+†+Yesus Kristus azu+†+

« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

La doctrine de saint Irénée de Lyon

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Saint Irénée de Lyon est né vers 125 à Smyrne en Asie Mineure de parents grecs chrétiens. Il fut donc lui-même de culture et de langue grecque. Il fut enseigné par saint Polycarpe de Smyrne (vers 69 – 155) qui est lui-même un de ces Pères de l’Église nommés Pères apostoliques car ils ont été enseignés par les Apôtres eux-mêmes; saint Polycarpe est pour sa part disciple de l’Apôtre Saint Jean l’Evangéliste.

Irénée vint en Gaule vers 155 accompagnant saint Polycarpe et saint Pothin qui devint le premier évêque de Lyon. En 177 sous la persécution de Marc-Aurèle, saint Pothin connu le martyre et saint Irénée fut chargé de porter à Rome la Lettre sur les martyrs de Lyon, rapportée par Eusèbe de Césarée dans son Histoire ecclésiastique (Livre V, chapitre 2). Le billet de recommandation, qui accrédite le porteur de la lettre auprès de l’évêque de Rome saint Eleuthère le désigne comme « presbytre » de Lyon. Il en reparti nouvel évêque de Lyon.

Son épiscopat est marqué par une forte expansion missionnaire. Un grand nombre de diocèses sont fondés par des missionnaires envoyés par Irénée : c’est le cas de Besançon et Valence, qui doivent à l’évêque de Lyon leurs premiers pasteurs.

Son œuvre majeure est son traité de réfutation des gnostique, Contre les hérésies qu’il écrivit à la du IIè siècle.

Il mourut martyr lors des persécutions entre 202 et 208.

Je vous invite à consulter sa fiche Christ-Roi.netici sa fiche Christroi.over-blog.comici 

Saint Irénée est donc un homme du IIème siècle, enseigné par saint Polycarpe ayant lui-même connu un Apôtre, et nous ne pouvons que constater que sa doctrine est parfaitement Catholique:

La Divinité de Jésus-Christ

Nous reproduisons ici une partie de notre article La Trinité : Les témoins de Jéhovah et les Auteurs anténicéens où nous démasquons les mensonges d’un de leurs opuscules avec lesquels leurs chefs trompent leurs adeptes:

Le second auteur (p. 7) qui est invoqué par nos interlocuteurs est Irénée de Lyon. A son sujet, il est dit :

« Irénée (mort vers 200 de notre ère) a dit qu’avant d’être un humain, Jésus menait une existence distincte de celle de Dieu et qu’il lui était inférieur. Il a montré que Jésus n’est pas égal au ‘seul vrai Dieu’, qui est ‘au-dessus de tous, et auprès de qui il n’y a point d’autre’ » (p. 7)

C’est donc ainsi que la brochure « jéhoviste » rend la croyance de S. Irénée de Lyon. La grande œuvre de cet auteur est sans doute son Adversus hæreses. C’est dans cette grande œuvre que nous pouvons lire, et de ce fait, contraster avec les inventions des témoins de Jéhovah. Ecoutons le véritable Irénée, qui réfute les sophistes (c’est nous qui soulignons) :

