La vérité sur les « Fausses Décrétales d’Isidore Mercator »


De nombreux ennemis de la Papauté affirment que les évêques de Rome n’ont assis leur suprématie et instaurée la monarchie papale qu’à partir de la fin du VIIIème siècle sous le Pape Adrien Ier (772-795). Ils affirment que ce dernier fit rédiger des Fausses Décrétales par un sbire, prétendant être des documents des papes antérieurs affirmant avec force la doctrine de la papauté. Il les aurait ensuite remis à l’évêque de Metz, acquis à sa cause afin que ce dernier propage les « mensonges papaux » pour imposer la domination romaine. Ces Fausses Décrétales, rédigées par l’évêque fictif Isidore Mercator donnent lieu à l’affaire des Fausses Décrétales d’Isidore Mercator.

La réalité est très loin de cette présentation. Dans ce lien, vous trouverez deux livres historiques sur la Papauté traitant tous les deux entre autre de cette affaire et la démystifient. Je vous propose également in extenso ci-dessous ce que dit le Dictionnaire de Théologie Catholique des abbés VACANT et MANGENOT à l’article Décrétales (les fausses):

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« Marie Nouvelle Eve » chez les premiers Pères


Saint Justin de Naplouse, dit saint Justin Martyr, Père de l’Eglise et plus grand des apologistes du IIème siècle, émet la proposition théologique suivante:« Marie est la Nouvelle Eve »: « Nous savons qu’Il procédait du Père, avant toute créature, par sa force et sa volonté,… et par le moyen de la Vierge Il devint homme, de sorte que de la voie par laquelle la désobéissance venant du serpent avait son commencement, de cette même voie est venu sa fin. Car Ève, étant une vierge et sans tâche, et concevant la parole qui venait du serpent, apporta la désobéissance et la mort ; mais la Vierge Marie, remplie de foi et de joie, lorsque l’Ange lui porta la bonne nouvelle que l’Esprit du Seigneur viendrait sur elle et que la puissance du Très-Haut la couvrirait de son ombre, et que par conséquent l’être saint qui naîtrait d’elle serait appelé Fils de Dieu, répondit : “ Qu’il me soit fait selon votre Parole ” »  (Dialogue avec Tryphon 100) Même dans l’Eglise primitive, ces similitudes bibliques étaient reconnues comme étant des identités de Marie : la Nouvelle Eve; tout comme le Christ est le Nouvel Adam.
Il est dans la théologie catholique un moyen de prouver que Marie était Immaculée Conception, qu’Elle soit la Nouvelle Eve qui fut créée sans le péché originel (voir: ici) qui renverse la désobéissance de la première. Lorsqu’elle désobéit, Eve était libre de tout péché et de toute concupiscence (inclination au péché). Ainsi, son « non » à Dieu était un choix libre et conscient de sa volonté. Pour que l’obéissance de Marie puisse défaire la désobéissance d’Eve, le « oui » de Marie devait être aussi parfait que le « non » d’Eve. Cela n’a été possible que parce que Marie était libre de tout péché et de toute inclination au péché, tout comme Eve.
Très vite après saint Justin, d’autres lui ont emboité le pas dans cette affirmation tels saint Irénée de Lyon et Tertullien. On dit souvent que ces deux personnages ont nié que Marie soit sans péché; cette affirmation est réfutée dans cet article. Nous exposerons d’abord les propos de ces deux auteurs sur « Marie Nouvelle Eve » puis leurs citations invoquées pour dire qu’ils ne croyaient pas en l’Immaculée Conception et enfin la réfutation de cette affirmation.
Saint Irénée de Lyon (vers 125 – vers 202), Père de l’Eglise, disciple de saint Polycarpe de Smyrne (vers 69 – 155), lui-même disciple de l’Apôtre Saint Jean l’Evangéliste parle beaucoup de cela dans son magistral traité de réfutation de la gnose intitulé Contre les hérésies (Adversus Haereses en latin, abréviation : AH) écrit en 185 :« Car, de même que, par la désobéissance d’un seul homme qui fut, le premier, modelé à partir d’une terre vierge, beaucoup ont été constitués pécheurs et ont perdu la vie, ainsi fallait-il que, par l’obéissance d’un seul homme qui est, le premier, né de la Vierge, beaucoup soient justifiés et reçoivent le salut. » (AH, III 18,7)« Parallèlement au Seigneur, on trouve aussi la Vierge Marie obéissante, lorsqu’elle dit : Voici ta servante, Seigneur ; qu’il me soit fait selon Ta Parole (Lc 1,38). Ève, au contraire, avait été désobéissante : elle avait désobéi, alors qu’elle était encore vierge. Car, de même qu’Ève, ayant pour époux Adam, et cependant encore vierge – car ils étaient nus tous les deux dans le paradis et n’en avaient point honte (Gn 2,25), parce que, créés peu auparavant, ils n’avaient pas de notion de la procréation : il leur fallait d’abord grandir , et seulement ensuite se multiplier (Gn 1,28) – de même donc qu’Ève, en désobéissant, devint cause de mort pour elle-même et pour tout le genre humain, de même Marie, ayant pour époux celui qui lui avait été destiné par avance, et cependant Vierge, devint, en obéissant, cause de salut (cf. He 5,9) pour elle-même et pour tout le genre humain. C’est pour cette raison que la Loi donne à celle qui est fiancée à un homme, bien qu’elle soit encore vierge, le nom d’épouse de celui qui l’a prise pour fiancée (Dt 22,23-24), signifiant de la sorte le retournement qui s’opère de Marie à Ève. Car ce qui a été lié ne peut être délié que si l’on refait en sens inverse les boucles du nœud. » (AH III, 22, 4)
« Selon les formes, Marie la Vierge est trouvée obéissance, disant “Voici ta servante, ô Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole ». Mais Ève fut désobéissante, car elle n’obéit pas, alors qu’elle était encore vierge. Car elle, ayant Adam pour mari, était cependant une vierge… devenant désobéissante, devint la cause de la mort et d’elle-même et de la race humaine toute entière ; De même Marie, ayant l’homme prédestiné, et étant cependant une vierge, étant obéissante, devint et pour elle-même et pour la race humaine toute entière la cause du salut…. Et c’est sur le compte de ceci, que le Seigneur déclara, que les premiers seraient les derniers et les derniers les premiers. Et les prophètes signifièrent la même chose , disant « A la place de tes pères te viendront des fils » (Ps44). Car, alors que le Seigneur, étant né, fut le premier revenu des morts, et reçut en son sein les premiers pères, Il les régénéra dans la vie de Dieu, Lui-même devenant le premier des vivants, alors qu’Adam était devenu le premier des morts. De même Luc, commençant la généalogie à partir du Seigneur la remonta jusqu’à Adam, signifiant ainsi que c’est Lui qui avait régénéré les pères anciens dans l’Évangile de la vie, et non le contraire. Et ainsi le nœud de la désobéissance d’Ève fut dénoué par l’obéissance de Marie ; car ce qu’Eve, une vierge, avait noué par son incrédulité, Marie, une vierge, l’a dénoué par la foi. » (AH III, 22, 34.)

Et aussi : « Comme Ève qui fut séduite par le discours d’un Ange, de sorte qu’elle se cacha de Dieu, transgressant Sa parole, de même Marie reçut la bonne nouvelle par le moyen de l’annonce de l’Ange, de sorte qu’elle porta Dieu en elle, étant obéissante à Sa parole. Et, bien que la première a désobéit à Dieu, la deuxième fut convaincue d’obéir à Dieu ; de sorte que de la vierge Ève, la Vierge Marie devienne l’avocate. Et, comme à cause d’une vierge la race humaine fut liée à la mort, par une Vierge elle est sauvée, l’équilibre étant préservé car la désobéissance d’une vierge contrée par l’obéissance d’une autre. » (Ibid v.19)

St Irénée rédigea également un ouvrage intitulé Démonstration de l’enseignement apostolique où il écrivit la chose suivante: « Or, d’où provenait la substance du premier homme ? De la volonté et de la sagesse de Dieu et d’une terre vierge : « car Dieu n’avait pas encore fait pleuvoir », dit l’Écriture, avant que l’homme fut fait, « et il n’y avait pas encore d’homme pour travailler la terre (Jn 1,14) ». C’est donc tandis qu’elle était encore vierge que « Dieu prit du limon de la terre et en modela l’homme (Gn 2,5) pour qu’il fut le point de départ de l’humanité. Comme c’était cet homme même qu’il récapitulait en lui, le Seigneur reçut donc une chair formée selon la même « économie » que celle d’Adam, en naissant d’une Vierge par la volonté et la sagesse de Dieu, afin de montrer lui aussi une chair formée d’une manière semblable à celle d’Adam et de se faire cet homme même dont il est écrit qu’il était, à l’origine, à l’image et à la ressemblance de Dieu. Car  il fallait qu’Adam fut récapitulé dans le Christ, afin que ce qui était mortel fut englouti par l’immortalité, et il fallait qu’Ève le fut aussi en Marie, afin qu’une Vierge, en se faisant l’avocate d’une vierge, détruisit la désobéissance d’une vierge par l’obéissance d’une Vierge. » (Démonstration de l’enseignement apostolique, 32 et 33)

Tertullien (vers 155 – vers 230) : « Dieu a retrouvé son image et sa ressemblance, dont le démon s’était emparé, par une opération opposée. Car en Ève, pourtant encore vierge, se glissa la parole qui causa la mort. C’est aussi en une vierge que devait être introduit le Verbe de Dieu qui restaura la vie ; ce qui, par ce sexe avait été perdu, a été ramené au salut par ce même sexe. Ève avait cru le serpent ; Marie a cru Gabriel ; la faute que l’une avait commise en croyant, l’autre en croyant l’a effacée. » (De Carn. Christ.17.)

Certains disent que saint Irénée croyait que Marie n’était pas sans péché, ou du moins avec le péché originel citent cette phrase de lui; « Jésus-Christ seul a été exempt du péché, quoiqu’il ait paru avec la ressemblance du péché. » (Adversus Haereses, livre IV, chapitre 16). Ainsi que le fait que saint Irénée traite la demande que Marie adresse au Christ aux Noces de Cana d’« empressement intempestif que Jésus rejette. » (Adversus Haereses, III, 7)

Et au sujet de Tertullien: « Dieu seul est sans péché, et le Christ est le seul homme qui fut sans péché, parce que le Christ était Dieu. » (De anima, 41).

Voici quelle en est l’explication: que le Christ soit seul sans péché n’est pas incompatible avec l’Immaculée Conception de Notre-Dame. En effet, « être sans péché, peut s’entendre ou d’une innocence de fait fondée sur la grâce ou d’une innocence de droit et de nature, c’est-à-dire d’une impeccabilité essentielle. Cette seconde sorte d’innocence convient à dieu seul et à Jésus-Christ, en tant qu’Homme-Dieu; mais l’autre sorte d’innocence reste possible s’il plaît à Dieu d’accorder ce privilège à une créature. Le fait que les textes objectés, les Pères justifient l’impeccabilité qu’ils réservent à Dieu, sur ce qu’il est Dieu, ou à Jésus-Christ, sur ce qu’Il est l’Homme-Dieu, indique suffisamment qu’ils ont en vue l’innocence de nature ou de droit; autrement, il faudrait conclure que, même parmi les saints anges, nul n’a été ni n’est sans péché, puisque l’ange n’est ni Dieu ni uni hypostatiquement à la divinité du Père. Plazza » (Dictionnaire de théologie catholique des abbés VACANT et MANGENOT, article Immaculée Conception). Donc si Jésus est le seul à ne pas avoir le péché originel par nature, ou par droit, il n’est pas exclu que Marie ne l’ait pas non plus mais quant à Elle par grâce.

Quant à l’intervention de Marie aux Noces de Cana qualifiée par saint Irénée d’empressement intempestif, elle « fut inspirée par un sentiment de charité compatissante. Dans la scène évangélique de la vie publique où Marie intervient, rien ne permet de conjecturer que sa démarche ait eu l’ambition pour mobile, ou qu’elle supposât un manque de foi en la mission de son Fi […] rien  ne prouve qu’il songe à une faute de la part de Marie. » (Ibidem.)

D’autres Pères de l’Église:

Saint Zénon (vers 300-380), évêque de Vérone: « Tu as régénérée Eve en Marie, Tu as renouvelé Adam dans le Christ. » (Tract., II, de spe, fide et cariate).

Saint Ambroise (vers 340-397), évêque de Milan, Père et Docteur de l’Eglise: « La mort par Eve, la vie par Marie. » (Epist. XXII, ad Eustoch.)

De nouvelles références viendront…

Synthèse des preuves de l’immortalité de l’âme


Une des grandes différences entre la foi catholique et beaucoup de fois chrétiennes non-catholiques est la croyance en l’immortalité de l’âme qu’accepte cette première et que rejettent ces dernières. L’immortalité de l’âme est, rappelons-le un des préalables nécessaires aux culte des saints (dont nous vous invitions à vous instruire en cliquant ici).

Nous vous proposons ici un compilation de documents prouvant que l’âme humaine est immortelle.

Démonstration par Henry sur Yesus Kristus azu:

L’immortalité de l’âme d’un point de vue biblique

L’immortalité de l’âme d’un point de vue rationnel 

Démonstration de saint Thomas d’Aquin (1225-1274), le plus illustre des Docteurs de l’Église ! Cliquer ici.

Démonstration par l’abbé Cellier (FSSPX) sur Bibliothèque de combat:

Partie 1

Partie 2

Partie 3

Réponses aux objections: ici

Relation avec la résurrection de la chaire:

La morte t la résurrection de Jonas (Yesus Kristus azu)

Problèmes de la résurrection des corps (Yesus Kristus azu)

Je crois en le résurrection de la chaire 1/2 (Yesus Kristus azu)

Autres:

Réponse à un chrétien – l’immortalité (Yesus Kristus azu)

L’unité de l’Homme (Yesus Kristus azu)

Dieu selon les catholiques et selon les protestants (Yesus Kristus azu)

 

Les Actes du Martyre de Saint André sont-ils authentiques?


Le Martyre de Saint André

Le Martyre de Saint André

Nous publiions un jour un article démontrant que l’Immaculée Conception de la Vierge Marie est une vérité enseignée depuis le Ier siècle et n’est donc pas une invention tardive comme certains le pensent. Nous commencions par une citation de l’Apôtre Saint André la voici: « Le premier homme a amené la mort par le bois de la prévarication ; il fallait que, par le bois de la Passion, la mort fût expulsée du séjour qu’elle avait usurpé. Le premier homme ayant donc été créé et formé de la terre encore immaculée, il fallait que d’une Vierge Immaculée naquît l’homme parfait par lequel le Fils de Dieu, qui d’abord avait créé l’homme, réparerait la vie éternelle que les hommes avaient perdue par Adam. » (Lettre au proconsul Egée retrouvée dans les actes du martyre de St André. (Voir le Calendrier de l’Eglise de Constantinople de Morcelli, au 30 novembre. Sunios, ad diem 30 nov.; Kalendarum Ecclesiae C P., tom. I, pag. 249.).

