+†+Yesus Kristus azu+†+

« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

Saint Augustin et la fondation de l’Eglise sur Saint Pierre

Dossier sur la Papauté : ici

Pour contrer la Papauté, certains non-catholiques citent Saint Augustin (354 – 430), le célèbre évêque d’Hippone, vu comme Docteur de l’Église par les Catholiques. Le Pape Léon XIII, d’accord avec toute la Tradition et l’enseignement catholique, après avoir mis en valeur les talents de chacun des Pères de l’Eglise, déclara qu’

« entre tous, la palme semble revenir à St. Augustin » (Encyclique Aeterni Patris, 4 août 1879)

L’évêque d’Hippone fut donc le plus grand des Pères de l’Église et cependant, certains de ses propos semblent s’opposer à l’enseignement de l’Église catholique sur saint Pierre !

Les ennemis de la papauté affirment cela de la manière qui suit :

Saint Augustin nie clairement que le Christ ait fondé son Eglise sur Pierre quand il dit que Pierre aurait été une pierre bien chancelante, du moment qu’il a renié le Christ trois fois. Dans son ouvrage des Rétractations, lorsqu’il revient sur son ouvrage Contre la lettre de l’hérétique Donat, il démontre que Petrus n’est pas petra (Pierre n’est pas la pierre) : « Il ne lui a pas été dit en effet : tu es petra, mais : Tu es Petrus. Or la petra était le Christ (I Cor 10 : 4) qu’a confessé Simon, comme toute l’Eglise le confesse : il a été dit Petrus ». Ainsi, si le Christ avait voulu dire qu’il fondait son Eglise sur Pierre, il aurait dit : « Tu es Pierre, et sur toi je fonde mon Eglise ». Dans son Sermon 76,1, sur la « Nécessite de l’humilité » Augustin précise sa pensée sur ce point : « Car la pierre est le Christ, et Pierre est le peuple chrétien. ‘Tu es’, dit-il, ‘Pierre’, et sur cette pierre que tu as reconnue en disant ‘Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant’, je construirai mon Eglise. Je te construirai sur Moi, et non Moi sur toi. » Ainsi, « cette pierre » signifie ce qui vient d’être dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ».

Cela découle d’une erreur d »interprétation. Pour y remédier, nous renvoyons le lecteur à notre article exégétique sur Matthieu XVI, 18 où nous démontrons que la fondation de l’Eglise sur saint Pierre n’est en rien contradictoire avec l’unicité de fondement en Christ, et que la différence de termes Petros/petra en Grec, Petrus/petra en Latin, n’entraîne nullement une différence de notions. Il y a de plus ici une connaissance profondément lacunaire de St Augustin. La réalité est qu’aucun de ces propos ne s’oppose en à la papauté mais encore pour le comprendre faut-il  bien comprendre la réelle signification de tout cela et ce qu’a dit St Augustin par ailleurs  au sujet de Pierre et de Rome. Voyons cela.

Augustin

S. Augustin, Père et Docteur de l’Eglise Catholique !

Ce que croyait vraiment saint Augustin :

Ces citations de saint Augustin sont vraies et elles prouvent en effet qu’il a douté que Pierre soit la pierre. Aussi telle ne fut pas constamment sa position. Et l’interprétation citée par nos adversaires est fausse pour la seule raison que qu’elle n’est pas fondée sur une considération théologique mais grammaticale. Nous y reviendrons plus bas. Nous nous contenterons dans l’immédiat de montrer que saint Augustin a prêché à temps et à contre temps que Pierre est la pierre, et que le fameux sermon sur la « Nécessité de l’humilité » fait lui-même transparaître cette vérité. Voici ses mots :

« « Pierre même, dit-il, le chef des apôtres, le portier du ciel, le fondement de l’Eglise, après avoir triomphé de Simon (le magicien), image du démon qui n’est vaincu que par le jeûne, enseigna cette doctrine aux Romains, dont la foi est annoncée à toute la terre. » » (Lettre XXXVI, 21)

« La sainte Eglise célèbre aujourd’hui, avec une pieuse dévotion, l’établissement de la première chaire de l’apôtre saint Pierre. Remarquez-le bien, la foi doit trouver place en nos âmes avant la science ; car les points de foi catholique proposés à notre respect, loin d’être inutiles pour nous, sont, au contraire, et toujours, et pour tous, féconds en fruits de salut. Le Christ a donné à Pierre les clefs du royaume des cieux, le pouvoir divin de lier et de délier; mais l’Apôtre n’a reçu en sa personne un privilège si étonnant et si personnel, que pour le transmettre d’une manière générale, et en vertu de son autorité, à l’Eglise de Dieu. Aussi avons-nous raison de regarder le jour où il a reçu de la bouche même du Christ sa mission apostolique ou épiscopale, comme celui où la chaire lui a été confiée; de plus, cette chaire est une chaire non de pestilence [Psaume I, 1], mais de saine doctrine. Celui qui s’y trouve assis, appelle à la foi les futurs croyants; il rend la santé aux malades, donne des préceptes à ceux qui n’en connaissent pas et impose aux fidèles une règle de vie; l’enseignement tombé du haut de cette chaire, de notre Eglise, c’est-à-dire de l’Eglise catholique, nous le connaissons, nous y puisons notre joie; c’est l’objet de notre croyance et de notre profession de foi; c’est sur cette chair qu’après avoir pris des poissons, le bienheureux Pierre est monté pour prendre des hommes et les sauver. » (Sermon sur la Souveraine autorité de la chaire de saint Pierre).