Donc ni le Seigneur ni l’Esprit Saint ni les apôtres n’ont jamais appelé Dieu, au sens propre du terme, qui que ce fût qui n’eût pas été le vrai Dieu ; jamais non plus ils n’ont appelé Seigneur, de façon absolue, personne d’autre que Dieu le Père, qui domine sur toutes choses, et son Fils, qui a reçu de son Père la souveraineté sur toute la création. Comme le dit ce texte de l’Ecriture : « Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Siège à ma droite, jusqu’à ce que je mette tes ennemis comme escabeau sous tes pieds. » Le Père y est montré parlant au Fils : il lui donne l’héritage des nations et lui soumet tous ses ennemis. Puisque le Père est vraiment Seigneur et le Fils vraiment Seigneur, c’est à bon droit que l’Esprit Saint les a désignés par l’appellation de « Seigneur ». L’Ecriture dit de même dans le récit de la destruction de Sodome : « Le Seigneur fit pleuvoir sur Sodome et Gomorrhe du feu et du soufre venant du Seigneur du ciel. » Cette phrase doit s’entendre en ce sens que le Fils, qui vient de s’entretenir avec Abraham, a reçu du Père le pouvoir de condamner les habitants de Sodome à cause de leur iniquité. Il en va pareillement du texte suivant : « Ton trône, ô Dieu, est pour toujours ; c’est un sceptre de droiture que le sceptre de ta royauté. Tu as aimé la justice et haï l’iniquité; c’est pourquoi, ô Dieu, ton Dieu t’a consacré par l’Onction. » L’Esprit les a désignés tous les deux par l’appellation de « Dieu », tant celui qui reçoit l’Onction, c’est-à-dire le Fils, que celui qui la confère, c’est-à-dire le Père. De même encore : « Dieu s’est tenu dans l’assemblée de Dieu ; au milieu de celle-ci il juge les dieux. » Ce texte parle du Père, du Fils et de ceux qui ont reçu la filiation adoptive. Ces derniers sont l’Eglise : car elle est « l’assemblée de Dieu », que « Dieu », c’est-à-dire le Fils, a lui-même et par lui-même réunie. C’est encore de ce même Fils qu’il est dit : « Le Dieu des dieux, le Seigneur, a parlé et il a appelé la terre. » Quel est ce « Dieu » ? Celui dont il est dit : « Dieu viendra d’une manière manifeste, oui, notre Dieu viendra, et il ne gardera pas le silence. » Il s’agit du Fils, venu vers les hommes dans une manifestation de lui-même, lui qui dit : « Je me suis manifesté à ceux qui ne me cherchaient pas. » Et quels sont ces « dieux » ? Ceux à qui il dit : « J’ai dit : Vous êtes des dieux, vous êtes tous des fils du Très-Haut. » Il s’agit de ceux qui ont reçu la grâce de la filiation adoptive par laquelle « nous crions : Abba, Père ».  Ainsi personne d’autre, comme je viens de le dire, n’est appelé Dieu ou Seigneur, sinon Celui qui est Dieu et Seigneur de toutes choses — lui qui a dit à Moïse : « Je suis Celui qui suis », et: « Tu parleras ainsi aux enfants d’Israël : Celui qui est m’a envoyé vers vous » — et son Fils, Jésus-Christ notre Seigneur, qui rend fils de Dieu ceux qui croient en son nom. Il en va encore de même lorsque le Fils dit à Moïse : « Je suis descendu pour délivrer ce peuple. » C’est bien lui, en effet, qui est descendu et qui est remonté pour le salut des hommes. Ainsi donc, par le Fils, qui est dans le Père et qui a en lui le Père, le Dieu « qui est » s’est manifesté, le Père rendant témoignage au Fils et le Fils annonçant le Père, selon ce que dit aussi Isaïe : « Je suis témoin, dit le Seigneur Dieu, ainsi que l’Enfant que j’ai choisi, pour que vous sachiez et que vous croyiez et que vous compreniez que Je suis. »  – (Irénée de Lyon, Contre les hérésies, III, partie I : « Un seul Dieu, créateur de toutes choses »)

La Présence Réelle du Christ dans l’Eucharistie

« Au surplus, comment ne voient-ils [les gnostiques] que le pain sur lequel est prononcée l’action de grâce est le corps le corps du Seigneur et le calice son sang, s’ils ne disent pas qu’il est le Fils de l’Auteur du monde, c’est-à-dire son Verbe, par qui le bois « fructifie », les sources coulent, « la terre donne d’abord une herbe, puis un épi, puis du blé plein l’épi Mc 4,27-28″?  5 Comment encore peuvent-ils dire que la chair s’en va à la corruption et n’a point part à la vie, alors qu’elle est nourrie du corps du Seigneur et de son sang? Qu’ils changent donc leur façon de penser, ou qu’ils s’abstiennent d’offrir ce que nous venons de dire ! Pour nous, notre façon de penser s’accorde avec l’Eucharistie, et l’Eucharistie en retour confirme notre façon de penser. Car nous lui offrons ce qui est sien, proclamant d’une façon harmonieuse la communion et l’union de la chair et de l’Esprit: car de même que le pain qui vient de la terre, après avoir reçu l’invocation de Dieu, n’est plus du pain ordinaire, mais Eucharistie, constituée de deux choses, l’une terrestre et l’autre céleste, de même nos corps qui participent à l’Eucharistie ne sont plus corruptibles, puisqu’ils ont l’espérance de la résurrection… »(Contre les Hérésies, Livre IV, 18, 4)

