+†+Yesus Kristus azu+†+

« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

L’infaillibilité des lois de discipline générale de l’Eglise : exposé général

Afin de réfuter l’erreur doctrinale moderne qu’est la négation du baptême de désir, dont nous montrons les expressions législatives du Code de droit canonique de 1917 dans notre article Le « baptême de désir » est un enseignement infaillible !, nous produisons ci-dessous les enseignement infaillibles des Papes affirmant l’infaillibilité des lois de discipline générale.

Dans l’établissement des lois disciplinaires générales, l’Église catholique ne peut pas se tromper. Bien évidemment, il s’agit d’une infaillibilité pratique, qui garantit que la loi n’est ni mauvaise, ni nocive, ni insupportable ; autrement dit, qui garantit que celui qui s’y conforme est (en cela) dans la voie du salut éternel.

Il ne s’agit pas directement d’une infaillibilité doctrinale (ça n’aurait guère de sens) bien que les présupposés ou les conséquences d’ordre doctrinal desdites lois soient ainsi garantis.

Cette infaillibilité ne garantit pas que la loi est la meilleure en soi, elle garantit que la loi est bonne. Parce que l’infaillibilité est pratique, elle n’empêche pas l’autorité légitime et compétente de l’Église de modifier ses lois ; nous sommes assurés que, à l’instar de l’ancienne, la nouvelle loi est bonne.

Cette infaillibilité pratique s’étant aussi à ce que ces lois ne font que permettre sans pour autant y obliger, nous verrons cette vérité affirmée chez Grégoire XVI. Sinon on pourrait admettre, par exemple, que l’Eglise puisse autoriser la polygamie pour vu qu’elle n’y oblige pas

Comme cette vérité est parfois profondément méconnue, voici quelques documents du Magistère qui l’enseignent sans équivoque (et auxquels, soit dit en passant, font écho tous les manuels classiques de théologie).

Cette vérité logique est attestée par le magistère et par les théologiens approuvés. Voyons cela.

Le Magistère de l’Eglise

Pie VI

Ce Pape condamne comme :

« fausse, téméraire, scandaleuse, pernicieuse, offensante aux oreilles pies, injurieuse à l’Église et à l’Esprit de Dieu qui la conduit, pour le moins erronée »,

la proposition suivante du concile illégitime de Pistoie :

« pour autant qu’en raison des termes généraux utilisés, elle inclut et soumet à l’examen prescrit même la discipline établie et approuvée par l’Église, comme si l’Église, qui est régie par l’Esprit de Dieu, pouvait constituer une discipline, non seulement inutile et trop lourde à porter pour la liberté chrétienne, mais encore dangereuse, nuisible, et conduisant à la superstition et au matérialisme. » (Bulle Auctorem fidei, 28 août 1794, condamnation du concile de Pistoie, Denzinger 1578 ; Enseignements pontificaux, l’Église, Solesmes, n° 122)

Grégoire XVI

Image illustrative de l’article Grégoire XVI

« Ce serait donc un attentat, une dérogation formelle au respect que méritent les lois ecclésiastiques, de blâmer, par une liberté insensée d’opinion, la discipline que l’Église a consacrée, qui règle l’administration des choses saintes et la conduite des fidèles, qui détermine les droits de l’Église et les obligations de ses ministres, de la dire ennemie des principes certains du droit naturel, incapable d’agir par son imperfection même, ou soumise à l’autorité civile.