Enfin, dans le sermon invoqué par nos adversaires, saint Augustin écrit que « Pierre représente l’Église et il est le Chef de l’Apostolat. » (SERMON LXXVI. NÉCESSITÉ DE L’HUMILITÉ in Oeuvres complètes, tome VIème, Bar-Le-Duc, 1866, p. 1-605)

Donc saint Augustin affirma au contraire, plus que quiconque, la réalité de cette fondation par le Christ de l’Eglise sur saint Pierre et sa fonction de « Chef de l’apostolat », c’est-à-dire le Chef des Apôtres, ce que signifie le titre de « Pape ».

D’autres témoignages de saint Augustin dans le même sens existent. Ils se trouvent plus bas en même temps que ces témoignages en faveur de l’autorité et l’infaillibilité du Siège Romain.

Il se prononça aussi catégoriquement pour affirmer l’indéfectibilité de la foi de Pierre en faisant une interprétation très pertinente de Luc XXII, 32 :

« Si, défendant le libre arbitre non selon la grâce de Dieu, mais contre elle, tu dis qu’il appartient au libre arbitre de persévérer ou de ne pas persévérer dans le bien, et que si l’on y persévère, ce n’est pas par un don de Dieu, mais par un effort de la volonté humaine, que machineras-tu pour répondre à ces paroles du Maître: «J’ai prié pour toi, Pierre, afin que ta foi ne défaille pas»?  Oseras-tu dire que malgré la prière du Christ pour que la foi de Pierre ne défaille pas, cette foi eût défailli néanmoins, si Pierre avait voulu qu’elle défaillît, c’est-à-dire s’il n’avait pas voulu persévérer jusqu’à la fin?  Comme si Pierre eût pu vouloir autre chose que ce que le Christ demandait pour lui qu’il voulût!  Qui ignore que la foi de Pierre devait périr, si sa propre volonté, la volonté par laquelle il était fidèle, défaillait, et qu’elle devait demeurer jusqu’au bout, si sa volonté restait ferme?  Mais puisque la volonté est préparée  par le Seigneur, la prière du Christ pour lui ne pouvait être vaine. Quand il a prié pour que sa foi ne défaille pas, qu’a-t-il demandé en définitive, sinon qu’il ait une volonté de croire à la fois parfaitement libre, ferme, invincible et persévérante?  Voilà comment on défend la liberté de la volonté, selon la grâce, et non contre elle.  Car ce n’est pas par sa liberté que la volonté humaine acquiert la grâce, mais plutôt par la grâce qu’elle acquiert sa liberté, et pour persévérer, elle reçoit, en outre, de la grâce le don d’une stabilité délectable et d’une force invincible » (De la correction et de la grâce, livre VIII, ch. 17)

Par ailleurs Saint Augustin compare la faute de saint Pierre avec les judaïsants à la faute de saint Cyprien dans la querelle des rebaptisants sans remettre en cause la foi et la primauté de Pierre, en disant que « cette primauté de l’apostolat conférait à saint Pierre une prééminence réelle sur tout l’épiscopat ». Et en déduit qu’on ne doit pas s’offusquer de la critique contre saint Cyprien. Ce dernier étant le premier de apôtres pouvant pécher, à plus forte raison saint Cyprien :

« Or, si saint Pierre, contre la règle de la vérité formulée depuis par l’Eglise, a pu vouloir contraindre les Gentils à judaïser, comment ne pas admettre que Cyprien, contrairement à la règle de la vérité, formulée plus tard par l’Eglise, n’a pu vouloir contraindre les hérétiques et les schismatiques à recevoir une seconde fois le baptême ? Je pense que l’évêque Cyprien ne doit pas être blessé de se voir comparé à l’apôtre saint Pierre, quant à ce qui regarde la couronne du martyre. Bien plutôt je dois craindre de paraître injurieux à l’égard de saint Pierre. En effet, qui pourrait ignorer que cette primauté de l’apostolat conférait à saint Pierre une prééminence réelle sur tout l’épiscopat ? » (Du baptême, contre les donatistes, II, 1, 2)

Le doute de saint Augustin :

Certains objectent que saint Augustin fit la déclaration suivante :

« Pendant que j’étais prêtre ; j’écrivis encore un livre contre une lettre de Donat, qui fut à Carthage le second évêque du parti donatiste après Majorinus. Dans cette lettre, il prétendait que si on n’était pas de sa communion on n’était pas baptisé en Jésus-Christ. Mon livre le combat. En un passage j’ai dit de l’apôtre saint Pierre que l’Eglise a été fondée sur lui comme sur la pierre ; c’est le sens que célèbre l’hymne très-répandue du bienheureux Ambroise dans ces vers sur le chant du coq : « A ce chant, la pierre de l’Eglise efface sa faute. » Mais je sais que très-souvent, dans la suite, j’ai expliqué cette parole du Seigneur: « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise,» en ce sens que cette pierre est Celui que Pierre a confessé en disant : « Vous êtes le Christ, Fils du Dieu vivant [Matthieu XVI, 18] ; » de la sorte, Pierre tirant son nom de cette pierre, figurait la personne de l’Eglise, qui est élevée sur elle et qui a reçu les clefs du royaume des cieux. Il ne lui a pas été dit en effet: « Tu es la pierre (petra), » mais : « Tu es Pierre (Petrus). » Car la pierre était le Christ; et Simon, l’ayant confessé comme toute 1’Eglise le confesse, a été nommé Pierre. Que le lecteur choisisse de ces deux interprétations celle qui lui semblera la plus probable. » (Rétractations, Livre 1, chapitre 21, n°1 dans PL, 32/618)

C’est dans ce passage et d’en d’autres que nos adversaires tirent leur argument fondé sur saint Augustin. Mais celui-ci est plus intéressant et important que les autres car il donne l’explication « scientifique » de cette hésitation.

