+†+Yesus Kristus azu+†+

« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

Les Pères de l’Eglise sur la Tradition


Tout sur l’autorité de la Tradition: ici

Saint Clément de Rome, disciple des saints apôtres Pierre, Paul et Jean, écrit vers 95:

« Les Apôtres nous ont annoncé la bonne nouvelle de la part de Jésus-Christ. Jésus-Christ a été envoyé par Dieu. Le Christ vient donc de Dieu et les Apôtres du Christ. Cette double mission elle-même, avec son ordre, vient donc de la volonté de Dieu. Munis des instructions de Notre Seigneur Jésus-Christ, pleinement convaincus par sa résurrection, et affermis dans leur foi en la parole de Dieu, les Apôtres allaient, tout remplis de l’assurance que donne le Saint-Esprit, annoncer partout la bonne nouvelle de la venue du Royaume des cieux. A travers les campagnes et les villes, ils proclamaient la parole, et c’est ainsi qu’ils prirent leurs prémices ; et après avoir éprouvé quel était leur esprit, ils les établirent évêques et diacres des futurs croyants. » (Lettre au Corinthiens, 42)

Saint Ignace d’Antioche (vers 35-vers 110), disciple des saints apôtres Pierre et Jean:

« Pendant qu’Ignace traversait l’Asie, bien qu’il fût observé de fort prés par les satellites préposés à sa garde, il n’en confirmait pas moins par ses simples entretiens et ses pieuses exhortations les églises des villes par lesquelles il passait ; et il avait soin avant tout de les avertir de se mettre en garde particulièrement contre les hérésies qui dès lors commençaient à s’élever. Puis il les exhortait à s’attacher fermement à la tradition des apôtres ; et en même temps qu’il déclarait cette tradition par son témoignage plein d’autorité, il jugea indispensable de la mettre par écrit pour la transmettre plus sûrement à la postérité. » (Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, III, 36, 4)

Papias d’Hiérapolis (vers 130), disciple de l’apôtre saint Jean:

« Si quelque part venait quelqu’un qui avait été dans la compagnie des presbytres, je m’informais des paroles des presbytres : ce qu’ont dit André ou Pierre, ou Philippe, ou Thomas, ou Jacques, ou Jean, ou Matthieu, ou quelque autre des disciples du Seigneur ; et ce que disent Aristion et le presbytre Jean, disciples du Seigneur. Je ne pensais pas que les choses qui proviennent des livres me fussent aussi utiles que ce qui vient d’une parole vivante et durable. » (Explication des Paroles du Seigneur, in Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, III, 39, 4).

Nous voyons Papias placer la Tradition au dessus des « livres », il s’agit certainement des écrits néotestamentaires. Cela signifie-t-il que la Tradition soit supérieure à l’Écriture ? Si cela est le fond de sa pensée, alors c’est dire l’importance que lui donnaient les premiers chrétiens. Dans le cas contraire – et c’est vers cette seconde hypothèse que je penche -, Papias considère, comme l’Église aujourd’hui, que l’Écriture et la Tradition sont égales par essence, mais que la Tradition jouit accidentellement d » ne supériorité pratique, et ce pour plusieurs raisons:

1 – la Tradition a précédé l’Écriture.

2 – la moitié des apôtres n’ont pas laissé d’écrits et pourtant leur enseignement devait quant même être infaillible.

3 – les apôtres qui ont laissé des écrits ne l’ont fait que pour une petite partie de la masse de ceux qu’ils avaient prêché; et cette dernière ne possédait alors qu’une partie de l’Écriture.

4 – c’est la Tradition qui nous a donné l’Écriture en nous faisant connaître son canon.

5- tous les enseignements ou presque de l’Écriture se trouvent aussi dans la Tradition.

6 – la Tradition explique l’Écriture.

7 – les enseignements délivrés au titre de la Tradition sont beaucoup plus clairs et compréhensibles que l’Écriture seule. C’est peut être cette dernière proposition qui faisait dire à Papias: « Je ne pensais pas que les choses qui proviennent des livres me fussent aussi utiles que ce qui vient d’une parole vivante et durable »

Saint Justin Martyr (vers 100 – 165) :

« Nous allons maintenant vous exposer comment, rendus à la vie par Jésus-Christ, nous sommes par lui consacrés à Dieu; car si nous omettions ce point, on pourrait nous accuser de dissimulation dans notre récit. Tous ceux qui se sont laissés persuader de la vérité de nos doctrines et de nos paroles, tous ceux qui y ont ajouté foi et croyance, et qui ont solennellement promis de vivre conformément à nos préceptes, apprennent à joindre leurs jeûnes à nos jeûnes, leurs prières à nos prières, pour obtenir de Dieu le pardon de leurs fautes passées. Ils sont ensuite conduits au lieu où est l’eau, et là, de la même manière que nous avons été régénérés, ils sont régénérés à leur tour; car ils sont lavés dans l’eau au nom de Dieu, père de l’univers, de Jésus-Christ, notre Sauveur, et du Saint-Esprit, en accomplissement de cette parole du Christ: « Si vous n’avez pas été régénérés, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux.» [Jean III, 3-5] Il est bien évident pour tout le monde que ceux qui sont nés une fois ne peuvent pas rentrer dans le sein de leur mère. Le prophète Isaïe, comme nous l’avons dit plus haut, enseigne de quelle manière les pécheurs repentants effaceront leurs péchés. Il s’exprime en ces termes : Lavez-vous, Purifiez-vous, enlevez le mal de vos coeurs, apprenez a bien faire, rendez justice a l’orphelin et défendez la veuve ; venez alors et comptons, dit le Seigneur. Vos péchés vous eussent-ils rendus rouges comme la pourpre, je vous rendrai blancs comme la laine ; fussiez-vous rouges comme l’écarlate, je vous rendrai blancs comme la nege. Mais si vous ne m’écoutez pas, le glaive vous dévorera. C’est la bouche du Seigneur qui a parlé (ls l, 16-20). Voici la doctrine que les apôtres nous ont transmise sur ce sujet. » (Première apologie, 61)

En une matière aussi importante que les effets du baptême, Justin invoque l’enseignement transmis (ce que signifie « traditio » en latin) et non l’Écriture Sainte.

