grands emportements, je le rendrai aussi doux qu’un mouton dès que je lui aurai dit quelques paroles du Sauveur. Donnez-m’en un qui soit avare et insatiable, je le rendrai libéral, et je lui ferai donner son argent à pleines mains. Donnez-m’en un qui soit délicat, et qui n’appréhende rien tant que la douleur et la mort, je lui ferai mépriser les tourments, les feux, et le taureau de Phalaris. Donnez-m’en un qui soit débauché, je le rendrai sobre et tempérant. Donnez-m’en un qui soit cruel et qui aime à répandre le sang, je changerai toute sa fureur en humanité. Enfin donnez-m’en un qui soit injuste, déréglé et criminel, je le ferai devenir tout d’un coup équitable, réglé et innocent. Il ne faut qu’un peu d’eau pour effacer tous les crimes. La sagesse de Dieu agit avec une puissance si efficace, que dès qu’elle entre dans un cœur elle en chasse toute la folie. On ne demande rien en récompense : cela se fait gratuitement et en un instant. Que personne n’appréhende d’approcher de nous. Nous ne vendons ni l’eau ni le soleil. La fontaine de Dieu est ouverte, et sa lumière éclaire tous ceux qui ont des yeux. Y a-t-il jamais eu, ou y a-t-il maintenant un philosophe qui en puisse faire autant ? » (Les institutions divines, III, 25 (al. 26))

Saint Aphraate le Sage persan (Ière moitié du IVè siècle)

Ce plus ancien des pères syriens, écrit dans ses traités, en 336 après J-C : « Puisque par le baptême, nous recevons l’Esprit du Christ … Car l’Esprit est absent chez tous ceux qui sont nés de la chair, jusqu’à ce qu’ils viennent à l’eau de la re-naissance.» (Démonstations, I)

Saint Cyrille de Jérusalem (316 – 386)

« Puisque l’homme possède une double nature, composée d’un corps et d’une âme, la purification est également double : le corporel pour le corporel et l’incorporel pour l’incorporel. L’eau purifie le corps, et l’Esprit scelle l’Âme (…). Quand vous entrez dans l’eau, à ce moment, ne considérez pas simplement l’eau, mais recherchez le Salut par la puissance de l’Esprit. Car sans les deux vous ne pouvez pas accéder à la perfection. Ce n’est pas moi qui dit ceci mais le Seigneur Jésus-Christ, qui possède la puissance en ce domaine. Et il dit : « À moins qu’un homme ne naisse de nouveau» et il ajoute les mots « d’eau et d’Esprit », « il ne peut pas entrer dans le royaume de Dieu ». Celui qui est baptisé avec de l’eau, mais qui n’est pas trouvé digne de l’Esprit, ne reçoit pas la Grâce dans la perfection. Non plus, si un homme est vertueux dans ses devoirs, mais ne reçoit pas le sceau par le moyen de l’eau, il n’entrera dans le royaume des Cieux. Un énoncé «résolu», quoiqu’il n’est pas le mien ; car c’est Jésus qui l’a déclaré » (Catéchèse, III, 4 [350]).

Saint Athanase d’Alexandrie (entre 295 et 298 – 373)

« Comme nous sommes tous de la terre et mourons en Adam, ainsi sommes-nous régénérés d’en haut par l’eau et l’Esprit, en Christ qui nous a tous relevés » (Quatrième discours contre les Ariens, III, 26 [33], [360]).

Le concile de Constantinople (381)

Compléta le Symbole de Nicée qui devint alors le Symbole de Nicée-Consatntinople en y ajoutant entre autre la phrase suivante: « Je crois en un seul baptême pour la rémission des péchés. »

Saint Basile de Césarée (vers 329 – 379)

« C’est ce que signifie être « né de nouveau d’eau et d’Esprit » : Simplement que notre mort est effective dans l’eau [ Rom. 6:3 ; Col. 2:12-13 ], notre vie est modelée à travers l’Esprit. Par trois immersions et un nombre égal d’invocations, le grand mystère du baptême est accompli de telle manière que l’archétype de la mort puisse être présenté figurativement, et que par le pouvoir de la connaissance divine, les âmes des baptisés puissent être illuminées. Si, donc, il y a une grâce dans l’eau, elle est non dans la nature de l’eau, mais alors dans la présence de l’Esprit » (L’Esprit Saint, XV, 35 [ 375]).