 

« Vains, de toute manière, ceux qui rejettent toute l’ »économie » de Dieu, nient le salut de la chair, méprisent sa régénération, en déclarant qu’elle n’est pas capable de recevoir l’incorruptibilité. S’il n’y a pas de salut pour la chair, alors le Seigneur ne nous a pas non plus rachetés par son sang Ep 1, 7, la coupe de l’eucharistie n’est pas une communion à son sang et le pain que nous rompons n’est pas une communion à son corps 1Co 10, 16. Car le sang ne peut jaillir que de veines, de chairs et de tout le reste de la substance humaine, et c’est pour être vraiment devenu tout cela que le Verbe de Dieu nous a rachetés par son sang, comme le dit son Apôtre: « En lui nous avons la rédemption par son sang, la rémission des péchés Ep 1,7. » Et parce que nous sommes ses membres 1Co 6,15; Ep 5,30 et sommes nourris par le moyen de la création – création que lui-même nous procure, en faisant lever son soleil et tomber la pluie selon sa volonté Mt 5,45, la coupe, tirée de la création, il l’a déclarée son propre sang Lc 22,20; 1Co 11,25, par lequel se fortifie notre sang, et le pain, tiré de la création, il l’a proclamé son propre corps Lc 22,19; 1Co 11,24, par lequel se fortifient nos corps.

Si donc la coupe qui a été mélangée et le pain qui a été confectionné reçoivent la parole de Dieu et deviennent l’eucharistie, c’est-à-dire le sang et le corps du Christ, et si par ceux-ci se fortifie et s’affermit la substance de notre chair, comment ces gens peuvent-ils prétendre que la chair est incapable de recevoir le don de Dieu consistant dans la vie éternelle, alors qu’elle est nourrie du sang et du corps du Christ et qu’elle est membre de celui-ci, comme le dit le bienheureux Apôtre dans son épître aux Éphésiens: « Nous sommes les membres de son corps, formés de sa chair et de ses os Ep 5,30″?(..) ensuite, moyennant le savoir-faire, ils viennent en l’usage des hommes, puis, en recevant la parole de Dieu, ils deviennent l’eucharistie, c’est-à-dire le corps et le sang du Christ -, de même nos corps qui sont nourris par cette eucharistie, après avoir été couchés dans la terre et s’y être dissous, ressusciteront en leur temps, lorsque le Verbe de Dieu les gratifiera de la résurrection « pour la gloire de Dieu le Père Ph 2,11 « : car il procurera l’immortalité à ce qui est mortel et gratifiera d’incorruptibilité ce qui est corruptible 1Co 15, 53, parce que la puissance de Dieu se déploie dans la faiblesse 2Co 12, 9. » (Contre les Hérésies V, 2, 2 et 3)

Le sacrifice de la Messe

Saint Irénée parle ainsi du sacrifice prophétisé dans le livre du prophète Malachie :

« De celle-ci, parmi les douze prophètes, Malachie a parlé d’avance en ces termes : « Je ne prends pas plaisir en vous, dit le Seigneur tout-puissant, et je n’agréerai pas de sacrifice de vos mains ; car du levant au couchant, mon nom est glorifié parmi les nations, et en tout lieu de l’encens est offert à mon nom, ainsi qu’un sacrifice pur : car mon nom est grand parmi les nations, dit le Seigneur tout-puissant ». Il signifiait très clairement par là que le premier peuple cesserait d’offrir à Dieu, tandis qu’en tout lieu un sacrifice lui serait offert, pur celui-ci, et que son nom serait glorifié parmi les nations. Or, quel est le nom qui est glorifié parmi les nations, sinon celui de notre Seigneur, par l’entremise de qui est glorifié le Père et est glorifié l’homme ? Mais, parce que c’est le nom de son propre Fils et que ce nom est son œuvre, il l’a déclaré sien. De même qu’un roi qui aurait tracé lui-même le portrait de son fils dirait à bon droit que ce portrait est sien pour ce double motif que c’est celui de son fils et qu’il l’a fait lui-même, ainsi en va-t-il du nom de Jésus-Christ qui, à travers le monde entier, est glorifié dans l’Église : ce nom, le Père l’a déclaré sien, et parce que c’est celui de son Fils, et parce que lui-même l’a tracé, en le donnant pour le salut des hommes. Donc, puisque le nom du Fils appartient en propre au Père et puisqu’en tout lieu l’Église offre au Dieu tout-puissant par Jésus-Christ, le prophète dit à juste titre pour cette double raison : « Et en tout lieu de l’encens est offert à mon nom, ainsi qu’un sacrifice pur ». Cet encens, Jean dit dans l’Apocalypse que ce sont les prières des saints. » (Contre les hérésies, IV, 17, 5)