En effet, Saint Ambroise de Milan (340-397) fut l’artisan de sa conversion, son catéchiste, celui qui l’a baptisé et son premier évêque. Saint Augustin était donc bien placé pour savoir ce qu’il avait écrit et en donner l’interprétation authentique. Il parle ici de son Hymne sur le chant du coq :

« Tandis que ce coq chante, la Pierre de l’Eglise expie sa faute. » (Hymne 1 « AEterne rerum conditor », dans PL, 16/1409).

Bien entendu l’interprétation de cette phrase n’échappe pas aux tentatives de récupérations de nos adversaires. Nous leur répondons premièrement que si ce qu’ils disent est vrai, à savoir que chaque fois que les Pères parlent de Pierre dans le cadre de l’exégèse de Matthieu XVI, 18, alors, alors le nom de « Pierre » pourrait être remplacé par le mot « foi ». Aussi on se rend compte de l’invraisemblance d’une telle affirmation avec cet exemple. En effet, selon eux « la Pierre de l’Eglise expie sa faute » devrait être équivalent à « la foi expie sa faute », ce qui ne veut rien dire. Nous leur répondons secondement qu’il existe un interprète bien plus fiable que n’importe quel apologète catholique ou anti-catholique moderne : le disciple et admirateur de saint Ambroise : saint Augustin ! En effet, ce dernier disait :

Dans le passage invoqué par nos adversaires, saint Augustin révoque en doute cette interprétation. Mais ce dont ils ne se rendent pas compte c’est que paradoxalement, cela renforce la lecture catholique ! En effet, saint Augustin atteste que le sens que beaucoup comprennent lorsqu’ils chantent ces vers de saint Ambroise est que la pierre de l’Eglise est la personne même de saint Pierre. Et c’est d’ailleurs la seule manière possible d’entendre cette phrase car si ce que disent les apologètes anti-catholiques est vrai, à savoir que chaque fois que les Pères parlent de Pierre dans le cadre de l’exégèse de Matthieu XVI, 18, alors, alors le nom de « Pierre » pourrait être remplacé par le mot « foi », cela veut dire que selon eux « la Pierre de l’Eglise expie sa faute » devrait être équivalent à « la foi expie sa faute », ce qui ne veut rien dire. Aussi, il se démarque de cette lecture, ce qui prouve bien que le croyance de l’Eglise, transmise par les générations précédentes et communément accepté est l’interprétation catholique de Matthieu XVI, 18 ! La nouvelle position de saint Augustin (dont il n’est d’ailleurs même pas certains car il finit en disant « Que le lecteur choisisse de ces deux interprétations celle qui lui semblera la plus probable ») est une innovation erronée !

Mais comment est-on sûr que ce n’est pas cette nouvelle hypothèse qui est la bonne ? Et comment est-on sûr que saint Augustin n’a pas toujours fait une distinction, après tout beaucoup de Pères ont émis différentes formulations qui font penser qu’ils disent que l’Eglise est fondée sur l’apôtre Pierre pour dire qu’elle est fondée sur sa foi ?

Il y a lieu de faire à ces deux questions une réponses unique :

« Le Père Dominique PALMIERI fait justement observer dans son Traité du pontife romain (thèse 1, n°5, Rome, 1877, p.256-257) qu’on peut distinguer deux pensées différentes chez saint Augustin. En effet, dans le Psaume abécédaire qu’il écrivit pour que le peuple le chante, il donne une explication au sens commun de l’Eglise. Mais ailleurs, lorsqu’il refuse d’identifier la pierre avec saint Pierre, il s’appuie sur un présupposé faux, en voyant une différence entre ces deux mots. Or il nous suffit de suivre saint Augustin, lorsqu’il se fait le témoin de la pensée de l’Eglise, au lieu de le suivre quand il est induit en erreur dans son exégèse, à cause d’une mauvaise explication philologique. » (Cardinal Louis BILLOT, S.J., Traité de l’Eglise, tome II, Question 13, Thèse 25, Première partie, 1. Traduction française : L’Eglise, Courrier de Rome, 2010, n°800, p. 357, note de bas de page)

En effet, saint Augustin fonde sa nouvelle hypothèse sur la différence des mot ‘Petrus’ et ‘petra’, qu’il trouve dans sa Bible en Latin, différence qui se retrouve aussi dans le texte grec. Mais comme nous le démontrons dans notre article exégétique déjà cité, ce raisonnement est erroné, nous y renvoyons le lecteur. Aussi, si saint Augustin nous dit que sa nouvelle hypothèse se fonde exclusivement sur la différence de mots et ne mentionne nullement un quelconque argument théologique. Cela signifie qu’auparavant il ne faisait pas de différence entre Pierre et la pierre. En effet, si il avait eut un motif théologique de différencier Pierre et la pierre, il n’aurait pas eu l’idée de justifier cette distinction par cette innovation erronée. Car si il fonde la distinction de notions sur la différence de mots comme étant une nouveauté par rapport à ce que lui-même avait pu écrire par le passé, cela veut bien dire ce que cela veut dire : il n’a pas, ni n’a jamais eut, de motif théologique d’opérer une telle distinction.

Le problème est réglé ! Sa nouvelle hypothèse est erronée et elle nous apprend incidemment que sa lecture précédente était la lecture catholique. Et il nous apprend du même coup que c’est au minimum du même avis que lui auparavant qu’étaient les autres Pères, au moins les Latins, malgré les formulations qu’ils ont pu émettre. Nous en avons d’autant plus la certitude qu’il authentifie dans ce fameux passage le sens que donnait les gens de son époque à l’Hymne de saint Ambroise et que son Psaume abécédaire reflète la foi de l’Eglise. A la porte ouverte qu’il nous laisse lui-même de « choisir de ces deux interprétations celle qui semblera la plus probable », nous répondons que nous n’avons même pas à choisir la plus probable mais la seule qui soit non seulement certaine mais encore la seule qui ne soit pas par nature impossible !