Un site protestant contradicteur écrivit un article pour tenter de réfuter le nôtre. Il y affirmait que la première référence que nous donnions était non seulement apocryphe mais que les « Actes » au nom de l’apôtre André dont – le croyait-il- elle était issue étaient un faux du IIIème siècle condamnés par le pape saint Sirice (384-399) et que ladite condamnation fut confirmée et flanquée du « lien indissoluble de l’anathème » par un de ses successeurs, le pape saint Gélase (492-496).

L’explication est simple: les Actes du Martyre de Saint André et les « Actes » au nom de l’apôtre André ne sont pas un seul et même texte mais deux textes différents !

En effet, ces actes sont cités et utilisés par de nombreux (parfois saints) auteurs pour certains antérieurs au IIIème siècle et pour d’autres ultérieurs mais censés avoir obéis au pape… Voici les fameuses mentions de ces actes : saint Irénée de Lyon (écrit en 185 : Contre les hérésies, livre III. Valentinium, cap. XXI); Tertullien, mort vers 230 (Lib. de Carne Christi, cap. XVII); dans le traité de la vraie et de la fausse pénitence qui se trouve dans les œuvres de saint Augustin; dans le Sacramentaire de saint Grégoire le Grand; saint André de Crète, mort en 740 (Oratio in natalem Dei Genericis), dans le Martyrologe d’Usuard (IXème siècle); saint Bruno, fondateur de l’ordre des Chartreux, mort en 1101 (In Psalm. CI.); Pierre de Blois, Archidiacre de Bath en Angleterre, mort vers 1199, rapporte d’après le Pape Alexandre III, cite cette exacte pensée de l’Apôtre saint André (Instruction fidei catholicae ab Alexandro III, Pontifice Romano, ad Soldanum Iconii missa, inter opera Petri Blesensis); dans le Missel Gothique, publié par le B. Jean-Marie Thomasi; dans le Martyrologe et les Bréviaires à l’usage de la Sainte Eglise Romaine ; ainsi que dans le Ménologe des Grecs publiés par le Cardinal Albani (1692-1779).

Par ailleurs, le ressource bibliothécaire de Google, booksgoogle propose à la lecture les Actes Apocryphes de l’Apôtre André (cliquer ici), ouvrage dans lequel ne figure pas cette fameuse phrase de l’Apôtre (voir ici). En revanche, le même site en trouve des occurrences dans d’autres ouvrages, preuve que ce n’est pas une erreur (voir ici).

Saint Augustin croyait-il en l’Immaculée Conception?


Tout sur la doctrine catholique sur Marie: ici.

Il est régulier d’entendre que saint Augustin (354-430), le plus illustre des Pères de l’Église ne croyait pas en l’Immaculée Conception ! On dit qu’il aurait cru que n’avait aucun péché personnel mais bien le péché originel. À l’appui de cette affirmation, on sort quelques citations qui ne signifient pas cela en elles-mêmes; de futurs articles seront peut être rédigés à ce sujet.

Pour l’instant, je vous propose un extrait du livre intitulé La croyance générale et constante de l’Eglise touchant à l’Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie de Mgr Thomas GOUSSET, cardinal archevêque de Reims (1855) remanié par mes soins, suivi d’un extrait du du Dictionnaire de théologie catholique des abbés Jean Michel Alfred VACANT et E. MANGENOT  (publié en 15 tomes et 30 volumes entre 1902 et 1950) qui prouvent tous les deux que saint Augustin croyait en l’Immaculée Conception

Voici l’extrait remanié du livre du cardinal:

« Saint Augustin, évêque d’Hippone, Père et Docteur de l’Eglise (354-430) affirme : « De la sainte Vierge Marie, pour l’honneur du Christ, je ne veux pas qu’il soit question lorsqu’il s’agit de péchés. Nous savons en effet qu’une grâce plus grande lui a été accordée pour vaincre de toutes parts le péché par cela même qu’elle a mérité de concevoir et d’enfanter celui dont il est certain qu’il n’eut aucun péché. » ou encore « Ainsi donc, à l’exception de la sainte Vierge Marie, dont il ne saurait être question quand je traite du péché et dont je ne saurais mettre en doute la parfaite innocence, sans porter atteinte à l’honneur de Dieu ; car celle qui a mérité de concevoir et d’enfanter l’innocence même, le Verbe incarné, pouvait-elle ne pas recevoir toutes les grâces par lesquelles elle serait victorieuse de tout péché quel qu’il fût? » (De la Nature et de la grâce, 42).

Certains affirment que saint Augustin ne parle ici que des péchés personnels. En effet, cette citation pourrait laisser penser à cela, mais il faut savoir qu’elle est issue de son traité De Nature et de la Grâce qu’il écrivit pour réfuter les erreurs de Pélage qui niait le péché originel et pensait qu’entre Abel et Marie, un grand nombre de justes avait été absolument sans péché. Or dans cette citation, nous pouvons voir que saint Augustin inclus dans le péché tous les humains sauf Marie, nous avons la certitude qu’il parle du péché originel et non personnel car l’erreur de Pélage ne portait que sur le péché originel. Si on demande la raison de cette exception, c’est que Marie, devant concevoir et enfanter le Saint des Saints, a été, pour cela même, prévenue d’une grâce privilégiée, de la grâce de vaincre le péché, de quelque part qu’il vint, de le vaincre même dans sa Conception. De plus, Julien, disciple de Pélage, argumentant contre saint Augustin sur la même question, lui reprochait de faire Marie esclave du démon, s’il persistait à soutenir le péché originel : « Vous livrez Marie elle-même au démon, en la soumettant aux conditions de la naissance humaine. » (Oput imperf. contra Julianum, lib. IV, cap. CXXII.). Que répond saint Augustin à cette objection qui l’oblige d’expliquer sa pensée sur la Conception de Marie? Sa réplique est formelle et entièrement favorable au privilège de Marie : « Nous ne livrons point Marie au démon par la condition de sa naissance; cette condition pour elle est abrogée par la grâce de la renaissance. » (Ibidem.). Que signifient ces paroles du saint Docteur, si elles n’expriment pas que la Conception de Marie a été exempte du péché d’origine? Sans doute, et nous n’avons garde de le contester, un tel privilège dans la Vierge est le résultat de cette grâce de renaissance, que le Sauveur a méritée à sa Mère comme à tous les hommes, et qui a été appliquée à celle-ci comme préservation, et à nous comme remède ; mais il est clair que si saint Augustin, répondant à l’objection de Julien, qui lui reprochait de livrer Marie au démon, se fût contenté de dire qu’elle ne lui avait été livrée que pour être ensuite délivrée de cette servitude, une telle réponse eût été tout à l’avantage de l’adversaire. En effet, nous tous qui, par le péché originel, avons été placés sous le joug de Satan, au commencement de notre existence, nous en avons été également affranchis : il ne resterait donc rien à Marie au-dessus de nous, si ce n’est d’avoir été libérée plus tôt; ce qui n’enlève pas le déshonneur de la servitude (Le  R . P. Dom Prosper Guéranger, abbé de Solesmes : Mémoire sur la question de l’Immaculée Conception de la Très-Sainte Vierge. Cet intéressant opuscule se trouve rapporté dans les PARERI, Dell’Episcopato cattolico, etc., vol, VII.). On remarquera que les Pélagiens, en reprochant a saint Augustin de livrer Marie à Satan par sa doctrine ou la défense du dogme du péché originel, nous font suffisamment connaître que la pieuse croyance qui exemptait la Mère de Dieu de la tache du péché d’Adam était assez généralement reçue dans l’Église au commencement du cinquième siècle : autrement ce reproche eût été illusoire.

Vous trouverez le livre du cardinal ici, je me suis inspiré des pages 739 à 741.

Et voici l’extrait du Dictionnaire de théologie catholique au chapitre « IMMACULÉE CONCEPTION I. Dans l’Ecriture et la tradition jusqu’au concile d’Ephèse III.En Occident et en Orient jusqu’au concile d’Ephèse» qui prouve qu’il croyait bel et bien en la conception immaculée de la Très Sainte Vierge Marie:

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« Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens » ?


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Une légende… devenue… vérité !

« Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ! » : cette phrase, vous l’avez déjà entendue de la part de non-catholiques prétendant là, faire un travail d’histoire, et étant certains que ce qu’ils disent est vérité. Seulement, lorsque vous leur démontrez qu’ils sont en train de mentir, ils se placent en victimes, refusant donc volontairement la vérité. Or, nous savons que c’est le diable qui est auteur et père du mensonge (Jn VIII, 44) : tous ceux adulent donc le mensonge, l’imitent. La plupart de ces historiens, n’ayant certainement jamais étudié l’histoire de l’Eglise, se contentent et se nourrissent de sites vulgairement anticatholiques qui, par ailleurs, souvent, se basent également sur des ouï-dire déclamés par de prétendus pasteurs, « élus » de Dieu, dans leurs assemblées. Nous consacrons assez de temps sur ce blog pour réfuter ces inepties et mensonges historiques sur l’histoire de l’Eglise.

Revenons donc à « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ! ». Cette phrase, souvent utilisée par les non-catholiques comme une arme pour « démontrer » la cruauté et la barbarie de l’Eglise catholique est très fréquente lors des discussions contre les pourfendeurs. Soumettons la chose à un simple et court examen, pour constater si elle y résiste. Nous reprenons ici un article court et efficace qui démantèle cette légende ! Écoutons :

EXTRAITS DE MANUELS SCOLAIRES

AULARD et DEBIDOUR. (Cours moyen, p. 33.) (Cf. aussi Récits familiers, p. 72.) À Béziers, on demandait au légat comment on pourrait distinguer des hérétiques ceux qui ne l’étaient pas. « Tuez-les tous, dit-il, Dieu reconnaîtra les siens. »

BROSSOLETTE (Cours moyen, p. 22). Image III représente le sac de Béziers avec cette légende : « Les barons du Nord […] se jetèrent sur Béziers, les habitants furent massacrés. Tuez-les tous ! Dieu reconnaîtra les siens, aurait dit un des croisés. » Il y eut 60 000 victimes. La ville fut pillée et brûlée.

CUVET (Cours élémentaire, p. 59) : À Béziers, toute la population fut massacrée.

DEVINAT (Cours moyen, p. 14) : C’est à Béziers qu’eut lieu le premier choc, où les hommes du Nord […] trouvèrent la foule du peuple entassée dans les églises et les prêtres à l’autel ; dans cette foule, il y avait des hérétiques mais aussi de bons chrétiens. Comment distinguer les hérétiques ? On le demanda à un légat du pape ; le légat répondit : « Tuez-les tous ! Dieu saura reconnaître les siens ! » Tout fut tué, hérétiques et catholiques, prêtres et soldats, femmes et enfants ; il ne resta pas âme vivante à Béziers.

GAUTHIER et DESCHAMPS (Cours supérieur, p. 34) : Béziers fut saccagé et 60 000 habitants massacrés.

GUIOT et MANE (Cours supérieur, p. 86) : « Tuez-les tous ! » Ces infortunés sont exterminés en masse.

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On a singulièrement exagéré le nombre des victimes qui furent faites au sac de Béziers. Césaire de Heisterbach, moine allemand, qui racontait ces événements, sans y avoir assisté et plus de soixante ans après la croisade, le porte à cent mille ! Il n’est plus que de soixante mille dans la Philippeis de Guillaume le Breton : mais n’oublions pas que Guillaume le Breton a écrit un poème épique dans lequel les exagérations, les récits mythiques et légendaires sont de règle. Avec le chroniqueur Guillaume de Nangis, plus au courant des méthodes historiques, nous descendons à dix-sept mille ; enfin le légat, Arnaud de Cîteaux, dans sa relation au pape Innocent III, ne parle plus que de quinze mille tués, exactement le quart du total qu’affirment MM. Brossolette, Gauthier et Deschamps, d’après les exagérations fort épiques de Guillaume le Breton.

Quelque réduit qu’il soit, ce chiffre lui-même semble exagéré et inspiré par le désir de souligner auprès du pape le désastre des Albigeois. Le principal massacre eut lieu dans l’église de la Madeleine qui ne pouvait pas contenir plus de deux mille personnes et, à moins de supposer que les vainqueurs se soient égorgés eux-mêmes, on ne peut pas admettre que l’on ait tué dans l’église toutes les personnes qu’elle contenait. Quant à la population qui, d’après MM. Calvet et Devinat, fut massacrée tout entière, elle le fut si peu que, derrière les croisés, la ville se réorganisa comme par le passé et se prépara à de nouvelles résistances. Comment aurait-elle pu le faire, si tous ses habitants avaient été massacrés ?

Quelque réduit que puisse être le nombre des victimes, ce carnage doit nous faire horreur et nous ne saurions l’excuser : il était barbare de tuer ainsi des ennemis vaincus et sans défense. Mais à qui remonte la responsabilité de cet acte ; est-ce à l’Église ? Quel sentiment l’a inspiré ? est-ce le fanatisme religieux ? Nous sommes renseignés sur ce point par un historien de la croisade, Guillaume de Tudèle (Ce même renseignement nous est formé par le meilleur historien de la Croisade, Pierre de Vaux-Cernay, qui vivant dans l’entourage et dans l’intimité de Simon de Montfort, était fort bien au courant des projets et des décisions des chefs de l’expédition).. Il nous dit que ce massacre avait été décidé à l’avance par les seigneurs qui conduisaient l’armée du Nord ; ils voulaient par cette mesure cruelle intimider les populations du Midi qu’ils allaient combattre et hâter leur soumission en leur inspirant la terreur de subir le même sort dans le cas où elles résisteraient. C’est donc un mobile d’ordre militaire et politique qui a inspiré cet acte ; il fut le résultat d’un plan froidement réfléchi, et non l’explosion du fanatisme catholique. Il faut donc incriminer la cruauté des chefs militaires, les nécessités de la guerre et non le sentiment religieux. Le massacre de Béziers fut un fait de guerre comme l’incendie du Palatinat ordonné par Louis XIV.

Quant au mot barbare attribué au légat, Arnaud de Cîteaux, Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens ! il est apocryphe, et aucun historien sérieux n’ose plus le citer. MM. Gauthier et Deschamps, ainsi que Calvet, n’ont pas voulu s’en servir ; Brossolette, qui n’a pu se décider à rejeter entièrement cette arme rouillée, ne l’emploie qu’avec précaution ; il déclare que le légat aurait dit ce mot. Mais MM. Aulard et Debidour, Guiot et Mane, l’affirment, trop heureux d’avoir cette légende à exploiter contre l’Église. M. Auguste Molinier, dont l’anticléricalisme était notoire, a écrit dans ses notes à l’Histoire du Languedoc : « On doit déclarer absolument apocryphe ce mot barbare que la plupart des auteurs ont prêté au légat Arnaud. » Il s’est senti entièrement convaincu par l’étude qu’a écrite sur ce sujet M. Tamisey de Larroque dans les Annales de philosophie chrétienne. Dans cet article, cet érudit conteste absolument l’authenticité de ce mot pour deux raisons : 1° Il n’est rapporté par aucun des témoins oculaires ou des écrivains contemporains dignes de foi. On ne le trouve ni dans Pierre de Vaux-Cernay qui a suivi en personne l’expédition qu’il raconte et, abbé cistercien, vivait dans l’intimité du légat Arnaud, abbé de Cîteaux ; ni dans Guillaume de Puylaurens qui, méridional lui-même, n’a pas manqué de rapporter ce qui était désavantageux aux Croisés ; ni dans Guillaume de Tudèle, ni dans les actes de chancellerie et les chartes. Le seul qui cite ce mot, c’est le moine allemand Césaire de Heisterbach, dont l’œuvre n’a aucune valeur historique, parce qu’elle a été écrite soixante ans après les événements, d’après des racontars et sans la moindre critique. 2° M. Tamisey de Larroque fait ensuite remarquer combien il est étrange de supposer que des soldats, échauffés par le combat et ayant déjà commencé le sac d’une ville, suspendent leur fureur et leur pillage pour demander au prélat une consultation sur l’extension à donner au massacre.