Mais puisqu’il est certain, pour nous servir des paroles des Pères de Trente, que « l’Église a été instruite par Jésus-Christ et par ses Apôtres, et que l’Esprit Saint, par une assistance de tous les jours, ne manque jamais de lui enseigner toute vérité » (Conc. Trid. sess. XIII, decr. de Eucharist in prœm.), c’est le comble de l’absurdité et de l’outrage envers elle de prétendre qu’une restauration et qu’une régénération lui sont devenues nécessaires pour assurer son existence et ses progrès, comme si l’on pouvait croire qu’elle aussi fût sujette, soit à la défaillance, soit à l’obscurcissement, soit à toute autre altération de ce genre. Et que veulent ces novateurs téméraires, sinon  » donner de nouveaux fondements à une institution qui ne serait plus, par là même, que l’ouvrage de l’homme « et réaliser ce que saint Cyprien ne peut assez détester, en rendant l’Église toute humaine de divine qu’elle est ? » (S. Cyp. Ep. LII, edit. Baluz.) Mais que les auteurs de semblables manœuvres sachent et retiennent qu’au seul Pontife Romain, d’après le témoignage de saint Léon « a été confié la dispensation des Canons « , que lui seul, et non pas un simple particulier, a le pouvoir de prononcer  » sur les règles sanctionnées par les Pères« , et qu’ainsi, comme le dit saint Gélase, « c’est à lui de balancer entre eux les divers décrets des Canons, et de limiter les ordonnances de ses prédécesseurs, de manière à relâcher quelque chose de leur rigueur et à les modifier après mûr examen, selon que le demande la nécessité des temps, pour les nouveaux besoins des églises » (S. Gelasius PP. in Ep. ad Episcop. Lucaniæ). » (Encyclique Mirari vos, 15 août 1832)

« Tandis qu’ils se perdent honteusement dans leur système en posant d’eux-mêmes ces principes, ils tombent dans les erreurs condamnées par l’Eglise dans la constitution Auctorem fidei, promulguée par notre prédécesseur de sainte mémoire Pie VI le 28 juillet 1794, prop. 78, et contredisent complètement la saine doctrine qu’ils disent vouloir rétablir et protéger, sans s’en apercevoir, ou feignant par ruse de ne pas s’en apercevoir. En effet, quand ils prétendent que toutes les formes de l’Eglise peuvent être changées indistinctement, ne soumettent-ils pas à ce changement ces points de discipline qui ont leurs fondement dans le droit divin lui-même, qui sont conjoints à la doctrine de foi par un lien étroit en sorte que la règle de foi entraîne la règle de l’action. N’essayent-ils pas non plus de faire de l’Eglise quelque-chose d’humain, n’abaissent-ils pas ouvertement son autorité infaillible, et la puissance divine par laquelle Elle est dirigée, en croyant sa discipline actuelle sujette à la défectibilité, à l’obscurcissement et à d’autres inconvénients du même genre, et en imaginant qu’elle contient beaucoup de choses non seulement inutiles, mais même contraires au salut de la Religion Catholique ? […] Est-ce que l’Église qui est la colonne et le soutien de la vérité et qui manifestement reçoit sans cesse du Saint-Esprit l’enseignement de toute vérité, pourrait ordonner, accorder, permettre ce qui tournerait au détriment du salut des âmes, et au mépris et au dommage d’un sacrement institué par le Christ ? » (Encyclique Quo graviora, aux Evêques de Rhénanie, 4 octobre 1833, dans les Enseignements pontificaux, l’Église, Solesmes, n° 173)

Léon XIII

« Toutefois ce n’est pas au gré des particuliers, facilement trompés par les apparences du bien, que la question se doit résoudre : mais c’est à l’Église qu’il appartient de porter un jugement, et tous doivent y acquiescer, sous peine d’encourir la censure portée par notre prédécesseur Pie VI. Celui-ci a déclaré la proposition 78 du Synode de Pistoie injurieuse pour l’Église et l’Esprit de Dieu qui la régit, en tant qu’elle soumet à la discussion la discipline établie et approuvée par l’Église, comme si l’Église pouvait établir une discipline inutile et trop lourde pour la liberté chrétienne. » (Encyclique Testem benevolentiæ, 22 janvier 1899 dans les Enseignements pontificaux, l’Église, Solesmes, n° 631)

Saint Pie X

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Ce Pape approuva personnellement le traité Istitutiones Theologicae Dogmaticae du R.P. HERRMANN c.ss.r., dans lequel se trouve ce qui suit :

