+†+Yesus Kristus azu+†+

« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

L’infaillibilité du magistère ordinaire-universel

Le magistère ordinaire-universel, généralement appelé « MOU » en abrégé est l’enseignement général et constant des évêques unis au Pape, dispersés à travers le monde. Il n’est pas nécessaire que tous soient d’accord, mais une quasi-unanimité suffit.

Il ne s’agit pas d’une opinion théologique mais d’un enseignement infaillible de l’Eglise : « Or, on doit croire d’une foi divine et catholique tout ce qui est contenu dans les saintes Écritures et dans la Tradition, et tout ce qui est proposé par l’Église comme vérité divinement révélée, soit par un jugement solennel, soit par son magistère ordinaire et universel. » (Concile Vatican I, Constitution Dei filius, chapitre III « De la Foi »).

Mais comment définir avec précision le MOU ? Commençons cet exposé par ces mots de l’immense Pie IX qui définissait le MOU de la manière suivante : « Car, même s’il s’agissait de cette soumission qui doit se manifester par l’acte de foi divine, elle ne saurait être limitée à ce qui a été défini par les décrets exprès des conciles œcuméniques ou des pontifes romains de ce Siège apostolique, mais elle doit aussi s’étendre à ce que le magistère ordinaire de toute l’Église répandue dans l’univers transmet comme divinement révélé et, par conséquent, qui est retenu d’un consensus universel et constant [ou unanime et universel selon certaines traductions] par les théologiens catholiques, comme appartenant à la foi. » (Lettre apostolique Tuas Libenter à Mgr Gregor von SCHERR, archevêque de Munich et Freisingen, 21 décembre 1863, Denzinger, Éditions du Cerf, n° 2879)

D’après le commentaire de l’abbé Matthias GAUDRON (FSSPX) dans son Catéchisme catholique de la crise dans l’Église, (5ème édition, Éditions du Sel, page 39), cela signifie que le MOU est caractérisé par un enseignement touchant à la foi ou la morale, que les évêques l’enseignent avec autorité (c’est le propre du magistère), de manière universellement unanime et en tant que divinement révélé aux Apôtres ou nécessaires pour garder le dépôt de la foi et donc comme immuable et obligatoire.

La définition qu’en donne le Père Reginald-Maria SCHULTES, O.P., est la suivante : « Le magistère ordinaire et universel est exercé lorsque l’Église prêche la doctrine révélée, l’enseigne dans ses écoles, la publie par les évêques, et en témoigne et l’explique par les Pères de l’Église et les théologiens. » (de Ecclesia Catholica Prælectiones Apologeticæ, Paris: Lethielleux, 1931, p. 355.)

Le Père Sylvester BERRY écrit : « L’autorité de l’enseignement ordinaire des évêques est celui qu’ils exercent en enseignant les fidèles de leurs diocèses respectifs par des lettres pastorales, par des sermons prononcés par eux-mêmes ou par d’autres approuvés en ce but, et par des catéchismes ou autres livres d’instruction par eux édités ou approuvés. Quand les évêques de l’Église, ainsi engagés dans le devoir d’instruire leur peuple, sont pratiquement unanimes à proclamer une doctrine de foi ou mœurs, on dit qu’ils exercent l’autorité de l’enseignement universel , et sont alors infaillibles quant à cette doctrine. En d’autres termes, une doctrine de foi ou de mœurs à laquelle la quasi- totalité des évêques de l’Église adhèrent, est infailliblement vraie. La foi de l’Église croyante doit correspondre à la foi proposée par les évêques qui constituent le corps enseignant dans l’Église. Par conséquent, si les évêques en tant que corps n’étaient pas infaillibles, toute l’Église pourrait être induite en erreur à tout moment, et de ce fait cesser d’être l’Église du Christ, le pilier et le fondement de la vérité. » (The Church of Christ, Saint Louis : B. Herder, 1927, pp 466-467.)

Le Père Francis DIEKAMP : « Les évêques individuels exercent le susdit magistère ordinaire à la fois dans leur instruction religieuse ordinaire ou dans des instructions de ce type qui ont lieu par leur commandement et sous leur vigilance, et dans les jugements publiés par les Souverains Pontifes et donnés par écrit, dans les Synodes provinciaux ou diocésains, dans la condamnation des erreurs dans les lettres pastorales, dans la publication des catéchismes ou des livres de dévotion qui sont distribués à l’ensemble du diocèse, etc.

Les livres liturgiques prescrits par les évêques et surtout par les Pontifes Romains sont d’une grande importance dans les discussions concernant le dogme. Les lois, les rites et les prières qui y sont contenues témoignent de la foi des pasteurs et des fidèles. Du consensus, selon lequel toutes les églises Orientales et Occidentales s’accordent sur la foi, vient l’obligation de donner l’assentiment de la foi. Le pape Célestin Ier [422-432] enseigna ceci : « Voyons aussi les mystères sacrés des prières des prêtres, qui viennent des Apôtres et qui sont uniformément célébrées dans le monde entier et dans toutes les églises Catholiques, afin que la loi de la prière établisse la loi de la croyance ». (Lettre XXI, 11)

La doctrine des évêques pris ensemble, aussi bien que la définition ex cathedra du Pontife Romain, ne devient pas infaillible par l’assentiment que l’Église croyante lui donne ; plutôt elle est infaillible en soi en raison de l’assistance divine, par laquelle elle est préservée de l’erreur. » (Theologiæ Dogmaticæ Manuale, 1917)

