+†+Yesus Kristus azu+†+

« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

Qui de saint Pierre ou de saint Jacques avait la primauté au concile de Jérusalem ?

Toutes les preuves de la Papauté : ici

imageLe chapitre XV des Actes des Apôtres rapporte le concile de Jérusalem qui se tint en l’an 49 ou 50. Ce concile fut réuni pour régler une question sur le persistance de l’Ancienne Loi. Il fallait en effet décider si les nouveaux chrétiens venant du paganisme devaient être circoncis ou non. Le concile réunit à Jérusalem, les Apôtres ainsi que saint Paul, saint Barnabé et les Anciens.

Les non-catholiques affirment que cet épisode est la preuve que saint Pierre n’était pas le chef des Apôtres car, disent-il, ce n’est pas lui mais saint Jacques qui eut le dernier mot. Nous démontrerons ici que si Pierre n’a pas le dernier mot, il n’en était pas moins le chef et nous montrerons pourquoi Jacques a parlé  en dernier.

Voici le plan de notre étude :

I) Les manifestations de Pierre comme chef

A) Pierre se lève

B) Pierre impose le silence

C) Remarque sur le raisonnement de l’assemblée

II) Qu’en est-il de l’intervention de Jacques ?

A) Pierre pose le principe dogmatique, Jacques introduit une exception pastorale

B) La décision de Pierre demeure tandis ce que celle de Jacques est déjà souplement appliquée par Paul

III) L’humilité de Pierre : motif de son silence au début des débats

A) Son habitus d’humilité

B) Un pouvoir pourtant incontestable

IV) Le pouvoir de l’Eglise

V) Le jugement des Pères de l’Eglise

A) Le très savant saint Jérôme

B) La position de saint Jean Chrysostome

I) Les manifestations de Pierre comme chef

Nous savons que le concile a décidé qu’il n’était pas nécessaire aux païens convertis de passer par les rites juifs, aussi, cette décision fut impulsée par Pierre. En effet, nous lisons en Actes XV, 7 qu’une « grande discussion s’était engagée », puis que Pierre intervient. Aussi cette intervention manifeste son rôle de chef de deux manières.

A) Pierre se lève

Premièrement, il est écrit : « Pierre se leva ». Cela signifie que toute l’assemblée étant assise, il pouvait, lui, se permettre de prendre un posture de domination pour imposer son jugement.

B) Pierre impose le silence

Deuxièmement, il est écrit que qu’après son intervention dans laquelle il disait que hautement que les païens ne doivent pas être circoncis pour devenir chrétiens (Actes XV, 7-11), « Toute l’assemblée se tut » (Actes XV, 12). C’est significatif car avant que Pierre ne prenne la parole, « une grande discussion s’était engagée » (Actes XV, 7) et après qu’il eut fini de parler, c’est le silence ! Que comprendre par-là sinon une soumission à la parole du chef ?!

Les débats se sont donc organisés en trois temps. Premièrement « une grande discussion s’était engagée » (Actes XV, 7). Deuxièmement Pierre se lève et rend son jugement (Actes XV, 7-11), ce qui impose le silence à toute l’assemblée (Actes XV, 12). Puis, d’autres interventions eurent lieu, mais nullement comme avant que Pierre ne parle pour faire valoir leur avis contre celui des autres qui s’exprimaient, mais bel et bien pour faire des déclarations dans la dépendance de celle de Pierre et en rapport avec celle-ci. C’est d’abord Paul et Barnabé qui parlèrent pour raconter les miracles et les prodiges que Dieu avait fait par eux au milieu des Gentils (Actes XV, 12) : les deux compagnons ne faisaient pas passer les païens convertis par la circoncision, c’est donc un témoignage à l’appui de Pierre ! Ils ne cherchaient plus à argumenter contre les partisans de la circoncision, car ceux-ci s’étaient tus, ils ne faisaient que confirmer par l’exemple que la décision de Pierre était vraie. Puis c’est saint Jacques qui prend la parole, mais non pas pour opposer sa décision à celle de Pierre, mais pour lui apporter un tempérament pastoral, comme nous allons le voir à la section suivante.

