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« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

Les Pères de l’Église sur Malachie I, 11 et le Sacrifice de la Messe

Nous écrivions il y a quelques temps un article sur la prophetie de Malachie I, 11, annonçant le Sacrifice de la Messe. Voici aujourd’hui une recension patristique prouvant que c’est la lecture que les premiers chrétiens eurent de ce passage.

La Didachè (entre 50 et 95):

« Réunissez-vous le jour dominical du Seigneur, rompez le pain et rendez grâces, après avoir d’abord confessé vos péchés, afin que votre sacrifice soit pur. Celui qui a un différend avec son compagnon ne doit pas se joindre à vous avant de s’être réconcilié, afin de ne pas profaner votre sacrifice, car voici ce qu’a dit le Seigneur : « Qu’en tout lieu et en tout temps, on m’offre un sacrifice pur ; car je suis un grand roi, dit le Seigneur, et mon nom est admirable parmi les nations. » [Malachie I, 11] » (Didachè, XIV)

Saint Justin Martyr (vers 100-165):

« Que dirai-je encore? L’offrande prescrite d’une mesure de farine, pour la guérison de la lèpre, ne figurait-elle pas le pain eucharistique que Jésus-Christ ordonne d’offrir en mémoire de la passion qu’il a soufferte pour nous guérir de tous nos péchés, et rendre grâce à Dieu d’avoir créé en faveur de l’homme et le monde et tout ce qu’il renferme, de vous avoir affranchis de l’iniquité dans laquelle nous étions plongés, enfin d’avoir brisé, anéanti, la puissance de l’enfer, par le bras de celui qui voulut bien pour nous souffrir la mort? Aussi vous savez comme Dieu lui-même parle des sacrifices que vous lui offriez autrefois. Je répète les paroles du prophète Malachie que j’ai déjà citées : « Mon amour n’est pas en vous, dit le Seigneur, et je ne recevrai plus de présents de votre main ; car, depuis le lever du soleil jusqu’à son coucher, mon nom est grand parmi les nations, voilà qu’on sacrifie en tous lieux et une oblation pure est offerte à mon nom, parce que mon nom est grand parmi les nations, dit le Seigneur. Mais vous, vous l’avez prononcé. Ici le prophète annonce déjà le sacrifice que nous autres gentils nous offrons sur tous les points de la terre, je veux dire le pain et le calice eucharistiques ; et il ajoute que par nous son nom est glorifié, tandis que vous le profanez. Remarquez encore ce que la loi prescrivait au sujet de la circoncision : elle voulait qu’elle fût donnée le huitième jour, et figurait par là la véritable circoncision qui nous délivre du péché et de l’erreur, par notre Seigneur Jésus-Christ, ressuscité le lendemain du sabbat. Or, le jour d’après le sabbat, qui se trouve le premier dans l’ordre des jours dont se compose le cercle de la semaine, en est aussi appelé le huitième, sans cesser d’en être le premier. » (Dialogue avec Tryphon, 41)

Saint Irénée de Lyon (vers 125-vers 202), disciple de saint Polycarpe de Smyrne (vers 69-154), disciple de saint Jean l’Évangéliste:

« De celle-ci, parmi les douze prophètes, Malachie a parlé d’avance en ces termes : « Je ne prends pas plaisir en vous, dit le Seigneur tout-puissant, et je n’agréerai pas de sacrifice de vos mains ; car du levant au couchant, mon nom est glorifié parmi les nations, et en tout lieu de l’encens est offert à mon nom, ainsi qu’un sacrifice pur : car mon nom est grand parmi les nations, dit le Seigneur tout-puissant ». Il signifiait très clairement par là que le premier peuple cesserait d’offrir à Dieu, tandis qu’en tout lieu un sacrifice lui serait offert, pur celui-ci, et que son nom serait glorifié parmi les nations. Or, quel est le nom qui est glorifié parmi les nations, sinon celui de notre Seigneur, par l’entremise de qui est glorifié le Père et est glorifié l’homme ? Mais, parce que c’est le nom de son propre Fils et que ce nom est son œuvre, il l’a déclaré sien. De même qu’un roi qui aurait tracé lui-même le portrait de son fils dirait à bon droit que ce portrait est sien pour ce double motif que c’est celui de son fils et qu’il l’a fait lui-même, ainsi en va-t-il du nom de Jésus-Christ qui, à travers le monde entier, est glorifié dans l’Église : ce nom, le Père l’a déclaré sien, et parce que c’est celui de son Fils, et parce que lui-même l’a tracé, en le donnant pour le salut des hommes. Donc, puisque le nom du Fils appartient en propre au Père et puisqu’en tout lieu l’Église offre au Dieu tout-puissant par Jésus-Christ, le prophète dit à juste titre pour cette double raison : « Et en tout lieu de l’encens est offert à mon nom, ainsi qu’un sacrifice pur ». Cet encens, Jean dit dans l’Apocalypse que ce sont les prières des saints. » (Contre les hérésies, IV, XVII, 5)