« L’Église est infaillible dans sa discipline générale »: « Par sa discipline générale on entend ses lois et ses instituts qui concernent le gouvernement externe de toute l’Église. Par exemple, ce qui concerne le culte externe, telles la liturgie et les rubriques, ou l’administration des sacrements…

L’Église est dite infaillible dans sa discipline, non pas comme si ses lois fussent immuables, car le changement des circonstances rend souvent opportun d’abroger ou de changer les lois ; et non plus comme si ses lois disciplinaires fussent toujours les meilleures et les plus utiles… L’Église est appelée infaillible dans sa discipline dans le sens que dans ses lois disciplinaires il ne peut rien se trouver qui soit opposé à la foi, aux bonnes mœurs ou qui puisse agir au détriment de l’Église ou au préjudice [« damnum »] des fidèles. « Que l’Église soit infaillible dans sa discipline s’ensuit de sa mission même. La mission de l’Église est de conserver intègre la foi et de mener les peuples au salut en les apprenant à observer tout ce que le Christ a ordonné. Mais si en matière disciplinaire elle pouvait stipuler, imposer ou tolérer ce qui est contraire à la foi ou aux mœurs, ou ce qui tournerait au détriment de l’Église ou au préjudice des peuples, l’Église pourrait dévier de sa mission divine, ce qui est impossible. « Ceci est insinué par le Concile de Trente, Sess. xxii, can. 7 :

Si quelqu’un dit que les cérémonies, les ornements et les signes externes que l’Église catholique emploie dans la célébration des messes sont des stimulants plutôt d’impiété que des secours de la piété, qu’il soit anathème.

Et par Pie VI dans la constitution Auctorem Fidei, concernant la 78e proposition de Pistoie :

Comme si l’Église, qui est gouvernée par l’Esprit de Dieu, pouvait établir une discipline non seulement inutile et plus lourde que la liberté chrétienne ne peut tolérer, mais qui serait en plus dangereuse, nocive, propre à induire en superstition ou en matérialisme. » – proposition qu’il a condamnée comme « fausse, téméraire, scandaleuse, pernicieuse, offensive aux oreilles pies, etc. » « L’infaillibilité de l’Église doit également s’étendre à tout enseignement dogmatique ou moral, pratiquement inclus dans ce qui est condamné, approuvé ou autorisé par la discipline générale de l’Église. » (R.P. HERRMANN c.ss.r., Istitutiones Theologicae Dogmaticae, approbation personnelle de saint Pie X in : Vol. I, n° 258)

Pie XII

« Mais afin de n’être pas trompés par l’ange de ténèbres transfiguré en ange de lumière [II Corinthiens XI, 14], que ceci soit la suprême loi de notre amour : aimer l’Epouse du Christ telle que le Christ l’a voulue et l’a acquise de son sang.

Il faut donc que nous soient très chers, non seulement les sacrements dont nous sommes nourris par cette pieuse Mère, non seulement les solennités où elle nous console et nous réjouit, les chants sacrés et les rites liturgiques par lesquels elle élève nos âmes vers les choses du ciel, mais encore les sacramentaux et tous ces différents exercices de piété par lesquels elle pénètre suavement de l’esprit du Christ et console l’âme des fidèles. Nous avons le devoir non seulement de répondre, en bons fils, à son affection maternelle, mais aussi de révérer en elle l’autorité reçue du Christ qui assujettit nos intelligences à l’obéissance du Christ [II Corinthiens X, 5] ; nous devons enfin obéir à ses lois et à ses préceptes moraux parfois assez pénibles à notre nature déchue de l’innocence première ; de même, dompter notre corps rebelle par une pénitence volontaire; bien plus, il nous est recommandé de nous interdire parfois des plaisirs qui n’ont par ailleurs rien de coupable. Et il ne suffit pas d’aimer ce Corps mystique en raison du Chef divin et des célestes privilèges qui en font la gloire; il faut l’aimer également d’une ardeur efficace, tel qu’il se manifeste dans notre chair mortelle, constitué comme il l’est d’éléments humains et débiles, même si parfois ceux-ci sont indignes de la place qu’ils occupent dans ce Corps vénérable. » (Encyclique Mystici Corporis, 29 juin 1943)

