+†+Yesus Kristus azu+†+

« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

La confession à un prêtre date-t-elle de 1215 ?

Voir aussi, la réfutation de toutes erreurs doctrinales des protestants et apparentés: ici

confessionNous allons à présent réfuter l’argument protestant selon lequel la confession auprès d’un prêtre aurait été inventé par l’Église en 1215 au IVème concile du Latran… Voici pour commencer un exposé de la réelle doctrine catholique sur la confession (qui est souvent déformée par les protestants) : lien 1lien 2lien 3, et lien 4lien 5.

Jésus-Christ a confié à ses Apôtres (et par là aux évêques leurs successeurs en dessous du pape leur chef) le pouvoir de remettre ou de retenir les péchés (Jean XX, 22-23), l’Église a donc le pouvoir d’organiser les modalités de cette rémission des péchés: au départ la confession des péchés aux évêques et aux prêtres qui sont leurs représentants se faisait le plus souvent en public, peu à peu, la confession s’est de plus en plus faite en privée (auriculaire) et le IVème concile du Latran n’a fait qu’entériner cette pratique ; mais cela n’a aucune espèce d’importance: les modalités de la confession ont déjà changé et pourraient changer encore mais ce qui reste constant, conformément à ce que le Christ a institué, c’est que c’est l’Église qui a les clés pour remettre les péchés et qui l’organise comme elle veut, en public ou de façon auriculaire, c’est toujours le même pardon accordé par les mêmes ministres (évêques et prêtres) en obéissance avec la même Église en vertu du pouvoir qui lui a été confié par le même Dieu.

 Et voilà une démonstration biblique de la confession, puis une chronologie qui devrait largement suffire à démontrer que la confession auriculaire est antique (christique en fait) et n’est nullement une invention de l’Eglise :

Étude biblique de frère Peter, USA:

Dans l’Ancien Testament:

 Dans l’Ancien Testament, on devait aller voir le prêtre pour être pardonné

Si quelqu’un commettait un péché dans l’Ancien Testament, il ne pouvait pas simplement l’avouer au fils de Dieu et en finir avec la question. Non, il devait se rendre auprès du prêtre. C’est enseigné dans le livre du Lévitique, l’un des premiers livres de l’Ancien Testament. Voici un bon exemple :

Lévitique 5:1-10 : « Lorsque quelqu’un… péchera … Celui donc qui se rendra coupable de l’une de ces choses, fera l’aveu de son péché. Puis il offrira en sacrifice de culpabilité à l’Eternel, pour le péché qu’il a commis… Il les apportera au sacrificateur, qui sacrifiera d’abord celui qui doit servir de victime expiatoire… C’est ainsi que le sacrificateur fera pour cet homme l’expiation du péché qu’il a commis, et il lui sera pardonné. »

Dans ce passage, on voit que le rôle du sacrificateur (le prêtre) était indispensable pour le pardon des péchés. C’est enseigné dans le Livre du Lévitique et les autres livres fondateurs de l’Ancien Testament. Voici un autre exemple :

Lévitique 19:21-22 : « L’homme amènera pour sa faute à l’Eternel, à l’entrée de la tente d’assignation, un bélier en sacrifice de culpabilité. Le sacrificateur fera pour lui l’expiation devant l’Eternel, pour le péché qu’il a commis, avec le bélier offert en sacrifice de culpabilité, et le péché qu’il a commis lui sera pardonné. »

On devait se rendre auprès du prêtre pour devenir pur

 Non seulement on a besoin de se rendre auprès du prêtre pour être pardonné de ses péchés (comme le montrent clairement ces passages ainsi que d’autres), mais aussi pour devenir pur. Dans l’Ancien Testament, les gens devenaient impurs après avoir fait certaines choses que Dieu avait dit qu’elles rendaient impur. Pour redevenir pur, le prêtre devait être impliqué. Jésus y fait référence dans Luc 5: 13-14:

Luc 5:13-14 : « Jésus étendit la main, le toucha, et dit : Je le veux, sois pur. Aussitôt la lèpre le quitta. Puis il lui ordonna de n’en parler à personne. Mais, dit-il, va te montrer au sacrificateur, et offre pour ta purification ce que Moïse a prescrit, afin que cela leur serve de témoignage.»

Lévitique 12:6-8 : « Lorsque les jours de sa purification seront accomplis … Si elle n’a pas de quoi se procurer un agneau, elle prendra deux tourterelles ou deux jeunes pigeons … Le sacrificateur fera pour elle l’expiation, et elle sera pure. »

Lévitique 13:27 : « Le sacrificateur l’examinera le septième jour. Si la tâche s’est étendue sur la peau, le sacrificateur le déclarera impur : c’est une plaie de lèpre. »

Lévitique 14:11, 19-20 : « Le sacrificateur qui fait la purification présentera l’homme qui se purifie … Puis le sacrificateur offrira le sacrifice d’expiation; et il fera l’expiation pour celui qui se purifie de sa souillure… Le sacrificateur offrira sur l’autel l’holocauste et l’offrande; et il fera pour cet homme l’expiation, et il sera pur»

Nombres 6:11, on voit que si un homme devient souillé par une certaine action, « le sacrificateur sacrifiera l’un comme victime expiatoire, et l’autre comme holocauste, et il fera pour lui l’expiation de son péché… »

Dieu avait des prêtres ; Dieu avait un sacerdoce; Dieu réconciliait les gens à travers des prêtres

Or, certains pourraient dire : «Ça c’était dans l’Ancien Testament. Qu’en est-il du Nouveau Testament, après que Jésus soit venu ? » Nous verrons que le Nouveau Testament enseigne la confession à un prêtre. Mais ces points de l’Ancien Testament sont importants à considérer, tout d’abord parce qu’ils démontrent comment Dieu œuvre et œuvrait dans l’histoire du salut. Dieu avait des prêtres ; Dieu a installé un sacerdoce ; Dieu pardonne et réconcilie les gens à travers des prêtres. Les gens devaient se rendre auprès des prêtres pour être pardonnés.

Dans Nombres 3, on voit une référence à une lignée distincte de prêtres qui, seuls, devaient gérer ce ministère particulier.

Nombres 3:10- « Mais c’est Aaron et ses fils que tu établiras responsables de leur fonction de prêtres… »

Nombres 3:3 dit aussi que les mains des prêtres étaient consacrés, mais ce fut retiré de la Bible protestante.

Nombres 25:11-13- « Phinées, fils d’Eléazar … C’est pourquoi … Cette alliance, conclue avec lui et avec sa descendance après lui, lui assure pour toujours la fonction de prêtre, parce qu’il a été zélé pour son Dieu… »

Dans Deutéronome 17:9 et 24:8, on lit au sujet de la nécessité de suivre les instructions des prêtres. Dans Deutéronome 26:1-5, on lit au sujet d’offrir aux prêtres les premières récoltes.

Nombres 5 sur la nécessité de confesser les Péchés

Dans Nombres 5:6-7, on voit que les gens doivent confesser des péchés.

Nombres 5:6-7- « Lorsqu’un homme ou une femme péchera contre son prochain en commettant une infidélité envers l’Eternel et qu’il se rendra ainsi coupable, il confessera son péché… »

Le reste du chapitre contient les instructions qui impliquent les prêtres en chaque occasion. Par exemple :

Nombres 5:14-16 – « Supposons que le mari soit saisi d’un esprit de jalousie et soupçonne sa femme, qu’elle se soit effectivement rendue impure ou non. Le mari amènera sa femme au prêtre et apportera en offrande pour elle … Le prêtre fera approcher la femme et la fera se tenir debout devant l’Eternel. »

Ainsi, au chapitre 5 de Nombres, on voit un exemple évident de confession, en plus de l’intercession des prêtres. Au chapitre suivant, Nombres 6:11, on voit que si un homme devient souillé par une certaine action, « Le prêtre sacrifiera l’un en sacrifice d’expiation et l’autre comme holocauste, et il fera pour lui l’expiation du péché commis… »

Les péchés sont pardonnés à travers le prêtre

Dans Nombres 15, on voit de nouveau que les péchés sont pardonnés à travers le prêtre.

Nombres 15:22-25 : « Si vous péchez involontairement, en n’observant pas tous ces commandements que l’Eternel a fait connaître à Moïse… toute l’assemblée offrira un jeune taureau en holocauste… Le sacrificateur fera l’expiation pour toute l’assemblée des enfants d’Israël, et il leur sera pardonné… ». C’est répété dans Nombres 15:28 !

L’Exode et le Lévitique enseigne que les prêtres doivent porter des vêtements spéciaux: des vêtements sacerdotaux

Dans Exode 28:1-3 on lit au sujet de la fonction des prêtres, et que les prêtres portent des vêtements spéciaux.

Exode 28:1-3- « Fais approcher de toi ton frère Aaron et ses fils … qu’ils me servent en tant que prêtres … Tu feras à ton frère Aaron des vêtements sacrés … ils feront les vêtements qu’Aaron portera lorsqu’il sera consacré et lorsqu’il remplira la fonction de prêtre pour moi. »

On lit la même chose dans Lévitique 16:32.

