Saint Mercredi des Cendres et saint Carême!


Mercredi des Cendres

 « Convertissez-vous à moi de tout votre cœur, dans le jeûne, dans les larmes et dans les gémissements. » (Lecture du Prophète Joël. Chap. II., Epitre des cendres)

L’observance du Carême, disait le Pontife, est le lien de notre milice ; c’est par elle que nous nous distinguons des ennemis de la Croix de Jésus-Christ ; par elle que nous détournons les fléaux de la divine colère ; par elle que protégés du secours céleste durant le jour, nous nous fortifions contre les princes des ténèbres. Si cette observance vient à se relâcher, c’est au détriment de la gloire de Dieu, au déshonneur de la religion catholique, au péril des âmes chrétiennes ; et l’on ne doit pas douter que cette négligence ne devienne la source de malheurs pour les peuples, de désastres dans les affaires publiques et d’infortunes pour les particuliers !

Pape Benoît XIV, Constitution Non Ambigimus, du 27 mai 1741

(Deux) siècles se sont écoulés depuis ce solennel avertissement du Pontife, et le relâchement qu’il eût voulu ralentir est toujours allé croissant. Combien compte-t-on dans nos cités de chrétiens strictement fidèles à l’observance du Carême ? (…) Où nous conduira cette mollesse qui s’accroît sans fin, si ce n’est à l’abaissement universel des caractères et par là au renversement de la société ? Déjà les tristes prédictions de Benoît XIV ne sont que trop visiblement accomplies. Les nations chez lesquelles l’idée de l’expiation vient à s’éteindre défient la colère de Dieu ; et il ne reste bientôt plus pour elles d’autre sort que la dissolution ou la conquête. De pieux et courageux efforts ont été faits pour relever l’observation du Dimanche, au sein de nos populations asservies sous l’amour du gain et de la spéculation. Des succès inespérés sont venus couronner ces efforts ; qui sait si le bras du Seigneur levé pour nous frapper ne s’arrêtera pas, en présence d’un peuple qui commence à se ressouvenir de la maison de Dieu et de son culte ? Nous devons l’espérer ; mais cet espoir sera plus ferme encore, lorsque l’on verra les chrétiens de nos sociétés amollies et dégénérées rentrer, à l’exemple des Ninivites, dans la voie trop longtemps abandonnée de l’expiation et de la pénitence.

Dom Prosper Guéranger, Extrait de L’année liturgique, Historique du Carême, Paris 1889

Si nous comparons notre époque avec les temps anciens, la différence n’est point à notre avantage. Rome Païenne des premiers siècles de l’Eglise, Antioche toute partagée encore d’infidèles et de Juifs, subissaient, par la venue du carême, un changement plus sensible que celui qui se manifeste aujourd’hui au sein des sociétés chrétiennes. Le carême, parmi nousn a perdu son caractère public ; il n’est plus un évènement pour les masses, les habitudes et les moeurs en tiennent à peine compte ; le retour de cette époque sainte échapperait à l’attention du plus grand nombre, le nom même en serait ignoré, si les enfants du siècle, dont le ventre est l’idole, n’avaient fidèlement gardé dans leur calendrier l’indication de ces jours à demi-païens, durant lesquels, par un surcroît d’amusement et de sensualité, ils feignent de se dédommager de privations et d’abstinences que subissaient leurs pères et auxquelles ils ne participent plus. C’est ainsi que le souvenir du jeûne subsiste, protégé par les préludes de l’intempérance, et que les saturnales de la rue sauvent de l’oubli une institution dont l’origine remonte à Jésus-Christ et à ses apôtres.

 Laissons le grand nombre suivre la voie large de la perdition ; laissons-les se faire une religion de sensualisme et de volupté, garder les fêtes et mépriser les jeûnes, se ruer dans l’iniquité et rire de la pénitence, faire de la vie entière une grande partie de plaisir, et, pardonnez ce mot, un long carnaval  qui ne cède jamais la place au carême. Pour nous, soyons dociles à la voix de l’Eglise ; préoccupés de la grande affaire de notre Salut…

Cardinal Pie (1815-1880)

Le Psaume 69 et les frères du Seigneur


Vierge noire de Czéstochowa

Vierge noire de Czéstochowa

Dans les débats passionnants et passionnés qui opposent les Catholiques et Orthodoxes et les protestants, ou toute autre église d’essence chrétienne, la question de la virginité perpétuelle de la Vierge Marie revient sans cesse. Plusieurs arguments sont mis en avant pour ou contre. Et les discussions sont encore loin d’être closes. Ne voulant pas répéter ce que nous avions déjà fait sur ce site, à savoir, présenter les différents arguments qui laissent penser que la Vierge Marie est bel et bien restée vierge après l’enfantement, nous voulons revenir sur un argument qui a souvent été vu par les protestants eux-mêmes comme le meilleur argument en défaveur de la virginité perpétuelle de Marie, le Psaumes 69. Nous présenterons les raisons réfuter la thèse virginité perpétuelle telles qu’elles sont présentées par nos interlocuteurs, ensuite nous relèverons, pour notre part, pour quelle (s) raison (s) cet argument n’est pas aussi difficile à vaincre que le prétendent les Protestants.

L’argument se trouve dans les versets 9 et 10 du Psaumes, nous pouvons effectivement lire ce qui suit : « Je suis devenu un étranger pour mes frères, un inconnu pour les fils de ma mère. Car le zèle de ta maison me dévore, et les outrages de ceux qui t’insultent retombent sur moi. »

Il est une chose sur laquelle s’accorde Catholiques et Protestants : le Psaumes 69 est bel et bien un Psaume messianique, c’est-à-dire relatif au Messie et à sa venue. Si cela est vrai et incontestable, alors il faudra admettre que Le Messie a bel et bien des frères, qu’il nomme ici fils de ma mère. Ainsi, Le Seigneur avait bel et bien des frères. A l’appui de l’argumentation, les Protestants font correspondre le verset 10 du Psaume ( « Car le zèle de ta maison me dévore… » ) à L’Evangile de Saint 2, 17 ( « Ses disciples se souvinrent qu’il est écrit: Le zèle de ta maison me dévore » ). Et au verset 9 du Psaume ( « Je suis devenu un étranger pour mes frères, un inconnu pour les fils de ma mère… ») les Protestants font correspondre l’Évangile selon S. Jean 7, 5 ( « Même ses frères ne croyaient pas en lui… » ). Il est donc indéniable que Marie avait des frères et sœurs. Ils accumulent les exemples entre les citations, parallélismes entre le Psaume et le Nouveau Testament. Cf. v. 8 ==> S. Jean 7:3-5; verset 9 ==> S. Jean 2, 17 et Romains 15, 3; verset 21 ==> S. Matthieu 27, 34; verset 25 ==> S. Matthieu 23, 38.

Or, plus nous nous penchons sur cette argumentation aux allures implacables, plus nous nous rendrons compte qu’il y a bien un hic quelque part. Il ne crève pas les yeux, mais subsiste néanmoins. Relevons, avant toute chose, que, s’il est indéniable que le Psaume 69 est messianique, il faudrait faire attention à ne pas prétendre l’appliquer intégralement au Christ. En effet, si tel était le cas, on ferait dire au Christ les paroles du verset 6 ( par exemple ) qui suivent : « O Dieu, tu connais ma folie, et mes fautes ne te sont pas cachées. ». Ce dernier verset, il ne fait aucun doute autant pour les Protestants que les Catholiques, ne peut s’appliquer au Christ. Donc, il faut également avoir à l’esprit que le Psaume, certaines parties de lui s’appliquent clairement à David, puisque, ici, il parle de ses fautes, de ses péchés donc… Or, Le Christ na point commis de fautes. Deuxièmement, si vous considérez les parallélismes donnés plus-haut entre ce Psaume et le Nouveau Testament, vous constaterez que tout coïncide parfaitement ! à l’exception du verset 9 qui lui, nous intéresse. Ce verset qui, selon les Protestants, montre que Le Seigneur avait des frères de chair. Or, en fait, le verset 9 qui dit Je suis devenu un étranger pour mes frères, un inconnu pour les fils de ma mère, n’est absolument pas cité dans le Nouveau Testament ! En fait, il n’y a clairement AUCUNE allusion à ce verset dans le Nouveau Testament. Les Protestants recourent simplement à un subterfuge, en essayant d’appliquer le verset 9 du Psaume à S. Jean 7, 3-5. Ce qui est tout simplement une analogie forcée et, de surcroît fausse. Plusieurs autres allusions dans ce Psaume montrent que celui-ci ne peut intégralement s’appliquer au Christ, comme essayent maladroitement de le faire les partisans de la thèse selon laquelle la Vierge Marie aurait eu des fils et filles après l’enfantement du Seigneur.

Troisièmement enfin, l’application de verset à Jésus échoue, même si l’on veut bien considérer que ses frères ne croyaient pas en lui. Comme relevé, rien n’indique qu’il s’agit des frères de sang du Christ ; car le verset 9 n’est jamais cité dans le Nouveau Testament. Si, par souci d’objectivité, nous reconnaissons ( tout de même ) avec les Protestants que les frères de Jésus ne croyaient pas en Lui, alors il faut savoir de quels frères il s’agit. En effet, ce verset des fils de sa mère semble davantage s’appliquer à David, ou même encore, par extension, aux Juifs, qui ont refusé de croire en Lui ; c’est d’ailleurs sur ce thème que gravite l’Évangile selon S. Jean, d’après ce qui est écrit : « Il ( le Verbe) était dans le monde, et le monde par lui a été fait, et le monde ne l’a pas connu. Il vint chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu. » (S. Jean I, 10-11). Ajoutons à cela cet épisode :

Il trouva dans le Temple les vendeurs de bœufs, de brebis et de colombes et les changeurs assis. Se faisant un fouet de cordes, il les chassa tous du Temple, et les brebis et les bœufs ; il répandit la monnaie des changeurs et renversa leurs tables, et aux vendeurs de colombes il dit : « Enlevez cela d’ici. Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de commerce. » Ses disciples se rappelèrent qu’il est écrit : « Le zèle pour ta maison me dévorera. » [Ici, Psaumes 69, 10] Alors les Juifs prirent la parole et lui dirent : « Quel signe nous montres-tu pour agir ainsi ? ( S. Jean II, 14-18)

On remarque que, dans le cas où il faudra identifier le verset 9 du Psaume à un épisode, c’est bien ici. On voit que les disciples se souviennent du verset 10, à cause de l’incrédulité des Juifs… Donc, il convient mieux d’identifier les fils de ma mère aux Juifs… qu’à ses prétendus frères de sang. L’argumentation protestante qui avait des allures et un soubassement solides, est en fait sans valeur et ce, pour les raisons que nous venons d’énoncer, principalement à cause du fait que le verset 9 n’est jamais cité dans l’Évangile, si ce n’est de manière forcée et truquée par ceux qui refusent à la Vierge Marie une virginité perpétuelle.

Souviens-toi, Seigneur ! de l’opprobre de tes serviteurs, Souviens-toi que je porte en mon sein tous les peuples nombreux – Psaumes 89, 50.