Le baptême des nouveaux-nés

« Jésus est venu en effet sauver par lui-même tous les hommes: tous ceux, dis-je, qui par lui sont renés en Dieu, nourrissons, tout-petits, enfants, , les jeunes hommes et les vieillards. » (Contre les hérésies II, 22, 4)

La régénération baptismale

« Et Naaman ] s’est plongé…  sept fois dans le Jourdain [ 2 Rois 5:14 ]. Ce n’était pas pour rien que Naaman âgé, souffrant de la lèpre, fut purifié en étant baptisé, mais pour que ceci nous serve d’indication. Car nous sommes des lépreux dans le péché, nous sommes purifiés, de nos vieilles transgressions, au moyen de l’eau sacrée et de l’invocation du Seigneur, étant spirituellement régénéré en tant que bébés nouveau-nés, de la façon même que le Seigneur a décrite : « Excepté un homme né de nouveau d’eau et d’Esprit, nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu.» (Fragment 34)

La Papauté

« Mais comme il serait trop long, dans un ouvrage tel que celui-ci, d’énumérer les successions de toutes les Églises, nous prendrons seulement l’une d’entre elles, l’Église très grande, très ancienne et connue de tous, que les deux très glorieux apôtres Pierre et Paul fondèrent et établirent à Rome ; en montrant que la Tradition qu’elle tient des apôtres et la foi qu’elle annonce aux hommes sont parvenues jusqu’à nous par des successions d’évêques, nous confondrons tous ceux qui, de quelque manière que ce soit, ou par infatuation, ou par vaine gloire, ou par aveuglement et erreur doctrinale, constituent des groupements illégitimes : car avec cette Église, en raison de sa principauté supérieure [ou « de son origine plus excellente », selon certaines traductions], doit nécessairement s’accorder toute Église, c’est-à-dire les fidèles de partout, — elle en qui toujours, au bénéfice de ces gens de partout, a été conservée la Tradition qui vient des apôtres. » (Contre les hérésies, III, 3, 2)

 

Ce passage est clair comme de l’eau de roche. Cependant les contestations se font entendre de partout chez les chrétiens non-catholiques, reconnaissant dans ces quelques mots une preuve implacable en faveur de l’Église catholique, si on les comprend dans leur signification la plus obvie. C’est pourquoi il n’est pas inutile de consulter une explication du texte, et de prendre connaissance des réponses aux objections. A cet effet, nous invitons notre lecteur à consulter notre article traitant du sujet en profondeur : cliquer ici.

L’autorité infaillible de la Tradition divino-apostolique

« Car, si les langues diffèrent à travers le monde, le contenu de la Tradition est un et identique. Et ni les Églises établies en Germanie n’ont d’autre foi ou d’autre Tradition, ni celles qui sont chez les Ibères, ni celles qui sont chez les Celtes, ni celles de l’Orient, de l’Égypte, de la Libye, ni celles qui sont établies au centre du monde ; mais, de même que le soleil, cette créature de Dieu, est un et identique dans le monde entier, de même cette lumière qu’est la prédication de la vérité brille partout et illumine tous les hommes qui veulent « parvenir à la connaissance de la vérité ». Et ni le plus puissant en discours parmi les chefs des Églises ne dira autre chose que cela — car personne n’est au-dessus du Maître —, ni celui qui est faible en paroles n’amoindrira cette Tradition : car, la foi étant une et identique, ni celui qui peut en disserter abondamment n’a plus, ni celui qui n’en parle que peu n’a moins. » (Contre les hérésies, I, 10, 2)