Lévitique 16:32- « Celui qui fera l’expiation, c’est le prêtre désigné par onction … il mettra des vêtements de lin, des vêtements sacrés. »

Lévitique enseigne qu’il y a certaines fêtes spéciales : des fêtes d’obligation

Dans Lévitique 23:4, on lit à propos des jours de fêtes spéciales, ou jours de fête de précepte, qui devaient être observés.

Lévitique 23:4 – « Voici les fêtes de l’Eternel, les saintes assemblées que vous proclamerez à la date fixée pour elles. »

Il n’y a aucun doute que Dieu ait établi un sacerdoce. Dieu l’a créé pour que les hommes soient réconciliés, pardonnés et rendus purs par le ministère des prêtres. Voilà comment Dieu œuvrait dans l’Ancienne Loi. Qu’en est-il dans la Nouvelle ?

Dans le Nouveau Testament:

Jésus n’est pas venu pour abolir la loi, mais pour accomplir – Il a institué un sacerdoce

Matthieu 5:17-18- « [Jésus dit :] Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir. En effet, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre n’auront pas disparu, pas une seule lettre ni un seul trait de lettre ne disparaîtra de la loi avant que tout ne soit arrivé. »

Jésus n’est pas venu pour abolir la loi ou les prophètes, mais pour accomplir. Il ne fait aucun doute que la Nouvelle Loi surpasse l’Ancienne. Elle la surpasse tellement qu’elle la rend obsolète. Jésus a accompli toutes les figures et prophéties de l’Ancienne Loi. Il a fait une alliance nouvelle et encore plus parfaite, rendant ainsi nulle l’Ancienne Loi (Hébr. 8:13)

Mais la Nouvelle Loi a des similitudes avec l’Ancienne Loi, étant son accomplissement. Par exemple, dans l’Ancien Testament, il y avait 12 tribus avec 12 chefs tribaux et Moïse avait 70 anciens ; de la même façon, dans le Nouveau Testament, Jésus avait 12 apôtres et 70 autres disciples, comme on le voit dans Luc 10. Un autre exemple serait la façon dont Jésus hérite du trône de David, comme on le lit dans Luc 1:32 et Actes 2:30.

Luc 1:32 – « Il sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son ancêtre. »

Jésus et Son royaume spirituel (Son Eglise) accomplissent ce qui fut préfiguré dans le royaume terrestre de la monarchie davidique.

Un autre exemple de la façon dont la Nouvelle Loi correspond à l’Ancienne Loi, serait que dans l’Ancien Testament un père transmettait ses bénédictions à son fils par l’imposition des mains. Dans Deutéronome 34:9, on voit que l’autorité spirituelle est transmise de Moïse à Josué par l’imposition des mains. De même, dans le Nouveau Testament, les prêtres sont ordonnés par l’imposition des mains, comme on le lit dans 2 Timothée 1:6.

Donc, le point est que tandis que le Royaume de Jésus et la Nouvelle Loi surpassent et annulent l’Ancienne, la Nouvelle Loi accomplit néanmoins, perfectionne et fait correspondre l’Ancienne en de multiples manières. (Il convient de noter que le pardon des péchés ou la justification dans l’Ancien Testament, était un recouvrement inférieur des péchés, qui détournait la colère de Dieu, mais ne remettait pas complètement les péchés. La rémission complète des péchés ne pouvait pas arriver avant la venue de Jésus-Christ et de la Nouvelle Loi. Voir Hébreux 10:4).

Voilà pourquoi, comme il est certain qu’il y avait un sacerdoce dans l’Ancien Testament, il y a un sacerdoce dans le Nouveau Testament. Les Apôtres ont été faits prêtres et évêques par Jésus-Christ.

Jésus donne aux Apôtres le pouvoir de pardonner les péchés

imageJésus donne aux prêtres le pouvoir de pardonner les péchés. On le lit clairement dans Jean chapitre 20.

Jean 20:21-23 : « Jésus leur dit de nouveau : La paix soit avec vous ! Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. Après ces paroles, il souffla sur eux, et leur dit : RECEVEZ LE SAINT-ESPRIT. CEUX A QUI VOUS PARDONNEREZ LES PECHES, ILS LEUR SERONT PARDONNES ; ET CEUX A QUI VOUS LES RETIENDREZ, ILS LEUR SERONT RETENUS. »

Jésus dit que ceux à qui vous pardonnerez les péchés – ils leur seront pardonnés, et ceux à qui vous les retiendrez (ne pardonnerez pas), ils ne leur seront pas pardonnés. Rien ne pourrait être plus clair. Les apôtres pouvaient seulement déterminer les péchés à pardonner des péchés à retenir s’ils entendaient une confession de péchés. Ce passage prouve que Jésus a institué la confession aux prêtres. Jean 20:21 : « Jésus leur dit de nouveau : La paix soit avec vous ! Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. »

En tant que Fils de l’homme, Jésus avait le pouvoir sur terre de pardonner les péchés et Il peut transférer et transfert ce pouvoir aux autres

Même si le sens de Jean 20:23 est évident, il y a un autre point devant être noté à cet égard. Dans Mathieu 9:6-8, on lit :

« Afin que vous sachiez que le Fils de l’homme a sur la terre le pouvoir de pardonner les péchés, lève-toi – dit-il [Jésus] alors au paralysé –, prends ta civière et retourne chez toi … Quand la foule vit cela, elle fut émerveillée et célébra la gloire de Dieu, qui a donné un tel pouvoir aux hommes. »

Jésus était à la fois Dieu et homme, mais notez que ce passage souligne qu’il avait l’autorité de pardonner les péchés en tant que Fils de l’homme. Puisque Jésus avait le pouvoir de pardonner les péchés en tant que Fils de l’homme – comme c’est aussi précisé dans Matthieu 28-18, quand Il dit que tout pouvoir Lui a été donné dans le ciel et sur la terre – il peut dès lors transférer ce pouvoir à d’autres. Regardez à nouveau Jean 20:21 :

Jean 20:21- « Jésus leur dit de nouveau: Que la paix soit avec vous! Tout comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. »

Tout comme Jésus avait été envoyé en tant que Fils de l’homme avec le pouvoir sur terre de pardonner les péchés, Il a envoyé Ses apôtres pour distribuer son pardon aux autres.

Saint Paul dit que le prêtre réconcilie les hommes à Dieu à la place du Christ

Voilà pourquoi St Paul dit ça, lui qui a été fait prêtre et évêque dans l’Église :

2 Corinthiens 5:18-20 : « Et tout cela vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par Christ, et qui nous a donné le ministère de la réconciliation… Nous faisons donc les fonctions d’ambassadeurs pour Christ, comme si Dieu exhortait par nous; nous vous en supplions au nom de Christ : Soyez réconciliés avec Dieu ! »

Ce passage montre clairement que Jésus a envoyé ses apôtres pour être les ministres de Sa réconciliation et de Son pardon. Voilà pourquoi l’Église a enseigné que les prêtres, en entendant les confessions, se tiennent à la place du Christ. Ils ne sont pas un obstacle au Christ, mais une avenue, un conduit de Sa réconciliation, tout comme le dit St Paul:nous vous en supplions au nom de Christ : Soyez réconciliés avec Dieu !’

C’est la raison pour laquelle Jésus donne aux apôtres le pouvoir de pardonner et de conserver les péchés dans Jean 20:23, tout de suite après les avoir envoyé dans Jean 20:21 (comme Son père l’a envoyé)… Par ailleurs, dans les Actes des Apôtres, on lit que des gens sont venus et ont confessé leurs actions.

Actes 19:17-18 : « Cela fut connu de tous les Juifs et de tous les Grecs qui demeuraient à Ephèse, et la crainte s’empara d’eux tous, et le nom du Seigneur Jésus était glorifié. Plusieurs de ceux qui avaient cru venaient confesser et déclarer ce qu’ils avaient fait»… Tout ça démontre, sans aucun doute, que Jésus a institué la confession aux prêtres.

Jésus donne aux Apôtres le pouvoir de lier et de délier les péchés

Confirmant une fois de plus que la Bible enseigne la confession auprès d’un prêtre, on voit que les apôtres ont reçu le pouvoir de lier et de délier dans Matthieu 18:18.

Matthieu 18:18 : « Je vous le dis en vérité, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. »

Ça s’applique à la rémission des péchés, et au fait que Jésus a dispensé Son autorité à des évêques et prêtres valides dans Sa seule véritable Eglise. L’autorité qui est exercée par les prêtres et les évêques doit être utilisée sous l’unique autorité des Clefs, qui ne furent données qu’à St Pierre dans Matthieu 16:18-19.

Si nous confessons nos Péchés, Il est Fidèle et Juste pour nous pardonner nos péchés

1 Jean 1:9 :« Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité.» Notez que le passage dit ‘si’ nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner. Il ne dit pas qu’Il pardonnera nos péchés qu’on les confesse ou pas, ou tant qu’on croit.