Concile de Trente

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Cette infaillibilité est spécialement garantie quand il s’agit de la liturgie sacramentelle. Le Concile de Trente :

« Si quelqu’un dit que les rites reçus et approuvés de l’Église catholique, en usage dans l’administration solennelle des sacrements, peuvent être méprisés ou omis sans péché au gré des ministres […] qu’il soit anathème. » (Session XXII, can. 7, Denzinger 856, Enseignements pontificaux, l’Église, Solesmes, n° 675)

Les théologiens approuvés

L’autorité des théologiens

Pie IX enseigne :

« Car, même s’il s’agissait de cette soumission qui doit se manifester par l’acte de foi divine, elle ne saurait être limitée à ce qui a été défini par les décrets exprès des conciles œcuméniques ou des pontifes romains de ce Siège apostolique, mais elle doit aussi s’étendre à ce que le magistère ordinaire de toute l’Église répandue dans l’univers transmet comme divinement révélé et, par conséquent, qui est retenu d’un consensus universel et constant [ou unanime et universel selon certaines traductions] par les théologiens catholiques, comme appartenant à la foi. » (Lettre apostolique Tuas Libenter à Mgr Gregor von SCHERR, archevêque de Munich et Freisingen, 21 décembre 1863, Denzinger, Éditions du Cerf, n° 2879)

D’après le commentaire de l’abbé Matthias GAUDRON (FSSPX) dans son Catéchisme catholique de la crise dans l’Église, (5ème édition, Éditions du Sel, page 39), cela signifie que le MOU est caractérisé par un enseignement touchant à la foi ou la morale, que les évêques l’enseignent avec autorité (c’est le propre du magistère), de manière universellement unanime et en tant que divinement révélé aux Apôtres ou nécessaires pour garder le dépôt de la foi et donc comme immuable et obligatoire.

Nous rappelons le caractère obligatoire d’un tel document adressé à un seul évêque :

« [Ce que nous venons de dire] est conforme aux enseignements et avertissements que vous savez déjà formulés, vénérable Frère, soit dans Nos Lettres ou Instructions aux divers archevêques et évêques, soit dans celles de Notre prédécesseur Pie VIII, édictées par ses ordres ou par les Nôtres. Il importe peu que ces Instructions aient été données seulement à quelques évêques qui avaient consulté le Siège Apostolique, comme si la liberté était accordée aux autres de ne pas suivre cette décision ! » (Grégoire XVI, Lettre Non sine gravi, à Mgr Étienne MARILLEY, Evêque de Lausanne et Fribourg, 23 mai 1846, Enseignements Pontificaux, n° 190)

Aussi, dès lors que le Pape s’exprime en tant que Pape, sur la foi et la morale, si il s’adresse à ne serait-ce qu’un seul Evêque, il est présumé s’adresser virtuellement à toute l’Eglise.

Le cardinal Louis BILLOT, SJ, expliquera :

« Troisièmement, le concile dit : « s’acquittant de sa charge de pasteur et docteur de tous les chrétiens » et il ajoute : « par toute l’Eglise ». Ces expressions figurent ici pour que la définition soit plus claire. En effet, la doctrine de foi et de mœurs est en tant que telle une doctrine qui oblige toute l’Eglise. […] Car dès qu’on à affaire à une définition digne de ce nom, on doit nécessairement y reconnaître une déclaration adressée à toute l’Eglise et qui émane du pape en tant qu’il exerce sa charge de pasteur et docteur de tous les chrétiens. Et il n’est pas requis que cet acte du pape soit adressé de façon matérielle à tous les fidèles ou à tous les chrétiens ; il suffit qu’il ait l’intention explicite de procéder à un jugement définitif, qu’aucune décision postérieure ne pourra plus modifier, mettant ainsi un terme à une controverse. Pour donner un exemple, on peut citer la lettre adressée par le pape saint Léon le Grand à l’évêque Flavien de Constantinople, qui condamne l’hérésie d’Eutychès et qui définit en termes très précis ce que l’Eglise catholique tout entière doit croire et enseigner, au sujet du mystère de l’Incarnation du Seigneur. Tout le monde compte ce texte parmi les plus célèbres définitions ex cathedra des pontifes romains. » (Tractatus de Ecclesia Christi, question 14, thèse 31, I, I.2, Rome. Traduction française : L’Eglise, Courrier de Rome, 2010, tome II – Sa constitution intime, n°984, pp. 480-481)