Saint Grégoire de Naziance (312 – 389)

« Tel est la grâce et la puissance du baptême; non pas un accablement du monde ancien, mais une purification des péchés de chaque individu, et une purification complète de toutes les meurtrissures et taches du péché. Et puisque nous avons deux natures, je veux dire celles du corps et de l’âme, et qu’une partie est visible, l’autre invisible, ainsi la purification également est double, par l’eau et l’Esprit; une est reçue visiblement sur le corps, l’autre concourant avec lui invisiblement et indépendamment du corps; l’une distincte, l’autre assurée et purifiant les profondeurs » (Discours sur le Saint Baptême 7-8 [388 après J-C]).

Saint Ambroise de Milan (vers 340 – 397)

« Bien que nous sommes baptisés d’eau et l’Esprit, ce dernier est de beaucoup supérieur à la précédente, et ne doit pas par conséquent être antinomique du Père et du Fils. Il y en a cependant beaucoup qui pensent, parce que nous sommes baptisés par l’eau et l’Esprit, qu’il n’y a aucune différence dans la portée de l’eau et de l’Esprit, et pensent donc qu’ils ne diffèrent pas en nature. Non plus, qu’ils n’observent que nous sommes engloutis dans l’élément de l’eau et que nous sommes relevés par l’Esprit. L’eau est la représentation de la mort, dans l’esprit est l’assurance de la vie, le corps du péché peut ainsi mourir par l’eau, qui enferme le corps comme s’il était dans un genre de tombeau, que nous, par la puissance de l’Esprit, puissions relever de la mort du péché, nés de nouveau en  Dieu » (L’Esprit Saint, I, 6 [75-76 ] [ 381]).

« L’Église a été rachetée au prix du sang du Christ. Juif ou grec, elle ne fait aucune différence ; mais s’il a cru, il doit se circoncire lui-même de ses péchés [dans le baptême (Colossiens II, 11-12) ] de sorte qu’il puisse être sauvé(…) personne ne peut entrer dans le royaume des cieux excepté par le sacrement du baptême(…) « à moins de naître d’eau et d’Esprit, nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu »  (Abraham, II, 11, 79-84 [387]).

« Vous avez lu, donc, que les trois témoins dans le baptême sont Un: l’eau, le sang, et l’esprit (1 Jean 5:8) : Et si vous retirez n’importe lequel de ces derniers, le sacrement du baptême n’est plus valide. Qu’est l’eau sans la croix du Christ ? Un élément commun sans effet sacramentel. Ni d’autre part y -a-t-il un quelconque mystère de régénération sans l’eau, parce que « à moins de naître d’eau et d’Esprit, nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu » (Les Mystères, IV, 20 [390]).

Saint Grégoire de Nysse (vers 336 – 394)

« [Dans] la naissance par l’eau et l’Esprit, [ Jésus ] lui-même réalise cette naissance, dessinant sur l’eau, par son propre baptême, l’Esprit Saint; de sorte qu’en toute chose, il est devenu le premier né de ceux qui sont spirituellement nés de nouveau, et a donné le nom des frères à ceux qui partagent une naissance  semblable à la sienne par l’eau et l’Esprit » (Discours contre Eunomios  2:8 [382 après J-C ]).