Tout cela nous donne la clé de lecture pour tous les témoignages de saint Ambroise qui semblent dire que selon lui l’Eglise n’est pas fondée sur la personne de saint Pierre, et par extension pour les témoignages des autres Pères dont les formulations sont semblables. Il en va de même pour les témoignages des Pères semblables à ceux de saint Augustin lorsque celui-ci exprime une pensée différente de son innovation erronée.

Saint Augustin sur l’Autorité et l’infaillibilité du Siège Romain :

Tout ce qu’Augustin affirme au sujet de Saint Pierre, il l’affirme de la même manière des évêques de Rome, en atteste sa Lettre LIII adressée à Generosus écrite en 400. Générosus était un catholique de Constantine, honoré de l’amitié de saint Augustin. Un prêtre donatiste lui ayant adressé une lettre en faveur du schisme et où il se vantait d’avoir reçu les communications d’un ange, Générosus envoya cette lettre à saint Augustin; notre saint, tant en son nom qu’au nom de ses vénérables collègues, écrivit la réponse suivante, moins pour éclairer Générosus dont la piété lui était connue, que pour rappeler les faits et les témoignages des Ecritures au prêtre égaré. Dans cette lettre, Augustin prit l’exemple de la succession des évêques de Rome et d’aucune autre Église pour prouver que les donatistes étaient dans l’erreur: il dressa la liste des trente-neuf évêques de Rome depuis saint Pierre jusqu’à Anastase (le pape de l’époque) et affirma d’une part qu’aucun d’entre eux n’avaient tenue la doctrine donatiste et d’autre part que cela prouvait la fausseté du donatisme car ils enseignent la vérité en raison de la promesse faite à Saint Pierre par le Christ en Matthieu XVI, 18 :

« Si l’on doit avoir égard à la suite et à la succession des évêques. Combien n’y a-t-il pas plus de sûreté et d’avantages à s’en tenir à celle qui remonte jusqu’à Pierre, à qui le Seigneur a dit, comme au représentant de l’Eglise tout entière : Sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle. Or, c’est à Pierre que Lin a succédé ; comme c’est à Lin qu’a succédé ensuite Clément ; puis à Clément, Anaclet, etc. ; A Damase, Sirice ; à Sirice, Anastase. Dans cet ordre de succession ne se trouve aucun évêque donatiste. Et quand même dans cette suite d’évêque qui de Pierre redescendent jusqu’à Anastase, le même qui occupe ce siège aujourd’hui, il se serait glissé dans les temps de persécution quelque traditeur, cela ne préjudicierait en rien à l’Eglise elle-même, ni à tout ce qu’il y aurait eu de chrétiens innocents de ce crime, puisque le Seigneur nous a dit d’avance pour nous mettre en garde contre les mauvais pasteurs : Faites ce qu’ils disent, mais ne faites pas ce qu’ils font ; car ils disent et ne font pas. Voilà ce qui assure l’espérance des fidèles et ce qui fait que, se confiant non dans les hommes, mais dans le Seigneur, ils ne sont point exposés à faire naufrage dans la tempête que soulève un schisme sacrilège. » (Lettre 165 alias 53 à Generosus, II)

Voici quelques autres mots de saint Augustin sur le Siège de Saint Pierre, son grade, son Église, son Évêque, sa dignité, car, comme le dit saint François de Sales,  » tout cela revient en un » :

« Revenez, mes frères, si vous voulez être entés sur la vigne. Nous sommes saisis de douleur quand nous vous voyons gisants et sans vie. Comptez les pontifes qui se sont succédé sur la chaire de Pierre, Et voyez si cette succession ne prouve pas une intervention divine et constante. C’est bien là le rocher que n’ébranleront jamais les portes orgueilleuses de l’enfer [Matthieu XXI, 18]. » (Psaume abécédaire contre le parti de Donat, XVIII, voir aussi dans PL, 43/30)

« Je passe d’abord sous silence cette sagesse sincère et véritable dont la connaissance n’est possible en cette vie qu’à un petit nombre d’hommes spirituels; les autres n’en connaissent que les éléments les plus simples, mais du moins cette connaissance n’est accompagnée d’aucune hésitation ; ce qui leur donne cette heureuse assurance, ce n’est pas, la vivacité de leur compréhension, mais la simplicité de leur foi. Je garderai donc le silence sur cette sagesse, dont vous niez la présence dans l’Eglise catholique; j’y consens d’autant plus volontiers que je trouve assez d’autres garanties qui me retiennent dans son sein. Ce qui me frappe d’abord, c’est le consentement unanime des nations et des peuples; c’est le spectacle d’une autorité engendrée par les miracles, nourrie par l’espérance, augmentée par la charité, affermie par la durée. Ce qui, me frappe encore, c’est la chaire de Pierre à qui le Seigneur, après la résurrection, a confié le soin de paître ses brebis, c’est aussi cette imposante succession du sacerdoce, couronnée par l’épiscopat qui découle directement du pontificat lui-même.» (Réfutation de l’épître manichéenne appelée Fondamentale, IV)