« Mais lorsqu’à notre tour nous en appelons à la Tradition qui vient des apôtres et qui, grâce aux successions des presbytres, se garde dans les Églises, ils s’opposent à cette Tradition : plus sages que les presbytres et même que les apôtres, ils ont, assurent-ils, trouvé la vérité pure, car les apôtres ont mêlé des prescriptions de la Loi aux paroles du Sauveur ; et non seulement les apôtres, mais le Seigneur lui-même a prononcé des paroles venant tantôt du Démiurge, tantôt de l’Intermédiaire, tantôt de la Suprême Puissance ; quant à eux, c’est sans le moindre doute, sans contamination aucune et à l’état pur qu’ils connaissent le mystère secret. Et voilà bien le plus impudent des blasphèmes à l’endroit de leur Créateur ! Il se trouve donc qu’ils ne s’accordent plus ni avec les Écritures ni avec la Tradition. » (Contre les hérésies, III, 2, 2)

« Ainsi donc, la Tradition des apôtres, qui a été manifestée dans le monde entier, c’est en toute Église qu’elle peut être perçue par tous ceux qui veulent voir la vérité. Et nous pourrions énumérer les évêques qui furent établis par les apôtres dans les Églises, et leurs successeurs jusqu’à nous. Or ils n’ont rien enseigné ni connu qui ressemble aux imaginations délirantes de ces gens-là. Si pourtant les apôtres avaient connu des mystères secrets qu’ils auraient enseignés aux « parfaits », à part et à l’insu des autres, c’est bien avant tout à ceux à qui ils confiaient les Églises elles-mêmes qu’ils auraient transmis ces mystères. Car ils voulaient que fussent absolument parfaits et en tout point irréprochables ceux qu’ils laissaient pour successeurs et à qui ils transmettaient leur propre mission d’enseignement : si ces hommes s’acquittaient correctement de leur charge, ce serait un grand profit, tandis que, s’ils venaient à faillir, ce serait le pire malheur. » (Contre les hérésies, III, 3, 1)

« Mais comme il serait trop long, dans un ouvrage tel que celui-ci, d’énumérer les successions de toutes les Églises, nous prendrons seulement l’une d’entre elles, l’Église très grande, très ancienne et connue de tous, que les deux très glorieux apôtres Pierre et Paul fondèrent et établirent à Rome ; en montrant que la Tradition qu’elle tient des apôtres et la foi qu’elle annonce aux hommes sont parvenues jusqu’à nous par des successions d’évêques, nous confondrons tous ceux qui, de quelque manière que ce soit, ou par infatuation, ou par vaine gloire, ou par aveuglement et erreur doctrinale, constituent des groupements illégitimes : car avec cette Église, en raison de son origine plus excellente, doit nécessairement s’accorder toute Église, c’est-à-dire les fidèles de partout, — elle en qui toujours, au bénéfice de ces gens de partout, a été conservée la Tradition qui vient des apôtres. » (Contre les hérésies, III, 3, 2)

Dans le paragraphe suivant il énumère les évêques de Rome. Lorsqu’il y évoque la Lettre de Clément aux Corinthiens, il dit qu’il le fit pour :

« renouveler leur foi et leur annoncer la Tradition qu’elle avait naguère reçue des apôtres » (Contre les hérésies, III, 3, 3)

Et il conclu en écrivant :

« Voilà par quelle suite et quelle succession la Tradition se trouvant dans l’Eglise à partir des apôtres et la prédication de la vérité sont parvenues jusqu’à nous. Et c’est là une preuve très complète qu’elle est une et identique à elle-même, cette foi vivifiante qui, dans l’Église, depuis les apôtres jusqu’à maintenant, s’est conservée et transmise dans la vérité. » (Contre les hérésies, III, 3, 3)

« Ajoutons enfin que l’Église d’Éphèse, fondée par Paul et où Jean demeura jusqu’à l’époque de Trajan, est aussi un témoin véridique de la Tradition des apôtres. » (Contre les hérésies, III, 3, 4)