Saint Irénée de Lyon (vers 125-vers 202), disciple de saint Polycarpe de Smyrne (vers 69-155), lui-même disciple de l’apôtre saint Jean:

« Car, si les langues diffèrent à travers le monde, le contenu de la Tradition est un et identique. Et ni les Églises établies en Germanie n’ont d’autre foi ou d’autre Tradition, ni celles qui sont chez les Ibères, ni celles qui sont chez les Celtes, ni celles de l’Orient, de l’Égypte, de la Libye, ni celles qui sont établies au centre du monde ; mais, de même que le soleil, cette créature de Dieu, est un et identique dans le monde entier, de même cette lumière qu’est la prédication de la vérité brille partout et illumine tous les hommes qui veulent « parvenir à la connaissance de la vérité ». Et ni le plus puissant en discours parmi les chefs des Églises ne dira autre chose que cela — car personne n’est au-dessus du Maître —, ni celui qui est faible en paroles n’amoindrira cette Tradition : car, la foi étant une et identique, ni celui qui peut en disserter abondamment n’a plus, ni celui qui n’en parle que peu n’a moins. » (Contre les hérésies, I, 10, 2)

« Mais lorsqu’à notre tour nous en appelons à la Tradition qui vient des apôtres et qui, grâce aux successions des presbytres, se garde dans les Églises, ils s’opposent à cette Tradition : plus sages que les presbytres et même que les apôtres, ils ont, assurent-ils, trouvé la vérité pure, car les apôtres ont mêlé des prescriptions de la Loi aux paroles du Sauveur ; et non seulement les apôtres, mais le Seigneur lui-même a prononcé des paroles venant tantôt du Démiurge, tantôt de l’Intermédiaire, tantôt de la Suprême Puissance ; quant à eux, c’est sans le moindre doute, sans contamination aucune et à l’état pur qu’ils connaissent le mystère secret. Et voilà bien le plus impudent des blasphèmes à l’endroit de leur Créateur ! Il se trouve donc qu’ils ne s’accordent plus ni avec les Écritures ni avec la Tradition. » (Contre les hérésies, III, 3, 1)

« Ainsi donc, la Tradition des apôtres, qui a été manifestée dans le monde entier, c’est en toute Église qu’elle peut être perçue par tous ceux qui veulent voir la vérité. Et nous pourrions énumérer les évêques qui furent établis par les apôtres dans les Églises, et leurs successeurs jusqu’à nous. Or ils n’ont rien enseigné ni connu qui ressemble aux imaginations délirantes de ces gens-là. Si pourtant les apôtres avaient connu des mystères secrets qu’ils auraient enseignés aux « parfaits », à part et à l’insu des autres, c’est bien avant tout à ceux à qui ils confiaient les Églises elles-mêmes qu’ils auraient transmis ces mystères. Car ils voulaient que fussent absolument parfaits et en tout point irréprochables ceux qu’ils laissaient pour successeurs et à qui ils transmettaient leur propre mission d’enseignement : si ces hommes s’acquittaient correctement de leur charge, ce serait un grand profit, tandis que, s’ils venaient à faillir, ce serait le pire malheur. » (Contre les hérésies, III, 3, 2)

« Mais comme il serait trop long, dans un ouvrage tel que celui-ci, d’énumérer les successions de toutes les Églises, nous prendrons seulement l’une d’entre elles, l’Église très grande, très ancienne et connue de tous, que les deux très glorieux apôtres Pierre et Paul fondèrent et établirent à Rome ; en montrant que la Tradition qu’elle tient des apôtres et la foi qu’elle annonce aux hommes sont parvenues jusqu’à nous par des successions d’évêques, nous confondrons tous ceux qui, de quelque manière que ce soit, ou par infatuation, ou par vaine gloire, ou par aveuglement et erreur doctrinale, constituent des groupements illégitimes : car avec cette Église, en raison de son origine plus excellente, doit nécessairement s’accorder toute Église, c’est-à-dire les fidèles de partout, — elle en qui toujours, au bénéfice de ces gens de partout, a été conservée la Tradition qui vient des apôtres. » (Contre les hérésies, III, 3, 3)

« Ajoutons enfin que l’Église d’Éphèse, fondée par Paul et où Jean demeura jusqu’à l’époque de Trajan, est aussi un témoin véridique de la Tradition des apôtres. » (Contre les hérésies, III, 3, 4)

« C’est aux évêques et aux prêtres, qui tiennent des mains des Apôtres le dépôt de la foi, et qui ont reçu l’ordination d’après l’institution même du Christ, que nous devons nous en rapporter pour les véritables règles de notre croyance. Quant à ceux qui s’éloignent du sein de l’Eglise, quelque soit le lieu où ils se réunissent, nous devons les tenir pour suspects, à l’égal des hérétiques et des gens de mauvaise foi, ou comme des hommes égarés par l’orgueil et qui ne se complaisent qu’en eux-mêmes ; ou bien enfin comme des hypocrites qui n’ont pour mobile de leur conduite qu’un vil intérêt, une vaine gloire. » (Contre les hérésies, IV, 43, 26)

Saint Irénée va même plus loin que tous les autres en envisageant le cas d’école dans lequel les apôtres n’auraient pas laissé d’écrits et où le dépôt de la foi pour la Nouvelle Alliance ne nous serait connu que par la Tradition:

