+†+Yesus Kristus azu+†+

« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

L’infaillibilité du magistère ordinaire-universel

Le magistère ordinaire-universel, généralement appelé « MOU » en abrégé est l’enseignement général et constant des évêques unis au Pape, dispersés à travers le monde. Il n’est pas nécessaire que tous soient d’accord, mais une quasi-unanimité suffit.

Le Magistère de l’Eglise

Pie IX

Pie IX enseigne et définit le MOU de la manière suivante :

« Car, même s’il s’agissait de cette soumission qui doit se manifester par l’acte de foi divine, elle ne saurait être limitée à ce qui a été défini par les décrets exprès des conciles œcuméniques ou des pontifes romains de ce Siège apostolique, mais elle doit aussi s’étendre à ce que le magistère ordinaire de toute l’Église répandue dans l’univers transmet comme divinement révélé et, par conséquent, qui est retenu d’un consensus universel et constant [ou unanime et universel selon certaines traductions] par les théologiens catholiques, comme appartenant à la foi. » (Lettre apostolique Tuas Libenter à Mgr Gregor von SCHERR, archevêque de Munich et Freisingen, 21 décembre 1863, Denzinger, Éditions du Cerf, n° 2879)

D’après le commentaire de l’abbé Matthias GAUDRON (FSSPX) dans son Catéchisme catholique de la crise dans l’Église, (5ème édition, Éditions du Sel, page 39), cela signifie que le MOU est caractérisé par un enseignement touchant à la foi ou la morale, que les évêques l’enseignent avec autorité (c’est le propre du magistère), de manière universellement unanime et en tant que divinement révélé aux Apôtres ou nécessaires pour garder le dépôt de la foi et donc comme immuable et obligatoire.

Nous rappelons le caractère obligatoire d’un tel document adressé à un seul évêque :

« [Ce que nous venons de dire] est conforme aux enseignements et avertissements que vous savez déjà formulés, vénérable Frère, soit dans Nos Lettres ou Instructions aux divers archevêques et évêques, soit dans celles de Notre prédécesseur Pie VIII, édictées par ses ordres ou par les Nôtres. Il importe peu que ces Instructions aient été données seulement à quelques évêques qui avaient consulté le Siège Apostolique, comme si la liberté était accordée aux autres de ne pas suivre cette décision ! » (Grégoire XVI, Lettre Non sine gravi, à Mgr Étienne MARILLEY, Evêque de Lausanne et Fribourg, 23 mai 1846, Enseignements Pontificaux, n° 190)

Aussi, dès lors que le Pape s’exprime en tant que Pape, sur la foi et la morale, si il s’adresse à ne serait-ce qu’un seul Evêque, il est présumé s’adresser virtuellement à toute l’Eglise.

Le cardinal Louis BILLOT, SJ, expliquera :

« Troisièmement, le concile dit : « s’acquittant de sa charge de pasteur et docteur de tous les chrétiens » et il ajoute : « par toute l’Eglise ». Ces expressions figurent ici pour que la définition soit plus claire. En effet, la doctrine de foi et de mœurs est en tant que telle une doctrine qui oblige toute l’Eglise. […] Car dès qu’on à affaire à une définition digne de ce nom, on doit nécessairement y reconnaître une déclaration adressée à toute l’Eglise et qui émane du pape en tant qu’il exerce sa charge de pasteur et docteur de tous les chrétiens. Et il n’est pas requis que cet acte du pape soit adressé de façon matérielle à tous les fidèles ou à tous les chrétiens ; il suffit qu’il ait l’intention explicite de procéder à un jugement définitif, qu’aucune décision postérieure ne pourra plus modifier, mettant ainsi un terme à une controverse. Pour donner un exemple, on peut citer la lettre adressée par le pape saint Léon le Grand à l’évêque Flavien de Constantinople, qui condamne l’hérésie d’Eutychès et qui définit en termes très précis ce que l’Eglise catholique tout entière doit croire et enseigner, au sujet du mystère de l’Incarnation du Seigneur. Tout le monde compte ce texte parmi les plus célèbres définitions ex cathedra des pontifes romains. » (Tractatus de Ecclesia Christi, question 14, thèse 31, I, I.2, Rome. Traduction française : L’Eglise, Courrier de Rome, 2010, tome II – Sa constitution intime, n°984, pp. 480-481)

