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« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

Le culte des reliques chez les premiers chrétiens

Aujourd’hui, 5 novembre, c’est pour certains diocèses la fête des Saintes Reliques. Nous avons donc jugé opportun de rédiger un article à leur sujet. Nous avons déjà démontré ici que le culte des reliques était parfaitement biblique; nous vous proposons aujourd’hui de vous montrer que les premiers chrétiens le pratiquaient déjà.

Nous lisons dans les Actes du martyre d’Ignace d’Antioche qui eut lieu en l’an 107 : « Il n’est resté que les plus durs de ses saints os qui ont été reportés à Antioche et renfermés dans une châsse comme un trésor inestimable laissé à la sainte Eglise en considération de ce martyr. » (Chapitre VI). Saint Jean Chrysostome (vers 346-407), lui-même d’Antioche, parlant à ses concitoyens du fait si connu de la translation des reliques de saints Ignace, leur rappelle également que ces os précieux furent mis dans une châsse, et portés par les fidèles sur leurs épaules depuis Rome jusqu’à Antioche, et que les chrétiens des villes où ils passaient sortaient devant au-devant d’eux et les accompagnaient ensuite en procession comme en triomphe (Homélie sur Saint Ignace n°5).

Le martyre de saint Polycarpe de Smyrne eut lieu en 155, les actes de son martyre furent rédigés en 169. Nous y lisons : « Le démon fit tous ses efforts pour que nous ne puissions pas emporter ses reliques, quoique plusieurs désiraient de le faire et de communiquer à son saint corps. Il a donc suggéré à Nicétas d’empêcher le proconsul de nous livrer son cadavre pour l’ensevelir, de peur, dit-il, que les chrétiens n’abandonnent le crucifié pour recourir à Polycarpe.» Insensé qui ne sait pas qu’il nous est impossible de renoncer à Jésus-Christ, et d’en adorer jamais aucun autre. En effet, nous l’adorons comme le Fils de Dieu, et nous chérissons avec raison les martyrs comme ses fidèles imitateurs. » (L’Eglise de Smyrne à celle de Pont. chapitre XVII. Voir Eusèbe, Histoire ecclésiastique IV, XIV) et « Le centurion fit brûler le corps de Polycarpe. Ainsi nous ensuite, ramassant les ossements plus précieux que les gemmes de grand prix et plus épurés que l’or, nous les avons déposés en un lieu convenable. Là même, autant que possible, nous nous réunissons avec la grâce de Dieu, dans l’allégresse et la joie en mémoire de ceux qui sont déjà sortis du combat, et pour exercer et préparer ceux qu’attend le martyre. » Ainsi le culte des reliques galvanisait le courage des chrétiens, les excitait à une foi intrépide, les associait aux mérites des saints et obtenait leur intercession.

Notons que saint Ignace d’Antioche et saint Polycarpe de Smyrne ont connu directement un plusieurs Apôtres (les saints Pierre et Jean pour le premier, seulement saint Jean pour le second), ils ont donc certainement du enseigner le culte des reliques à leurs fidèles: doctrine qu’ils tenaient des Apôtres !

Les héroïques sœurs sainte Praxède et sainte Purdentienne allaient, au péril de leur vie, récupérer pieusement quelques débris de leurs frères moulus par la dent des fauves ! Ce culte était si insupportable aux païens qu’ils s’acharnaient sur les corps des martyrs pour être sûrs qu’il n’en restât rien.

Tertullien (vers 155-vers 230) applique aux martyrs les paroles d’Isaïe XI, 10 : « son tombeau sera glorieux » et dans un autre passage, il dit: « Dans les jours consacrés aux martyrs, nous sacrifions à la mémoire de leur mort. » (De la couronne du soldat, III)

Saint Cyprien (vers 200-258), évêque de Carthage, recommande « d’inscrire avec précision le jour mortuaire des martyrs, afin que leur mort soit célébrée par des dons et des sacrifices. » (Lettre XXXVII)

Saint Félix Ier (Pape de 269 à 275), martyr, oblige à célébrer sur les tombeaux des martyrs. Mais c’est une pratique générale depuis longtemps. Le plus souvent, l’autel est situé sur le tombeau même : «l’autel eucharistique sous lequel devait reposer ceux qui, au prix de leur sang, avaient témoigné pour le Christ ».