« Telle étant la force de ces preuves, il ne faut donc plus chercher auprès d’autres la vérité qu’il est plus facile de recevoir de l’Église, car les Apôtres, comme en un riche cellier, ont amassé en elle, de la façon la plus plénière, tout ce qui a trait à la vérité, afin que quiconque le désire y puise le breuvage de la vie. C’est elle, en effet, qui est la voie d’accès à la vie ; « tous » les autres « sont des voleurs et des brigands ». C’est pourquoi il faut les rejeter, mais aimer par contre avec un zèle extrême ce qui est de l’Église et saisir la Tradition de la vérité. Eh quoi ! S’il s’élevait une controverse sur quelque questions de minime importance, ne faudrait-il pas recourir aux Églises les plus anciennes, celles où les Apôtres ont vécu, pour recevoir d’elles sur la question en cause la doctrine exacte ? Et à supposer même que les Apôtres ne nous eussent pas laissé d’Écritures, ne faudrait-il pas alors suivre l’ordre de la Tradition qu’ils ont transmis à ceux à qui ils confiaient ces Églises ? » (Contre les hérésies, III, 4, 1)

Tertullien (vers 155-vers 230):

« Il ne faut donc pas en appeler aux Ecritures ; il ne faut pas porter le combat sur un terrain où la victoire est nulle, incertaine ou peu sûre. Ces confrontations de textes n’eussent-elles point pour résultat de mettre sur le même pied les deux parties en présence, encore l’ordre naturel des choses voudrait-il qu’on posât d’abord cette question qui présentement est la seule que nous ayons à discuter : « A qui ‘attribuer la foi elle-même, celle à laquelle se rapportent les Écritures’ ? Par qui, par l’intermédiaire de qui, quand et à qui la doctrine qui nous fait chrétiens est-elle parvenue ? » (De la prescription contre les hérétiques, XIX, 1-2)

« S’il est vrai que la vérité doive nous être adjugée en partage, a nous qui marchons dans cette règle que les Eglises nous transmettent après l’avoir reçue des apôtres, les apôtres du Christ, le Christ de Dieu, nous étions donc bien fondés à soutenir que les hérétiques ne doivent pas être admis à nous provoquer sur les Ecritures, puisque nous pouvons démontrer, sans le secours des Écritures, qu’ils n’ont rien à voir avec les Ecritures. » (De la prescription contre les hérétiques, XXXVII, 1)

« Nous avons l’observance ancienne qui, par son antériorité, fait loi. Si l’Ecriture ne l’a point déterminée, toujours est-il que la coutume, qui sans doute est provenue de la tradition, la confirme : en effet, comment un usage s’établirait-il, s’il n’avait sa source dans la tradition ? Tu me diras encore que, pour valider la tradition, il faut une autorité écrite. Examinons donc si on ne doit admettre de traditions que celles qui sont écrites. Nous affirmerons volontiers qu’il ne faut pas recevoir les traditions non écrites, si elles n’ont pas en leur faveur le préjugé d’autres institutions que nous maintenons sans pouvoir alléguer aucun texte de l’Ecriture, à titre seul de tradition, et sur l’autorité de la coutume. Pour commencer par le baptême, avant de descendre dans l’eau, sur le lieu, et un peu avant l’église, nous jurons, sous la main du pontife, que nous renonçons à Satan, à ses pompes et à ses anges ; ensuite nous sommes plongés trois fois, répondant quelque chose de plus que le Seigneur n’a précisé dans son Evangile. Au sortir de là nous goûtons pour la première fois le délicieux mélange du lait et du miel ; à dater de ce jour, nous nous abstenons du bain quotidien toute la semaine. Nous recevons le sacrement de l’Eucharistie dans des assemblées qui ont lieu avant le jour, et seulement de la main de ceux qui président, quoique le Seigneur l’ait confié à tous et à l’heure du repas. Nous faisons annuellement des oblations pour les défunts et aux jours de nativité des martyrs. Nous regardons comme inconvenant de jeûner et de prier à genoux le jour du Seigneur. Nous usons de la même exemption depuis le jour de Pâques jusqu’à la Pentecôte. Que quelque chose de notre calice ou de notre pain tombe terre, nous ne le souffrons qu’avec douleur. S’agit-il de nous mettre en voyage ou de marcher, d’entrer ou de sortir, de nous habiller, de nous chausser, de descendre au bain, de nous mettre à table, de prendre de la lumière, de nous asseoir, ou d’entrer au lit, quelque chose que nous fassions, nous marquons notre front du signe de la croix. Demande-moi un témoignage des Ecritures en faveur de ces institutions et de mille autres semblables, tu n’en trouveras aucun. Mais on mettra en avant la tradition qui les consacre, la coutume qui les confirme, la foi qui les observe. » Et un peu plus loin : » Il est donc manifeste par ces exemples, qu’une tradition non écrite et confirmée par la coutume, fidèle témoin que c’est une tradition approuvée, et se justifiant par la continuation d’elle-même, peut se défendre et se maintenir dans l’observance. La coutume elle-même dans l’absence de la loi, est reçue pour loi dans les choses civiles. » (De la couronne du soldat, III-IV)

Origène (vers 185-vers 254): 

« Nombreux sont ceux qui estiment avoir les pensées du Christ, et plusieurs sont en divergence avec leurs prédécesseurs. Cependant la prédication ecclésiastique est conservée car elle a été transmise par les apôtres suivant l’ordre de la succession et elle subsiste jusqu’à présent dans les Eglises. Ainsi la seule vérité qu’il faut croire est celle qui ne s’écarte en rien de la tradition ecclésiastique et apostolique. » (Des principes, livre I, préface, 2)