Apparitions de Notre-dame de Lourdes


Notre-Dame de LourdesProclamée Immaculée dans sa Conception, le 8 décembre 1954, Marie ne devait pas tarder à montrer combien Elle agréait ce nouvel hommage de la sainte Église. Quatre ans plus tard, en 1858, elle daigna Se montrer, à dix-huit reprises, à une petite fille de Lourdes, bourgade des Pyrénées.

L’enfant, ignorante et candide, s’appelait Bernadette. La Vierge paraissait dans une grotte sauvage. Son visage était gracieux et vermeil; Elle était enveloppée dans les plis d’un long voile blanc; une ceinture bleue flottait autour d’Elle; sur chacun de Ses pieds brillait une rose épanouie. L’enfant regarda longtemps, étonnée et ravie; elle prit son chapelet et le récita pieusement. L’apparition lui ordonna de revenir.

La seizième fois, 25 mars, Bernadette supplia la vision de Se faire connaître. Alors, l’Être mystérieux, joignant les mains devant Sa poitrine, et revêtant une majesté toute divine, disparut en disant: « JE SUIS L’IMMACULÉE CONCEPTION! » C’était la Sainte Vierge, patronne de l’Église et de la France, qui venait appeler Son peuple à la prière et à la pénitence.

À partir de cette époque, la ville de Lourdes devenait immortelle. L’Apparition triompha de toutes les impiétés et de toutes les persécutions. Des foules immenses sont venues, selon le désir exprimé par l’Apparition, saluer la Vierge Immaculée dans Sa grotte bénie et dans les splendides sanctuaires érigés à Sa demande et en Son honneur, sur le flanc de la montagne.

De nombreux et éclatants miracles ont récompensé et récompensent toujours la foi des pieux pèlerins; et chaque jour ce grand mouvement catholique va croissant; c’est par centaines de mille, chaque année, que les dévôts de Marie affluent, à Lourdes, de toutes les parties du monde.

La piété catholique a multiplié les Histoires et les Notices de Notre-Dame de Lourdes; mille et mille cantiques de toutes langues ont été chantés au pied de la Grotte bénie; partout, en France et dans toutes les parties du monde, se sont multipliées les représentations de la Grotte de Lourdes et de sa basilique, les images et les statues de la Vierge Immaculée. Les féeriques processions aux flambeaux, les merveilleuses illuminations, les grandioses manifestations qui s’y renouvellent souvent, ont fait de Lourdes comme un coin du Paradis.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l’année, Tours, Mame, 1950

La Didachè ou Doctrine des Douze Apôtres


didachèLes premiers siècles de l’ère chrétienne ont été fructueux en littérature. Fructueux dans les deux sens : en orthodoxie comme en hétérodoxie. Le but n’étant pas dans ce travail – qui se veut d’être bref – de faire un procès de cette ère, encore moins de prétendre la présenter exhaustivement, nous aimerions simplement présenter un document qui, pour les premiers chrétiens et surtout les Pères de l’Eglise, avaient une importance qui n’était pas moindre. Ce document est la Didachè. Pour ce faire, nous présenterons notre travail en deux parties. La première s’intéressera rien de plus qu’au résumé de l’œuvre ; la seconde sera une contextualisation ; nous terminerons sur une conclusion incluant un certain nombre de questions que posent ce fameux texte.

1.     Résumé de la Didachè

En ce qui concerne la division du texte, quelques hypothèses ont été émises. Nous en retenons principalement deux. Celle de DROBNER[1] qui parle d’un texte divisé en cinq parties couvrant les seize chapitres. Les cinq parties seraient dans cette hypothèse : le comportement de la communauté quant à l’éthique (I-IV), la liturgie (VII-X), la façon de traiter les prophètes itinérants et les chrétiens vagabonds (XI-XIII), la vie communautaire (XIV-XV) et l’eschatologie (XVI). Une seconde hypothèse, celle BERTHOLD[2], plus générale et peut-être moins précise, divise les seize chapitres en trois parties : La morale chrétienne (I-VI), la liturgie (VII-X), la discipline (XI-XV), et une conclusion. Ne voulant point assumer une troisième division qui serait la nôtre, nous préférons nous rattacher à la seconde hypothèse. Après cet aperçu, nous nous engageons à résumer plus précisément le contenu du document.

La Didachè s’ouvre sur une doctrine : la doctrine des deux voies : la voie de la vie et celle de la mort. Du chapitre premier au quatrième, il est expliqué en quoi consiste le chemin de la vie. En lisant avec attention ces quatre premiers chapitres, il ressort avec évidence que le texte dénote une influence judéo-chrétienne. Les sentences rappellent vivement le Sermon sur la montagne (Mt 5-7). C’est ainsi que nous pouvons lire : « tu aimeras le Dieu qui t’a créé, en second ton prochain comme toi-même.. », « Bénissez ceux qui vous maudissent et priez pour ceux qui vous haïssent… », etc. Le chapitre deuxième s’ouvre avec le second commandement qui en fait est une suite de restrictions à ne pas violer si l’on veut rester sur la voie de la vie : « tu ne tueras pas », « tu ne commettras pas d’adultère »…; la condamnation de l’avortement y est on ne plus explicite : « tu ne tueras pas d’enfants par avortement ou après la naissance ». Le chapitre troisième quant à lui ressemble plus à une exhortation, une prière à ne point commettre le mal. Une exhortation articulée par l’anaphore « Mon enfant », en début de chaque phrase. Il s’agit en effet de conseils qui permettraient d’éviter les meurtres, les adultères, l’idolâtrie. Les chapitres cinq et six s’attardent sur l’autre voie : celle de la mort.

La seconde partie de la Didachè concerne la liturgie – présente dès le chapitre septième qui s’ouvre avec le Baptême. Ce « rite » doit être fait au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit (ce qui nous rappelle la finale de l’Evangile selon saint Matthieu). Il est conseillé de jeûner avant le baptême (et pour le baptisant et pour le baptisé). Le chapitre huitième concerne le jeûne et la prière. Il est conseillé de jeûner le mercredi et le jour de la préparation du Sabbat. La prière est celle laissée par le Seigneur : le Pater. Le chapitre neuvième est un témoin de la présence de l’Eucharistie dès les premiers siècles. Des instructions précises (et une prière de remerciement est exigée (chapitre dix)) sont données que ce soit pour le vin ou le pain. La restriction veut que seuls les baptisés au Nom du Seigneur partagent l’Eucharistie.

Du chapitre XI au chapitre XV, nous avons affaire à une partie disciplinaire. Une invitation à se méfier de tous ceux qui oseraient dire le contraire de ce qui est dit dans les chapitres précédents. On doit se réunir le jour dominical pour rompre le pain – après avoir confesser ses péchés ! Le chapitre seize est une conclusion et une invitation à veiller, à être vigilant contre les faux prophètes, en attendant le retour du Seigneur. Ce chapitre traite en fait de l’eschatologie et se clôt donc ainsi : « Alors le monde verra le Seigneur venant sur les nuées du ciel ».

2.     Contextualisation

La Didachè, aussi connue sous le titre d’« Enseignement du Seigneur aux nations par les douze apôtres » était un texte considérable dans les premiers siècles. A ce propos, DROBNER souligne que la Tradition apostolique « représente, après la Didachè, le plus important témoignage sur la vie communautaire et la liturgie de l’Eglise antique[3] ». Toutefois, le contenu exact de ce texte est resté un mystère car il n’était connu que par les références faites par les Pères de l’Eglise, jusqu’à ce qu’il soit découvert à Constantinople au XIXe siècle, plus précisément en 1873 par Philotheos Bryennios. D’autres sources indiquent cependant que la découverte eut lieu en 1875[4]. Cependant, cette précision importe peu contrairement à trois questions primordiales qu’on pourrait se poser concernant le document que nous traitons : qui en est l’auteur ? De quelle région provient-il ? Et, finalement, à quelle époque le situer ? Est-il contemporain aux Evangiles ? Si oui, pourquoi ne figure-t-il pas dans le canon biblique ? Pour répondre à la première question, deux principales hypothèses nous sont connues. En 1933, A. Milavec soutenait l’unité stricte du texte alors que S. Giet avait argumenté, en 1970, pour une multiplicité de textes réunis en un seul recueil. De nos jours, il semble admis qu’il s’agit en fait d’un seul auteur qui aurait rassemblé plusieurs textes.

Quant à savoir d’où et quand provient le texte, il faut signaler qu’on a longtemps pensé que, la plupart des témoins de la Didachè étant d’origine égyptienne, le texte provenait de cette région. Mais, il semble certain qu’il provient plutôt de Syrie occidentale[5]. D’ailleurs, on a souvent observé que l’allusion à 7, 2 : « Mais, si tu n’as pas d’eau vive, baptise dans une autre eau; si tu ne peux pas (baptiser) dans l’eau froide, que ce soit dans l’eau chaude. Si tu n’as ni l’une ni l’autre (en quantité suffisante), verse trois fois de l’eau sur la tête au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. » semble mal s’adapter à l’Egypte. Pour ce qui est de la datation, RORDORF[6] nous avertit qu’après la découverte du texte, la relation entre Didachè 1-5/16 et Epitre de Barnabé (18-20) qui présente la doctrine des deux voies, on donnait la datation au IIe siècle. Cependant, depuis la découverte des manuscrits de la Mer morte (Qumrân), il y a un consensus selon lequel le texte date du premier siècle, et peut-être même de la première moitié du premier siècle. Il s’agirait là, d’après ces informations, d’un texte contemporain aux premiers textes néotestamentaires qu’on doit à l’apôtre Paul. S’il est donc vrai que ce texte date de la première moitié du premier siècle, pour quelle(s) raison(s) ne figure-t-il pas dans le canon biblique ? On ne serait vraiment élucider ce « mystère ». Tout ce que nous savons repose sur le fait qu’Eusèbe de Césarée[7] (Hist., 3, 25, 4) range la Didachè parmi les apocryphes et ce nonobstant le fait que cet écrit avait servi de modèle à d’autres écrits liturgiques et juridiques dans l’Antiquité.

En définitive, vu la brièveté de notre travail, de tels points ne peuvent pas être plus approfondis. Ainsi, nous nous sommes limité à l’essentiel. Notre but n’a pas été d’être le plus exhaustif possible, mais simplement de présenter un texte qui eut dans l’Antiquité une portée majeure, mais aussi de susciter un certain intérêt sur la Didachè, et peut-être sur cette époque florissante du Christianisme.

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  • [1] DROBNER R. Hubertus, Les Pères de l’Eglise. Sept siècles de littérature chrétienne, trad. FEISTHAUER Joseph, Desclée, Tournai, 1999, p. 65.
  • [2] BERTHOLD Altaner, Précis de Patrologie, adapté par H. Chirat, Salvator Mulhouse, Paris, 1961, p. 89-93.
  • [3] DROBNER R. Hubertus, op., cit., p. 121.
  • [4] BERTHOLD Altaner, op., cit., p. 89.
  • [5] RORDORF Willy, « La Didachè », in : POUDERON Bernard (dir.), Histoire de la littérature grecque chrétienne. De Paul apôtre à Irénée de Lyon. T. 2. Sous la responsabilité de Bernard Pouderon et Enrico Norelli. Coll. « Initiation aux Pères de l’Eglise », Cerf, paris, 2013, p. 507.
  • [6] Ibid., p. 506.
  • [7] EUSEBE DE CESAREE, Histoire 3 25, 4, cité in BERTHOLD Altaner, op. cit. p. 90.