Aussi, on verra Pie XII trancher infailliblement et définitivement la question des « méthodes naturelles » lors de son discours du 29 octobre 1951, pourtant adressé matériellement aux seules sages-femmes italiennes ! C’est en tout cas la sentence de tous les moralistes.

Par ailleurs, on en compte plus les Lettres, Bulles et Encycliques adressées à seulement une partie de l’épiscopat mais que tout le monde reconnaît comme portant des définitions obligatoires pour toute l’Eglise à titre définitif.

La doctrine étant par nature universelle, la question que nous devons donc nous poser lorsque nous avons affaire à un document papal traitant de doctrine, adressé matériellement à une portion seulement de l’Eglise, la question à se poser n’est pas « A-t-il l’intention de s’adresser à l’Eglise universelle ?« , mais à l’inverse, présumer qu’il le fait, et en conséquence se demander : « Y a-t-il quelque chose dans le texte ou le contexte qui m’autorise à penser qu’il ne s’adresse pas virtuellement à toute l’Eglise ?« .

Par ailleurs la quatrième condition requise pour caractériser la locution ex cathedra, le prononcement définitif, il suffit que le Pape exprime que cette doctrine est révélée, ou contenue dans la Sainte Ecriture, ou de foi, ou nécessaire à croire pour le salut, ou de droit divin, etc, ou bien au contraire si cette doctrine est dite contraire à la foi etc. En effet, un catholique doit l’assentiment de l’intelligence à l’intégralité du Magistère ; l’Esprit Saint ne peut donc pas permettre qu’une déclaration prétendant manifester la foi puisse errer.

Saint Thomas d’Aquin (1224/1225-)

Saint Thomas prouve que ces choses sont convenables qui se font dans la célébration de l’Eucharistie. Il donne comme raison :

« la coutume de l’Église, qui ne peut pas errer, puisqu’elle est dirigée par le Saint-Esprit. » (Somme théologique, IIIa. q.83, art.5)

Melchior Cano (), O.P.

« L’Eglise, en faisant des lois pour le peuple entier dans des matières graves et dans celles qui influencent beaucoup la formation de coutumes chrétiennes, ne peut ordonner quoi que ce soit de contraire aussi bien à l’Evangile qu’à la loi naturelle. » (De Locis theologicis, L. 5, ch. 5, ccl. 2)

Jean de Saint-Thomas (1589-1644), O.P.

« En ce qui concerne la substance et la morale de la loi, que le Pontife propose couramment, comme une règle de mœurs à suivre, ce serait hérétique d’affirmer que l’Église pourrait errer, de telle manière qu’elle puisse soit permettre, soit prescrire quelque chose de destructeur, ou contre les bonnes mœurs, ou la loi naturelle ou la loi divine. » (Tract. de auctor. Summi Pontif. disp. III. art. 3 ; cité in : Père J-Vincenz De GROOT, O.P., Summa Apologetica De Ecclesia Catholica, Ratisbonne, 1906, p. 334)

Dom Prosper GUERANGER, O.S.B.

Il dit à propos de la contestation de lois liturgiques :

« autrement, il faudrait dire que l’Église aurait erré sur la discipline générale, ce qui est hérétique. » (Institutions liturgiques, tome II page 10, ed. 1878)

Ainsi que :

« La discipline ecclésiastique est l’ensemble des règlements extérieurs établis par l’Église.

