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« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

Apologie pour le Pape saint Grégoire le Grand (590-604)

Dossier sur les accusations portées contre les Papes dans l’Histoire : ici

Certains négateurs de la Papauté affirment que le Pape Saint Grégoire le Grand (vers 540-604) a lui-même contredit la Papauté et nié d’autres dogmes catholiques. Nous allons ici démontrer que c’est faux, et que saint Grégoire était bel et bien catholique !

Voici le plan de notre étude :

I) Saint Grégoire le Grand a-t-il nié la Papauté en refusant le titre « d’évêque universel » ?

II) Saint Grégoire le Grand a-t-il enseigné le Filioque ?

III) Saint Grégoire le Grand a-t-il nié l’inspiration des livres des Maccabées ?

I) Saint Grégoire le Grand a-t-il nié la Papauté en refusant le titre « d’évêque universel » ?

L’un des arguments favoris des ennemis de la Papauté est que Saint Grégoire le Grand (vers 540-604) dans plusieurs lettres, a refusé les titres de « pape universel » et d’ « évêque universel ». Or sous la plume de saint Grégoire, ces mots n’avaient absolument pas le sens que leur prêtent les anti-romains, et qu’ils se conduisit même comme un Pape catholique moderne. C’est ce que nous démontrons dans notre article :

Saint Grégoire le Grand et le titre d’ « Evêque universel »

Voici le plan de cette étude :

I) La vraie signification d’une telle posture

A) Saint Grégoire entend par là ne pas nier leur épiscopat aux autres Evêques

B) Le sens qu’a le terme « universel » dans ce contexte

1) Saint Grégoire affirme que saint Pierre avait un pouvoir souverain sur tous les autres apôtres…

2) …et lui refuse le titre « d’apôtre universel » !

II) L’Autorité suprême du Siège de Pierre dans l’esprit de saint Grégoire

A) Saint Grégoire se dit successeur de Pierre

B) Saint Grégoire affirme l’Autorité du Siège de Pierre

C) Saint Grégoire ne dit-il pas que saint Pierre a trois successeurs sur les sièges de Rome, Antioche et Alexandrie ?

1) Un pouvoir de droit ecclésiastique délégué par saint Pierre

2) Un argument anti-romain démenti par l’histoire

3) Un argument d’autorité pour les Orthodoxes, gallicans, vieux-catholiques et tout autres qui reconnaissent l’autorité des conciles sans reconnaître celle des Papes

III) Saint Grégoire agissait avec la même autorité qu’un Pape moderne

IV) L’histoire du titre « d’Archevêque universel » prouve tout ce qui vient d’être dit

A) Un titre offert au Pape par le concile de Chalcédoine (451)

1) Le fait nous est connu par saint Grégoire le Grand et lui-seul

2) Une preuve que ce concile était papiste

a) Si le titre est « offert » par le concile pour « honorer » l’Evêque de Rome, n’est-ce pas une preuve que la Papauté catholique n’existait pas ?

b) Dossier sur la reconnaissance de la Papauté par ce concile

C) L’état de la question à l’époque de saint Grégoire le Grand

D) Tous les Papes depuis le concile de Chalcédoine ont refusé ce titre et tous ont agit comme des Papes catholiques : saint Grégoire le Grand les approuve

II) Saint Grégoire le Grand a-t-il enseigné le Filioque ?

Les Pères de l’Eglise enseignaient le Filioque. Nous en proposons une recension dans notre article Le Filioque chez les Pères de l’Eglise. Certains orthodoxes affirment que saint Grégoire fait exception. Mais c’est erroné comme on pourra le constater par ses dires :

« Et de fait l’Esprit vient en chaque fidèle, mais il ne demeure singulièrement que sur un seul médiateur, car il (l’Esprit) ne se sépara jamais de l’humanité de celui dont procède sa divinité. » (Enseignements moraux tirés de Job, II, 56, PL 75, col 598)
« Car l’Esprit Paraclet procède éternellement du Père et du Fils » (Dialogues, II, 38 ; PL 66, col 204)

Lire aussi l’article Le passage des Dialogues de saint Grégoire relatif à la procession du Saint-Esprit par le Père Martin JUGIE (dans Échos d’Orient, 1908, Volume 11, Numéro 73,  pp. 321-331).

III) Saint Grégoire le Grand a-t-il nié l’inspiration des livres des Maccabées ?