Le Cardial Jean-Baptiste FRANZELIN : « Si, à un moment ou à un autre, l’Église tout entière s’accorde à reconnaître un dogme comme doctrine de foi, cet accord est un critère qui permet de reconnaître une doctrine de tradition divine. C’est pourquoi, il n’y a aucun doute : lorsque toute l’Église s’accorde ainsi dans le passé, et lorsque, d’une façon on ne peut plus éclatante, on observe cet accord à toutes les époques, cette unanimité démontre l’existence d’une tradition divine. De la sorte, ce qui a été cru en tous lieux et en tous temps par tous les fidèles ne peut pas ne pas être révélé et faire l’objet d’une tradition divine. » (La Tradition, Courrier de Rome, 2008, thèse 24, n° 502, p. 354)

http://courrierderome.org/sites/default/files/CdR_04_2016.pdf

Lors de la définition du dogme de l’Assomption, Pie XII affirma à deux reprises que le consentement quasi-unanime des évêques constituait un enseignement infaillible :

« Et ceux que « l’Esprit-Saint a établis évêques pour gouverner l’Eglise de Dieu [Actes XX , 28] » donnèrent à l’une et à l’autre question une réponse presque unanimement affirmative. Ce « singulier accord des évêques et des fidèles catholiques [Bulle Ineffabilis Deus, Acta Pii IX, pars 1 , Vol. 1, p. 615.] », qui estiment que l’Assomption corporelle au ciel de la Mère de Dieu peut être définie comme un Dogme de foi, comme il nous offre l’accord de l’enseignement du magistère ordinaire de l’Eglise et de la foi concordante du peuple chrétien — que le même magistère soutient et dirige — manifeste donc par lui-même et d’une façon tout à fait certaine, et exempte de toute erreur, que ce privilège est une vérité révélée par Dieu et contenue dans le dépôt divin, confié par le Christ à son Epouse, pour qu’elle le garde fidèlement et le fasse connaître d’une façon infaillible [Concile du Vatican, Constitution Dei Filius, c. 4.], le magistère de l’Eglise, non point certes par des moyens purement humains, mais avec l’assistance de l’Esprit de vérité [Jean XIV, 26.] et à cause de cela sans commettre absolument aucune erreur, remplit la mission qui lui a été confiée de conserver à travers tous les siècles, dans leur pureté et leur intégrité, les vérités révélées ; c’est pourquoi il les transmet, sans altération, sans y rien ajouter, sans y rien supprimer. » (Constitution apostolique Munificentissimus Deus, 12, 1er novembre 1950)

« Alors, puisque l’Eglise universelle, en laquelle vit l’Esprit de vérité, cet Esprit qui la dirige infailliblement pour parfaire la connaissance des vérités révélées, a manifesté de multiples façons sa foi au cours des siècles, et puisque les évêques du monde entier, d’un sentiment presque unanime, demandent que soit définie, comme dogme de foi divine et catholique, la vérité de l’Assomption au ciel de la Bienheureuse Vierge Marie — vérité qui s’appuie sur les Saintes Lettres et ancrée profondément dans l’âme des fidèles, approuvée depuis la plus haute antiquité par le culte de l’Eglise, en parfait accord avec les autres vérités révélées, démontrée et expliquée par l’étude, la science et la sagesse des théologiens, — nous pensons que le moment, fixé par le dessein de Dieu dans sa Providence, est maintenant arrivé où nous devons déclarer solennellement cet insigne privilège de la Vierge Marie. » (Constitution apostolique Munificentissimus Deus, 41, 1er novembre 1950)

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6 commentaires sur “L’infaillibilité du magistère ordinaire-universel

  1. CARLOS BEXIGA
    20 mai 2017

    Bonjour,

    Mais alors le Pape François qui ouvre l’accès aux sacrement aux catholiques divorcé-remariés, est-il oui ou non dans la Vérité, dans la fidélité à son statut de gardien du Dépôt de la Foi ?
    Même s’il dit que son encyclique n’est pas dogmatique, il n’empêche que c’est sous son autorité papale qu’il proclame cette-ci. J’avoue être très mal à l’aise avec ce pape. J’ai l’impression que ce pape a ouvert une brèche regrettable dans le Trésor spirituel de la Foi.

    • Ressources Catholiques
      22 mai 2017

      Bonjour,

      Le Pape François est un grand mystère, comme tous les Papes depuis Jean XXIII. Mais son exhortation apostolique n’entre pas dans le champs du magistère ordinaire-universel.

      In Christo,

      Nicolas

      • CARLOS BEXIGA
        22 mai 2017

        Bonjour Nicolas,

        Ah bon ? Mais je croyais que les encyclique en découler ? Mais alors pourquoi certains évêques maltais entre autre, ont profité de « Amoris Laetitiae » pour autoriser certains divorcés remariés à recevoir la communion ? Et le Magister de l’Église ne les pas rappelés à l’ordre ?

        Fraternellement, Carlito

      • Ressources Catholiques
        22 mai 2017

        Bonjour,

        Non les encyclique n’en découlent pas, même si elles s’en inspirent. Les évêques maltais en question sont des hérétiques, il faut les ignorer.

        Fraternellement,

        Nicolas

      • CARLITO
        22 mai 2017

        Merci Nicolas, Tu me rassures !

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Cette entrée a été publiée le 19 mai 2017 par dans Foi Catholique.
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