« Nous devons tenir pour hérétique, quand même il ferait d’ailleurs profession de croire à Jésus-Christ, quiconque pense autre chose sur les vérités de la foi chrétienne que ce qui est défini par la tradition de l’Eglise. » (Commentaire sur l’Epître à Timothée, III, cité par Eusèbe de Césarée, Apologie d’Origène)

« L’Eglise a appris des apôtres par tradition à donner le baptême même aux enfants. » (Commentaire sur l’Épître aux Romains, V, 9)

Saint Cyprien (vers 200-254):

« Ici, loin de moi la vaine gloire et la jactance ! Je ne parle qu’à regret, parce que vous vous constituez le juge de Dieu et de son Christ, qui a dit aux apôtres, et dans leurs personnes, aux successeurs des apôtres : Celui qui vous écoute, m’écoute ; et celui qui m’écoute, écoute celui qui m’a envoyé ; celui qui vous rejette, au contraire, me rejette moi-même, et rejette avec moi celui qui m’a envoyé. » (Lettre 66 à Florentius)

« Comme la divinité de l’Esprit-Saint est égale à celle du Christ, ainsi en est-il de l’autorité des institutions qui ont pour auteur l’un ou l’autre ; et ce que les apôtres ont enseigné sous sa dictée n’a pas moins de valeur que ce que le Christ lui-même a enseigné et ordonné de faire en mémoire de lui. Chaque chose ici conserve sa dignité entière et pour toutes le droit est le même : il n’est permis ni d’y ajouter ni d’en retrancher, ni d’y rien corriger ou changer. » (Sermon sur le lavement des pieds; ce sermon ne paraît pas être de saint Cyprien. – V. NAT. ALEX, Hist. eccl. III sæc.)

Plus tard, saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone et par conséquent, au fait de l’héritage des anciens évêques d’Afrique du Nord, et donc de saint Cyprien, évêque de Carthage, déclara: « La recommandation que nous fait saint Cyprien, de recourir à la source, qui est la tradition apostolique, et de s’attacher à en suivre le canal jusqu’à nos temps, est des plus utiles, et doit sans aucun doute être mise en pratique. » (Du baptême, contre les donatistes, V, 26)

Saint Athanase d’Alexandrie (vers 295-373) :

« il [Paul] dit immédiatement : ‘Et comme je vous ai livré les traditions, tenez-les fermement.’ … Mais … avec lui [le Diable] se trouvent tous les inventeurs d’hérésies illégales, qui certes font référence à l’Ecriture, mais ne tiennent pas les opinions que les saints ont transmis [la Tradition], et ils errent puisqu’ils les reçoivent de la tradition des hommes ; ceci parce qu’ ils ne les comprennent ni correctement ni leur puissance. C’est pourquoi Paul loue à juste titre les Corinthiens, parce que leurs opinions étaient en conformité avec ses traditions. » (Lettre festale II, Pâques 330)

« En outre considérons aussi le tradition sainte elle-même qui remontre à l’origine, enseignement et foi de l’Eglise catholique. Le Seigneur l’a donnée, les apôtres l’ont proclamée et les pères l’ont gardée. » (Lettre à Sérapion, I, 28)

« C’est en vain assurément, qu’ils s’agitent et prétendent avoir voulu les conciles [ndlr: il s’agit ici des conciles semi-ariens de Rimini et de Séleucie en 359] à cause de la foi. Plus que tout, en effet, l’Ecriture sainte est suffisante. Si sur ce sujet il est besoin d’un concile, il y a les textes des Pères. Car ce point n’a pas été négligé par les Pères réunis à Nicée: bien plus, ils ont si bien rédigé leurs écrits que ceux qui les lisent avec sincérité peuvent, grâce eux, être rappelés à la piété envers, le Christ, telle qu’elle est prêchée dans les saintes Ecritures. » (Sur les conciles, VI, 2)

Lire aussi: http://www.cin.org/users/jgallegos/athan_r.htm

Eusèbe de Césarée (vers 260-vers 339):

« Moïse avait gravé la loi sur des tables inanimées. Jésus-Christ a gravé dans les âmes, qui sont des tables vivantes, la loi de la nouvelle alliance ; et ses disciples, à l’exemple de leur maître, ont propagé sa doctrine de telle manière parmi les peuples, qu’en faisant connaître aux plus avancés ce qu’il y avait de plus parfait dans cette doctrine, ils ont su s’accommoder à la faiblesse des autres que les passions tenaient encore asservis et qui avaient besoin de ménagement, en ne leur proposant, soit de vive voix, soit par écrit, que ce qu’ils étaient capables d’admettre ou de comprendre. » (La préparation évangélique, VIII)

« Pendant qu’Ignace traversait l’Asie, bien qu’il fût observé de fort prés par les satellites préposés à sa garde, il n’en confirmait pas moins par ses simples entretiens et ses pieuses exhortations les églises des villes par lesquelles il passait ; et il avait soin avant tout de les avertir de se mettre en garde particulièrement contre les hérésies qui dès lors commençaient à s’élever. Puis il les exhortait à s’attacher fermement à la tradition des apôtres ; et en même temps qu’il déclarait cette tradition par son témoignage plein d’autorité, il jugea indispensable de la mettre par écrit pour la transmettre plus sûrement à la postérité. » (Histoire ecclésiastique, III, 36, 4)

Saint Basile le Grand (329-379):

