+†+Yesus Kristus azu+†+

« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

Réponses aux dernières objections contre la primauté et l’infaillibilité de Saint Pierre

Toutes les preuves de la Papauté : ici

Nous avons depuis plusieurs mois entrepris de faire la démonstration de l’institution divine de la papauté. Nous avons pour cela expliqué les significations précises des passages fondamentaux que sont Matthieu XVI, 18, Matthieu XVI, 19, Luc XXII, 32 et Jean XXI, 15-17. Nous avons aussi consacré un article à chacune des objections bibliques les plus courantes contre la primauté et l’infaillibilité de saint Pierre. Ces dernières sont les disputes entre les Apôtres pour savoir qui parmi eux est le plus grand, que le Christ le traite de « Satan », son triple reniement, le concile de Jérusalem où il semble ne pas être supérieur aux autres, l’incident d’Antioche où saint Paul lui fait des reproches en public et le verset de I Pierre V, 1 où l’on pourrait croire qu’il est un « ancien » parmi les autres sans êtres leur supérieur. Il reste quelques objections à réfuter, nous ne consacrerons pas d’article à chacune d’elle, nous les exposerons et leur apporterons une réponses ci-dessous l’une à la suite de l’autre :

Objection n°1 : le pouvoir de « lier et de délier » au Ciel et sur la terre donné par le Christ à saint Pierre en Matthieu XVI, 19 n’est-il pas identiquement donné à tous les Apôtres en Matthieu XVIII, 18 ?

Réponse : on notera pour commencer qu’avant de dire à Pierre « tout ce que tu lieras etc. », il lui dit « Je te confierai les clés du Royaume des Cieux, il fait par la de lui son seul premier ministre sur terre en soumission duquel les autres Apôtres devront exercer leur pouvoir de lier et de délier. Écoutons ensuite ce qu’à nous dire saint Thomas d’Aquin à ce propos :

« EN VÉRITÉ, JE VOUS LE DIS, etc. Ici est présentée l’efficacité de cette sentence. Car quelqu’un pourrait dire : «Que m’importe ce que dit l’Église et que j’aie été excommunié ?» [Le Seigneur] montre donc cette efficacité : EN VÉRITÉ, JE VOUS LE DIS : TOUT CE QUE VOUS AUREZ LIÉ SUR LA TERRE SERA LIÉ DANS LE CIEL, ET TOUT CE QUE VOUS AUREZ DÉLIÉ SUR LA TERRE SERA DÉLIÉ DANS LE CIEL. Plus haut, cela a été dit à Pierre ; mais ici, cela est dit à toute l’Église. Et on dit LIER, soit parce qu’elle ne délie pas, soit parce qu’elle excommunie. Origène dit que [le Seigneur] dit ici : DANS LE CIEL, mais que lorsqu’il parla à Pierre, il dit : DANS LES CIEUX, pour montrer que Pierre avait un pouvoir universel. Ici, [le Seigneur] dit : DANS LE CIEL, puisque leur pouvoir n’est pas universel, car le pouvoir universel a été donné à Pierre. » (Commentaire de l’Évangile de saint Matthieu sur Matthieu XVIII, 18, § 1985)

Écoutons enfin ce que nous dit Bossuet à ce sujet :

« C’est manifestement le dessein de Jésus-Christ de mettre premièrement en un seul ce que dans le suite il voulait mettre dans plusieurs; mais la suite ne renversé pas le commencement, et le premier ne pars pas sa place. Cette première parole, « tout ce que tu lieras, » dites à un seul, a déjà rangé sous sa puissance chacun de ceux à qui on dira: tout ce que vous lierez; car les promesses de Jésus-Christ, aussi bien que ses dons sont sans repentance; et ce qui est une fois donné indéfiniment et universellement est irrévocable; en outre que la puissance donnée à plusieurs porte sans restriction sur son partage, au lieu que la puissance donnée a un seul, et surtout sans exception, emporte la plénitude. » (Sermon sur l’unité de l’Église)

Objection n°2 : lors de l’arrestation de Jésus au Jardin des Oliviers, saint Pierre sort son épée de son fourreau et coupe l’oreille du serviteur du souverain sacrificateur, ce que le Christ lui reproche (Matthieu XXVI, 51-56 ; Marc XIV, 47 ; Jean XVIII, 10-11).