2 février: Présentation de l’Enfant Jésus au Temple


La fête de ce jour a un double objet, célébrer la Purification de Marie et la Présentation de Jésus au Temple selon la loi de Moïse. Cette loi fixait le temps où les mères devaient se présenter avec leurs nouveau-nés devant les autels, et elle exigeait une offrande pour le rachat des enfants mâles. Ni Marie, toute pure dans sa maternité, ni Jésus, Fils de Dieu, n’étaient obligés à cette cérémonie; cependant par humilité, et pour donner aux hommes un éclatant exemple d’obéissance aux lois divines, Marie, accompagnée de Joseph et portant Jésus en Ses bras, Se rendit au Temple de Jérusalem.

La fête chrétienne qui nous conserve le souvenir de cette cérémonie porte, dans le langage populaire, le nom de la Chandeleur, à cause de la procession qui se fait ce jour-là dans nos églises avec des cierges allumés.

Les cierges symbolisent Notre-Seigneur Jésus-Christ, Lumière du monde; la procession représente le passage de la sainte Famille dans le Temple et la rencontre des deux vieillards Siméon et Anne. Saint Anselme, développant ce mystère, nous dit qu’il y a trois choses à considérer dans le cierge: la cire, la mèche et la flamme. La cire, ouvrage de l’abeille virginale, est la Chair du Christ; la mèche, qui est intérieure, est Son Âme; la flamme, qui brille en la partie supérieure est Sa Divinité.

La procession de la Chandeleur nous apparaît comme la marche du peuple chrétien à la lumière du Christ, figuré par les cierges que porte le clergé, la portion choisie de l’Église, comme Jésus même était porté entre les bras de Marie, entre ceux du saint vieillard Siméon et du pontife qui L’offrit au Seigneur.

Les cierges de la Chandeleur sont bénits avec une solennité toute particulière et avec l’emploi des prières les plus touchantes. Conservés dans la maison des chrétiens, ils sont un gage de la protection divine. Il est dans l’esprit de l’Église d’allumer les cierges de la Chandeleur pour repousser les esprits de ténèbres, dans les dangers corporels et spirituels, au lit des mourants, pour éloigner d’eux l’ennemi des hommes, qui fait alors son suprême effort afin d’arracher les âmes à Dieu. C’est bien alors surtout, en effet, que l’homme a besoin du recours du Rédempteur, vraie lumière des âmes, pour illuminer les derniers instants de sa vie.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l’année, Tours, Mame, 1950

La Sainte Epiphanie


+++Yesus Kristus azu+++:

Article légèrement modifié depuis sa première publication. Concernant la sainte Epiphanie du Seigneur, nous pouvons apprendre, par l’intermédiaire des Mages, que la connaissance de Dieu, pour venir à Dieu, il faut contempler Sa création, Son oeuvre. Celle-ci ne nous mène pas cependant, simplement à Lui, il faut la Révélation qui vienne couronner la Raison. Lisez le cours commentaire biblique… mais aussi, quelques pistes d’interprétations sur le sens que revêt l’encens, l’or et la myrrhe offerts au Seigneur.

Originally posted on +†+Yesus Kristus azu+†+:

Jésus étant né à Bethléem de Judée, au temps du roi Hérode, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem en disant : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu, en effet, son astre à son lever et sommes venus lui rendre hommage. » L’ayant appris, le roi Hérode s’émut, et tout Jérusalem avec lui. Il assembla tous les grands prêtres avec les scribes du peuple, et il s’enquérait auprès d’eux du lieu où devait naître le Christ. « A Bethléem de Judée, lui dirent-ils ; ainsi, en effet, est-il écrit par le prophète : Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es nullement le moindre des clans de Juda ; car de toi sortira un chef qui sera pasteur de mon peuple Israël. » Alors Hérode manda secrètement les mages, se fit préciser par eux le temps de l’apparition de l’astre, et les envoya…

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Bonne et sainte année 2015 !


Chers fidèles lecteurs et lectrices, la rédaction vous souhaite une sainte et heureuse année 2015, dans le Seigneur. Elle vous remercie pour votre fidélité. L’année précédente a été une grande année pour notre site, que nous nous efforçons d’alimenter, de manière récurrente, d’articles. Nous espérons que ceux-ci vous sont nécessaires, soit pour agrandir votre Foi, soit pour ceux qui en sont déjà profondément convaincus, de la confirmer. Nous espérons également que ceux qui, nonobstant le fait qu’ils ne partagent pas la même vision des choses que nous, trouvent certaines réponses sur notre site, ou du moins, que certains articles sur ce site les poussent également à la réflexion… Comme nous le disions précédemment, 2014 fut une grande année, le nombre de visiteurs et de visites d’articles a triplé par rapport à l’année précédente : ce qui est plutôt encourageant pour un site n’ayant que deux années et demi d’existence. Nous constatons également que notre site est partagé que ce soit sur plusieurs forums, ou sur des sites mondialement reconnus… et qu’en fait, ceux qui contestent la Foi catholique, peut-être par faute de l’avoir mal comprise, sont souvent renvoyés, par d’autres lecteurs, sur notre site. Tant mieux, dirons-nous.

Ce qui reste cependant primordial pour tout visiteur, qu’il soit catholique ou protestant, et autre… c’est la Réconciliation avec Dieu. Pour le catholique, en début d’année, comme celle-ci, nous pensons effectivement que le Sacrement de la Réconciliation, la Confession donc, est recommandée. Certains peuvent le faire en début d’année, d’autres l’ont peut-être fait en fin d’année 2014. Afin d’être toujours prêts à accueillir Le Seigneur… Avant de conclure, nous vous demanderons de prier pour nous, comme nous prierons pour vous ! Car, comme vous le savez, nous devons toujours travailler notre Foi (Philippiens II, 12). Enfin, nous remercions ceux qui, de près ou de loin, nous suivent… même ceux qui n’adhèrent pas à notre vision de la Foi – catholique. Bonne et heureuse année à tous ! Soyeux toujours joyeux (I Thessaloniciens V, 16).

Les articles suivants ont été les plus vus, les plus visités, pendant l’année 2014 :

1. Les catholiques sont-ils idolâtres?

2. Le Christ est-il une ‘copie’ du dieu Horus?

3. Réfutation des mensonges historiques sur le Catholicisme

4. Réfutation d’un hoax concernant le pape François

5. Le Purgatoire… où est-ce dans la Bible?

6. Le pape, est-ce la bête 666?

7. Babylone la grande, est-ce l’Eglise catholique?

8. ‘Tout’ sur le Culte marial

9. Interdiction de lire la Bible? – Réfutation

10. De quand date l’Eglise Catholique?

Soyez bénis. Et que Le Seigneur, Maître Infini, nous conduise sur le Chemin du Salut éternel !

La rédaction, qui vous aime !

La Circoncision, preuve de la divinité de la Bible!


Le 1er janvier, en plus d’être le premier jour de l’année, est aussi la fête de la Circoncision du Christ. La Circoncision apporte une preuve scientifique de la divinité de la Bible: dans le chapitre XVII de la Genèse, Dieu ordonne la Circoncision des garçons d’Israël, et Il demande qu’elle se fasse spécifiquement le huitième jour; et le fait est que récemment, les scientifiques ont découvert que c’est la huitième jour après la naissance que que la Vitamine K, indispensable à la coagulation du sang est la plus présente dans le corps, c’est donc ce jour là que le risque d’hémorragie est le moins élevé: chose qu’il était impossible de savoir humainement, c’est donc une preuve que Dieu existe et que la Sainte Bible est vraiment Sa Parole…

La redaction

Saint Augustin et la fondation de l’Eglise sur Saint Pierre


Démonstration de toute la doctrine catholique sur saint Pierre et la papauté: ici.
Pour contrer la Papauté, certains non-catholiques citent Saint Augustin (354 – 430), le célèbre évêque d’Hippone, vu comme Docteur de l’Église par les Catholiques, que le Pape Léon XIII déclara, d’accord avec toute la Tradition et l’enseignement catholique, après avoir mis en valeur les talents de chacun des Pères de l’Eglise, qu’«entre tous, la palme semble revenir à St. Augustin» (Encyclique Aeterni Patris, 4 août 1879).  L’évêque d’Hippone fut donc le plus grand des Pères de l’Église et cependant, certains de ses propos semblent s’opposer à l’enseignement de l’Église catholique sur saint Pierre!

Les ennemis de la papauté affirme cela de la manière qui suit:

Saint Augustin nie clairement que le Christ ait fondé son Eglise sur Pierre quand il dit que Pierre aurait été une pierre bien chancelante, du moment qu’il a renié le Christ trois fois. Dans son ouvrage Contre la lettre de l’hérétique Donat, il démontre que Petrus n’est pas petra (Pierre n’est pas la pierre) : « Il ne lui a pas été dit en effet : tu es petra, mais : Tu es Petrus. Or la petra était le Christ (I Cor 10 : 4) qu’a confessé Simon, comme toute l’Eglise le confesse : il a été dit Petrus ». Ainsi, si le Christ avait voulu dire qu’il fondait son Eglise sur Pierre, il aurait dit : « Tu es Pierre, et sur toi je fonde mon Eglise ». Dans son Sermon 76,1, sur la «Nécessite de l’humilité» Augustin précise sa pensée sur ce point : « Car la pierre est le Christ, et Pierre est le peuple chrétien. ‘Tu es’, dit-il, ‘Pierre’, et sur cette pierre que tu as reconnue en disant ‘Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant’, je construirai mon Eglise. Je te construirai sur Moi, et non Moi sur toi. » Ainsi, « cette pierre » signifie ce qui vient d’être dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ».

Cela découle d’une connaissance profondément lacunaire de St Augustin. La réalité est qu’aucun de ces propos ne s’oppose en à la papauté mais encore pour le comprendre faut-il  bien comprendre la réelle signification de tout cela et ce qu’a dit St Augustin par ailleurs  au sujet de Pierre et de Rome.

Tout d’abord, voici une démonstration biblique qu’il n’y a pas d’opposition entre le fait que le Christ soit le fondement et celui que Pierre soit aussi appelé fondement:

1 Corinthiens 3:11 – «Car personne ne peut poser un autre fondement que celui qui a été posé, savoir Jésus-Christ.

Ceux qui soulèvent cette objection ne réalisent pas que la Bible parle de tous les Apôtres comme étant des fondements.

Apocalypse 21:14 – «La muraille de la ville avait douze fondements, et sur eux les douze noms des douze apôtres de l’agneau.

Y a t-il une contradiction entre Apoc 21:14 et 1 Cor 3:11 ? Non, bien sûr que non. Le fait que le Christ soit l’unique fondement, comme 1 Corinthiens 3:11 enseigne, signifie simplement que tout vient du Christ. Toute vraie autorité dans l’Eglise doit venir du Christ parce que l’Eglise elle-même vient du Christ. Tout ce qui est en dehors du Christ, est un faux fondement.

L’autorité de Pierre vient précisément de Jésus-Christ, comme Matthieu 16 le montre. Il est bien évident, par conséquent, que si Jésus est Celui qui a établi ces choses en Pierre, alors ce qui est instauré en Pierre, n’est pas une fondement autre que le Christ. C’est le fondement même du Christ.