« Vous disiez tout à l’heure que nous connaissons la loi et que nous parlons légalité, mais que nos oeuvres nous font rougir ». Vous le dites, mais où sont vos preuves? et dussiez-vous en fournir contre quelques rares exceptions, les autres défient toutes vos calomnies. Et puis, lors même que tous les catholiques de l’univers seraient tels que vous les représentez, qu’avez-vous à dire contre la chaire de l’Eglise romaine sur laquelle s’est assis saint Pierre et sur laquelle siège Anastase; ou contre la chaire de l’Eglise de Jérusalem, sur laquelle saint Jacques s’est assis et sur laquelle siège l’évêque Jean ? Or, c’est avec Anastase et avec Jean que nous sommes unis dans les liens de cette unité dont vous vous êtes séparés avec une fureur sacrilège. Pourquoi appelez-vous  « chaire de pestilence » la chaire apostolique ? Est-ce à cause de ces hommes que vous accusez de citer la loi et de ne pas l’accomplir ? Mais souvenez-vous donc que le Sauveur n’a jamais insulté la chaire de Moïse, quoiqu’elle, fût alors occupée par ces pharisiens « qui enseignent et ne font pas ». Il entoura cette chaire de tous les honneurs, tout en condamnant ceux qui l’occupaient. Ecoutez-le : « Ils siègent sur la chaire de Moïse; faites ce a qu’ils vous disent, mais ne faites pas ce qu’ils font, car ils disent et ne font pas [Matthieu XXIII, 2-3] ». Si vous pesiez sérieusement ces paroles, vous ne trouveriez pas dans certains hommes que vous incriminez, l’occasion de blasphémer contre la chaire apostolique, à laquelle vous n’appartenez pas. Votre conduite est donc réellement celle d’adversaires qui ne savent pas ce qu’ils veulent dire et qui ne peuvent qu’insulter et calomnier. » (Contre les lettres du donatiste Pétilien, II, 118)

« Voilà ce qu’a fait la divine Providence au moyen des prédictions des prophètes, de l’humanité et de la doctrine du Christ, des voyages des Apôtres, des outrages, des tortures, du sang et de la mort des martyrs, au moyen de la vie admirable des saints, et, au milieu de tout cela, à l’aide des miracles dignes d’accompagner tant de grandes actions et de vertus, selon que les temps le demandaient. A la vue de cette protection puissante du ciel et des beaux résultats qu’elle a produits, hésiterons-nous à nous réfugier dans le sein de cette Eglise, qui s’est fait reconnaître du genre humain tout entier par une constante succession d’évêques, à commencer par le Siège apostolique, malgré les aboiements de l’hérésie condamnée soit par le jugement du peuple lui-même, soit par l’autorité des conciles, soit enfin par la majesté des miracles? A cette Eglise revêtue d’une autorité sans égale, ne pas vouloir donner le premier rang, c’est certainement une impiété extrême, une téméraire arrogance. Car, s’il n’est point de voie qui mène plus sûrement à la sagesse et au salut que de plier sa raison à la foi, n’est-ce pas de l’ingratitude envers un Dieu secourable et bienfaisant, que de vouloir résister à une autorité qui se recommande par des motifs si puissants ? Et si toute science, quelque peu importante, quelque facile qu’elle soit, exige les leçons d’un maître pour être comprise, n’estce pas le comble de la témérité et de l’orgueil, quand il s’agit de livres remplis d’enseignements divins, de se refuser à entendre leurs interprètes, et de vouloir les condamner sans les connaître ? » (De l’utilité de la foi, XVII)

« Carthage était une ville rapprochée des pays transmarins, célèbre par son ancienne gloire : ce qui ne donnait pas peu d’autorité à son évêque qui pouvait bien ne pas se mettre en peine de la conspiration de ses ennemis, lorsqu’il se voyait uni par les lettres de communion avec l’Eglise romaine, dans laquelle a toujours résidé la principauté de la chaire apostolique, et avec les autres pays d’où l’Evangile a pénétré en Afrique, et où il était tout prêt à plaider sa cause, si ses adversaires cherchaient à tourner ces Eglises contre lui. » (Lettre 162 alias 43 aux évêques donatistes, chapitre 3, n°7 ; Cf. Opera S. Augustini, t. II, p. 136, édit. de Gaume ; p. 90, édit. de Montfaucon ou PL, 33/163)

Saint Augustin présida également les conciles de Carthage et de Milève. Les Pères de ces deux conciles et lui-même, demandèrent a l’évêque de Rome, saint Innocent Ier de confirmer leur décisions. Voici le lettre du concile de Carthage :

« Nous avons cru, vénérable frère, devoir porter cet acte à la connaissance de votre charité, afin que vous confirmiez par l’autorité du siège apostolique les décisions de notre médiocrité pour mettre à couvert le salut d’un grand nombre, et corriger au besoin la perversité de quelques-uns.  […] Quand même donc Pélage paraîtrait à votre sainteté avoir été justement absous par certains actes qu’on dit être des évêques d’orient, son erreur et son impiété, qui compte en divers pays tant de partisans, n’en devrait pas moins être anathématisée par l’autorité du siège apostolique. » (Lettre 90 (175) au pontife romain Innocent, Ibid., col. 923 et 925, édit. de Gaume ; col. 617 et 619, édit. de Montfaucon)

Et la lettre que les Pères du concile de Milève et lui adressèrent au même Pape :

« Puisque le Seigneur, par un bienfait signalé de sa grâce, vous a élevé sur le siège apostolique, et vous a placé dans un poste tel, qu’il y aurait négligence de notre part à ne pas déférer à votre révérence ce que les besoins de l’Eglise demandent de nous, sans que nous puissions avoir à craindre que notre démarche soit, ou dédaigneusement repoussée, ou froidement accueillie de vous ; nous vous prions d’apporter votre soin pastoral à la guérison de membres infirmes. Car une hérésie nouvelle et excessivement pernicieuse cherche à s’élever pour anéantir la grâce du Christ. » (Lettre 92 alias 176, Cf. Opera S. Augustini, t. II, col. 927, édit. de Gaume ; col. 620, édit. de Montfaucon).

