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« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

Qui doit résoudre les controverses en matière de foi ? Preuves tirées des Pères

Réfutation du ‘sola scritura’ : ici

S.-ROBERTO-BELLARMINO1« Saint Robert Bellarmin, cardinal de l’Église Romaine, de la Compagnie de Jésus, qui, au lendemain de sa très sainte mort, était proclamé homme supérieur, théologien insigne, défenseur acharné de la foi catholique, marteau des
hérétiques. » (Pie XI)

Sur ces mots du Pape, c’est à saint Robert Bellarmin (1542-1621) que nous laissons la parole en citant De Verbo Dei, l. III, c. VI et c. VIII. :

I. Preuves tirées de la pratique constante de l’Église :

Nous le prouvons en troisième lieu par la pratique constante de l’Église. Car, dans tous les siècles, de nouveaux doutes ont surgi dans l’Église. Ces doutes ont toujours pris fin de la même façon, à savoir par le jugement du Pontife romain et des évêques qui l’accompagnaient. Il faut être fou et insolent pour prétendre que ce que l’Église universelle a toujours fait, dit ou écrit est incorrect, comme l’enseigne saint Augustin dans son épître LIV.

Il est à noter que nous ne disons pas que toutes les causes ont été jugées par les Pontifes romains et par les évêques, mais par les Pontifes et les évêques qui étaient alors avec lui. Car on n’a jamais fait de nouveaux Papes ou de nouveaux évêques pour clarifier un doute. Nous disons cela à cause des Confessionistes qui, dans la Confession d’Augsbourg, article XXVIII, professent que c’est aux évêques qu’il appartient de discerner le vrai du faux. Et quand nous leur avons demandé pourquoi ils n’acceptaient pas le concile de Trente, ils répondirent que les évêques de maintenant ne sont pas des évêques mais des ennemis de l’Évangile. Les Ariens et les autres hérétiques ont dit la même chose des évêques de leur temps. Et, en dépit de tout cela, pendant quinze cent ans, les doutes sur la religion ont toujours été écartés par les évêques qui, quand ces doutes apparurent, étaient présents dans les églises selon la succession apostolique. Et ceux qui n’ont pas accepté leur décision ont toujours été considérés comme des hérétiques.

Au premier siècle de l’Église – qui va de la naissance du Christ à l’année 100 -, apparut la question des cérémonies de l’Ancienne Loi. Fallait-il, oui ou non, les faire observer par les Gentils convertis ? Et comme c’était dans l’Église que cette première question s’était posée, la première assemblée ecclésiale a été convoquée, présidée par Pierre, et tous acceptèrent la décision de ce concile (Actes, c. XV), dit de Jérusalem.

Au deuxième siècle, se posa la question de la célébration de la Pâque. Quelques-uns voulaient la célébrer, comme les Juifs, le quatorzième jour du mois, que ce jour tombe un dimanche ou pas, et d’autres, seulement le dimanche. Il est certain que pour régler cette question, aucun concile n’a été convoqué. Le pape Victor, seul, a tranché la question en menaçant d’excommunier toutes les églises d’Asie qui persisteraient dans leur erreur. Eusèbe de Césarée raconte toute cette affaire dans son Histoire Ecclésiastique, l. V, c. 23. Par la suite, ceux qui n’obéirent pas au décret du pape furent déclarés non seulement excommuniés, mais hérétiques. Épiphane (Panarion III), saint Augustin (Des Hérésies XXIX) et Tertullien (De præscriptione hæreticorum) rangent parmi les hérétiques les quartodécimains.

Au troisième siècle, est née l’hérésie des Novatiens. Ils niaient ceux-là que l’Église puisse absoudre les péchés de ceux qui étaient tombés après le baptême. La vérité fut expliquée par un concile romain présidé par le Pape Corneille, comme le rapporte Eusèbe de Césarée en citant Ruffin. Et, à partir de ce moment, les Novatiens ont toujours été tenus pour des hérétiques. Au même siècle est née la question de l’anabaptisme. Et comme même des catholiques hésitaient sur ce point, le pape Corneille décréta qu’il ne fallait pas rebaptiser ceux qui avaient été baptisés par des hérétiques, comme le rapporte Eusèbe de Césarée dans son Histoire Ecclésiastique, l. VII, c. 2. Et après lui, le Pape Étienne écrivit et prescrivit de ne pas rebaptiser ceux qui avaient été baptisés selon la formule de l’Église. De ce décret parle saint Cyprien dans son épître à Pompée [Pompeius], et saint Augustin, Du baptême, l. V, c. XXIII, et Vincent de Lérins dans son Commonitorium.