Réponse : Pierre n’a commis là qu’une erreur pratique et nullement doctrinale. Il a au contraire agit par piété et par amour envers le Christ à qui il voulait qu’il n’arrive rien de mal. La réponse à faire à cette objection est identique à la première partie que celle déjà faite par nos soins à celle du Christ traitant Pierre de « Satan » lorsque ce dernier nie qu’il devra souffrir (cliquer ici).

Objection n°3 : « Les apôtres, qui étaient à Jérusalem, ayant appris que la Samarie avait reçu la parole de Dieu, y envoyèrent Pierre et Jean » (Actes VIII, 14), or n’est-ce pas le supérieur qui envoie et les inférieurs qui sont envoyés ?

Réponse : la situation des samaritains nouvellement chrétiens était telle qu’elle prouve la primauté de Pierre plutôt qu’elle ne la réfute. En effet, cette contrée avait été évangélisée depuis peu de temps et ce par un simple diacre (Philippe), il y avait « tout à faire »: administrer le sacrement de Confirmation, ordonner des prêtres, sacrer un évêque, organiser la nouvelle communauté. Que les Apôtres aient décidé entre eux que ce seraient Pierre et Jean qui s’en chargeraient prouve qu’il avaient une plus grande importance que les autres car il s’agissait d’édifier une Église à partir de quelques baptisés. Considérez aussi qu’il fallait réprimer l’hérésie de Simon le Magicien qui séduisait beaucoup de gens (Actes VIII, 9-11) : quelle meilleure autorité pour cela que le chef de l’Église doté du charisme d’infaillibilité ? L’importance de la tâche plaide donc plutôt en faveur de la supériorité de saint Pierre, de même, pour le concile de Jérusalem, les chrétiens d’Antioche envoyèrent saint Paul et saint Barnabé (Actes XV, 2) alors qu’il est bien entendu hors de question qu’il y ait eu égalité de ces premiers sur ces seconds…

Objection n°4 : « les Apôtres et les frères » demandent à Pierre de rendre compte de sa conduite car ce dernier est allé manger chez des païens, ce qui était interdit au juifs (Actes XI, 1-3). N’est-ce pas anormal qu’un supérieur doive rendre des comptes à des inférieurs ?

Réponse : Premièrement, l’attention que l’Église porte à tout ce que dit et fait saint Pierre vient conforter son autorité suprême. En effet, n’est-ce pas l’apanage du chef que d’attirer tous les regards et de susciter l’étonnement lorsque son comportement paraît anormal ? Pierre le comprends tout à fait et c’est pour cela qu’il s’explique sans rechigner. Et cette explication prouve d’autant plus sa primauté car il explique l’apparition qu’il eu à Joppé pour lui signifier la fin des anciennes prescriptions légales (Actes X, 9-13) : c’est par Pierre et par aucun autre que Dieu voulu faire passer le message.

Deuxièmement, les adversaires de la Papauté qui usent de ce passage contre l’autorité de Pierre ne se rendent pas compte que si on suit leur logique, ce passage réfuterait aussi l’autorité apostolique, quel qu’en soit le dépositaire ! En effet, si des chrétiens ont l’arrogance de s’en prendre à un apôtre de critiquer les agissements d’un apôtre qui reçu le Saint Esprit à la Pentecôte, c’est que leur orgueil est immense, et alors, qu’ils s’en prennent « en plus » à leur chef ne change rien au fait qu’il soit chef, de même que cela ne change rien au fait qu’il soit apôtre ! Puisque aucun chrétien ne remettrait en cause que saint Paul fut apôtre au prétexte des critiques qu’il reçu des chrétiens de Jérusalem et des explications qu’il dut fournir en Actes XXI-XXIII, il n’y a pas de raison de faire d’Actes XI, 1-3 une remise en cause de la Papauté.

Troisièmement, même ceux qui nient que Pierre fut Pape reconnaissent qu’il était apôtre à l’égal de Paul. Saint Paul n’affirme-t-il pas qu’il a le pouvoir d’imposer l’obéissance de la foi (Romains I, 5 ; XVI, 26) ?  Aussi après qu’en Actes XI, 1-3 des chrétiens judaïsants aient fait des reproches à Pierre sur sa conduite lorsqu’il mangea avec le centurion Corneille, Pierre qui aurait pu répondre par son seul pouvoir d’imposer l’obéissance de la foi, préfère répondre charitablement en expliquant en Actes XI, 4-17 sa vision de Actes X. C’est une preuve de son attitude générale d’humilité.