Le pape destinataire, Saint Innocent Ier (mort en 417), fit les réponses suivantes à ces deux Lettres :

Dans sa réponses aux Pères du concile de Carthage, dans laquelle il assimila l’Église de la ville de Rome à une source pure de toute souillure hérétique, qui vivifiait les églises locales :

« Voilà ce que vous avez estimé dans la vigilance de votre office sacerdotal, à savoir qu’on ne doit pas fouler aux pieds les ordonnances des Pères; car ceux-ci, dans une pensée plus divine qu’humaine, avaient décrété que n’importe quelle affaire à traiter, fût-ce des provinces les plus éloignées et les plus retirées, ne serait pas considérée comme finie avant d’avoir été portée à la connaissance de ce Siège, pour qu’il confirmât de toute son autorité les justes sentences et que les autres églises – comme les eaux qui jaillissent de leur source originelle et qui s’écoulent dans toutes les régions du monde par de purs ruisseaux venus de la source non corrompue – reçoivent de lui ce qu’elles prescriront et sachent qui elles doivent purifier et qui, souillé d’une fange ineffaçable, ne recevra pas l’eau digne des corps purs » (Lettre In requirendis du 27 janvier 417 aux évêques du concile de Carthage (Dz. 217); citée dans la lettre 181 (alias 191) de SAINT AUGUSTIN – PL, 33 / 780.).

Et voici un extrait de celle faites à ceux du concile de Milève :

« Je loue la diligence que vous avez apportée à rendre hommage au siège apostolique, je veux dire au siège de celui qui, sans compter les embarras qui peuvent lui survenir d’ailleurs, est chargé du soin de toutes les Eglises, en nous consultant sur le parti que vous pouvez avoir à prendre dans vos doutes, vous conformant ainsi à l’antique règle que vous savez aussi bien que moi avoir toujours été observée par tout l’univers. Mais je me tais là-dessus, persuadé que vous en êtes d’avance parfaitement instruits, puisque vous l’avez reconnu par votre conduite même, sachant bien que le siège apostolique ne manque jamais de répondre aux consultations qui lui viennent de toutes les parties de l’univers. Mais surtout s’il s’agit de ce qui intéresse la foi, tous nos frères ou nos collègues dans l’épiscopat se font, comme je n’en doute pas, un devoir d’en référer à Pierre, ou à celui de qui il tient son nom et son privilège, ainsi que vous l’avez fait vous-mêmes pour obtenir une décision qui puisse, dans le monde entier, servir en commun à toutes les Eglises. » (Lettre aux Pères du concile de Milève, Inter epistolas S. Augustini, Opera S. Augustini, t. II, col. 934, édit. de Gaume ; col. 638, édit. de Montfaucon). Lettre citée dans la lettre 182 (alias 193) de SAINT AUGUSTIN – PL, 33 / 784.).

Et nous ne pouvons que constater que saint Augustin fait entièrement siennes ces deux sentences papales ! En effet, lorsque dans sa Lettre à Paulin, saint Augustin rapporte ces actes, il recommande les réponses que le pape Innocent Ier donna par écrit, en ajoutant :

« Sur tous ces points, le pape nous a donné réponse par écrit, exactement comme le requérait le droit et comme il convenait au pontife du Siège apostolique » (Epistola 186 (alias 106), § 2 – PL, 33 / 817.).

Et dans un célèbre sermon :

« Réfutez leurs contradictions, amenez-nous les quand ils résistent. Déjà effectivement on a envoyé sur ce sujet les actes de deux Conciles au Siège Apostolique, dont on a aussi reçu les réponses. La cause est finie; puisse ainsi finir l’erreur ! Aussi les avertissons-nous de rentrer en eux-mêmes; nous prêchons pour leur faire connaître la vérité et nous prions pour obtenir leur changement. » (Sermon 131, 10).

C’est d’ailleurs des mots « Siège Apostolique, dont on a aussi reçu les réponses. La cause est finie » que fut tirée le célébrissime adage : « Roma locuta, causa finita est » : « Rome a parlé, la cause est entendue » !

Nous pouvons et devons donc conclure que saint Augustin croyait que le Christ a fondé son Église sur Saint Pierre, mais encore qu’il croyait à la primauté romaine fondée sur la succession de Saint Pierre.

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12 commentaires sur “Saint Augustin et la fondation de l’Eglise sur Saint Pierre

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  4. Maxime Georgel
    15 octobre 2015

    And I tell you…‘You are Peter, Rocky, and on this rock I shall build my Church, and the gates of the underworld will not conquer her. To you shall I give the keys of the kingdom. Whatever you bind on earth shall also be bound in heaven; whatever you loose on earth shall also be loosed in heaven’ (Mt 16:15-19). In Peter, Rocky, we see our attention drawn to the rock. Now the apostle Paul says about the former people, ‘They drank from the spiritual rock that was following them; but the rock was Christ’ (1 Cor 10:4). So this disciple is called Rocky from the rock, like Christian from Christ…Why have I wanted to make this little introduction? In order to suggest to you that in Peter the Church is to be recognized. Christ, you see, built his Church not on a man but on Peter’s confession. What is Peter’s confession? ‘You are the Christ, the Son of the living God.’ There’s the rock for you, there’s the foundation, there’s where the Church has been built, which the gates of the underworld cannot conquer (John Rotelle, Ed., The Works of Saint Augustine (New Rochelle: New City Press, 1993), Sermons, Vol. 6, Sermon 229P.1, p. 327).

  5. Maxime Georgel
    15 octobre 2015

    The following are statements from his Retractations which refer to his interpretation of the rock of Matthew 16:

    In a passage in this book, I said about the Apostle Peter: ‘On him as on a rock the Church was built’…But I know that very frequently at a later time, I so explained what the Lord said: ‘Thou art Peter, and upon this rock I will build my Church,’ that it be understood as built upon Him whom Peter confessed saying: ‘Thou art the Christ, the Son of the living God,’ and so Peter, called after this rock, represented the person of the Church which is built upon this rock, and has received ‘the keys of the kingdom of heaven.’ For, ‘Thou art Peter’ and not ‘Thou art the rock’ was said to him. But ‘the rock was Christ,’ in confessing whom, as also the whole Church confesses, Simon was called Peter. But let the reader decide which of these two opinions is the more probable (The Fathers of the Church (Washington D.C., Catholic University, 1968), Saint Augustine, The Retractations Chapter 20.1).