La confession chez les premiers chrétiens:

La Didachè (entre 50 et 95): « Dans l’assemblée, tu confesseras tes manquements, et tu n’iras pas à ta prière avec une conscienceimage (2) mauvaise. Telle est la voie de la vie. » (Didachè, IV, 10)

« Réunissez-vous le jour dominical du Seigneur, rompez le pain et rendez grâces après avoir, d’abord, confessé vos péchés, afin que votre sacrifice soit pur. » (Didachè, XIV, 1)

Cela renvoie à la pratique de l’Eglise primitive de faire sa confession en public. En effet, cela ne peut renvoyer qu’à la pratique catholique de la confession, car aucun des groupes protestants refusant la confession ne peut se prévaloir de ce témoignage étant donné qu’aucun d’entre eux ne pratique la confession extérieure des péchés, que ce soit au pasteur ou à l’assemblée des fidèles. Le lecteur catholique aura également reconnu dans ces lignes l’exigence de se trouver « en état de grâce » pour pouvoir communier: la messe étant le renouvellement non sanglant du sacrifice du Christ, la deuxième citation qui demande à ce que le « sacrifice soit pur » est particulièrement explicite à ce sujet; la première citation quant à elle, évoque la même chose de manière plus imagée en disant de ne pas « aller à la prière avec une conscience mauvaise », il s’agit de la messe, l’idée est la même.

La Lettre de Barnabé (entre 95 et 100): « Tu ne feras pas de schisme ; mais tu procureras la paix en réconciliant les adversaires. Tu feras l’exomologèse de tes péchés. Tu n’iras pas à la prière avec une conscience mauvaise. Tel est le chemin de la lumière. » (Lettre de Barnabé, XIX, 12)

Nous pouvons faire la même remarque que pour le Didachè, lorsque celle-ci parlait de ne pas « aller à la prière avec une conscience mauvaise », puisque cette lettre reprend les mêmes mots. Il faut encore souligner le mot « exomologèse » qui dans l’antique chrétienté signifiait la confession sacramentelle. Ce mot est trouvable dans la forme grecque originelle du texte.

Saint Clément de Rome (mort vers 98): « Vous donc qui êtes à l’origine des dissensions, soumettez-vous aux presbytres, laissez-vous corriger afin de vous repentir et de ployer les genoux de votre coeur. » (Lettre aux Corinthiens, 57, 1).

Saint Irénée de Lyon (vers 125-vers 202), disciple de saint Polycarpe de Smyrne (vers 69-155), lui-même disciple de l’Apôtre saint Jean: « Marquées au fer rouge dans leur conscience, certaines d’entre elles font, même publiquement, pénitence. Mais d’autres, qui répugnent à un tel geste, se retirent en silence, désespérant de la vie de Dieu : tandis que les unes ont totalement apostasie, les autres restent en suspens, n’étant, selon le proverbe, ni au dehors ni au-dedans… » (Contre les hérésies, I, 22)

Saint Ignace d’Antioche (vers 35-vers 110), disciple de l’Apôtre saint Jean : « J‘ai donc fait tout ce qui est en moi, comme un homme fait pour l’union. Là où il y a division et colère, Dieu n’habite pas. Mais à tous ceux qui se repentent, le Seigneur pardonne, si ce repentir les amène à l’unité avec Dieu, et au sénat de l’évêque. J’ai foi en la grâce de Jésus-Christ qui vous délivrera de tout lien. » (Lettre aux Philadelphiens, VIII, 1)

A quoi servirait « le sénat de l’évêque » si on se confessait juste à Dieu mentalement ? Les Apôtres ont reçu le pouvoir de remettre les péchés (Jean XX, 22-23), ils ont transmis ce pouvoir aux évêques leurs successeurs, qui eux même transmettent le sacerdoce (non dans sa plénitude) aux prêtres, qui, selon le discipline de l’Eglise, doivent, sauf certaines exceptions, avoir l’autorisation de l’évêque pour recevoir en confession.

Tertullien (vers 150-vers 230) poussé par son caractère sévère aux excès de rigidité des montanistes, reprochait aux prêtres d’accorder la paix et l’absolution aux adultères, et de justifier cet excès d’indulgence par la parabole du bon pasteur, représentée en peinture sur les calices. En effet, Tertullien a malheureusement adhéré à l’hérésie montaniste, il blâma alors l’évêque catholique qui disait: « je remets les péchés d’adultères et de fornications à ceux qui en font pénitence. » (De la pudicité, I)

Il dit encore: « Et pourtant, je présume que la plupart se dérobent à ce devoir [concernant la confession] ou le diffèrent de jour en jour, parce qu’ils redoutent de s’afficher en public. Ils ont plus de souci de la honte que de leur salut; comme ces gens qui, ayant contracté quelque maladie aux parties les plus secrètes de leurs corps, cachent leur état aux médecins et meurent ainsi avec leur pudeur. » (De la pénitence, X, 1)

Tertullien parle de honte et de pudeur ; pour quels motifs devrait-on avoir honte ou être pudique si on se confessait juste mentalement à Dieu ? C’est en s’adressant à un humain qu’on ressent ces choses-là…

Saint Hippolyte de Rome (vers 170-235): « Père qui connaissez les cœurs de tous, accordez à votre serviteur que vous avez choisi pour l’épiscopat afin de nourrir votre troupeau saint et servir comme votre souverain sacrificateur, afin qu’il soit un ministre sans reproche de nuit et de jour, afin qu’il puisse sans cesse voir et s’approprier Votre face et vous proposer les dons de votre sainte Église. Et que par l’Esprit [Saint] du grand prêtre [Jésus-Christ] il puisse avoir le pouvoir de pardonner les péchés. » (Tradition apostolique, III [215])

Origène (vers 185-vers 254): «… si nous avons Péché, nous devons proclamer: je vous ai reconnu mon péché, et n’ai pas caché mon injustice. J’ai dit que je confesserais contre moi-même de l’injustice faite au Seigneur. Car si nous avons fait cela, et si nous avons reconnu nos péchés non seulement au Seigneur mais aussi à ceux qui peuvent nous guérir de nos péchés et de nos blessures, il effacera nos péchés. » (Homélie XXVII sur l’Évangile de Luc)

Il dit encore: « Vous avez vu combien de sacrifices pour les péchés étaient ordonnés sous la loi ; voyez maintenant combien de moyens d’obtenir la rémission de nos péchés nous sont recommandés dans l’Evangile. Le premier est, etc. Il en reste un septième, quoique laborieux et pénible, qui est la pénitence, lorsque le pécheur lave son lit de ses larmes, qu’elles sont comme le pain dont il se nourrit nuit et jour, lorsqu’il ne rougit pas de confesser ses péchés au prêtre et de lui en demander le remède, à l’exemple de celui qui disait : J’ai dit : Je dénoncerai au Seigneur l’injustice dont je suis coupable, et vous m’avez pardonné mon impiété. » (Homélies sur la Lévitique, II)

« Jésus-Christ était, il est vrai, le médecin par excellence, pour qui aucune maladie n’était incurable ; mais ses disciples, que ce soit Paul ou que ce soit Pierre, ou tout autre, sont aussi médecins, ainsi que ceux qui ont succédé aux apôtres pour le gouvernement de l’Eglise, et qui se trouvent par-là même chargé de la cure des âmes ; car Dieu ne veut pas la mort du pécheur, mais il l’attend à pénitence. » (Homélies sur les Psaumes, I, sur le Psaume XXXVII)

Saint Cyprien de Carthage (vers 200-258): « Je vous en supplie, mes frères bien-aimés, confessez tous vos péchés, pendant que vous êtes encore sur cette terre, pendant que votre confession peut être entendue, pendant que la rémission de vos fautes, opérée par le prêtre, peut être agréée de Dieu. Convertissons-nous au Seigneur de toute notre âme; ayons un regret véritable de nos crimes, et implorons la divine miséricorde. Que notre âme se prosterne devant lui; pénétrée d’une douleur profonde , qu’elle expie ses fautes et qu’elle ranime son espérance. Revenez à moi, dit le Seigneur, de tout votre coeur, livrez-vous aux jeûnes, aux gémissements, aux larmes, et déchirez vos coeurs et non vos vêtements. » (Des Tombés, XV)

« Combien grandes doivent être la foi et la crainte salutaire de ceux qui… confessent leurs péchés aux prêtres de Dieu d’une manière directe et dans la douleur, faisant une déclaration ouverte de conscience. .. Je vous exhorte, mes frères, que celui qui a péché confesse son péché alors qu’il est encore de ce monde, tandis que sa confession est encore recevable, tandis que la satisfaction et la rémission faites par les prêtres sont toujours agréables devant le Seigneur. » (Des tombés, XXVIII)

« Le divin législateur a dit lui-même que ce qui serait lié sur la terre le serait aussi dans le ciel, et que ce qui serait délié sur la terre par les mains de l’Eglise le serait également dans le ciel. » (Lettre 54 (al. 53) au pape Corneille)

Saint Firmilien, évêque de Césarée (mort en 268, décrit comme l’une des personnalités marquantes de l’épiscopat oriental de son temps selon Eusèbe de Césarée) écrit à saint Cyprien : « Quel n’est pas d’autre part l’aveuglement de celui qui dit que la rémission des péchés peut être donnée dans les synagogues des hérétiques, et qui ne s’attache pas au fondement de l’unique Église, établie par le Christ ? On peut s’en rendre compte, en remarquant que c’est à Pierre seul que le Christ a dit : « Ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans le ciel et ce que tu auras délié sur la terre, sera délié dans le ciel ». (Mt 16,19). Et encore dans l’Évangile c’est sur les apôtres seuls que le Christ souffle en disant : « Recevez le saint Esprit. Si vous remettez les péchés à quelqu’un, ils lui seront remis, et si vous les retenez, ils seront retenus ». (Jn XX, 22-23). Donc le pouvoir de remettre les péchés a été donne aux apôtres, aux Églises qu’ont établies ces envoyés du Christ, et aux évêques qui ont été ordonnés pour être leurs successeurs. Après cela, les ennemis de l’Église catholique une, dans laquelle nous sommes, les adversaires des successeurs des Apôtres que nous sommes, que font-ils autre chose, en soutenant contre nous des sacerdoces illégitimes et des autels profanes que d’imiter Coré, Dathan et Abiron, sacrilèges au même titre, destinés à subir la même peine, avec leurs adhérents, tout comme les partisans et les fauteurs de leurs patrons périrent de la même mort ?» (Lettre à Cyprien, 75, 16 [255 ou 256])