Certains affirment que saint Grégoire nia l’inspiration des livres des Maccabées. Nous allons voir son attitude envers d’autres livres deutérocanoniques, avant de voir en parallèle avec l’attitude d’autres Pères de l’Eglise envers les mêmes deutérocanoniques, que ces propos envers les Maccabées n’ont pas le sens que les nos contradicteurs lui prêtent. Nous tirons ce qui va suivre de notre article :

Les livres deutérocanoniques dans l’Histoire de l’Église (2)

Ce Pape cite la Sagesse, l’Ecclésiastique et Tobie en disant « il est écrit » :

« Car il est écrit de lui : Mais par l’envie, la mort du diable est entré dans le monde [Sagesse II, 24]. » (La Règle pastorale, X)

« Qu’ils écoutent ce qui est écrit: « Donne à tout homme qui te demande » [Luc VI, 30]. De peur qu’ils ne donnent quelque chose, même si peu à ceux à qui ils ne devraient rien donner, qu’ils écoutent ce qui est écrit. « Donnez au bonhomme, et ne recevez pas un pécheur; faites du bien à celui qui est humble, et ne donnez pas aux méchants » [Ecclésiastique XII, 4]. Et encore : Étends ton pain et ton vin sur l’enterrement des justes, mais mange et ne bois pas avec les pécheurs [Tobie IV, 17]. » (La Règle pastorale, XX)

Les adversaires des livres deutérocanoniques aiment à rappeler que ce Pape dit :

« pense n’avoir pas mal agi en citant le livre des Maccabées, quoiqu’il ne soit pas canonique, mais écrit seulement pour l’édification de l’Église. » (Morales sur Job, XIX, 21 ; M. L. , LXXI, 119)

Mais d’une part :

« Ce sentiment, que d’ailleurs le Saint Pontife exprimait à titre personnel, reste compatible avec les décisions de ses prédécesseurs, estimées par lui comme purement disciplinaires. » (LUSSEAU et COLLOMB, page 303)

Et d’autre part, cette citation ne nous renseignent que sur le regard que ce Pape portait sur les livres des Machabées, et non sur les autres deutérocanoniques, dont il cite plusieurs passage comme « étant écrit », ce qui signifie leur appartenance à la Bible.

Notons d’ailleurs que cette inclusion d’un ou plusieurs deutérocanoniques dans la Bible, accompagnée d’une liste de livres « pour l’édification des fidèles », mais « ne devant pas être lus dans les églises »,  ne comprenant pas les Machabées, se retrouvaient déjà chez Origène, se bornant à rapporter un canon Juif de son époque, mais aussi comme nous l’avons vu chez saint Athanase, saint Cyrille de Jérusalem, saint Hilaire de Poitiers, saint Grégoire de Nazianze, saint Epiphane de Salamine ainsi que Rufin d’Aquilée,  et comme nous le verrons plus bas, chez saint Jean Damascène. Ces mots de saint Grégoire ne permettent donc bien évidemment pas d’affirmer qu’il croyait en leur inspiration, mais ne permet pas non plus à nos contradicteurs d’affirmer qu’il n’y croyait pas.

Ainsi, le simple fait que l’antiquité chrétienne nous mette sous les yeux des exemples de Pères de l’Eglise ayant nié la canonicité de tout ou partie des deutérocanoniques, tout en les reconnaissant comme inspirés, interdit de conclure de conclure quoi que ce soit contre l’infaillibilité du Pape de cette déclaration de saint Grégoire le Grand.

Bien plus que cela : ces mots sont tirés de ses Morales sur Job, oeuvre qu’il composa en 604, soit la dernière année de sa vie. Aussi il avait déjà écrit ce que nous avons mentionné plus haut, à savoir l’utilisation comme « étant écrit » de la Sagesse, de l’Ecclésiastique et de Tobie. Mais alors qu’il fait cette remarque sur les Machabées, il s’abstient de la faire sur les autres livres deutérocanoniques. Nous avons là une preuve qu’il ne pensait pas le même chose des uns et des autres, et donc une preuve indirecte qu’il considérait comme inspirés et canoniques, au moins la Sagesse, l’Ecclésiastique et Tobie.

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9 commentaires sur “Apologie pour le Pape saint Grégoire le Grand (590-604)

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Cette entrée a été publiée le 31 décembre 2019 par dans Foi Catholique.
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