« Parmi les dogmes conservés dans l’Eglise, certains nous viennent de l’enseignement écrit, et d’autres, nous les avons reçu de la tradition des Apôtres, transmis en secret [ou mystérieusement: ἐν μυστερίῳ] jusqu’à nous. Les uns et les autres ont une égale autorité pour nous former à la piété. Personne ne les contredirait, personne qui soit encore moyennement versé dans les questions ecclésiastiques. Car si nous voulions rejeter comme de peu d’importance tous les usages dont l’Ecriture ne dit rien, il nous faudrait condamner par une témérité inouïe des choses que l’Evangile nous déclare être nécessaires au salut, et même réduire à un vain nom la prédication même de la foi. Un de ces usages, pour commencer par le plus généralement pratiqué, c’est de marquer du signe de la croix ceux qui ont mis leur espérance en Jésus-Christ ; où le trouve-t-on enseigné par écrit ? Un autre, c’est de nous tourner vers l’Orient pour prier ; où avons-nous pris cela dans l’Ecriture ? Les paroles d’invocation dont nous nous servons en montrant le pain eucharistique et le calice de bénédiction, dans quels écrits des saints les trouvons-nous ? Car nous ne nous contenions pas de ce qui se trouve dans l’Apôtre ou dans les évangélistes ; mais nous y ajoutons, et avant et après beaucoup de formules, que nous ne savons que par tradition, et qui servent à relever l’importance du ministère. Nous consacrons l’eau du baptême, l’huile des onctions, la personne même du baptisé ; mais en vertu de quels écrits ? N’est-ce pas plutôt en vertu d’une tradition secrète ? Quelle écriture a jamais enseigné les onctions même que nous faisons (au baptême) ? En vertu de quelle autorité faisons-nous trois immersions ? Dans quel livre inspiré trouvons-nous les autres choses qui se pratiquent au baptême comme de renoncer à Satan et à ses anges ? N’est-ce pas plutôt dans une tradition secrète et mystérieuse que nous avons puisé cet usage ? N’est-ce pas dans les doctrines que nos pères ont conservées intactes au moyen du silence, qui les a protégées contre la curiosité et la malignité ? C’est que leur sagesse leur avait appris qu’enveloppées de secret, ces doctrines deviendraient plus vénérables. Car quelle convenance y aurait-il eu à mettre par écrit la doctrine relative à des mystères qu’il n’est permis de contempler qu’aux seuls initiés ! Eh ! que se proposait Moïse, lorsqu’il pourvut à ce que tout le monde ne pût voir ce qui se passait dans le sanctuaire, en établissant un parvis pour le peuple, et une autre partie du temple réservée aux seuls lévites ?… C’est avec la même sagesse que les apôtres et leurs successeurs les plus immédiats en instituant dès l’origine de l’Eglise certaines cérémonies, ont garanti au moyen du secret et du silence le respect dû aux mystères. Car ce n’est plus un mystère, que ce qui va se répéter de bouche en bouche parmi le peuple. C’est pour cette raison que certains dogmes nous ont été transmis sans écrit, de peur que trop répandus parmi le peuple, ils n’en devinssent pour lui un objet de mépris. Un dogme est autre chose qu’un édit. Les édits doivent être promulgués ; les dogmes au contraire ont besoin du mystère ou du silence. » (Sur le Saint Esprit, XXVII)

« Ce que Jésus-Christ a dit aux apôtres, Celui qui vous écoute m’écoute, etc., on doit le regarder comme une loi qui s’applique également à tous ceux qui dans la suite des temps auront autorité sur les autres. C’est ce qu’on peut prouver par un grand nombre de passages formels des saintes Ecritures, et par des raisons évidentes. » (Règle monastique, XXIII)

« Mais ne sépare pas l’Esprit Saint du Père et du Fils; laisse-toi impressionner par la tradition. C’est cela que le Seigneur a enseigné, que les Apôtres ont proclamé, que les Pères ont observé fidèlement, que les martyrs ont confirmé. contente-toi de parler comme ils te l’ont enseigné. (Homélie contre les Sabelliens, Arius et les Anoméens, VI)

Saint Grégoire de Nysse (vers 336-390):

« En effet, il suffit pour la démonstration de notre discours que la tradition soit venue des Pères jusqu’à nous, tel un héritage transmis par succession à partir des apôtres, en passant par les saints qui leur ont succédé. mais eux, qui transforment les doctrines en une telle nouveauté, ils auraient besoin d’être assisté d’une nombreuse cohortes d’arguments, s’ils voulaient attirer à eux, non seulement les individus volages et instables, mais aussi les personnes sérieuses qui suivent les raisonnements. mas aussi longtemps qu’ils n’énonceront qu’un discours sans cohérence et sans preuves, qui sera assez vain et stupide pour dévaloriser l’enseignement des évangélistes, des apôtres et de ceux qui ont brillé à leur suite dans les églises, au regard de ce bavardage exempt de démonstration. » (Contre Eunome, III, 2, 98-99)

Saint Epiphane de Salamine (vers 315-403):

« Des bornes nous ont été posées, les fondements de notre foi nous ont été assignés dans les traditions des apôtres, dans les saintes Ecritures, dans la doctrine qui nous a été enseignée de père en fils : la vérité de Dieu est comme une place toute entourée de bastions qui mettent ses remparts à l’abri de toute attaque. » (Panarion, 55)

« Mais pour toutes les paroles divines, point n’est besoin d’une allégorie pour en comprendre le sens; ce qu’il faut, c’est un examen et de l’intelligence, pour connaître la signification de chaque proposition. C’est une nécessité d’admettre la tradition. Car on ne peut pas tout recevoir de l’Ecriture divine. C’est pourquoi les Apôtres nous ont transmis leur doctrine, moitié par écrit, moitié par tradition, comme nous le fait connaître l’Apôtre lorsqu’il dit : Vous gardez les traditions et les règles que je vous ai données (I Cor., XI, 2), et plus loin : C’est ce que j’enseigné dans toutes les églises des saints (I Cor., XIV, 33) ; et encore : Si vous avez retenu (l’Evangile) comme je vous l’ai annoncé (I Cor., XV, 2). » (Panarion, 61, 4-5)

Saint Jean Chrysostome (vers 347-407):