L’argumentation de M. Tamisey de Larroque a été admise non seulement par M. Molinier, mais par tous les historiens qui se respectent ; elle ne traîne plus que chez les auteurs ignorants ou de mauvaise foi.

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Texte extrait de : Jean GUIRAUD, Histoire partiale, Histoire vraie, 1914.

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Que dire de plus ? Encore un mythe protestant qui s’effondre ? Oui ! Nous commençons à nous habituer à ces mensonges historiques !

Un peu d’humour autour de l’Eucharistie !


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Traduction:

Comment Jésus aurait dû prononcer les paroles de l’institution sinon est…

 – Catholique/Orthodoxe: ceci est mon corps.

 – Baptiste/Évangélique: ceci est un symbole de mon corps.

 – Luthérien: ceci contient mon corps.

 – Adventiste du septième jour: ceci est un emblème de mon corps.

 – Anglican: ceci peut être mon corps ou ne pas être mon corps, ça dépend si vous êtes de la Haute ou de la Basse Église.

 – Quaker: ceci est un symbole de mon corps et ce fut une seule fois.

 – Méthodiste: ceci est ma présence, mais est-ce mon corps?

 – Témoin de Jéhovah: ceci signifie mon corps quoi que cela signifie.

 – Presbytérien: ceci est en quelque sorte mon corps. Je veux dire, ça l’est mais ça ne l’est pas, vous comprenez?

 – Saints des derniers jours (mormons): ceci est du pain qui va vous aider à vous souvenir.

 

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Traduction:

 – le Catholique: Alors permettez-moi… Vous parlez de l’Eucharistie à propos de laquelle, dans les Évangiles de Matthieu et Luc, Jésus proclame « ceci est mon corps »; et dans l’Évangile de Jean, Jésus dit en plus qu’il faut la manger pour obtenir la vie éternelle; et à propos de laquelle Paul met en garde de manger « le corps sans discernement » en I Corinthiens, les laissant être soumis au jugement. Et vous voulez faire croire que c’est juste un symbole?

– le Protestant: [il ne sait pas quoi répondre]

– le Catholique: [ironiquement il l’encourage quand même]  Bonne chance !

Toutes les prières répétitives sont-elles condamnées par Dieu?


Très Saint Rosaire

Tout le reste de la défense de la doctrine catholique sur Marie : ici

Des non-catholiques affirment que les prières catholiques du chapelet et du Rosaire sont condamnées par Dieu car elles sont répétitives. Pour ce faire, ils s’appuient sur les deux versets suivants:  Matthieu VI:7-8-« En priant, ne multipliez pas de vaines paroles, comme les païens, qui s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. Ne leur ressemblez pas; car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez. »

Cette objection ne tient pas et pour le prouver il suffit de deux choses: premièrement remettre cette phrase dans son contexte et ainsi comprendre ce que le Christ réprouve réellement et secondement regarder ce que la Bible dit en d’autres endroits de prières répétitives.

Qu’est-ce que le Christ a donc voulu condamné en disant cela? Le Christ condamnait ici les « vaines répétitions », mais il n’a pas condamné la répétition elle-même. Il y dénonce les pratiques païennes de l’époque où la réelle piété était absente des fausses religions païennes, les actes de la religion publique étaient plus des manifestations civiques que de vraies actes d’amour de Dieu (ou dans leurs cas: des dieux). Les païens pensaient qu’ils pouvaient faire plaisir à leurs faux dieux par leur éloquence et des discours élaborés ; croyant n’avoir qu’à dire avec précision et en certain jours, les choses et les mots correctes, de peur que leurs faux-‘dieux’ ne les entendent ou n’oublient leurs requêtes. Jésus dénonçait leur paganisme; enseignant que le vrai Dieu connaît toutes choses. Cela découlait de leur ignorance du Vrai Dieu. Ces prières répétitives à jours et occasion fixes était donc effectivement en horreur à Dieu et d’aucun effet.

Voici un exemple de ces prières répétitives inutiles rapportée par l’Ancien Testament:

« Ils prirent le taureau qu’on leur donna, et le préparèrent; et ils invoquèrent le nom de Baal, depuis le matin jusqu’à midi, en disant: Baal réponds-nous ! Mais il n’y eut ni voix ni réponse. Et ils sautaient devant l’autel qu’ils avaient fait. » (I Rois XVIII, 26)

Au delà de ce constat historique, l’examen approfondi de la Bible nous montre des prières répétitives incontestablement agréables à Dieu.

En Daniel III, les trois hommes sauvés de la fournaise chantent pour remercier Dieu de la manière suivante:  

« 50 Et il rendit le milieu de la fournaise tel que si un vent de rosée y avait soufflé ; et le feu ne les toucha même pas, il ne les blessa point et ne leur causa point le moindre mal.

51 Alors ces trois hommes, comme d’une seule bouche, louaient, glorifiaient et bénissaient Dieu dans la fournaise, en disant :

52 Vous êtes béni, Seigneur, Dieu de nos pères, digne d’être loué, glorifié et exalté à jamais. Béni est votre nom saint et glorieux, digne de suprême louange et exaltation à tout jamais.

53 Vous êtes béni dans le temple de votre sainte gloire, digne de suprême louange et gloire à jamais.

54 Vous élus béni sur le trône de votre royaume, digne de suprême louange et exaltation à jamais.

55 Vous êtes béni, vous dont le regard pénètre les abîmes, et qui êtes assis sur les Chérubins, digne de suprême louange et exaltation à jamais.

56 Vous êtes béni au firmament du ciel, digne de louange et de gloire à jamais.

57 Bénissez toutes le Seigneur, œuvres du Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais. 58 Anges du Seigneur, bénissez le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais.

59 Cieux, bénissez le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais.

60 Eaux et tout ce qui est au-dessus des cieux, bénissez le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais.

61 Puissances du Seigneur, bénissez toutes le Seigneur ; louez-le, et exaltez-le à jamais.

62 Soleil et lune, bénissez le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais.

63 Astres du ciel, bénissez le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais.

64 Pluies et rosées, bénissez toutes le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais.

65 Vents que Dieu déchaîne, bénissez tous le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais.

66 Feux et chaleurs, bénissez le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais.

67 Froid et chaleur, bénissez le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais.

68 Rosées et givres, bénissez le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais.

69 Gelées et frimas, bénissez le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais.

70 Glaces et neiges, bénissez le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais.

71 Nuits et jours, bénissez le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais.

72 Lumière et ténèbres, bénissez le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais.

73 Eclairs et sombres nuages, bénissez le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais.

74 Que la terre bénisse le Seigneur ; qu’elle le loue et l’exalte à jamais !

75 Montagnes et collines, bénissez le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais.

76 Plantes qui croissez sur la terre, bénissez toutes le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais.

77 Fontaines, bénissez le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais.

78 Mers et fleuves, bénissez le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais.

79 Monstres et tout ce qui s’agite dans les eaux, bénissez le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais.

80 Oiseaux du ciel, bénissez tous le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais.

81 Bêtes sauvages et troupeaux, bénissez tous le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais.

82 Enfants des hommes, bénissez le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais.

83 Qu’Israël bénisse le Seigneur ; qu’il le loue et l’exalte à jamais !

84 Prêtres du Seigneur, bénissez le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais.

85 Serviteurs du Seigneur, bénissez le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais.

86 Esprits et âmes des justes, bénissez le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais.

87 Saints et humbles de cœur, bénissez le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais.

88 Ananias, Azarias et Misaël, bénissez le Seigneur ; louez-le et exaltez-le à jamais. Car il nous à tirés du schéol, et délivrés de la puissance de la mort ; il nous à sauvés du milieu de la fournaise de flamme brûlante, et tirés du milieu du feu.

89 Célébrez le Seigneur, car il est bon, car sa miséricorde dure à jamais.

90 Vous tous, hommes pieux, bénissez le Seigneur, le Dieu des dieux ; louez-le et célébrez-le, car sa miséricorde dure à jamais

 Le Psaume 136 (Psaume 135 dans la ‘Sainte Bible selon la Vulgate’) fait chanter:  

«1 Célébrez Yahweh, car il est bon, car sa miséricorde est éternelle.

2 Célébrez le Dieu des dieux, car sa miséricorde est éternelle.

3 Célébrez le Seigneur des seigneurs, car sa miséricorde est éternelle.

4 A celui qui seul opère de grands prodiges, car sa miséricorde est éternelle.

5 Qui a fait les cieux avec sagesse, car sa miséricorde est éternelle.

6 Qui a étendu la terre sur les eaux, car sa miséricorde est éternelle.

7 Qui a fait les grands luminaires, car sa miséricorde est éternelle.

8 Le soleil pour dominer sur le jour, car sa miséricorde est éternelle.

9 La lune et les étoiles pour dominer sur la nuit, car sa miséricorde est éternelle.

10 A celui qui frappa les Egyptiens dans leurs premiers-nés, car sa miséricorde est éternelle.

11 Il fit sortir Israël du milieu d’eux, car sa miséricorde est éternelle.

12 D’une main forte et d’un bras étendu, car sa miséricorde est éternelle.

13 A celui qui divisa en deux la mer Rouge, car sa miséricorde est éternelle.

14 Qui fit passer Israël au travers, car sa miséricorde est éternelle.

15 Et précipita Pharaon et son armée dans la mer Rouge, car sa miséricorde est éternelle.

16 A celui qui conduisit son peuple dans le désert, car sa miséricorde est éternelle.

17 Qui frappa de grands rois, car sa miséricorde est éternelle.

18 Et fit périr des rois puissants, car sa miséricorde est éternelle.

19 Séhon, roi des Amorrhéens, car sa miséricorde est éternelle.

20 Et Og, roi de Basan, car sa miséricorde est éternelle.

21 Qui donna leur pays en héritage, car sa miséricorde est éternelle.

22 En héritage à Israël, son serviteur, car sa miséricorde est éternelle.

23 A celui qui se souvint de nous quand nous étions humiliés, car sa miséricorde est éternelle.

24 Et nous délivra de nos oppresseurs, car sa miséricorde est éternelle.

25 A celui qui donne à tout ce qui vit la nourriture, car sa miséricorde est éternelle.

26 Célébrez le Dieu des cieux, car sa miséricorde est éternelle.»  

Dans le Nouveau Testament, le Christ Lui-même répond à une prière répétée (Matthieu XX): «29 Comme ils sortaient de Jéricho, une grande foule le suivit. 30 Et voilà que deux aveugles, qui étaient assis sur le bord du chemin, entendant dire que Jésus passait, se mirent à crier :  » Seigneur, fils de David, ayez pitié de nous. «  31 La foule les gourmandait pour les faire taire ; mais ils criaient plus fort :  » Seigneur, fils de David, ayez pitié de nous. «  32 Jésus, s’étant arrêté, les appela et dit :  » Que voulez-vous que je vous fasse ? — 33 Seigneur, lui dirent-ils, que nos yeux s’ouvrent. « »

Et Jésus adresse Lui-même une prière répétitive à Son Père (Matthieu XXVI): «39 Et s’étant un peu avancé, il se prosterna la face contre terre, priant et disant :  » Mon Père, s’il est possible, que ce calice passe loin de moi ! Cependant, non pas comme je veux, mais comme vous voulez. «  40 Il vint ensuite à ses disciples, et, les trouvant endormis, il dit à Pierre :  » Ainsi, vous n’avez pu veiller une heure avec moi ! 41 Veillez et priez, afin que vous n’entriez point en tentation ; l’esprit est prompt, mais la chair est faible. «  42 Il s’éloigna une seconde fois et pria ainsi :  » Mon Père, si ce calice ne peut passer sans que je le boive, que votre volonté soit faite ! «  43 Étant venu de nouveau, il les trouva encore endormis, car leurs yeux étaient appesantis. 44 Il les laissa, et s’en alla encore prier pour la troisième fois, disant les mêmes paroles

Les anges qui sont devant le Trône de Dieu disent et redisent éternellement le même hymne: « Les quatre êtres vivants ont chacun six ailes, et ils sont remplis d’yeux tout autour et au dedans. Ils ne cessent de dire jour et nuit : Saint, saint, saint est le Seigneur Dieu, le Tout-Puissant, qui était, qui est, et qui vient !» (Apocalypse IV, 8)

Et juste après nous lisons: «Et chaque fois que les Vivants offrent gloire, honneur et action de grâces à Celui qui siège sur le trône et qui vit dans les siècles des siècles, les 24 Vieillards se prosternent devant Celui qui siège sur le trône pour adorer Celui qui vit dans les siècles des siècles ; ils lancent leurs couronnes devant le trône en disant : Tu es digne, ô notre Seigneur et notre Dieu, de recevoir la gloire, l’honneur et la puissance, car c’est toi qui créas l’univers ; par ta volonté, il n’était pas et fut créé.» (Apocalypse IV,9-11)

Nous pouvons d’ailleurs noter que tant chez les catholiques que chez les protestants, on chante et on fait de la musique pour louer Dieu. Et bien en musique, les mêmes accords sont souvent répétés ! Dans une chanson de 4 minutes par exemple, l’on peut avoir que quatre accords qui interviennent ( Do M, ré m, SOL 7, DO M ; la m…par exemple ). les chansons sont en général répétées, en appliquant ce principe aux Évangéliques, ils peuvent aussi être accusés de rabâchage ! Et oui… ! Que dire des Psaumes ? Jésus et ses disciples les chantaient Et comme dit le célèbre proverbe : «  Chanter, c’est prier deux fois ! » Or, une chanson est  souvent une répétition de mêmes accords pendant un temps indéterminé ! Alors, la répétition est-elle condamnée en Matthieu 6,7 ? Non ! Les prières catholiques ne contredisent donc en rien l’Ecriture Sainte… Par ailleurs, un Chrétien ne pourra jamais se lasser de remercier le Seigneur (en toutes circonstances); s’il lui arrive de dire Merci Seigneur deux-cent fois en un jour, doit-on l’accuser de rabâchage ?

Allons, un peu de sérieux…

PRIEZ SANS CESSE ! (I Thess., 5, 17)

Peut-on être un grand pécheur et infaillible en même temps?


La Chaire de Saint Pierre où Dieu protège l'enseignement du Vicaire de Son Fils !

La Chaire de Saint Pierre où Dieu protège l’enseignement du Vicaire de Son Fils !