Cette discipline peut être générale, quand ses règlements émanent du pouvoir souverain dans l’Église avec l’intention d’obliger tous les fidèles, ou du moins une classe de fidèles, sauf les exceptions accordées ou consenties par le pouvoir qui proclame cette discipline.

Elle est particulière, quand les règlements émanent d’une autorité locale qui la proclame dans son ressort.

C’est un article de la doctrine catholique que l’Église est infaillible dans les règlements de sa discipline générale, en sorte qu’il n’est pas permis de soutenir, sans rompre avec l’orthodoxie, qu’un règlement émané du pouvoir souverain dans l’Église avec l’intention d’obliger tous les fidèles, ou au moins toute une classe de fidèles, pourrait contenir ou favoriser l’erreur dans la foi, ou dans la morale.

Il suit de là que, indépendamment du devoir de soumission dans la conduite imposée par la discipline générale à tous ceux qu’elle régit, on doit encore reconnaître une valeur doctrinale dans les règlements ecclésiastiques de cette nature.

La pratique de l’Église confirme cette conclusion. En effet, nous la voyons souvent dans les conciles généraux, dans les jugements apostoliques, appuyer ses décisions en matière de foi sur les lois qu’elle a établies pour le gouvernement de la société chrétienne. Telle pratique qui représente une croyance est gardée universellement dans l’Église ; donc, la croyance représentée par cette pratique est orthodoxe : puisque l’Église ne saurait professer l’erreur, même indirectement, sans perdre la note de sainteté dans la doctrine, note qui lui est essentielle jusqu’à la consommation des siècles. […]

La discipline est donc en relation directe avec l’infaillibilité de l’Église, et c’est là déjà une explication de sa haute importance dans l’économie générale du catholicisme. » (« Troisième lettre à Mgr l’évêque d’Orléans », in Institutions liturgiques, deuxième édition, Palmé, 1885, vol. 4, pp. 458-459.)

Abbé Jean-Michel-Alfred VACANT

Maître en Théologie, Professeur au Grand séminaire de Nancy et initiateur du Dictionnaire de théologie catholique :

« Les enseignements implicites et infaillibles du magistère ordinaire nous sont fournis par les pratiques universelles de l’Église, par les liturgies, dans ce qu’elles ont de commun, et par les lois générales de l’Église. Tous les actes conformes à ces pratiques, à ces liturgies ou à ces lois sont sanctionnés par les dépositaires de l’infaillibilité ; ils ne peuvent, par conséquent, être mauvais, ni nous détourner du salut. Chaque fois donc, que ces actes supposent manifestement la vérité d’une doctrine, il y a proposition implicite de cette doctrine par l’Église […] Les usages universels de l’Église qui ont un but marqué, comme les rites des sacrements et du Saint Sacrifice, manifestent, d’une autre manière, la foi infaillible de l’Église. Celle-ci ne les emploie, en effet, que parce qu’elle croit à leur efficacité. Il faut admettre, par exemple, que l’Église regarde la matière et la forme usitées dans l’administration des divers sacrements comme capables d’en produire les effets, et qu’elle ne se trompe pas sur ce point. » (Le magistère ordinaire de l’Église et ses organes, Imprimé avec l’autorisation de Monseigneur l’Évêque de Nancy et de Monseigneur l’Archevêque de Paris, 1887)

Dictionnaire de théologie catholique

« C’est une conséquence rigoureuse de l’enseignement néo-testamentaire. Car l’infaillibilité garantie par Jésus à son Église, selon le texte de Matthieu, XXVIII, 20, s’appliquant à tout enseignement réellement et efficacement donné par le magistère ecclésiastique, doit également s’appliquer à tout enseignement nécessairement inclus dans les lois, pratiques ou coutumes établies, approuvées ou autorisées par l’Église universelle, cet enseignement pratique ou indirect étant, surtout pour une autorité en elle-même infaillible, tout aussi réel et efficace que l’enseignement doctrinal direct. » (Dictionnaire de théologie catholqiue, article « Église », par l’abbé Edmond DUBLANCHY, col. 2197)

Père J-Vincenz De GROOT, O.P.