« ‘C’est pourquoi , mes frères , demeurez fermes et conservez les traditions que vous avez apprises, soit par nos paroles, soit par notre lettre [ Thess. 2 :15 ]’. Passage qui prouve que tout l’enseignement n’était pas dans la correspondance par lettres ; que beaucoup de points étaient communiqués de vive voix et cet enseignement oral aussi est digne de foi. Par conséquent regardons la tradition de l’Eglise comme digne de foi. C’est une tradition, ne cherche pas plus loin. » (Commentaire de la IIème Épître aux Thessaloniciens, IV, 2)

Saint Jérôme de Stridon (347-420): 

Il fait parler ainsi Lucifer de Cagliari : « Ne savez-vous pas que l’usage des Eglises est d’imposer les mains à ceux qui sont baptisés, et d’invoquer en cet état sur eux le Saint-Esprit ? Si vous me demandez où cela est écrit, je vous répondrai : dans les Actes des apôtres. Quand même nous n’aurions pas l’autorité de l’Ecriture, l’accord de tout l’univers sur ce point tiendrait lieu de loi. Car il y a bien d’autres choses qui se pratiquent dans les Eglises par simple tradition, et qui ont toute l’autorité des lois écrites : comme de plonger trois fois dans les fonts du baptême, et au sortir des fonts de présenter aux nouveaux baptisés le lait et le miel mêlés ensemble, en signe de leur enfance spirituelle ; de ne jeûner ni se mettre à genoux le dimanche et tout le temps qui s’écoule de Pâques à la Pentecôte ; et tant d’autres choses non écrites qui n’en sont pas moins religieusement observées. « A quoi l’orthodoxe répond : » Je ne disconviens pas que ce ne soit la coutume des Eglises, que l’évêque aille donner le Saint-Esprit par l’imposition des mains à ceux qui, demeurant dans de petits endroits et loin de la ville épiscopale, ont été baptisés par des prêtres ou des diacres. Mais quel attentat est le vôtre de mettre au service de l’hérésie les lois de l’Eglise ! » (Dialogue contre les lucifériens, IV)

Saint Augustin d’Hippone (354-430) :

« Quant aux choses non écrites, que nous conservons par tradition, et qui sont pratiquées par toute la terre, on doit comprendre qu’elles nous ont été recommandées et prescrites soit par les apôtres eux-mêmes, soit par les conciles généraux dont l’autorité est si profitable à l’Eglise. C’est ainsi que la passion du Seigneur, sa résurrection, son ascension au ciel, la venue du Saint Esprit descendu du ciel sont célébrée par une solennité annuelle. Il en est de même de toute autre observance gardée par l’Église entière te en tout lieu où elle s’étend. » (Lettre 54 en réponse aux question de Janvier, I, 1, année 400)

« Pour appuyer votre doctrine de la réitération du baptême, cessez donc de nous opposer l’autorité de Cyprien; avec nous bien plutôt imitez son exemple et conservez l’unité. De son temps la question de la réitération du baptême, à peine soulevée, n’avait point encore été l’objet d’un examen sérieux, et cependant l’Eglise conservait la salutaire coutume de corriger, dans les schismatiques ou les hérétiques, ce qu’ils avaient de dépravé, et de ne pas réitérer ce qu’ils avaient reçu; de guérir les blessures qui leur avaient été faites, en respectant ce qui eu eux était parfaitement sain. Je regarde cette coutume comme venant directement des Apôtres; non pas en ce sens que nous la trouvions formellement signalée dans les écrits apostoliques ou dans les décrets des premiers conciles; pour appuyer ma conclusion, il me suffit de constater que cette coutume a été conservée par toute l’Eglise et que nous croyons avoir été et transmise et recommandée par les apôtres eux-mêmes. Or, Cyprien nous a déclaré que cette coutume salutaire commença à recevoir quelques corrections de la part d’Agrippinus, son prédécesseur. Mais, aidée par des recherches plus approfondies, et s’affirmant par l’organe d’un concile universel, après avoir surnagé au-dessus des flots de l’incertitude et du doute, la vérité se fit jour et déclara qu’Agrippinus avait commencé, non pas à la corriger, mais à la corrompre. En ce qui concerne la rémission des péchés et la régénération spirituelle de l’homme, se présentait donc l’importante question de savoir si des résultats aussi précieux pouvaient se produire dans les rangs des hérétiques ou des schismatiques. La solution devenait très-difficile, quand surtout on avait sous les yeux l’exemple d’Agrippinus et de quelques autres évêques qui avaient mieux aimé innover que de conserver les anciens usages dont ils ignoraient la raison d’être. Voilà ce qui nous explique pourquoi de vains sophismes s’élevèrent tout à coup, éblouirent les yeux et ne permirent plus à la vérité de se faire jour. » (Du baptême, contre les donatistes, II, 7, 12)

« En effet, s’il suffit d’avoir sur Dieu des idées erronées pour perdre le baptême; n’ai-je pas suffisamment prouvé que ces idées sont parfois embrassées par certains catholiques? Sans doute « les Apôtres n’ont rien statué sur ce point » ; mais cette coutume que l’on opposait à Cyprien, ne doit-on pas lui reconnaître une origine apostolique, et l’assimiler ainsi à une multitude d’autres pratiques traditionnelles que l’on fait remonter légitimement aux Apôtres, quoiqu’elles ne se trouvent consignées dans aucun de leurs ouvrages ? » (Du baptême, contre les donatistes, V, XXIII, 31)

« Il y a bien des choses qui ne se trouvent, ni dans les lettres des apôtres, ni dans les conciles tenus depuis, et que cependant, comme nous les voyons observées par toute l’Eglise, nous croyons certainement n’avoir pas d’autre origine. » (Du baptême, contre les donatistes, II, 7)