Au quatrième siècle est née l’hérésie des Ariens, qui a été renversée par le Concile de Nicée. Dans ce concile, il y eut 318 évêques, et ils ont été les seuls juges avec les prêtres Vittone et Vincentio, légats du Siège romain, qui, avec l’évêque Hosius de Cordoue, présidaient au nom du pape Sylvestre. À la fin du concile, les évêques participants écrivirent au pape pour lui demander de confirmer ce Concile. L’empereur Constantin, il est vrai, était présent, mais il n’agit jamais en juge. Ces choses sont racontées dans les tomes des Conciles, dans les histoires d’Eusèbe, de Ruffin, de Socrate, de Sozomène et de Théodoret.

Dans le même siècle, l’hérésie de Macédonius contre l’Esprit Saint a été jugée et condamnée par le concile de Constantinople, confirmé par le Pape Damase, comme l’atteste Photius dans son livre De Septem Synodis. Ce livre a coutume d’être placé au début du premier Tome des Conciles. Au cinquième siècle, l’hérésie de Nestorius a été condamnée par le Concile d’Éphèse, présidé par saint Cyrille au nom du pape Célestin, comme l’atteste Évagre, dans son Histoire Ecclésiastique l. I c. 4. Et peu après a été condamnée l’hérésie d’Eutychès au concile de Chalcédoine, en présence des légats du pape Léon, comme l’atteste Évagre, l. II, c. IV. Une confirmation de ce synode a été également demandée au Pape. Et parmi les signatures, on ne voit ni celle de l’Empereur, ni celle d’aucun laïc, mais uniquement celles des ecclésiastiques.

Pendant le même siècle a été condamnée l’hérésie des pélagiens, celle que Luther semblait détester entre toutes. Mais, c’est par les Pontifes romains qu’elle a été condamnée. Car Augustin s’exprime ainsi dans ses Rétractations, l. II, c. 50: « L’hérésie pélagienne, avec ses auteurs, a été condamnée par les évêques de l’Église de Rome, par Innocent d’abord, par Zosime ensuite, avec l’aide apportée par les conciles africains. ». Et, dans sa chronique, Prosper raconte qu’en l’an 420, 217 évêques au moins se sont réunis à Carthage, et ont fait parvenir au pape Zosime leurs décrets synodaux. Après l’approbation donnée par le pape, l’hérésie pélagienne a été condamnée partout.

Au sixième siècle, plusieurs hérésies ont été condamnées dans ces Conciles qui n’avaient que les évêques pour juges. Au septième siècle, ont été condamnés les monothélites dans le sixième Concile général présidé par les légats du Pontife romain, en présence de l’Empereur qui apposa, lui aussi, sa signature, mais après tous les évêques, non comme définissant ou jugeant ce que les évêques avaient écrit, mais comme y consentant. Au huitième siècle furent condamnés les iconoclastes dans le septième Concile œcuménique, présidé par les légats de Rome. Aucune signature de laïcs n’apparait.

Au neuvième siècle, huit controverses ecclésiastiques furent réglées par un concile présidé par un légat du Pontife romain. L’Empereur y était présent, et il souscrivit après les légats du Pape et les Patriarches. Et il a déclaré de vive voix qu’il ne lui appartenait pas de juger les choses divines, mais seulement de souscrire pour marquer son assentiment. Nous reviendront plus tard sur ces paroles. Pendant le dixième siècle, le plus obscur de tous, aucune hérésie n’est apparue, et c’est sans doute pour cela qu’on ne voie pas qu’aucun concile ait été convoqué. Le schisme et l’erreur des Grecs, qui avaient commencé un peu auparavant, prenaient de plus en plus d’ampleur. Nous parlerons bientôt de sa condamnation.

Au onzième siècle, l’hérésie de Bérenger fut condamnée par le pape Léon IX au concile de Verceil, et par Nicolas II, ensuite, en concile romain. Au douzième siècle a été condamnée une hérésie d’Abélard par le pape Innocent II, comme on le voit dans l’épître CXCIV de saint Bernard. Fut condamnée également l’erreur de Gilbert de la Porrée par Eugène III au concile de Reims, au témoignage de saint Bernard dans son sermon LXX sur le Cantique des Cantiques.