Lactance (vers 250-325): « La véritable Église est celle qui guérit les malades de l’âme par la confession et la pénitence. » (Institutions divines livre IV, chapitre 30)

Saint Hilaire de Poitiers (vers 315-367): « Heureux portier du ciel, à qui sont confiées les clefs de l’éternel séjour et dont le jugement prononcé ici-bas fait autorité dans le ciel, en sorte que ce qui est lié ou délié sur la terre, l’est en conséquence dans le ciel même ! » (Commentaire sur Matthieu, XVI)

Saint Basile de Césarée (329-379): « Il est nécessaire de confesser nos péchés à ceux à qui fut confiée la dispense des mystères de Dieu [c’est-à-dire qu’il faut confesser ses péchés à des humains ayant un pouvoir spécial que tout le monde n’a pas: celui de dispenser les mystères de Dieu, et qui à part les prêtres ?]. Il se trouve que ceux qui faisaient pénitence de l’ancien le faisaient devant les saints. Il est écrit dans l’Evangile qu’ils confessaient leurs péchés à Jean-Baptiste [Matt 3:6], mais dans les Actes [19:18] ils se confessaient aux apôtres. » (Règles brièvement traitées, 288 [374])

Saint Pacien (mort en 390), évêque de Barcelone, s’adresse à ceux qui font de mauvaises confessions en des termes qui ne laissent aucun doute sur l’existence de la confession à un prêtre: « Que faites-vous, vous qui trompez le prêtre, vous qui l’égarez par l’ignorance où vous le laissez, ou le jeter dans l’embarras de juger, en ne lui donnant pas une pleine connaissance de vous-même?… Je vous en conjure, mes frères, par ce Dieu auquel rien n’échappe, cessez de me cahier votre conscience ulcérée; je vous le demande, à cause du péché où vous m’exposez. Les malades qui ont de la prudence ne rougissent pas de se montrer au médecin, lors même qu’il doit porter le fer ou le feu aux parties les plus cachées. » (Exhortation à la pénitence)

« Jamais Dieu ne ferait entendre de menaces au pécheur qui ne se convertit pas, s’il n’était disposé à pardonner à celui qui se convertit. C’est là, dit notre adversaire, une chose que Dieu seul peut faire. J’en conviens ; mais ce qu’il fait par le ministère des prêtres n’est que l’exercice de sa puissance. Car que signifient ces paroles qu’il dit ses apôtres : Ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel ? Pourquoi ces paroles, si les hommes n’avaient pas le pouvoir de lier et de délier ? Est-ce aux apôtres seuls qu’appartient ce pouvoir ? C’est donc à eux seuls aussi qu’appartient le pouvoir de baptiser, à eux seuls le pouvoir de donner l’Esprit-Saint, a eux seuls le pouvoir de purifier les hommes de leurs péchés, puisque tout cela n’a pas été enjoint à d’autres qu’aux apôtres ? Si le pouvoir de conférer le baptême n’a pas été conféré d’une autre manière que celui de lier et de délier, il faut dire ou que l’un et l’autre à la fois nous ont été transmis par succession des apôtres, ou que ni l’un ni l’autre ne nous appartient aujourd’hui. L’Apôtre a dit : J’ai posé le fondement, mais c’est un autre qui sur ce fondement élève l’édifice (I Cor., III, 10). Il est donc vrai que l’édifice que nous élevons est celui dont les apôtres ont jeté le fondement. Enfin les évêques aussi sont appelé apôtres, et c’est de ce nom que Paul appelle Epaphrodite (Phil., II, 25) : Mon frère Epaphrodite, dit-il, qui est mon aide dans mon ministère, et mon compagnon dans mes combats, et qui est aussi votre apôtre. Si donc le pouvoir de baptiser et celui de conférer le chrême, qui sont des dons bien supérieurs, sont passés des apôtres aux évêques, assurément ceux-ci ont dû également hériter de celui de lier et de délier. Et quoique nos péchés nous rendent indignes de nous attribuer ce pouvoir, l’honneur que nous avons d’occuper la chaire des apôtres nous autorise à croire que Dieu ne nous le retirera pas, puisqu’il voit dans les évêques les représentants de son Fils unique. Que les défauts personnels de l’évêque n’engagent personne à mépriser son caractère. Souvenons-nous que l’apôtre saint Pierre appelle Notre-Seigneur lui-même du nom d’évêque : Maintenant, dit-il (I Pierre, II, 25), vous êtes retournés à l’évêque et au pasteur de vos âmes. Qu’est-ce que Dieu pourra refuser à l’évêque, en qui son nom seul marque un pouvoir divin ? Il est vrai qu’il aura à rendre compte de son administration, s’il s’y montre infidèle, s’il est injuste et partial dans ses jugements. Dieu, n’en doutons pas, se gardera bien de ratifier de tels arrêts. Si au contraire l’évêque juge avec équité, il est vraiment alors le coopérateur de Dieu. C’est à des laïques que saint Paul disait : Ce que vous accordez à quelqu’un par indulgence, je l’accorde aussi, car si j’use moi-même d’indulgence, je le fais à cause de vous, au nom et en la personne de Jésus-Christ, afin que Satan n’emporte rien sur nous, car nous n’ignorons pas ses pièges (II Cor., II, 40-11). Si l’Apôtre témoigne que c’est lui-même qui accorde les grâces que peuvent accorder de simples laïques, comment répudierait-t-il celles qu’accorderait un évêque ? Donc ni la confirmation, ni le baptême, ni la rémission des péchés, ni la reproduction sur l’autel du corps de Jésus-Christ, ne sont l’effet du simple pouvoir de l’évêque, rien de tout cela ne lui appartient en propre ; tout lui vient de l’autorité apostolique. » (Lettre I à Sympronien le novatianiste)

Saint Grégoire de Nysse (vers 336-394) voit dans l’eau que Moïse fit sortir de la pierre une image de la confession: « Moïse a fait sortir de l’eau d’un rocher au point d’en inonder le désert : fait merveilleux qui nous représente la vertu du sacrement de pénitence. Car ceux qui après avoir bu de l’eau du rocher, retournent à leurs appétits grossiers et regrettent les oignons de l’Egypte, quoiqu’ils perdent par là tous leurs avantages et méritent d’être condamnés à périr dans le désert, peuvent néanmoins par la vertu de la pénitence retrouver le rocher qu’ils ont perdu, et rouvrir par le repentir les sources qu’ils ont obstruées par leurs péchés. » (La Vie de Moïse, ou la vie parfaite)

« Faites part de votre peine au prêtre, comme à un père. Car quel est le père, si peu digne qu’il puisse être de ce nom, quelque insensible qu’il soit, qui ne souffre de voir ses enfants dans la tristesse, ou qui ne se réjouisse de les voir dans la joie ? C’est ainsi qu’un prêtre s’attriste à la vue des péchés de celui que la religion lui donne pour fils, comme Jacob éclata en cris de douleur à la vue de la tunique ensanglantée qu’il prenait pour celle de son fils Joseph, comme David pleura la mort d’Absalon, comme Héli pleura Ophni et Phinées morts sur le champ de bataille, comme Moïse pleura sur l’impiété de son peuple, qui par inconstance s’était fait un veau d’or. Ayez donc encore plus de confiance en celui qui vous a engendre à Dieu, qu’en ceux mêmes à qui vous devez votre existence physique. Découvrez-lui sans crainte les secrets de votre cœur ; montrez-lui vos plaies secrètes comme au médecin de votre âme. Il prendra les intérêts de votre honneur comme de votre guérison. Les parents sont plus sensibles au déshonneur de leurs enfants, que leurs enfants eux-mêmes. Car comme la gloire des enfants jaillit sur leurs parents, il en est de même de ce qui peut tourner à leur ignominie. Nous ignorons quel sera le terme de notre vie ; prévenons-en le moment par notre vigilance. Il serait contradictoire que, tandis que ceux qui prennent soin de leur santé se purgent aux approches de la canicule, de peur que les humeurs dont ils seraient remplis ne donnent trop de prise sur eux aux chaleurs de l’été, ceux qui ont à sauver leur âme ne prévinssent pas le moment incertain de leur mort, et les ardeurs de ce feu qui ne s’éteindra jamais. Avez-vous perdu par votre négligence la drachme évangélique que vous aviez reçue et qui faisait votre richesse ? Allumez, pour la retrouver, la lampe de la pénitence. Cherchez partout avec soin. Efforcez-vous de la retrouver, ensevelie qu’elle est peut-être sous la couche de vos funestes penchants ; dès que vous l’aurez retrouvée, prenez-la pour ne plus vous en dessaisir, et invitez vos voisins, je veux dire votre prochain, à s’en réjouir avec vous, et à s’en réjouir en Jésus-Christ. » (in mulierem peccatricem )