« La fin des lois disciplinaires est la sainteté et l’ordre de l’Eglise. Il est donc clair :

A) Que les lois purement disciplinaires peuvent être modifiées selon la nécessités des temps et des personnes, mais que l’Eglise ne peut pas dans une loi disciplinaire universelle, quels qu’en soient les changements, prescrire ou interdire quelque chose de façon contraire à la foi et aux moeurs.

B) Puisque la proportion des lois aux circonstances est une question de prudence, l’infaillibilité en matière de discipline ne semble pas demander en soit que toutes les lois de l’Eglise atteignent en soit le plus haut degré de prudence. Par conséquent, en laissant de côté la question de savoir si ce qui établi par la discipline générale est ce qu’il y a de mieux, nous affirmons que rien de contraire à la foi et aux moeurs ne peut s’insinuer dans la discipline générale. » (Summa Apologetica De Ecclesia Catholica, Ratisbonne, 1906)

Cardinal Louis BILLOT, S.J.

« Thèse XII : La puissance législative de l’Église a pour matière aussi bien ce qui concerne la foi et les mœurs que ce concerne la discipline. En ce qui concerne la foi et les mœurs à l’obligation de la loi ecclésiastique s’ajoute l’obligation de droit divin ; en matière disciplinaire toute obligation est de droit ecclésiastique. Cependant à l’exercice du suprême pouvoir législatif est toujours attachée l’infaillibilité, dans la mesure où l’Église est assistée de Dieu pour que jamais elle ne puisse instituer une discipline qui serait de quelque façon opposée aux règles de la foi et à la sainteté évangélique. » (De Ecclesia Christi, Rome, 1927, tome I, p. 477)

Cardinal Alexis-Henri-Marie LÉPICIER ()

Ce cardinal écrit qu’appartiennent à l’objet secondaire de l’infaillibilité, c’est-à-dire là où l’Eglise est infaillible en raison du rapport qu’entretiennent certaines matières avec le dépôt révélé :

« 1° Ce qui appartient à la discipline générale de l’Eglise dans la mesure où celle-ci ne peut pas approuver une discipline obligeant tous les fidèles qui soient contraire à la foi ou aux bonnes moeurs, ou qui conduise au gravé détriment de la religion. » (Tracatus De Ecclesia Christi, 1935)

Voici l’intégralité de la démonstration de cette thèse : cliquer ici.

Journal l’Ami du Clergé (numéro du 24 juillet 1919)

Nous proposons la reproduction d’un article du journal L’Ami du Clergé (numéro du 24 juillet 1919), vaillante revue qui, pendant 80 ans, a fourni au clergé francophone, dont nombre de prêtres de saine doctrine était abonné, de quoi entretenir et approfondir sa science, lever ses doutes, entretenir son amour de l’Église : par des réponses à des consultations sur toutes sortes de sujets (principalement moraux, canoniques et liturgiques), des analyses de livres, la publication d’actes du Saint-Siège, des comptes-rendus propres à intéresser tous ceux qui ont le souci de la doctrine et de sa juste application. Ce n’était pas une revue de théologie, spécialisée dans des études ou des débats, c’était une revue pratique, de bon esprit et de bonne doctrine. On y trouvait des chroniques et des réponses fort bien faites, et toujours instructives. L’article en question prouve en quoi le Code de droit canonique promulgué en, 1917 par  le Pape Benoît XV est infaillible. Pour le consulter : cliquer ici.

Père Sisto CARTECHINI, S.J.

Dans le code de Droit Canonique, il ne peut rien y avoir qui s’oppose, en aucune façon, aux lois de la Foi et à la sainteté de l’Evangile. » (Dall’opinione al domma, Civilta Cattolica, 1953, p. 48)

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Cette entrée a été publiée le 8 janvier 2018 par dans Foi Catholique.
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