Au treizième siècle, a été condamnée l’erreur de l’abbé Joachim par Innocent III au Concile général du Latran. Et ensuite l’erreur des Grecs par le pape Grégoire X au Concile général de Lyon. De ce concile a été conservé la constitution Fideli sur la Sainte Trinité et la foi catholique. Au quatorzième siècle, ont été condamnées les erreurs des Bégards par Clément V au concile de Vienne. Nous a été conservé la constitution Ad nostrum, sur la clémence envers les hérétiques. Au quinzième siècle, ont été condamnées les erreurs de Jean Wicleff et de Jean Hus au concile de Constance, présidé par Martin V. Et, une fois de plus, les erreurs des Grecs au concile de Florence sous Eugène IV.

Ensuite, dans notre seizième siècle, ont été condamnées les erreurs des Luthériens, au concile de Trente, lequel a été confirmé par le pape Pie IV. Qu’ils exhibent donc un seul exemple de l’antiquité qui démontre l’existence d’une seule hérésie apparue dans l’Église condamnée non par le Pape, mais par l’empereur, ou un prince séculier. Ou qu’ils nomment, s’ils le peuvent, ceux qui ont osé douter de la valeur d’une décision prise par un Concile présidé par un Pape, sans être déclarés eux-mêmes hérétiques.

II. Preuves tirées des témoignages des Pères :

La même chose est avec les témoignages des Pères Grecs et Latins. Saint IrénéeContre les hérésies, l. III, c. 3, enseigne qu’on ne peut pas mettre un terme aux controverses à l’aide des seules Écritures, car elles sont expliquées différemment par les hérétiques. Et ensuite, il enseigne que c’est avec la doctrine de l’Église romaine qu’on met fin aux controverses. « C’est avec cette Église que, à cause de sa plus grande ancienneté, toutes les Églises, c’est-à-dire tous les fidèles de partout, doivent nécessairement s’accorder, car la Tradition qui vient des Apôtres, c’est par elle qu’elle a été conservée. »

Saint Athanase, parlant, dans son Epistola ad solitariam vitam agentes, de l’empereur Constance qui avait usurpé le pouvoir de juger dans les conciles : « À quelle époque avons-nous jamais entendu parler d’une chose pareille ? Quand le jugement de l’Église a-t-il jamais reçu son pouvoir de l’Empereur ? Ou quand le jugement de l’Empereur a-t-il jamais été admis dans les choses ecclésiastiques ? Il y a eu plusieurs synodes par le passé, et l’Église a porté plusieurs jugements. Mais jamais les Pères ne se sont efforcés de persuader au prince des choses qui relèvent de lui, et les princes n’ont pas tenté de mettre leur nez dans les choses ecclésiastiques. » Et plus bas : «  Qui, en le voyant se faire le prince des évêques, et présider aux jugements ecclésiastiques, ne dira pas, avec raison, qu’est arrivée l’abomination de la désolation prédite par Daniel ? » Saint Basile dans son épître LXIX dit à Athanase : « Il semblerait bon, quand on ne peut réunir un synode, d’écrire au pontife de Rome, pour que, usant de son autorité, il envoie de ses légats en Orient pour dissoudre les décrets du concile de Rimini. »

Saint Grégoire de Nazianze, dans le Discours IX dans lequel il s’excuse d’avoir abdiqué de sa charge épiscopale, dit : « Vous, brebis, ne paissez pas les pasteurs, et ne vous élevez pas au-dessus de leurs têtes. Car il vous suffit d’avoir un bon pasteur. Ne jugez pas les juges, et n’imposez pas de lois aux législateurs. » Comment ne jugerait-il pas les juges, et ne paîtrait-il pas les pasteurs celui qui a l’audace de juger la sentence d’un Concile ou d’un Pape ? Et pour que tu ne penses pas que saint Grégoire tenait un autre discours aux princes, il dit la même chose à ses citoyens tremblants de peur et à l’Empereur enragé. Il dit, s’adressant à l’Empereur : « Êtes-vous capable d’entendre une parole libre ? Que la loi de Dieu vous soumet à mon pouvoir et à mon tribunal ? Car nous régnons, nous aussi, et même d’un empire plus grand et plus parfait. Reçois donc une parole plus libre. Et sache que tu es une brebis de mon troupeau ! » Saint Jean Chrysostome dit dans sa dernière homélie sur saint Jean : « Par le Christ, Pierre a été institué maître pour toute la terre. » Saint Cyrille dans le Thesauro, comme il est cité par saint Thomas dans son Opuscule contre les erreurs des Grecs : « Nous devons, nous, adhérer à notre chef, le pontife de Rome. Et cela vaut pour tous. C’est de lui qu’il faut tenir ce qu’il faut croire, ce qu’il faut recevoir. » Voir aussi saint Jean Damascène, dans ses Discours I et II sur les images.