« C’est à cet ordre que donnent leur assentiment beaucoup de peuples barbares qui croient au Christ : ils possèdent le salut, écrit sans papier ni encre par l’Esprit dans leurs cœurs, et ils gardent scrupuleusement l’antique Tradition, croyant en un seul Dieu, Créateur du ciel et de la terre et de tout ce qu’ils renferment, et au Christ Jésus, le Fils de Dieu, qui, à cause de son surabondant amour pour l’ouvrage par lui modelé, a consenti à être engendré de la Vierge pour unir lui-même par lui-même l’homme à Dieu, qui a souffert sous Ponce Pilate, est ressuscité et a été enlevé dans la gloire, qui viendra dans la gloire comme Sauveur de ceux qui seront sauvés et Juge de ceux qui seront jugés et enverra au feu éternel ceux qui défigurent la vérité et qui méprisent son Père et sa propre venue. Ceux qui sans lettres ont embrassé cette foi sont, pour ce qui est du langage, des barbares ; mais, pour ce qui est des pensées, des usages, de la manière de vivre, ils sont, grâce à leur foi, suprêmement sages et ils plaisent à Dieu, vivant en toute justice, pureté et sagesse. Et s’il arrivait que quelqu’un leur annonçât les inventions des hérétiques en s’adressant à eux dans leur propre langue, aussitôt ils se boucheraient les oreilles et s’enfuiraient au plus loin, sans même consentir à entendre ces discours blasphématoires. Ainsi, grâce à l’antique Tradition des apôtres, rejettent-ils jusqu’à la pensée de l’une quelconque des inventions mensongères des hérétiques. » (Contre les hérésies, III, 4, 2)

« C’est aux évêques et aux prêtres, qui tiennent des mains des Apôtres le dépôt de la foi, et qui ont reçu l’ordination d’après l’institution même du Christ, que nous devons nous en rapporter pour les véritables règles de notre croyance. Quant à ceux qui s’éloignent du sein de l’Eglise, quelque soit le lieu où ils se réunissent, nous devons les tenir pour suspects, à l’égal des hérétiques et des gens de mauvaise foi, ou comme des hommes égarés par l’orgueil et qui ne se complaisent qu’en eux-mêmes ; ou bien enfin comme des hypocrites qui n’ont pour mobile de leur conduite qu’un vil intérêt, une vaine gloire. » (Contre les hérésies, IV, 43, 26)

Saint Irénée va même plus loin que tous les autres en envisageant le cas d’école dans lequel les apôtres n’auraient pas laissé d’écrits et où le dépôt de la foi pour la Nouvelle Alliance ne nous serait connu que par la Tradition:

« Telle étant la force de ces preuves, il ne faut donc plus chercher auprès d’autres la vérité qu’il est plus facile de recevoir de l’Église, car les Apôtres, comme en un riche cellier, ont amassé en elle, de la façon la plus plénière, tout ce qui a trait à la vérité, afin que quiconque le désire y puise le breuvage de la vie. C’est elle, en effet, qui est la voie d’accès à la vie ; « tous » les autres « sont des voleurs et des brigands ». C’est pourquoi il faut les rejeter, mais aimer par contre avec un zèle extrême ce qui est de l’Église et saisir la Tradition de la vérité. Eh quoi ! S’il s’élevait une controverse sur quelque questions de minime importance, ne faudrait-il pas recourir aux Églises les plus anciennes, celles où les Apôtres ont vécu, pour recevoir d’elles sur la question en cause la doctrine exacte ? Et à supposer même que les Apôtres ne nous eussent pas laissé d’Écritures, ne faudrait-il pas alors suivre l’ordre de la Tradition qu’ils ont transmis à ceux à qui ils confiaient ces Églises ? » (Contre les hérésies, III, 4, 1)

 

 

Saint Irénée a beaucoup théorisé le principe de Tradition; lire ici.

La confession à un prêtre

« Marquées au fer rouge dans leur conscience, certaines d’entre elles font, même publiquement, pénitence. Mais d’autres, qui répugnent à un tel geste, se retirent en silence, désespérant de la vie de Dieu : tandis que les unes ont totalement apostasie, les autres restent en suspens, n’étant, selon le proverbe, ni au dehors ni au-dedans… » (Contre les hérésies, I, 2)

Notons que dans les premiers temps, les confessions étaient faites publiquement.