  6. Maxime Georgel
    15 octobre 2015

    But whom say ye that I am? Peter answered, ‘Thou art the Christ, The Son of the living God.’ One for many gave the answer, Unity in many. Then said the Lord to him, ‘Blessed art thou, Simon Barjonas: for flesh and blood hath not revealed it unto thee, but My Father which is in heaven.’ Then He added, ‘and I say unto thee.’ As if He had said, ‘Because thou hast said unto Me, “Thou art the Christ the Son of the living God;” I also say unto thee, “Thou art Peter.” ’ For before he was called Simon. Now this name of Peter was given him by the Lord, and in a figure, that he should signify the Church. For seeing that Christ is the rock (Petra), Peter is the Christian people. For the rock (Petra) is the original name. Therefore Peter is so called from the rock; not the rock from Peter; as Christ is not called Christ from the Christian, but the Christian from Christ. ‘Therefore,’ he saith, ‘Thou art Peter; and upon this Rock’ which Thou hast confessed, upon this rock which Thou hast acknowledged, saying, ‘Thou art the Christ, the Son of the living God, will I build My Church;’ that is upon Myself, the Son of the living God, ‘will I build My Church.’ I will build thee upon Myself, not Myself upon Thee.
    For men who wished to be built upon men, said, ‘I am of Paul; and I of Apollos; and I of Cephas,’ who is Peter. But others who did not wish to built upon Peter, but upon the Rock, said, ‘But I am of Christ.’ And when the Apostle Paul ascertained that he was chosen, and Christ despised, he said, ‘Is Christ divided? was Paul crucified for you? or were ye baptized in the name of Paul?’ And, as not in the name of Paul, so neither in the name of Peter; but in the name of Christ: that Peter might be built upon the Rock, not the Rock upon Peter. This same Peter therefore who had been by the Rock pronounced ‘blessed,’ bearing the figure of the Church (Philip Schaff, Nicene and Post-Nicene Fathers (Grand Rapids: Eerdmans, 1956), Volume VI, St. Augustin, Sermon XXVI.1-4, pp. 340-341).

  7. Maxime Georgel
    15 octobre 2015

    J’ai posté ci dessus trois citations en anglais d’Augustin, je laisse au lecteur le soin de voir ce qu’Augustin signifiait par là.

  8. Maxime Georgel
    15 octobre 2015

    Encore d’autres citations, Saint Augustin etant tres prolifique sur ce passage, il est tres dur de mal representer sa position quand on considère tous ses ecrits a ce sujet :
    And this Church, symbolized in its generality, was personified in the Apostle Peter, on account of the primacy of his apostleship. For, as regards his proper personality, he was by nature one man, by grace one Christian, by still more abounding grace one, and yet also, the first apostle; but when it was said to him, ‘I will give unto thee the keys of the kingdom of heaven, and whatsoever thou shalt bind on earth, shall be bound in heaven; and whatsoever thou shalt loose on earth, shall be loosed in heaven,’ he represented the universal Church, which in this world is shaken by divers temptations, that come upon it like torrents of rain, floods and tempests, and falleth not, because it is founded upon a rock (petra), from which Peter received his name. For petra (rock) is not derived from Peter, but Peter from petra; just as Christ is not called so from the Christian, but the Christian from Christ. For on this very account the Lord said, ‘On this rock will I build my Church,’ because Peter had said, ‘Thou art the Christ, the Son of the living God.’ On this rock, therefore, He said, which thou hast confessed, I will build my Church. For the Rock (Petra) was Christ; and on this foundation was Peter himself built. For other foundation can no man lay than that is laid, which is Christ Jesus. The Church, therefore, which is founded in Christ received from Him the keys of the kingdom of heaven in the person of Peter, that is to say, the power of binding and loosing sins. For what the Church is essentially in Christ, such representatively is Peter in the rock (petra); and in this representation Christ is to be understood as the Rock, Peter as the Church (Philip Schaff, Nicene and Post-Nicene Fathers (Grand Rapids: Eerdmans, 1956), Volume VII, St. Augustin, On the Gospel of John, Tractate 124.5).

    Before his passion the Lord Jesus, as you know, chose those disciples of his, whom he called apostles. Among these it was only Peter who almost everywhere was given the privilege of representing the whole Church. It was in the person of the whole Church, which he alone represented, that he was privileged to hear, ‘To you will I give the keys of the kingdom of heaven’ (Mt 16:19). After all, it isn’t just one man that received these keys, but the Church in its unity. So this is the reason for Peter’s acknowledged pre–eminence, that he stood for the Church’s universality and unity, when he was told, ‘To you I am entrusting,’ what has in fact been entrusted to all.
    I mean, to show you that it is the Church which has received the keys of the kingdom of heaven, listen to what the Lord says in another place to all his apostles: ‘Receive the Holy Spirit;’ and straightway, ‘Whose sins you forgive, they will be forgiven them; whose sins you retain, they will be retained’ (Jn 20:22-23). This refers to the keys, about which it is said, ‘whatever you loose on earth shall be loosed in heaven, and whatever you bind on earth shall be bound in heaven’ (Mt 16:19). But that was said to Peter. To show you that Peter at that time stood for the universal Church, listen to what is said to him, what is said to all the faithful, the saints: ‘If your brother sins against you, correct him between you and himself alone’ (John Rotelle, Ed., The Works of Saint Augustine (Hyde Park: New City, 1994), Sermons, III/8 (273-305A), On the Saints, Sermon 295.1-3, pp. 197-198).