Ainsi, le fait que le Christ soit le fondement ou la pierre angulaire, comme nous le lisons dans Ephésiens 2:20, ne signifie pas que le Christ Lui-même n’ait pas pu ou n’ait pas établi un apôtre avec une fonction perpétuelle qui soit la pierre sur laquelle l’Eglise sera construite. Les deux concepts ne sont pas mutuellement exclusifs. Par exemple: Jésus est le Bon [Pasteur) (Jean 10:14), Il ne donne la responsabilité de paître toutes Ses brebis qu’à Pierre, comme nous le verrons dans Jean 21:15-17. 

Passons maintenant à ce qu’a vraiment voulu dire Augustin:

Augustin

S. Augustin, Père et Docteur de l’Eglise Catholique !

En premier lieu, lorsqu’on se sert de citations, il faut prendre la peine de reproduire le texte de l’auteur, et non les commentaires adjacents, cela vous évitera bien des erreurs grossières d’interprétation. Ainsi lisez attentivement ce Sermon 76 de saint Augustin qui porte sur la « Nécessité de l’humilité » et invite chacun à savoir distinguer ce qui vient de Dieu et ce qui vient de nous (le passage sur saint Paul est significatif : « dans sa faiblesse Paul a dit: «Je ne suis pas digne du nom d’Apôtre, puisque j’ai persécuté l’Église de Dieu»), et par écho montre, ce qui est parfaitement exact sur le plan spirituel, que c’est le Christ qui fonde l’Eglise et non saint Pierre, et vous y découvrirez ceci, sous sa plume : « Pierre représente l’Église et il est le Chef de l’Apostolat. » (SERMON LXXVI. NÉCESSITÉ DE L’HUMILITÉ in Oeuvres complètes, tome VIème, Bar-Le-Duc, 1866, p. 1-605)

Donc saint Augustin affirma au contraire, plus que quiconque, la réalité de cette fondation par le Christ de l’Eglise sur saint Pierre et sa fonction de « Chef de l’apostolat », c’est-à-dire le Chef des Apôtres, ce que signifie le titre de « Pape ».

Voyons églament un autre passage de saint Augustin : « Pierre reçoit la charge de paître le troupeau de l’Église: « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église. » Saint Paul devient l’apôtre des païens. Pour le Maître, Pierre mourra crucifié et Paul décapité. Solennité des saints apôtres Pierre et Paul. Simon, fils de Yonas et frère d’André, fut le premier parmi les disciples de Jésus à confesser le Christ, Fils du Dieu vivant, et Jésus lui donna le nom de Pierre. Paul, Apôtre des nations, annonça aux Juifs et aux Grecs le Christ crucifié. Tous deux annoncèrent l’Évangile du Christ avec foi et amour et subirent le martyre sous l’empereur Néron; le premier, comme le rapporte la tradition, fut crucifié la tête en bas et inhumé au Vatican, près de la voie Triomphale, en 64; le second eut la tête tranchée et fut enseveli sur la voie d’Ostie, en 67. Le monde entier célèbre en ce jour le triomphe de l’un et de l’autre avec un honneur égal et une même vénération. » (Saint Augustin – Sermon pour la fête des saints Pierre et Paul).

Enfin, plus encore, dans un Sermon portant sur « la chaire de saint Pierre », que nous vous invitons à lire avec soin et vigilante attention, saint augustin insiste sur l’autorité de saint Pierre :

« La sainte Eglise célèbre aujourd’hui, avec une pieuse dévotion, l’établissement de la première chaire de l’apôtre saint Pierre. Remarquez-le bien, la foi doit trouver place en nos âmes avant la science ; car les points de foi catholique proposés à notre respect, loin d’être inutiles pour nous, sont, au contraire, et toujours, et pour tous, féconds en fruits de salut. Le Christ a donné à Pierre les clefs du royaume des cieux, le pouvoir divin de lier et de délier; mais l’Apôtre n’a reçu en sa personne un privilège si étonnant et si personnel, que pour le transmettre d’une manière générale, et en vertu de son autorité, à l’Eglise de Dieu. Aussi avons-nous raison de regarder le jour où il a reçu de la bouche même du Christ sa mission apostolique ou épiscopale, comme celui où la chaire lui a été confiée; de plus, cette chaire est une chaire non de pestilence, mais de saine doctrine. Celui qui s’y trouve assis, appelle à la foi les futurs croyants; il rend la santé aux malades, donne des préceptes à ceux qui n’en connaissent pas et impose aux fidèles une règle de vie; l’enseignement tombé du haut de cette chaire, de notre Eglise, c’est-à-dire de l’Eglise catholique, nous le connaissons, nous y puisons notre joie; c’est l’objet de notre croyance et de notre profession de foi; c’est sur cette chair qu’après avoir pris des poissons, le bienheureux Pierre est monté pour prendre des hommes et les sauver. »

(S. Augustin, Sermon sur la Souveraine autorité de la chaire de saint Pierre).

Il se prononça aussi catégoriquement pour affirmer l’indéfectibilité de la foi de Pierre en faisant une interprétation très pertinente de Luc XXII, 32.

« Si, défendant le libre arbitre non selon la grâce de Dieu, mais contre elle, tu dis qu’il appartient au libre arbitre de persévérer ou de ne pas persévérer dans le bien, et que si l’on y persévère, ce n’est pas par un don de Dieu, mais par un effort de la volonté humaine, que machineras-tu pour répondre à ces paroles du Maître: «J’ai prié pour toi, Pierre, afin que ta foi ne défaille pas»?  Oseras-tu dire que malgré la prière du Christ pour que la foi de Pierre ne défaille pas, cette foi eût défailli néanmoins, si Pierre avait voulu qu’elle défaillît, c’est-à-dire s’il n’avait pas voulu persévérer jusqu’à la fin?  Comme si Pierre eût pu vouloir autre chose que ce que le Christ demandait pour lui qu’il voulût!  Qui ignore que la foi de Pierre devait périr, si sa propre volonté, la volonté par laquelle il était fidèle, défaillait, et qu’elle devait demeurer jusqu’au bout, si sa volonté restait ferme?  Mais puisque la volonté est préparée  par le Seigneur, la prière du Christ pour lui ne pouvait être vaine. Quand il a prié pour que sa foi ne défaille pas, qu’a-t-il demandé en définitive, sinon qu’il ait une volonté de croire à la fois parfaitement libre, ferme, invincible et persévérante?  Voilà comment on défend la liberté de la volonté, selon la grâce, et non contre elle.  Car ce n’est pas par sa liberté que la volonté humaine acquiert la grâce, mais plutôt par la grâce qu’elle acquiert sa liberté, et pour persévérer, elle reçoit, en outre, de la grâce le don d’une stabilité délectable et d’une force invincible » (De la correction et de la grâce, livre VIII, ch. 17).

Tout ce qu’Augustin affirme au sujet de Saint Pierre, il l’affirme de la même manière des évêques de Rome, en atteste sa Lettre LIII adressée à Generosus écrite en 400 (consultable ici). Générosus était un catholique de Constantine, honoré de l’amitié de saint Augustin. Un prêtre donatiste lui ayant adressé une lettre en faveur du schisme et où il se vantait d’avoir reçu les communications d’un ange, Générosus envoya cette lettre à saint Augustin; notre saint, tant en son nom qu’au nom de ses vénérables collègues, écrivit la réponse suivante, moins pour éclairer Générosus dont la piété lui était connue, que pour rappeler les faits et les témoignages des Ecritures au prêtre égaré. Dans cette lettre, Augustin prit l’exemple de la succession des évêques de Rome et d’aucune autre Église pour prouver que les donatistes étaient dans l’erreur: il dressa la liste des trente-neuf évêques de Rome depuis saint Pierre jusqu’à Anastase (le pape de l’époque) et affirma d’une part qu’aucun d’entre eux n’avaient tenue la doctrine donatiste et d’autre part que cela prouvait la fausseté du donatisme car ils enseignent la vérité en raison de la promesse faite à Saint Pierre par le Christ en Matthieu XVI, 18:

« S’il faut considérer la succession des évêques, avec quelle certitude plus grande encore, et quelle incontestable utilité nous établirons la succession des évêques de Rome depuis Pierre, à qui le Seigneur a dit comme à la figure de toute l’Eglise : « Je bâtirai sur cette pierre mon Eglise, et les portes des enfers ne prévaudront pas contre elle [Matthieu XVI, 18]! » A Pierre a succédé Lin; à Lin, Clément; à Clément, Anaclet ; à Anaclet, Evariste ; à Evariste, Alexandre; à Alexandre, Sixte; à Sixte, Télesphore ; à Télesphore, Igin; à Igin, Anicet; à Anicet, Pie; à Pie, Soter ; à Soter, . Eleuthère ; à Eleuthère, Victor; à Victor, Zéphirin; à Zéphirin, Callixte; à Callixte, Urbain; à Urbain, Pontiali; à Pontian, Anthère; à Anthère, Fabian ; à Fabian, Corneille; à Corneille, Luce; à Luce, Etienne ; à Etienne, Xyste ; à Xyste, Denis; à Denis, Félix; à Félix, Eutychien ; à Eutychien, Gaïus ; à Gaïus, Marcellin; à Marcellin, Marcel; à Marcel, Eusèbe ; à Eusèbe, Miltiade ; à Miltiade, Sylvestre; à Sylvestre, Marc; à Marc, Jules; à Jules, Libère; à Libère, Damase ; à Damase, Sirice ; à Sirice, Anastase. Dans cet ordre de succession on ne trouve aucun évêque donatiste; mais en revanche les gens de ce parti en ont envoyé un à Rome, ordonné en Afrique, pour être placé à la tête d’un petit nombre d’Africains appelés montagnards ou cutzupites. » (Lettre à Generosus 2)

Notons pour finir que le célébrissime adage Catholique « Roma locuta, causa finira est » : « Rome a parlé, la cause est entendue » est à l’origine une phrase de saint Augustin!

Nous pouvons et devons donc conclure que saint Augustin croyait que le Christ a fondé son Église sur Saint Pierre, mais encore qu’il croyait à la primauté romaine fondée sur la succession de Saint Pierre.

L’Inquisition et ses millions de victimes


« Quand un chef accueille des rapports mensongers, tous ses serviteurs sont mauvais » (Proverbes XXIX, 12)

S’il est un lieu où s’accouplent mauvaise foi, crasse ignorance, fourberie, mensonge, amateurisme, sottise, baliverne, paresse, apathie, infamie,… c’est bien l’Histoire, et plus spécialement les sujets en lien avec l’Eglise catholique. C’est dans esprit de mensonge, d’esclavagisme intellectuel, de honte que ploient tous ceux qui, n’ayant aucune connaissance sur l’inquisition – c’est à peine s’ils sont capables de donner une définition –, prétendent, par on ne sait quel miracle, expliquer, donner des faits sur cette période historique. Jamais en effet le mensonge n’a été autant adulé, vénéré ; jamais les textes prétendus scientifiques basés sur de pseudo-preuves de la cruauté dégradante de l’Eglise catholique n’ont été aussi pitoyables, emplis d’une impéritie déplorable. C’est ainsi que, voulant prouver la « cruauté sanglante » de l’Eglise Catholique, une institution « ivre de sang », on a avancé des chiffres sur le nombre victimes sur l’inquisition.