Enseignement sur Marie

Saint Irénée enseigne que Marie est la Nouvelle Eve, ce qui est un élément fondamental de la théologie mariale. L’une de ces conséquence est l’Immaculée Conception. Voici ce que saint Irénée disait au sujet de « Marie Nouvelle Eve » :

:« Car, de même que, par la désobéissance d’un seul homme qui fut, le premier, modelé à partir d’une terre vierge, beaucoup ont été constitués pécheurs et ont perdu la vie, ainsi fallait-il que, par l’obéissance d’un seul homme qui est, le premier, né de la Vierge, beaucoup soient justifiés et reçoivent le salut. » (Contre les hérésies, III 18,7)

« Parallèlement au Seigneur, on trouve aussi la Vierge Marie obéissante, lorsqu’elle dit : Voici ta servante, Seigneur ; qu’il me soit fait selon Ta Parole (Lc 1,38). Ève, au contraire, avait été désobéissante : elle avait désobéi, alors qu’elle était encore vierge. Car, de même qu’Ève, ayant pour époux Adam, et cependant encore vierge – car ils étaient nus tous les deux dans le paradis et n’en avaient point honte (Gn 2,25), parce que, créés peu auparavant, ils n’avaient pas de notion de la procréation : il leur fallait d’abord grandir , et seulement ensuite se multiplier (Gn 1,28) – de même donc qu’Ève, en désobéissant, devint cause de mort pour elle-même et pour tout le genre humain, de même Marie, ayant pour époux celui qui lui avait été destiné par avance, et cependant Vierge, devint, en obéissant, cause de salut (cf. He 5,9) pour elle-même et pour tout le genre humain. C’est pour cette raison que la Loi donne à celle qui est fiancée à un homme, bien qu’elle soit encore vierge, le nom d’épouse de celui qui l’a prise pour fiancée (Dt 22,23-24), signifiant de la sorte le retournement qui s’opère de Marie à Ève. Car ce qui a été lié ne peut être délié que si l’on refait en sens inverse les boucles du nœud. » (Contre les hérésies, III, 22, 4)

« Selon les formes, Marie la Vierge est trouvée obéissance, disant “Voici ta servante, ô Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole ». Mais Ève fut désobéissante, car elle n’obéit pas, alors qu’elle était encore vierge. Car elle, ayant Adam pour mari, était cependant une vierge… devenant désobéissante, devint la cause de la mort et d’elle-même et de la race humaine toute entière ; De même Marie, ayant l’homme prédestiné, et étant cependant une vierge, étant obéissante, devint et pour elle-même et pour la race humaine toute entière la cause du salut…. Et c’est sur le compte de ceci, que le Seigneur déclara, que les premiers seraient les derniers et les derniers les premiers. Et les prophètes signifièrent la même chose , disant « A la place de tes pères te viendront des fils » (Ps44). Car, alors que le Seigneur, étant né, fut le premier revenu des morts, et reçut en son sein les premiers pères, Il les régénéra dans la vie de Dieu, Lui-même devenant le premier des vivants, alors qu’Adam était devenu le premier des morts. De même Luc, commençant la généalogie à partir du Seigneur la remonta jusqu’à Adam, signifiant ainsi que c’est Lui qui avait régénéré les pères anciens dans l’Évangile de la vie, et non le contraire. Et ainsi le nœud de la désobéissance d’Ève fut dénoué par l’obéissance de Marie ; car ce qu’Eve, une vierge, avait noué par son incrédulité, Marie, une vierge, l’a dénoué par la foi. » (Contre les hérésies, III, 22, 34.)