  9. Maxime Georgel
    15 octobre 2015

    According to Augustine the Apostles are equal in all respects. Each receives the authority of the keys, not Peter alone. But some object, doesn’t Augustine accord a primacy to the apostle Peter? Does he not call Peter the first of the apostles, holding the chief place in the Apostleship? Don’t such statements prove papal primacy? While it is true that Augustine has some very exalted things to say about Peter, as do many of the fathers, it does not follow that either he or they held to the Roman Catholic view of papal primacy. This is because their comments apply to Peter alone. They have absolutely nothing to do with the bishops of Rome. How do we know this? Because Augustine and the fathers do not make that application in their comments. They do not state that their descriptions of Peter apply to the bishops of Rome. The common mistake made by Roman Catholic apologists is the assumption that because some of the fathers make certain comments about Peter—for example, that he is chief of the apostles or head of the apostolic choir—that they also have in mind the bishop of Rome in an exclusive sense. But they do not state this in their writings. This is a preconceived theology that is read into their writings. Did they view the bishops of Rome as being successors of Peter? Yes. Did they view the bishops of Rome as being the exclusive successors of Peter? No. In the view of Augustine and the early fathers all the bishops of the Church in the East and West were the successors of Peter. They all possess the chair of Peter. So when they speak in exalted terms about Peter they do not apply those terms to the bishops of Rome. Therefore, when a father refers to Peter as the rock, the coryphaeus, the first of the disciples, or something similar, this does not mean that he is expressing agreement with the current Roman Catholic interpretation. This view is clearly validated from the following statements of Augustine:

    This same Peter therefore who had been by the Rock pronounced ‘blessed,’ bearing the figure of the Church, holding the chief place in the Apostleship (Sermon 26).

    The blessed Peter, the first of the apostles (Sermon 295)

    Before his passion the Lord Jesus, as you know, chose those disciples of his, whom he called apostles. Among these it was only Peter who almost everywhere was given the privilege of representing the whole Church. It was in the person of the whole Church, which he alone represented, that he was privileged to hear, ‘To you will I give the keys of the kingdom of heaven’ (Mt 16:19). After all, it isn’t just one man that received these keys, but the Church in its unity. So this is the reason for Peter’s acknowledged preeminence, that he stood for the Church’s universality and unity, when he was told, ‘To you I am entrusting,’ what has in fact been entrusted to all (Sermon 295).

    Previously, of course, he was called Simon; this name of Peter was bestowed on him by the Lord, and that with the symbolic intention of his representing the Church. Because Christ, you see, is the petra or rock; Peter, or Rocky, is the Christian people (Sermon 76).

    So then, this self–same Peter, blessed by being surnamed Rocky from the rock, representing the person of the Church, holding chief place in the apostolic ranks (Sermon 76).

    For as some things are said which seem peculiarly to apply to the Apostle Peter, and yet are not clear in their meaning, unless when referred to the Church, whom he is acknowledged to have figuratively represented, on account of the primacy which he bore among the Disciples; as it is written, ‘I will give unto thee the keys of the kingdom of heaven,’ and other passages of like purport: so Judas doth represent those Jews who were enemies of Christ (Exposition on the Book of Psalms, Psalm 119).

    You will remember that the apostle Peter, the first of all the apostles, was thrown completely of balance during the Lord’s passion (Sermon 147).

    Christ, you see, built his Church not on a man but on Peter’s confession. What is Peter’s confession? ‘You are the Christ, the Son of the living God.’ There’s the rock for you, there’s the foundation, there’s where the Church has been built, which the gates of the underworld cannot conquer. (Sermon 229).

    And this Church, symbolized in its generality, was personified in the Apostle Peter, on account of the primacy of his apostleship. For, as regards his proper personality, he was by nature one man, by grace one Christian, by still more abounding grace one, and yet also, the first apostle; but when it was said to him, I will give unto thee the keys of the kingdom of heaven, and whatsoever thou shalt bind on earth, shall be bound in heaven; and whatsoever thou shalt loose on earth, shall be loosed in heaven,’ he represented the universal Church, which in this world is shaken by divers temptations, that come upon it like torrents of rain, floods and tempests, and falleth not, because it is founded upon a rock (petra), from which Peter received his name. For petra (rock) is not derived from Peter, but Peter from petra; just as Christ is not called so from the Christian, but the Christian from Christ. For on this very account the Lord said, ‘On this rock will I build my Church,’ because Peter had said, ‘Thou art the Christ, the Son of the living God.’ On this rock, therefore, He said, which thou hast confessed, I will build my Church. For the Rock (Petra) was Christ; and on this foundation was Peter himself built. For other foundation can no man lay than that is laid, which is Christ Jesus. The Church, therefore, which is founded in Christ received from Him the keys of the kingdom of heaven in the person of Peter, that is to say, the power of binding and loosing sins. For what the Church is essentially in Christ, such representatively is Peter in the rock (petra); and in this representation Christ is to be understood as the Rock, Peter as the Church (Commentary on the Gospel of John, Tractate 124.5).

  10. Maxime Georgel
    15 octobre 2015

    In commenting on one of Augustine’s references to Peter and the rock, John Rotelle, the editor of the Roman Catholic series on the Sermons of Augustine, makes these observations:

    ‘There was Peter, and he hadn’t yet been confirmed in the rock’: That is, in Christ, as participating in his ‘rockiness’ by faith. It does not mean confirmed as the rock, because Augustine never thinks of Peter as the rock. Jesus, after all, did not in fact call him the rock…but ‘Rocky.’ The rock on which he would build his Church was, for Augustine, both Christ himself and Peter’s faith, representing the faith of the Church (emphasis mine) (John Rotelle, Ed., The Works of Saint Augustine (New Rochelle: New City, 1993), Sermons, Sermon 265D.6, p. 258-259, n. 9)

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