« Nous gardons, a-t-il dit, les traditions non écrites que nous trouvons observées par toute la terre, persuadés que des traditions de ce genre nous viennent, ou des apôtres eux-mêmes, ou des conciles pléniers, dont l’autorité dans l’Eglise est si grande et à la fois si salutaire. » (Du baptême, contre les donatistes, IV, 24)

« Il y a bien des choses que pratique l’Eglise entière, et que, pour cette raison, nous croyons à bon droit venir des apôtres, bien que nous ne les trouvions écrites nulle part. » (Du baptême, contre les donatistes, V, 23)

« La recommandation que nous fait saint Cyprien, de recourir à la source, qui est la tradition apostolique, et de s’attacher à en suivre le canal jusqu’à nos temps, est des plus utiles, et doit sans aucun doute être mise en pratique. » (Du baptême, contre les donatistes, V, 26)

« La coutume qu’a l’Eglise notre sainte mère de baptiser les enfants ne doit être ni méprisée, ni regardée comme superflue, ni attribuée à une autre source qu’à la tradition apostolique. » (Commentaire de la Genèse au sens littéral, X, 23)

« Si quelqu’un nous demande de produire quelque autorité divine à l’appui (de notre usage de baptiser les enfants), quoiqu’il n’y ait rien de plus sage que de considérer comme venant d’autorité apostolique ce que l’on trouve pratiqué de tout temps par toute l’Eglise sans avoir jamais été établi par aucun concile ; nous répondrons encore, que l’utilité du baptême conféré aux enfants peut s’inférer très-légitimement de l’usage de circoncire les enfants prescrit à l’ancien peuple. » (Du baptême, contre les donatistes, IV, 24)

Saint Vincent de Lérins écrit en 434:

« Quelqu’un demandera peut-être ici : « Puisque le Canon des Écritures est parfait et qu’il se suffit amplement et surabondamment pour tous les cas, quel besoin y a-t-il d’y joindre l’autorité de l’interprétation de l’Église ? » C’est évidemment que l’Écriture sacrée, en raison simplement de sa profondeur, tous ne l’entendent pas dans un seul et même sens : les mêmes énoncés sont interprétés par l’un d’une façon, par l’autre d’une autre, si bien qu’on a un peu l’impression qu’autant il y a de commentateurs, autant il est possible de découvrir d’opinions. Novatien l’explique d’une façon, Sabellius d’une autre façon ; Donat d’une autre encore ; Arius, Eunomius, Macédonius ont leur opinion ; Photin, Apollinaire, Priscillien ont la leur ; la leur encore Jovinien, Pélage, Célestius ; la sienne enfin Nestorius. » (Commonitorium, II, 2-3)

Saint Léon le Grand (390-461): 

« On ne doit pas douter que toute coutume pieuse toujours conservée dans l’Eglise ne vienne de la tradition apostolique et de l’enseignement de l’Esprit-Saint. » (Sermon II sur le jeûne de la Pentecôte)

Saint Jean Damascène (vers 676-749):

« Ce n’est pas seulement par écrit que les témoins oculaires et serviteurs du Verbe ont transmis la loi de l’Eglise, mais aussi par certaines traditions non écrites. » (Discours sur les images, II, 16)

« L’honneur rendu à l’image revient à son modèle. Or, cette tradition est du nombre de celles qui ne se trouvent point exprimées dans les Ecritures, comme il en est aussi de l’usage de se tourner du côté de l’Orient pour prier, de celui d’adorer la croix, et de plusieurs autres semblables. » (De la foi orthodoxe, IV, 47)

Le même, dans trois de ses discours sur les images, rapporte les témoignages de plusieurs anciens Pères en faveur du culte des images, tels que ceux de saint Denis l’Aréopagite, de saint Basile, de saint Chrysostome, de Léonce, de Sévérien, de saint Sophrone, de saint Ambroise, de saint Grégoire de Nysse, de Théodoret, de saint Athanase, de saint Cyrille, de saint Grégoire de Nazianze, d’Eusèbe de Césarée, d’Etienne de Bostra, de saint Cyrille de Jérusalem et de plusieurs autres.

Le IIème concile de Nicée (787):

Lors de la IIIème session, on lut la profession synodique de Théodore, patriarche de Jérusalem : « Nous recevons avec soumission et respect les traditions apostoliques conservées dans l’Eglise, et qui prescrivent la vénération et le culte des saints. Nous honorons ceux-ci comme les ministres, les amis et les enfants de Dieu. Car l’honneur rendu par des serviteurs de Dieu à d’autres fidèles serviteurs de Dieu, ne prouve que la communauté de leurs sentiments envers leur commun maître. Les saints, en effet, sont la demeure vivante de Dieu, ses temples sacrés, des miroirs sans tache de l’Esprit-Saint. Leurs âmes sont entre les mains de Dieu, comme le témoignent nos livres sacrés (Sag., III, 1). Et puisque Dieu est vie et lumière les saints, qui sont entre les mains de Dieu, sont par là-même au sein de la vie et de la lumière. Aussi est-ce une chose précieuse aux yeux du Seigneur, que la mort de ses saints (Ps. CXV, 14). Ils sont vivants devant Dieu, et paraissent avec confiance en sa présence. Notre-Seigneur Jésus-Christ nous offre les reliques des saints, comme autant de fontaines salutaires où les malades recouvrent la santé et d’où s’exhale un parfum délicieux qui met les démons en fuite : et, comme le dit le grand maître Athanase, les ossements des martyrs chassent les maladies, réparent les forces épuisés, rendent la vue aux aveugles, purifient les lépreux, dissipent les tentations et les chagrins ; et cela par Jésus-Christ, qui les pénètre de sa vertu. C’est ce qui a fait dire avec raison au Psalmiste : Dieu est admirable dans ses saints (Ps. LXVII, 36) ; et encore (Ps. XV, 3) : Il a fait paraître d’une manière admirable toutes ses (Le texte sacré porterait plutôt toutes mes volontés ; mais j’ai cru devoir rapporter exactement cette citation du psaume XV, telle qu’elle se trouve dans la lettre même de Théodore de Jérusalem (LABBE, Conc., VII, col. 183-184) volontés à l’égard des saints qui sont dans sa terre de prédilection. »