Tout ce qu’il faut pour démontrer la doctrine de la papauté: ici

« Vous les catholiques êtes totalement hypocrites, comment pouvez-vous prétendre que le pape est infaillible alors qu’il y a eu parmi les Papes des débauchés, des meurtriers etc ? Même l’Apôtre a très gravement péché contre le Christ, il l’a renié trois fois, le Christ l’a traité de « satan » etc », c’est quelque chose que vous avez sûrement déjà entendu… Et bien à l’avenir, répondrez que si nous sommes hypocrites en disant cela, alors le Christ aussi est hypocrite :

Les docteurs de la Synagogue ancienne furent certes corrompus, mais néanmoins infaillibles.  De même qu’il y a eu, sous l’Ancien Testament, des préfigurations du Christ, de même il y a eu une préfiguration de l’infaillibilité pontificale. La chaire de Pierre est en effet préfigurée par la « chaire de Moïse ».

La « chaire de Moïse » de l’ancienne Synagogue était infaillible. Lorsqu’une question relevant de la religion ou de la morale était disputée ou pas assez claire, les juifs devaient soumettre leurs différends ou leurs doutes au verdict de la chaire de Moïse. La chaire de Moïse était un tribunal, qui tranchait avec une autorité souveraine et infaillible les questions religieuses ou morales. Les scribes et pharisiens assis sur la chaire de Moïse interprétaient la Loi, et ce sans aucune possibilité d’erreur mêmes s’ils étaient les pires pécheurs du monde par ailleurs; et le Christ dit Lui même de leur obéir pour cette raison peut important leurs actes:

« Alors Jésus s’adressant au peuple et à ses disciples leur dit: «Les scribes et les pharisiens sont assis sur la chaire de Moïse.  Observez donc tout ce qu’ils vous disent, mais ne faites pas ce qu’ils font.  Car, ils disent bien ce qu’il faut faire, mais ne le font point» » (Matthieu XXIII, 2 – 3).

Vous avez bien lu, le Christ ordonne d’obéir aux scribes et aux pharisiens dans un certains cadre de leur office religieux peut importe leur comportement par ailleurs. Il ne dirait pas cela s’ils n’étaient pas alors infaillibles car Il obligerait les gens à obéir à des erreurs, ce qui n’aurait aucun sens.

Commentaire de Saint Jean Chrysostome (Homélie71, citée par St. Thomas d’Aquin dans sa Chaîne d’or): « Afin que personne ne pût excuser sa négligence pour les bonnes oeuvres par les vices de celui qui enseigne, le Sauveur détruit ce prétexte en ajoutant: «Faites tout ce qu’ils vous diront » etc.. Car ce n’est pas leur propre doctrine qu’ils enseignent, mais les vérités divines dont Dieu a composé la loi qu’il a donnée par Moïse. »

Commentaire de Saint Augustin (Contre Fauste XVI, 29): « Dans ces paroles du Seigneur, il y a deux choses à observer, d’abord l’honneur qu’il rend à la doctrine de Moïse, dans la chaire de qui les méchants même ne peuvent s’asseoir sans être CONTRAINTS d’enseigner le bien, puisque les prosélytes devenaient enfants de l’enfer non point en écoutant les paroles de la loi, de la bouche des pharisiens, mais en imitant leur conduite ».

Commentaire de Saint Augustin (De la doctrine chrétienne IV, 27): « Le vrai et le juste peut être prêchés avec un cœur pervers et hypocrite. Cette chaire donc, qui n’était pas à eux mais à Moïse, les FORCAIT à enseigner le bien, même quand ils ne le faisaient pas.  Ils suivaient ainsi leurs propres maximes dans leur conduite; mais une chaire qui leur était étrangère, ne leur permettait pas de les enseigner [… ]. Ils sont nombreux ceux qui cherchent la justification de leurs désordres dans la conduite de ceux qui sont préposés pour les instruire, se disant intérieurement et parfois même s’écriant en public: « Pourquoi me commandes-tu ce que tu ne fais pas toi-même?».  Il arrive ainsi qu’ils [… ] méprisent à la fois LA PAROLE DE DIEU et le prédicateur qui la leur prêche ».

Saint François de Sales (1576 – 1622) raisonnait ainsi: si déjà la chaire de Moïse était infaillible quand elle enseignait sur la foi ou les mœurs, à plus forte raison la chaire de Pierre ne saurait errer.  Ce docteur de l’Église composa un livre remarquable sur l’infaillibilité, où l’on, peut lire ceci: « L’Eglise a toujours besoin d’un confirmateur infaillible auquel on puisse s’adresser, d’un fondement que les portes de l’enfer, et principalement l’erreur, ne puissent renverser, et que son pasteur ne puisse conduire à l’erreur ses enfants: les successeurs de saint Pierre ont donc tous ces mêmes privilèges, qui ne suivent pas la personne, mais la dignité et la charge publique ».

Saint Bernard de Clairvaux (De consideratione, livre II, ch. 8) appelle le pape un autre «Moïse en autorité »: or, combien grande fut l’autorité de Moïse il n’y a personne qui l’ignore car il s’assit et jugea de tous les différends qui étaient parmi le peuple et de toutes les difficultés qui survenaient au service de Dieu. Ainsi donc le suprême pasteur de l’Église est pour nous un juge compétent et suffisant en toutes nos plus grandes difficultés, autrement nous serions de pire condition que cet ancien peuple qui avait un tribunal auquel il pouvait s’adresser pour la résolution de ses doutes spécialement en matière de religion » (St. François de Sales : Les controverses, partie III, ch. 6 art. 14, in:  Œuvre de saint François de Sales, Annecy 1892, t. 1, p. 305. orthographe  française modernisée par nos soins)

Le grand prêtre des  juifs portait sur la poitrine un morceau d’étoffe carré appelé « rational ». Sur ce rational était écrit « doctrine et vérité » (Exode XXVIII, 30). « La raison pour laquelle le grand prêtre avait un rational sur sa poitrine « la doctrine et la vérité », était sans- doute […] «la vérité de son jugement» (Deutéronome XVII, 9) […] Je vous prie, si en l’ombre il y avait des illuminations de doctrine et des perfections de vérité en la poitrine du prêtre, pour en repaître et raffermir le peuple, qu’est ce que notre grand prêtre n’aura pas?  De nous, dis-je, qui sommes au jour et au soleil levé?  Le grand prêtre ancien […] présidait à la nuit, par ses illuminations, et le nôtre préside au jour, par ses instructions » (St François de Sales. p. 307).

‘Yesus Kristus azu’, site fanatique et dangereux !


Bien ! que dire de plus ? C’est un jugement que nous adresse un protestant : qui, n’ayant certainement pas supporté l’excès de zèle (peut-être ?), ou alors l’excès de Vérité (que ce soient la réfutation de tous les mensonges qui se sont forgés autour de l’histoire de l’Eglise catholique, ou encore les incompréhensions de la Foi catholique dont sont victimes la plupart des protestants) ? Nous ne saurons le dire. Suite à notre article qui réfutait des propos à la limite de l’absurde, d’un auteur du site Actu-Chretienne.net, un Catholique a jugé important de copier notre réponse, de manière intégrale, et de la publier sur le site pourfendeur ! Car, rappelons vite que, sur ledit site, nos commentaires ont été systématiquement supprimés. N’ayant pas supporté les ‘folies’ (mensonges !) qui pullulaient sur ce site, notamment sur l’histoire, nous avons plusieurs fois renvoyé à des articles qui réfutaient leurs présomptions. Mais, hélas ! aucun de nos commentaires n’a été publié : censure assurée. Nous disions donc qu’un catholique avait copié notre réfutation, sur le Culte marial, et l’avait postée sur le site protestant. Commentaire approuvé, il reçut une réponse d’un protestant, qui, on aurait pu le penser, allait contre-argumenter. Mais voici ce qu’en disait le solascripturien :

Réflexion faites : je préférerai encore écouter Popaul de la rédaction faire une longue prédication… que vous georges, mais entre nous : dites moi franchement et sans détour : vous haïssez donc vraiment à ce point les chrétiens évangéliques pour les bombarder par une avalanche d’arguments théologiques… vous n’avez donc trouvé rien de moins pédant et fumeux que vos textes qui émanent d’un intégriste catholique fanatique et particulièrement dangereux…!!!

Eh bien ! Voilà, tout y est dit ! On aurait pu s’attendre à une contre argumentation digne de ce nom ; mais, non ! rien ! Maintenant, vous le savez, ce site est pédant, fumeux, intégriste, les auteurs qui le gèrent sont fanatiques, pas seulement, mais également dangereux : il faut s’en écarter le plus vite possible. Nous avons pourtant fait le nécessaire pour argumenter ; la moindre des choses aurait été d’avoir un sed contra de la part de nos adversaires, rien, si ce n’est, évidemment, de vieux arguments ad hominem. Résumons donc la position de notre ami. Grossièrement, les Catholiques sont égarés, ne lisent pas la Bible, ils sont manipulés par leur pape, leurs évêques, ils ne comprennent rien à la Parole de Dieu, sont attachés aux traditions d’hommes, ils adorent les saints – idolâtres, ils n’ont aucune connaissance biblique, etc. ; seulement, lorsque des Catholiques bombardent d’arguments théologiques, pour justement prouver le contraire de ce qui est dit sur eux, ils deviennent pédants, fanatiques… : il faudrait savoir, à la fin !

Ephésiens VI, 11-19

Ephésiens VI, 11-19

Somme toute, en fait, notre ami n’a peut-être pas tord – il dit des vérités. Nous sommes intégristes, cela est vrai : c’est d’ailleurs pour cette raison également que nous sommes dangereux, car l’Accusateur (Satan) n’aime pas les intégristes, car il est très difficile de les faire tomber, il est très difficile de les faire succomber, puisqu’ils ont une Foi solide, non pas bâtie sur du sable, mais sur le roc ! (S. Matthieu, VII, 25). Les intégristes n’aiment pas les à-peu-près, ils aiment la Vérité, franche ! Ils combattent l’erreur, sous toutes ses formes ; car, comme le disait saint THOMAS D’AQUIN : ‘[…] tous les hommes désirent connaître la vérité, il y a en eux un désir naturel d’échapper à l’erreur et de la réfuter quand ils en ont la faculté’. Le mensonge n’a pas lieu d’être. Ils sont forts, fermes. Ils savent se battre, lorsque le combat se présente devant eux. Ce sont des guerriers, revêtant l’armure de combat, prêts à détruire l’ennemi qui viendrait leur demander des comptes. En effet, S. PIERRE, Apôtre du SEIGNEUR, nous demandait d’être toujours prêts à rendre compte de l’espérance qui est en nous (I, 3, 15). Le SEIGNEUR Lui-même, nous demande de veiller, d’être toujours prêts, de résister à l’adversaire : si nous sommes bien préparés, il ne résistera pas une seule seconde contre nous, car il nous trouvera en état de force indicible, la Force de l’Esprit. Sans faire fi du fait que, le même SEIGNEUR récuse les tièdes – qu’il vomit de Sa Bouche ; et nous, malheureusement, nous ne sommes pas tièdes, c’est certainement ce qui déplaît à nos adversaires, et c’est pour cette raison également que nous sommes sans doute très dangereux ! Pas étonnant donc que, devant une avalanche d’arguments présentée, notre ami ne trouve rien de plus que le sophisme de l’ad hominem, c’est derrière lui qu’il se réfugie, incapable d’argumenter. C’est normal, on ne réfute pas Le Logos, c’est-à-dire, Dieu. Nous n’avons pas peur de dire que l’Eglise Catholique est la seule Véritable, et que, hors d’Elle, il n’y a pas de Salut ! En cela, nous sommes intégristes, et vraiment dangereux ! Et, de toute évidence, ceux qui disent la Vérité sont toujours vus comme dangereux psychopathes à éteindre de la société : il n’y a donc rien de nouveau sous le soleil. Terminons par ce sublime avertissement du saint Apôtre PAUL, qui s’exprimait ainsi :

<< Revêtez-vous de l’armure de Dieu, afin de pouvoir résister aux embûches du diable. Car nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les princes, contre les puissances, contre les dominateurs de ce monde de ténèbres, contre les esprits mauvais répandus dans l’air. C’est pourquoi prenez l’armure de Dieu, afin de pouvoir résister au jour mauvais, et après avoir tout surmonté, rester deboutSoyez donc fermes, les reins ceints de la vérité, revêtus de la cuirasse de justice, et les sandales aux pieds, prêts à annoncer l’Évangile de paix. Et surtout, prenez le bouclier de la foi, par lequel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du MalinPrenez aussi le casque du salut, et le glaive de l’Esprit, qui est la parole de Dieu. Faites en tout temps par l’Esprit toutes sortes de prières et de supplications…>> Ephésiens VI, 11-18

Il ne s’agit donc pas d’une simple partie de jeu ! Il s’agit d’un combat, d’un duel, d’une guerre, d’une bataille ! Et dans une guerre, si on n’est pas vigilant, ni bien formé, on ne tiendra pas très longtemps. Et dans ce champ de bataille, il faut surtout, à tout prix, essayer d’en sortir vivant ! Raison pour laquelle, le casque, l’armure, le glaive, le bouclier…, toutes ces dispositions, sont nécessaires. Ainsi, l’Apôtre ici n’était rien de plus qu’un intégriste ! Nous le sommes également : mais où est donc le problème ? Nous n’en voyons pas. Simplement, seul le diable, qui attaque sans cesse la Mère du Seigneur, et ce, depuis des temps immémoriaux – le combat remonte au livre de Genèse (III, 15) – peut être troublé lorsqu’on le terrasse par des arguments valides et authentiques ; ne trouvant rien à dire, il verse dans le sophisme : rien d’étonnant ! Puisque la Femme et Sa Descendance, en sortent vainqueurs !

L’Inquisition : les temps, les causes, les faits 7/7


[…] Elle est à peine en mouvement, en 1482, qu’il enjoint aux souverains de restituer les biens confisqués aux repentis. La même année, il reproche aux Inquisiteurs leur dureté. Il menace de les déposer. Il leur interdit de procéder sans le concours de l’Évêque. Plus tard, il résiste à Isabelle, qui voudrait être débarrassée de ce contrôle épiscopal. Il nomme l’archevêque de Séville juge des appels. Il finit par se les réserver pour qu’on en fasse plus de cas.

Ses successeurs donneront des juges spéciaux aux appelants, pour les soustraire à l’Inquisition. Ils casseront des jugements : Innocent VIII, plus de 200 en un an ; Alexandre VI, 250, en 1498 [144].

Le même Innocent VIII s’opposera énergiquement à l’extension de l’Inquisition au royaume de Naples, qui relevait d’Aragon [145]. Paul III maintiendra ce Veto, avec un blâme amer à l’adresse du Tribunal.

Alexandre VI, Pie IV, Pie V, Grégoire XIII, Innocent XII garderont la même attitude et s’efforceront d’enrayer le mal [146]

C’est à dire que, loin d’être complices, les Papes furent gênants. Leur censure vigilante et sévère devint vite importune aux Souverains. Ils lui barrèrent la route, par un premier décret (1498) qui défendait, sous peine de mort, à tous ceux qui étaient allés chercher un appui auprès du Pape [147] de rentrer en Espagne ; puis, par un second, qui interdisait, sous la même peine, la publication, dans le royaume, des actes du Saint-Siège contre l’Inquisition (1509).