Saint Ambroise de Milan (340-397): « Ceux à qui il fut donné [le droit de lier et de délier]… Or, ce droit ne fut donné qu’aux prêtres. » (De la pénitence, I, 1)

« Ils disent qu’ils font honneur à Jésus-Christ, en lui réservant à lui seul le pouvoir de remettre les péchés. Mais c’est en cela même qu’ils lui font injure, puisqu’ils violent ses commandements. Il a dit dans son Evangile : Recevez le Saint-Esprit : les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez ; et ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez. Je demande qui l’honore davantage, de celui qui obéit à ses ordonnances, ou de celui qui y résiste ? L’Eglise lui prouve dans les deux cas sa soumission, en liant et en déliant les pécheurs. L’hérésie, par son inflexible rigueur et son défaut d’obéissance veut lier ce qu’elle refusera ensuite de délier et refuser de délier ce qu’elle a lié ; en quoi elle se condamne elle-même. Car le Seigneur a voulu au contraire que le pouvoir de délier fût égal à celui de lier, puisqu’il a mis à l’un et à l’autre une égale condition. Donc celui qui n’a pas le droit de délier, n’a pas non plus celui de lier. Car comme, d’après la déclaration de Notre-Seigneur, celui qui a le pouvoir de lier a aussi celui de délier, nos adversaires se percent pour ainsi dire eux-mêmes de leurs propres traits en refusant le pouvoir de délier puisque, s’il en est ainsi, ils doivent refuser également celui de lier. Comment donc l’un pourrait être permis, tandis que l’autre ne le serait pas ? Ceux à qui l’un et l’autre pouvoir a été accordé également, ou doivent avoir ces deux pouvoirs à la fois, ou bien ils n’ont ni l’un ni l’autre. Eh bien, c’est l’Eglise qui jouit à la fois de ces deux pouvoirs, et c’est l’hérésie qui n’a ni l’un ni l’autre des deux. En effet, c’est un droit réservé aux prêtres seuls. C’est donc à juste titre que l’Eglise revendique ce droit, puisque les véritables prêtres sont ceux qu’elle consacre ; l’hérésie au contraire ne peut pas le revendiquer, parce qu’elle n’a pas de prêtres légitimes. Et comme par le fait elle ne revendique pas ce droit, elle prononce des-lors contre elle-même que, si elle ne doit pas le revendiquer, c’est qu’elle n’a pas de prêtres ; ainsi d’une impudente obstination ressort, comme on le voit, un fort modeste aveu. A cela revient encore ce qu’il me reste à dire, que celui qui a reçu l’Esprit-Saint, a reçu le pouvoir de délier comme de lier les pécheurs. Car il est écrit : Recevez le Saint-Esprit ; les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez, et ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez. Donc celui qui ne peut pas délier les pécheurs, par-là même n’a pas reçu le Saint-Esprit. Car la fonction du prêtre est un don de l’Esprit-Saint ; or, l’Esprit-Saint a bien le droit de délier comme de lier les pécheurs. Comment donc peuvent-ils s’attribuer les dons de l’Esprit-Saint, ceux qui refusent de reconnaitre son droit et son pouvoir ? Que dis-je ? ils poussent leur témérité plus loin encore : car, tandis que l’esprit de Dieu est plus porté à la miséricorde qu’à la sévérité, ils ne veulent pas ce que l’esprit de Dieu déclare vouloir, ils font ce que ce même esprit déclare ne pas vouloir, puisque sévir est l’affaire du juge, et que remettre au contraire est un acte de miséricorde. On te pardonnerait donc plutôt, Novatien, de t’attribuer le droit de remettre, que d’usurper celui de lier. Car aspirer à celui-ci, c’est te montrer sans miséricorde pour le pécheur ; au lieu que t’attribuer celui-là ce serait témoigner de la compassion pour les maux de tes semblables. Mais ils disent pour se défendre qu’ils n’exceptent que les crimes les plus graves, et qu’ils pardonnent aux fautes les plus légères. Ce n’est pourtant pas là ce qu’a dit l’auteur même de votre erreur, ce Novatien qui prétendait qu’on ne devait accorder la pénitence à personne, afin sans doute de ne pas lier ce qu’il ne pourrait délier ensuite, ou de ne pas donner à ses adeptes en les liant l’espoir d’être un jour délivré. Vous désavouez donc votre propre père par votre manière de penser, vous qui distinguez parmi les péchés ceux que vous croyez devoir délier et ceux que vous jugez être sans remède. Mais cette distinction n’a point été posée par Dieu, qui a promis à tout le monde sa miséricorde et qui a donné à ses prêtres le droit illimité de faire grâce. Toutefois, que celui qui a aggravé sa faute, aggrave aussi sa pénitence ; car les crimes, à mesure qu’ils sont plus énormes, demandent des larmes plus amères. Nous ne pouvons donc approuver ni Novatien, qui refusait à tout le monde le pardon, ni vous autres ses disciples, qui l’imitez et en même temps le condamnez, qui diminuez la pénitence là où il faudrait l’exiger plus sévère, la miséricorde de Jésus-Christ nous inspirant plutôt d’apporter les plus grands remèdes aux maux les plus grands. Mais quelle perversité est la vôtre, d’appeler à votre tribunal ce qui est susceptible de pardon, et de réserver au tribunal de Dieu ce qui selon vous n’en est pas susceptible ? N’est-ce pas là choisir pour soi-même le rôle de la miséricorde et renvoyer à Dieu le devoir d’être sévère ? Et où cela est-il écrit ? Il est écrit au contraire que Dieu est véritable et que tout homme est menteur ; selon ce que David dit à Dieu : Afin que vous soyez reconnu fidèle dans vos paroles, et victorieux dans les jugements que les hommes feront de vous (Rom, III, 4 ; Ps. L, 6). Afin donc que nous sachions que Dieu est plus porté à la miséricorde qu’ami de la sévérité, voici ce qu’il a dit lui-même : J’aime mieux la miséricorde que le sacrifice (Os., VI, 6).  » » (De la pénitence, I, 2)

« Je pourrais encore dire à celui qui croit que ce qui se lit dans l’Epître aux Hébreux (VI, 4) doit s’entendre de la pénitence, que ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu, et que Dieu peut, quand il le veut, nous pardonner des péchés dont nous regardons nous-mêmes le pardon comme impossible. Ainsi donc Dieu peut accorder ce qui nous paraît impossible à obtenir. Il paraissait impossible, par exemple, que l’eau lavât les péchés. Naaman le Syrien n’imaginait pas non plus que la lèpre pût être guérie par un peu d’eau ; mais ce qui était impossible, Dieu l’a rendu possible en nous confiant par le fait une si grande grâce. De même il ne paraissait pas possible que les péchés fussent remis par la pénitence. Mais Jésus-Christ a donné à ses apôtres ce pouvoir, qui de leurs mains a passé celles des prêtres. Voilà donc comment ce qui paraissait impossible est devenu possible. » (De la pénitence, II, 2, 6 et suivants)

« Le Seigneur veut que ses disciples aient de l’autorité, il veut qu’ils puissent faire en son nom les mêmes prodiges qu’il faisait lui-même lorsqu’il était sur la terre. Pour dernier mot, voici ce qu’il leur a dit : Vous ferez des prodiges encore plus grands que ceux que je fais. Il leur a donné le pouvoir de ressusciter les morts. Et quoiqu’il pût rendre lui-même à Saul l’usage de la vue, il l’adressa de préférence à son disciple Ananie pour que celui-ci opérât sur ses yeux ce miracle de guérison. Il voulut aussi que Pierre marchât sur la mer comme lui-même ; et comme l’apôtre chancelait, il le reprit d’avoir par la faiblesse de sa foi amoindri le don de la grâce. Lumière du monde par nature, il voulut que ses disciples le fussent par grâce à leur tour. Et parce qu’il devait remonter au ciel après en être descendu, il éleva Elie au ciel, sauf à le rendre à la terre quand le temps en sera venu. Se proposant aussi de baptiser par l’Esprit et par le feu, il inaugura le baptême par l’entremise de Jean. Enfin il a donné tout pouvoir à ses disciples, puisqu’il il dit d’eux : Ils chasseront les démons en mon nom, etc. (MARC, XVI, 17). Il leur a donc donné tout pouvoir ; mais ce pouvoir n’est pas de l’homme ; il est tout entier l’effet des divines largesses. Eh ! pourquoi imposez-vous les mains, et attribuez-vous à vos paroles de bénédiction des guérisons qui peuvent se déclarer à la suite ? Pourquoi vous flattez-vous que les possédés du démon puissent être délivrés par votre ministère ? Pourquoi baptisez-vous, si les péchés ne peuvent pas être remis par le ministère de l’homme ? Dans le baptême assurément se fait la rémission de tous les péchés. Qu’importe que les prêtres prétendent user de ce pouvoir par la pénitence ou par l’eau du baptême ? Quel que soit le moyen employé, c’est toujours le même ministère. Vous direz peut-être que la grâce des sacrements opère dans l’eau baptismale ; mais pourquoi pas aussi dans la pénitence ? Le nom de Dieu qui y est invoqué y est-il inefficace ? Qu’est-ce donc à dire ? Que vous revendiquez la grâce de Dieu, ou que vous la répudiez au gré de votre caprice. Mais c’est orgueil intolérable, plutôt que crainte religieuse, de rebuter des gens qui ne demandent que d’être admis à la pénitence. Vous ne pouvez pas apparemment supporter le spectacle de leurs larmes. Vos yeux seraient blessés de la vue de leurs haillons et de la cendre répandue sur leurs vêtements.  » » (De la pénitence, II, 7)