Pape saint Sirice (vers 320-399)

« Sans vouloir cependant amoindrir le respect sacré qui s’attache à Pâques, Nous prescrivons d’administrer sans délai le baptême aux enfants qui, du fait de leur âge, ne peuvent pas encore parler, ou aux personnes qui se trouvent dans une nécessité quelconque de recevoir le saint baptême, de peur qu’il ne s’ensuive un détriment pour nos âmes si, par suite de notre refus de la fontaine du salut à ceux qui le désiraient, certains mourants venaient à perdre le Royaume et la vie. Quiconque de même se trouve menacé d’un naufrage, d’une invasion ennemie, ou de quelque maladie mortelle, qu’il soit admis, aussitôt qu’il le demande, au bénéfice de la régénération sollicitée. L’erreur jusqu’ici dans ce domaine doit suffire ; à présent que tous les prêtres s’en tiennent à la règle susdite, s’ils ne veulent pas être arrachés à la solidité du roc apostolique sur lequel le Christ a construit toute l’Église. » (Lettre Directa ad decessorem à l’évêque Himère de Tarragone 3 [10 février 385])

Saint Jean Chrysostome (vers 344 – 407)

« Nul ne peut entrer dans le royaume de Dieu, s’il ne renaît de l’eau et de l’Esprit-Saint (Jean III, 5); qui ne mange pas la chair du Seigneur et ne boit pas son sang, est exclu de la vie éternelle. (Jean VI, 54.) Si donc ces bienfaits ne peuvent être conférés que par des mains sanctifiées, conséquemment par celles des prêtres, quel moyen y aurait-il, sans leur ministère, d’éviter le feu de l’enfer, ou de parvenir aux couronnes qui nous sont réservées ? L’enfantement spirituel des âmes est leur privilège : eux seuls les font naître à la vie de la grâce par le baptême; par eux nous sommes ensevelis avec le Fils de Dieu, par eux nous devenons les membres de ce Chef divin. [ Le corps mystique du Christ ] Aussi devons-nous non seulement les respecter plus que les princes et les rois, mais encore les chérir plus que nos propres parents. Ceux-ci nous ont fait naître du sang et de la volonté de la chair; les prêtres nous font naître enfants de Dieu; nous leur devons notre heureuse régénération, la vraie liberté dont nous jouissons, notre adoption dans l’ordre de la grâce.» (Traité du sacerdoce, III, 5-6 [387 après J-C]).

« L’Eglise catholique enseigne en tous lieux que les enfants doivent être baptisés à cause du péché originel… Comme la conception n’a point lieu sans volupté charnelle, c’est pour cela que j’ai dit des enfants qu’ils étaient nés du péché. Je vais à la source du mal, afin que le baptême conféré aux enfants les purifie de toute la tache originelle… Nous ne devons pas laisser passer comme inaperçu ce que l’Eglise pratique uniformément dans le monde entier à l’égard des catéchumènes, soit enfants, soit adultes. Lorsqu’ils se présentent pour recevoir le sacrement de régénération, ils n’entrent dans les fonts sacrés qu’après que les exorcismes et les prières des clercs ont chassé de leurs personnes l’esprit immonde, et lui ont enlevé ses armes pour les remettre au pouvoir du vainqueur divin qui a emmené la captivité captive et a répandu ses dons sur les hommes. » (Homélie sur Adam et Ève)

Les Constitutions Apostoliques (fin du IVème siècle)

« Soyez de même contentés par un seul baptême, lequel est dans la mort du Seigneur [ Rom. 6:3 ; Col. 2:12-13 ](…) Qui est hors de ce contentement ne sera pas baptisé mais sera refusé parce qu’incroyant et il lui sera reproché d’être sans reconnaissance et sot. Comme le seigneur dit  « À moins qu’un homme ne soit baptisé d’eau et d’Esprit, il ne pourra nullement entrer dans le royaume de Dieu » Et encore, «Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé ; celui qui ne croira pas, sera condamné. » [ Marc 16:16 ] (Constitutions Apostoliques 6:3:15 [400 après J-C ]).

Saint Augustin d’Hippone (354 – 430)

« Or, la régénération par la volonté d’autrui, au profit de l’enfant qu’on présente, est uniquement l’oeuvre de l’Esprit qui est le principe de cette régénération. Car il n’a pas été écrit qu’il faut renaître par la volonté des parents ou par la foi de ceux qui se présentent au baptême ou de ceux qui l’administrent, mais par l’eau et l’Esprit-Saint (Jean, III, 5.). C’est pourquoi l’homme, né du seul Adam, est régénéré dans le Christ seul par l’eau, qui forme le signe extérieur de la grâce, et par l’Esprit, qui la produit intérieurement en brisant les liens du péché, en réconciliant avec Dieu ce qu’il y a de bon dans notre nature.» (Lettres, 98, 2 [408]).

