L’inquisition : les temps, les causes, les faits 6/7


II

[…] L’Inquisition n’a pas été rétablie tout à coup en Espagne, au XVe siècle[119], sans motif, à la fantaisie du Pape ou sur le caprice du Roi. Si l’on remonte à l’origine, on la voit surgir, non plus comme au XIIIe siècle, du péril de la foi, à l’appel de nome, mais d’une crise intense de nationalisme, sous la seule poussée du patriotisme espagnol.

Elle est née espagnole. Elle a été le geste spontané et réfléchi d’un peuple excédé par une longue oppression, qui voulait vivre et qui a signifié à l’étranger campé chez lui, aux Mores et aux Juifs, sournois et toujours hostiles, qu’il entendait être le maître dans son pays, dans sa patrie, défendre et faire respecter, avec sa liberté, ses traditions.

L’histoire de l’Espagne, au Moyen Âge, ne se fractionne pas, comme celle des autres nations, en maints chapitres variés : c’est un drame en un acte : l’effort héroïque d’une race écrasée, trop fière pour s’avouer jamais vaincue, qui se relève et reconquiert, pouce par pouce, à grands coups d’épée, le sol national.

Les luttes de Rome et de Carthage ont duré longtemps, coupées de trêves prolongées qui en brisent l’unité. Nous avons, dans nos annales, la guerre de Trente Ans, la guerre de Cent Ans : du VIIIe siècle au XVe, l’Espagne a vécu dans les camps, l’épée au poing, face à l’ennemi, toujours le même, absorbée par cette guerre d’indépendance, la reconquista, qui a duré 781 ans (711-1492).

L’invasion musulmane, en 711, favorisée par les Juifs, à une heure de décadence, a été un effondrement pour l’Espagne. Il s’en est fallu de peu, au VIIIe siècle, que l’islam, maître déjà de l’Asie, de l’Égypte, de l’Afrique du Nord et de l’Espagne, ne ravage, comme un cyclone, toute la chrétienté. Si la Gaule avait fléchi, l’Italie, l’Allemagne, le reste de l’Europe y passait.

Depuis quinze ans déjà, les hordes sarrasines avaient envahi tout le Midi, avec femmes et enfants, pour s’y installer ; et elles montaient toujours : à l’Est, jusqu’à Sens ; à l’Ouest, jusqu’à la Loire, lorsqu’en 732, les Francs de Charles Martel les refoulèrent, d’une seule ruée, au-delà des Pyrénées.

L’Espagne n’avait point eu de Charles Martel ; mais elle a trouvé en Pélage (Pelayo) la vaillance et l’indomptable foi de Judas Macchabée.

Retranché à l’extrême Nord, dans les gorges des Asturies, sur les cimes pelées des monts de Castille, avec les patriotes qui refusaient de subir le joug, il a fait ce rêve fou de la lutte et de la revanche.

Avec quelle sauvage énergie, ces réfugiés se défendirent, dans leurs montagnes, comme des lions ; avec quelle ardeur ils s’entraînèrent à une guerre de partisans, farouche, sans répit, qui engendra, par centaines, des héros comme le Cid ; comment ils parvinrent à reconstituer peu à peu, sur les terres lentement reconquises, les royaumes très précaires de Léon et de Castille, d’Aragon et de Navarre, qui prirent du corps et de l’extension sous l’effort continu des générations ; comment enfin, à l’heure où s’achevait la tâche gigantesque de la libération du territoire[120], le mariage de Ferdinand d’Aragon et d’Isabelle de Castille cimentait à nouveau, entre Espagnols du moins, l’unité nationale : c’est toute l’histoire médiévale de l’Espagne.

Point n’est besoin de fictions ni de légendes pour hausser au sublime cette lutte séculaire : ici, les héros sont vivants et c’est assez d’enregistrer leurs gestes pour écrire l’Épopée.

Ces huit siècles de guerre, qui se chiffrent par plus de 3 000 batailles ; qui tinrent des générations entières en activité fiévreuse, l’âme tendue vers le même but[121], qui furent huit siècles de sacrifice et de deuil, avaient laissé, avec l’énergie, quelque rudesse dans le tempérament de l’Espagnol et marqué sa physionomie d’une note austère de mélancolie que le temps n’a point encore effacée.

La prise de Grenade, en 1492, dont la gloire revient à Isabelle, mettait fin à la domination des Kalifes, depuis longtemps humiliée et amoindrie : la foi de Pélage avait sauvé l’Espagne.

Mais, « les deux Bois », comme on disait, car la Reine gouvernait son royaume et les sceptres n’étaient pas confondus, les deux Rois n’avaient point attendu cette suprême victoire pour entreprendre l’œuvre de pacification sociale.

Trois peuples, trois mondes restaient en présence que séparaient la race, la religion et les souvenirs, les rancunes plutôt du passé : l’Espagnol autochtone et chrétien ; le More, si longtemps le maître, vaincu de la veille, que des intérêts ou des mariages fixaient au sol ; le Juif, rebelle à toute fusion, qui vivait sur les deux autres.

Partout, au Moyen Âge, la religion était l’ossature du corps social : Ferdinand et Isabelle s’appliquèrent donc à éliminer les éléments irréductibles et à fondre peu à peu les autres dans le christianisme, pour refaire, progressivement et sans secousse, l’unité morale et oblique du royaume, ou, du moins, pour désarmer l’adversaire et prendre des garanties contre un retour offensif.

La conversion était l’unique solution du problème. Nous n’assimilerons jamais nos populations indigènes de l’Algérie et de l’Afrique du Nord, tant qu’elles seront musulmanes.

Ils ne brusquèrent pas les choses, c’est justice à leur rendre. Ils procédèrent avec de sages ménagements : émigration facilitée, libre exercice du culte musulman, dispense d’impôts pendant trois ans dans l’ancien royaume de Grenade ; mais, défense aux résidants de déshériter leurs enfants baptisés, dotation, sur les prises de guerre, des filles devenues chrétiennes, et affranchissement des esclaves convertis [122]; avec cela, érection d’évêchés, missions [123], prédications, création de collèges spéciaux pour l’étude des langues orientales en vue de l’apostolat, travaux d’érudition et de controverse sur le Coran et le Talmud, etc.

La méthode était bonne. Elle visait les jeunes plutôt que les vieux et il est certain qu’avec le temps, au bout de quelques générations, elle devait donner des résultats.

Elle échoua pour avoir trop bien réussi, au début.

Effrayés du nombre des conversions, les vieux partis musulmans, avec la connivence des Juifs, – car là-bas, Isaac et Israël s’étaient réconciliés ; Jacob avait prudemment rendu à Ésaü son droit d’aînesse, il avait fait son nid à l’ombre du croissant et prenait des compensations sur le chrétien – les fanatiques alarmés provoquèrent des soulèvements répétés qui furent, sévèrement réprimés (1499-1501) et le gouvernement crut être habile en imposant l’option entre le baptême ou l’exil[124].

Par centaines, Mores et Juifs se convertirent ; conversions suspectes et frelatées qui ne pouvaient satisfaire personne et qui aigrirent davantage les mécontents. Elles suscitèrent bientôt de nouvelles réactions, des vengeances, des émeutes qui prirent les proportions d’une insurrection où l’armée espagnole, un moment, eut le dessous. Mais les révoltés, embarrassés de leur victoire sans lendemain, se rendirent à merci[125].

Une deuxième fois, les étrangers eurent à se prononcer entre le bannissement ou le baptême. L’intérêt l’emporta sur la conscience : ils se firent chrétiens en masse.

Mesure néfaste, qui suffit à dompter la crise, sans guérir le mal. Non seulement, les Moriscos et les Maraños (maudits) – c’est ainsi que leurs congénères appelaient ces nouvelles recrues – Arabes et Juifs grimés en catholiques, contamineront les populations chrétiennes, comme un ferment mauvais ; mais, dans les veines des enfants, le sang des ancêtres aura de terribles réveils.

Ces oppositions sourdes, tenaces, souvent violentes, se heurteront à l’Inquisition que le gouvernement espagnol avait dû déjà opposer aux judaïsants, agents sournois d’hérésie et d’anarchie.

Depuis longtemps les Juifs, installés au Ier siècle dans la Péninsule, jouaient cette comédie de la conversion. Dès avant la conquête musulmane, l’Église, aussi bien que l’État, avait dû se défendre. Mais, sitôt que les rois Goths et les évêques songèrent à les mettre à la raison et à les tenir à l’écart des affaires[126], ils exécutèrent un mouvement tournant et rentrèrent dans la place, par le baptême.

L’appui qu’ils donnèrent aux Mores leur valut certains privilèges, sous le gouvernement des Kalifes[127]. Et, au lieu de reculer, d’abandonner le terrain, à chaque étape de la conquête, avec les Sarrasins battus, ils restaient sur place, au service des nouveaux maîtres.

En Espagne, comme ailleurs, argentiers des Princes, ils étaient tout-puissants. La haute aristocratie ruinée se mésalliait en épousant de riches juives et ces mariages décuplaient l’influence de la secte : plus le More reculait, plus le Juif entrait dans la société espagnole, les convertis surtout, les Maraños, qui faisaient parade de leur baptême et dont on se défiait moins.

Ils avaient beau jeu, avec ce peuple chevaleresque, absorbé par la guerre ; avec ces rois, chefs d’armée, toujours en campagne, à qui l’argent manquait et qui avaient besoin d’eux.

Alors on les vit s’emparer de tous les emplois lucratifs, s’installer dans les administrations publiques, se hisser aux situations officielles, briguer toutes les charges, toutes les dignités, de l’État ou de l’Église, car on les trouve jusque dans le Conseil royal et sur les sièges épiscopaux. Et, ceux-ci aidant les autres, l’Espagne s’enjuivait tous les jours davantage.

Maîtres du commerce et des banques, mêlés à toutes les affaires du pays, ils réclamaient l’autonomie pour leurs propres affaires ; ils avaient leur code, leurs juges, des privilèges et des exemptions que leur vendaient à prix d’or les Rois à court d’argent[128].

Mais les choses n’allaient pas toujours tout droit. Le peuple, pressuré jusqu’au sang par l’usure, outré de leurs vexations et de leur morgue, les détestait. Il suffisait de quelques profanations de croix ou d’hosties, dont ils ne s’abstenaient jamais longtemps, pour déchaîner, soudain, des explosions de colère, qui dégénéraient en massacres (1390-1473).

À chaque instant, dans l’histoire, on voit les Papes, dont ils ont plus d’une fois lassé la patience, intervenir pour les protéger, sans toutefois tolérer leurs méfaits. Car l’Église qui prie officiellement pour eux, le Vendredi-Saint, en les qualifiant comme ils le méritent :pro perfidis Judæis, l’Église seule a su garder, vis-à-vis des Juifs, la juste mesure. Elle a empêché, tant qu’elle l’a pu, qu’on leur fît violence ; elle a empêché, tant qu’elle l’a pu, qu’on leur fît confiance[129].

Plus encore que les Mores, les Juifs, au Moyen Âge, étaient la plaie de l’Espagne.

« Infidèles au Christ et à Moyse, ils prévariquaient dans les deux religions. L’Espagne chrétienne, minée par la base, entendait le bruit de sape, sans apercevoir les ouvriers qui préparaient sa ruine[130]. »

Un temps vint où la mesure fut comble[131].

La conspiration avortée de 1473, qui faillit livrer aux Mores d’Afrique la forteresse de Gibraltar, provoqua un tel mouvement d’opinion que les Souverains comprirent qu’il était urgent d’aviser. L’Inquisition fut décidée.

Avant d’en venir aux rigueurs, ils donnèrent un répit, un temps de grâce, deux années de patience, d’efforts pacifiques, de prédications, de missions.

La façon insolente dont les Juifs répondirent à ces avances, un complot éventé à Tolède (1485), l’assassinat d’un légat à Saragosse[132](1485), suivi, peu après, d’un crime odieux, qui fit un bruit énorme dans toute l’Espagne et raviva le souvenir de méfaits analogues en 1452, 1454, 1468, le meurtre rituel d’un enfant de la Guardia (province de Tolède)[133], tout cela aboutit à l’édit de Grenade, en 1492, qu’ils tentèrent en vain de faire rapporter à prix d’or.

Le Roi, sous la pression populaire, dut tenir bon et l’ultimatum fatal fut maintenu : convertis ou proscrits !

On leur laissait six mois pour liquider leurs biens[134].

Cette fois, le risque était trop gros ; la masse préféra l’exil : exode lamentable dont on a exagéré les proportions[135], mais dont on ne peut guère faire grief à l’Espagne.

En 1609, il fallut bannir de la même façon les convertis arabes que les ménagements rendaient de plus en plus hardis[136] et qui avaient préparé, de concert avec leurs frères d’Afrique, un massacre général de chrétiens à Grenade et une restauration de l’empire musulman.

III

Pendant trois cents ans, l’Inquisition fonctionna en Espagne, non pas, encore une fois, contre les Musulmans ni contre les Juifs pour leur imposer la foi, mais contre les maraños et les moriscos, ces chrétiens de race juive ou arabe, apostats, qui, sous le masque catholique, trahissaient la religion et le pays, puis contre les protestants et, plus tard, contre les Francs-maçons [137].

On dit trop facilement, dans notre camp, que l’Inquisition d’Espagne fut une affaire purement politique, une machine d’État, dont les excès ne regardent pas l’Église.

Ce n’est point tout à fait exact.

L’Inquisition est née espagnole, dans le sens où nous l’avons dit, mais l’Église l’a baptisée. Elle est, de sa nature, une institution ecclésiastique. Le gouvernement espagnol, qui en avait besoin, qui la voulait[138], l’a demandée au Pape, parce que seul le Pape avait qualité pour l’établir. Que Sixte IV ne s’y soit point prêté de bon gré, qu’il n’ait cédé que sur la menace d’une rupture, pour éviter au Saint-Siège de gros embarras, il n’en est pas moins vrai que l’Inquisition fut érigée canoniquement, par une bulle pontificale du 1ernovembre 1478[139].

Pourquoi ne pas dire tout simplement que ce tribunal d’Église fut tout de suite dominé, accaparé par l’État ; que les rois d’Espagne y furent omnipotents ; qu’ils le détournèrent de son but ; que la politique en faussa l’esprit ; que, chez certains inquisiteurs, le patriote dévoyant le moine, la voix du sang a trop souvent étouffé la voix de la conscience, et qu’alors, s’il y a eu des abus, et il y en eut, on serait mal fondé à les imputer à l’Église, puisqu’ils ne sont pas son fait et qu’elle n’a rien négligé pour les prévenir et les réprimer ?

Que l’Espagne porte donc la responsabilité de ses implacables justices : l’histoire ne lui conteste pas le droit de plaider les circonstances atténuantes et d’invoquer la Raison d’État, puisque l’ordre public et la sécurité de la nation étaient en jeu.

Les Espagnols, on l’avouera, n’avaient pas grands motifs de se montrer tolérants, et mille raisons les invitaient à la vigilance et à l’énergie.

D’autre part, au lendemain de la victoire, et déjà auparavant, Ferdinand et Isabelle se trouvaient aux prises avec une féodalité turbulente qui avait bénéficié, durant la guerre, des soucis et des embarras du Pouvoir central : clergé jaloux de ses privilèges, noblesse fière de ses prérogatives, communes frondeuses en possession de leurs chartes, grands ordres militaires retranchés derrière leurs exemptions[140], tous ces clans rivaux, qui entretenaient par leurs intrigues l’agitation dans le pays, représentaient des forces avec lesquelles il fallait compter[141].

Se libérer de ces influences, s’affranchir de ces entraves, abattre ces puissances, restreindre ces libertés, réduire ces factions aristocratiques, dominer les seigneurs et le haut clergé pour asseoir plus solidement l’édifice de la Monarchie sur les débris de cette féodalité : tel fut l’objectif des Souverains ; et, sous couleur de défense religieuse, ils mirent la main sur l’Inquisition, pour faire plus rapidement, en frappant les personnes et les fortunes, ce travail de concentration, de nivellement et d’absorption, qui, en France et en Allemagne, avait demandé des siècles[142].

Voilà les deux ornières dans lesquelles s’est enlisée l’Inquisition d’Espagne : le patriotisme énervé d’un peuple poussé à bout ; la politique tortueuse d’un gouvernement en crise d’absolutisme.