« Nous devons nous abstenir dès à présent de tout vices, car nous ignorons si nous pourrons alors nous confesser à Dieu et au prêtre. » (De la pénitence, II, 8)

Saint Paulin de Milan (vers 370-428/429), disciple et biographe de saint Ambroise dit: « Lorsqu’un pénitent venait lui confesser ses fautes, il pleurait si amèrement qu’il tirait des larmes aux yeux du pécheurs. Il semblait partager tous ses regrets, mais il tenait secrets les crimes qu’il avait entendu, ne révélant qu’à Dieu, auprès de qui il intercédait pour le coupable. » (Vita Ambrosii)

Saint Jean Chrysostome (vers 346-407): « Si l’on vient à réfléchir que c’est un mortel, enveloppé dans les liens de la chair et du sang, qui peut ainsi se rapprocher de cette nature bienheureuse et immortelle, on demeurera étonné de la profondeur de ce mystère, en même temps que pénétré de la grandeur du pouvoir que la grâce de l’Esprit-Saint a conféré aux prêtres. C’est par eux que s’accomplissent ces merveilles, et bien d’autres non moins importantes, pour notre salut comme pour notre gloire. Des créatures qui habitent sur la terre, qui ont leur existence attachée à la terre, sont appelées à l’administration des choses du ciel, à l’exercice d’un pouvoir que Dieu n’a donné ni aux anges ni aux archanges ! Car ce n’est pas à ceux-ci qu’il a été dit: Ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel; ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. (Matth. XVIII, 18.) Les puissants de la terre ont, eux aussi, le pouvoir de lier, mais seulement les corps; le lien dont parle l’évangile est un lien qui saisit l’âme, et qui s’étend jusqu’aux cieux tout ce que font ici-bas les prêtres, Dieu le ratifie là-haut; le Maître confirme la sentence de ses serviteurs. Il leur a donné pour ainsi dire la toute-puissance dans le ciel. Il dit : Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. (Jean XX, 23.) Est-il un pouvoir plus grand que celui-là? Le Père a donné au Fils tout jugement (Jean V, 22), et je vois le Fils remettre ce même pouvoir tout entier aux mains de ses prêtres. Ne dirait-on pas que Dieu les a d’abord introduits dans le ciel, qu’il les a élevés au-dessus de la nature humaine et délivrés de la servitude de nos passions, pour les revêtir ensuite de cette autorité suprême? Si un roi admettait un de ses sujets à partager sa puissance, et lui accordait le privilège d’emprisonner ou d’élargir qui bon lui semblerait, un tel honneur attirerait à cet homme l’envie et la considération du monde; et celui qui .reçoit de Dieu une puissance aussi supérieure à celle-là que le ciel est supérieur à la terre, et l’âme au corps, n’aura reçu, au jugement de certaines personnes, qu’une dignité médiocre, une dignité telle enfin qu’on pourra soupçonner quelqu’un d’en avoir méprisé l’honneur et le don! Quelle extravagance! Mépriser une fonction sans laquelle il n’y a pas de salut pour nous, ni d’accomplissement des promesses divines! Nul ne peut entrer dans le royaume de Dieu, s’il ne renaît de l’eau et de l’Esprit-Saint (Jean III, 5); qui ne mange pas la chair du Seigneur et ne boit pas son sang, est exclu de la vie éternelle. (Jean VI, 54.) Si donc ces bienfaits ne peuvent être conférés que par des mains sanctifiées, conséquemment par celles des prêtres, quel moyen y aurait-il, sans leur ministère, d’éviter le feu de l’enfer, ou de parvenir aux couronnes qui nous sont réservées ? L’enfantement spirituel des âmes est leur privilège : eux seuls les font naître à la vie de la grâce par le baptême; par eux nous sommes ensevelis avec le Fils de Dieu, par eux nous devenons les membres de ce Chef divin. Aussi devons-nous non-seulement les respecter plus que les princes et les rois, mais encore les chérir plus que nos propres parents. Ceux-ci nous ont fait naître du sang et de la volonté de la chair; les prêtres nous font naître enfants de Dieu; nous leur devons notre heureuse régénération, la vraie liberté dont nous jouissons, notre adoption dans l’ordre de la grâce. Les prêtres de l’ancienne loi avaient seuls le droit de guérir la lèpre, ou plutôt ils ne guérissaient pas, ils jugeaient seulement si l’on était guéri : et tu sais avec quelle ardeur on briguait la dignité sacerdotale chez les Juifs. (Lévit. XIV.) Pour nos prêtres, ce n’est pas la lèpre du corps, mais la lèpre de l’âme, dont ils ont reçu le pouvoir, lion de vérifier, mais d’opérer l’entière guérison. Ceux qui les méprisent sont donc plus sacrilèges que Dathan et ses (583) compagnons, et dignes d’un plus sévère châtiment. (Nomb. XVI.) Ceux-ci, en prétendant à une dignité qui ne leur appartenait pas, témoignaient du moins l’estime particulière qu’ils en faisaient, par l’ambition même qui les portait à la vouloir usurper. Mais aujourd’hui que le sacerdoce est en possession d’une autorité et d’une excellence bien plus relevées qu’autrefois, le mépriser deviendrait un crime encore plus odieux que celui d’y prétendre par des vues ambitieuses. Il n’y a aucune parité, sous le rapport de l’outrage, entre prétendre à une dignité à laquelle on n’a pas de droit, et mépriser les grands biens que le Sacerdoce résume en soi autant il y a loin de l’admiration au dédain, autant le second crime est plus grief que le premier. Quelle âme serait assez misérable pour mépriser de si augustes prérogatives? Aucune, à moins qu’elle ne fût au pouvoir et sous l’aiguillon de Satan. » (Le sacerdoce, III, 5 [387])

« Jésus-Christ ne dit pas : Vous avez reçu mais : Recevez le Saint-Esprit. On ne se tromperait pourtant pas en disant que les apôtres reçurent en ce moment un pouvoir et une grâce spirituelle, non pas, si l’on veut, pour ressusciter les morts et faire des miracles sensibles, mais pour remettre les péchés ; car les dons de l’Esprit-Saint sont de différentes sortes ; c’est pourquoi il a ajouté : Les péchés seront remis, etc., montrant par là quelle sorte de puissance il leur accordait. Ce fut cinquante jours après qu’ils reçurent le pouvoir de faire des miracles, aussi leur dit-il : Vous recevrez la vertu de l’Esprit qui surviendra en vous, et vous me rendrez témoignage, à savoir par les miracles qu’ils opérèrent tant il est vrai que les grâces et les dons du Saint-Esprit sont de bien des sortes et au-dessus de toute expression. » (Homélie 85 sur Jean)

« Quoique le trône d’un roi excite l’admiration par les pierreries qu’on y voit incrustées et par les dorures qui en font l’ornement, son utilité après tout se borne à la terre, et sa puissance ne va pas plus loin. Mais un prêtre a son trône placé dans les cieux, et c’est de là qu’il exerce ses jugements. Qui est-ce qui a dit cela ? Le roi du ciel lui-même : Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. Qu’y a-t-il de comparable à cet honneur ? Le ciel emprunte à la terre ses décisions. Le juge siège ici-bas, et le Seigneur obéit à son ministre, et ratifie du haut du ciel le jugement qu’il a porté. » (Homélie V sur les paroles d’Isaïe, je vis le Seigneur)

Il s’écriait encore: « Si le pécheur veut se hâter de faire la confession de ses crimes, s’il veut découvrir l’ulcère à un médecin qui le traité sans se permettre de reproche, s’il veut en accepter les remèdes, n’en parler qu’à lui seul, à l’insu de tout autre, mais lui avouer exactement tous ses péchés; il parviendra facilement à les guérir, car la confession des péchés commis en est l’abolition. » (Homélie II sur la Genèse)

Saint Jean Chrysostome (pour qui la confession était sans aucun doute possible à un prêtre) allait jusqu’à dire : ‘Une très bonne confession équivaut – pour la purification de l’âme – à un nouveau baptême’.

Saint Jérôme de Stridon (347-420): « Si le serpent, le Diable, mord quelqu’un dans le secret, il infecte cette personne avec le venin du pêcheur. Et si la personne mordue le garde dans le silence et ne fait pas pénitence, et ne veut pas confesser sa blessure … Alors son frère et son maître, qui ont le mot [de l’absolution] qui le guérira, ne pourront pas la secourir.» (Commentaire sur l’Ecclésiaste, X, 11 [388])

Saint Jérôme dit que nous devons confesser notre blessure (notre blessure spirituelle: notre péché) à ceux qui sont nos frères, mais aussi nos maîtres (c’est-à-dire pas tout le monde), qui disposent du mot qui est le mot de l’absolution (le formule que le prêtre prononce en rendant la sainte absolution), et que si nous n’avouons pas cette blessure à ces maîtres, nous ne pouvons pas être pardonné. Un catholique qui lit ces lignes de saint Jérôme voit clairement qu’il s’agit de la confession à un prêtre.