C) Remarque sur le raisonnement de l’assemblée

Certains seraient tentés de rétorquer que si c’est la décision de Pierre qui fut retenue ce n’est pas parce qu’il était le chef, mais parce que c’est tout simplement l’Esprit Saint qui a décidé de parler par lui. Et bien en réalité s’est effectivement l’Esprit Saint qui a parlé par lui, mais non seulement cela ne réfute pas son autorité mais au contraire la confirme ! En effet, les lecteurs moderne de la Bible savent que les paroles de saint Pierre viennent de l’Esprit Saint parce que la Bible leur atteste, et ils peuvent ne pas réaliser la manière dont s’est dérouler la scène. Pensons à ceux qui ont vécu la scène en direct : quel motif avaient-ils de croire que l’Esprit Saint s’exprimait plus par la bouche de saint Pierre que par celle d’un des nombreux autres qui s’étaient déjà exprimé lors de « la grande discussion qui s’était engagée » ? C’est tout simplement parce qu’ils avaient conscience de l’autorité dont saint Pierre était investi, et qui avait pour conséquence qu’au sein des apôtres, c’était par lui que l’Esprit Saint s’exprimait !

Voyons maintenant ce qu’il en est de la fameuse intervention de saint Jacques.

II) Qu’en est-il de l’intervention de Jacques ?

A) Pierre pose le principe dogmatique, Jacques introduit une exception pastorale

« Et si Jacques parle après lui, ce n’est pas pour discuter son opinion, mais uniquement, parce que, préposé à l’Église de Jérusalem, il juge qu’il y a lieu d’imposer aux Gentils quelques prescriptions de la loi juive dont l’infraction pourrait scandaliser les chrétiens d’origine juive qui forment la masse de son Église.

[note de bas de page: ] Jacques demande que les Gentils aient à s’abstenir de quatre pratiques : « des souillures des idoles » (c’est-à-dire des viandes offertes aux idoles), « de l’impureté » que les païens ne regardaient pas comme un désordre grave, « des viandes étouffées et du sang » dont l’usage était interdit aux Juifs (Actes XV, 20). A ses yeux, outre que ces prescriptions éviteront le scandale des faibles, elles seront de nature à aplanir les diffi­cultés de rapports entre les chrétiens de différente origine. » (Abbé Augustin BOULENGER, Manuel d’apologétique, 1920, 3ème patrie, section 1, chapitre 1, Article 2, § 3)

En effet, comme nous l’apprend le témoignage unanime de toute l’antiquité chrétienne, c’est Jacques qui était devenu l’évêque de l’Église locale de Jérusalem, laquelle était composée en très grande majorité de juifs convertis. Et ces juifs auraient très mal vécu, se seraient scandalisés, qu’on « envoie balader » du jour au lendemain toutes les coutumes de l’Ancienne Loi. Son intervention n’a donc pas pour but de contredire Pierre mais d’obtenir une concession pratique afin de ne pas scandaliser les chrétiens venus du Judaïsme

On doit aussi souligner qu’au début de son intervention, Jacques fait référence à celle de Pierre et place donc la sienne dans la dépendance de celle de Pierre : « Lorsqu’ils se furent tus, Jacques prit la parole et dit : « Frères, écoutez-moi. Simon a raconté comment tout d’abord Dieu a visité les Gentils pour y prendre un peuple qui fût sien.«  » (Actes XV, 13-14).