Aussi, on verra Pie XII trancher infailliblement et définitivement la question des « méthodes naturelles » lors de son discours du 29 octobre 1951, pourtant adressé matériellement aux seules sages-femmes italiennes ! C’est en tout cas la sentence de tous les moralistes.

Par ailleurs, on en compte plus les Lettres, Bulles et Encycliques adressées à seulement une partie de l’épiscopat mais que tout le monde reconnaît comme portant des définitions obligatoires pour toute l’Eglise à titre définitif.

La doctrine étant par nature universelle, la question que nous devons donc nous poser lorsque nous avons affaire à un document papal traitant de doctrine, adressé matériellement à une portion seulement de l’Eglise, la question à se poser n’est pas « A-t-il l’intention de s’adresser à l’Eglise universelle ?« , mais à l’inverse, présumer qu’il le fait, et en conséquence se demander : « Y a-t-il quelque chose dans le texte ou le contexte qui m’autorise à penser qu’il ne s’adresse pas virtuellement à toute l’Eglise ?« .

Par ailleurs la quatrième condition requise pour caractériser la locution ex cathedra, le prononcement définitif, il suffit que le Pape exprime que cette doctrine est révélée, ou contenue dans la Sainte Ecriture, ou de foi, ou nécessaire à croire pour le salut, ou de droit divin, etc, ou bien au contraire si cette doctrine est dite contraire à la foi etc. En effet, un catholique doit l’assentiment de l’intelligence à l’intégralité du Magistère ; l’Esprit Saint ne peut donc pas permettre qu’une déclaration prétendant manifester la foi puisse errer.

Concile Vatican I

Le concile dans la basilique Saint-Pierre de Rome.

« Or, on doit croire d’une foi divine et catholique tout ce qui est contenu dans les saintes Écritures et dans la Tradition, et tout ce qui est proposé par l’Église comme vérité divinement révélée, soit par un jugement solennel, soit par son magistère ordinaire et universel. » (Constitution Dei filius, chapitre III « De la Foi »).

Léon XIII

« Quant à déterminer quelles doctrines sont renfermées dans cette révélation divine, c’est la mission de l’Église enseignante, à laquelle Dieu a confié la garde et l’interprétation de sa parole ; dans l’Église, le docteur suprême est le Pontife Romain. L’union des esprits réclame donc, avec un parfait accord dans la même foi, une parfaite soumission et obéissance des volontés à l’Église et au pontife Romain, comme à Dieu lui-même.

L’obéissance doit être parfaite, parce qu’elle appartient à l’essence de la foi, et elle a cela de commun avec la foi qu’elle ne peut pas être partagée. Bien plus, si elle n’est pas absolue et parfaite de tout point, elle peut porter encore le nom d’obéissance, mais elle n’a plus rien de commun avec elle. La tradition chrétienne attache un tel prix à cette perfection de l’obéissance, qu’elle en a toujours fait et en fait toujours le signe caractéristique auquel on peut reconnaître les catholiques. C’est ce que saint Thomas d’Aquin explique d’une manière admirable dans le passage suivant :