Eusèbe de Césarée (vers 260-vers 339):

« Telles sont les merveilles qu’Isaïe a prédites elles faisaient espérer l’onction de parfum et d’agréable odeur, non pas aux Juifs mais aux Gentils: aussi ont-ils obtenu non seulement cette onction précieuse, mais encore l’auguste titre de chrétiens. Le prophète leur promet même la joie du vin, laissant à comprendre le mystère de la nouvelle alliance célébré aujourd hui à découvert chez toutes, les nations. Or les paroles prophétiques annoncent ces victimes spirituelles et raisonnables, quand elles disent : « Offrez à Dieu un sacrifice de louange, et rendez vos hommages au Très-Haut. Et invoquez-moi au jour de la tribulation : je vous délivrerai, et vous m’honorerez (Ps. XLIX, 14). Dans un autre psaume : «Que l’oblation de mes mains soit le sacrifice du soir »(Id.,CXL, 2). Et ailleurs: « Le sacrifice agréable à Dieu est un cœur brisé de douleur » (Id., LVI, 18). Ce sacrifice annoncé dans les temps les plus reculés est célébré aujourd’hui par toutes les nations, depuis l’enseignement de la doctrine évangélique de notre Sauveur. Ainsi sont confirmées les prophéties où Dieu, lorsqu’il rejette les sacrifices suivant les rits de Moïse, annonce en ces termes celui que nous devions loi offrir : « Depuis le lever du soleil jusqu’à son coucher, mon nom est glorifié parmi les nations, et en tout lieu est offert à mon nom un sacrifice et une victime pure » (Mal., I, 10}. Nous immolons donc au Dieu de l’univers le sacrifice de louange; nous immolons le divin, le redoutable, le très saint sacrifice, nous immolons, suivant de nouveaux rites, l’hostie immaculée de la nouvelle alliance. «Mais, est-il écrit, le sacrifice agréable à Dieu est un cœur brisé de douleur? Car Dieu ne repousse pas un cœur contrit et humilié. » Et déjà nous faisons monter vers lui le parfum du prophète, lui offrant en tout lieu les fruits de la divine science si féconde en vertus. C’est là ce qu’un autre prophète exprime ainsi: « Que ma prière s’élève comme l’encens devant vous » ( Ps. CXL, 2). Ainsi nous sacrifions à Dieu, nous lui offrons des parfums, lorsque nous célébrons la mémoire du grand sacrifice dont les mystères institués par le Christ, et que nous exprimons notre reconnaissance pour notre salut par des hymnes pieux et par nos prières; quand nous nous offrons tout entiers pour sa gloire, et quand nous consacrons nos âmes et nos corps au Verbe son pontife. C’est pourquoi nous travaillons à lui conserver notre chair pure et immaculée ; nous lui offrons une âme pure de toute affection déréglée et de toute souillure d’iniquité, et nous l’honorons avec des pensées sincères, des sentiments véritables, et les dogmes de la vérité : nous savons en effet que ces offrandes lui sont plus agréables que le sang, que la graisse ou l’odeur des victimes. Ce n’est pas au hasard ni à la légère que nous avons reçu avec respect les prophéties des Juifs. » (La démonstration évangélique, I, 10)

Saint Jean Chrysostome (vers 346-407):