En un autre endroit, saint Jérôme affirme de manière encore plus explicite le pouvoir que les prêtres ont le pouvoir de pardonner les péchés: « Avec nous le prêtre ou l’évêque retient ou remet après les avoir entendus, comme c’est son devoir, les différentes sortes de péchés; il comprend ceux qui devraient en être libérés et ceux à qui ils devraient être maintenus. » (Commentaire sur Matthieu, III, 16, 19 [398])

« A Dieu ne plaise que je parle mal de ceux qui tiennent dans l’Eglise la place des apôtres ; qui consacrent le corps de Jésus-Christ par la vertu des paroles qu’ils prononcent ; qui nous ont faits chrétiens ; qui, ayant les clés du royaume du ciel, jugent en quelque façon avant le jour du jugement, et qui veillent à ce que l’épouse de Jésus-Christ se conserve chaste et pure. » (Lettre I, 7 à Héliodore; Cf. Lettres de saint Jérôme, trad. par D. Roussel, t. I, p. 15-16)

Saint Augustin d’Hippone (354-430): « Que personne d’entre nous ne dise :   » Je fais pénitence en secret et devant Dieu ; Dieu qui sait que je me repens dans mon cœur, me pardonnera . » C’est donc sans raison qu’il a été dit : « tout ce que vous délirez sur la terre sera délié dans le ciel ? C’est donc sans raison que l’Eglise a reçu les clefs du Royaume des Cieux ? Ce serait frustrer l’Évangile, ce serait frustrer les paroles de Jésus-Christ. » (Sermon 392)

Saint Augustin dit clairement que ce confesser mentalement et secrètement à Dieu ne suffit pas. Ainsi, si ce type de confession n’est pas suffisant, c’est donc qu’il faut s’adresser à une tierce personne pour être pardonné. De plus, Augustin ne manque pas de mettre en opposition d’une part cette attitude de confession uniquement mentale et d’autre part ces paroles du Christ qui donnent aux apôtres le pouvoir de lier et de délier sur la terre et au Ciel et qui donnent les clefs du Royaume des Cieux à l’Église; c’est donc que pour saint Augustin (mort en 430), la confession et le pardon des péchés sont suspendus à l’obéissance à l’Église et à ses pasteurs.

En parlant du pécheur en général, il s’exprime dans les termes suivants: « Qu’il aille se confesser au pontife [à l’évêque], car c’est à ce dernier qu’a été confiée l’administration des clefs, qu’il en reçoive le mode convenable de satisfaction, qu’il fasse ce qu’il faut pour recouvrer le salut et servir d’exemples à ses frères; si son péché lui a causé un grand dommage, et a donné aux autres beaucoup de scandale; si le pontife le juge expédient, pour l’édification de l’Église, que ce péché devienne connu non seulement de plusieurs mais encore de tout le peuple, que le pêcheur ne s’y refuse pas, qu’il ne résiste pas, et par honte il n’aime pas ajouter une tumeur funeste à une plaie déjà mortelle. »

« Et je vis des trônes et j’en vis plusieurs s’asseoir sur ces trônes, et la puissance de juger leur fut donnée (Apoc., XX, 12). Il ne faut pas croire que ces paroles regardent le jugement dernier : il s’agit ici de trônes de juges, et de ces juges mêmes qui gouvernent l’Eglise. Et cette puissance de juger qui leur est donnée ne saurait mieux s’entendre que de cette promesse : Ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. Et de là ce mot de l’Apôtre : Pourquoi entreprendrais-je de juger ceux qui sont hors de l’Eglise ? N’est-ce pas à ceux qui sont dans l’Eglise que vous avez droit de juger ? (I Cor., V, 12) » (De la Cité de Dieu, XX, 9)

« Quelqu’un dira en conséquence : A quoi sert le ministère de l’Eglise, si celui qui confesse ses péchés est déjà ressuscité par la voix divine qui le fait ainsi sortir du tombeau ? A quoi sert à celui qui se confesse le ministère de l’Eglise, de l’Eglise à laquelle il a été dit : Tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel ! Pour le savoir, considérez Lazare lui-même ; il sort du sépulcre, mais les mains et les pieds liés. Il vivait déjà ce pécheur, puisqu’il confessait ses péchés, mais il ne marchait encore qu’avec peine, embarrassé de ses liens. Que fait donc l’Eglise, l’Eglise à laquelle il a été dit : Ce que vous délierez sera délié, sinon exécuter cet ordre que Notre-Seigneur donna immédiatement après à ses disciples : Déliez-le, et laissez-le aller ? » (De verbis Domini, sermon VIII, 2)

« Quel autre ressuscitera un pécheur mort dans ses péchés que celui qui, après avoir fait lever la pierre du sépulcre, a crié : Lazare, sortez dehors ? Mais qu’est-ce que sortir dehors, sinon produire au dehors ce qui était caché ? Celui qui confesse ses péchés, c’est celui-là qui sort du sépulcre. Mais pour sortir du sépulcre, il faut être déjà vivant. Pour être ainsi vivant, il faut être ressuscité. Donc s’accuser soi-même en confession, c’est rendre gloire à Dieu. » (De verbis Domini, sermon VIII, 4)

« Il est donc nécessaire que celui qui est rendu à la vie soit délié, et mis en état de marcher. C’est la charge qu’il a imposée à ses disciples en leur disant : Ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. » (De verbis Domini, sermon 44, 6)

« Qu’est-ce que sortir dehors, sinon montrer à découvert ce qu’on a de secret dans le cœur ? Mais pour vous donner la force de faire cet aveu, il faut que Dieu vous appelle à haute voix, c’est-à-dire par un puissant effort de sa grâce. C’est pourquoi, après que fut sorti du tombeau, encore chargé de liens, ce mort, image fidèle de celui qui se confesse et qui n’a pas encore reçu l’absolution de ses crimes, le Seigneur dit aux ministres qui l’accompagnaient : Déliez-le et laissez-le aller. Que veulent dire ces paroles, Déliez-le et laissez-le aller ? La même chose que ces autres-ci : Ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. » (Traités sur saint Jean, 59)

« Lazare leva la tête et sortit du tombeau ; mais il était lié, comme le sont les hommes qui ont confessé leurs péchés et qui font pénitence. Ils sont déjà sortis de l’état de mort ; car ils ne confesseraient pas leurs péchés, s’ils n’étaient pas en voie de sortir de cet état. L’acte même de confesser ses péchés est une preuve qu’on sort de cet abîme. Mais que dit le Seigneur à son Eglise ? Ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. C’est-à-dire que ce Lazare, ce mort soustrait aux regards des vivants, ce cadavre en putréfaction, revenant à l’état de vie et sortant du tombeau par la confession des péchés, l’œuvre de la miséricorde divine étant ainsi accomplie, c’est à l’Eglise à remplir à son tour son ministère en obéissant à ces autres paroles : Déliez-le et laissez-le aller » (Livre 50 des homélies, homélie XXVII, (al. Serm. 352), 3; Cf. S. Aurelii Augustini opera omnia, t. V, p. 1370, édition des Bénédictins ; col. 2032, édition de Gaume).  »

« Qu’eût-il servi à Lazare d’être sorti du sépulcre, si Jésus-Christ n’eût dit en même temps : Déliez-le, et laissez-le aller ? Il est vrai que Jésus-Christ lui-même le ressuscita du tombeau par la force de sa voix toute-puissante ; il est vrai que le cri qu’il jeta fit rentrer son âme dans son corps ; il est vrai qu’il fit ôter lui-même cette pierre dont on l’avait recouvert, et qu’alors on le vit sortir encore lié. Il en sortit non de lui-même mais par la force de celui qui le ressuscitait. Voilà ce qui se fait véritablement dans le cœur d’un pénitent. Lorsqu’un homme se repent de ses péchés, il est déjà ressuscité lorsqu’il s’accuse lui-même et que par une humble confession il découvre ce qu’il y avait de plus caché dans sa conscience, il est déjà tiré du tombeau ; mais il n’est pas encore délié. Quand est-il délié et quels sont ceux qui le délient ? Ce sont ceux à qui Jésus-Christ a dit :Tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. L’Eglise a le pouvoir de délier les péchés mais le mort ne peut être ressuscité que par le cri puissant que Jésus-Christ fait entendre au fond de son cœur. C’est là, mes frères, ce que Dieu fait au dedans de vous. » (Discours sur les Psaumes, CI, 2; Cf. Sermons de S. Augustin sur les Psaumes, t. V, p. 395-396).  »

La première moitié du Vème siècle connu deux malheureuses hérésies qui menèrent à des schismes. Il s’agit de l’hérésie nestorienne (condamnée en 431 au concile d’Éphèse) et de l’hérésie monophysite (condamnées en 451 au concile de Chalcédoine). Mais cela nous prouve l’existence de la confession à cette époque car les deux églises nées de ces schismes existent toujours et pratiquent la confession.