Saint Hilaire (vers 315-367), évêque de Poitiers, a écrit : « Le sang sacré des martyrs est partout reçu avec honneur, et leurs vénérables ossements rendent chaque jour témoignage. » (Lib. cont. Const.)

Saint Basile le Grand (329-379), évêque de Césarée : « si quelqu’un a souffert pour le Christ, ses restes sont regardés comme précieux. Celui qui touche les ossements des martyrs participe en quelque chose à leur sainteté, à cause de le grâce qui réside en eux; car la mort des saints est précieuse aux yeux de Dieu. » (Sermon sur le Psaume CXV)

Saint Ephrem le Syrien (vers 306-373) : «La grâce du Saint-Esprit réside toujours dans les reliques des saints, et opère par elles des miracles. » (In encom. omn. martyr.)

Saint Grégoire de Nazianze (329-390) disait à propos des guérisons miraculeuses : « la poussière seule de saint Cyprien, si l’on en approche avec respect, suffit pour les effectuer. Ceux-là savent, qui ont fait l’épreuve, qui l’ont vu, et qui en transmettent le souvenir à la postérité. » (Sermon XVIII sur saint Cyprien)

Saint Jean Chrysostome, comme nous l’avons déjà vu plus haut, parlait du culte des reliques. Il s’en fait le chantre inspiré : « Voulez-vous, s’exclame-t-il, goûter d’inexprimables délices, venez au tombeau des martyrs, prosternez-vous humblement devant leurs sacrés ossements, baisez dévotement la châsse qui les renferme, lisez les combats qu’ils ont soutenus, les traits édifiants de leur foi et de leur courage. Prenez de l’huile sainte qui brûle devant leurs tombeaux, frottez-en votre corps, votre langue, vos lèvres, votre cou et vos yeux, et vous ressentirez les effets de leur puissante intercession auprès de Dieu. ». Il dit Aussi; « après la puissance de la parole, les tombeaux des saints sont ce qu’il y a de plus propre à nous exciter à l’imitation de leurs vertus. lorsqu’on s’en approche, on se sent saisi d’une force secrète. La vue de la châsse fait impression sur le cœur, on est ému comme si celui qui est là étendu, intercédait pour nous en notre présence. Pénétré d’une joie mystérieuse, on se retire changé en un autre homme. C’est pour cette raison que Dieu nous a laissé les restes des saints. » (Lib. cont. gent.) Ailleurs: « Pour moi j’admire Rome et la célèbre, non pour l’éclat et l’abondance de son or, non pour la magnificence de ses édifices, mais pour ces deux colonnes de l’Église qu’elle possède. Oh ! Qui me donnera d’embrasser le corps de Paul… de m’attacher à son sépulcre, de contempler même la poussière de son corps. La poussière, dis-je, de cette bouche, par laquelle Jésus-Christ nous a parlé, et d’où sortait une lumière plus brillante que le Soleil !… Oui je voudrais voir ce tombeau qui renferme ces armes de la justice et de la lumière, ces membres encore vivants… ce corps qui, avec celui de saint Pierre, sera toujours pour Rome un rempart plus sûr que ses tours et ses murailles. » (Homélie XXXII sur l’Epître aux Romains).

Bien sûr la piété populaire, toujours à la recherche de sensationnel, risquait de s’emballer. Le culte des reliques pouvait tourner à la superstition ou au fétichisme. Au IVème siècle le prêtre toulousain Vigilance en vint même à le condamner comme une idolâtrie. Saint Jérôme (†420) écrivit alors un cinglant Contre Vigilance, où il explique que nous honorons les reliques des martyrs afin d’adorer Celui dont ils ont été les martyrs. Il dit: « Si les reliques des saints ne méritent aucune vénération, il a donc eu grand tort l’évêque de Rome, qui, sur les ossements de Pierre et Paul, vénérables suivant nous, vils et abjects d’après toi [il s’adresse à Vigilance], offre le sacrifice du Christ au Seigneur, et regarde leurs tombeaux comme les autels de Christ. » (Contre Vigilance, chapitre II)