Lors de la VIIème session, la concile déclara: « Si quelqu’un ne se met point en peine de la tradition de l’Eglise, n’importe qu’elle soit écrit ou qu’elle soit appuyée sur la seule coutume, qu’il soit anathème. » Un peu plus haut, le concile avait dit : « Nous convenons unanimement de retenir les traditions ecclésiastiques, soit qu’elles aient été mises par écrit, soit qu’elles reposent sur la coutume : et de ce nombre est la pratique des images. » Le concile ajoute plus bas : « Ceux donc qui oseront penser ou enseigner autrement, ou fouler aux pieds les traditions ecclésiastiques à l’exemple des hérétiques impies, ou les combattre méchamment par des moyens que réprouve la constitution ecclésiastique : s’ils sont évêques ou clercs, qu’ils soient déposés ; s’ils sont moines ou laïques, qu’ils soient privés de la communion. Nous croyons tous ainsi, nous avons tous le même sentiment, nous avons tous souscrit en témoignage de notre approbation. Cette foi est celle des apôtres, celle des Pères, celle de tous les orthodoxes, celle de l’univers entier. Comme nous croyons en un seul Dieu subsistant en trois personnes, ainsi vénérons-nous les images. » Après que tous les Pères eurent souscrit, le concile s’écria : « Nous croyons tous ainsi, nous avons tous le même sentiment, nous avons tous souscrit en témoignage de notre approbation. Cette foi est celle des apôtres, celle des Pères, celle de tous les orthodoxes, celle de l’univers entier. Comme nous croyons en un seul Dieu subsistant en trois personnes, ainsi vénérons-nous les images. »

« Que l’usage de vénérer les images nous ait été transmis par tradition avec beaucoup d’autres sans le secours de l’Ecriture, c’est ce que nous atteste l’histoire à partir du temps des apôtres, particulièrement dans ce qu’elle nous dit de la statue de l’hémorroïsse, fait que nous pourrions confirmer par le témoignage de plusieurs écrivains. . . De plus, Saint Basile le Grand, etc. » (Session VII, tom. IV)

«Nous déclarons d’une voix unanime que les traditions ecclésiastiques, soit consignées dans les écrits, soit attestées seulement par la coutume, doivent être maintenues fidèlement ; et de ce nombre est la vénération des images, qui est en rapport parfait avec l’histoire évangélique, comme très-propre à nous affermir dans la foi de l’incarnation véritable et non fantastique du Verbe divin, et à nous procurer d’autres semblables avantages. » (Session VII)

Le IVème concile de Constantinople (870):

« Nous faisons profession d’observer et de garder les règles que l’Eglise catholique et apostolique a reçues, soit des saints et illustres apôtres, soit des conciles orthodoxes tant généraux que particuliers, soit de quelque père ou docteur de l’Eglise ; réglant là-dessus notre vie et nos mœurs, et déclarant canoniquement soumis, tant aux peines et aux condamnations qu’aux dispositions favorables établies par ces règles et tout le corps sacerdotal, et en général tous les chrétiens. Car saint Paul nous avertit formellement de garder les traditions que nous avons reçues, soit de vive voix, soit par écrit de nos saints prédécesseurs. » (Canon 1)

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3 commentaires sur “Les Pères de l’Eglise sur la Tradition

  1. Béréenne attitude
    6 février 2017

    La tradition des apotres (orale et écrite) transmet les Paroles de Jésus.
    Le but est de conserver minutieusement les Paroles de Jésus. Irénée en parle en long et en large: garder scrupuleusement la tradition des apotres. Qu’elle soit écrite ou orale, c’est la tradition des apotres qui est a conserver et qui rapporte les Paroles et les actes de Jésus. Et premièrement qui explique qui est Jésus.
    Il n’y a qu’un seul contenu à la Tradition: les paroles de Jésus.

    Saint Justin Martyr (vers 100 – 165)

    – C’est la bouche du Seigneur qui a parlé (ls l, 16-20).
    – Voici la doctrine que les apôtres nous ont transmise sur ce sujet. »

    (Première apologie, 61)

    Saint Irénée de Lyon (vers 125-vers 202), disciple de saint Polycarpe de Smyrne (vers 69-155), lui-même disciple de l’apôtre saint Jean:

    – le contenu de la Tradition est un et identique.

    (Contre les hérésies, I, 10, 2)

    – nous en appelons à la Tradition qui vient des apôtres (…)
    – [Les hérétiques disent faussement que] les apôtres ont mêlé des prescriptions de la Loi aux paroles du Sauveur ; et non seulement les apôtres, mais le Seigneur lui-même a prononcé des paroles

    (Contre les hérésies, III, 3, 1)

    – Ainsi donc, la Tradition des apôtres (…) Car ils voulaient que fussent absolument parfaits et en tout point irréprochables ceux qu’ils laissaient pour successeurs et à qui ils transmettaient leur propre mission d’enseignement : si ces hommes s’acquittaient correctement de leur charge, ce serait un grand profit, tandis que, s’ils venaient à faillir, ce serait le pire malheur. »

    (Contre les hérésies, III, 3, 2)

    • Ressources Catholiques
      12 février 2017

      Ce que vous dites est vrai à une exception: il ne s’agit pas seulement des paroles de Jésus, mais aussi de celles inspirées et infaillibles des apôtres qui avaient charisme de prophétie.

  2. SDG
    9 février 2017

    Merci.

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