Ainsi couverts par l’État, les juges en vinrent à résister ouvertement au papes [148] ; on supprima des Brefs ; on éluda les appels en précipitant l’exécution des sentences ; et les choses allèrent si loin que Léon X, en 1519, excommunia, par-dessus la tête de Charles-Quint, qui les protégeait, et en dépit de ses menaces, le grand Inquisiteur et ses complices. Désespérant de vaincre cette coalition des moines espagnols et du pouvoir civil, il s’apprêtait à destituer, d’un coup, tous les inquisiteurs en charge, pour s’appuyer davantage sur les Évêques, lorsque l’élection de Charles-Quint au trône impérial d’Allemagne [149] (1519) ruina son projet de réforme. Luther était déjà en pleine révolte. On conseillait au nouvel empereur de le soutenir pour peser sur le Saint-Siège. Léon X ne crut pas devoir jouer une si grosse partie ; entre deux maux, il opta pour le moindre.

Mais la Papauté ne désarma point. Elle resta debout l’œil ouvert, la main ferme, sinon toujours victorieuse, gênée qu’elle fut trop souvent par les exigences de la politique.

Quand Paul III, au milieu du XVIe siècle (1542), révoqua tous les pouvoirs inquisitoriaux pour concentrer, à Rome, sous ses yeux, l’Inquisition pontificale, dans cette Congrégation du Saint-Office [150] qui subsiste encore aujourd’hui, Philippe II d’Espagne garda à son compte, c’est-à-dire à son service, Inquisition et inquisiteurs. Il n’en fut que plus à l’aise pour accaparer totalement une institution qui l’était déjà aux trois quarts. De ce jour, il en fit sa chose, un tribunal royal, une véritable machine d’État [151], qu’il opposa au protestantisme ; avec succès d’ailleurs, car la Réforme, la Révolution plutôt de Luther et de Calvin, ne fit qu’effleurer la Péninsule. L’Espagne avait eu sa crise avec les Judaïsants et les remèdes énergiques dont elle s’était servie pour guérir son mal dégoûtèrent pour longtemps les novateurs. L’Inquisition fit l’office d’une douane. Elle arrêta à la frontière les doctrines d’anarchie. Elle sauva, une seconde fois, l’unité nationale et préserva le pays de ces guerres de religion qui ensanglantèrent le reste de l’Europe, aux XVIe et XVIIesiècles [152]

IV

Les Espagnols, non pas les exaltés, les Don Quichotte, mais les plus sages, ceux qui ont marqué dans leur pays, des penseurs universellement estimés, vantent très haut les bienfaits de l’Inquisition.

Leur appréciation, certes, a du poids et l’étranger n’est peut-être pas qualifié pour les contredire ; tout au plus pourrait-il répliquer que ces avantages ont coûté trop de larmes et trop de sang pour qu’on s’en glorifie. Car enfin, s’en tenir à l’opinion courante, au dire surtout des manuels condamnés, le nombre des victimes aurait été « effrayant [153] ; – presque un million de Juifs en dix ans, et autant de Mores ! – tout un peuple voué aux flammes ! [154] »

C’est du délire ! Deux millions en dix ans ! Et l’Inquisition a duré plus de trois siècles ! Mais, rien que pendant ces dix années (1482-1492), comme il n’y avait alors que quatre tribunaux d’Inquisition, à Séville, à Cordoue, à Tolède et à Jaën, cela supposerait, pour chacun, une moyenne de 139 crémations par jour, sans chômer un seul jour !

D’autre part, les historiens du temps, comme Bernaldez et Ferreras, évaluent à 160 000 le nombre total des Juifs de Castille et d’Aragon ; – et, ce chiffre paraît très vraisemblable lorsqu’on voit la place que tiennent, dans nos affaires et dans notre pays, les 100 000 Juifs [155] qui opèrent actuellement chez nous. – Mais alors, s’il faut défalquer déjà de ces 160 000 Juifs espagnols, les 800 000 qui, d’après Llorente (I, 261) furent bannis en 1492, on se demande où l’Inquisition a bien pu dénicher le million qu’elle aurait brûlé ?

Ces évaluations fantastiques ont donc besoin d’être révisées.

L’Inquisition, au XIIIe siècle, contre les Cathares, n’avait fait que très peu de victimes. Le protestant LEA, que l’on se plaît à citer parce que sa malveillance très froide et très sincère vis-à-vis de l’Église donne du prix à ses aveux, est « convaincu que le nombre des exécutions fut bien moindre qu’on ne se l’imagine et que, si les documents n’avaient été détruits, on serait surpris de rencontrer si peu d’hérétiques condamnés au feu… En fait, dit-il, les inquisiteurs se préoccupaient bien plus d’obtenir des conversions que de faire des martyrs. Un bûcher allumé de temps en temps maintenait, parmi les populations, une terreur salutaire. En faisant brûler quarante individus en quinze ans, Bernard Gui réussit à écraser les dernières convulsions du Catharisme [156]. »

Le registre des sentences de ce Bernard Gui, Inquisiteur de Toulouse (1308-1323), nous fournit un exemple typique d’exagération par inadvertance. Il relate 637 condamnations, dont 40 seulement au bûcher : l’auteur du Recueil des historiens des Gaules écrit, dans la préface du Tome XXI (p. 23), que Bernard Gui fit brûler 637 hérétiques : il n’a pas lu jusqu’au bout ; il a pris les 637 condamnations pour des sentences capitales [157]. Et son erreur a été répétée par tous les auteurs qui l’ont consulté.

Bernard de Caux, un autre Inquisiteur, extrêmement sévère, qu’on appelait le Marteau des hérétiques (1246-1248), eut à juger 60 relaps : pas un seul ne fut mis à mort [158]. Sur 278 sentences de condamnations connues, du même, il n’y a pas une seule relaxation. Dans les 9 autodafés de Pamiers (1318-1324), où figurèrent 75 coupables, 4 seulement ont été livrés au bras séculier [159]. À Toulouse, en 1312, 5 sur 193 [160].

Par contre, le Saint-Office, dans le Midi, a certainement sauvé des milliers d’hérétiques et de malfaiteurs repentants que la Justice civile aurait condamnés [161].

Les Inquisiteurs d’Espagne ont eu la main plus lourde ; du moins, on le dit. Mais ils ne sont pas les brutes assoiffées de sang que Sardou a mises en scène dans son drame La Sorcière.

– C’est vraiment déshonorer son talent que d’écrire à la légère, comme il l’a fait, sur un pareil sujet, en dehors de toute documentation, pour exaspérer, sous l’aiguillon venimeux du mensonge, les stupides passions de la foule.

Sur ce chapitre de l’Inquisition d’Espagne, les historiens sectaires sont tous à la remorque d’un très vil personnage, Llorente, prêtre interdit, révolté, traître à son pays, chassé d’Espagne en 1814, expulsé de France en 1822, pamphlétaire hargneux et franc-maçon. Il abusa de ses fonctions d’Archiviste de l’Inquisition pour écrire une histoire discréditée à l’avance : car le soin qu’il prit de soustraire son livre à tout contrôle et à toute critique en brûlant les dossiers dont il s’était servi [162], suffit à le juger. Un auteur qui use de ces procédés ne mérite aucun crédit. Il est disqualifié d’avance.

Les aveux de celui-là sont encore bons à retenir, car la vérité les arrache de force à sa plume.

Llorente est loin de compte, cependant, avec nos manuels scolaires. Alors que Primaire [163] dit 2 millions de victimes, pour 10 ans, il se contente de 30 000, pour trois siècles et demi [164].

Ce chiffre réduit est encore excessif. Des travaux allemands tout récents estiment qu’il faudrait en rabattre au moins les 2/3, comme on avait dû rabattre déjà, de 800 000 à 170 000, son dénombrement des Juifs bannis, en 1492 [165].

Llorente commet une première erreur, en concentrant sur une seule année (1481) les 2 000 victimes que l’historien Mariana [166],qu’il cite, attribue, sans apporter de preuves, à Torquemada, pendant les 18 années que dura sa mission.

De plus, il se réfute lui-même, dans la répartition géographique de ces 2 000 bûchers : « 298 à Séville seulement » dit-il, et les 1 700 autres dans les régions d’alentour. Or, puisqu’il n’y avait, cette année-là, qu’un seul tribunal et qu’il siégeait à Séville où toutes les causes aboutissaient, il semble bien que ce chiffre de 298 soit le seul à retenir pour l’année 1481.

Seconde erreur grossière : il établit, par tribunal, une moyenne annuelle des exécutions, à l’époque où il n’y avait que quatre tribunaux et il multiplie ensuite cette moyenne par douze, quand il y en eut douze, comme si, à tripler le nombre des tribunaux sur un même territoire, on triplait le nombre des criminels [167] !

Troisième erreur : toujours avec ses à peu près, il affecte la moyenne des tribunaux de Castille aux tribunaux d’Aragon,alors qu’il y avait cinq fois plus de Juifs en Castille qu’en Aragon [168]

Ses calculs compliqués ne sont donc, en réalité, selon l’expression d’un auteur allemand, que des « calculs frivoles de probabilité [169] ».

On y note, à chaque page, des expressions comme celles ci : « il est probable ; – je suppose ; – suivant ma manière de compter » ; – « l’Inquisition commença à Cordoue en 1483 ; il est probable qu’elle y condamna autant de monde que le tribunal de Séville, en 1481 ». – « C’est de cette même année 1483 que date l’Inquisition de Jaën ; je suppose que le nombre des condamnés y fut le même qu’à Cordoue ». – « Je crois qu’il y eut autant de victimes la 2e année que la 1re et je fonde mon opinion sur ce que je ne vois rien qui prouve le contraire » [170].

Il emploie le mot victimes pour désigner ceux qui ont été l’objet d’une peine quelconque, prison, confiscation, note infamante, aussi bien que ceux qui ont été brûlés en réalité ou en effigie (les exécutions simulées de condamnés en fuite ou morts, figurent en proportion notable dans les autodafés). Plus d’un historien, induit en erreur par cette équivoque, a pris toutes ces condamnations pour des exécutions capitales [171].

Par trois fois au moins, il écrit immoler au lieu de condamner : « …l’Inquisition immola 234 526 victimes… dont 9 660 furent brûlées en effigie et 206 546 condamnées à des pénitences [172] ».

Il est étrange qu’après avoir jonglé avec les gros chiffres pour établir, sur de simples hypothèses, son évaluation globale, la plupart des autodafés dont il fait expressément mention se rapprochent sensiblement des chiffres modérés indiqués ailleurs. Quarante-et-un comptes-rendus d’autodafés, relevés dans ses quatre volumes, accusent seulement 216 victimes [173].

Enfin, il se garde bien de décompter tous les malfaiteurs de droit commun que le bon plaisir des Princes déférait à l’Inquisition et qui n’ont nullement été condamnés pour cause d’hérésie. Or, ils étaient nombreux ; car les Rois avaient fini par étendre tellement les pouvoirs des inquisiteurs que toutes les affaires graves intéressant la sûreté de l’État ou l’ordre social, ressortissaient à leur tribunal : crimes contre nature ; bigamie, assez fréquente [174] et d’importation arabe ; délits de mœurs des clercs et des moines ; vols sacrilèges ; meurtres et séditions dans certains cas ; sorcellerie ; trahison, et même la falsification des monnaies et la contrebande de guerre [175].

On arrive donc aisément à dégonfler les statistiques fantaisistes de Llorente. Il est moins commode d’extraire maintenant de la cendre des dossiers qu’il a brûlés une recension précise des victimes de l’Inquisition. Il nous reste pourtant, dans les rares documents qui ont échappé au bûcher [176], quelques renseignements très suggestifs.

En l’année 1486, à Tolède, aux jours tragiques de Torquemada, plus de 3 000 coupables furent condamnés à des peines diverses, en 4 autodafés (12 février, 2 avril, 1er mai, 11 décembre) : 27 seulement furent livrés au bras séculier [177]. – À Valence, en 1538, sur 112, il y en eut 14 ; – à Séville, le 24 septembre 1550, 3 ; – à Saragosse, le 6 juillet 1585, 3 [178] ; – à Madrid, le 30 juin 1690, 19 sur 120 [179] ; – à Lisbonne, le 6 novembre 1707, 4 sur 60 [180] ; – à Rome, en 1498, 250 condamnés « convaincus de judaïsme, dit Llorente, qui en avaient appelé au Pape, furent tous réconciliés [181] ; – à Louvain, en 1527, 60 condamnés, qui furent tous admis à la réconciliation [182] ; – à Grenade, un autodafé solennel, en 1528, « pour inspirer aux Moresques la crainte et la terreur. Cependant il n’y eut pas de Mores condamnés au feu » [183] – à Grenade encore, en 1593, « un autodafé très considérable : 5 individus y furent brûlés eu personne et 5 en effigie » [184] ; – à Murcie, en 1557, « un des autodafés les plus solennels qu’on eût encore vus ; il fut composé de onze individus condamnés à être brûlés et 93 réconciliés » [185].

Ce sont là des indices, des points de repère, qui concordent avec les données du Languedoc, sur lesquels on ne saurait baser une évaluation globale [186], mais qui rendent singulièrement suspectes les élucubrations si mal venues et si peu fondées de nos adversaires.

Ces discussions de détail n’ont d’ailleurs qu’une minime importance.

V

Les Espagnols du XVe siècle n’ont vu, dans la répression de l’hérésie, que le complément de la conquête : leur Inquisition a fait corps avec la guerre des Mores ; ce fui un seul et même effort ; le glaive de la justice a achevé et consolidé l’œuvre de l’épée.

Prodigue de son sang, pendant huit siècles, sur les champs de bataille, l’Espagnol peut se redresser fièrement devant tous ceux qui ont, aujourd’hui, la prétention de lui donner des leçons d’humanité ; car, dès qu’il eut reconquis son sol, il ménagea, comme personne ne l’a fait, le sang de ses ennemis. Mesurant ses coups pour qu’ils ne s’égarent pas, soucieux de ne frapper que des têtes coupables, il a évité, grâce à l’Inquisition, ces affreux massacres, ces tueries sauvages qui ont maculé de boue et de sang tant de pages dans l’histoire des autres peuples.

Si graves qu’on les suppose, les excès de l’Inquisition espagnole ne sont rien en comparaison des persécutions féroces, des orgies de cruauté que Luther a déchaînées en Allemagne, et, après lui, à cause de lui, Calvin, à Genève ; Henri VIII, Élisabeth, en Angleterre ; Christian II, en Danemark ; Gustave Wasa, en Suède ; Jeanne d’Albret, en Navarre ; les huguenots, puis les Jacobins, chez nous [187].

Assimiler Torquemada, Deza et les autres à ces inquisiteurs couronnés qui firent revivre Néron et Domitien, à ces inquisiteurs débraillés de 93, qui furent des brutes cyniques, c’est confondre d’honnêtes chiens de garde, à la dent un peu dure (Domini canes), avec des tigres furieux.