Saint Cyrille d’Alexandrie (376-444): «  » Comment donc, dira quelqu’un, si Thomas était absent au moment où Jésus-Christ souffla sur ses apôtres en disant : Recevez le Saint-Esprit, a-t-il reçu lui-même le Saint-Esprit ? Nous répondrons à cela que, d’après l’intention de Jésus-Christ, la vertu de l’Esprit-Saint s’est transmise à tous les apôtres ; car ce n’est pas à quelques-uns seulement, mais à tous qu’il l’a donnée. Ainsi donc, soit présents soit absents, les apôtres ont reçu l’Esprit-Saint comme l’a entendu celui qui nous l’a envoyé. Que cette réponse que nous donnons ne fasse pas violence au texte, mais qu’elle soit fondée en vérité, c’est ce que nous démontrerons par l’autorité de 1’Ecriture. Dieu ordonna autrefois à Moïse de faire choix de soixante-dix vieillards de toutes les tribus. A cette occasion, il dit qu’il prendrait de l’esprit de Moïse et qu’il le répartirait entre les soixante-dix. Mais comme deux de ces soixante-dix, Eldad et Médad, etc. (Nom., XI, 26 et suiv.)  » Comment donc se fait-il que le Sauveur ait fait part à ses disciples d’un pouvoir et d’une autorité qui ne convient originairement qu’à la nature divine ? C’est qu’en effet il n’y a rien d’étrange à ce que ceux qui possèdent l’Esprit-Saint en eux-mêmes puissent remettre les péchés. Car lorsqu’ils les remettent ou les retiennent, c’est alors l’Esprit-Saint qui les remet ou les retient par leur ministère. Or c’est ce qui peut avoir lieu, pensons-nous, de deux manières, savoir, par le baptême et par la pénitence. Car, ou nous admettons au baptême après avoir éprouvé leurs dispositions ceux qui renoncent à l’infidélité, comme nous en éloignons ceux que nous en trouvons indignes, ou nous frappons de nos censures les enfants de 1’Eglise qui tombent en faute et nous les recevons à pénitence. C’est ainsi que Paul, écrivant aux Corinthiens, livrait le fornicateur à Satan pour mortifier sa chair, afin de sauver son âme (I Cor., V, 5), et que plus tard il le reçut en grâce de peur que cet homme ne se laissât accabler par un excès de tristesse (II Cor., II, 7). Puis donc que l’Esprit de Jésus-Christ habitant en nous, accomplit par nous des œuvres qu’il n’appartient qu’à Dieu de faire, comment ne serait-il pas Dieu par nature, celui qui possède en lui-même le pouvoir propre à la nature divine, et qui ordonne avec autorité la dispense des lois dont Dieu est l’auteur ? » (Comentaire sur Jean, XII, 56)

Saint Léon le Grand (390-461), Pape à partir de 440: « Il suffit d’indiquer aux seuls prêtres, et pas une confession secrète, les délits des consciences… Il suffit d’une confession faites de abord à Dieu, ensuite au prêtre qui intercède pour les péchés du pénitent. » (Lettre CXXXVI, II)

Saint Grégoire le Grand (vers 540-604), Pape, commentant ces paroles, Les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez, etc. : « Ainsi non-seulement ils ont l’assurance de leur paix avec Dieu, mais de plus ils reçoivent le pouvoir de remettre aux autres les obligations contractés envers la justice divine, et ils deviennent à cet égard les dépositaires du pouvoir d’en haut, en sorte qu’ils ont le droit, comme représentants de Dieu, de retenir aux uns leurs péchés, et de les remettre aux autres. Ainsi convenait-il que Dieu élevât en honneur ceux qui avaient accepté tant d’humiliations pour l’intérêt de sa gloire. Ceux qui craignent pour eux-mêmes la sévérité des jugements de Dieu, sont établis juges des âmes, et tout en appréhendant de se voir eux-mêmes condamnés, ils condamnent ou absolvent les autres. Or les évêques tiennent aujourd’hui la place des apôtres dans l’Eglise. C’est à ceux à qui est échue cette dignité qu’appartient aussi à leur tour le pouvoir de lier et de délier. Honneur sublime, sans doute, mais fardeau redoutable. Comment celui qui ne sait pas se conduire lui-même, pourra-t-il se faire juge de la conduite d’autrui ? » (Homélie XXVI sur l’Évangile)

Saint Bède la Vénérable (672/673-735): « Découvrons au prêtre, comme nous le prescrit la loi, l’impureté de la lèpre qui nous afflige, et prenons soin de nous en purifier de la manière et tout le temps qu’il juge à propos de nous le prescrire. » (Commentaire de l’Epître de saint Jacques, V)

1054: schisme de l’Eglise grecque, dite ‘orthodoxe’ qui pratique la confession auriculaire.

Saint Bernard de Clairvaux (1091-1153), faisant l’ai biographie de saint Malachie d’Armagh (vers 1094-1148): « Malachie rétabli l’usage si salutaire de la confession, du sacrement de confirmation, des contrats de mariages, toutes choses que le peuple ignorait ou négligeait. » (Vie de Malachie évêque d’Irlande)

1215 : le IVème concile du Latran dispose plusieurs choses au sujet de la confession à un prêtre: 1°: décrète qu’il est obligatoire à tous baptisé ayant l’usage de la raison de se confesser au moins une fois par an; 2°: il supprime définitivement la confession publique pour ne plus garder que la confession auriculaire (notons qu’au moment du concile, la confession publique n’était déjà plus utilisée que pour les péchés les plus graves et déjà connus de tous). Ce concile ajoute donc à la confession à un prêtre, de nouvelles règles disciplinaires, mais ne l’invente absolument pas !

Il est intéressant de noter qu’en 1529, Luther, dans son Petit catéchisme, écrit la chose suivante:

Qu’est-ce que la confession ? La confession comprend deux choses: premièrement, on doit avouer ses péchés; deuxièmement, on doit la recevoir, de la bouche du confesseur, l’absolution ou rémission des péchés comme venant de Dieu lui-même, et croire sans aucun doute que par elle les péchés sont réellement pardonnés devant Dieu.’

Par là, Luther expose l’exacte doctrine catholique sur le sujet (pourtant 12 ans après le début de sa révolte), cela prouve plusieurs choses : Luther était un soit un menteur soit un schysophrène lorsqu’il préchait que la confession auriculaire ne venait pas de Dieu, et l’église luthérienne d’aujourd’hui, en ne pratiquant pas cette confession, contredit son propre fondateur qui lui même se contredisait… un vrai bazarre quoi ! Notons au passage que l’église luthérienne de Suède, elle, a cette confession, ce qui prouve que l’église luthérienne n’est pas universelle (elle n’a pas la même foi partout) donc elle n’est pas celle du Christ.

On trouve la déclaration suivante de Luther dans Prélude sur la captivité babylonienne :  » Je préférerais plutôt continuer à être soumis à la tyrannie du Pape que d’abolir la Confession.  »

Melanchthon déplorait amèrement la disparition de la Confession et déclarait qu’il était nécessaire de la rétablir.

Henry VIII, avant de tomber dans ses terribles excès, parlait ainsi de la Confession dans son livre sur la défense des Sacrements :  » Si je n’avais pas lu la doctrine de la Confession dans les Écritures ou dans les livres des Pères de l’Église, il me suffirait de voir comment elle a été pratiquée par tous les peuples chrétiens dans tous les âges pour me convaincre qu’elle n’est pas une invention humaine mais une loi divine.  »

Peu à peu, les réformateurs furent cependant contraints par leurs partisans, qui ne toléraient plus la moindre contrainte et voulaient donner libre cours à leurs pires passions, de rejeter la doctrine et la pratique de la Confession. Et jusqu’à ce jour, les plus éclairés des protestants déplorent la perte des consolations qu’apporte ce Sacrement.

Leibniz, illustre philosophe protestant, affirme en parlant de la Confession :  » Nous devons admettre que l’institution de la Confession est digne de la sagesse divine et que la religion chrétienne ne contient rien qui soit plus noble ou plus admirable. L’obligation de se confesser contribue grandement, premièrement, à nous garder du péché – surtout si notre cœur n’a pas été déjà endurci et perverti. Deuxièmement, elle est d’une grande consolation pour ceux qui par malheur tombent, car elle les aide à se relever. Pour cette raison, je considère qu’un confesseur pieux, grave et prudent est un puissant instrument de Dieu pour le salut des âmes. Par ses conseils, il forme nos affections, il signale nos défauts et nous prévient des occasions de péché. Il nous exhorte à restituer ce nous avons volé, à réparer les injustices que nous pouvons avoir commises; il résout nos doutes et nous console lorsque nous sommes déprimés. En un mot, il aide à guérir ou à tout le moins alléger la faiblesse de notre âme.

 » Si, sur terre, on ne trouve guère une chose qui soit supérieure à un ami fidèle, que pourrait-on dire de cette personne qui se trouve obligée par un inviolable Sacrement de religion à garder le secret de nos confidences, à nous accorder son aide et à nous donner ses conseils.  »

Ce glorieux témoignage, écrit après mûre réflexion par un célèbre théologien protestant, devrait être médité par tous les penseurs sérieux.

Rien d’étonnant à ce que de nos jours des milliers et des milliers de protestants sincères et avancés tentent de restaurer la Confession dans leurs Églises.

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Cette entrée a été publiée le 18 décembre 2013 par dans Foi Catholique.
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