Dans cet article, qui ne s’adressent aucunement aux personnes de mauvaise foi, mais aux personnes recherchant vraiment la Vérité, et de bonne foi – car, nous espérons qu’il en existe encore, à côté de ceux que le mensonge a déjà dévoré l’âme, nous voulons démasquer tous ces faussaires qui prétendent connaitre le nombre de victimes, qui fantasment et qui se basent sur des ouï dires vomis par leurs gourous pour traîner dans la boue l’Eglise Catholique. Sans plus s’appesantir, venons-en au sujet.

Hubertus Mynarek (né en 1929) est un ancien professeur catholique de théologie et ancien doyen de la faculté catholique-romaine de l’université de Vienne. Dans son œuvre, Die neue Inquisition, il écrit : « La brutalité et la cruauté sadique de cette guerre d’extermination menée par les papes avec leurs inquisiteurs contre «les sorcières» dépassent tout ce que l’on peut imaginer. On estime à environ trois millions les victimes, surtout des femmes, qui furent ainsi bestialement assassinées… »

Dans ce documentaire, où les auteurs semblent jouer à la victimisation, on affirme qu’entre 1203 et 1805, il y eut 50’000’000 de chrétiens qui périrent sous l’inquisition romaine, et ces chrétiens sont morts car ils croyaient en Christ seul… (entre 1min40 et 1min 50 ; mais aussi entre 4min05 et 4min10, l’auteur parle de 50’millions de victimes). Morts à cause de leur foi, en Christ – sous entendu que Rome n’avait pas la foi, évidemment. Ce à quoi on pourrait déjà rétorquer : et les nombreux massacres des Protestants sur leurs frères catholiques, faut-il les prendre en compte (mais, nous ne attardons pas sur cela) ? On y affirme que ces chrétiens furent tués en Europe, et surtout en Espagne ! 50’000’000 de victimes ! Gardons-le à l’esprit ! Nous y reviendrons.

Dans Catholicism & Christianity, Jimmy Swaggart, un télévangéliste américain , affirme : “The Roman-Catholic church murdered some twenty millions persons during the existence of the Inquisition”. Vingt millions de morts, nous voilà donc rassurés… L’Inquisition fait déjà partie des pires crimes de l’Humanité…

L'inquisition, c'était bien pire que Hiroshima, Nagasaki, le goulag...

L’inquisition, c’était bien pire que Hiroshima, Nagasaki, le goulag…

Dans The babylon Mystery revealed, un livre fondamentaliste, on clame que l’inquisition a fait 95’000’000 de morts ! Nous sommes ici, il faut se l’avouer, à l’apothéose. C’est le chiffre le plus élevé que nous avons pu trouver. Cependant, certains postulent un nombre de morts plus limité (il ne faut tout de même pas en abuser, se sont-ils sûrement dits), en parlant d’un nombre de victimes de 6 millions… Mais, pour accroître la virulence envers l’Eglise catholique et sa cruauté, il faut toujours parler de millions, jamais en dessous du million. Ceux qui, pour des raisons barbares oseraient estimer le nombre de morts en dessous du million sont de mauvaise foi. La vérité est devenue mensonge, le mensonge est devenu vérité. Qu’autant de personnes ploient sous le joug d’une telle ignorance, se faisant ainsi coupable de mensonges, est désolant. Il aurait pourtant fallu faire une simple recherche, pour se convaincre que tous ces chiffres sont de pures fantasmagories ! 6 millions, 20 millions, 30 millions, 50 millions, 95 millions… de victimes, que retenir ?  etc. Ces mensonges valent-ils la peine qu’on y prêtre attention ? Oui ! Nous allons voir, quels sont les vrais chiffres, bien que cela soit difficile, à cause notamment de ces trucages qui ont été faits au cours de l’Histoire. Une chose demeure certaine cependant : devant un examen sérieux, le mensonge infâme s’écroulera toujours. La Vérité l’emporte à la fin ! Un mensonge, bien que moult fois répété, ne changera JAMAIS de substance, ne se transformera JAMAIS en Vérité, car il restera mensonge ad vitam aeternam, et sera, peu importe le temps, les circonstances, toujours vaincu par le VRAI !

Admettons les 95 millions de victimes. Cela nous permet de déduire que l’Inquisition a fait plus de victimes que les deux guerres mondiales ! Relativisons tout de même, puisque l’Inquisition s’est étendue sur des siècles, et les guerres mondiales, sur quelques années seulement. Donc, en fait, l’Inquisition avec ce nombre de victimes, est bien plus cruel que le goulag, les bombardements de Dresde et Hambourg, sans oublier Hiroshima et Nagasaki… 50 millions de victimes, là encore, il y a une équivalence avec la seconde guerre mondiale… Et, de fait, nous plaçons, grâce à ces chiffres, l’Inquisition sous l’égide d’un des plus grands crimes contre l’Humanité : sans doute le pire ; pire que le premier conflit mondial, le second conflit mondial, pire que la traite des Noirs, etc. Ainsi, nous voici donc fixés. Sauf que… jusque-là, nous étions dans la fantasmagorie. A présent donc, venons-en aux faits réels.

Lorsque Jimmy Steward (dans Catholicism & christianity), dont nous avons parlé précédemment, soutient que l’inquisition a fait vingt millions de morts ( «The Roman-Catholic church murdered some twenty millions persons during the existence of the Inquisition. »), il nous paraît une importance cruciale de signaler que ce livre a été réfuté par deux auteurs catholiques. La première réfutation est du père Kenneth J. Roberts qui écrivit Father Roberts answers Jimmy Swaggart.

Catholicism and Fondamentalism

Catholicism and Fondamentalism

La seconde réfutation nous vient Karl KEATING intitulé Catholicism and Fundamentalism: The Attack on « Romanism » by « Bible Christians ». Puisque l’auteur évangélique ne se limitait pas à fantasmer sur le nombre de morts sous l’inquisition, mais prétendait également expliquer les dogmes de Foi catholique, la réponse de Karl Keating est aussi une vraie défense de la Foi catholique, c’est une œuvre fortement recommandé. Sur Amazon, un internaute souligne qu’il s’agit « du meilleur livre de défense de la foi catholique qu’il n’a jamais lu », et même des éloges d’un mormon sont à relever !

Soulignons (entre temps) qu’une étude du siècle passé, celle de Rudolph J. Rummel, Death by Government, 1987, soutient que l’inquisition espagnole a fait 350‘000 morts, seulement ! Nous sommes là, loin, très loin de tous les fantasmes qui gravitent autour du nombre de victimes sur l’Inquisition, spécialement sur l’Inquisition espagnole. En comparaison, le même auteur soutient que la révolution française a fait 263’000 morts…

La Sorcière est une œuvre littéraire publiée en 1862 par Jules Michelet (auteur qui affirme que l’inquisition d’Espagne aurait des milliers de millions de victimes). Des millions de victimes. Mais pourquoi donc parler de ce livre ? Tout simplement, il faut relever que dans ce livre, Michelet évoque l’Inquisition et utilise notamment comme sources Inquisition d’Espagne de Juan Antonio Llorente et Histoire de l’Inquisition en France de Étienne-Léon de Lamothe-Langon… Ceci permettra en fait, aussi, de voir d’où sont issus tous ces fantasmes sur le nombre de victimes sur l’inquisition. Retenons donc ces deux noms, celui de Juan A. Llorente, et celui de Etienne-Léon de Lamothe-Langon…

Histoire de l’Inquisition en France fut donc publié en 1829 par Étienne-Léon de Lamothe-Langon. D’après les prétentions de l’auteur et de l’ouvrage, ce dernier était supposé s’appuyer sur des archives encore jamais exploitées du diocèse de Toulouse, mises à la disposition de monsieur Etienne-Léon par l’évêque Antoine Pascal Hyacinthe Sermet. Les récits terrifiants et atroces de cette Histoire furent largement repris dans bien d’autres ouvrages, en particulier celui de Joseph Hansen sur la sorcellerie au Moyen Âge, Sources and investigations regarding the history of obsessive belief in witches and witch hunts in the middle ages, qui devint à son tour une référence. De fait, il faut signaler que les ouvrages de Lamothe-Langon, plus précisément celui que nous avons cité, furent à l’origine d’une part importante des « connaissances » du XXe siècle sur l’Inquisition, la sorcellerie, la torture et la jurisprudence médiévale.

Sauf que… il y a eu supercherie ! La voici. Au début des années 1970, l’historien Norman COHN, dans son ouvrage Europe’s Inner Demons: The Demonization of Christians in Medieval Christendom, et l’historien Richard KIECKHEFER dans European Witch Trials: Their Foundations in Popular and Learned Culture, 1300–1500, découvrent la supercherie ! En fait, les prétendues archives de Lamothe-Langon n’ont purement et simplement jamais existé ; ce dernier n’était de toute manière pas capable de lire des écrits anciens, son livre est plein d’anachronismes et plusieurs événements majeurs qu’il décrit ne peuvent pas avoir eu lieu… Les lieux, les noms de personnages cités par Lamothe-Langon, n’avaient simplement pas existé ! nous y sommes… De l’avis général, il a falsifié plusieurs autobiographies de personnages historiques français : à titre d’exemple, la comtesse du Barry dans les Mémoires de la comtesse du Barry avec les détails de toute sa carrière comme favorite de Louis XV ou encore Soirées avec le prince Cambacérès, second consul, archichancelier de l’Empire.

Sur un site en anglais, nous pouvons lire une critique de cette supercherie de Lamothe. Nous y lisons :However, as more research was done, Lamothe-Langon’s trials began to look odd to historians. No sources mentioned them, and they were completely different from all other 14th century trials. There were no other mass trials of this nature until 1428, no panics like this until the 16th century. Furthermore, the demonology in the trials was quite elaborate, with sabbats and pacts and enormous black masses. It was far more complex than the demonology of the Malleus Maleficarum (1486). Why would the Inquisition think up this elaborate demonology, and then apparently forget it for two hundred years?”

Non seulement les travaux de Lamothe devenaient très étranges, mais encore certains ont remarqué que Lamothe, de fait, n’était point un historien : “First, Lamothe-Langon was a hack writer and known forger, not a historian. Early in his career he specialized in historical fiction, but he soon turned to more profitable horror novels, like The Head of Death, The Monastery of the Black Friars, and The Vampire (or, The Virgin of Hungary). Then, in 1829, he published the Histoire, supposedly a work of non-fiction. After its success Lamothe-Langon went on to write a series of « autobiographies » of various French notables, such as Cardinal Richeleau, Louis XVIII, and the Comtesse du Barry”.

La conclusion est que les sources sur lesquelles il prétendait se baser ne pouvaient tout simplement pas être trouvées ! de plus, Lamothe n’avait aucune base en paléographie : “Second, none of Lamothe-Langon’s sources could be found, and there was strong reason to suspect they never existed. Lamothe-Langon claimed he was using unpublished Inquisitorial records given to him by Bishop Hyacinthe Sermet — Cohn found a letter from Sermet stating that there were no unpublished records. Lamothe-Langon had no training in paleography, the skill needed to translate the script and copious abbreviations used in medieval documents, and he was not posted in Toulouse long enough to do any serious research in its archives”.