II faut à nos huguenots, francs-maçons, sectaires et blocards, héritiers de la Réforme et de la Révolution, solidaires des crimes de leur parti, une forte dose d’impudence pour oser, avec tant de sang sur les mains, avec une pareille poutre dans l’œil, nous jeter à la face l’Inquisition.

Mais ils crient avec un tel ensemble, ils gémissent si lugubrement sur les coups qu’ils ont reçus, sans parler jamais de ceux qu’ils ont donnés, ils protestent en termes si véhéments contre les violences des catholiques, qu’ils ont fini par en imposer à l’opinion et à l’histoire.

Nous autres, nous n’avons pas tant de fiel, ni tant de mémoire, ni tant d’habileté, ni tant d’audace. Faiblesse ou naïveté, nous laissons toujours à ces éternels pleurards le bénéfice de l’offensive. Nous nous défendons mollement, par pudeur, dans l’appréhension de froisser quelqu’un ; à moins que ce ne soit par respect humain : la peur d’aborder franchement en public une discussion religieuse, alors qu’il nous serait aisé de reprendre avantage, sur ce terrain où ils sont en plus mauvaise posture que nous.

Est-il même nécessaire, pour les confondre, d’évoquer la sinistre figure de leurs ancêtres ?

Est-ce que ceux-là qui font un crime à l’Espagne du XVe siècle d’avoir défendu, contre des intrus, son unité nationale subsistante dans le catholicisme, ne prétendent pas aujourd’hui établir, à coup de force, dans la France catholique, la Libre-Pensée ?

Est-ce que ceux-là qui reprochent aux rois d’Espagne d’avoir expulsé les Juifs turbulents et traîtres, n’ont pas banni de France, par milliers, des êtres de dévouement, moines et religieuses, de notre sang, de notre race, l’élite de la nation, sans un motif avouable, sans une raison plausible ?

Est-ce que ceux-là qui portent encore, après quatre siècles, le deuil des victimes légalement jugées et condamnées de l’Inquisition d’Espagne, ont fait un geste, ont dit un mot, alors qu’ils disposaient du pouvoir, pour venger les Arméniens massacrés naguère, en masse, sous les yeux de l’Europe muette et impassible : 300 000, en 1896 ; 30 000 en 1909 ?

Mais, fermer la bouche à l’adversaire par des arguments ad hominem, cela ne mène pas loin : les catholiques ne doivent point s’en tenir là.

S’ils n’ont pas à être fiers de l’Inquisition, parce que l’acuité du mal n’empêche pas de déplorer la rigueur du traitement, ils n’ont pas davantage à en rougir, car le masque hideux dont les Juifs et les protestants l’ont affublée, est usé. L’Histoire ne ratifie pas ces jugements passionnés de la rancune, et, tous les jours, la révision se fait, par la force des choses, au bénéfice de l’Église.

D’ailleurs, si vraiment l’Inquisition puisait au centre, à Rome, son intolérance, c’est à Rome, à la source, au foyer, que l’intolérance et le fanatisme auraient dû s’affirmer le plus violemment et sans contrainte. Or, de l’aveu de tous les historiens, même des pires, comme Llorente et Lea, nulle part l’Inquisition ne fut plus bénigne et plus miséricordieuse qu’à Rome, où elle ne fit même pas deux victimes.

Le partage des responsabilités est donc bien net : celles qui incombent à l’Espagne ne nous regardent pas ; celles qui reviennent à l’Église ne sont pas tellement lourdes qu’elles puissent nous gêner beaucoup.

Et l’on peut emprunter le mot de M. de Tocqueville, pour clore ce travail sur l’Inquisition : « J’ai commencé, dit-il, l’étude de l’histoire, rempli de préjugés contre les Papes ; je l’ai finie, plein de respect pour l’Église. »

Mgr Maurice LANDRIEUX, évêque de Dijon

Mgr Maurice LANDRIEUX, évêque de Dijon

 – Maurice LANDRIEUX, L’Inquisition : les causes, les temps, les faits, Lethielleux, 1911

Sur le culte marial : réponse à Jeremy Sourdril


« Engeance qui maudit son père et qui ne bénit pas sa mère, engeance à ses propres yeux, mais dont la souillure n’est pas effacée… » (Proverbes 30, 11-12)

Nous avons, il y a à peine deux jours, réfuté un article qui prétendait que Marie, mère de Jésus-Christ ne pouvait être appelé « Mère de Dieu », soulignant qu’il s’agissait, pour nos interlocuteurs, d’une mauvaise compréhension. En ce jour, nous voulons réfuter un « autre » article que nous avons retrouvé sur le même site. Nous nous excusons d’avance pour ceux qui, fragiles d’esprit, ou qui pourraient être choqués (à cause du fait qu’ils n’ont jamais lu des argumentations pareilles), pourraient nous reprocher d’exposer de telles paroles sur notre site – catholique ! L’argumentation que nous nous apprêtons en effet à réfuter est si consternante qu’il est difficile de penser qu’elle ait été proposée par un « chrétien ». Celui qui a rédigé ces mots contre la Sainte Vierge Marie, ceux qui les ont relayés et ceux qui les ont approuvés, il faut s’en rendre compte, créent scandale, ils blasphèment contre l’Esprit Saint et par conséquent, se damnent. La lettre nous avertit que « malheur à ceux par qui le scandale arrive » (Lc, 17, 1-2). Même si nous considérons que cette argumentation est d’une impéritie indicible, nous nous devons de la réfuter – car, les saints Apôtres nous demandent « d’être prêts à rendre compte de l’espérance qui est en nous » (I P, 3, 15), mais également, de réfuter les pourfendeurs. C’est ce que nous allons exécuter dans les quelques lignes qui vont suivre. L’argumentaire adverse est en bleu. Il est suivi d’un sed contra catholique.

« Heureux (ou béni) le sein qui t’a porté ! Heureuses les mamelles qui t’ont allaité ! » (Luc 11:v7) Cette parole n’avait rien à faire là, car Jésus prêchait contre les démons, en disant : «  »Celui qui n’est pas avec moi est contre moi, et celui qui n’assemble pas avec moi disperse » (Luc 11:23). Cette femme n’était donc pas avec Jésus, mais les démons en elle voulurent disperser et amener de la confusion chez les gens par un mensonge. Les démons démasqués voulaient se manifester. C’était LE PREMIER CULTE À MARIE.

Que répondit Jésus ? Dit-il : « Oh oui Marie est bénie, c’est la mère de Dieu ! » ? Ou encore : « Oui bénissons Marie ensemble ! » ? Dit-il : « Tu as très bien dit femme ! » ? Ou encore : « Tu pourras adorer Jésus après ma mort » ? NON !!!! Jésus répondit : « Heureux PLUTÔT ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent ! ». Jésus a cassé le culte à Marie.

Marie vs démonsEn sens contraire : Elisabeth, sous le souffle de l’Esprit Saint confesse (Lc, 1, 41-45) que Marie est bénie et qu’elle est heureuse pour avoir cru. Ce n’est donc pas Elisabeth, de son propre chef qui parle, mais l’Esprit. Ainsi, l’auteur vient donc de s’opposer à l’Esprit même de Dieu.

Ce que nous pouvons, de prime abord, relever : ce n’est du verset 7 qu’il s’agit, mais du 27. Deuxièmement, c’est l’interprétation catastrophique et machiavélique que l’auteur fait de ce passage ! L’auteur affirme et soutient, de manière totalement abjecte que la femme, pour avoir prononcé les paroles « Heureux les entrailles qui t’ont porté… », avait en elle des démons. Le but étant de disperser. Incroyable et infâme ! Non seulement parce que, dans les épisodes que nous avons dans le Nouveau Testament, lorsque le Christ se présente devant des démons, ceux-ci se manifestent souvent, le reconnaissant d’ailleurs. Dire que cette femme avait en elle des démons est une infâme extrapolation et une digression qui montre l’esprit qui animait celui qui a rédigé ces paroles au moment où il le faisait. De plus, il est évident que si la femme souffrait réellement de troubles démoniaques, Le Seigneur l’aurait soignée. Troisièmement, nous attirons l’attention des lecteurs sur la conclusion de l’auteur : « Heureux PLUTÔT ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent ! ». Jésus a cassé le culte à Marie. Jésus- christ attire donc l’attention sur ceux qui écoutent la Parole de Dieu. Ainsi, si nous réussissons à montrer que la Mère du Seigneur fait partie de ceux-là, nous rendrons l’argumentation adverse caduque. Or, remarquons que, La Parole, Le Verbe de Dieu – qui est Le Christ Lui-même, a pris chair en la Vierge Marie. De quelle manière ? Il a fallu que Celle-ci écoute et croit ! Il suffit  de lire la conversation entre La Mère du Seigneur et l’Archange, dans le même Évangile, au chapitre premier. L’échange se termine ainsi par ces paroles de Marie, avant qu’elle ne s’empresse de se rendre chez Elisabeth : « Marie dit alors : « Je suis la servante du Seigneur ; qu’il m’advienne selon ta parole ! » Et l’ange la quitta. » (S. Luc, I, 38). Donc, ici, conformément aux paroles du Christ en Luc XI, 28, la Mère du Seigneur remplit sans conteste les conditions. Gabriel joue bel et bien ici son rôle d’Ange, à savoir Messager – qui apporte donc la Parole ! Et l’Evangéliste Luc nous dit que Marie accueille ce Message, qui lui-même annonce La Parole faite chair, avec ferveur, foi et confiance. Si c’est une épreuve que voulaient lui faire passer les pourfendeurs, Elle la réussit. De surcroît, lorsque nous contrastons la conversation de L’Archange et Marie, et celle du même Archange et celle de Zacharie, on peut remarquer une différence nette. L’Archange « punit » Zacharie parce que ce dernier refusa de le croire : « Moi, je suis Gabriel (…) Et voici que tu vas être réduit au silence et sans pouvoir parler jusqu’au jour où ces choses arriveront, parce que tu n’as pas cru à mes paroles, lesquelles s’accompliront en leur temps. » (S. Luc, I, 20). On constate simplement que l’évangéliste contraste clairement le récit de Zacharie d’avec celui de Marie. Alors que Zacharie ne croit pas, Marie, elle, a cru ; a dit oui ! L’Esprit nous enseigne également que la Sainte Vierge et Son Fils partagent un Lien ineffable : Et il advint, dès qu’Élisabeth eut entendu la salutation de Marie, que l’enfant tressaillit dans son sein et Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint. Alors elle poussa un grand cri et dit : « Bénie es-tu entre les femmes, et béni le fruit de ton sein ! » (S. Luc, I, 41-42). Si dire que Marie est bénie, ou heureuse, revient à être possédé de démons, alors l’Esprit Saint est un démon. C’est la conclusion absurde et blasphématoire à laquelle arrive l’auteur de cet écrit que nous venons de reprendre. Donc, non seulement les prétendus hommes de Dieu ne prêtent pas véritablement attention aux paroles de Dieu, puisque Celui-ci parle « parle d’une façon et puis d’une autre, sans qu’on prête attention. » (Job, 33, 14), ils attristent également l’Esprit (Eph, 6, 30), et, de fait, se damnent à jamais.

Les quatre seules communications que nous trouvons dans le NT entre Jésus et Marie : Aux noces de Cana :

« Le vin ayant manqué, la mère de Jésus lui dit : Ils n’ont plus de vin » (Jean 2:3). Que répondit Jésus ? Dit-il : « Oui Maman, tu es la mère de Dieu, je ne peux que t’obéir et me soumettre à toi ! »? Ou encore : « Oui maman je vais en acheter » ?

NON !!!! : « Jésus lui répondit : Femme, qu’y a-t-il entre moi et toi ? (femme, pourquoi me cherches-tu des histoires) » Remarquez qu’il a utilisé le terme de FEMME, un terme totalement neutre, le même terme qu’on utilisait pour parler de n’importe quelle femme. Il n’y avait aucune allusion à un rapport fils-mère.

En sens contraire : l’auteur fait appel au quantitatif alors qu’il devrait s’attarder sur le qualitatif. L’argument présuppose que, puisqu’il n’y a que « quatre seules communications » entre Jésus et Marie dans le Nouveau Testament, alors, certainement, Marie n’a pas d’importance quelconque. C’est un sophisme ! En second lieu, Femme n’est pas un terme qu’on utilise pour parler de « n’importe quelle femme », c’est le terme avec lequel Adam, à la vue de sa compagne, s’exclame ! Or, Eve n’était pas « n’importe quelle femme ». L’argumentation de notre auteur est donc des plus ridicules.

Nous reprenons les mots de l’auteur qui écrit : <« Jésus lui répondit : Femme, qu’y a-t-il entre moi et toi ? (femme, pourquoi me cherches-tu des histoires) »>. Remarquons très rapidement l’interprétation fantasmagorique donnée par le pourfendeur : femme, pourquoi me cherches-tu des histoires. On croirait davantage une querelle de gosses en cours de récréation qu’une tentative sérieuse d’exégèse. On aurait pu lire : « Hé, miss, qu’est c’que tu veux ?! hein… tu me cherches ? Tu me cherches les embrouilles ou quoi ?! », cela n’aurait pas changé grand-chose. Voilà donc la Personne du Fils réduite à s’exprimer comme les « racailles » du XXIe siècle ! Reprenons, avec un peu de sérieux. Il faut simplement signaler que, en Jean 2, 5, aux noces de Cana, il est impensable que Le Christ ait manqué de respect à Sa Mère. Car l’un des grands commandements de Dieu consiste justement à honorer les parents… Les confusions apportées par l’auteur ici sont des plus ridicules. Car, si Le Christ appelle sa Mère « Femme », ce n’est pas parce qu’il n’y a « aucun rapport fils-mère » comme le stipule notre interlocuteur, mais pour préciser la place de Marie dans le Salut ! Comme nous le rappelions ci-haut, « Femme » est l’appellation que Adam donna à celle que Dieu lui présenta : « Et l’homme dit: Voici cette fois celle qui est os de mes os et chair de ma chair! on l’appellera femme, parce qu’elle a été prise de l’homme. » (Genèse, 2, 23). Or, nous savons que Marie est la nouvelle Eve ! Jésus-Christ étant le nouvel Adam : « C’est pourquoi il est écrit : Le premier homme, Adam, devint une âme vivante. Le dernier Adam est devenu un esprit vivifiant. » (I Co., 15, 45), Marie est forcément la nouvelle Eve ! Lisons l’enseignement, dès les premiers siècles, de S. Irénée de Lyon sur cette question :

« Parallèlement au Seigneur, on trouve aussi la Vierge Marie obéissante, lorsqu’elle dit « Voici ta servante, Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole ». Eve, au contraire, avait été désobéissante elle avait désobéi, alors qu’elle était encore vierge. Car, de même qu’Eve, ayant pour époux Adam, et cependant encore vierge — car « ils étaient nus tous les deux » dans le paradis « et n’en avaient point honte », parce que, créés peu auparavant, ils n’avaient pas de notion de la procréation il leur fallait d’abord grandir, et seulement ensuite se multiplier — de même donc qu’Eve, en désobéissant, devint cause de mort pour elle-même et pour tout le genre humain, de même Marie, ayant pour époux celui qui lui avait été destiné par avance, et cependant Vierge, devint, en obéissant, cause de salut pour elle-même et pour tout le genre humain […] C’est pourquoi aussi Luc a commencé sa généalogie par le Seigneur, pour la faire remonter de celui-ci jusqu’à Adam, indiquant par-là que ce ne sont pas les pères qui ont donné la vie au Seigneur, mais lui au contraire qui les a fait renaître dans l’Évangile de vie. Ainsi également le nœud de la désobéissance d’Eve a été dénoué par l’obéissance de Marie, car ce que la vierge Eve avait lié par son incrédulité, la Vierge Marie l’a délié par sa foi. »[1]