Les Papes du Moyen âge n’avaient pas cessé de protester contre les écarts de l’inquisition  d’Italie et du Languedoc[143] : Sixte IV s’est élevé, avec la même fermeté, contre les agissements de l’Inquisition d’Espagne […]

La Providence et l’existence du mal


Le Sacerdoce : une doctrine biblique


La Bible enseigne l’existence d’un clergé, mis à part des laïcs de l’Église, et donne des indications sur le ministère sacerdotal.

Le sacerdoce comme nous le connaissons aujourd’hui n’a pas grande place dans le Nouveau Testament. Cela s’explique par la doctrine du développement de la doctrine : dans les débuts du christianisme, certaines choses n’étaient comprises que d’une façon sommaire, basique. Cela est vrai même pour des doctrines acceptées par tous les chrétiens comme la Sainte Trinité ou le péché originel. Le canon des livres bibliques n’a été définitivement adopté qu’au bout de quatre siècles.
C’est aussi un fait que le sacerdoce avait un rôle discret dans l’Église primitive, celle-ci n’étant pas encore totalement séparée du judaïsme : l’autorité des prêtres juifs était encore acceptée. Actes 2, 46 décrivent les chrétiens de Jérusalem «Jour après jour, d’un seul cœur, ils fréquentaient assidûment le Temple et rompaient le pain dans leurs maisons ». L’apôtre Paul a offert des sacrifices dans le Temple vers l’an 58 (Ac 21, 26), reconnaissant l’autorité du grand prêtre juif, se décrivant lui-même comme « pharisien » (Ac 23, 5-6) et observait les fêtes juives (Ac 20, 6).

Il est cependant aisé de trouver l’évidence d’un sacerdoce chrétien dans la Bible. A la dernière Cène, Jésus confie à ses disciples la tâche de célébrer l’aspect central de la liturgie de la Messe, à savoir la consécration du pain et du vin (Lc 22, 19). Paul préside l’Eucharistie en Ac 20, 11. Les disciples ont de fait été des modèles de vie sacerdotale : totalement consacrés à Dieu, répondant à son appel toute leur vie durant. Jésus les a choisi et les a mandatés, et ils sont devenus ses amis (Jn 15, 15-16). Il était leur seul maître (Mt 6, 24). Leur ministère était permanent (Lc 9, 62) et ils étaient appelés à un engagement radical impliquant même de quitter leurs possessions et leurs familles (Mt 4, 22 ; 19, 27 ; Lc 14, 26). Le prêtre disciple doit accepter les épreuves et les privations, il doit choisir de se renier (Mt 8, 19-20) et, s’il est appelé, à vivre en célibataire, afin de se dévouer totalement au Seigneur (Mt 19, 12 ; 1 Co 7, 7-9). Les prêtres servent le Corps du Christ (1 Co 3, 5 ; 9, 19 ; 2 Co 4, 5) et distribue les sacrements (1 Co 4, 1 ; Jc 5, 14 ; Mt 28, 19). Ce sacerdoce offrant des « sacrifices » en « tout lieu » inauguré dans le Nouveau Testament était prophétisé en Isaïe 66, 18.21 et Malachie 1, 11.

Certains citent 1 Pierre 2,5.9 (cf. Ap 1, 6 ; 5, 10 ; 20, 6) qui déclarent que tous les chrétiens sont prêtres, et que donc il n’y a pas de sacerdoce ministériel. Mais Pierre cite Exode 19, 6 : « Je vous tiendrai pour un royaume de prêtres, une nation sainte». Ce passage ne signifie pas qu’il n’y avait pas de sacerdoce chez les Hébreux puisque dans le Lévitique, les prêtres sont décrits comme une classe à part. En fait, le même chapitre de l’Exode distingue les « prêtres » et le « peuple » (Ex 19,21–24 cf. Jos 3,6; 4,9). Ainsi il faut interpréter « prêtres » en 1 P 2, 5 comme signifiant un peuple choisit, particulièrement saint. La notion de « sacrifices spirituels » (foi, louange, offrande au prochain) s’applique à tous les chrétiens (Phil 2, 17 ; Hb 13, 15-16), en raison de leur sacerdoce baptismal, distinct donc du sacerdoce ministériel.

Source : Cathobiblique

Découverte d’une lettre prouvant l’inexistence de Jésus


Il y a quelques jours, une lettre a été découverte dans les catacombes de Rome. Et, celle-ci concernait l’Eglise catholique. Il semblerait que tout soit faux depuis le départ. En fait, la Bible ne serait qu’un ensemble de textes qui ont été compilés par des auteurs anonymes – mais donc, qui n’ont rien de vrais. Depuis la découverte de ladite lettre, des questionnements notamment au sein du Vatican n’ont cessé de faire surface. Et la lettre permet également de comprendre certaines paroles de Papes tels que Léon X, qui affirmait déjà que l’hisotire du Christ n’est qu’une fable. Mais que cela permettrait certainement de manipuler les masses, car, en maintenant une menace sur un peuple, cela le tiendrait loin d’une certaine et éventuelle révolte. A ce propos, c’est également la question de l’existence de Dieu qui a été mise en cause. Mais, pour le moment, il est prévu que le Vatican fasse une annonce après la célébration de Pâque. Sur ce, nous verrons bien ce qu’il a à dire sur cette question.

Les premières lignes de la lettre

Les premières lignes de la lettre

D’autres parts, il faut relever qu’une lettre citée par de nombreux Pères de l’Eglise a souvent été mentionnée, sans que celle-ci n’ait été retrouvée. On a souvent supposé que la lettre se trouvait vraisemblablement dans la Bibliothèque d’Alexandrie – et qu’elle aurait été brûlée en même temps que l’incendie qui avait touché cette Bibliothèque célèbre de l’Antiquité. Par exemple, Basile de Césarée notait déjà que : <L’existence d’une telle ouevre [parlant de la lettre] ne doit être révélée, car ce serait la fin de tout le travail qu’on aura fourni jusqu’à présent>. On a toujours recherché de quelle lettre il s’agissait là, mais jamais, aucune réponse satisfaisante n’avait été donnée. Dès lors que la fracassante lettre a été découverte, les hypothèses semblent converger vers la même fin, à savoir qu’il s’agit là de la lettre récemment découverte (qu’on identifie donc à celle citée par certains Pères et écrivains ecclésiastiques). Basile de Césarée n’est pas le seul à avoir fait une remarque. Chez Arius, qui est considéré comme hérétique, à cause de l’arianisme, qui disait que le Fils n’est pas de la même substance que le Père, on peut lire ce qui suit : <Cette lettre doit impérativement être mise de côté; non seulement parce qu’elle contredit la foi, mais également parce que, si elle venait à être découverte, alors, il faudrait se rendre à l’évidence que tout ce que nous avons cru jusqu’à présent n’était que pure fantaisie>. On comprend d’ailleurs, pour quelles raisons, il y a quelques années, le Vatican avait voulu changer le Notre Père… Pour ce qui concerne cette mystérieuse lettre, vous pouvez trouver les références chez d’autres auteurs tels que le plus grand Père de l’Eglise – S. Augustin, dans son traité contre les donatistes (Livre I, chapitre 4) ; ou encore dans De Trinitate (Livre VI, chapitre 1) , chez Athanase d’Alexandrie, Eusèbe de Césarée ; Origène d’Alexandrie dans son Traité des Principes (Tome 4, aux éditions Sources Chrétiennes), saint Jean Chrysostome quant à lui disait clairement que : <Il est évident que tout n’est forgé que sur le mensonge, et que, Dieu, il est certain, n’est pas ; or, ce qui importe à tous, c’est de faire croire au peuple que tout cela est vrai et ainsi, tous éviteront une quelque révolte.> ; et également chez la plupart des médiévaux, par exemple S. Anselme dans son Proslogion, lorsqu’il énonce la fameuse preuve ontologique de l’existence de Dieu, affirme en fin du chapitre II, qu’il serait vain de prouver Dieu, car une certaine lettre soutient que tout n’a été forgé que sur des mensonges ; Thomas d’Aquin, le docteur angélique, relève également une certaine lettre dans son De ente et essentia ; mais également dans sa Somme contre les Gentils (Livre I, chapitre 43) ; Saint Bernard de Clairvaux parle également de cette lettre ; mais très discrètement. On peut encore citer des auteurs, plus tard dans l’histoire, tels que saint Bonaventure, Sainte Thérèse de Lisieux, Sainte Thérèse d’Avila…

Les premières pages de la lettre, écrites en grec ancien, laissent entendre que, dans les premiers siècles, il y a des hommes qui seseraient mis à écrire une histoire totalement délirante au sujet d’un personnage qui faisait des miracles ; et qu’ensuite, tous ceux qui avient découvert la supercherie avaient été tués par ces hommes qui se nommaient des Chrétiens ; alors que, dans la ville, personne n’avait jamais entendu parler d’un personnage nommer Jésus. On comprend d’ailleurs pourquoi certains évêques avaient recommandé au pape Jules III ce qui suit : <La lecture de l’Évangile ne doit être permise que le moins possible surtout en langue moderne et dans les pays soumis à votre autorité. Le très peu qui est lu généralement à la messe devrait suffire et il faudrait défendre à quiconque d’en lire plus>. Le contenu, les premières pages de la lettre sont les suivantes :

<Mon cher Théophile, il est important que tu saches ce qui s’est passé dans les premiers siècles. Des personnes, certainement mal intentionnées ont inventé une histoire de toute pièce, afin de soumettre le peuple. Ils affirment qu’un personnage du nom de Jésus aurait existé ; or, aucune trace n’a été trouvé jusqu’à présent. Moi qui suis originaire de Nazareth, et ayant vécu en ces lieux, je puis te certifier que rien de tel n’a jamais eu lieu. C’est pourquoi, j’ai absolument besoin que tu répandes la nouvelle afin de dénoncer l’imposture. Car, tous ceux qui essayent de dénoncer l’imposture, sont tués par ces personnes se disant et se nommant  « Chrétiens ». Leur seul but n’a été que de soumettre le peuple. C’est pourquoi d’ailleurs, nous sommes combattus. Nous connaissons d’ailleurs celui qu’ils appellent Jean, qui est notre frère ; mais celui-ci nous a clairement certifié qu’un personnage de Yeshoua n’était pas né aux environs ; ou même que, rien, dans les textes des Juifs, qui eux également ne sont qu’une pure invention, ne certifiait la venue d’un prétendu Messie…>

Ces quelques lignes sont certes fracassantes, raison pour laquelle la lettre doit être examinée avec soin. Les premières analyses au Carbonne 14 ont montré que la lettre provient du premier siècle ; et qu’elle a été probablement écrite par Polycarpe qui, d’ailleurs comme le reconnaît la tradition de l’Eglise, était un disciple de Saint Jean. Or, dans cette lettre il affirme que Saint Jean ne connaît aucun Jésus, et donc que Jésus n’a jamais existé. Pour lire les quelques extraits en grec, et les avancées sur ce sujet, veuillez-consulter et cliquer sur le lien suivant.

Démonstration de la Virginité Perpétuelle de Marie: synthèse


Toute l’explication de la doctrine catholique sur Marie: ici

I) Les preuves bibliques de la Virginité Perpétuelle de Marie :

A) La réponse de Marie à l’ange dans Luc I indique qu’elle fit vœu de virginité perpétuelle

Luc I:30-34- « L’ange lui dit : « Ne craignez point, Marie, car vous avez trouvé grâce devant Dieu. Voici que vous concevrez en votre sein, et vous enfanterez un fils, et vous lui donnerez le nom de Jésus. Il sera grand, on l’appellera le Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera éternellement sur la maison de Jacob, et son règne n’aura point de fin. » Marie dit à l’ange :  » Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d’homme ?  » »

L’ange apparaît à Marie et lui dit qu’elle va concevoir et enfanter un fils. Marie répond en disant: ‘Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d’homme ?’ La signification réelle c’est : ‘Comment cela se fera-t’il ? puisque je suis vierge’. Et pourquoi ça ? Eh bien parce que Marie comprenait comment les enfants étaient conçus. Ainsi, sa réponse n’a de sens que si elle avait fait vœu de virginité à vie ; elle se demandait comment elle pouvait concevoir tout en étant vierge. En  effet, si Marie comprenait que la conception de l’enfant se ferait par miracle, elle ne poserait pas la question ‘Comment cela se fera-t’il’, en outre, si son futur mariage avec Joseph était un mariage « normal » où les époux ont des rapports charnels, elle ne serait pas étonnée de l’annonce de l’ange et ne dirait pas non plus ‘ je ne connais point d’homme‘. Ainsi, la seule explication logique de sa réponse à l’ange est qu’elle s’était vouée à la virginité, ce qui n’est pas contraire à son engagement Joseph: le comportement moral à l’époque dictait que les vouées à la virginité devaient avoir un protecteur masculin, qui garderait et respecterait le vœu. Voilà quel fut le rôle de Joseph.

Une preuve historique solide de ce que la théologie catholique affirme depuis des siècles a récemment été découvertes : «La conception virginale était aussi peu crédible à l’époque qu’aujourd’hui. Elle allait à contre-courant du contexte culturel du Premier Testament, où la virginité était perçue de manière négative. C’est la raison pour laquelle on a longtemps considéré que le vœu perpétuel de virginité prononcé par Marie, tel qu’il découle du texte de Luc, était incompatible avec la mentalité juive, cantonnant la femme dans son rôle de procréateur. On avait de bonne raisons de penser qu’il s’agissait là d’une invention tardive, jusqu’au jour où, sur un rouleau de Qumrân, on trouva mention de ces vœux de continence, pour des raisons d’oblation religieuse, même à l’intérieur du mariageCe texte réagissait à certain excès, ce qui laisse entendre que les cas n’étaient pas si rares: «Si une jeune fille a fait un vœu de virginité sans que son père en soit averti, il peut là relever de son vœu. Dans le cas inverse, lui et sa fille sont tenus par ce vœu. Si une femme marié prononcé un tel vœu sans que si mari le sache, il peut déclarer ce vœu nul. Si toutefois il est d’accord avec une telle mesure, les deux sont dans l’obligation de le garder.» (Jean-Christian PETITFILSJésus, Fayard, 2011)

Notons que Daniel RAFFARD de BRIENNE, disait: « ‘On suppose parfois que la question de Marie signifie : je ne veux pas connaître d’homme; on admet alors chez elle la volonté de garder sa virginité, mais le présent du verbe indique un état non une volonté’. On remarque le balancement du texte : on suppose parfois … on admet alors … mais…, avec in causa un argument négatif et inexact: Le présent (grec, latin ou français) correspond ici à l’imparfait du texte hébraïque original. L’imparfait hébreu désigne une action inachevée et recouvre à la fois notre présent et notre futur: il peut indiquer à la fois l’état et la volonté. » En d’autres termes: la réponse que Marie fit à l’ange en araméen peut littéralement être traduite au présent au futur. Ainsi, ce qui fut traduit en grec à partir du texte araméen original par ‘je ne connais pas d’homme‘ aurait pu et aurait dû être traduit par ‘je ne connaîtrai pas d’homme‘, ce qui prouve le voeu de virginité qu’elle fit.

Notons par ailleurs qu’il est souvent cru que les Evangiles furent initialement écrit en grec: c’est faux: nous avons des preuves (en annexe: bas de document) qu’au moins l’Evangile selon saint Matthieu (celui qui nous intéresse ici) fut initialement écrit en araméen…

Les objections contre cette affirmation sont exposées à la fin de cet article: http://www.icrsp.org/Calendriers/Mois-St-Joseph/Textes/St-Joseph-St-Thomas-Virginite-B-Vierge-Marie.htm. Et comme il est démontrer dans celui-ci: http://www.mariedenazareth.com/qui-est-marie/le-voeu-de-virginite-de-joseph-avec-marie-0, ce voeu fut fait antérieurement au mariage mais ultérieurement aux fiançailles.

B) Jean XIX: 26 prouve que Marie n’a pas eu d’enfant autre que Jésus

En mourant sur la croix, Jésus confie sa mère à la garde de Saint Jean l’Apôtre.