Ainsi, l’arrêt de la circoncision, imposée par Pierre devient la règle générale, et sa continuation n’est qu’une exception pratique pour les anciens juifs qui ont le droit pour leur part de ne pas l’arrêter tandis ce que les anciens païens en sont dispensés. Et d’autres dispositions « indolores » de l’Ancienne Loi (exposées en Actes XV, 20), seront quant à elles imposées aux anciens Gentils de Jérusalem pour ne pas créer de trouble. La finalité de l’intervention de Jacques n’était rien d’autre que d’assurer la bonne coexistence entre les chrétiens de différentes origines, pas de contester saint Pierre ! D’ailleurs, aujourd’hui encore, chez tous les chrétiens, y compris les non-catholiques, la décision de Pierre demeure, mais celle de Jacques a disparu !

B) La décision de Pierre demeure tandis ce que celle de Jacques est déjà souplement appliquée par Paul

En effet, quelle église chrétienne interdit à ses membres issus des  peuples anciennement païens de manger de la viande étouffée ou de consommer du sang (comme du boudin par exemple) ? C’est parce que la décision de Pierre était un prononcement doctrinal définitif et infaillible, tandis ce que celle de Jacques avait pour seule finalité d’assurer la paix durant la période transitoire qu’il vivait sur l’instant.

Et de fait, dès l’âge apostolique, nous lisons dans les Epîtres de saint Paul que les chrétiens issus du paganisme peuvent manger de la viande offerte aux idoles, à conditions qu’ils n’attachent aucune importance à leur origine, et qu’ils s’assurent que leur conduite ne scandalisera pas les âmes les plus faibles (I Corinthiens VIII ; X, 25-29).

En résumé : c’est Pierre qui a prit la décision principale, c’est lui qui édicte la règle, le principe, la loi de l’Église, Paul lui reprochera même d’en mettre l’application en péril lors de l’incident d’Antioche. Et Jacques n’a fait que demander une dérogation locale. Donc bien loin de réfuter la primauté de Pierre, la Concile de Jérusalem la prouve plutôt !

III) L’humilité de Pierre : motif de son silence au début des débats

A) Son habitus d’humilité

Le silence de Pierre au début des discussions et la permission qu’il fit à Jacques de parler après lui s’expliquent par son attitude générale d’humilité. Nous avons plusieurs exemples de cette grande humilité de Pierre.

Après qu’en Actes XI, 1-3 des chrétiens judaïsants aient fait des reproches à Pierre sur sa conduite lorsqu’il mangea avec le centurion Corneille, Pierre qui aurait pu répondre par son seul pouvoir d’imposer l’obéissance de la foi, préfère répondre charitablement en expliquant en Actes XI, 4-17 sa vision de Actes X. C’est une preuve de son attitude générale d’humilité.

En I Pierre V, 1, il parle de lui comme d’un « ancien », alors qu’il est évident qu’il est bien plus qu’un simple « ancien ».

Autre signe de son humilité : juste après cette description de lui-même comme « ancien », il exhorte les anciens en leur disant :

« paissez le troupeau de Dieu qui vous est confié, veillant sur lui, non par contrainte, mais de bon gré ; non dans un intérêt sordide, mais par dévouement ; non en dominateurs des Eglises, mais en devenant les modèles du troupeau. » (I Pierre V, 2-3)

Tout en demandant aux chrétiens d’être soumis :

« De même, vous qui êtes plus jeunes, soyez soumis aux anciens ; tous, les uns à l’égard des autres, revêtez-vous d’humilité, car « Dieu résiste aux orgueilleux et donne sa grâce aux humbles. » » (I Pierre V, 5)

B) Un pouvoir pourtant incontestable

Or ceux qui nient que Pierre fut Pape reconnaissent qu’il était apôtre à l’égal de Paul. Et saint Paul n’affirme-t-il pas qu’il a le pouvoir d’imposer l’obéissance de la foi (Romains I, 5 ; XVI, 26) ?

Saint Paul, et donc saint Pierre, avaient aussi droit d’exiger l’obéissance dans le gouvernement (I Thessaloniciens II, 7 ; Philémon, 8-9) ?