Saint Grégoire de Nysse (vers 336-394), après avoir décrit la magnificence de la basilique dans laquelle ont été déposés les restes du saint martyr Théodore, ajoute: « De l’étonnement que fait naître la vue de tant de merveilles, on passe avidement au tombeau; on approche dans la confiance qu’en le touchant on en recueillera quelque bénédiction. Celui qui obtint par grâce la permission d’emporter quelque peu de la poussière du sépulcre, la reçoit et la conserve comme un précieux trésor. Mais si par bonheur on lui accorde de toucher les reliques mêmes, il est au comble de ses vœux. Ils savent parfaitement, ceux auxquels cette faveur a été accordée, et dont tous les désirs sont alors accomplis. Le corps du martyr leur paraît alors dans un état de fraîcheur comme s’il respirait encore, ils le baisent et y appliquent successivement les yeux, la bouche, les oreilles et tous leurs sens. » (Discours sur le martyr Théodore)

Saint Ambroise (340-397), évêque de Milan dit en son cinquante-cinquième sermon: « Dans le corps du martyr, j’honore la mémoire les blessures qu’il a reçue au nom du Christ , j’honore ces cendres, que la confession de la foi a consacrées, j’honore en elles les semences de l’éternité, j’honore ce corps qui m’apprend à aimer Dieu, et à ne point redouter le mort pour son service. » Il rendit aussi conte de la guérison miraculeuse d’un aveugle, opérée à Milan, le jour de la translation des reliques des saint Gervais et saint Protais; et comme les ariens essayaient de contester le fait, le saint prélat monta en chaire dès le lendemain, et s’écria: « Ils nient que la lumière ait rendue à l’aveugle, mais m’aveugle, loin de nier qu’il ait été guéri, dit: J’y vois, moi qui n’y voyais point, j’ai cessé d’être aveugle, et il le prouve. »

Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone: « Vous voyez le chef illustre de leur grand des empires, paraître en suppliant au tombeau du Pêcheur, et la tête qui porte le diadème se courbe humblement devant la dépouille de Pierre. » (Lettre XLII). Il encouragea la vénération du corps des fidèles « qui ont servi d’instrument et d’organe au Saint-Esprit pour toutes sortes de bonnes œuvres ». Il nous transmet en outre le récit authentique des miracles éclatants et nombreux qui eurent lieu lors de la translation des reliques de saint Étienne (La cité de Dieu, XXII, 8) mais il serait trop long de les rapporter ici.

Saint Cyrille (376-444), Patriarche d’Alexandrie, dit à Julien dans son premier discours: « Et comment n’as-tu pas respecté ceux à qui des fêtes et des honneurs ont été consacrés, ceux par qui les démons ont été chassé et les infirmes guéries? »

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7 commentaires sur “Le culte des reliques chez les premiers chrétiens

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  5. olivier
    14 septembre 2016

    Bjr je suis camerounais d’ethnie bamiléké ou le culte des crânes est fondement de notre tradition pourtant lEglise locale condamne fermement ce culte fait a nos morts qui pourtant est semblable a ce qui se passe dans le culte des reliques a l’Eglise .je ne sais pas si vous pouvez vous pencher dessus ou faire des recherches et dire en fin pourquoi il est condamne.

    • Ressources Catholiques
      16 septembre 2016

      Bonjour, cette interdiction faite par l’Église a tout simplement pour cause que le culte ancestral des crâne dans votre culture n’a rien à voir avec le culte des reliques. Le culte des crânes est un culte d’adoration (à moins que je ne me trompe ?) alors que le culte des reliques est un culte des vénération des restes des saintes personnes en relation avec l’adoration immatérielle du seul vrai Dieu.

      • Roger's
        20 mars 2017

        Brs ! il importe de rappeler comme le dis Ressources Catho. qu’il s’agit uniquement des restes des SAINTS ! reconnus par l’Eglise ( Matthieu 16 :19 Je te donnerai les clés du Royaume des Cieux. Ce que tu lieras ici sur terre sera lié dans le ciel, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux) non pas des restes de n’importe qui.
        le problème avec le culte des crânes chez les Bamilékés pourrait être dû au fait qu’on ne sais pas si ces encêtres sont au paradis ou non! car invoquer un encêtre qui est en enfer est …

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