Jean 19:26-27 – «Jésus, voyant sa mère, et auprès d’elle le disciple qu’il aimait [ Jean ], dit à sa mère : Femme, voilà ton fils. Puis il dit au disciple : Voilà ta mère. Et, dès ce moment, le disciple la prit chez lui

Des érudits soulignent que ce fut un acte formel de mandatement. (Gerry Matatics, Biblical Foundations International, Dunmore, PA.) Jésus confia Sa mère à St Jean afin qu’il prenne soin d’elle. Si Marie avait eu d’autres enfants, Jésus n’aurait pas dit à St Jean de prendre Marie pour mère. Elle aurait été mise sous la garde d’un autre de ses enfants si elle en avait eu comme c’était l’usage chez les juifs. Le fait que Jésus ait confié Marie à St Jean prouve qu’elle n’avait pas d’autres enfants.

Certains tentent de répondre à cela en affirmant que les ‘frères’ de Jésus ne sont pas croyants et c’est pourquoi Jésus l’a confié à St Jean. Eh bien, c’est réfuté dans Actes 1:14, où il est dit que les ‘frères’ de Jésus étaient des croyants. Jésus savait qu’ils étaient ou deviendraient croyants, et donc il ne l’aurait pas confié à St Jean s’ils étaient Ses vrais frères et sœurs. D’autre tentent encore de dire que l’Apôtre Jean serait le dernier des fils de Marie, mais c’est réfuté par les Evangiles qui disent qu’il était le fils de Zébédée (Mat X, 2 et Mc XVI, 17) et de Salomé (cliquer ici).

Rappelons de plus qu’en Matthieu XV, le Christ tance les pharisiens qui ne prennent pas soin de leurs parents…

C) La Virginité Perpétuelle de Marie était annoncée dans l’Ancien Testament :

Ezechiel 44 et la prophétie sur la porte fermée, est une prophétie sur la virginité perpétuelle de Marie

Ezéchiel 44:2 – « Et l’Eternel me dit : Cette porte sera fermée, elle ne s’ouvrira point, et personne n’y passera; car l’Eternel, le Dieu d’Israël est entré par là. Elle restera fermée.»

Que signifie cette porte fermée dans la maison du Seigneur, sinon que Marie est cette porte par laquelle le Seigneur doit passer pour venir en ce monde ? Et que « l’homme n’y passera pas » sinon que Joseph ne la connaîtra pas ? Que signifie : « Seul le Seigneur entre et sort par elle », sinon que le Saint-Esprit la fécondera et que le Seigneur naîtra d’elle ? Et « elle sera fermée », sinon que Marie est vierge avant l’enfantement, vierge dans l’enfantement et vierge après l’enfantement ? Si, comme nous le pensons, Jésus-Christ est Dieu, ce verset ne prouve-t-il pas la virginité perpétuelle de Marie ? C’est l’évidence même ! Voilà entre autre pourquoi Marie fut considérée comme «la Porte du Ciel» dans les écrits classiques catholiques.

Dans la littérature catholique, Marie est également appelé le « jardin clos », la «fontaine scellée» du Cantique des cantiques.

II)        La convenance théologique :

A) La démonstration des Pères, Docteurs et Conciles :

Après avoir montré qu’il est en effet raisonnable de penser que Marie mère de Jésus est restée vierge, il convient à présent de résoudre une donnée épineuse. On se demande souvent, même dans les rangs catholiques, comment est-ce possible qu’une femme après avoir donné naissance à un enfant, demeure vierge. En effet, à l’époque, les césariennes n’étaient point pratiquées ! A ce propos, laissons la Parole au Docteur Angélique, plus connu sous le nom de saint Thomas d’Aquin (St Thomas d’Aquin, Somme Théologique, « La virginité de la Bienheureuse Mère de Dieu », question 28):

Sans aucun doute, il faut affirmer que la mère du Christ est demeurée vierge même en enfantant. Car le prophète ne dit pas seulement « Voici que la Vierge concevra », mais il ajoute « Elle enfantera un fils. » Et l’on peut en donner trois raisons de convenance.

Cela convenait à ce qui est le propre de celui qui naîtrait, et qui est le Verbe de Dieu. Car non seulement le verbe est conçu dans notre cœur sans le corrompre, mais c’est aussi sans corruption qu’il sort du cœur. Aussi, pour montrer qu’il y avait là le corps du Verbe de Dieu en personne, convenait-il qu’il naquît du sein intact d’une vierge. On lit encore dans un discours du Concile d’Ephèse: « Celle qui engendre la chair seule cesse d’être vierge. Mais parce que le Verbe est né de la chair, il protège la virginité de sa mère, montrant par là qu’il est le Verbe. . . Car ni notre verbe, lorsqu’il est engendré, ne corrompt notre âme, ni Dieu, le Verbe substantiel, lorsqu’il choisit de naître, ne supprime la virginité. »

Cela convient quant à l’effet de l’Incarnation. Car le Christ est venu pour enlever notre corruption. Aussi n’aurait-il pas été convenable qu’il détruisît par sa naissance la virginité de sa mère. Aussi Saint Augustin dit-il « Il aurait été malheureux que l’intégrité fût détruite par la naissance de celui qui venait guérir la corruption. »

Celui qui a prescrit d’honorer ses parents ne pouvait en naissant diminuer l’honneur de sa mère.

Un passage de Saint Ambroise commente la loi citée par l’Évangile ( Lc 2, 23 )  : « Tout mâle qui ouvre le sein maternel sera consacré au Seigneur. » C’est ainsi, explique Saint Bède le Vénérable, « qu’on parle d’une naissance ordinaire ; il ne faudrait pas en conclure que le Seigneur, après avoir sanctifié cette demeure en y entrant, lui ait fait perdre, en en sortant, sa virginité ». Aussi  » ouvrir le sein  » ne signifie pas comme d’ordinaire que le sceau de la pudeur virginale est brisé, mais seulement que l’enfant est sorti du sein de sa mère.

Tout en voulant attester la réalité de son corps, le Christ a voulu aussi manifester sa divinité. C’est pourquoi il a mêlé les prodiges avec l’humilité. Aussi, afin de montrer la réalité de son corps, il naît d’une femme. Mais afin de montrer sa divinité, il procède d’une vierge. « Un tel enfantement convient à Dieu », chante St Ambroise dans un hymne de Noël.

Certains ont dit qu’à sa naissance le Christ avait pris la subtilité des corps glorieux, de même qu’en marchant sur la mer il a pris leur agilité.

Mais cela ne s’accorde pas avec ce que nous avons précisé antérieurement. En effet, ces « dots », ou qualités des corps glorieux, proviennent de ce que la gloire de l’âme rejaillit sur le corps, comme nous le dirons plus loin en traitant des corps glorieux. Mais nous avons dit plus haut que le Christ, avant la passion, permettait à sa chair d’agir et de souffrir comme cela lui est propre, et que ce rejaillissement de la gloire de l’âme sur le corps ne se produisait pas. Et c’est pourquoi il faut dire que tout cela a été réalisé miraculeusement par la vertu divine. Aussi St Augustin dit-il : « Les portes closes n’ont pas été un obstacle pour la masse du corps ou se trouvait la divinité. Il a pu entrer sans qu’elles s’ouvrent comme, en naissant, il avait laissé inviolée la virginité de sa mère. » Et Denys, écrit : « Le Christ produisait d’une manière surhumaine ce qui appartient à l’homme. C’est ce que montre une vierge qui le conçoit surnaturellement, et une eau fluide qui supporte la charge de ses pas terrestres. »

B) Il est inimaginable que l’Arche de la Nouvelle Alliance ait eu des rapports sexuels :

Comme le prouve les deux liens suivants, Marie est l’Arche de la Nouvelle Alliance :

https://philosophieduchristianisme.wordpress.com/2014/03/22/le-culte-marial-est-biblique-37-limmaculee-conception-suite-marie-est-larche-de-la-nouvelle-alliance/

http://cathobiblique.wordpress.com/2008/02/28/marie-est-la-nouvelle-arche-dalliance/

En tant que créature la plus sainte sur Terre, et vaisseau du Très-Haut, il est totalement incongru – contraire à la dignité et au rôle de l’Arche – de penser qu’elle aurait eu le moindre contact sexuel.

Pour préparer les gens à la venue de Dieu sur le mont Sinaï, Moïse a dit:

Exode 19:14-15-« Moïse descendit de la montagne vers le peuple; il sanctifia le peuple, et ils lavèrent leurs vêtements. Et il dit au peuple : Soyez prêts dans trois jours; ne vous approchez d’aucune femme

Quand David était en fuite et avait besoin du pain du prêtre, on peut lire:

1 Samuel 21:4– « Le sacrificateur répondit à David : Je n’ai pas de pain ordinaire sous la main, mais il y a du pain consacré; si du moins tes gens se sont abstenus de femmes !»

L’Arche fut créée pour une raison plus sublime et sacrée, et n’aurait jamais eu de contact sexuel. Uza fut frappé par la mort pour avoir simplement touché l’arche alors qu’il ne devait pas le faire (2 Samuel 6 :6-8 / 2 Rois 6 :6-8).

III)  Réponses aux objections :

A) Qu’en est-il du Fils « premier-né » ? Ça veut dire qu’il y a eu d’autres enfants?

Le premier argument que nous allons étudier est celui qui se trouve en Luc II, 7: « Pendant qu’ils étaient là, le temps où Marie devait accoucher arriva,  et elle enfanta son fils premier-né. Elle l’emmaillota, et le coucha dans une crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie. »

L’évangéliste parle de Jésus comme « le premier-né ». Les militants de la non-virginité perpétuelle de Marie affirment que cette expression signifie forcément qu’il y a eu un second, un troisième… Ce qui nous interpelle ici, c’est que cet argument est le plus populaire dans les milieux évangéliques, ce qui est d’ailleurs curieux, car c’est également le plus faible de tous. Si Jésus est présenté comme tel, c’est tout simplement parce que l’évangéliste nous prépare à la présentation du Christ au temple. Cela nous rappelle tout simplement le sacrifice prescrit par Moïse pour le rachat des premiers nés – ou encore ceux qui ouvrent le sein. Il n’est par conséquent pas étonnant de lire : « Et lorsque furent accomplis les jours pour leur purification, selon la loi de Moïse, ils l’emmenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la loi du Seigneur : Tout garçon premier né sera consacré au Seigneur [Luc II, 22-23]. Ceux utilisent ce verset contre la virginité perpétuelle de Marie méconnaissent la loi juive; en effet, il est écrit: « Tout fendeur de matrice, pour toute chair, qu’il présentera pour Adonaï, humain ou bête, sera à toi. Mais tu rachèteras, tu rachèteras l’aîné de l’humain, tu rachèteras l’aîné de la bête contaminée » (Nombre 18:15).

Ce passage  nous enseigne que celui qui ouvre les entrailles de la mère porte le titre de premier-né. Il joue un rôle particulier dans la loi mosaïque. En ce sens, Jésus est le premier-né de Marie. « Tout fils unique est un premier-né mais tout premier-né n’est pas fils unique. »

Dans un sens littéral cependant, « premier né » désigne chez les juifs l’enfant qui, le premier ouvre le sein (Ex 13, 2). Le premier né, selon la loi mosaïque devait être racheté dans les 40 jours suivant sa naissance (Ex 34, 20). A ce moment la mère ne sait pas si elle aura d’autres enfants. Le titre de premier né, cependant sera celui qu’elle utilisera pour désigner son fils, même si celui-ci sera son unique.

Fils premier-né’ est un titre juridique que l’on donne au premier garçon né dans une famille juive. En d’autres termes, on le donne au premier enfant mâle.

Dieu ordonna spécifiquement aux Israëlites de sanctifier leurs fils premiers-nés ; ceci en service et en consécration spéciale à Dieu. Le titre ‘fils premier-né’ tenait une importance supplémentaire, car il donnait à l’enfant le droit de posséder une double portion d’héritage. (Deut.21 :17). Cet enfant gardait le titre de ‘fils premier-né’ sans tenir compte de ses éventuelles frères et sœurs après lui. A titre d’exemple: « …nous pouvons voir cela à à Tel-el Yaoudieh (cf.« Biblica »11, 1930 369-90) sur l’inscription tombale écrite en grec d’une mère morte en couches : ‘Dans la douleur de donner mon fils premier-né, la destinée m’a conduit à la fin de ma vie’. » (Cité dans ‘Brothers and Sisters of Jesus’_ William Most)

Exode 13 et 34 nous font part de la prescription de Dieu pour que le premier-né Lui soit consacré. C’est ainsi qu’il y avait une cérémonie pour la sanctification de cet enfant : ‘le rachat du fils premier-né’. (Exode 13 et 34:20). Celle-ci n’était pas reportée jusqu’à ce que la femme ait un second enfant.

Exode 13:2,12 – « Consacre-moi tout premier-né, tout premier-né parmi les enfants d’Israël, tant des hommes que des animaux : il m’appartient.….. tu consacreras à l’Eternel tout premier-né, même tout premier-né des animaux que tu auras : les mâles appartiennent à l’Eternel. »

De ce fait, dire que Jésus était le ‘fils premier-né’ de Marie (Luc 2 :7) ne contredit absolument pas la virginité perpétuelle de Marie. Ça veut juste signifier qu’Il était son premier enfant mâle ; rien ne dit qu’un autre soit venu plus tard.

B) Matthieu I, 25 : « Il ne la connut pas jusqu’au jour où elle enfanta un fils… »

Il s’agit pour nos adversaires de dire que le mot « jusqu’à » signifie qu’après, Joseph la connut. Cette objection n’a aucune valeur (ce qui n’empêche pas les ennemis de la virginité perpétuelle de l’utiliser de manière industrielle). En effet, il est évident que saint Matthieu n’a pas l’intention de nous informer sur la virginité ou la non-virginité de Marie après la naissance du Christ, il veut nous renseigner sur la conception virginale du Christ et rien d’autre. Cela ne préjuge en rien de ce qui s’est passe par la suite.

Malgré cette évidence, beaucoup persistent, voici donc une démonstration plus poussée:

Le verbe « connaître », affirmera le non catholique, fait référence aux rapports sexuels. Ceci est vrai. Toutefois, ce verbe, dans les manuscrits originaux est conjugué à l’imparfait bien que dans les traductions actuelles, il soit au passé simple de l’indicatif; en effet l’évangéliste ne fait qu’insister sur la condition de Marie avant la conception de son fils : c’est bien une des valeurs de l’imparfait : la valeur d’insistance. De plus, il n’est écrit nulle part qu’après Marie eut des enfants… Cette déduction est celle que les non catholiques ont adopté, or l’évangéliste ne l’a point marqué. Dommage !

Comme nous renseigne le site Chrisus.web, pour ce qui est de l’emploi de la préposition « jusqu’à » en grec (ἕως), cette préposition grecque signifie la constance d’une action jusqu’à un moment donné. Illustrons l’utilisation de cette préposition dans l’Ecriture par deux exemples. Tout d’abord un passage de la Septante : « Elle [Mikal, fille de Saul] n’eut pas d’enfant jusqu’à (ἕως) sa mort » (2 Samuel 6, 23). Nous voyons bien qu’il n’est pas question pour Mikal d’avoir des enfants après sa mort. Et pourtant c’est bien la même préposition qui est employée pour ce verset de Samuel. Citons maintenant l’évangile selon saint Matthieu : « Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu’à [ἕως] la fin de l’âge » (Mt 28, 20). Nous comprenons bien que le terme « jusqu’à » employé ici ne signifie pas pour autant que le Christ nous abandonnera par la suite. Notons qu’une opposition entre un avant et un après d’un instant « t » et conduisant à un changement d’état ne sera pas induite par la préposition ἕως mais s’exprimera par le contexte de la phrase. A titre d’exemple, relevons ceci « Et voici que l’astre, qu’ils avaient vu à son lever, les précédait jusqu’à ce qu’il vînt s’arrêter au-dessus de l’endroit où était l’enfant. » (Matthieu II, 9). Nous devrions également garder à l’esprit que la Bible a été écrite il y a plusieurs millénaires ; une époque où les langages n’exprimaient pas et n’impliquaient pas des choses de la même manière qu’ils seraient exprimés et implicites en anglais moderne.

Matthieu 1:18 nous dit par ailleurs: «Voici de quelle manière arriva la naissance de Jésus-Christ. Marie, sa mère, ayant été fiancée à Joseph, se trouva enceinte, par la vertu du Saint-Esprit, avant qu’ils eussent habité ensemble

C’est tout à fait certain, par conséquent, que Matthieu 1:25 et Matthieu 1:18 ne contredisent en aucune façon la virginité perpétuelle de Marie. Les protestants ne peuvent pas légitimement prétendre que ces passages constituent la preuve que Marie a cessé d’être vierge, puisque ceux-ci ne prouvent pas la virginité perpétuelle de Marie…. C’est prouvé ailleurs dans la Bible.