« alors que nous aurions pu, comme apôtres du Christ, prétendre à quelque autorité, nous avons été au contraire plein de condescendance au milieu de vous. Comme une nourrice entoure de tendres soins ses enfants » (I Thessaloniciens II, 7)

« Voilà pourquoi, bien que j’ai dans le Christ toute liberté de te prescrire ce qu’il convient de faire, j’aime mieux, au nom de cette charité, t’en supplier. Tel que je suis, moi, Paul, vieux, et de plus actuellement prisonnier pour Jésus-Christ, » (Philémon 8-9)

Bien plus, saint Paul montre clairement son pouvoir supérieur de juridiction sur toute la Crète lorsqu’il en nomme saint Tite pour Archevêque en lui donnant consigne d’ « achever de tout organiser » et d’ « établir des Anciens dans chaque ville » (Tite I, 5) : saint Paul est donc supérieur à saint Tite qui est lui-même supérieur à tous les futurs « anciens » de l’île de Crète. Au début de cette phrase, saint Paul dit à saint Tite : « Je t’ai laissé en Crète », cela signifie que lorsqu’il dit cela, c’est qu’il octroie une juridiction à un Evêque sur un territoire donné. C’est donc en tant qu’Evêque qu’il laissa saint Timothée à Ephèse : « Je te rappelle l’exhortation que je te fis en partant pour la Macédoine, de rester à Ephèse, afin d’enjoindre à certaines gens de ne pas enseigner d’autres doctrines » (I Timothée I, 3) : il lui donne le pouvoir d’enseigner. Or si Paul est supérieur à celui qui a pouvoir de nommer les anciens, s’il est capable de donner juridiction à des Evêques, Pierre l’est mécaniquement aussi. S’il ne se désigne que comme « ancien » ce n’est que par humilité, et personne ne peut soutenir qu’il n’était que, ou qu’il ne se considérait pas que comme, un simple ancien égal aux autres. S’il est contesté par des partisans de la circoncisions qui se permettent de s’en prendre à un apôtre, cela ne remet nullement en cause sa qualité d’apôtre et par là l’autorité qui lui est due.

Aussi cela ne signifie pas en soi que saint Pierre était chef eu concile de Jérusalem (cela, nous l’avons prouvé dans les sections précédentes), mais la mise en lumière de cette attitude d’humilité même dans les situations ou personne ne niera qu’il avait autorité, prouve que son silence au début des débats ne signifie en rien qu’il n’était pas le chef.

IV) Le pouvoir de l’Eglise

La promulgation de la décision, prise au concile de Jérusalem, montre la puissance de l’Église et des conciles.

Considérez que dans Actes XV, les Apôtres, conduits par St Pierre et par leur propre autorité reçue du Christ, sont parvenus à une décision après que Jésus ait quitté la terre. Ce procédé continua au cours de l’histoire de la vraie Eglise de Jésus-Christ : l’Eglise Catholique. Puisque l’Eglise est le pilier et le fondement de la vérité – comme nous le lisons dans I Timothée III, 5 – ses commandements, ses préceptes, et ses décisions, sont obligatoires s’ils sont conférés par l’autorité de l’évêque suprême : le Pape. Celui-ci a en effet, le pouvoir de lier et de délier qu’il tient du Christ ; c’est pourquoi, après le Concile de Jérusalem, Paul prêcha que les gens devaient suivre ces préceptes :

Actes XVI, 4 dit :

« En passant par les villes, ils enseignaient aux fidèles à observer les décisions des Apôtres et des prêtres de Jérusalem. »

C’est-a-dire à garder la décision de saint Pierre !