Pour lire tout l’extrait concernant la supercherie de Lamothe, lisez l’article sur les récentes découvertes sur les sorcières suivant…

Thomas d'Aquin confondant les hérétiques !

Thomas d’Aquin confondant les hérétiques !

A présent, sachant que nous avons eu affaire à un falsificateur hors pair, et qu’à sa suite, ses travaux ont été utilisés pour présenter l’inquisition comme « sanglante », et ayant fait des millions de victimes, nous pouvons nous arrêter sur Llorente, pendant quelques instants seulement…

Henry Charles Léa

Henry Charles Léa

Juan Antonio Llorente est à la fois prêtre, homme politique et historien espagnol. Il est connu pour son œuvre sur l’Inquisition espagnole : Histoire critique de l’inquisition en Espagne. Dans cette œuvre, Llorente avance que le nombre de victimes – 30’000 condamnations à mort (physiquement) et 15’000 (par effigie), alors que Torquemada était Grand Inquisiteur. Et jamais, oui, jamais, ces chiffres ne vont au-dessus du million ! Ils sont même très bas… Ces chiffres, on peut les lire des pages 272-284 de son œuvre. Pourtant, nonobstant cela, certains auteurs historiens estiment que Llorente a gravement exagéré ! Et parmi les critiques vis-à-vis de lui, nous pouvons trouver un Juif, Batolomé Benassar – dans L’Inquisition espagnole (chap. I, des pages 15 à 16), qui, citant Henry Charles Léa, montre que Llorente a exagéré ses estimations ; mais également des fondamentalistes farouchement opposés à l’Eglise Catholique, tels que Henry Charles Léa. Celui-ci écrit, dans sa grande œuvre concernant l’Inquisition qu’il ne fait aucun doute qu’il y a eu gravement exagération, et Llorente est celui qui y a contribué:

« There is no question that the number of these has been greatly exaggerated in popular belief, an exaggeration to which Llorente has largely contributed by his absurd method of computation, on an arbitrary assumption of a certain annual average for each tribunal in successive periods. It is impossible now to reconstruct the statistics of the Inquisition, especially during its early activity, but some general conclusions can be formed from the details accessible as to a few tribunals » – CHARLES LEA Henry, History of the Inquisition of Spain, Vol. IV, BOOK 9, chapter 2, p. 516-517).

D’autres parts, Henry CAMEN écrivait également:

« Llorente came up with the incredible figures of 31,912 relaxations in person, 17,659 relaxations in effigy, and 291,450 penitents, a grand total of 341,021 victims. All the historical evidence has shown this greatly exaggerated figure to be without any foundation » (The Spanish inquisition: A historical Revision, p. 280-281, ed. 1965)

Gérald DUFOUR, spécialiste de Juan Llorente signale que, Llorente, croyant faire un travail d’historien, n’a rien fait d’autre qu’un travail politique : « Lo que interesaba en la Historia crítica no era tanto lo que decía Llorente como lo que permitía decir contra los ultrarrealistas de otra sociedad secreta, muy temida por los liberales franceses: Congrégation. Creyendo hacer una obra histórica, Llorente había hecho obra política ». Plus loin, l’auteur soutient que la critique de Llorente envers le Saint-Office l’a rapprochée des Libéraux qui ont accueilli avec joie cette critique ! Mais, la critique en elle-même, n’avait rien de philosophique ou d’humaniste, il s’agissait simplement d’une critique interne de l’Eglise. Pour le même auteur, Llorente était un libéral. Sa critique est due au fait qu’il voulait une Eglise « libérale », qu’elle soit un « service public » en ce sens où qu’elle soit détachée de Rome, indépendante de Rome : « Para un hombre del siglo XVIII como Llorente, el servicio a Dios de su Iglesia seguía siendo fundamental. Pero esa Iglesia había de ser nacional servicio público y nacionalizado, que diríamos hoy-, totalmente independiente de Roma, cuyo obispo debía ser primus inter pares. »

….Pourtant (laissons les critiques vis à vis de Juan Antonio), Juan Antonio Llorente relève encore dans son œuvre que, depuis 1524, on posa à Séville une inscription sur les quarante premières années de l’inquisition en Espagne, années supposées être les plus sanglantes et les plus terribles. Nous lisons dans Histoire critique de l’Inquisition d’Espagne :

« Anno Domini millessimo quadringentessimo octogessimo primo, Sixto IV pontifice maximo, Ferdinand V et Elisabeth Hispaniarum et utriusque Siciliœ regibus catholicis, Sacrum Inquisitionis Offîcium contra hœreticos judaizantes ad fidei exaltationem hic exordium sumpsit. Ubi post Judœorum et Saracenorum ex pulsionem ad annum usque millessimum quingen tessimum vigessimum quartum, divo Carolo Romanorum imperatore ex materna hereditate eorumdem regum catholicorum successore tunc regnante, ac reverendissimo domino Alphonso Manrico archiepiscopo Hispalensi fidei officia prœfecto, viginti millia hereticorum et ultra nefandum hœreseos crimen abjurarunt, necnon hominum fere millia in suis hœresibus obstinatorum postea jure previo ignibus tradita sunt et combusta. Innocentio VIII, Alexandro VI, Pio III, Julio II, Leonne X, Adriano VI (qui etiam dum cardinalis Hispaniarum gubernator, ac generalis inquititor esset, in summum pontificatum assumptus est) et Clemente VII annuentibus et faventibus. Domini nostri imperatoris jussu et impensis, licenciatus de la Cueva poni jussit, dictante domino Didaco a Cortegana archidiacono Hispalensi, anno Domini millessimo quingentessimo vigessimo quarto. » – Juan Anonio Llorente, Histoire critique de l’inquisition d’Espagne, p. 274-275.

L’inscription que cite Llorente indique que plus de mille personnes seulement furent brûlées ¡ Face donc à tout ce que nous venons de présenter, comme croire qu’il y eut 6 millions, 25 millions, 50 millions, 95 millions de victimes sous l’inquisition ? et encore, a-t-on séparé l’institution ecclésiastique du bras séculier ? Car plusieurs, en tout cas ceux qui croient connaître l’Inquisition et qui fustigent l’Eglise ne le font point… N’ y a-t-il pas encore qui croient vraiment que les prêtres pratiquaient la torture? Ignorant que, ceux qui, ayant commis des abus, étaient condamnés à la réclusion à vie, tel Robert le Bougre, condamné à la perpétuelle pour ses méthodes cruelles et brutales… Même en admettant et en comptant le nombre de victimes depuis l’instauration de ce tribunal…, prétendre à des millions de victimes relève simplement de la pure fantasmagorie ¡ Car, si même les documents, les travaux anciens comme Llorente, ne vont pas au-delà du million, où peuvent bien venir toutes ces affabulations ? De Michelet ? Ou de Lamothe-Langon ? Mais nous avons montré que ce dernier a été démasqué comme simple falsificateur… Tous ceux qui avancent les chiffres allant au million ne sont rien d’autre que des falsificateurs… Des études modernes et contemporaines montrent qu’en fait, ces chiffres relèvent de l’affabulation et du mensonge. Rien de plus que des arguments basés sur des oui-dires pour la plupart, les permettant de fustiger, à leur grand plaisir, l’Eglise catholique. Il est cependant étonnant de remarquer que ceux qui le font, sont souvent des Protestants, qui, semblant ignorer l’histoire de leur réforme, trouvent joie à critiquer, même en faussant et en exagérant les faits, l’Eglise catholique. Certains seront surpris lorsque vous les apprendrez que les réformateurs ont repris le principe de l’Inquisition, et elle a été violente… très violente. Notre but n’étant point de tomber dans des arguments ad hominem comme nos adversaires – ce serait beaucoup trop aisé que de montrer et de souligner les atrocités et horreurs commises par les réformateurs –, nous préférons nous arrêter ici. Espérant que ceci aurait permis de ne plus se laisser prendre dans les filets de l’ignorance de ceux qui parlent de centaines de millions de morts commises au nom de l’inquisition.

Hypocrisie ? Etonnement les avortements qui balaient le monde, les tueries mondiales ne sont pas ainsi fustigées… étrange… Ne voulant point encore expliquer ce qu’est vraiment l’Inquisition, puisque la plupart de ceux qui l’abordent n’ont que de piètres notions, basées sur des ouï-dires et des a priori, nous conseillons cet article ci (qui cumule nombre considérables d’articles poussées et recherchés) qui fait le point sur ledit sujet. Le point important à retenir ? Comment comprendre que Llorente, qui parle que de milliers de morts, a exagéré selon des historiens, comment donc comprendre d’où viennent les millions de morts? C’est du pur délire ! Cependant, nous ne blâmons pas Llorente, car, les historiens reconnaissent qu’il avait cité avec et travaillé avec honnêteté, qu’il ne chercha point à truquer les faits ou à exagérer volontairement les choses…

« On aura beau répéter qu’on enchaîne le génie, en lui défendant d’attaquer les dogmes nationaux ; jamais on n’autorisera une erreur à force de la répéter. » (Joseph de Maistre)

Ave Maria – Schubert


Ave Maria, gratia plena,

Dominus tecum,benedicta tu in mulieribus,

et benedictus fructus ventris tui Jesus.

Sancta Maria mater Dei,ora pro nobis peccatoribus,nunc,

et in hora mortis nostrae.

Amen

Les Deutérocanoniques nient leur inspiration? (2)


En vérité, en vérité, je te le dis, nous disons ce que nous savons… (S. Jean III, 11)

Nous répondant à nouveau sur notre seconde réfutation de ses dires, l’auteur du site protestant, après nous avoir accusés de mauvaise foi, nous accuse maintenant de mensonge. Un degré de plus à chaque commentaire… Nous avions décidé de nous arrêter  là, mais, le dernier article écrit pour se sauver tant qu’il pouvait, nous ne pouvons ne pas répondre. C’est un peu trop « gros »…, surtout si l’auteur ne veut point admettre la fragilité sur laquelle repose son argumentation. Il soutient que nous nous enfonçons un peu plus : exactement, nous allons encore remuer le couteau dans la plaie… pour montrer que nous ne nous ‘enfonçons’ point !