Notons que la Bible use en plusieurs endroits du mot «jusqu’à» sans que cela ne puisse vouloir signifier qu’après le dit événement, ce qui ne s’était pas produit avant ce fut prospérité après:

Le mot « jusque » ne signifie pas nécessairement un changement de condition (dans ce cas la fin d’une abstinence sexuelle):

2 Samuel 6:23 – « Or Mical, fille de Saül, n’eut point d’enfants jusqu’au jour de sa mort.» Evidemment non ! Ce verset démontre que lorsque l’Ecriture décrit quelque chose comme étant vraie « jusqu’à » ou « avant » un certain point, ça ne signifie pas nécessairement qu’elle a cessé d’être vraie après ce point.

Isaïe 46:4 : « Jusqu’à votre vieillesse je serai le même…». C’est le Seigneur qui parle, lui dont on sait qu’il est toujours le même. Est-ce-que ça veut dire que Mical a commencé à avoir des enfants après sa mort?

Mat 28:20 : « …Et voici,  je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. » On sait bien qu’après la fin du monde, Jésus ne va pas abandonner ses disciples.

Actes 23:1 – «Paul, les regards fixés sur le sanhédrin, dit : Hommes frères, c’est en toute bonne conscience que je me suis conduit jusqu’à ce jour devant Dieu.» Est-ce à dire que Paul cessa d’avoir une bonne conscience après cette journée? Évidemment non. La préposition ‘avant‘ peut être utilisé de la même façon.

1 Co 15, 25 dit que Christ « doit régner jusqu’à ce qu’il ait mis tous ses ennemis sous ses pieds ». Cela signifie-t-il qu’après cela Christ cessera de régner ? Non, car il règnera pour toujours (Lc 1, 32-33: « Il règnera sur la maison de Jacob éternellement, et son règne n’aura point de fin. »).

1 Timothée 4:13 – « Jusqu’à ce que je vienne, applique-toi à la lecture, à l’exhortation, à l’enseignement. » Ça veut dire qu’après sa venue, ils devront abandonner la lecture et l’enseignement… ? Évidemment que non.

Hébreux 1:13 – « Et auquel des anges a-t-il jamais dit : Assieds-toi à ma droite, jusqu’à ce que je. fasse de tes ennemis ton marchepied ?» Il s’agit du Fils de Dieu. Est-ce à dire qu’il cessera de s’asseoir à la droite du Père, après que les ennemis de Dieu soient devenus son marchepied? Évidemment, il n’en est rien. Il restera à la droite de Dieu le Père !

Il est remarquable de noter que, Calvin, un des pères de la Réforme, ne soutint point la position protestante actuelle. En effet, concernant Matthieu I, 25, il dit:« Certains ont voulu suggérer de ce passage [Matthieu 1, 25] que la Vierge Marie a eu d’autres enfants que le Fils de Dieu, et que Joseph a demeuré alors avec elle plus tard, mais quelle folie que celle-ci ! Car l’auteur de l’évangile n’a pas voulu rapporter ce qui s’est passé ensuite, il a simplement voulu mettre en lumière l’obéissance de Joseph et montrer que Joseph a été bel et bien assuré que c’était Dieu qui avait envoyé son ange à Marie. Il n’a pas, par conséquent, vécu avec elle, ni partagé sa compagnie (…) (Jean Calvin, Sermon sur Matthieu I, 25).

C) Croissez et multipliez:

Certains affirment que la Virginité Perpétuelle est contraire à l’ordre de Dieu au genre humain : « Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre » (Genèse I, 18) et « Vous, soyez féconds et multipliez ; répandez-vous sur la terre et vous y multipliez. » (Genèse IX, 7) ainsi que les mots de saint Paul : « Ne vous refusez pas l’un à l’autre, si ce n’est d’un commun accord, pour un temps, afin de vaquer à la prière ; et de nouveau soyez ensemble, de peur que Satan ne profite, pour vous tenter de votre incontinence ». (I Co VII:5). Rien n’est plus faux, en voici la démonstration :

§ Le dernier argument objecté est celui que la Genèse ordonne à l’homme de ne pas rester seul, de s’attacher à sa femme et de ne faire qu’une seule chaire. (cf. Genèse2/24). Saint-Paul aussi est appelé en renfort :

§ D’abord, il est certain que Marie et Joseph sont loin d’être un couple comme les autres… Tous les couples ne sont pas appelés à enfanter et élever le Sauveur !

§ Ensuite, cela entrerait en contradiction avec le voeu de virginité fait par la vierge (voir explications plus haut).

§ Et puis Saint-Paul écrit : « Je vous le dis, frères : le temps se fait court. Que désormais ceux qui ont une femme vivent comme s’ils n’en avaient pas. » (1 Co 7:29). Hors, qui plus que Marie et Joseph, parents de l’enfant de la promesse, ont eu plus grande conscience de la brièveté du temps ! Et : « L’homme qui n’est pas marié a souci des affaires du Seigneur, des moyens de plaire au Seigneur. Celui qui est marié a le souci des affaires du monde. (1 Co 7:32-33).

§ Un peu plus loin : « De même la femme sans mari comme la jeune fille, a le souci des affaires du Seigneur ; elle cherche à être saine de corps et d’esprit. Celle qui est mariée a le souci des affaires du monde, de plaire à son mari » (1 Co 34-35) Ils ont donc appliqué le précepte de Paul :

§ « ceux qui ont une femme vivent comme s’ils n’en avaient pas »

§ Quant nous considérons la vie de Marie et Joseph, nous avons là un couple soucieux de plaire au Seigneur en toutes choses : Joseph, le juste selon la foi d’Abraham, qui en voulant répudier Marie sans bruit montre qu’il sait concilier amour de Dieu et amour du prochain, qui est obéissant à Dieu dans le message de l’ange ; Marie celle qui garde fidèlement en son coeur la Parole du Seigneur, celle qui a trouvé grâce aux yeux de Dieu, celle qui est bénie entre toutes les femmes, celle qui est comblée de la grâce. Comment imaginer un couple plus soucieux de plaire au Seigneur !

[ N.B. : Pour certains, ceci est inacceptable car cela sous-entendrait que l’union de l’homme et de la femme voulue par Dieu et quasi-normative dans l’ancien testament, serait devenue comme impure dans le nouveau ; Il n’en est rien : « Ainsi celui qui se marie avec sa fiancée fait bien, mais celui qui ne se marie pas fait mieux encore » (1 Co 7:38). Le mariage n’est donc pas devenu  une mauvaise chose, Paul nous enseigne que la chasteté pour le Seigneur est un appel encore plus élevé. ]

D) Le Psaume 69 :

Le Psaume 69 est reconnu par les théologies catholique et protestantes comme ‘messianique ‘, c’est-à-dire relatif au Messie et à sa future venue. Aussi, des non-catholiques ont-ils cru y trouver une affirmation selon laquelle le Messie devait avoir des frères, ‘fils de sa mère’. Cette théorie est réfutée dans ce lien.

E) Que dire des ‘frères’ de Jésus dont il est souvent question dans le Nouveau Testament ?

Il est en réalité simple de démontrer qu’il ne s’agit pas de ‘frères’ au sens où nous l’entendons couramment aujourd’hui.

Enumérons les cas de mentions de ‘frères’ de Jésus pour montrer qu’il ne s’agit pas de fils de Marie :

Certains de ces « frères » conseillent et réprimandent Jésus (Jn 7, 3-4 et Mc 3, 21). Or, dans la culture juive, les frères les plus jeunes ne réprimandent jamais un frère plus âgé. Par conséquent, ils n’étaient pas les jeunes enfants de Marie.

Jacques et Joset sont appelés « frères de Jésus » mais ils sont sûrement les fils d’une autre Marie : Jacques, Joset (Mc) ou Joseph (Mt) – les premiers deux frères de Jésus nommés en Mc 6,3 et Mt 13,55 – étaient très probablement les fils d’une Marie différente de la mère de Jésus. Marc dit en effet : « Il y avait aussi des femmes qui regardaient à distance, entre autres Marie de Magdala, Marie mère de Jacques le petit et de Joset, et Salomé » (Mc 15,40). Cette « Marie » est encore appelée plus loin « Marie, [mère] de Joset » (15,47), puis « Marie [mère] de Jacques » (16,1). Lc 24,10 aussi fait mention de « Marie, celle de Jacques ».

Pour Matthieu XIII : pour la plupart, aucun doute ! En effet, le verset nous apprend clairement que Jésus a quatre frères et même des sœurs. Mais, attention à ne pas se hâter… Soulignons d’emblée que la phrase utilisée ici est à la forme interrogative. Pourquoi, vouloir faire d’une interrogation une affirmation ? Ne faisons pas fi du fait que, si pour certains, ce verset affirme l’existence des frères (de sang) du Christ, il faudra également reconnaître dans ce cas qu’il affirme également que ce dernier a un père : puisque le Christ est présenté comme « le fils du charpentier »…Or, d’après les récits évangéliques, Joseph n’est pas le père biologique du Christ, ce dernier fut conçu du Saint-Esprit. La contradiction nous montre que ce verset ne doit pas être pris au sens strict. D’ailleurs, on ne fait qu’émettre une hypothèse (« Celui-là n’est-il pas… »). Le verset ne dit pas : « Celui-là est… ». Si ces frères sont effectivement les frères de sang de Jésus, il nous faudrait accepter que Joseph est le père biologique de Jésus. Or, comme déjà dit, Jésus n’est pas appelé père de Jésus parce ce qu’il fut réellement son père, il était plutôt à ce qu’on croyait, le fils de Joseph [Luc III, 23]. On croyait que son père était Joseph. De là, nous déduisons également qu’on croyait que ces frères et sœurs étaient des frères de sang, d’autant plus que ces « frères » ne sont jamais appelés « Fils ou filles de Marie », alors que Marie est toujours spécifiée comme la « Mère de Jésus-Christ ».

Simon et Judes sont des cousins du Seigneur : Simon était « le fils d’un oncle du Seigneur », « fils de Cléophas, frère de Saint Joseph », selon Hegesippe, originaire d’Orient, probablement de Syrie-Palestine, qui écrivit vers 150-200 des « mémoires » dont Eusèbe de Césarée rapporte plusieurs extraits (Eusèbe, Histoire ecclésiastique III,11-12 et 19-20). Après le martyre de Jacques, Simon fut nommé évêque à « parce que c’était un second cousin du Seigneur »: « second » est à comprendre en lien avec Jacques, qui devait donc être aussi le cousin de Jésus (et non pas son frère au sens strict).

Notons que le mot ‘frère’ est souvent utilisé dans le Bible pour désigner autre chose des enfants des mêmes parents : car ni l’hébreu, ni l’araméen n’a de mot pour « cousin ». Bien que le texte du Nouveau Testament que nous avons est en grec, qui a un terme pour cela, la traduction littérale de l’hébreu ach, utilisé par Jésus et les disciples, est de fait adelphos en grec, que nous traduisons par « frère ». Or ce terme dans la Bible est utilisé dans de multiples circonstances (comme c’est le cas encore aujourd’hui) pour désigner :

·  un enfant mâle ayant les mêmes parents

·   des hommes descendants d’un même parents Ac 7, 23.26; Heb 7, 5

·   des membres d’un même peuple Ac 3, 17.22; Rm 9, 3 …

·   un voisin, un homme quiconque Lc 10, 29; Mt 5, 22; 7, 3

·   des personnes unis dans un intérêt commun Mt 5, 47

·   des personnes unies dans un appel commun Ap 22, 9

·    des membres de l’humanité Mt 25, 40; Heb 2, 17

·    les disciples et par implication tous les croyants Mt 28, 10; Jn 20, 17

·    les croyants, sans distinction de sexe, Mt 23, 8; Ac 1, 15; Rm 1, 13; 1 Th 1, 4; Ap 19, 10 (le mot «sœurs» est utilisé pour désigner les croyantes uniquement en 1 Tim 5, 2)

·                            Dans la Bible hébraïque, Gn 14, 14 désigne Lot comme le « frère » d’Abraham, alors qu’il est son neveu (Gn 11, 26-28). De même en Gn 14,14 Jacob est appelé le « frère » de son oncle Laban (Gn 29, 10). On retrouve d’autres endroits où les mots « frère » ou « frères » sont utilisés pour désigner des membres d’une même famille (Dt 23, 7 ; 2 S 1, 26 ; 1R9, 13 ; 20, 32 ; 2R 10, 13-14 ; Jer 34, 9 ; Am 1, 9).

Si maintenant nous regardons plus précisément le cas de la Sainte Famille, nous découvrons les faits suivants :

·                            En Lc 2, 41-51, l’histoire de Marie et de Joseph emmenant Jésus au Temple à l’âge de douze ans montre de façon évidente que Jésus est leur fils unique. Puisque tout le monde s’accorde sur le fait qu’il est le premier né, si il avait (comme certains l’affirme en se basant sur Mt 13, 55) au moins cinq frères, on n’en voit pas la trace dans ce récit qui démontre à lui tout seul qu’il pas plausible que Jésus ait eu des frères.

·                            Jésus utilise lui-même le terme « frères » dans un sens large. En Mt 23, 8, il appelle les foules et ses disciples (v.1) « frères ». En d’autres mots, ils ont frères les uns des autres. En Mt 12, 49-50, il appelle ces disciples et tous ceux qui font la volonté de son Père « mes frères ».

·                            En comparant Mt 27, 56 ; Mc 15, 40 et Jn 19, 25, nous voyons que Jacques et Joseph (mentionné en Mt 13, 55 avec Simon et Jude comme « frères » de Jésus) sont aussi appelés fils de Marie, femme de Clopas. Cette autre Marie (Mt 27, 61 ; 28, 1) est appelée la adelphe (féminin d’adelphos) de la Vierge Marie en Jn 19, 25 (il est peu probable qu’il y ait eu deux sœurs appelées Marie, ce terme désigne donc des cousines ou des membres d’une même famille). Mt 3, 55-56 etMc 6, 3 mentionnent Simon, Jude et des « sœurs » avec Jacques et Joseph, les appelant tous adelphoi (pluriel d’adelphos). Puisque nous savons que Jacques et Joseph ne sont pas des frères de sang de Jésus, l’interprétation la plus probable de Mt 13, 55 est que tous ces « frères » sont cousins, selon les conventions linguistiques exposées plus haut.

Autres éléments sur la signification du mot ‘frère’ :

Ce « titre de gloire » reconnu aux cousins de Jésus fut conservé quand l’Evangile a été écrit ou traduit en grec, de même que les Septante ont traduit servilement l’original hébreu de l’Ancien Testament en utilisant le terme grec « frère » (« adelphos ») et non cousin (« anepsios ») lorsqu’il y a un rapport de parenté beaucoup de plus large. Il y a d’abondantes attestations de cet usage (déjà vues) :

Dans le grec néo-testamentaire, le mot frère a souvent une signification qui n’est pas biologique :

Dans le texte grec du Nouveau Testament, le mot « frère » en grec (« adelphos ») se rencontre 41 fois avec le sens de « frères biologiques » ; « Frères » dans le sens « adeptes d’une même religion » est cité 213 fois ; « Frères » comme « collaborateurs proches » : 22 fois, dans les épîtres de Paul et Pierre ; Et « frères » comme « membres d’une même communauté ou famille » : 42 fois.

Nouvel exemple de cet usage : la « sœur » de Marie au pied de la Croix, qui est sûrement sa cousine :
Jn 19, 25 parle d’une certaine Marie, sœur de Marie la mère de Jésus. Il ne peut bien sûr s’agir d’une sœur de sang ou même d’une demi-sœur car les parents n’auraient pas donné le même nom à deux enfants.

Donc l’incertitude du mot « frère » ou « sœur » en grec est telle qu’il n’est pas sérieux de s’appuyer sur ce mot pour affirmer que Marie ait eu d’autres enfants. L’ensemble de ces arguments tirés de l’Ecriture apporte une réponse très sérieuse aux objections.

Plus d’explications linguistiques en deuxième annexe.

Il y a par ailleurs des situations où il aurait été logique que les frères de Jésus au sens biologique soient mentionnés s’Il en avait eu mais ils n’apparaissent pas :

§                                 À Cana, au repas des noces, nous ne voyons pas de trace des frères ou soeurs de Jésus, de même que lors de l’épisode survenu lorsque Jésus eut douze ans.

