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Le Moyen-Âge croyait-il en la Terre plate ?

Dossier sur les accusations historiques portées contre l’Eglise : ici

Texte de Lumières médiévales, tiré de Danielle Jacquart, Histoire des sciences au Moyen Âge, 2009

Les savants grecs, au Ve siècle avant notre ère, montrent les premiers que la Terre est une sphère. Deux siècles plus tard, l’un d’eux (Ératosthène) parvient même à mesurer le méridien terrestre, et donc à connaître la dimension de la Terre. Depuis cette époque, l’idée d’une Terre sphérique s’est imposée dans le monde antique grec et romain, puis dans l’ensemble de la Chrétienté médiévale.

Aucun auteur de l’époque n’a en effet remis en cause la rotondité de la terre, qui est décrite comme un globe ou une sphère. Macrobe (370-430), dans son Commentaire sur le songe de Scipion, souligne que la terre est sphérique. Boèce (480-525) dans sa Consolation philosophique, parle de la masse arrondie de la Terre. Dans ses Étymologies, Isidore de Séville (530-v.636) compare la Terre à une balle. Bède le Vénérable (672-725) dispose d’un manuscrit de l’Histoire naturelle de Pline l’Ancien ; dans ses traités De natura rerum et De tempore ratione il infirme clairement la rotondité de la Terre. Plus tard, Joannes de Sacrobosco (1195-1256), publie en 1224 « le traité de la sphère » qui compile l’essentiel du savoir de l’époque en matière d’astronomie. Thomas d’Aquin, Pierre d’Ailly dans ses Mappae mundi et Nicole Oresme maintiennent également la tradition antique sur cette question.

Si la carte du monde prend la forme d’un disque, où les terres connues (Europe, Asie, Afrique) sont entourées par l’océan, c’est parce qu’il s’agit d’une représentation en deux dimensions. Mais le globe terrestre placé dans la main de l’empereur Charlemagne (ou de Richard II d’Angleterre, voir photo) pour signifier son pouvoir sur le monde est bien une sphère. Gerbert d’Aurillac (v.945-1003) décrit l’expérience d’Ératosthène et Hermann Contract (1013–1054) et estime même la circonférence de la Terre à partir de cette méthode.

Le débat sur la forme de la Terre est parfois amalgamé avec la question du géocentrisme et de l’héliocentrisme. Or même sur ces questions, certaines hypothèses se rapprochant du second sont formulées. Dès le VIIIème siècle, Jean Scot Erigène (v. 800-876) propose, dans son Periphyseon, un modèle géo-héliocentrique de Martianus Capella en faisant tourner Mars et Jupiter autour du Soleil. Au XIVe siècle, des auteurs comme Jean Buridan abordent la question de la possibilité du mouvement de rotation diurne de la Terre. Un siècle plus tard, le théologien et cardinal Nicolas de Cues réexamine ces travaux et postule, en se basant sur des arguments théologiques, que la taille de l’Univers n’est pas finie, et que la Terre est un astre en mouvement, de même nature que ceux que l’on voit dans le ciel.

Le mythe de la Terre Plate se répand à partir notamment du XIXème siècle, avec des historiens tels que Washington Irving, soucieux de discréditer un âge où la pensée était soi-disant enferrée dans la religion.

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Un commentaire sur “Le Moyen-Âge croyait-il en la Terre plate ?

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Cette entrée a été publiée le 5 avril 2018 par dans Mensonges historiques.
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