Et aussi : « Comme Ève qui fut séduite par le discours d’un Ange, de sorte qu’elle se cacha de Dieu, transgressant Sa parole, de même Marie reçut la bonne nouvelle par le moyen de l’annonce de l’Ange, de sorte qu’elle porta Dieu en elle, étant obéissante à Sa parole. Et, bien que la première a désobéit à Dieu, la deuxième fut convaincue d’obéir à Dieu ; de sorte que de la vierge Ève, la Vierge Marie devienne l’avocate. Et, comme à cause d’une vierge la race humaine fut liée à la mort, par une Vierge elle est sauvée, l’équilibre étant préservé car la désobéissance d’une vierge contrée par l’obéissance d’une autre. » (Contre les hérésies, III, 22, 19)

St Irénée rédigea également un ouvrage intitulé Démonstration de l’enseignement apostolique où il écrivit la chose suivante :

« Or, d’où provenait la substance du premier homme ? De la volonté et de la sagesse de Dieu et d’une terre vierge : « car Dieu n’avait pas encore fait pleuvoir », dit l’Écriture, avant que l’homme fut fait, « et il n’y avait pas encore d’homme pour travailler la terre (Jn 1,14) ». C’est donc tandis qu’elle était encore vierge que « Dieu prit du limon de la terre et en modela l’homme (Gn 2,5) pour qu’il fut le point de départ de l’humanité. Comme c’était cet homme même qu’il récapitulait en lui, le Seigneur reçut donc une chair formée selon la même « économie » que celle d’Adam, en naissant d’une Vierge par la volonté et la sagesse de Dieu, afin de montrer lui aussi une chair formée d’une manière semblable à celle d’Adam et de se faire cet homme même dont il est écrit qu’il était, à l’origine, à l’image et à la ressemblance de Dieu. Car  il fallait qu’Adam fut récapitulé dans le Christ, afin que ce qui était mortel fut englouti par l’immortalité, et il fallait qu’Ève le fut aussi en Marie, afin qu’une Vierge, en se faisant l’avocate d’une vierge, détruisit la désobéissance d’une vierge par l’obéissance d’une Vierge. » (Démonstration de l’enseignement apostolique, 32 et 33)

 

Certains disent que saint Irénée croyait que Marie n’était pas sans péché, ou du moins avec le péché originel citent cette phrase de lui; « Jésus-Christ seul a été exempt du péché, quoiqu’il ait paru avec la ressemblance du péché. » (Contre les hérésies, livre IV, chapitre 16). Ainsi que le fait que saint Irénée traite la demande que Marie adresse au Christ aux Noces de Cana d’« empressement intempestif que Jésus rejette. » (Contre les hérésies, III, 7)

Voici quelle en est l’explication: que le Christ soit seul sans péché n’est pas incompatible avec l’Immaculée Conception de Notre-Dame. En effet, « être sans péché, peut s’entendre ou d’une innocence de fait fondée sur la grâce ou d’une innocence de droit et de nature, c’est-à-dire d’une impeccabilité essentielle. Cette seconde sorte d’innocence convient à dieu seul et à Jésus-Christ, en tant qu’Homme-Dieu; mais l’autre sorte d’innocence reste possible s’il plaît à Dieu d’accorder ce privilège à une créature. Le fait que les textes objectés, les Pères justifient l’impeccabilité qu’ils réservent à Dieu, sur ce qu’il est Dieu, ou à Jésus-Christ, sur ce qu’Il est l’Homme-Dieu, indique suffisamment qu’ils ont en vue l’innocence de nature ou de droit; autrement, il faudrait conclure que, même parmi les saints anges, nul n’a été ni n’est sans péché, puisque l’ange n’est ni Dieu ni uni hypostatiquement à la divinité du Père. Plazza » (Dictionnaire de théologie catholique des abbés VACANT et MANGENOT, article Immaculée Conception). Donc si Jésus est le seul à ne pas avoir le péché originel par nature, ou par droit, il n’est pas exclu que Marie ne l’ait pas non plus mais quant à Elle par grâce.

Quant à l’intervention de Marie aux Noces de Cana qualifiée par saint Irénée d’empressement intempestif, elle « fut inspirée par un sentiment de charité compatissante. Dans la scène évangélique de la vie publique où Marie intervient, rien ne permet de conjecturer que sa démarche ait eu l’ambition pour mobile, ou qu’elle supposât un manque de foi en la mission de son Fi […] rien  ne prouve qu’il songe à une faute de la part de Marie. » (Ibidem.)

Plus sur les premiers Pères et « Marie Nouvelle Eve »: ici.

Dossier complet sur Marie: ici.

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