§                                 Il y a aussi Marc 6:3 où Jésus est appelé « le fils de Marie ». Or s’il avait eu des frères ou soeurs, il eut été appelé « un fils de Marie ». L’Évangile parle certes des frères du Seigneur (avec l’ambiguïté du terme que l’on sait), mais jamais des fils ou filles de Marie.

§                                 Il n’est pas question de ses frères ou sœurs lors du voyage à Jérusalem lorsque Jésus avait 12 ans…

§                                 Pas une seule fois les ‘frères de Jésus’ ne soit appelés ‘fils de Marie’ et il n’est nulle part dit explicitement que Marie ait eut d’autres enfants.

F) Autres objections réfutées par saint Thomas d’Aquin :

Objection 1 : Il semble que la mère du Christ ne soit pas restée vierge après l’enfantement. Car l’Evangile dit (Matth. I, 18) que Marie fut reconnue enceinte avant qu’elle fit avec Joseph ayant conçu de l’Esprit-Saint. Or, l’évangéliste ne dirait pas avant qu’ils fussent ensemble, s’ils n’avaient pas dû y être, parce que personne ne dit de quelqu’un qui ne doit pas dîner, avant qu’il dîne. Il semble donc que la bienheureuse Vierge ait eu des rapports charnels avec saint Joseph, et que par conséquent elle ne soit pas restée vierge après son enfantement.

Réponse : Il faut répondre au premier argument, que, comme le dit saint Jérôme (Lib. cont. Helvidium, cap. i), il faut comprendre que cette proposition auparavant, quoiqu’elle indique souvent une suite, exprime néanmoins quelquefois uniquement ce que l’on pensait tout d’abord. Mais il n’est pas nécessaire que les choses que l’on pense arrivent, puisqu’il survient quelquefois des causes qui empêchent ce que l’on a pensé d’avoir lieu. Ainsi quand quelqu’un dit : avant de diner dans le port, j’ai navigué; on n’entend pas qu’il a diné après la navigation faite, mais cela indique qu’il pensait diner dans le port. De même l’évangéliste dit : Avant qu’ils fussent ensemble, elle fut trouvée enceinte, ayant conçu de l’Esprit-Saint, non parce qu’il se sont unis ensuite, mais parce que, quand ils paraissaient sur le point de s’unir, la conception par l’Esprit-Saint les a prévenus, et il est arrivé de là qu’ils n’ont plus eu de rapports charnels.

Objection 2 : L’ange dit à saint Joseph (ibid. 20) : Ne craignez pas de recevoir Marie votre épouse. Or, le mariage est consommé par l’union charnelle. Il semble donc qu’il y ait eu une union charnelle entre Marie et Joseph , et par conséquent qu’elle ne soit pas restée vierge après son enfantement.

Réponse : Il faut répondre au second, que, comme le dit saint Augustin (De nupt. et concept, lib. i, cap. 11), saint Joseph appelait la mère de Dieu sa femme en vertu de la seule foi du mariage qu’ils s’étaient donnée, quoiqu’il ne l’ait pas connue et qu’il n’ait pas dû la connaître. Or, comme l’observe saint Ambroise (Sup. Luc. cap. 1, super illud : Et nomen Virginis Maria) : La célébration des noces ne prouve pas la perte de la virginité, mais elle atteste le mariage (car pour qu’il y ait mariage, il suffit qu’il y ait eu consentement de la part des époux ; la consommation charnelle n’est pas l’essence de cette union).

Objection 3 déjà traitée par ailleurs.

Objection 4 : On ne peut appeler le premier-né que celui qui a des frères qui sont venus après lui. Ainsi l’Apôtre dit (Rom. viii, 29) : Ceux qu’il a connus dans sa prescience, il les a aussi prédestinés pour être conformes à l’image de son Fils, afin qu’il fût l’aîné entre plusieurs frères. Or, l’Evangile appelle le Christ le premier-né de sa mère. Elle a donc eu d’autres enfants après le Christ, et par conséquent il semble qu’elle ne soit pas restée vierge après l’enfantement.

Réponse : Il faut répondre au quatrième, que les saintes Ecritures ont la coutume de donner le nom de premier-né non-seulement à celui qui a des frères, mais à celui qui est né le premier; autrement s’il n’y avait eu de premier-né que celui qui a des frères, les premiers-nés n’auraient été dus légalement qu’autant que d’autres seraient nés après eux; ce qui est évidemment faux puisqu’après un mois la loi ordonnait de les racheter [Num, xviii, 16)

Objection 5 : Saint Jean dit (II, 42) que le Christ alla à Capharnaûm avec sa mère et ses frères. Or, on appelle frères ceux qui sont nés de la même mère. Il semble donc que la bienheureuse Vierge ait eu d’autres enfants après le Christ.

Réponse : Il faut répondre au cinquième, que, comme le dit saint Jérôme (Sup. Matth. cap. 12, super illud : Ecce mater ejus) il y en a qui croient que les frères du Seigneur sont des enfants que saint Joseph avait eus d’une autre femme (2). Mais pour nous, dit-il, nous croyons que les frères du Seigneur furent non les fils de Joseph, mais les cousins du Sauveur et les enfants de Marie sa tante. Car dans les Ecritures on est appelé frères de quatre manières : par nature, par nation, par parenté et par affection. Ainsi ils ont été appelés les frères du Seigneur, non par nature, comme s’ils étaient nés de la même mère, mais par parenté, comme étant du même sang. Quant à saint Joseph, comme le dit saint Jérôme (Cont. Helvid. cap. 9), on doit plutôt croire qu’il est resté vierge, parce qu’on ne voit pas qu’il ait eu une autre épouse et qu’un saint ne tombe pas dans la fornication.

Objection 6 déjà traitée par ailleurs.

 Source : Somme Théologique, p.III Qu. XVIII, Art. III

IV)    La Virginité Perpétuelle de Marie d’un point de vue historique :

 On entend parfois dire que la Virginité Perpétuelle de Marie fut inventée par l’Eglise catholique en 649, au concile du Latran. C’est absolument faux et en voici la preuve.

L’apocryphe Protévangile de Jacques (vers 150) affirme la Virginité Perpétuelle de Marie. Notons toutefois qu’il enseigna aussi l’affirmation hétérodoxe selon laquelle les ‘frères et sœurs’ de Jésus seraient des enfants d’un précédent mariage de Joseph. Saint Jérôme réfuta cette erreur: il s’efforça d’alléguer une autre explication plausible. Il explique que dans le cas des frères du Seigneur il s’agissait de « cousins », (fils de frères et sœurs du côté de la mère). Il pouvait appuyer sa thèse sur le fait que philologiquement l’hébreu et l’araméen n’ont pas un mot particulier pour « cousins » et ils utilisent pour cette désignation « frères » (ainsi en Gn 13,8; 14,14; Lv 10,4; 1 Chro 23,22). Siméon est un cousin du Seigneur : Jérôme connaissait, même s’il ne le cite pas, le récit d’Eusèbe (Mémoire d’Egésippe, écrit autour de l’an 180) où il est écrit que Siméon est un « fils de Cléophas, un oncle du Seigneur » (2). Jacques le mineur est lui aussi un cousin du Seigneur : fils de cette Marie (Mc 15,40; Mt 27,56), qui devait être la femme d’Alphée (cfr. Mt 10,3; At 1,13) et la sœur de Marie, la mère du Seigneur.

Tous les auteurs faisant autorité dans les premiers siècles qui parlent de la Virginité Perpétuelle de Marie le font tous pour l’affirmer et non pour la nier (sauf Tertullien), nous pouvons citer parmi aux Origène (mort vers 254), saint Grégoire de Nysse (mort en 394), Didyme l’Aveugle (mort en 398), saint Jean Chrysostome (morte en 407), saint Cyrille d’Alexandrie (mort en 444), saint Basile le Grand (mort vers 380), acceptait la virginité perpétuelle de Marie et déclarait que cela reflétait le point de vue général des fidèles ; cependant, il ne considérait pas cela comme un dogme. Vers la même époque, en Occident, Jovinien (mort vers 406) et Helvidius (autour de 383) niaient la virginité perpétuelle de Marie tandis que saint Hilaire (mort en 367), saint Ambroise (mort en 397), saint Sirice (mort en 399), saint Jérôme (mort en 420) dans ses célèbres écrits contre Helvidius (où il dit bien d’« une nouveauté, pernicieuse, et qui fait un affront à la foi répandue dans le monde entier. ») et saint Augustin (mort en 430) la défendaient avec insistance. Saint Zénon de Vérone (mort vers 375) affirmait déjà l’accomplissement en Marie de « la porte close du livre d’Ezechiel…

 

Citons saint Ephrem le Syrien (mort en 373): « Le Christ est né d’une nature qui n’avait pas été exempte de taches, et qui avait besoin d’être purifiée par sa visite… Il est né d’une vierge qu’il commença par purifier, pour faire voir que là où le Christ se trouve, il opère toute pureté. Il la purifia par l’opération du Saint-Esprit ; puis il descendit dans ce sein virginal ainsi purifié. Il la purifia en chasteté et en sanctification, et c’est pour cela qu’en naissant il la laissa vierge. »

Ainsi que saint Epiphane (mort en 403) : « le Fils de Dieu “s’est incarné c’est-à-dire a été engendré parfaitement de sainte Marie, la toujours vierge, par le Saint-Esprit“» (Ancoratus, 119, 5, écrit en 374)

Enfin, saint Athanase (mort en 373), le Docteur de l’Incarnation (très respecté des protestants) parle  dans son Discours contre les ariens, de Marie la « Toujours Vierge ». Il mentionne ce titre, non comme une nouveauté ou quelque chose qui avait besoin d’être prouvé, mais comme un fait acquis pour les chrétiens.

IIème Concile de Constantinople; 553 Ap-JC ; Can. 6 : « Si quelqu’un dit que c’est en un sens impropre et non véritable que la sainte, glorieuse et toujours vierge Marie est Mère de Dieu … qu’un tel homme soit anathème.»

Pape saint Martin Ier, Concile de Latran, 649 Ap-JC ; Can. 3 : « Si quelqu’un ne confesse pas, selon les saints Pères, en un sens propre et véritable, Mère de Dieu la sainte, toujours vierge et immaculée Marie, puisque c’est en un sens propre et véritable Dieu Verbe lui-même, engendré de Dieu le Père avant tous les siècles, qu’elle a, dans les derniers temps, conçu du Saint-Esprit sans semence et enfanté sans corruption, sa virginité demeurant inaltérable aussi après l’enfantement, qu’il soit condamné. » (Denzinger 503)

Aujourd’hui, la plupart de ceux qui nient la Virginité Perpétuelle de Marie se réclament des réformateurs protestants du XVIème siècle et pour ceux qui ne s’en réclament pas, la plupart en sont directement ou indirectement, consciemment ou inconsciemment les héritiers. Ils seront certainement surpris d’apprendre que tous les réformateurs protestants du XVIème siècle affirmaient la Virginité Perpétuelle de Marie comme une vérité de foi :

Martin Luther : « C’est un article de foi que Marie est Mère du Seigneur et toujours vierge…Christ, nous croyons, est venu d’un sein laissé parfaitement intact »

Jean Calvin : « Certains ont voulu suggérer de ce passage [Mt 1, 25] que la Vierge Marie a eu d’autres enfants que le Fils de Dieu, et que Joseph a demeuré alors avec elle plus tard, mais quelle folie que celle-ci ! Car l’auteur de l’évangile n’a pas voulu rapporter ce qui s’est passé ensuite, il a simplement voulu mettre en lumière l’obéissance de Joseph et montrer que Joseph a été bel et bien assuré que c’était Dieu qui avait envoyé son ange à Marie. Il n’a pas, par conséquent, vécu avec elle, ni partagé sa compagnie… Et d’ailleurs si Notre Seigneur Jésus Christ est appelé le premier né, ce n’est pas parce qu’il y a eu un second ou un troisième, mais parce que l’auteur de l’évangile fait référence à la proéminence. L’Ecriture nous parle ainsi en nommant le premier né, qu’il y ait ou non question d’un second » (Sermon sur Mt 1, 22-25, publié en 1562).

Ulrich Zwingli : « Je crois fermement que Marie, selon les paroles de l’évangile, comme une pure Vierge a donné naissance pour nous au Fils de Dieu et dans l’accouchement et après l’accouchement est demeurée pour toujours une pure et intacte Vierge »

Et il en est de même de Heinrich Bullinger (principal disciple de Zwingli) et de John Knox (mort en 1572, figure du protestantisme écossais).

Annexes :

A) preuve que l’Evangile selon saint Matthieu fut d’abord écrit en araméen :

Nous savons que Jésus parlait l’araméen, car la Bible nous donne certains de Ses mots araméens

Puisque l’araméen est pertinent aux faits mentionnés ci-dessus, montrant que Saint Pierre est le rocher, considérez la preuve que Jésus parlait bien l’araméen. Nous savons que Jésus parlait en araméen ; tout d’abord parce que l’Evangile rapporte certains des mots araméens qu’Il employait. Considérez Matthieu 27 :46, où Jésus cria depuis la croix ‘Éli, Éli, lamma sabacthani ?’. C’est de l’araméen ; pas du grec. Ça veut dire ‘Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’avez-vous délaissé ?

Un autre exemple, c’est Saint Jean 19 :13-17 – « Pilate… s’assit sur le tribunal, au lieu appelé le Pavé, et en hébreu Gabbatha.… Jésus, portant sa croix, arriva au lieu du crâne, qui se nomme en hébreu Golgotha

Les deux mots ‘Gabbatha’ et ‘Golgotha’ sont en araméen ; ce qui donne ainsi plus de preuves au fait que c’était bien la langue qu’utilisait Jésus. Dans la Bible, St Jean dit que c’est de l’hébreu, mais comme l’expliquent les érudits biblistes, ‘hébreu’ , couramment utillisé dans le Nouveau Testament, se réfère à l’araméen.

Il y a également des preuves solides que l’Évangile de Matthieu ait été écrit en araméen et ensuite traduit en grec

Il existe des preuves solides venant de Pères de l’Eglise, que l’Evangile de St Matthieu fut écrit en araméen, pour ensuite être traduit en grec. Eusèbe de Césarée  qui est l’historien de l’Église primitive, le premier à écrire une histoire de l’Eglise, du début jusqu’au 4° siècle, période où il vécut, avait constamment déclaré que Mattheu avait rédigé son Evangile en hébreu, ce qui veut dire, en araméen.

Dans le Livre 3, Chapitre 24 [Les écrits de Papias], de son Histoire Ecclésiastique, Eusèbe cite Papias pour dire : « Matthieu réunit les sentences (de Jésus) en langue hébraïque et chacun les traduisit comme il put. »

Dans le livre 3 Chapitre 3, de son Ecclesiasti …, Eusèbe cite Papias d’Etat: «Matthieu a composé son histoire dans le dialecte hébraïque, et chacun a traduit comme il a pu ». Par le « dialecte hébreu » il veut dire en araméen.

Dans le Livre 6, Chapitre 25, Eusèbe cite Origène  pour dire : « … le premier [Evangile] écrit est celui selon Matthieu… destiné à ceux qui avaient passé du Judaïsme à la foi, et fut composé en langue hébraïque.»

Dans le Livre 5, Chapitre 8, Eusèbe cite le célèbre père de l’Eglise primitive, Saint Irénée de Lyon  pour dire : « Matthieu entreprit donc aussi d’écrire son Évangile chez les Hébreux et en leur propre langue, pendant que Pierre et Paul annonçaient l’évangile à Rome et y fondaient l’Église. »

Cité par Eusèbe, St Irénée ne dit pas seulement que Matthieu a écrit son évangile en langue hébraïque (araméen), mais aussi que Pierre a fondé l’Église de Rome – ce que rejettent beaucoup de non-catholiques, bien que les preuves historiques que Pierre était à Rome soient irréfutables. « Toutes les anciennes traditions disent le martyr de Pierre à Rome, et pas une seule source le situe en un autre lieu. Rares sont les évènements de l’Eglise Catholiques à être si bien attestés. » (Mike Aquilina, ‘The Fathers of the Church‘, Huntington, IN : Our Sunday Visitor Publishing, p.35).