Refusant d’admettre le grossier sophisme de la généralisation abusive dont il fit preuve, l’auteur répond, pour limiter les dégâts autant qu’il le peut, en soutenant que sa conclusion venait de l’ensemble des arguments. Très bien. Nous allons voir où il a de la peine à comprendre. A ce sujet il nous livre ceci :

La conclusion de la non inspiration des apocryphes vient de l’ensemble des arguments. Pour la question des 2 livres, il n’y a eut aucune généralisation abusive, puisque les distinctions qu’ils nous reprochent de ne pas avoir faites, ont bien été faites. On est donc face à un simple mensonge. Pour preuve, voici l’argument dans le premier article:

 Pour résumer les preuves venant des Apocryphes eux-même

1. Ils ont été écrits lors d’une période où il n’y avait plus de prophètes en Israël 

2. Certaines auteurs font la distinction entre leurs écrits, et les écrits inspirés de leurs ancêtres 

3. Certains mentionnent la triple division de l’Ancien Testament, une division qui exclue les apocryphes

4. Certains auteurs étaient conscients que leurs écrits pouvaient contenir des erreurs. « 

La mention de « Certains auteurs« , ajoutés au reste des arguments, montrent qu’ils s’agissait bien d’une argumentation cumulative, et non d’une généralisation abusive, ne servant qu’à masquer l’absence de répondant de leur part sur les divers points exprimés. »

Avant de nous accuser de mensonge, nous pensons simplement que l’auteur ici doit se méfier, afin de ne point tomber dans la calomnie. Il soutient qu’il ne s’agit pas d’une généralisation abusive, mais d’une argumentation cumulative. Nous le concédons. Mais aimerions simplement revenir sur les 4 points énoncés par l’auteur… Il n’y a rien de pire qu’un aveugle qui refuse de voir, ou celui qui ne veut pas admettre son erreur. Pour conclure que « 1. Ils ont été écrits lors d’une période où il n’y avait plus de prophètes en Israël », l’auteur s’est basé sur des citations du Livre des Macchabées… donc, pas sur tous les livres. Point 1. Pour conclure que « 2.      Certaines auteurs font la distinction entre leurs écrits, et les écrits inspirés de leurs ancêtres », l’auteur s’est basé sur un seul livre, le prologue de Ben Sirach. Point 2. Pour conclure que « 3. Certains mentionnent la triple division de l’Ancien Testament, une division qui exclue les apocryphes », l’auteur s’est basé seulement sur un livre, le livre de Siracide. Et, lorsque nous lisons l’article initial de notre ami, il est écrit ceci : « De plus, un des auteurs des Apocryphes mentionne la triple division de l’Ancien Testament confirmée par Jésus ensuite… », à cela suit une citation de Ben Sirach (encore, et une fois, un seul livre) : nous attirons l’attention sur la formule UN DES utilisé par l’auteur du site protestant. Et, enfin, pour conclure que « 4. Certains auteurs étaient conscients que leurs écrits pouvaient contenir des erreurs. », l’auteur se base uniquement, encore une fois, sur un seul livre : il prend pour témoin, de son affirmation, le livre des Macchabées. Une fois de plus, ce sont les paroles même de l’auteur qui le condamnent, car, dans son article initial, il disait : « Enfin, certains auteurs des Apocryphes admettent que leurs écrits peuvent contenir des erreurs, puisqu’ils étaient compilés de façon hasardeuse, et ont pu être transcrits imparfaitement… », suit à cela deux citations tirées du livre des Macchabées. La conclusion de notre interlocuteur est la suivante : « Donc, non seulement les Apocryphes furent composés lors d’une période où il n’y avait aucun prophète recevant la révélation divine, ils n’ont même pas été écrits par des auteurs ayant l’assurance d’avoir écrit la vérité ». L’auteur parle des « Apocryphes », alors que, justement il n’a PAS fait appel qu’à un nombre précis. En effet, ni le livre de la Sagesse, Tobie etc., ne sont cités, par exemple. Ainsi, en admettant ce que l’auteur veut que nous admettions, à savoir qu’il s’agit d’une argumentation cumulative, nous pouvons répondre après ce que nous venons de voir que, oui, il y a généralisation abusive. Car, en prenant les quatre arguments ensemble, sur le témoignage des « Apocryphes », on se rend compte que l’auteur ne s’est servi QUE de deux livres, ou plutôt trois, si on considère les Macchabées comme 2 livres distincts… Donc, à partir de là, ses dires pourraient conduire à refuser l’authenticité aux livres qu’il a cités, mais pas à tous les livres deutérocanoniques ! Sa tentative de vouloir faire croire qu’il n’y a pas eu sophisme échoue donc. Et ses accusations, et de mauvaise foi, et de mensonge en notre égard sont réduites à néant par ses propres dires, et sa propre argumentation. Non, pas du tout… nous ne nous enfonçons pas ! Au contraire… Espérant toutefois que, cette fois-ci, notre interlocuteur aura vu où il se trompe, et où repose son erreur. Anticipons tout de même, il pourrait nous rétorquer que, oui mais Jésus parlait de la triple division de l’Ancien Testament, ou encore que ni le Christ ni les Apôtres ne se sont référés aux Apocryphes, ainsi, il pourrit rebondir sur l’argumentation cumulative ; mais, cela ne changerait rien, parce que les deux arguments avancés sont FAUX ! Nos étudierons bientôt que la Bible qu’utilisaient les Apôtres, était sans doute la LXX, dans laquelle se trouvaient les Deutérocanoniques.

Nous avions écrit concernant un autre sophisme de taille du protestant : « Il suppose que, pour qu’un auteur soit inspiré, il faut que CET auteur MÊME se dise inspiré… Si cet argument est valable, eh bien, dans quelle pétrin nous nous sommes mis : car, nous n’avons pas le souvenir que TOUS les auteurs bibliques, du récit de la Genèse à l’Apocalypse, affirment EXPLICITEMENT être inspirés. La finale de l’Evangile selon S. Jean en est un exemple criant… Argument sophiste donc, encore une fois, qui sous-entend que l’inspiration d’un récit dépend du fait que l’auteur de ce récit doit confirmer, clamer être inspiré. Et donc, si un auteur ne dit pas nulle part être inspiré, alors il ne l’est pas? »

Pour rendre ridicule ce que nous pointions du doigt, il va le « balayer » en un mouvement éclair, stipulant simplement que nous n’avions pas compris. Paf ! et le tour est joué ! Voici de quelle manière il « balaie » notre argument : « Cette réponse loupe complètement le coche, en ne comprenant pas qu’il s’agit d’un ensemble de points qui s’accumulent concernant les apocryphes. Un argument cumulatif signifie que bien qu’un seul point à lui seul n’est pas suffisant, l’ensemble mis bout à bout démontre la conclusion. Ainsi le fait que les auteurs ne prétendent pas à l’inspiration n’est pas en soit un problème, ça le devient lorsqu’à cela s’ajoute d’autres éléments, qui ensemble, prouvent qu’ils ne sont pas inspirés. On a donc la un défaut de logique, ne comprenant pas qu’un détail ajouté à un autre détail auxquels s’ajoutent encore d’autres détails forment un tout cohérent. N’étant pas capables de répondre sur le fond, ils usent simplement de mauvaise foi. »

La réponse contient du vrai, mais en soi, ne règle pas le problème. Car, nous le disons encore, il s’agissait dans l’argumentation. Et l’auteur semble implicitement le concéder, sans le dire explicitement. Et nous explique encore l’argument cumulatif, jusqu’à nous redire que nous faisons une faute de logique. Pas vraiment ! car, afin qu’il y ait cohérence, dans le tout, dans les parties formant le tout, il doit aussi y avoir une certaine cohérence. Il est évident que les parties forment le tout ; mais, s’il y a déjà des contradictions et fausses bases dans les parties, le tout sera condamné. Et, ici, nous avons relevé un vice dans une partie de l’argumentation formant un tout. Évidemment, nous sommes d’accord qu’un seul point n’est pas suffisant : évidemment ; mais, justement, nous n’attaquons pas le point en lui-même, mais la logique sur lequel il repose, qui, nous le maintenons, est erroné. De plus, ce point ne s’harmonise pas tout à fait avec le reste, car comme nous le verrons, les autres arguments avancés sont tous faux ! Les extrapolations de l’auteur ici, sans répondre, et admettant de manière tacite son erreur, n’ont donc pas servi à grand-chose, si ce n’est qu’à essayer de ridiculiser l’argumentation catholique – stipulant que ses tenants n’ont pas compris, et versant dans la gratuité les accusant de mauvaise foi… Pas vraiment de réponses à notre contradiction donc, si ce n’est des accusations gratuites…

Avant de conclure son article, il écrit : « Luc ne prétend jamais qu’il ait pu échouer à rendre une expression quelconque, au contraire » ; mais là, encore, nous voulions simplement souligner chez Ben Sirach, le fait d’une tradition. Surtout, l’argument ne tient pas la route, vouloir faire appel à S. Luc, et vouloir lui accorder l’authenticité sur le simple fait qu’il ne dit pas avoir eu des difficultés, est un argument peu convaincant. Nous l’avons déjà montré.

Enfin, une pléthore de texte est citée par notre interlocuteur, concernant l’ignorance invincible. L’interlocuteur veut montrer que la Foi catholique se contredit. Que des auteurs aient ignoré le concept d’ignorance invincible, n’est pas une colle contrairement à ce que pense notre interlocuteur ; ainsi, reprenant des citations de S. Thomas, S. Pie X, S. Augustin, etc, il veut montrer que la Foi Catholique se contredit, car ces hommes n’ont pas enseigné une telle chose. Mais, encore une fois, non ! C’est juste ici, une autre preuve de l’ignorance de la Foi catholique. Car, le dogme est une révélation progressive. Tout simplement. Nous n’avons pas une connaissance innée. Ainsi, nous répondons, sans ambages sur la question de Hors de l’Eglise, point de Salut. Sur ce, nous terminons sur cette question, espérant ne plus y revenir…

Les Deutérocanoniques nient leur inspiration?


Certes, je suis plus stupide que personne, Et je n’ai pas l’intelligence d’un homme ; Je n’ai pas appris la sagesse, Et je ne connais pas la science des saints. (Proverbes XXX, 2-3)

Après avoir réfuté un des arguments utilisés par un site réformé, selon lequel les ‘apocryphes’ catholiques nient leur inspiration, ledit site nous répond, signalant comme titre de son article : Les Apocryphes et la mauvaise foi. Nous allons examiner, une fois de plus, pour mieux le réfuter. Et, nous ne reviendrons point dessus, sinon, ce sera sans fin. Répondant donc à notre article qui réfutait parfaitement ses dires, ses avances, le site protestant nous accuse de mauvaise foi. Mais, regardons attentivement de qui il s’agit concernant cette prétendue mauvaise foi, pour en finir une bonne fois pour toutes. Nous écrivions dans notre article précédent, et dans le même élan, accusions l’auteur du site protestant de commettre un grossier sophisme : « La fragilité de l’argumentation protestante est révélée. Mais, il est une chose que nous ne pouvons laisser passer : l’articulation argumentative protestante qui veut faire des deutérocanoniques des livres apocryphes sous prétexte que ceux-ci (donc, tous les sept livres du canon Catholique) nient être inspirés, cette argumentation, voulions-nous dire, repose sur le sophisme qu’est la généralisation abusive, et grotesque ». Répondant à cette partie de notre commentaire, notre interlocuteur affirme : « Non, il s’agit surtout d’une argumentation cumulative. Un seul argument comme la possibilité laissé entendre qu’il y ait des erreurs ne suffit pas. C’est l’ensemble des arguments mis bout à bout qui permet d’en arriver à la conclusion. »… Désastre. Nous avons l’impression que notre ami n’a pas très bien compris l’argument. Car, nous avons dit que l’auteur cite UNIQUEMENT DEUX textes « apocryphes », et conclut que les « apocryphes » (tous les SEPT livres) ne sont pas inspirés  : il y a donc véritablement sophisme ; on pourrait accepter que les livres qu’il critique sont non-inspirés, mais on ne peut pas déduire que les autres le sont aussi, puisqu’il ne les cite point, et n’y fait même pas allusion. Supposons un exemple. Vous avez été cambriolé par deux de sept frères chinois, mais, vous ne pouvez en aucun cas déduire que les cinq autres frères sont des cambrioleurs ; ou que les cinq autres ne sont pas dignes de confiance : vous commettrez un véritable sophisme, c’est ce qu’a fait notre interlocuteur, à la seule différence que ses présomptions étaient erronés et contradictoires sur ce qu’il voulait et prétendait démontrer. De plus, ses arguments sont assez détachés, contrairement à ce qu’il laisse entendre, mais nous y répondrons un par un, comme suggéré précédemment, si le temps ne nous fait point défaut ! Continuons…