Saint Ignace d’Antioche écrit vers 107 :

« Hormis l’évêque, que personne ne fasse quoi que ce soit qui se rapporte à l’Eglise. La seule et vraie Eucharistie, est celle réalisée par l’évêque ou par celui qui l’a nommé à cette fonction. Où que soit l’évêque, il doit y avoir la congrégation, tout comme ‘Là où est Jésus-Christ, là est l’Eglise Catholique ». (Lettre aux Smyrniotes, VIII)

V) Le jugement des Pères de l’Eglise

A) Le très savant saint Jérôme

Saint Jérôme de Stridon (347-420) qui eut accès à deux immenses bibliothèques aujourd’hui disparues, qui contenaient un très grand nombre d’écrits anciens : la Bibliothèque d’Alexandrie et la Bibliothèque de Constantinople, affirme que saint Pierre rendit sa décision, et que « l’apôtre saint Jacques et tous les autres prêtres s’en tinrent à son opinion » :

« Certains prédicateurs venus de la Judée disaient au peuple : « Si vous n’êtes circoncis selon la pratique de la loi de Moïse, vous ne pouvez être sauvés. Une violente sédition s’étant élevée contre Paul et Barnabé, il l’ut résolu que les accusés et que les accusateurs iraient à Jérusalem vers les apôtres et les prêtres pour les consulter sur cette affaire. Lorsqu’ils y furent arrivés, certains Pharisiens qui s’étaient convertis à la foi se récrièrent, disant : Il faut qu’ils soient circoncis ; il faut qu’ils soient tenus d’observer la loi de Moïse. » Une grande contestation s’étant élevée à ce sujet, Pierre, avec la franchise qui le caractérisait, se leva : « Frères, dit-il, vous savez depuis combien de temps Dieu m’a choisi d’entre nous, pour faire entendre aux Gentils les paroles de l’Évangile et les amener à la foi ; et Dieu qui tonnait les coeurs a approuvé leur bonne volonté en leur accordant comme à nous les grâces du Saint-Esprit, et il n’a point établi de distinction entre eux et nous, puisqu’il a purifié leurs coeurs par la foi. Pourquoi donc voulez-vous imposer à nos disciples un joug que ni nous ni nos pères n’avons jamais pu porter ? Mais nous croyons que c’est par la grâce de Notre Seigneur Jésus-Christ que nous serons sauvés, eux ainsi que nous. Alors toute la multitude garda le silence » ; et l’apôtre saint Jacques et tous les autres prêtres s’en tinrent à son opinion. » (Lettre 112 à saint Augustin, année 404, n°7, PL, 22, 920)

B) La position de saint Jean Chrysostome

Certains objectent que saint Jean Chrysostome (vers 344-407) écrivit que saint Jacques « présidait l’assemblée » et qu’il avait « le droit de décider ».

A cela nous répondons d’une part que cette exégèse est contraire à la vérité biblique, comme nous l’avons démontré plus haut. Et d’autre part que cette position de saint Jean Chrysostome au sujet de cet événement est étrange car elle contredit tout ce qu’on peut lire ailleurs sous sa plume au sujet de la primauté de Pierre. Par exemple, en interprétant Jean XXI, 15-17, il dit clairement que Pierre commande sur tous les autres :

« Et ce Fils lui-même, pourquoi a-t-il versé jusqu’à la dernière goutte de son sang? si ce n’est pour racheter les brebis qu’il a remises aux mains de Pierre et de ses successeurs. Jésus-Christ disait encore : Quel est le serviteur fidèle et prudent que son maître a établi pour gouverner sa maison? (Matth. XXIV, 45.) Voilà encore des paroles qui ont l’apparence du doute; mais celui qui les prononçait ne doutait pas davantage en les prononçant, que lorsqu’il demandait à Pierre s’il l’aimait, moins pour s’assurer de son amour que pour montrer la grandeur du sien. De même ici quand il demande : Quel est le serviteur fidèle et prudent? Jésus-Christ le connaît assez : seulement il veut nous montrer la rareté de tels serviteurs et la grandeur de leur ministère. Qu’on en juge par la grandeur de la récompense qu’il leur destine : Je vous dis en vérité qu’il l’établira sur tous ses biens. (Matth. XXIV, 47.) Soutiendras-tu maintenant que ce n’est pas pour ton bien que je t’ai trompé ? Toi qui vas être préposé au gouvernement des biens de Dieu, charge qui a valu à saint Pierre sa puissance et sa haute prééminence sur le reste des apôtres, selon cette parole : Pierre, dit le Seigneur, m’aimes-tu plus que ceux-ci ? pais mes brebis. (Jean XXI, 15.) Il aurait pu dire : situ m’aimes, jeûne, couche sur la dure, veille sans cesse, protège les opprimés, sois le père des orphelins, le défenseur de la veuve ; mais non: laissant là toutes ces oeuvres, que dit-il ? Pais mes brebis. » (Du sacerdoce, II, 1-2)