« Tous ceux, en effet, qui meurent pour la confession de Jésus-Christ obtiennent, sans avoir reçu le baptême, le pardon de leurs péchés, comme s’ils avaient été baptisés. Il est écrit, à la vérité, que « personne n’entrera dans le royaume des cieux, qu’il ne renaisse de l’eau et du Saint-Esprit ». Mais l’exception à cette règle est contenue dans ces paroles non moins formelles: « Quiconque me confessera devant les hommes, je le confesserai aussi devant mon Père qui est dans les « cieux 2».  (La cité de Dieu, XIII, 7 [419]).

Saint Grégoire le Grand (vers 540-604)

« S’il en est qui enseignent que par le baptême les péchés ne sont effacés qu’à la superficie, qu’y a-t-il de plus contraire à la foi que cet enseignement, par lequel on ôte au sacrement même de la foi toute valeur ? A ce sacrement, qui fait contracter à l’eau une pureté toute céleste, en sorte que n’étant plus souillée d’aucun péché, elle ne s’attache qu’à celui dont le Psalmiste a dit : Il m’est avantageux de m’attacher à Dieu ? (Ps. LXXII, 28) C’a été sans contredit une figure du baptême, que le passage de la mer Rouge, où les ennemis qui poursuivaient les Hébreux furent noyés dans la mer, mais pour être remplacés bientôt par d’autres ennemis dans le désert. Il en est de même pour tous ceux qui sont plongés dans l’eau salutaire du baptême : tous leurs péchés passés sont comme noyés, figurés par les Egyptiens qui poursuivaient les Hébreux ; mais ils retrouvent dans le désert d’autres ennemis : car tant que nous serons sur la terre, et jusqu’à ce que nous arrivions au ciel qui sera pour nous une véritable terre promise, nous serons harcelés de bien des tentations, qui toutes s’opposeront à notre entrée dans la terre des vivants. Que celui-là donc qui dit que les péchés ne sont pas entièrement remis dans le baptême dise aussi que les Egyptiens n’ont pas été réellement noyés dans la mer Rouge. Mais si l’on avoue que les Egyptiens sont réellement morts, qu’on avoue donc aussi par une conséquence nécessaire que les péchés meurent tout-à-fait dans le baptême, d’autant plus que la vérité doit avoir plus de réalité que ce qui n’en était que l’ombre. Le Seigneur dit dans l’Evangile (JEAN, XIII, 10) : Celui qui a été lavé n’a plus besoin que de se laver les pieds, et il est pur dans tout le reste. Si donc les péchés ne sont pas entièrement remis dans le baptême, comment sera-t-il vrai que celui qui est lavé est devenu par là tout-à-fait pur ? Car on ne peut pas appeler pur celui à qui il reste des péchés. Mais rien ne résiste à la voix de la vérité, dont voici l’oracle : Celui qui est lavé est tout entier pur. Il ne reste donc rien de la contagion du péché à celui que déclare être tout entier pur celui-là même qui l’a racheté. » (Registre des lettres, IX, 39)

Saint Jean Damascène (676-749)

« Quoique la rémission des péchés soit accordée également à tous par le baptême, les grâces de l’Esprit-Saint ne sont distribuées à chacun que selon le degré particulier de sa foi et de ses sentiments de pénitence. Toujours est-il vrai que par le baptême nous recevons les grâces de l’Esprit-Saint, et que cette régénération spirituelle devient pour nous le commencement d’une nouvelle vie, en même temps qu’elle en est le signe et le moyen ou le fil conducteur. » (Exposé de la foi orthodoxe, IV, 10)

Source principale: Catholics Awnsers

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2 commentaires sur “Naître de nouveau par le baptême – les premiers chrétiens croyaient en la régénération baptismale

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