Parmi les latins, Tertullien, dans De præscriptione hæreticorum, expose bellement ce que nous voulons. Il enseigne, d’abord, qu’il ne faut pas discuter de l’Écriture avec les hérétiques. Car comme c’est l’Église catholique qui a la possession et la véritable compréhension des Écritures, il faut d’abord établir quelle est la vraie doctrine de l’Église, et que c’est par elle qu’il faut comprendre les Écritures. Ce qu’est vraiment la doctrine de l’Église, on ne peut le quérir en toute sureté que dans les églises apostoliques, dont la principale est la romaine. Car Dieu a remis au Christ la doctrine de la vérité, le Christ aux Apôtres, et les Apôtres à leurs successeurs. Voilà ce qu’il dit en résumé.

Saint Cyprien, dans son épître LIX : « Car ce n’est pas pour d’autres raisons que les hérésies et les schismes sont nés que le refus d’obéir au prêtre de Dieu, car ce n’est pas pour un peu de temps qu’il y a un seul prêtre dans l’Église, ni un seul juge qui remplace le Christ. » Car avant les définitions des pontifes sur un point particulier, il est permis, dans les choses douteuses, de tenir une position ou l’autre sans être hérétique. Mais après une définition, ceux qui n’obtempèrent pas deviennent hérétiques.

Saint Ambroise dans son épître XXI à l’empereur Valentinien, qui, corrompu par les Ariens, voulait juger en matière de foi : « Il est certain que, si nous nous en rapportons aux saintes Écritures ou aux siècles passés, qui pourra nier que, dans les causes de foi, ce sont les évêques qui ont coutume de juger les Empereurs chrétiens, et non les Empereurs les évêques. Avec l’aide de Dieu, l’âge te rendra plus mûr, et tu pourras alors comprendre quelle sorte d’évêque ce serait celui qui accorde aux laïcs le pouvoir sacerdotal. Ton père, qui était plus âgé que toi, disait : Ce n’est pas à moi de juger parmi les évêques. Or, ta clémence dit aujourd’hui : je dois juger. » Et, plus bas : « Si on délibère sur la foi, ce ne peut être que dans une assemblée d’évêques, comme cela s’est passé sous Constantin d’auguste mémoire, qui n’imposa aucune loi, mais laissa aux prêtres le droit de juger en toute liberté. La même chose s’est passés sous l’Empereur Constance d’auguste mémoire, héritier de la dignité paternelle. Mais ce qu’il avait bien commencé, il le finit autrement. Car les évêques avaient d’abord mis sincèrement par écrit une profession de foi. Puis ensuite, quelques-uns voulurent que soit jugé dans le palais ce qui venait d’être défini; et les décrets des évêques furent changés par ces contestataires. » Notez les dernières paroles. Car, en voulant porter un jugement sur le décret des évêques, des laïcs méritèrent de tomber dans l’erreur.

Saint Jérôme dans son épître au pape Damase sur le mot hypostase :   « Décidez, je le demande, s’il vous plait. Je ne craindrai pas de dire trois hypostases, si vous l’ordonnez ainsi. » Et, plus bas : « J’implore Votre Béatitude par le crucifix, par le salut du monde, par la Trinité, pour que, par vos lettres, me soit donnée l’autorité d’employer ou de ne pas employer le mot hypostase. » Il demande la même chose dans une autre épître. Et il est à noter que saint Jérôme était de loin plus savant que le Pape Damase, comme on le constate par le grand nombre de questions scripturaires dont il a donné les explications au Pape Damase. Et pourtant, quand il est question de définir quelque chose qui se rapporte à la foi, saint Jérôme remet en entier le jugement au pape. Sulpice (dans son Histoire, l. II), rapporte que saint Martin aurait dit à l’empereur Maxime : « C’est une impiété nouvelle et inouïe qu’un juge séculier juge une cause de l’Église. »

Saint Augustin dans Contre Cresconius, l. I, c. III : « Que celui qui craint de se tromper à cause de l’obscurité d’une question consulte l’Église à son sujet, cette Église que l’Écriture démontre sans ambiguïté. » Et, dans son épître CLXXXVI à Paulin, parlant des lettres du Pape Innocent où il était affirmé clairement que c’est au Siège Apostolique qu’appartient le jugement sur les choses de la foi, il dit : « C’est à nous tous qu’il prescrit ces choses, comme pouvait et devait le faire le détenteur du Siège Apostolique. » Et dans son livre Contre l’Épître fondamentale, c. V : « Je ne croirais que l’Évangile est vrai si l’autorité de l’Église catholique ne m’y obligeait. »