Gardez à l’esprit qu’Eusèbe, qui cite Papias, Origène, et Irénée, afin de montrer que Matthieu écrivait en araméen, vécut vers l’an 260 à 340 Ap-JC ; et composa la toute première histoire complète de l’Eglise.

Et selon un de mes amis, ce serait même le cas d’autres Évangiles, je le cite: « Il est évident que la langue originale des Evangiles ce n’est pas du tout le grec. Les Évangile de Jean et Luc, c’est peut-être moins certains, mais Matthieu et Marc, cela ne fait aucun doute que c’est l’araméen… Pour Jean et Luc, une solution serait de dire que la datation de l’évangile de S. Jean vers 90 ap. Jésus-Christ soit fausse, il ne s’agirait là en fait que d’une traduction, et que la version originale date certainement de la même époque que les premiers écrits de S. Paul, à savoir vers 50-55 ap. Jésus-Christ, et cette version de l’Evangile ne serait pas en fait en grec.»

B) Le mot ‘frère’ dans les différentes langues de rédaction de la Bible :

Dans la version grecque originale, les mots utilisés sont ‘adelphoi’ (frères) et ‘adelphe’ (sœurs). Bien que ces termes, adelphoi et adelphe, peuvent se référer à des frères réels, la Bible utilise aussi ces mots pour décrire des personnes qui ne sont pas frères, mais des cousins, des proches, des demi-frères, ou des voisins proches.

Certains protestants tentent de contourner cette situation en affirmant que l’Ancien Testament n’a pas été écrit en grec, mais en hébreu. Par conséquent, disent-ils, le cas de Lot ne prouve pas qu’ ‘adelphos’ puisse se référer à une personne qui n’est pas littéralement un frère….Mais c’est réfuté .

Bien que l’Ancien Testament ait été écrit entièrement en hébreu, 70 érudits réalisèrent sa célèbre traduction en grec, quelques siècles avant la venue du Christ. Cette fameuse traduction est appelée la Septante.

Cette traduction grecque de l’Ancien Testament, la Septante, est cité environ 300 fois par les écrivains inspirés du Nouveau Testament ; signifiant ainsi qu’ils acceptaient la Septante. Dans la Septante, le mot grec ‘adelphos’ est utilisé pour décrire Lot comme étant comme le frère d’Abraham. Le mot ‘adelphos’ est la forme singulière d’adelphos’, qui est utilisé dans le Nouveau Testament pour parler des ‘frères’ de Jésus. Par conséquent, l’Ancien Testament utilise ‘adelphos pour décrire quelqu’un qui n’est pas un frère réel.

Mais on peut aussi le prouver dans le Nouveau Testament. Dans Actes 3:17 et Romains 9:3, nous voyons qu’‘adelphoi’ (frères) est utilisé pour décrire des gens de même nationalité, mais n’étant ni frères réels ni sœurs réels. Considérez ces versets comme le coup de grâce porté contre l’argument protestant à cet égard.

Par ailleurs, dans Luc 10:29, Matthieu 5:22 et Matthieu 7:3, nous voyons qu’ ‘adelphos’ (frère) est utilisé pour parler d’une personne dans le sens d’un prochain , pas nécessairement d’un frère réél.

Mais ‘anepsios’ est le mot grec pour ‘cousin’… Donc si les frères de Jésus étaient des cousins la fraternité de Jésus était des cousins plutôt que des frères, pourquoi ‘anepsios’ n’a-t-il pas été utilisé?

L’Eglise catholique enseigne que Marie est toujours vierge et n’a pas d’autres enfants. L’Église catholique n’enseigne pas que tous les ‘frères’ de Jésus étaient nécessairement Ses cousins ; ils pouvaient être des amis proches, ou des personnes considérées comme faisant parties de la famille, soit par le mariage, soit par la loi, soit par la patrie. Par exemple, dans 2 Samuel 1:26 (2 Rois 1 :26), le roy David appelle Jonathan son ‘frère’, mais ceux-ci ne sont ni frères ni cousins. David avait épousé la sœur de Jonathan, Mical, fille du roy Saül. Ainsi David faisait parti de la famille.

Le nombre des ‘frères’ (adelphoi) de Jésus mentionné dans la Bible, semble suggérer que certains d’entre eux n’étaient même pas membres de famille élargie, mais qu’ils étaient considérés comme faisant partie de la famille par d’autres moyens. Si un seul ou quelques-uns d’entre eux n’étaient pas des cousins, mais des parents de famille élargie, des voisins, ou des amis proches, alors le mot ‘adelphoi’ aurait été utilisé. Par conséquent, le fait que le mot ‘cousin’ n’ait pas été utilisé, ne prouve en rien que Marie ait eu d’autres enfants.

La preuve de Matthieu 27:56 montre que les ‘frères’ de ni Ses frères réels, ni Ses sœurs réels

Matthieu 13:55 – « N’est-ce pas le fils du charpentier ? n’est-ce pas Marie qui est sa mère ? Jacques, Joseph, Simon et Jude, ne sont-ils pas ses frères ?»

Jacques et Joseph sont deux des noms donnés comme étant des ‘frères’ de Jésus. Il peut être démontré, par les points suivants, que ceux-ci étaient les enfants d’une autre femme ; non les frères réels de Jésus. Veuillez suivre la logique avec attention :

Il y avait trois femmes au pied de la croix: 1) la Bienheureuse Vierge Marie (la mère de Jésus) ; 2) Marie, femme de Cléophas (qui est dit être la sœur de la Bienheureuse Vierge Marie) ; et 3) Marie-Madeleine.

Jean 19:25 – « Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la soeur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala. »

Marie, femme de Cléophas, est aussi décrite comme ‘l’autre Marie’ dans Matthieu 28:1. La Bible nous dit que Jacques et Joseph sont les enfants de cette Marie: Matthieu 27:56 – « Parmi elles étaient Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques et de Joseph, et la mère des fils de Zébédée. »

Ainsi, Jacques et Joseph (qui sont appelés les ‘frères’ de Jésus) ne sont pas Ses frères réels, mais Ses cousins ; sans toutefois être cousins germains pas cousins germains. C’est parce que Marie de Cléophas (la mère de Jacques et de Joseph), qui est dit être la ‘sœur’ de la mère de Jésus (Jean 19:25), porte aussi le nom de Marie. Il est extrêmement improbable que deux frères et sœurs d’une famille hébraïque aient reçu le même nom. En revanche, ce qui est très probable, c’est qu’elles n’étaient pas sœurs, mais des membres du même clan qui se faisait appelées ‘sœurs’, de la même manière que Jacques, Joseph, Simon et Judas se faisaient appelés ‘frères’ de Jésus. Tout cela montre qu’aucune des déclarations de la Bible sur les frères et sœurs de Jésus ne réfute, en aucune façon, la virginité perpétuelle de la Bienheureuse Vierge Marie. Maintenant, nous devons examiner la preuve que Marie n’avait pas d’autres enfants et qu’elle était perpétuellement vierge.

La passion de Perpétue et Félicité


Perpétue et Félicité

Perpétue et Félicité

Le christianisme des premiers siècles ne s’est seulement distingué par des textes apologétiques qui avaient pour but de défendre la véritable foi chrétienne contre ceux qui la corrompaient, mais aussi par des récits. Parmi ceux-ci, nous pouvons relever La passion de Perpétue et Félicité, deux jeunes femmes ayant fait l’expérience du martyre au début du troisième siècle. Notre travail, qui sera bref, consistera dans un premier temps à poser un contexte (en évoquant les controverses autour de l’auteur du texte, la datation, et le lieu où se serait déroulé le martyre des saintes), et, dans un second temps, à founir un résumé du texte suivi d’une brève conclusion et impression personnelles.

1.     Contextualisation du texte

La Passion de Perpétue et Félicité est un texte qui a un eu un retentissement considérable. Ce texte « est sans doute le récit de martyre le plus émouvant et le plus exemplaire pour les siècles suivants« [1] Il est aussi « d’une touchante simplicité »[2]. La raison pour laquelle il est qualifié « d’émouvant » réside certainement dans son contenu s’articulant autour de récits et de visions.

Pour une tentative de datation, nous disposons de deux Passions. Une Passion latine, et une Passion grecque. Toutefois, aucune de ces références ne fournissent de datation qui ne soit indiscutable. Les origines du texte restent contestées. Cependant, la passion des saintes Perpétue et Félicité eut lieu en mars 203. La question de savoir qui était l’auteur de La Passion de Perpétue et Félicité a souvent été controversée. L’auteur présumé a souvent été identifié à Tertullien, mais cette hypothèse est de nos jours fortement récusée ; elle n’a plus vraiment de valeur puisque les auteurs, quasi unanimement, ne l’attribuent point à Tertullien. D’ailleurs, Jean Fontaine[3], après avoir minutieusement étudié le style, conclut que l’œuvre est le fruit d’une personne demi-lettrée s’efforçant de faire une œuvre dans le style des écrivains sacrés. D’ailleurs, continue Jean Fontaine, comment attribuer cette œuvre à Tertullien alors que celui-ci cite le texte de manière inexacte dans son traité De anima (55, 4) ? Ainsi, cette hypothèse longtemps admise semble désuète simplement parce  que « à peu près tous les travaux les plus récents repoussent l’hypothèse, longtemps admise, qui faisait de Tertullien le rédacteur de la Passion »[4] 

Pour ce qui est du déroulement des événements, il semblerait qu’ils aient lieu à Thuburbo Minus, qui de nos jours est Tebourba qui est une ville située à quelques cinquante kilomètres de Carthage[5]. Nous sommes donc parmi, de toute évidence, en présence des premiers martyrs chrétiens d’origine africaine, c’est-à-dire de personnes ayant connu le drame de la mort à cause de leur foi en Jésus-Christ. Le premier témoin du Christ – le premier de tous les martyrs – étant Etienne.

1.     Résumé de l’œuvre[6]

Le texte commence par une préface qui rappelle la nécessité de mettre par écrit les œuvres de ceux qui ont suivi le Christ, cela est justifié d’ailleurs par un verset biblique  (Ac. 2, 17, Joel, 2, 28). Dès le départ, on apprend qu’on arrêta nombre de personnes. Le récit concerne donc « Révocat et Félicité, deux esclaves ; Saturnin et Secundule, deux jeunes gens ; enfin Vibie Perpétue, de naissance distinguée… ». Quelques informations sur la vie de Perpétue sont données : elle a deux frères ; et un élément capital est mis en avant : le texte nous avertit que Perpétue a rédigé son martyre « de sa propre main ». Perpétue nous raconte que son père voulait la convaincre d’abandonner sa foi, mais elle riposta en disant : « … moi je ne puis me dire autre chose que chrétienne. », ce qui rendit son père irascible. Après avoir été vaincu « avec ses arguments diaboliques », le père se retira. Ensuite, à la demande de son frère, Perpétue prie et en priant elle obtient une vision dans laquelle elle voit une échelle et un dragon (qu’elle écrase la tête plus tard), elle voit aussi un homme « aux cheveux blancs » lui donnant du lait caillé à manger. Revenue à ses esprits, Perpétue raconte à son frère la vision et déduit que le lait caillé était un signe de son martyre prochain.

Lorsque le jour de la condamnation arriva, Saturus parle pour tous les condamnés. Et il refuse de sacrifier aux dieux répondant à Hilarianus : « Mieux vaut sacrifier à Dieu qu’aux idoles. »  Entre temps, les deux femmes (Perpétue et Félicité) sont mises de côté jusqu’à ce que viennent leur tour. Le procureur Hilarianus les interroge, mais leur réponse est la même : elles ne sacrifieront pas pour les dieux. Car, en tant que chrétiennes, ce ne sont que des idoles. Et malgré les efforts conjugués du père de Perpétue (qui avait beaucoup de peine pour sa fille), il est chassé et « frappé par un coup de verge ». La jeune femme continue son récit. Lors d’une prière elle se souvint de son jeune frère, Dinocrate, mort à l’âge de sept ans d’un cancer au visage. Puis, elle eut une vision de ce dernier, mais il semblait souffrir (il sortait, dit-elle, d’un lieu de ténèbres), essayant de boire dans une piscine d’eau, mais n’y arrivant pas. Ensuite, elle se mit à prier pour lui espérant que ses souffrances s’apaiseraient. Et, une fois qu’elle eut une autre vision elle vit son frère dans un lieu de lumière, buvant et jouant. Il« avait quitté le lieu de souffrance pour une demeure de joie ». Cette vision pourrait donc déjà être vue comme un Purgatoire, comme l’enseigne la Foi catholique ; mais cela reste discutable. De toute évidence, c’est l’une des seules explications possibles. Vinrent ensuite, des visions de Perpétue et Saturus qui se retrouvent devant le Seigneur, un homme aux cheveux blancs et au visage d’adolescent. Toute cette partie de la vision montre beaucoup de ressemblances avec le livre de l’apocalypse de Jean. Nous retrouvons en fait une description du Christ (« cheveux blancs ») telle qu’elle est affirmée dans le premier chapitre de l’apocalypse. La présence des Anges et des vieillards, rappelle également cette similitude.

Lors de la veille des jeux, lors de l’agape, les martyrs s’adressaient aux foules, leur prévenant du Jugement de Dieu. Beaucoup de païens se retirèrent – confus, certains gagnèrent même la foi. Le jour où ils devaient être exécutés, « Les martyrs s’avancèrent de la prison dans l’amphithéâtre, ce fut comme une entrée dans le ciel. Ils étaient gais et leurs visages étaient beaux, émus, sans doute, non de crainte mais de joie. » Et lorsqu’ils arrivèrent devant la loge d’Hilarianus, ils dirent : « Tu nous juges, mais Dieu te jugera ». Saturninus et Révocatus furent d’abord attaqués par un léopard et ensuite tué par un ours. Saturus échappa deux fois à la mort. Mais il finira par être attaqué par un léopard. Ainsi, les spectateurs s’exclamèrent : il est bien lavé, en référence au baptême. Les deux femmes elles ont été mises nues dans un filet. « Perpétue (…) fut enlevée, lancée en l’air et retomba sur le dos. Dans la chute, sa tunique fut largement fendue, elle la rapprocha afin de se couvrir les jambes, plus attentive à la pudeur qu’à la douleur. La fin du récit se clôt par l’exécution des cinq martyrs : Saturus y passa en premier. Perpétue quant à elle, « prit la main tremblante de l’apprenti et appuya elle-même la pointe du poignard sur sa gorge ».

En définitive, La Passion de Perpétue et Félicité est un texte émouvant notamment grâce au courage dont on fait preuve les martyrs et plus précisément les deux femmes. Le texte nous livre également une vision très proche de l’apocalypse de Jean, et surtout le plus intéressant est de remarquer que la présence d’une prière pour les morts (est attestée dès les premiers siècles). Peut-on (déjà) interpréter la vision de Perpétue (lorsqu’elle voit son jeune frère souffrant) comme le Purgatoire? Ce travail bref ne nous permet d’y répondre pleinement. Il est toutefois intéressant de relever ce fait. Mais, aussi le texte de la Passion montre également la force de la prière d’intercession, puisque Perpétue, après avoir prié pour que son frère sorte de cette souffrance de ce « lieu  de souffrance », dans une seconde vision, la voit dans une « demeure de joie ».


  • 1. DROBNER R. Hubertus, Les Pères de l’Eglise. Sept siècles de littérature chrétienne, trad. FEISTHAUER Joseph, Desclée, Tournai, 1999,  p.104.
  • 2. BERTHOLD, Précis de Patrologie, adapté par H. Chirat, Salvator Mulhouse, Paris, 1961,  p. 320.
  • 3. FONTAINE Jean, Aspects et problèmes, p. 75, cité in AMAT Jacqueline (trad.), Passion de perpétue et félicité suivi des Actes, SC n°417, Cerf, Paris, 1996, p. 68.
  • 4. AMAT Jacqueline, op. cité, p.67.
  • 5. Ibid., p. 20.
  • 6. Pour exécuter ce résumé, nous avons utilisé le texte à disposition sur le site de l’Abbaye saint Benoît, voir spécifiquement les pages 122-139.