« Voulez-vous que je vous oppose d’autres prophètes, qui annoncent clairement que votre empire aura Un terme, que le nôtre fleurira toujours, que la prédication du Christ se répandra par toute la terre, et que vos sacrifices abolis feront place à un sacrifice d’une autre nature ? écoutez Malachie, qui est venu après les autres prophètes; car je ne produirai plus le témoignage ni d’Isaïe, ni de Jérémie, ni des autres qui ont précédé la captivité, de peur que vous ne disiez que les maux qu’ils annonçaient sont arrivés dans la captivité: je produis un prophète qui, après le retour de Babylone et le rétablissement de Jérusalem, a prédit clairement ce qui vous regarde. Lorsque les Juifs furent de retour, qu’ils eurent recouvré leur ville, rebâti leur temple, recommencé leurs sacrifices, Malachie annonçant leur destruction présente et l’abolition de leurs sacrifices, leur parle de la sorte en la personne de Dieu : Je ne recevrai plus vos victimes, dit le Seigneur des armées; car depuis le lever du soleil jusqu’à son coucher, mon nom est grand parmi les nations; on brûle de l’encens devant moi en tout lieu, et l’on m’offre un sacrifice pur; mais vous l’avez profané. (Mal. I, 11.) Quand est-ce, ô Juifs , que cette prédiction a été accomplie? quand est-ce qu’on a brûlé en tout lieu de l’encens devant le Seigneur? quand est-ce qu’on lui a offert un sacrifice pur? vous ne pourriez citer d’autre temps qu’après l’arrivée de Jésus-Christ. Que si le Prophète ne parle pas du temps présent, ni de notre sacrifice, mais du vôtre, la prophétie contredira la Loi; car si, tandis que Moïse ordonne de n’offrir de sacrifice que dans le lieu qu’aura choisi le Seigneurs. si, tandis qu’il renferme les sacrifices dans un seul endroit, le Prophète dit qu’on doit brûler de l’encens en tout lieu et offrir un sacrifice pur, il combat la loi de Moïse, il lui est contraire. Mais il n’y a entre eux aucun combat, aucune contradiction : Moïse parle d’un sacrifice, et Malachie d’un autre. Et qu’est-ce qui le démontre? ce que nous venons de dire, et beaucoup d’autres preuves encore. D’abord le lieu même : il a prédit que ce culte ne serait pas renfermé dans une seule ville comme sous les Juifs, mais qu’il s’étendrait depuis le lever du soleil jusqu’à son coucher; ensuite la nature du sacrifice : en l’appelant pur, il annonce de quel sacrifice il parle; enfin les personnes qui l’offrent : il ne dit pas dans Israël, mais chez toutes les nations. Et pour que vous ne pensiez pas que ce culte doive se borner à une ou deux villes, il ne dit pas simplement en tout lieu, mais depuis le lever du soleil jusqu’à son coucher, voulant dire que l’Evangile serait prêché dans tous les lieux que le soleil éclaire. Il dit que le nouveau sacrifice sera pur , comme si l’ancien eût été impur, non par lui-même , mais par la disposition de ceux qui l’offraient. Aussi Dieu disait-il aux Juifs par la bouche du prophète Isaïe : Votre encens m’est en abomination. (Is. I, 13.) D’ailleurs, si l’on compare l’ancien sacrifice avec le nouveau, on y trouvera une si grande différence, que celui-ci par comparaison est le seul qu’on puisse appeler pur. Et ce que saint Paul a dit de la Loi et de la Grâce, que la gloire même de la Loi n’est pas une véritable gloire, si on la compare avec la sublimité de l’Evangile, (II Cor. III, 10), on peut le répéter ici avec assurance, on peut dire que le nouveau sacrifice est le seul pur, si on le compare avec l’ancien; car il s’offre non par la fumée et l’odeur des victimes, ni par le sang et le prix du rachat, mais par la grâce de l’Esprit-Saint. » (Contre les Juifs, V)

Saint Augustin (354-430):

« Malachie, annonçant l’Eglise que nous voyons fleurir par Jésus-Christ, dit clairement aux Juifs en la personne de Dieu : « Vous ne m’agréez point, et je ne veux point de vos présents. Car depuis le soleil levant jusqu’au couchant, mon nom est grand parmi les nations. On me fera des sacrifices partout, et l’on m’offrira une oblation pure, parce que mon nom est grand parmi les nations, dit le Seigneur » [Malachie I, 10]. Ce sacrifice est celui du sacerdoce de Jésus-Christ selon l’ordre de Melchisédech, que nous voyons offrir depuis le soleil levant jusqu’au couchant, tandis qu’on ne peut nier que le sacrifice des Juifs à qui Dieu dit: « Vous ne m’a«gréez point, et je ne veux point de vos présents », ne soit aboli. Pourquoi donc attendent-ils encore un autre Christ, puisque cette prophétie qu’ils voient accomplie n’a pu s’accomplir que par lui ? Un peu après, le même prophète, parlant encore en la personne de Dieu, dit du Sauveur: « J’ai fait avec lui une alliance de vie et de paix; je lui ai donné ma crainte, et il m’a craint et respecté. La loi de la vérité était en sa bouche; il marchera en paix avec moi, et il en retirera plusieurs de leur iniquité. Car les lèvres du grand-prêtre seront les dépositaires de la science; et ils l’iront consulter sur la loi, parce que c’est l’ange du Seigneur tout-puissant » [Malach. II, 5.]. Il ne faut pas s’étonner que Jésus-Christ soit appelé l’ange de Dieu; de même qu’il est esclave à cause de la forme d’esclave en laquelle il est venu parmi les hommes, il est aussi ange à cause de l’Evangile qu’il leur a annoncé; car Evangile en grec signifie bonne nouvelle, et ange, messager [Angelos, messager, ange, Euangelion, récompense donnée au porteur d’une bonne nouvelle.]. » (La Cité de Dieu, XVIII, 35)

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