Saint Irénée de Lyon

Saint Irénée de Lyon

Même si, S. Irénée, posant ici les bases du parallèle entre Marie et Jésus, Adam et Eve, ne pense pas son raisonnement jusqu’au bout, à savoir que Marie est immaculée conception, puisqu’elle est nouvelle Eve, celle-ci ayant été créée sans péché originel, il faut relever que le parallèle est déjà présent. Et d’ailleurs, l’Ecriture l’atteste forcement. Ainsi, vu sous cet angle, les noces de Cana prennent un sens plus profond que l’interprétation fallacieuse que nous propose notre interlocuteur. De plus, pour finalement détruire l’argumentaire, nous relevons que Le Christ parle ici de son heure. Mon heure n’est pas encore arrivée, dit-Il. Or quelle est donc cette heure dont parle si souvent Le Seigneur ? Il s’agit simplement de l’Heure de la Croix ! Ou l’Heure de sa glorification et en même temps de la glorification du Père (Jn 17, 1). Nous avons plusieurs occurrences dans l’évangile selon S. Jean (7, 30 ; 8, 20 ; 13, 1 ; 17, 1…). Or, nous savons que c’est par Sa Croix que l’Identité du Christ sera pleinement mis en lumière. De fait, nous pouvons lire : « Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous saurez que Je Suis » (Jn, 8, 28). Ce que nous pouvons donc affirmer avec certitude absolue : lorsque Jésus répond à Sa Mère, il ne faut pas le comprendre comme le font les hérétiques, aux interprétations insensées et blasphématoires, mais penser chaque mot. Ici, les sens des paroles du Christ est donc à comprendre avec Son heure. Maintenant que nous avons établi de manière incontestable que le texte de Jean 2, 5 doit être lu ainsi, c’est-à-dire en considérant plus précisément les paroles du Seigneur, et Son heure, il nous reste à préciser le rôle de la Sainte Mère. Est-elle renvoyée par Son Fils, de manière arrogante comme on voudrait le laisser penser ? Si tel est le cas, il s’agirait d’un manque de respect – et ferait du Fils un mauvais fils, manquant de respect à sa mère, violant ainsi un des grands commandements divins. Chose impensable, si ce n’est dans la pensée perverse des hérétiques.

Celui qui nous met sur la piste est le prophète Syméon. Nous pouvons en effet lire en Luc : « … et toi-même [Marie], une épée te transpercera l’âme ! – afin que se révèlent les pensées intimes de bien des cœurs. » (Lc II, 35). La prophétie nous avertit que l’Enfant (le Christ) doit être un signe en butte à la contradiction et souligne ensuite qu’une épée transpercera le l’âme de la Sainte Vierge. Quand est-ce cela a pu se produire ? Sans aucun doute, lors de la Crucifixion du Seigneur. L’épée qui transperce l’âme peut être vue comme l’indicible douleur éprouvée par la Mère voyant son Fils cloué sur le bois. Mais, ce n’est pas tout. Car la prophétie ajoute : « afin que se révèlent les pensées intimes de bien des cœurs ». Il est donc question de révélation ! Ainsi, nous pouvons clairement établir que l’épisode des Noces de Cana nous renvoie directement à l’amertume ressentie par la Mère du Seigneur. Cela nous montre également que l’épée qui transperce son âme, comme le prophétise Syméon, est en lien direct avec <l’Heure du Fils> qui est, comme nous l’avons relevé, l’heure de sa Glorification. Nous pourrions arrêter ici notre réfutation de cette partie. Mais, afin d’anéantir une bonne fois pour l’argumentation adverse, relisons ensemble le contexte de l’évangile [en Jean 2], ayant à l’esprit ce que nous venons de dire :

« Trois jours après, il y eut des noces à Cana en Galilée. La mère de Jésus était là, et Jésus fut aussi invité aux noces avec ses disciples. Le vin ayant manqué, la mère de Jésus lui dit: Ils n’ont plus de vin. Jésus lui répondit: Femme, qu’y a-t-il entre moi et toi ? Mon heure n’est pas encore venue. Sa mère dit aux serviteurs: Faites ce qu’il vous dira. Or, il y avait là six vases de pierre, destinés aux purifications des Juifs, et contenant chacun deux ou trois mesures »[2]

En lisant le texte, que constatons-nous ? L’Apôtre prend tout le soin de préciser que la « mère de Jésus était là ». Ensuite, très vite, il signale également la présence de Jésus. Comme pour mettre en évidence les véritables protagonistes de la scène. Que pouvons-nous encore lire ? Il y a la présence, le manque de vin. Du vin ! Mais également, on nous parle de « vases… destinées aux purifications de Juifs ». Etrange coïncidence. Vin et purification, voilà qui nous rappelle toute la Nouvelle Alliance. Raison pour laquelle nous lisons : « On ne met pas non plus du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement, les outres se rompent, le vin se répand, et les outres sont perdues ; mais on met le vin nouveau dans des outres neuves, et le vin et les outres se conservent » (Matthieu 9, 17). Il s’agit donc ici, pour l’Apôtre Jean, en ce qui concerne ces noces, de nous amener à considérer ce « signe » (premier miracle) du Christ. Car Il est véritablement le vin de l’Alliance nouvelle. En ce qui concerne la « purification » (de tout le genre humain), cela se passe à l’Heure du Christ, à la Croix donc. Et à la Croix, qui retrouvons-nous ? Le Fils et Sa Mère, présents… Nous nous souvenons que Syméon avait parlé d’une épée qui transpercera l’âme de la Sainte Vierge : si on peut parler de profonde tristesse au sens formel, de la Vierge Marie ; au sens matériel, nous savons que le Fils a été transpercé d’une lance : d’où, de Son Côté, il en jaillit du Sang et de l’Eau ! Le même Apôtre nous avertit que : « S’étant approchés de Jésus, et le voyant déjà mort, ils ne lui rompirent pas les jambes ; mais un des soldats lui perça le côté avec une lance, et aussitôt il sortit du sang et de l’eau » (19, 33-34). Le sang (=symbolise la réalité du Sacrifice) ; l’eau (=fécondité spirituelle ; vie éternelle : celui qui boit de Mon eau n’aura jamais soif !). Ainsi, s’accomplit la prophétie de Syméon : – afin se révèlent la pensée de bien des cœurs !

« C’est lui, Jésus Christ, qui est venu avec de l’eau et du sang ; non avec l’eau seulement, mais avec l’eau et avec le sang ; et c’est l’Esprit qui rend témoignage, parce que l’Esprit est la vérité. Car il y en a trois qui rendent témoignage : l’Esprit, l’eau et le sang, et les trois sont d’accord. »[3]

Ajoutons donc, enfin que, si la réponse du Christ à Sa Mère consistait simplement à lui dire : « Tu me cherches ‘histoires’ », la réponse de Marie aux serviteurs serait tout simplement absurde, puisqu’elle leur dit : Tout ce qu’il dira, faites-le ! étranges paroles alors que son Fils vient de lui demander de ne pas se mêler de ses « histoires ». Au contraire, la réponse de Marie montre qu’elle avait bien compris la réponse de Son Fils – non pas comme le comprennent perversement les hérétiques jouant à l’amateurisme exégétique. Ici, donc, la véritable interprétation, après tout ce que nous venons de dire, c’est celle d’une intercession de Mère du Seigneur, qui, de surcroît, nous demande de faire tout ce qu’Il nous dira de faire : Elle nous donne donc ce précieux conseil. Sachant évidemment que, Lui-même nous dit : Sans moi, vous ne pouvez rien faire (Jn 15, 5). Sa Mère, avec qui, Il partage un lien ineffable, incommunicable, puisque les deux sont liés à « L’heure » (dont nous avons déjà parlé), nous dit humblement : vous feriez mieux de l’écouter. Le Père, qui est aux cieux, lors du Baptême du Fils, nous avait également demandé d’écouter ce dernier. La Mère est donc conforme à la volonté du Père ! (Rappelons-nous également des paroles prophétiques de Genèse 3, 15 qui s’accomplit ici parfaitement (sans mettre de côté Apocalypse 12). Nous voyons donc ce lien ineffable entre la « Femme » et le Seigneur, Sauveur. C’est très éloigné des interprétations fallacieuses et irréalistes de Jérémy !)

La piètre argumentation de Jérémy Sourdril ne s’arrêtant pas là, il continue, persuadé d’être sur la bonne voie, et sans doute être éclairé :

(alors que Jésus âgé de 12 ans les avaient quitté depuis 4 jours (1 jour de marche et 3 jours de recherche).

« Quand ses parents le virent, ils furent saisis d’étonnement, et sa mère lui dit : Mon enfant, pourquoi as-tu agi de la sorte avec nous ? Voici, ton père et moi, nous te cherchions avec angoisse » (Luc 2:48). Que répondit Jésus ? Dit-il : « Oh oui Papa et maman, je vous demande pardon d’avoir agi ainsi car vous êtes mes parents ! » ? Ou encore : « Vous avez eu raison de vous inquiéter car je n’ai pas fait exprès mais je me suis perdu » ? Dit-il : « Oh Maman mère Dieu pardonne-moi, mais toi Joseph tu n’es pas mon vrai père » ? NON !!!! Jésus était resté délibérément à Jérusalem et il leur répondit : « Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas qu’il faut que je m’occupe des affaires de mon Père ? » (Luc 2:49). Faisant ainsi la différence entre eux (« vous », un terme dénué de sympathie), et SON VRAI PÈRE.

Le saint Archange Michel terrassant l'ennemi !

Le saint Archange Michel terrassant l’ennemi !

Les dires, et les sous-entendus de l’auteur, ici, sont 100% démoniaques ! Nous sommes là en présence d’un jeune enfant arrogant, hautain et insolent ! Il est clairement en train de manquer de respect à ses parents ! C’est donc ce Jésus que nous présente Jérémy Sourdril : quelle désolation ! Les Proverbes disent : « L’œil qui nargue un père et méprise l’obéissance due à une mère, les corbeaux du torrent le crèveront, les aigles le dévoreront » (30, 19). Ainsi, le triste auteur tombe sous l’anathème des paroles bibliques. Sans oublier les paroles de S. Paul sur les parents et les enfants et les paroles de ce même Paul concernant les faux prophètes qui annoncent des hérésies. Voilà donc notre interlocuteur frappé d’anathème de « faux prophète », décrivant des choses contraires à la Parole, contraires à Jésus-Christ Lui-même. Nous osons croire que celui a écrit ce texte (que nous sommes en train de réfuter) n’était pas lui, comme il accusait la femme dans le verset analysé ci-haut, possédé de démons. Deuxième chose, le contexte de la scène est tronqué. Puisque la suite de l’Evangile précise : « Puis il descendit avec eux pour aller à Nazareth, et il leur était soumis. Sa mère gardait toutes ces choses dans son cœur. » (Luc, 2, 51) Il leur était soumis, dit le texte ! Deuxièmement, Marie méditait ces choses dans son cœur : encore un verset qui vient exalter la Sagesse de la Mère de Dieu.

Lisons encore les extravagances de notre interlocuteur, concernant Luc 1, 42-43, et admirons à quel point la duperie est au service d’une exégèse – si c’en est une :

Elisabeth adora Jésus : « Elle s’écria d’une voix forte : Tu es bénie entre les femmes, et le fruit de ton sein est béni. Comment m’est-il accordé que la mère de mon Seigneur vienne auprès de moi ? » (Luc 1:42-43). Ici Elisabeth dit que Marie fut béni par le fait d’avoir porté Jésus, ce qui est une grande bénédiction. Béni par qui ? Par elle-même ? Non ! Par le seul vrai Dieu, celui qui peut bénir. Aussi, elle dit : « Mon Seigneur », et : « Le fruit de ton sein ». Elisabeth n’était pas impressionnée par Marie elle-même, mais bien par Jésus, son Seigneur.

En sens contraire : Nous ne nions pas que Marie est bénie par le fait d’avoir porté Jésus. C’est un aveu magistral de la part de notre interlocuteur. Pourtant, la Foi catholique a toujours précisé que ce que nous disons de la Sainte Vierge Marie lui est dû grâce aux Mérites qu’Elle tient de Son Fils. Ainsi, notre interlocuteur, de manière inconsciente, vient de faire une théologie mariale catholique. Et donc, si nous suivions sa logique, il est lui-même idolâtre et hérétique, puisqu’il professe des hérésies catholiques. Décidément, à vouloir s’opposer à la vérité, on finit par confesser celle-ci. Si donc notre interlocuteur reconnaît que « Marie fut bénie par le fait d’avoir porté Jésus », alors, pourquoi ne pousse-t-il son raisonnement jusqu’au bout ? A savoir, appliquer le plan cause-effet, comme il l’a fait ici ? Et ainsi, professer que, si comme le disent les Catholiques, Marie est immaculée conception, c’est uniquement parce qu’Elle a été destinée à être le Réceptacle du Saint des saints, l’Immaculé ? La logique appliquée par le « protestant » dans son interprétation voudrait donc qu’il reconnaisse pleinement les dogmes catholiques. Puisque, nous le répétons, si la Foi catholique soutient que Marie est bénie, qu’elle est sainte, qu’elle est Eve nouvelle, qu’elle est immaculée conception, qu’elle Reine des Cieux, cela est dû au fait d’avoir été Réceptacle du Fils unique de Dieu, d’avoir donc bénéficié, à un degré haut, des Mérites de celui-ci. Une simple question subsiste : « le protestant » se fera-t-il catholique après avoir appris qu’il professait en fait, sans le savoir, notre position ? Attendons…

Deuxième chose, commentant Luc 1, 42-43, l’interlocuteur nous dit : Aussi, elle dit : « Mon Seigneur », et : « Le fruit de ton sein ». Elisabeth n’était pas impressionnée par Marie elle-même, mais bien par Jésus, son Seigneur. Nous pouvons constater, techniquement, et sans ambages, une tentative de duper les lecteurs. Même lorsqu’un texte se présente à nous de manière claire et obvie, l’interlocuteur essaye de duper vilainement. Non, c’est archi faux ! Elisabeth ne dit pas seulement « Mon Seigneur », elle a bel et bien précisé : « Mère de mon Seigneur ». Ce qui anéantit totalement l’argumentation fallacieuse et tronquée de notre interlocuteur. Ainsi, si Elisabeth est « impressionnée » par son Seigneur qui est Jésus-Christ, elle confesse également que ce Seigneur A UNE mère. C’est ainsi qu’est réduit au silence le pourfendeur. Marie est donc Mère du Seigneur, et comme il n’y a qu’un Seul Seigneur (Eph., 4, 5), et le Seigneur étant Dieu, Marie est simplement Mère de Dieu. Aucun moyen de s’opposer à ce raisonnement limpide, si ce n’est de confesser avec les ariens que le Christ n’est pas réellement Dieu, ou alors de soutenir une absurdité grossière en maintenant que Seigneur n’est pas équivalent de Dieu dans le Nouveau Testament.