‘Ceux qui écoutent la Parole’ : et la Vierge Marie?


marie ève nouvelleSe basant sur un verset biblique, toujours lu, nous le pensons, avec une étroitesse d’esprit consternante – notamment lorsqu’il s’agit de la Vierge Marie, les opposants à la dévotion mariale ont coutume de citer l’Evangile selon S. Luc, pour tirer des conclusions hasardeuses et désastreuses, en ce sens où ils soutiennent avec véhémence que Le Christ relègue catégoriquement et publiquement Sa Mère au second plan, et ne lui accorde donc aucune importance, encore moins autant d’importance que lui accordent les Catholiques. Le verset est le suivant :

Or il advint, comme il parlait ainsi, qu’une femme éleva la voix du milieu de la foule et lui dit : « Heureuses les entrailles qui t’ont porté et les seins que tu as sucés ! » Mais il dit : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et l’observent ! » ( S. Luc, XI, 27-28 )

Ce verset a sans doute troublé certains Catholiques, non pas les vrais. Il est souvent utilisé par certains Catholiques nouvellement convertis au Protestantisme, par exemple. Mais, il ne faut pas s’arrêter à la prétendue opposition relevée par nos amis. Il faut très bien lire le verset. Et il est, on ne peut plus clair. La réponse est en fait rapide et très aisée. Le Christ relègue-t-Il Sa Mère au second plan ? Point du tout. Pour ce faire, il faut comprendre la finalité de l’Enseignement ici. La Lettre dit : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et l’observent ! ». Or, cet Enseignement est celui qui est au centre dans tout le Nouveau Testament, notamment, et plus fortement dans le Sermon sur la Montagne ( S. Matthieu V-VII ). Le Christ a toujours insisté sur l’écoute de la Parole, et sa mise en pratique. Il ne s’agit pas d’écouter seulement… sans mettre en pratique. Or, remarquons que, La Parole, Le Verbe de Dieu – qui est Le Christ Lui-même, a pris chair en la Vierge Marie. De quelle manière ? Il a fallu que Celle-ci écoute et croit ! Il suffit  de lire la conversation entre La Mère du Seigneur et l’Archange, dans le même Évangile, au chapitre premier. L’échange se termine ainsi par ces paroles de Marie, avant qu’elle ne s’empresse de se rendre chez Elisabeth : « Marie dit alors : « Je suis la servante du Seigneur ; qu’il m’advienne selon ta parole ! » Et l’ange la quitta. » ( S Luc, I, 38 ). Donc, ici, conformément aux paroles du Christ en Luc XI, 28, la Mère du Seigneur remplit sans conteste les conditions. Gabriel joue bel et bien ici son rôle d’Ange, à savoir Messager – qui apporte donc la Parole ! Et l’Evangéliste Luc nous dit que Marie accueille ce Message, qui lui-même annonce La Parole faite chair, avec ferveur, foi et confiance. Si c’est une épreuve que voulaient lui faire passer les pourfendeurs, Elle la réussit. De surcroît, lorsque nous contrastons la conversation de L’Archange et Marie, et celle du même Archange et celle de Zacharie, on peut remarquer une différence nette. L’Archange « punit » Zacharie parce que ce dernier refusa de le croire : « Moi, je suis Gabriel (…) Et voici que tu vas être réduit au silence et sans pouvoir parler jusqu’au jour où ces choses arriveront, parce que tu n’as pas cru à mes paroles, lesquelles s’accompliront en leur temps. » (S. Luc, I, 20). On constate simplement que l’évangéliste contraste clairement le récit de Zacharie d’avec celui de Marie. Alors que Zacharie ne croit pas, Marie, elle, a cru ; a dit oui !

De plus, lorsque saints Marie et Joseph cherchaient leur enfant, et que celui-ci leur demanda s’ils ne savaient pas qu’Il devait être dans la maison de Son Père, n’ayant pas compris ce que l’Enfant leur avait dit, l’évangéliste s’empresse cependant de préciser que sa mère gardait fidèlement toutes ces choses en son cœur ( S. Luc II, 51 ). Ceci montre encore une fois que l’argumentation de ceux qui récusent le culte marial est invalide. Car, dans le même évangile, ils sont confondus.

Enfin, si la fin visée par Le Christ était d’écarter tout Honneur envers Sa Mère, comme le pensent les esprits tordus – qui lisent les Evangiles sans grande finesse, cherchant à opposer Le Fils et Sa Mère –, il est évident, dans ce cas, que Le Christ viendrait contredire l’Esprit Saint. Or, comme nous savons que Le Christ ne peut contredire l’Esprit Saint, qui est Celui du Père, et le Sien ; les seuls qui se contredisent sont ceux qui interprètent cette lettre de Luc de manière hasardeuse, biaisée et blasphématoire. Puisque, à travers Elisabeth, l’Esprit Saint soutient bel et bien que la Vierge Marie est bienheureuse, qu’Elle est bénie. L’Esprit nous enseigne que la Sainte Vierge et Son Fils partagent un Lien ineffable : Et il advint, dès qu’Élisabeth eut entendu la salutation de Marie, que l’enfant tressaillit dans son sein et Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint. Alors elle poussa un grand cri et dit : « Bénie es-tu entre les femmes, et béni le fruit de ton sein ! » ( S. Luc, I, 41-42 ). Le verset suivant nous enseigne que Marie est Mère du Seigneur, donc, Mère de Dieu – c’est un sujet que nous avons déjà traité, nul besoin donc de revenir dessus. Ce qu’il convient de retenir ici, c’est le lien entre La Vierge et Son Fils : Bénie es-tu entre les femmes, et béni le fruit de ton sein ! En fait, la femme qui parle en Luc XI, 27, dit quasi la même chose qu’Elisabeth ( qui elle parlait sous grâce à l’Esprit ). Donc, ce qui est certain, c’est que Le Christ ne cherche certainement pas à récuser l’Honneur dû à Sa Mère, au contraire, il ne fait que mettre en avant Sa Mère. Ce lien ineffable dont nous avons parlé est souligné par la prophétie de Syméon en Luc II, 35 : une épée te [s’adressant à Marie] transpercera l’âme AFIN que soit révélé la pensée de bien des cœurs ! Et, une fois de plus, l’évangéliste nous signale que Syméon ne parle pas de lui-même, mais c’est poussé par l’Esprit Saint ( S. Luc II, 27 ). Donc, ceux qui cherchent à interpréter ces paroles de l’évangile à leur manière, s’égarent, et, de plus, s’opposent techniquement à l’Esprit Saint.

Les hommes qui veulent opposer le Fils à la mère, ne sont rien de plus qu’aveugles. Car, ils ne prêtent pas attention à la Parole de Dieu. L’évangile de Luc vient de réfuter leurs présomptions.

« Dieu parle d’une façon et puis d’une autre, sans qu’on prête attention. » (JOB, XXXIII, 14)

Ave Maria !

Saint Mercredi des Cendres et saint Carême!


Mercredi des Cendres

 « Convertissez-vous à moi de tout votre cœur, dans le jeûne, dans les larmes et dans les gémissements. » (Lecture du Prophète Joël. Chap. II., Epitre des cendres)

L’observance du Carême, disait le Pontife, est le lien de notre milice ; c’est par elle que nous nous distinguons des ennemis de la Croix de Jésus-Christ ; par elle que nous détournons les fléaux de la divine colère ; par elle que protégés du secours céleste durant le jour, nous nous fortifions contre les princes des ténèbres. Si cette observance vient à se relâcher, c’est au détriment de la gloire de Dieu, au déshonneur de la religion catholique, au péril des âmes chrétiennes ; et l’on ne doit pas douter que cette négligence ne devienne la source de malheurs pour les peuples, de désastres dans les affaires publiques et d’infortunes pour les particuliers !

Pape Benoît XIV, Constitution Non Ambigimus, du 27 mai 1741

(Deux) siècles se sont écoulés depuis ce solennel avertissement du Pontife, et le relâchement qu’il eût voulu ralentir est toujours allé croissant. Combien compte-t-on dans nos cités de chrétiens strictement fidèles à l’observance du Carême ? (…) Où nous conduira cette mollesse qui s’accroît sans fin, si ce n’est à l’abaissement universel des caractères et par là au renversement de la société ? Déjà les tristes prédictions de Benoît XIV ne sont que trop visiblement accomplies. Les nations chez lesquelles l’idée de l’expiation vient à s’éteindre défient la colère de Dieu ; et il ne reste bientôt plus pour elles d’autre sort que la dissolution ou la conquête. De pieux et courageux efforts ont été faits pour relever l’observation du Dimanche, au sein de nos populations asservies sous l’amour du gain et de la spéculation. Des succès inespérés sont venus couronner ces efforts ; qui sait si le bras du Seigneur levé pour nous frapper ne s’arrêtera pas, en présence d’un peuple qui commence à se ressouvenir de la maison de Dieu et de son culte ? Nous devons l’espérer ; mais cet espoir sera plus ferme encore, lorsque l’on verra les chrétiens de nos sociétés amollies et dégénérées rentrer, à l’exemple des Ninivites, dans la voie trop longtemps abandonnée de l’expiation et de la pénitence.

Dom Prosper Guéranger, Extrait de L’année liturgique, Historique du Carême, Paris 1889

Si nous comparons notre époque avec les temps anciens, la différence n’est point à notre avantage. Rome Païenne des premiers siècles de l’Eglise, Antioche toute partagée encore d’infidèles et de Juifs, subissaient, par la venue du carême, un changement plus sensible que celui qui se manifeste aujourd’hui au sein des sociétés chrétiennes. Le carême, parmi nousn a perdu son caractère public ; il n’est plus un évènement pour les masses, les habitudes et les moeurs en tiennent à peine compte ; le retour de cette époque sainte échapperait à l’attention du plus grand nombre, le nom même en serait ignoré, si les enfants du siècle, dont le ventre est l’idole, n’avaient fidèlement gardé dans leur calendrier l’indication de ces jours à demi-païens, durant lesquels, par un surcroît d’amusement et de sensualité, ils feignent de se dédommager de privations et d’abstinences que subissaient leurs pères et auxquelles ils ne participent plus. C’est ainsi que le souvenir du jeûne subsiste, protégé par les préludes de l’intempérance, et que les saturnales de la rue sauvent de l’oubli une institution dont l’origine remonte à Jésus-Christ et à ses apôtres.

 Laissons le grand nombre suivre la voie large de la perdition ; laissons-les se faire une religion de sensualisme et de volupté, garder les fêtes et mépriser les jeûnes, se ruer dans l’iniquité et rire de la pénitence, faire de la vie entière une grande partie de plaisir, et, pardonnez ce mot, un long carnaval  qui ne cède jamais la place au carême. Pour nous, soyons dociles à la voix de l’Eglise ; préoccupés de la grande affaire de notre Salut…

Cardinal Pie (1815-1880)

Le Psaume 69 et les frères du Seigneur


Vierge noire de Czéstochowa

Vierge noire de Czéstochowa

Dans les débats passionnants et passionnés qui opposent les Catholiques et Orthodoxes et les protestants, ou toute autre église d’essence chrétienne, la question de la virginité perpétuelle de la Vierge Marie revient sans cesse. Plusieurs arguments sont mis en avant pour ou contre. Et les discussions sont encore loin d’être closes. Ne voulant pas répéter ce que nous avions déjà fait sur ce site, à savoir, présenter les différents arguments qui laissent penser que la Vierge Marie est bel et bien restée vierge après l’enfantement, nous voulons revenir sur un argument qui a souvent été vu par les protestants eux-mêmes comme le meilleur argument en défaveur de la virginité perpétuelle de Marie, le Psaumes 69. Nous présenterons les raisons réfuter la thèse virginité perpétuelle telles qu’elles sont présentées par nos interlocuteurs, ensuite nous relèverons, pour notre part, pour quelle (s) raison (s) cet argument n’est pas aussi difficile à vaincre que le prétendent les Protestants.

L’argument se trouve dans les versets 9 et 10 du Psaumes, nous pouvons effectivement lire ce qui suit : « Je suis devenu un étranger pour mes frères, un inconnu pour les fils de ma mère. Car le zèle de ta maison me dévore, et les outrages de ceux qui t’insultent retombent sur moi. »

Il est une chose sur laquelle s’accorde Catholiques et Protestants : le Psaumes 69 est bel et bien un Psaume messianique, c’est-à-dire relatif au Messie et à sa venue. Si cela est vrai et incontestable, alors il faudra admettre que Le Messie a bel et bien des frères, qu’il nomme ici fils de ma mère. Ainsi, Le Seigneur avait bel et bien des frères. A l’appui de l’argumentation, les Protestants font correspondre le verset 10 du Psaume ( « Car le zèle de ta maison me dévore… » ) à L’Evangile de Saint 2, 17 ( « Ses disciples se souvinrent qu’il est écrit: Le zèle de ta maison me dévore » ). Et au verset 9 du Psaume ( « Je suis devenu un étranger pour mes frères, un inconnu pour les fils de ma mère… ») les Protestants font correspondre l’Évangile selon S. Jean 7, 5 ( « Même ses frères ne croyaient pas en lui… » ). Il est donc indéniable que Marie avait des frères et sœurs. Ils accumulent les exemples entre les citations, parallélismes entre le Psaume et le Nouveau Testament. Cf. v. 8 ==> S. Jean 7:3-5; verset 9 ==> S. Jean 2, 17 et Romains 15, 3; verset 21 ==> S. Matthieu 27, 34; verset 25 ==> S. Matthieu 23, 38.

Or, plus nous nous penchons sur cette argumentation aux allures implacables, plus nous nous rendrons compte qu’il y a bien un hic quelque part. Il ne crève pas les yeux, mais subsiste néanmoins. Relevons, avant toute chose, que, s’il est indéniable que le Psaume 69 est messianique, il faudrait faire attention à ne pas prétendre l’appliquer intégralement au Christ. En effet, si tel était le cas, on ferait dire au Christ les paroles du verset 6 ( par exemple ) qui suivent : « O Dieu, tu connais ma folie, et mes fautes ne te sont pas cachées. ». Ce dernier verset, il ne fait aucun doute autant pour les Protestants que les Catholiques, ne peut s’appliquer au Christ. Donc, il faut également avoir à l’esprit que le Psaume, certaines parties de lui s’appliquent clairement à David, puisque, ici, il parle de ses fautes, de ses péchés donc… Or, Le Christ na point commis de fautes. Deuxièmement, si vous considérez les parallélismes donnés plus-haut entre ce Psaume et le Nouveau Testament, vous constaterez que tout coïncide parfaitement ! à l’exception du verset 9 qui lui, nous intéresse. Ce verset qui, selon les Protestants, montre que Le Seigneur avait des frères de chair. Or, en fait, le verset 9 qui dit Je suis devenu un étranger pour mes frères, un inconnu pour les fils de ma mère, n’est absolument pas cité dans le Nouveau Testament ! En fait, il n’y a clairement AUCUNE allusion à ce verset dans le Nouveau Testament. Les Protestants recourent simplement à un subterfuge, en essayant d’appliquer le verset 9 du Psaume à S. Jean 7, 3-5. Ce qui est tout simplement une analogie forcée et, de surcroît fausse. Plusieurs autres allusions dans ce Psaume montrent que celui-ci ne peut intégralement s’appliquer au Christ, comme essayent maladroitement de le faire les partisans de la thèse selon laquelle la Vierge Marie aurait eu des fils et filles après l’enfantement du Seigneur.

Troisièmement enfin, l’application de verset à Jésus échoue, même si l’on veut bien considérer que ses frères ne croyaient pas en lui. Comme relevé, rien n’indique qu’il s’agit des frères de sang du Christ ; car le verset 9 n’est jamais cité dans le Nouveau Testament. Si, par souci d’objectivité, nous reconnaissons ( tout de même ) avec les Protestants que les frères de Jésus ne croyaient pas en Lui, alors il faut savoir de quels frères il s’agit. En effet, ce verset des fils de sa mère semble davantage s’appliquer à David, ou même encore, par extension, aux Juifs, qui ont refusé de croire en Lui ; c’est d’ailleurs sur ce thème que gravite l’Évangile selon S. Jean, d’après ce qui est écrit : « Il ( le Verbe) était dans le monde, et le monde par lui a été fait, et le monde ne l’a pas connu. Il vint chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu. » (S. Jean I, 10-11). Ajoutons à cela cet épisode :

Il trouva dans le Temple les vendeurs de bœufs, de brebis et de colombes et les changeurs assis. Se faisant un fouet de cordes, il les chassa tous du Temple, et les brebis et les bœufs ; il répandit la monnaie des changeurs et renversa leurs tables, et aux vendeurs de colombes il dit : « Enlevez cela d’ici. Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de commerce. » Ses disciples se rappelèrent qu’il est écrit : « Le zèle pour ta maison me dévorera. » [Ici, Psaumes 69, 10] Alors les Juifs prirent la parole et lui dirent : « Quel signe nous montres-tu pour agir ainsi ? ( S. Jean II, 14-18)

On remarque que, dans le cas où il faudra identifier le verset 9 du Psaume à un épisode, c’est bien ici. On voit que les disciples se souviennent du verset 10, à cause de l’incrédulité des Juifs… Donc, il convient mieux d’identifier les fils de ma mère aux Juifs… qu’à ses prétendus frères de sang. L’argumentation protestante qui avait des allures et un soubassement solides, est en fait sans valeur et ce, pour les raisons que nous venons d’énoncer, principalement à cause du fait que le verset 9 n’est jamais cité dans l’Évangile, si ce n’est de manière forcée et truquée par ceux qui refusent à la Vierge Marie une virginité perpétuelle.