« L’objet formel de la foi est la vérité première, en tant qu’elle est manifestée dans les Saintes Écritures et dans la doctrine de l’Église, qui procèdent de la vérité première. Il suit de là que quiconque n’adhère pas, comme à une règle infaillible et divine, à la doctrine de l’Église, qui procède de la vérité première manifestée dans les Saintes Écritures, n’a pas la foi habituelle, mais possède autrement que par la foi les choses qui sont de son domaine… Or, il est manifeste que celui qui adhère à la doctrine de l’Église comme à une règle infaillible donne son assentiment à tout ce que l’Église enseigne ; autrement, si, parmi les choses que l’Église enseigne, il retient ce qui lui plaît et exclut ce qui ne lui plaît pas, il adhère à sa propre volonté et non à la doctrine de l’Église, en tant qu’elle est une règle infaillible. La foi de toute l’Église doit être Une, selon cette parole de saint Paul aux Corinthiens (I Cor., 1) : « Ayez tous un même langage et qu’il n’y ait pas de division parmi vous. » Or, cette unité ne saurait être sauvegardée qu’à la condition que les questions qui surgissent sur la foi soient résolues par celui qui préside à l’Église tout entière, et que sa sentence soit acceptée par elle avec fermeté. C’est pourquoi à l’autorité du Souverain Pontife seul il appartient de publier un nouveau symbole, comme de décerner toutes les autres choses qui regardent l’Église universelle » .

Lorsqu’on trace les limites de l’obéissance due aux pasteurs des âmes et surtout au Pontife Romain, il ne faut pas penser qu’elles renferment seulement les dogmes auxquels l’intelligence doit adhérer et dont le rejet opiniâtre constitue le crime d’hérésie. Il ne suffirait même pas de donner un sincère et ferme assentiment aux doctrines qui, sans avoir été jamais définies par aucun jugement solennel de l’Église, sont cependant proposées à notre foi, par son magistère ordinaire et universel, comme étant divinement révélées, et qui, d’après le concile du Vatican, doivent être crues de foi catholique et divine. Il faut, en outre, que les chrétiens considèrent comme un devoir de se laisser régir, gouverner et guider par l’autorité des évêques, et surtout par celle du Siège apostolique. Combien cela est raisonnable, il est facile de le démontrer. En effet, parmi les choses contenues dans les divins oracles, les unes se rapportent à Dieu, principe de la béatitude que nous espérons, et les autres à l’homme lui-même et aux moyens d’arriver à cette béatitude. Il appartient de droit divin à l’Église et, dans l’Église, au Pontife romain, de déterminer dans ces deux ordres ce qu’il faut croire et ce qu’il faut faire. Voilà pourquoi le Pontife doit pouvoir juger avec autorité de ce que renferme la parole de Dieu, décider quelles doctrines concordent avec elle et quelles doctrines y contredisent. De même, dans la sphère de la morale, c’est à lui de déterminer ce qui est bien, ce qui est mal, ce qui est nécessaire d’accomplir et d’éviter si l’on veut parvenir au salut éternel ; autrement, il ne pourrait être ni l’interprète infaillible de la parole de Dieu, ni le guide sûr de la vie humaine. » (Encyclique Sapientiae Christianae, 10 janvier 1890, n° 31 à 34)

Léon XIII explique encore l’origine et la nécessité du MOU :

« Jésus-Christ a institué dans l’Église un magistère vivant, authentique et, de plus, perpétuel, qu’Il a investi de sa propre autorité, revêtu de l’esprit de vérité, confirmé par des miracles, et il a voulu et très sévèrement ordonné que les enseignements doctrinaux de ce magistère fussent reçus comme les siens propres. Toutes les fois donc que la parole de ce magistère déclare que telle ou telle vérité fait partie de l’ensemble de la doctrine divinement révélée, chacun doit croire avec certitude que cela est vrai ; car si cela pouvait en quelque manière être faux, il s’ensuivrait, ce qui est évidemment absurde, que Dieu lui-même serait l’auteur de l’erreur des hommes… Les Pères du Concile du Vatican n’ont donc rien édicté de nouveau, mais ils n’ont fait que se conformer à l’institution divine, à l’antique et constante doctrine de l’Église et à la nature même de la foi, quand ils ont formulé ce décret : « On doit croire de foi divine et catholique… » [suit la citation du Ch. 3 de Dei Filius, DS 3011]. » (Encyclique Satis Cognitum, 29 juin 1896, Enseignements Pontificaux – « L’Église », Desclée, 1959, nn° 571-2).