En définitive, commentant le verset de Jean 19, 25-26, notre interlocuteur délire encore en maintenant que : « Aussi, Jésus a vu le disciple qu’il aimait. Nous voyons que l’amour de Jésus s’est porté sur son disciple, Jean, pas sur sa mère. Il a agi envers sa mère comme il le demande envers chaque veuve. » Eh bien ! tout y est dit. Jésus-Christ a aimé le disciple, mais pas Sa mère. « Excellente » exégèse qui résume assez parfaitement, mais misérablement les points vomitifs que nous avons réfutés ci-haut. En fait, il ne doit pas aimer sa mère, « ce » Jésus qu’on nous présente : il a simplement fait un geste, puisque celle-ci était une veuve. Ah… une autre contradiction. L’auteur suppose bien évidemment, vous l’avez compris, que Joseph est décédé. Raison pour laquelle il parle de Marie comme veuve. Or, si ce n’est rien de plus qu’une contradiction avec le principe si cher aux protestants : le sola scriptura. La Bible n’indique pas (en aucun moment) que Marie est veuve. Pour déduire cela, l’auteur fantasme donc. Par ailleurs, sans s’en rendre compte, il vient de montrer que la Mère de Dieu n’avait pas d’autres frères ; car si elle en avait, ce sont plutôt ceux-ci qui auraient dû s’occuper de leur mère, non pas Jean. Par contre, notre interlocuteur soutient que Marie a eu d’autres enfants : encore une contradiction dans les propos. Décidément, à vouloir contredire la véritable Foi (catholique), on dit inconsciemment des vérités. Comme quoi, l’Esprit de Dieu agit également chez les hérétiques, leur faisant dire des vérités incontestables. Convaincus de réfuter la Foi catholique, ils se mettent à la professer ; mais ne pouvant admettre qu’ils devraient se faire catholique, ils s’enfuient, se vautrant dans le mensonge, la mauvaise foi, servant au monde des interprétations affolantes, machiavéliques comme celle que nous venons de réfuter. Mais refuser objectivement la vérité, à cause de son orgueil, c’est ce que l’on nomme le péché contre l’Esprit Saint. Nous avons vu que l’auteur de ce texte (que nous avons examiné) s’opposait maintes fois à l’Esprit Saint, n’hésitant pas à tronquer, sans crainte quelques textes bibliques, présentant un Jésus quasi-insolent vis-à-vis de ses parents, laissant entendre que Jésus-Christ n’a point aimé Sa Mère, clamant haut et fort que la femme qui soutient, parlant à Christ : « Heureux les seins qui t’ont allaité… », était possédée de démons. Comprenons donc, davantage pour quelle raison le Dragon pourchasse la Femme Apocalypse (chap. 12) avec Son Fils. C’est un combat qui dure des millénaires, depuis le premier récit de la Genèse. Mais, il est une chose que nous savons : c’est la Femme et Son Enfant qui en sortent vainqueurs. Ayons donc l’esprit apaisé. La victoire finale est de notre côté. Mais, combattons, luttons contre ces forces du Mal. Ce n’est pas contre la chair que nous avons à lutter, mais contre les Trônes, les Dominations,… – S. Paul nous avait avertis !

« Après son Père céleste, Notre-Seigneur n’a rien tant aimé que sa Mère. Outre qu’elle sa Mère, elle la plus humble, la plus pure, la plus sainte de toutes les créatures ; à ce double titre, JESUS aime MARIE d’un amour unique. En aimant et en respectant MARIE, nous nous conformons aux sentiments de JESUS, et nous accomplissons ainsi, quoique bien imparfaitement encore, la grande règle tracée par l’apôtre saint Paul : Hoc sentite in vobis quod et in Christo JESUS. »[4]


[1] IRENEE DE LYON, Contre les hérésies, III : « Le nouvel Adam et la nouvelle Eve ».
[2] Jean II, 1-6.
[3] I Jean V, 6-7.
[4] Mgr Louis Gaston de Ségur, Causeries sur le protestantisme d’aujourd’hui, 1870.

Marie, Mère de Dieu : réponse à Paul Ohlott


« … et toi-même [Marie], une épée te transpercera l’âme ! – afin que se révèlent les pensées intimes de bien des cœurs. » (Lc II, 35)

marie viergeNous avons déjà, dans notre espace, publié un billet qui montrait pourquoi et comment la Foi catholique soutient que Marie est vraiment Mère de Dieu. Mais, puisque, certains, n’ayant vraisemblablement pas saisi l’essence de la Foi catholique, comme nous l’avons déjà également montré, mais prétendent objectivement la critiquer, il nous faut à présent contrer une argumentation des plus ridicules concernant la Sainte Mère de Dieu. Notre article est une réponse au billet suivant : un ami (par Facebook) nous avertissant qu’il a été viré de la page sur laquelle la discussion avait eu lieu, nous voulons réfuter rapidement l’auteur de cette piètre argumentation. L’auteur fait appel à deux arguments principaux pour mettre à mal le dogme catholique. Nous les reprenons [en bleu] et y répondons.

Naturellement, toute l’Ecriture nous révèle que Marie n’est en rien la « Mère de Dieu ». D’ailleurs, comment une simple mortelle qui reconnaît le besoin d’un sauveur, pourrait prétendre être la mère de celui qui existe de toute éternité, qui est l’alpha et l’oméga et qui est Saint ? Un peu de bon sens suffit à se détacher d’une telle hérésie.

En sens contraire, 1° Elisabeth le clame haut et fort, s’adressant à Marie : « Comment m’est-il accordé que la mère de mon Seigneur vienne auprès de moi ? » (Lc I, 43). Or, l’Ecriture sainte soutient qu’il n’y a qu’un Seul Seigneur (Eph IV, 5). Le Seigneur étant Dieu, si Marie est Mère du Seigneur, alors elle est vraiment Mère de Dieu. De plus, Elisabeth prononce ces paroles alors qu’est sous l’inspiration de l’Esprit Saint (= ceux qui nient donc que Marie est Mère du Seigneur pèchent contre l’Esprit et se damnent !) L’affirmation selon laquelle « toute l’Ecriture nous révèle que Marie n’est en rien la ‘Mère de Dieu’ » est donc un leurre et est contraire à cette Ecriture sainte elle-même. 2° L’auteur s’interroge de savoir « comment une simple mortelle qui reconnaît le besoin d’un sauveur, pourrait prétendre être la mère de celui qui existe de toute éternité, qui est l’alpha et l’oméga et qui est Saint ? ». En logique, c’est ce que nous appelons un sophisme ! qui découle du fait de n’avoir pas compris ce que l’Eglise catholique entend par « Mère de Dieu ». Comme le rappelle la lettre chez Osée, « Mon peuple périt faute de connaissance » (IV, 6). Nous en avons un exemple flagrant ici. Comme sophisme, l’auteur commet ce qu’on appelle épouvantail, qui consiste à attribuer et à présenter la thèse de l’adversaire de manière erronée, afin de mieux la réfuter. Ici, l’auteur prétend que l’expression « Mère de Dieu » signifie que Marie est mère du Dieu éternel. C’est absurde. Il aurait fallu se renseigner sur la dogmatique catholique. Jésus-Christ est une personne divine (ayant la nature humaine). Or ce qu’une mère met au monde, c’est la personne ! Marie est donc mère d’une personne qui est Dieu. La différence est cruciale. Pour plus de précisions sur les aberrations protestantes, lire l’article suivant qui montre que les conclusions auxquelles les opposants à la Foi catholique aboutissent sont absurdes, du moins, et a fortiori si ces protestants croient en la divinité de Jésus-Christ. 3° Enfin, la Foi catholique reconnaît que Marie a eu besoin d’un Sauveur, mais qu’elle a été préservée du péché originel. Car, comme le précise l’auteur, Le Christ est saint. Mais dès lors, comment penser que celle qui a été prédestinée à être le réceptacle du Saint des saints ait été souillée ? C’est un non-sens.

Mais puisque certaines hérésies sont tenaces, il me semble important de relever dans cette chronique spirituelle, une preuve biblique qui confirme clairement que Marie n’est en rien la « Mère de Dieu ».
Lorsque Jésus va avoir une trentaine d’années, et que l’on ne peut douter que Marie connaissait bien son fils sur le plan humain tout en le voyant agir depuis un certain temps dans son ministère, Jésus va déclarer ceci dans Matthieu 11 v 27 : « Mon Père m’a tout donné, et personne ne connaît le Fils, si ce n’est le Père ; personne non plus ne connaît le Père, si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler ».
Jésus va affirmer que personne ne connaît le Fils si ce n’est le Père. Si Marie était réellement la « sainte Mère de Dieu », elle aurait de toute évidence eu connaissance de qui était le Fils. Mais Jésus se montre catégorique : seul le Père connaît le Fils. Et Marie, bien qu’elle ait enfanté l’incarnation humaine du Fils de Dieu, ne savait pas qui était le Fils. Elle le connaîtra par la suite, de la même manière que nous l’avons connu nous aussi, par révélation.

En sens contraire, 1° l’Archange Gabriel dit à Marie : « … tu deviendras enceinte, et tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père. » (Lc I, 31-32). Ainsi, l’Ange révèle donc à Marie que le Fils qu’elle va mettre au monde est Fils du Très-Haut (Le Père). Or connaître Jésus-Christ (pour nous Hommes), c’est connaître qu’Il est Fils, et qu’Il a un Père. C’est la raison pour laquelle ce Fils dit : « Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père. » (Jn VIII, 26). Puis donc que l’Ange révèle explicitement à Marie que l’Enfant est Fils, et donc qu’Il a un Père (Le Très-Haut), il est absurde de dire que Marie ne connaît pas Le Fils. De surcroît, l’auteur soutient que la connaissance du Fils passe par « révélation ». Cela est vrai. Il faut simplement le constater avec ce qui s’est passé avec Simon Pierre (en Mt, XVI, 16-17). Le Christ le reprend en disant : « … Tu es heureux, Simon, fils de Jonas ; car ce ne sont pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais c’est mon Père qui est dans les cieux ». Or, l’Ange Gabriel fait explicitement cette « Révélation » à Marie. Donc Marie connaît le Fils. 2° La phrase selon laquelle : « Jésus va affirmer que personne ne connaît le Fils si ce n’est le Père. Si Marie était réellement la « sainte Mère de Dieu », elle aurait de toute évidence eu connaissance de qui était le Fils. Mais Jésus se montre catégorique : seul le Père connaît le Fils », est également un pur sophisme ! Si Marie était réellement la Sainte mère de Dieu ? L’auteur présuppose, comme nous l’avons montré plus haut que « Mère de Dieu » signifie « Mère du Dieu même dans l’éternité », or cette expression signifie expressément Mère d’une personne qui est Dieu (non pas Mère de la nature divine en elle-même qui est incréée). 3° Car le Fils, comme le précise le Concile de Chalcédoine a eu deux naissances : une naissance dans l’éternité, et donc est sans commencement ; et une naissance dans le temps, dans le sein de la Vierge Marie :

Suivant donc les saints pères, nous enseignons tous unanimement que nous confessons un seul et même Fils, notre Seigneur Jésus Christ, le même parfait en divinité, et le même parfait en humanité, le même vraiment Dieu et vraiment homme […], avant les siècles engendré du Père selon la divinité, et aux derniers jours le même (engendré) pour nous et notre salut de la Vierge Marie, Mère de Dieu selon l’humanité,

Un seul et même Christ, Fils, Seigneur, l’unique engendré, reconnu en deux natures, sans confusion, sans changement, sans division et sans séparation, la différence des natures n’étant nullement supprimée à cause de l’union, la propriété de l’une et l’autre nature étant bien plutôt gardée et concourant à une seule personne et une seule hypostase, un Christ ne se fractionnant ni se divisant en deux personnes, mais un seul et même Fils, unique engendré […] » (Concile de Chalcédoine, Ve session)

Le Concile rejette donc les propositions hérétiques selon lesquelles il y aurait d’une part un fils de l’homme et d’autre part un Fils de Dieu (et donc qu’il y ait en fait deux fils). C’est ce à quoi conduit l’hypothèse selon laquelle Marie ne serait que Mère du fils de l’homme, comme l’entend les commentaires sur le site que nous réfutons. C’est une totale hérésie ! 4° Et, Dieu Lui-même, en son essence même n’est connaissable que par Dieu ! Nous ne pourrons jamais comprendre Dieu (même lorsque nous serons face à face devant son essence) : les Pères de l’Eglise ont développé ce point sur l’incompréhensibilité divine ! 5° Enfin, dire que seul le Père connaît le Fils et que seul le Fils connaît le Père, à partir d’un seul verset biblique et soutenir que cela est <catégorique>, est anti-biblique. Car, l’auteur ici oublie ce par quoi la révélation est faite ! Et, ainsi, si nous suivons son interprétation, il faudrait dire que le Saint-Esprit ne connaît pas le Père ? Ce serait une erreur hallucinante ! L’exclusivisme dans lequel P. Ohlott est donc tombé le mène à professer des hérésies. Puisque, comme nous le savons, L’Esprit est Seigneur (2 Co III, 17). Et, de même que le Seigneur Jésus-Christ sonde les reins et les cœurs (Apoc. II, 23) et donc qu’Il est Dieu véritable (Jér. XVII, 10), de même, l’Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu : « Dieu nous les a révélées par l’Esprit. Car l’Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu. Lequel des hommes, en effet, connaît les choses de l’homme, si ce n’est l’esprit de l’homme qui est en lui ? De même, personne ne connaît les choses de Dieu, si ce n’est l’Esprit de Dieu… » (I Co. II, 10-11)

Nous voyons donc ici que notre interlocuteur se fourvoie totalement, oubliant ainsi Le Saint Esprit de Dieu. Puisque, s’il s’agit de connaissance dans l’Absolu, personne ne connaît Dieu, si ce n’est Dieu lui-même. Mais, s’il s’agit de la connaissance par révélation, il est évident que celle qui, en premier, fait l’expérience de la connaissance du Père, du Fils et de l’Esprit, dans le Nouveau Testament, c’est bel et bien la Vierge Marie, Mère de Dieu.

Ainsi donc, nous voyons que Marie est bel et bien « Mère de Dieu ». Seuls ceux qui n’ont rien compris de cette expression jouent les pourfendeurs, alors qu’ils feraient mieux de se renseigner sérieusement. Comment prétendre critiquer ce qu’on ignore ? La critique, à ce moment-là, devient obsolète, et sans aucun sens. Il serait préférable de mieux connaître la position adverse pour mieux la combattre. Ce qui évite les sophismes et les contradictions, sans faire fi des positions anti-bibliques de tout genre. A vouloir combattre la « Mère du Seigneur » comme l’appelle Elisabeth, on en vient à se contredire, et à contredire même l’Esprit qui est Dieu.

Abyssus abyssum invocat !

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