Souviens-toi, Seigneur ! de l’opprobre de tes serviteurs, Souviens-toi que je porte en mon sein tous les peuples nombreux – Psaumes 89, 50.

Apparitions de Notre-dame de Lourdes


Notre-Dame de LourdesProclamée Immaculée dans sa Conception, le 8 décembre 1954, Marie ne devait pas tarder à montrer combien Elle agréait ce nouvel hommage de la sainte Église. Quatre ans plus tard, en 1858, elle daigna Se montrer, à dix-huit reprises, à une petite fille de Lourdes, bourgade des Pyrénées.

L’enfant, ignorante et candide, s’appelait Bernadette. La Vierge paraissait dans une grotte sauvage. Son visage était gracieux et vermeil; Elle était enveloppée dans les plis d’un long voile blanc; une ceinture bleue flottait autour d’Elle; sur chacun de Ses pieds brillait une rose épanouie. L’enfant regarda longtemps, étonnée et ravie; elle prit son chapelet et le récita pieusement. L’apparition lui ordonna de revenir.

La seizième fois, 25 mars, Bernadette supplia la vision de Se faire connaître. Alors, l’Être mystérieux, joignant les mains devant Sa poitrine, et revêtant une majesté toute divine, disparut en disant: « JE SUIS L’IMMACULÉE CONCEPTION! » C’était la Sainte Vierge, patronne de l’Église et de la France, qui venait appeler Son peuple à la prière et à la pénitence.

À partir de cette époque, la ville de Lourdes devenait immortelle. L’Apparition triompha de toutes les impiétés et de toutes les persécutions. Des foules immenses sont venues, selon le désir exprimé par l’Apparition, saluer la Vierge Immaculée dans Sa grotte bénie et dans les splendides sanctuaires érigés à Sa demande et en Son honneur, sur le flanc de la montagne.

De nombreux et éclatants miracles ont récompensé et récompensent toujours la foi des pieux pèlerins; et chaque jour ce grand mouvement catholique va croissant; c’est par centaines de mille, chaque année, que les dévôts de Marie affluent, à Lourdes, de toutes les parties du monde.

La piété catholique a multiplié les Histoires et les Notices de Notre-Dame de Lourdes; mille et mille cantiques de toutes langues ont été chantés au pied de la Grotte bénie; partout, en France et dans toutes les parties du monde, se sont multipliées les représentations de la Grotte de Lourdes et de sa basilique, les images et les statues de la Vierge Immaculée. Les féeriques processions aux flambeaux, les merveilleuses illuminations, les grandioses manifestations qui s’y renouvellent souvent, ont fait de Lourdes comme un coin du Paradis.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l’année, Tours, Mame, 1950

La Didachè ou Doctrine des Douze Apôtres


didachèLes premiers siècles de l’ère chrétienne ont été fructueux en littérature. Fructueux dans les deux sens : en orthodoxie comme en hétérodoxie. Le but n’étant pas dans ce travail – qui se veut d’être bref – de faire un procès de cette ère, encore moins de prétendre la présenter exhaustivement, nous aimerions simplement présenter un document qui, pour les premiers chrétiens et surtout les Pères de l’Eglise, avaient une importance qui n’était pas moindre. Ce document est la Didachè. Pour ce faire, nous présenterons notre travail en deux parties. La première s’intéressera rien de plus qu’au résumé de l’œuvre ; la seconde sera une contextualisation ; nous terminerons sur une conclusion incluant un certain nombre de questions que posent ce fameux texte.

1.     Résumé de la Didachè

En ce qui concerne la division du texte, quelques hypothèses ont été émises. Nous en retenons principalement deux. Celle de DROBNER[1] qui parle d’un texte divisé en cinq parties couvrant les seize chapitres. Les cinq parties seraient dans cette hypothèse : le comportement de la communauté quant à l’éthique (I-IV), la liturgie (VII-X), la façon de traiter les prophètes itinérants et les chrétiens vagabonds (XI-XIII), la vie communautaire (XIV-XV) et l’eschatologie (XVI). Une seconde hypothèse, celle BERTHOLD[2], plus générale et peut-être moins précise, divise les seize chapitres en trois parties : La morale chrétienne (I-VI), la liturgie (VII-X), la discipline (XI-XV), et une conclusion. Ne voulant point assumer une troisième division qui serait la nôtre, nous préférons nous rattacher à la seconde hypothèse. Après cet aperçu, nous nous engageons à résumer plus précisément le contenu du document.

La Didachè s’ouvre sur une doctrine : la doctrine des deux voies : la voie de la vie et celle de la mort. Du chapitre premier au quatrième, il est expliqué en quoi consiste le chemin de la vie. En lisant avec attention ces quatre premiers chapitres, il ressort avec évidence que le texte dénote une influence judéo-chrétienne. Les sentences rappellent vivement le Sermon sur la montagne (Mt 5-7). C’est ainsi que nous pouvons lire : « tu aimeras le Dieu qui t’a créé, en second ton prochain comme toi-même.. », « Bénissez ceux qui vous maudissent et priez pour ceux qui vous haïssent… », etc. Le chapitre deuxième s’ouvre avec le second commandement qui en fait est une suite de restrictions à ne pas violer si l’on veut rester sur la voie de la vie : « tu ne tueras pas », « tu ne commettras pas d’adultère »…; la condamnation de l’avortement y est on ne plus explicite : « tu ne tueras pas d’enfants par avortement ou après la naissance ». Le chapitre troisième quant à lui ressemble plus à une exhortation, une prière à ne point commettre le mal. Une exhortation articulée par l’anaphore « Mon enfant », en début de chaque phrase. Il s’agit en effet de conseils qui permettraient d’éviter les meurtres, les adultères, l’idolâtrie. Les chapitres cinq et six s’attardent sur l’autre voie : celle de la mort.

La seconde partie de la Didachè concerne la liturgie – présente dès le chapitre septième qui s’ouvre avec le Baptême. Ce « rite » doit être fait au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit (ce qui nous rappelle la finale de l’Evangile selon saint Matthieu). Il est conseillé de jeûner avant le baptême (et pour le baptisant et pour le baptisé). Le chapitre huitième concerne le jeûne et la prière. Il est conseillé de jeûner le mercredi et le jour de la préparation du Sabbat. La prière est celle laissée par le Seigneur : le Pater. Le chapitre neuvième est un témoin de la présence de l’Eucharistie dès les premiers siècles. Des instructions précises (et une prière de remerciement est exigée (chapitre dix)) sont données que ce soit pour le vin ou le pain. La restriction veut que seuls les baptisés au Nom du Seigneur partagent l’Eucharistie.

Du chapitre XI au chapitre XV, nous avons affaire à une partie disciplinaire. Une invitation à se méfier de tous ceux qui oseraient dire le contraire de ce qui est dit dans les chapitres précédents. On doit se réunir le jour dominical pour rompre le pain – après avoir confesser ses péchés ! Le chapitre seize est une conclusion et une invitation à veiller, à être vigilant contre les faux prophètes, en attendant le retour du Seigneur. Ce chapitre traite en fait de l’eschatologie et se clôt donc ainsi : « Alors le monde verra le Seigneur venant sur les nuées du ciel ».

2.     Contextualisation

La Didachè, aussi connue sous le titre d’« Enseignement du Seigneur aux nations par les douze apôtres » était un texte considérable dans les premiers siècles. A ce propos, DROBNER souligne que la Tradition apostolique « représente, après la Didachè, le plus important témoignage sur la vie communautaire et la liturgie de l’Eglise antique[3] ». Toutefois, le contenu exact de ce texte est resté un mystère car il n’était connu que par les références faites par les Pères de l’Eglise, jusqu’à ce qu’il soit découvert à Constantinople au XIXe siècle, plus précisément en 1873 par Philotheos Bryennios. D’autres sources indiquent cependant que la découverte eut lieu en 1875[4]. Cependant, cette précision importe peu contrairement à trois questions primordiales qu’on pourrait se poser concernant le document que nous traitons : qui en est l’auteur ? De quelle région provient-il ? Et, finalement, à quelle époque le situer ? Est-il contemporain aux Evangiles ? Si oui, pourquoi ne figure-t-il pas dans le canon biblique ? Pour répondre à la première question, deux principales hypothèses nous sont connues. En 1933, A. Milavec soutenait l’unité stricte du texte alors que S. Giet avait argumenté, en 1970, pour une multiplicité de textes réunis en un seul recueil. De nos jours, il semble admis qu’il s’agit en fait d’un seul auteur qui aurait rassemblé plusieurs textes.

Quant à savoir d’où et quand provient le texte, il faut signaler qu’on a longtemps pensé que, la plupart des témoins de la Didachè étant d’origine égyptienne, le texte provenait de cette région. Mais, il semble certain qu’il provient plutôt de Syrie occidentale[5]. D’ailleurs, on a souvent observé que l’allusion à 7, 2 : « Mais, si tu n’as pas d’eau vive, baptise dans une autre eau; si tu ne peux pas (baptiser) dans l’eau froide, que ce soit dans l’eau chaude. Si tu n’as ni l’une ni l’autre (en quantité suffisante), verse trois fois de l’eau sur la tête au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. » semble mal s’adapter à l’Egypte. Pour ce qui est de la datation, RORDORF[6] nous avertit qu’après la découverte du texte, la relation entre Didachè 1-5/16 et Epitre de Barnabé (18-20) qui présente la doctrine des deux voies, on donnait la datation au IIe siècle. Cependant, depuis la découverte des manuscrits de la Mer morte (Qumrân), il y a un consensus selon lequel le texte date du premier siècle, et peut-être même de la première moitié du premier siècle. Il s’agirait là, d’après ces informations, d’un texte contemporain aux premiers textes néotestamentaires qu’on doit à l’apôtre Paul. S’il est donc vrai que ce texte date de la première moitié du premier siècle, pour quelle(s) raison(s) ne figure-t-il pas dans le canon biblique ? On ne serait vraiment élucider ce « mystère ». Tout ce que nous savons repose sur le fait qu’Eusèbe de Césarée[7] (Hist., 3, 25, 4) range la Didachè parmi les apocryphes et ce nonobstant le fait que cet écrit avait servi de modèle à d’autres écrits liturgiques et juridiques dans l’Antiquité.

En définitive, vu la brièveté de notre travail, de tels points ne peuvent pas être plus approfondis. Ainsi, nous nous sommes limité à l’essentiel. Notre but n’a pas été d’être le plus exhaustif possible, mais simplement de présenter un texte qui eut dans l’Antiquité une portée majeure, mais aussi de susciter un certain intérêt sur la Didachè, et peut-être sur cette époque florissante du Christianisme.

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  • [1] DROBNER R. Hubertus, Les Pères de l’Eglise. Sept siècles de littérature chrétienne, trad. FEISTHAUER Joseph, Desclée, Tournai, 1999, p. 65.
  • [2] BERTHOLD Altaner, Précis de Patrologie, adapté par H. Chirat, Salvator Mulhouse, Paris, 1961, p. 89-93.
  • [3] DROBNER R. Hubertus, op., cit., p. 121.
  • [4] BERTHOLD Altaner, op., cit., p. 89.
  • [5] RORDORF Willy, « La Didachè », in : POUDERON Bernard (dir.), Histoire de la littérature grecque chrétienne. De Paul apôtre à Irénée de Lyon. T. 2. Sous la responsabilité de Bernard Pouderon et Enrico Norelli. Coll. « Initiation aux Pères de l’Eglise », Cerf, paris, 2013, p. 507.
  • [6] Ibid., p. 506.
  • [7] EUSEBE DE CESAREE, Histoire 3 25, 4, cité in BERTHOLD Altaner, op. cit. p. 90.

2 février: Présentation de l’Enfant Jésus au Temple


La fête de ce jour a un double objet, célébrer la Purification de Marie et la Présentation de Jésus au Temple selon la loi de Moïse. Cette loi fixait le temps où les mères devaient se présenter avec leurs nouveau-nés devant les autels, et elle exigeait une offrande pour le rachat des enfants mâles. Ni Marie, toute pure dans sa maternité, ni Jésus, Fils de Dieu, n’étaient obligés à cette cérémonie; cependant par humilité, et pour donner aux hommes un éclatant exemple d’obéissance aux lois divines, Marie, accompagnée de Joseph et portant Jésus en Ses bras, Se rendit au Temple de Jérusalem.

La fête chrétienne qui nous conserve le souvenir de cette cérémonie porte, dans le langage populaire, le nom de la Chandeleur, à cause de la procession qui se fait ce jour-là dans nos églises avec des cierges allumés.

Les cierges symbolisent Notre-Seigneur Jésus-Christ, Lumière du monde; la procession représente le passage de la sainte Famille dans le Temple et la rencontre des deux vieillards Siméon et Anne. Saint Anselme, développant ce mystère, nous dit qu’il y a trois choses à considérer dans le cierge: la cire, la mèche et la flamme. La cire, ouvrage de l’abeille virginale, est la Chair du Christ; la mèche, qui est intérieure, est Son Âme; la flamme, qui brille en la partie supérieure est Sa Divinité.

La procession de la Chandeleur nous apparaît comme la marche du peuple chrétien à la lumière du Christ, figuré par les cierges que porte le clergé, la portion choisie de l’Église, comme Jésus même était porté entre les bras de Marie, entre ceux du saint vieillard Siméon et du pontife qui L’offrit au Seigneur.

Les cierges de la Chandeleur sont bénits avec une solennité toute particulière et avec l’emploi des prières les plus touchantes. Conservés dans la maison des chrétiens, ils sont un gage de la protection divine. Il est dans l’esprit de l’Église d’allumer les cierges de la Chandeleur pour repousser les esprits de ténèbres, dans les dangers corporels et spirituels, au lit des mourants, pour éloigner d’eux l’ennemi des hommes, qui fait alors son suprême effort afin d’arracher les âmes à Dieu. C’est bien alors surtout, en effet, que l’homme a besoin du recours du Rédempteur, vraie lumière des âmes, pour illuminer les derniers instants de sa vie.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l’année, Tours, Mame, 1950

La Sainte Epiphanie


+++Yesus Kristus azu+++:

Article légèrement modifié depuis sa première publication. Concernant la sainte Epiphanie du Seigneur, nous pouvons apprendre, par l’intermédiaire des Mages, que la connaissance de Dieu, pour venir à Dieu, il faut contempler Sa création, Son oeuvre. Celle-ci ne nous mène pas cependant, simplement à Lui, il faut la Révélation qui vienne couronner la Raison. Lisez le cours commentaire biblique… mais aussi, quelques pistes d’interprétations sur le sens que revêt l’encens, l’or et la myrrhe offerts au Seigneur.

Originally posted on +†+Yesus Kristus azu+†+:

Jésus étant né à Bethléem de Judée, au temps du roi Hérode, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem en disant : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu, en effet, son astre à son lever et sommes venus lui rendre hommage. » L’ayant appris, le roi Hérode s’émut, et tout Jérusalem avec lui. Il assembla tous les grands prêtres avec les scribes du peuple, et il s’enquérait auprès d’eux du lieu où devait naître le Christ. « A Bethléem de Judée, lui dirent-ils ; ainsi, en effet, est-il écrit par le prophète : Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es nullement le moindre des clans de Juda ; car de toi sortira un chef qui sera pasteur de mon peuple Israël. » Alors Hérode manda secrètement les mages, se fit préciser par eux le temps de l’apparition de l’astre, et les envoya…

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