Pie XI

Ce Pape enseigne à la suite de Léon XIII l’origine et la nécessité du MOU :

« Le magistère de l’Église, établi ici-bas d’après le dessein de Dieu pour garder perpétuellement intact le dépôt des vérités révélées et en assurer la connaissance aux hommes, s’exerce chaque jour par le Pontife romain et les Evêques en communion avec lui ; mais il comporte encore toutes les fois qu’il est nécessaire pour s’opposer plus efficacement aux erreurs et aux attaques des hérétiques ou développer avec plus de clarté ou de détails certains points de la doctrine sacrée, afin de les faire mieux pénétrer dans l’esprit des fidèles, la mission de procéder par décrets à des définitions opportunes et solennelles. » (Encyclique Mortalium animos, 6 janvier 1928. DS 3683)

Pie XII

Lors de la définition du dogme de l’Assomption, Pie XII affirma à deux reprises que le consentement quasi-unanime des évêques constituait un enseignement infaillible :

« Et ceux que « l’Esprit-Saint a établis évêques pour gouverner l’Eglise de Dieu [Actes XX , 28] » donnèrent à l’une et à l’autre question une réponse presque unanimement affirmative. Ce « singulier accord des évêques et des fidèles catholiques [Bulle Ineffabilis Deus, Acta Pii IX, pars 1 , Vol. 1, p. 615.] », qui estiment que l’Assomption corporelle au ciel de la Mère de Dieu peut être définie comme un Dogme de foi, comme il nous offre l’accord de l’enseignement du magistère ordinaire de l’Eglise et de la foi concordante du peuple chrétien — que le même magistère soutient et dirige — manifeste donc par lui-même et d’une façon tout à fait certaine, et exempte de toute erreur, que ce privilège est une vérité révélée par Dieu et contenue dans le dépôt divin, confié par le Christ à son Epouse, pour qu’elle le garde fidèlement et le fasse connaître d’une façon infaillible [Concile du Vatican, Constitution Dei Filius, c. 4.], le magistère de l’Eglise, non point certes par des moyens purement humains, mais avec l’assistance de l’Esprit de vérité [Jean XIV, 26.] et à cause de cela sans commettre absolument aucune erreur, remplit la mission qui lui a été confiée de conserver à travers tous les siècles, dans leur pureté et leur intégrité, les vérités révélées ; c’est pourquoi il les transmet, sans altération, sans y rien ajouter, sans y rien supprimer. » (Constitution apostolique Munificentissimus Deus, 12, 1er novembre 1950)

« Alors, puisque l’Eglise universelle, en laquelle vit l’Esprit de vérité, cet Esprit qui la dirige infailliblement pour parfaire la connaissance des vérités révélées, a manifesté de multiples façons sa foi au cours des siècles, et puisque les évêques du monde entier, d’un sentiment presque unanime, demandent que soit définie, comme dogme de foi divine et catholique, la vérité de l’Assomption au ciel de la Bienheureuse Vierge Marie — vérité qui s’appuie sur les Saintes Lettres et ancrée profondément dans l’âme des fidèles, approuvée depuis la plus haute antiquité par le culte de l’Eglise, en parfait accord avec les autres vérités révélées, démontrée et expliquée par l’étude, la science et la sagesse des théologiens, — nous pensons que le moment, fixé par le dessein de Dieu dans sa Providence, est maintenant arrivé où nous devons déclarer solennellement cet insigne privilège de la Vierge Marie. » (Constitution apostolique Munificentissimus Deus, 41, 1er novembre 1950)

Les théologiens approuvés

Nous rappelons la sentence de Pie IX mentionné plus haut, affirmant l’infaillibilité du témoignage unanime des théologiens, soumis à leurs Evêques.