Calvin répond : Augustin parle de la persuasion privée des fidèles, par laquelle quelques-uns sont convertis à la foi. Au sens où : je ne croirais pas à l’Évangile, c’est-à-dire je ne serais pas maintenant chrétien si je n’avais pas été convaincu par les raisons apportées par les chrétiens. Mais c’est une solution boiteuse. Car, d’abord, c’est du présent que parle le saint quand il dit : « si l’autorité de l’Église ne m’y poussait pas. » Et ensuite, un peu plus bas : « J’ai cru à ceux qui m’ont prescrit l’évangile, pas à ceux qui me l’ont fait connaître. » Dans ce passage, ce n’est pas la persuasion mais l’ordre qu’il attribue à l’Église. Et plus bas, parlant du livre des Actes des Apôtres : « Il me faut croire à ce livre si je crois aux Évangiles, parce que l’autorité catholique me commande de recevoir l’un et l’autre de la même façon. » De la même façon, dans le prologue de la Doctrine chrétienne, comme s’il avait prévu cet esprit privé qui dédaigne d’avoir un précepteur : « Gardons-nous de ces tentations superbes et périlleuses, et pensons plutôt au centurion Corneille. Même si un ange lui avait annoncé que ses prières étaient exaucées et ses aumônes agréées, il fut quand même envoyé à Pierre pour être oint. Et il est certain que cet eunuque qui lisait le prophète Isaïe sans le comprendre ne fut pas envoyé à un ange par Philippe, et ne reçut pas d’un ange une interprétation de la prophétie. Rien ne fut divinement révélé à son esprit sans le ministère d’un homme. »

Prospère dans son livre Contra Collatorem ne prouve pas autrement que les Pélagiens étaient de vrais hérétiques qu’en rappelant qu’ils ont été condamnés par les évêques romains Innocent, Zosime, Boniface et Célestin. Vincent de Lérins au chapitre II de son Commonitorium : « Quelqu’un demandera peut-être : puisque le canon des Écritures est parfait, quelle nécessité y a-t-il d’y adjoindre l’autorité de l’intelligence ecclésiastique ? Parce que, à cause de sa profondeur, tous n’entendent pas l’Écriture sainte de la même manière, les uns dans un sens, les autres dans un autre sens. Et cela est si vrai qu’on peut dire qu’il y a autant d’interprétations que de lecteurs. Et voilà pourquoi il est absolument nécessaire que, pour éviter un si grand nombre d’erreurs, chacun interprète les prophètes et les apôtres selon la norme du sens ecclésiastique et catholique. » Il montre clairement que ce qu’il entend par norme ce sont les décrets des Conciles, le consentement des Pères, et l’enseignement des Papes.

Saint Grégoire, dans ses Lettres, l. VI, épître 25 : « Il nous est bien connu que les seigneurs très pieux aiment la discipline, observent les commandements, vénèrent les canons, et ne s’immiscent pas dans les causes sacerdotales. » Saint Anselme dans son Cur Deus homo, s’adresse au Pontife romain Urbain II : « Parce que la Divine Providence a élu votre sainteté, et vous a confié de conserver la foi chrétienne et de régir son Église, c’est à nul autre qu’à vous qu’on se réfère de droit quand nait dans l’Église quelque chose qui s’oppose à la foi, pour que ce soit votre autorité qui corrige l’erreur. »

Saint Bernard dans son épître CXC au Pape Innocent : « C’est à votre Siège Apostolique qu’on doit référer les périls et les scandales qui émergent dans le Royaume de Dieu. Et surtout en ce qui a trait à la foi. Car je crois que sont puissamment réparés les dommages causés à la foi, là ou la foi ne peut pas connaitre de défaillance ». Et un peu plus bas : « C’est pour vous le temps, Père très aimant, de prendre conscience de votre pouvoir, d’éprouver votre zèle, d’honorer votre ministère. Car, vous êtes pleinement le successeur de Pierre, dont vous occupez le Siège si, par votre admonition, vous confirmez dans la foi les cœurs chancelants, si par votre autorité vous écrasez les corrupteurs de la foi. » Et dans l’épître CLXXXIX : « Je disais que ses écrits suffisent pour le condamner, et que ce n’est pas à moi à régler cette question, mais aux évêques, dont c’est le ministère de juger des dogmes. »

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2 commentaires sur “Qui doit résoudre les controverses en matière de foi ? Preuves tirées des Pères

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Cette entrée a été publiée le 24 février 2018 par dans Catholicisme, Foi Catholique, La Bible, Papauté, Pères de l'Eglise, Protestantisme, Saint Augustin, et est taguée .
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