Bible et bougieAprès avoir cité les paroles de S. Paul qui parlait sur deux niveaux – celui de son propre chef, et au Nom du Seigneur, avec des versets de la Lettre aux Corinthiens 7, l’auteur site protestant nous répond ainsi : « Comparaison n’est pas raison. Car, pour pouvoir comparer Paul et l’auteur des Maccabées, il faudrait comparer également leurs prétentions à l’inspiration. Or l’auteur de Maccabées ne le fait jamais, tandis que Paul affirme être inspiré par Dieu ». Puis, citant les paroles de S. Paul en I Cor. 2, 13 ; 14, 37 ; II Cor. 13, 3-10 ; Eph. 3, 1-5 ; I Thess. 4, 1-2, 8, l’auteur soutient, pour s’en sortir, que S. Paul dit être inspiré, donc, cela veut dire qu’il l’est vraiment : « La comparaison est donc mauvaise, puisque Paul explique par ailleurs parler sous l’inspiration de Dieu, ce qui n’est pas le cas des auteurs de Maccabées. Et encore une fois, c’est l’accumulation d’éléments qui confirment la non canonicité des apocryphes, et non un seul élément. Le sortir du contexte est donc malhonnête ». Ici encore, véritable champ de bataille. Il suppose que, pour qu’un auteur soit inspiré, il faut que CET auteur MÊME se dise inspiré… Si cet argument est valable, eh bien, dans quelle pétrin nous nous sommes mis : car, nous n’avons pas le souvenir que TOUS les auteurs bibliques, du récit de la Genèse à l’Apocalypse, affirment EXPLICITEMENT être inspirés. La finale de l’Evangile selon S. Jean en est un exemple criant… Argument sophiste donc, encore une fois, qui sous-entend que l’inspiration d’un récit dépend du fait que l’auteur de ce récit doit confirmer, clamer être inspiré. Et donc, si un auteur ne dit pas nulle part être inspiré, alors il ne l’est pas? Misère. Sans faire fi du fait, l’auteur du site affirme de prime abord que faire une comparaison ne signifie pas avoir raison… Mais, en fait, il fait lui-même également une comparaison dans les dires de S. Paul, et par ailleurs, nous ne sortons rien du contexte, nous avons prévu, comme dit précédemment, si l’auteur du site l’avait lu, de réfuter l’article en TROIS TEMPS, patience donc… En somme, tous les versets énumérés ne prouvent rien au fait que S. Paul pose comme nous l’avons montré deux niveaux : ses dires, ses ordres, et ceux du Seigneur. La question serait plutôt de savoir si les dires de S. Paul valent ceux du Seigneur,… passons… c’est sans fin.

Commentant notre blâme concernant son argumentation, ou nous soutenions : « Puisque ces paroles de Luc, pourraient nous pousser à dire que son texte n’est point inspiré, puisqu’il affirme avoir fait des recherches ! Au contraire, ce passage cité par l’auteur protestant semble récuser l’authenticité des dires de Luc, bien qu’il affirme la présence de « témoins oculaires », l’auteur nous demande : « Faire des recherches rentrerait en contradiction avec l’inspiration? Il s’agit la d’une faute logique de la part des catholiques. Ils doivent prouver que faire des recherches=non inspiration. D’un point de vue logique, cela ne tient pas la route ». A cette incompréhension, nous répondons : non, il ne s’agit point d’une faute de logique. Nous avons fait appel, dans notre phrase, à une supposition, et non à une affirmation, et, pour ce faire nous avons utilisé LE CONDITIONNEL PRÉSENT – du verbe pouvoir ! Ici, simple faute de lecture de notre ami protestant. De plus, ceci ferait un non-sens, car nous parlions dans notre article précédent, de Cause première (DIEU) et cause seconde (l’Homme), les deux collaborant !

Concernant S. Irénée auquel nous avons fait appel, l’auteur nous demande quel est le rapport avec lui, eh bien, simplement parce que S. Irénée parle d’une transmission, tout comme S. Luc !

Lorsque nous citions le prologue de Ben Sirach : « LA LOI, les Prophètes et les livres qui leur font suite nous ont transmis de nombreuses et grandes leçons, et il faut, à ce sujet, louer Israël pour son enseignement et sa sagesse », l’auteur nous demande quel est le rapport, et surtout où se trouve la contradiction. Il soutient ensuite que le livre de Ben Sirach confirme la triple division de l’Ancien Testament (c’est un argument qu’avait utilisé l’auteur contre les deutérocanoniques, nous répondrons à cela dans un article prochain). Pour savoir s’il y a une contradiction comme nous le demande l’auteur, nous disons : non, justement, il n’y a pas de contradictions ! Luc, parle de Transmission, le prologue de Ben Sirach aussi, parle de transmission : il n’y a pas de contradiction dessus… nous voulons attirer l’attention de l’auteur sur le fait de la transmission, S. Luc en parle, l’auteur de Ben Sirach également…

Avant de conclure de manière désastreuse (vous allez comprendre pour quelle raison) son article, l’auteur du site protestant nous donne un conseil qui est le suivant. Lisons : « Les auteurs de Philosophie du Christianisme devraient prendre plus de temps pour lire les textes en question, et revoir leurs arguments, plutôt que de répondre rapidement, et commettre des fautes logiques et de lecture ». Tout ce que nous constatons : l’auteur se dépeint parfaitement, entre sophismes, mauvaise compréhension de notre argumentation… sans oublier ce dont il nous accuse, la mauvaise foi…

Enfin – le meilleur (ou le pire ?) pour la fin, pour s’assurer d’avoir un avantage, l’auteur finit son article sur un hors-sujet total. Il nous soumet une « contradiction », sans AUCUN RAPPORT avec la discussion. Il termine ainsi :

Dès lors, nous déclarons, disons, définissons et prononçons qu’il est absolument nécessaire au salut, pour toute créature humaine, d’être soumise au pontife romain. » Unam Sanctam

Tous savent aussi avec quel amour les chrétiens orientaux célèbrent la sainte liturgie, surtout l’Eucharistie, source de vie pour l’Église et gage de la gloire céleste. Par là, les fidèles, unis à leur évêque, ont accès auprès de Dieu le Père par son Fils, Verbe incarné, mort et glorifié, dans l’effusion de l’Esprit Saint. Ils entrent de la sorte en communion avec la Très Sainte Trinité et deviennent « participants de la nature divine » (2 P 1, 4). » DÉCRET SUR L’ŒCUMÉNISME UNITATIS REDINTEGRATIO

Selon Unam Sanctam, la soumission à Rome est nécessaire au salut, selon le Décret sur l’Oecuménisme, on a accès à la Sainte Trinité et à la communion avec Dieu, donc au salut, sans soumission à Rome.
Le thème des contradictions est fatale aux catholiques.

Sans vraiment le trouver drôle, nous allons répondre. Le thème de contradiction est fatal aux Catholiques ? Personnellement, nous pensons que l’auteur du site aurait dû garder le silence ! Car, il nous semble ici que notre ami n’ait pas très bien assimilé la Foi Catholique : c’est courant chez nos amis réformés. Rappelons d’abord que l’Eglise Catholique tient toujours pour vrai que Hors de l’Eglise, il n’y a pas de Salut ! Donc, la déclaration Unam Sanctam ne peut, en aucun cas, être contradictoire avec une autre déclaration sur le Salut dans l’Eglise. Afin de réfuter la présomption de notre interlocuteur, nous soumettons un seul texte – celui de Mgr de Ségur, même s’il y en a une pluie, que voici :

Question : Hors l’Église point de salut ! Quelle intolérance ! Je ne puis admettre une règle aussi cruelle.

Réponse : Voilà ce que vous ne pouvez pas admettre dans le sens où vous l’entendez, savoir : quiconque n’est pas catholique est damné. Mais voilà aussi comment on critique la Religion parce qu’on ne la comprend pas, et comment on lui fait dire des choses qui lui font horreur. Cette parole, en effet, entendue comme l’Église l’enseigne, est la plus simple des vérités, une vérité de bon sens. « Hors l’Église, pas de salut, » c’est dire : Hors la lumière, les ténèbres ; hors le blanc, le noir ; hors le bien, le mal ; hors la vie, la mort ; hors la vérité, l’erreur, etc.

Où est donc le mystère de tout cela ? Où est donc la difficulté ? 
« Hors l’Église, pas de salut,» signifie tout bonnement « qu’on est obligé, sous peine de péché grave, de croire et de pratiquer la vraie religion (qui est la religion catholique) lorsqu’on est à même de le faire. » Cela signifie que « vous péchez, et que par conséquent vous perdez votre âme, si vous rejetez volontairement la vérité, quand elle se montre à vous. » Y a-t-il là quelque chose d’extraordinaire ? y a-t-il de quoi crier à l’intolérance, à la cruauté ?

Un protestant, un schismatique, n’est pas damné par cela seul qu’il est protestant ou schismatique. S’il est de bonne foi dans son erreur, c’est-à-dire s’il n’a pas pu, pour une raison ou pour une autre, connaître et embrasser la foi catholique, il est considéré par l’Église comme faisant partie de ses enfants : et, s’il a vécu selon ce qu’il a cru être la vraie loi de DIEU, il a droit au bonheur du ciel, comme s’il eût été catholique. Il y a, DIEU merci ! un grand nombre de protestants dans cette bonne foi, et, même parmi leurs ministres, il s’en rencontre parfois. M. de Cheverus, Évêque de Boston, en a converti deux, très-savants et très-pieux ; et, après leur retour à l’Église catholique, ils déclaraient au bon Évêque que, jusqu’à l’époque où ils l’avaient connu, ils n’avaient jamais eu de doutes sur la vérité de leur religion.Ne nous inquiétons pas, du reste, du jugement que DIEU fera des protestants ou des incrédules. Nous savons d’une part, que DIEU est bon, qu’il veut le salut de tous, et, d’autre part, qu’il est la Justice même. Servons-le de notre mieux, et ne nous inquiétons pas des autres.

Mgr de Ségur – Réponses courtes et familières aux objections les plus répandues contre la religion (1850)

L’auteur du site protestant termine donc son article en apothéose de l’ignorance ! Car, il n’y a AUCUNE contradiction dans les textes qu’il a cités. L’Eglise TIENT toujours pour vrai que, Hors de l’Eglise, il n’y a pas de Salut ! Il y a ce que nous appelons l’ignorance invincible… Notre interlocuteur aurait donc mieux fait de garder le silence que de terminer son objection de manière catastrophique, en biaisant la discussion sur un terrain où il avait cru être avantagé, mais qui démontra sa méconnaissance de la Foi Catholique, comme la plupart… Ceci nous permet, dans le même élan de terminer en disant : Extra Ecclesiam nulla salus !

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