Mgr ZINELLI

Ce rapporteur de la Députation de la Foi durant le concile Vatican I y déclara :

« L’accord des évêques dispersés a la même valeur que lorsqu’ils sont réunis : l’assistance a en effet été promise à l’union formelle des évêques, et non pas seulement à leur union matérielle. » (Mansi 51, 676A)

Mgr D’AVANZO

Lui aussi rapporteur de la Députation de la Foi durant le Concile Vatican, dans son intervention du 2 juin 1870 au nom de cette Députation affirma :

« Permettez-moi de rappeler comment l’infaillibilité s’exerce dans l’Église. De fait, nous avons deux témoignages de l’Ecriture sur l’infaillibilité dans l’Église du Christ, Luc XXII : J’ai prié pour toi, etc., paroles qui concernent Pierre sans les autres ; et la finale de Matthieu : Allez, enseignez, etc., paroles qui sont dites aux Apôtres mais non sans Pierre… Il y a donc un double mode d’infaillibilité dans l’Église ; le premier est exercé par le magistère ordinaire de l’Église : Allez, enseignez… C’est pourquoi, de même que l’Esprit-Saint, l’esprit de vérité, demeure dans l’Église tous les jours ; de même tous les jours l’Église enseigne les vérités de foi avec l’assistance du Saint-Esprit. Elle enseigne toutes ces choses qui sont soit déjà définies, soit contenues explicitement dans le trésor de la révélation mais non définies, soit enfin qui sont crues implicitement : toutes ces vérités, l’Église les enseigne quotidiennement, tant par le pape principalement que par chacun des évêques adhérant au pape. Tous, et le pape et les évêques sont infaillibles dans ce magistère ordinaire, de l’infaillibilité même de l’Église : ils diffèrent seulement en ceci que les évêques ne sont pas infaillibles par eux-mêmes, mais ont besoin de la communion avec le pape, par qui ils sont confirmés ; le pape, lui, n’a besoin que de l’assistance du Saint-Esprit à lui promise (…) Même avec l’existence de ce magistère ordinaire, il arrive parfois soit que les vérités enseignées par ce magistère ordinaire et déjà définies soient combattues par un retour à l’hérésie, soit que des vérités non encore définies, mais tenues implicitement ou explicitement, doivent être définies ; et alors se présente l’occasion d’une définition dogmatique. » (Mansi 52, 763 D9-764 C7)

Il est toutefois important de souligner qu’il est capital que pour qu’un évêque fasse partie du sujet du MOU, il doit être uni à Pierre, c’est-à-dire au Pape :

« Mais l’ordre des évêques ne peut être regardé comme vraiment uni à Pierre, de la façon que le Christ l’a voulu, que s’il est soumis et s’il obéit à Pierre ; sans quoi il se disperse nécessairement en une multitude où règne la confusion et le désordre. » (Léon XIII, Encyclique Satis Cognitum, 29 juin 1896, Enseignements Pontificaux – « L’Église », Desclée, 1959, n° 605)

Abbé Jean-Michel-Alfred VACANT

« Il ne faut pas oublier que le Concile Vatican range le magistère ordinaire, sur le même pied que les jugements solennels, sans faire aucune distinction entre les vérités qui en sont l’objet. Les théologiens font de même. C’est donc que le magistère ordinaire possède une autorité suffisante, pour rendre de foi catholique une vérité qui était seulement de foi divine. » (Etudes Théologiques sur les Constitutions du Concile du Vatican d’après les actes du Concile, Delhomme et Briguet, Paris – Lyon 1895, Tome 2, ch. III, partie IV, art. 107, n° 662, p. 120)

« C’est ce mode d’enseignement [du magistère] qui, par lui-même, répond le plus pleinement à la mission dont Jésus-Christ a chargé ses apôtres ; car il leur a ordonné de se disperser par toutes les nations, pour enseigner, tous les jours, toute sa doctrine. Ses paroles sont formelles : « Allez instruire tous les peuples et apprenez-leur à garder tout ce que je vous ai dit, et moi je serai avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps » (Matth. XXVIII, 19-20). C’est par cet enseignement que l’Église s’est établie et que la doctrine de Jésus-Christ a été manifestée au monde, avant les définitions solennelles des Conciles et du Saint-Siège, et c’est la première règle de foi dont les Saints Pères aient invoqué l’autorité. » (Etudes Théologiques sur les Constitutions du Concile du Vatican d’après les actes du Concile, Delhomme et Briguet, Paris – Lyon 1895, Tome 2, ch. III, partie IV, art. 107, n° 665, p. 93)