Autre signe de son humilité : juste après sa description de lui-même comme « ancien » que nous évoquions en introduction, il exhorte les anciens en leur disant :

« paissez le troupeau de Dieu qui vous est confié, veillant sur lui, non par contrainte, mais de bon gré ; non dans un intérêt sordide, mais par dévouement ; non en dominateurs des Eglises, mais en devenant les modèles du troupeau. » (I Pierre V, 2-3)

Tout en demandant aux chrétiens d’être soumis :

« De même, vous qui êtes plus jeunes, soyez soumis aux anciens ; tous, les uns à l’égard des autres, revêtez-vous d’humilité, car « Dieu résiste aux orgueilleux et donne sa grâce aux humbles. » » (I Pierre V, 5)

Saint Paul, et donc saint Pierre, avaient aussi droit d’exiger l’obéissance dans le gouvernement (I Thessaloniciens II, 7 ; Philémon, 8-9) ?

« alors que nous aurions pu, comme apôtres du Christ, prétendre à quelque autorité, nous avons été au contraire plein de condescendance au milieu de vous. Comme une nourrice entoure de tendres soins ses enfants » (I Thessaloniciens II, 7)

« Voilà pourquoi, bien que j’ai dans le Christ toute liberté de te prescrire ce qu’il convient de faire, j’aime mieux, au nom de cette charité, t’en supplier. Tel que je suis, moi, Paul, vieux, et de plus actuellement prisonnier pour Jésus-Christ, » (Philémon 8-9)

Bien plus, saint Paul montre clairement son pouvoir supérieur de juridiction sur toute la Crète lorsqu’il en nomme saint Tite pour Archevêque en lui donnant consigne d’ « achever de tout organiser » et d’ « établir des Anciens dans chaque ville » (Tite I, 5) : saint Paul est donc supérieur à saint Tite qui est lui-même supérieur à tous les futurs « anciens » de l’île de Crète. Au début de cette phrase, saint Paul dit à saint Tite : « Je t’ai laissé en Crète », cela signifie que lorsqu’il dit cela, c’est qu’il octroie une juridiction à un Evêque sur un territoire donné. C’est donc en tant qu’Evêque qu’il laissa saint Timothée à Ephèse : « Je te rappelle l’exhortation que je te fis en partant pour la Macédoine, de rester à Ephèse, afin d’enjoindre à certaines gens de ne pas enseigner d’autres doctrines » (I Timothée I, 3) : il lui donne le pouvoir d’enseigner. Or si Paul est supérieur à celui qui a pouvoir de nommer les anciens, s’il est capable de donner juridiction à des Evêques, Pierre l’est mécaniquement aussi. S’il ne se désigne que comme « ancien » ce n’est que par humilité, et personne ne peut soutenir qu’il n’était que, ou qu’il ne se considérait pas que comme, un simple ancien égal aux autres. S’il est contesté par des partisans de la circoncisions qui se permettent de s’en prendre à un apôtre, cela ne remet nullement en cause sa qualité d’apôtre et par là l’autorité qui lui est due.

De même que la qualité d’apôtre ne saurait être niée à Pierre, pas plus qu’elle n’aurait su être niée à Paul si cela avait été lui la cible de ces reproches, sa qualité de chef ne saurait non plus être par là remise en cause, et la seule conclusion logique est que ce sont les partisans de la circoncision ont eut tort, non seulement de fait, mais aussi de droit.

Objection n°5 : Pierre est modeste dans ses lettres, n’insiste jamais sur son autorité et ne mentionne jamais son rang de chef en tête de ses lettres.

Réponse : c’est là une marque de grandeur plutôt que de petitesse. En effet, Pierre sait qu’il n’a pas besoin d’insister pour que les chrétiens reconnaissent son autorité. Nous pouvons citer un exemple contraire: celui de Paul qui est forcé de faire son propre éloge, afin de justifier sa mission et son autorité méconnues par ses ennemis. C’est par ailleurs un formidable exemple d’humilité que nous donne saint Pierre, cela correspond parfaitement au commandement du Christ qui disait « Si quelqu’un veut être le premier, il sera le dernier de tous, et le serviteur de tous » (Marc IX, 34). Cette recommandation, il n’aura de cesse que de la pratiquer en s’abaissant chaque fois qu’il est élevé et en commandant sans cesse l’humilité aux lecteurs de ses lettres.

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4 commentaires sur “Réponses aux dernières objections contre la primauté et l’infaillibilité de Saint Pierre

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