« Dieu seul peut accorder la rémission des péchés et décider qu’à l’avenir son Église demeure stable au milieu de l’assaut et du déchaînement de tant de flots si violents, tandis que son pasteur et son chef, un pêcheur et un inconnu aux yeux de l’univers, serait vainqueur dans le combat que lui livrerait la terre entière en lui opposant une résistance plus solide que l’acier. Voilà toutes les assurances que le Christ promet de donner, et ce sont des gages que Dieu seul peut offrir. […] C’est lui », c’est-à-dire saint Pierre, « que le Christ a établi à la tête de tout l’univers. » (Homilia 54 (alias 55) in Matthæi Evangelium, § 2 sur Mt, 16 / 18 – PG, 58 / 534)

« Jésus lui dit : Paissez mes agneaux’ ». Et pourquoi Jésus-Christ, laissant là les autres apôtres, parle-t-il à Pierre seul de ce soin et de cet amour? Entre les apôtres, Pierre était le plus grand et le plus éminent; il était la langue et le chef du collège…son renoncement était effacée : c’est pourquoi il lui confie le gouvernement de ses frères, et il ne lui rappelle, il ne lui reproche point son renoncement, mais il lui dit : Si vous m’aimez , recevez le gouvernement de vos frères. […] Le Christ dit à saint Pierre : Suis-moi, et par ces mots il lui indique la charge qu’il lui donne et lui montre l’amour plus intime qu’il a pour lui. Et si l’on hésite à admettre cette explication, en demandant comment il se fait que saint Jacques ait reçu le siège de Jérusalem, je réponds que c’est saint Pierre qui a été établi comme le maître à la tête de tout l’univers. […] Car le Seigneur avait confié à saint Pierre de grandes responsabilités, il lui avait commandé de prendre soin de tout l’univers, il lui avait prédit son martyre et il l’avait désigné comme étant supérieur aux autres » (Commentaire sur l’Evangile selon St Jean, 88 (alias 87), 1, Saint Jean Chrysostome — Oeuvres complètes ; sous la direction de M. Jeannin , L. Guérin & Ce, Éditeurs 1865, Tome 8, Chapitre 88 , page 553)

En d’autres occasions il écrit :

« Saint Pierre, le coryphée de cette assemblée, […] mis à la tête du monde entier, […] fondement de l’Eglise. » (Homélie sur le passage Hoc scitote [II Timothée III, 1], n°4 dans PG, 56/275)

« Pierre lui-même, la tête, ou couronne, des Apôtres, le premier dans l’Eglise, l’ami du Christ, qui reçu la révélation non d’un homme mais du Père… Ce Pierre, quand je dis Pierre, je nomme cette pierre incassable, ce ferme fondement, de ce grand apôtre, le premier des disciples, le premier appelé, le premier obéissant à la voix du divin maître. » (De Eleemosyna, Homélie 3, De poenit.4 [387])

« [Pierre] Le premier des apôtres, la fondation de l’Eglise, le coryphées du chœur des disciples. » (Ad eos qui scandalizati 17)