Père Francis DIEKAMP

« Les évêques individuels exercent le susdit magistère ordinaire à la fois dans leur instruction religieuse ordinaire ou dans des instructions de ce type qui ont lieu par leur commandement et sous leur vigilance, et dans les jugements publiés par les Souverains Pontifes et donnés par écrit, dans les Synodes provinciaux ou diocésains, dans la condamnation des erreurs dans les lettres pastorales, dans la publication des catéchismes ou des livres de dévotion qui sont distribués à l’ensemble du diocèse, etc.

Les livres liturgiques prescrits par les évêques et surtout par les Pontifes Romains sont d’une grande importance dans les discussions concernant le dogme. Les lois, les rites et les prières qui y sont contenues témoignent de la foi des pasteurs et des fidèles. Du consensus, selon lequel toutes les églises Orientales et Occidentales s’accordent sur la foi, vient l’obligation de donner l’assentiment de la foi. Le pape Célestin Ier [422-432] enseigna ceci : « Voyons aussi les mystères sacrés des prières des prêtres, qui viennent des Apôtres et qui sont uniformément célébrées dans le monde entier et dans toutes les églises Catholiques, afin que la loi de la prière établisse la loi de la croyance« . (Lettre XXI, 11)

La doctrine des évêques pris ensemble, aussi bien que la définition ex cathedra du Pontife Romain, ne devient pas infaillible par l’assentiment que l’Eglise croyante lui donne ; plutôt elle est infaillible en soi en raison de l’assistance divine, par laquelle elle est préservée de l’erreur. » (Theologiæ Dogmaticæ Manuale, 1917)

Père Sylvester BERRY

« L’autorité de l’enseignement ordinaire des évêques est celui qu’ils exercent en enseignant les fidèles de leurs diocèses respectifs par des lettres pastorales, par des sermons prononcés par eux-mêmes ou par d’autres approuvés en ce but, et par des catéchismes ou autres livres d’instruction par eux édités ou approuvés. Quand les évêques de l’Eglise, ainsi engagés dans le devoir d’instruire leur peuple, sont pratiquement unanimes à proclamer une doctrine de foi ou mœurs, on dit qu’ils exercent l’autorité de l’enseignement universel , et sont alors infaillibles quant à cette doctrine. En d’autres termes, une doctrine de foi ou de mœurs à laquelle la quasi- totalité des évêques de l’Eglise adhèrent, est infailliblement vraie. La foi de l’Eglise croyante doit correspondre à la foi proposée par les évêques qui constituent le corps enseignant dans l’Eglise. Par conséquent, si les évêques en tant que corps n’étaient pas infaillibles, toute l’Eglise pourrait être induite en erreur à tout moment, et de ce fait cesser d’être l’Eglise du Christ, le pilier et le fondement de la vérité. » (The Church of Christ, Saint Louis : B. Herder, 1927, pp 466-467.)

Père Reginald-Maria SCHULTES, O.P.

« Le magistère ordinaire et universel est exercé lorsque l’Eglise prêche la doctrine révélée, l’enseigne dans ses écoles, la publie par les évêques, et en témoigne et l’explique par les Pères de l’Eglise et les théologiens. » (de Ecclesia Catholica Prælectiones Apologeticæ, Paris: Lethielleux, 1931, p. 355.)

Père Timothée ZAPELENA, S.J.

« Le collège épiscopal succédant au collège apostolique, il est infaillible en proposant une doctrine révélée ou liée à la Révélation… Or ce collège ne se trouve pas moins dans le magistère ordinaire ou dispersé des évêques, que dans leur magistère extraordinaire ou solennel. Donc les évêques ne sont pas moins infaillibles lorsqu’ils enseignent de manière concordante par leur magistère ordinaire que lorsqu’ils exercent leur magistère extraordinaire ou solennel. Et vraiment, l’assistance et les promesses du Christ ne sont nullement limitées à l’exercice du magistère solennel et extraordinaire; bien plus, elles regardent plutôt le magistère ordinaire et quotidien des évêques : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps » (Matth. XXVIII, 20). » (De Ecclesia Christi, pars altera, Gregoriana, Roma 1940, pp. 60 et ss)

Mgr Valentino ZUBIZARRETA

« Le corps des Evêques en union avec le Pontife romain, soit réuni en concile, soit dispersé sur la terre, est sujet du magistère infaillible, car ce corps des Pasteurs en union avec le Pontife romain tient la place du collège apostolique et lui succède, et, par droit d’héritage, reçoit la charge d’enseigner, de gouverner et de sanctifier les hommes avec la prérogative d’infaillibilité. » (Theologia dogmatico-scholastica ad mentem S. Thomæ Aquinatis, vol. I, Theologia Fundamentalis, Tratt. II, Q. XIX, a. III, § 3, nn° 461, Bilbao 1948, p. 39)

Cardinal Jean-Baptiste FRANZELIN, SJ

« Si, à un moment ou à un autre, l’Église tout entière s’accorde à reconnaître un dogme comme doctrine de foi, cet accord est un critère qui permet de reconnaître une doctrine de tradition divine. C’est pourquoi, il n’y a aucun doute : lorsque toute l’Église s’accorde ainsi dans le passé, et lorsque, d’une façon on ne peut plus éclatante, on observe cet accord à toutes les époques, cette unanimité démontre l’existence d’une tradition divine. De la sorte, ce qui a été cru en tous lieux et en tous temps par tous les fidèles ne peut pas ne pas être révélé et faire l’objet d’une tradition divine. » (La Tradition, Courrier de Rome, 2008, thèse 24, n° 502, p. 354)

http://courrierderome.org/sites/default/files/CdR_04_2016.pdf

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8 commentaires sur “L’infaillibilité du magistère ordinaire-universel

  1. CARLOS BEXIGA
    20 mai 2017

    Bonjour,

    Mais alors le Pape François qui ouvre l’accès aux sacrement aux catholiques divorcé-remariés, est-il oui ou non dans la Vérité, dans la fidélité à son statut de gardien du Dépôt de la Foi ?
    Même s’il dit que son encyclique n’est pas dogmatique, il n’empêche que c’est sous son autorité papale qu’il proclame cette-ci. J’avoue être très mal à l’aise avec ce pape. J’ai l’impression que ce pape a ouvert une brèche regrettable dans le Trésor spirituel de la Foi.

    • Ressources Catholiques
      22 mai 2017

      Bonjour,

      Le Pape François est un grand mystère, comme tous les Papes depuis Jean XXIII. Mais son exhortation apostolique n’entre pas dans le champs du magistère ordinaire-universel.

      In Christo,

      Nicolas

      • CARLOS BEXIGA
        22 mai 2017

        Bonjour Nicolas,

        Ah bon ? Mais je croyais que les encyclique en découler ? Mais alors pourquoi certains évêques maltais entre autre, ont profité de « Amoris Laetitiae » pour autoriser certains divorcés remariés à recevoir la communion ? Et le Magister de l’Église ne les pas rappelés à l’ordre ?

        Fraternellement, Carlito

      • Ressources Catholiques
        22 mai 2017

        Bonjour,

        Non les encyclique n’en découlent pas, même si elles s’en inspirent. Les évêques maltais en question sont des hérétiques, il faut les ignorer.

        Fraternellement,

        Nicolas

      • CARLITO
        22 mai 2017

        Merci Nicolas, Tu me rassures !

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Cette entrée a été publiée le 19 mai 2017 par dans Foi Catholique.
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