« Il s’agissait de confier à l’apôtre Pierre les Eglises de l’univers entier, la multitude des peuples, et pour tout dire, les clefs du royaume des cieux. Que lui dit en effet le Seigneur ? Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel. Mais voyez dans quel péché il a permis que tombât ce grand apôtre le chef de tout le collège apostolique, ce fondement inébranlable, cette pierre immobile, capable de résister à tous les assauts, ce prince de l’Eglise, ce port imprenable, cette forte et invincible tour. Pierre, dis-je, cette colonne et ce rempart de l’Eglise, a cédé non pas même à des menaces, mais à un simple mot d’une servante. Un mot d’une simple fille s’est fait entendre, et cette colonne a été ébranlée. Elle a dit, et le rempart a chancelé. Dieu a permis ce péché dans celui qui allait avoir la charge de l’Eglise entière, dans cette colonne de toutes les Eglises du monde, dans ce port où la foi ne pourra faire naufrage, dans ce docteur chargé de l’enseignement de tout le monde, sans doute pour que, lorsqu’il aurait à gouverner les peuples, il ne se montrât pas sévère et inexorable, mais plutôt compatissant pour les fautes de ses frères. » (Homélie sur les saints Pierre Apôtre et le prophète Élie)

Et il dit que la « ville royale », c’est-à-dire Rome, brille de son éclat :

« Saint Pierre, pêcheur, […] ayant conquis la ville royale entre toutes brille encore après sa mort d’un éclat plus vif que celui du soleil. » (Sur le psaume 48, n° 6 dans PG, 55/232)

Saint Jean Chrysostome, chassé à deux reprises de son siège de Constantinople par les évêques courtisans, et envoyé en exil, il en appelle au jugement de l’évêque de Rome, Innocent Ier, en lui adressant deux lettres, qui figurent au troisième tome de ses œuvres. Nous suggérons de lire ce qu’en écrit Mgr Justin FÈVRE dans son Histoire apologétique de la Papauté, tome III, pages 183-189.

Dans la première, il dit qu’il faut informer l’évêque de Rome des affaires les plus graves, afin qu’il puisse au plus vite intervenir (n° 1) (PG, 52/530-531.) et il ajoute que c’est son rôle d’écrire pour éviter que le jugement injuste garde sa valeur (n° 4) (PG, 52/534.). Dans la seconde (PG, 52/535-536.), dit-il, la vigilance du pape doit se faire d’autant plus avertie que les flots s’élèvent plus haut, que les récifs cachés dans les vagues sont plus nombreux et que les tempêtes font davantage rage : tel un bon pilote, il se doit se tenir particulièrement éveillé quand il voit la mer se gonfler. Il insiste en disant que le pape Innocent doit combattre pour défendre le monde entier, pour protéger les églises ruinées et abattues, pour réunir les peuples divisés, pour soutenir le clergé persécuté, pour venir en aide aux évêques exilés, pour réagir en faveur de la constitution des pères qui a été violée. Il précise que la charité du pape a été pour lui comme un rempart, une sécurité, un port, un trésor de biens sans nombre, une source de joie et d’allégresse merveilleuse.

Il existe des contestations au sujet de la doctrine de saint Jean Chrysostome. Certains disent qu’ils ne croyait pas à la fondation de l’Église sur l’as personne de saint Pierre, la réponse est dans cet article et celui-ci ; d’autres disent qu’il ne reconnaissait pas la primauté romaine, la réponse détaillée est dans celui-ci.

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9 commentaires sur “Qui de saint Pierre ou de saint Jacques avait la primauté au concile de Jérusalem ?

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  3. Christian GUIE
    25 février 2016

    (Y) cool

  4. Andrea Kouadio
    25 février 2016

    Bonsoir. J’aime vous lire , j’apprends beaucoup à travers vos écrits. Que le Seigneur vous bénisse et continue de vous donnez sa lumière. J’ai une demande , qui est la suivante : est ce que vous pouvez parler du baptême des Bébés dans l’église catholique , j’entends souvent dit que le baptême c’est pour ceux qui sont grand et consciencieux , et aussi parler du baptême par aspersion, je vue une évangélique écrire comme quoi le baptême catholique était pas reconnu Parce qu’il n’est pas fait pas immersion. Donc voilà j’ai un peu fouillé pour voir si vous avez écrit sur le baptême mais j’ai rien vue. Merci et bonne soirée.

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