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« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

Le sacrifice de la messe prophétisé par Malachie

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Les protestants accusent l’Eglise catholique de tomber sous la condamnation d’Hébreux VI, 6 où nous lisons: « ceux qui pour leur part crucifient de nouveau le Fils de Dieu et le livrent à l’ignominie. » En effet, selon l’enseignement catholique, la messe n’est-elle par le renouvellement du sacrifice de la Croix ? En réalité, la messe n’est pas à un autre sacrifice, mais le renouvellement non sanglant du sacrifice du Calvaire, la messe a pour effet de le rendre efficacement présent sur l’autel. Cela fera l’objet d’un futur article. Pour l’heure, le lecteur pourra se référer à cet article d’un autre site d’apologétique. Le présent article a quant à lui pour objet de montrer que le sacrifice de la messe était prophétisé par Malachie I, 11.

Pour nous en convaincre, écoutons l’abbé Matthias GAUDRON dans son Catéchisme catholique de la crise dans l’Eglise, Editions du Sel, 5ème édition, 2014, page 163:

+ Comment Dieu a-t-il révélé que la messe est un sacrifice ?

– Le fait que la messe soit un sacrifice ressort clairement de la sainte Ecriture. Dans l’ancien Testament, Dieu, par l’intermédiaire du prophète Malachie, annonçait en ces termes le sacrifice à venir:

De l’orient au couchant, mon nom est grand parmi les nations, et en tout lieu un sacrifice d’agréable odeur est présenté à mon nom ainsi qu’une offrande pure [Ml 1, 11]

+ Qu’y a-t-il de remarquable dans cette prophétie de Malachie ?

– Les Juifs n’avaient le droit d’offrir des sacrifices qu’en un seul endroit: le temple de Jérusalem. Or le prophète annonce une offrande pure qui sera célébrée dans tous les lieux du monde. Dès l’origine, les chrétiens y ont reconnu le sacrifice de la messe.

Et lisons maintenant l’analyse qu’en fait le Dictionnaire de théologie catholique à l’article « MALACHIE » rédigé par E. TOBAC:

La promesse de l’oblation pure. – Les prêtres, oublieux de l’honneur qu’ils doivent à Dieu, lui offrent en sacrifice des victimes défectueuses. Aussi Jahvé ne les agrée-t-il pas, il ne prend plus en eux aucun plaisir et rejette leurs offrandes. 1, 6-10. C’est ainsi qu’est amenée, au verset 11, la prophétie de l’oblation pure

Ab ortu enim solis usque ad occasum magnum est nomen meum in gentibus et in omni loco sacrificatur et offertur nomini meo oblatio munda; quia magnum est nomen meum in gentibus, dicit Dominus exercituum.

Il n’y a pas lieu de nous arrêter aux discussions soulevées par l’état actuel du texte, et les diverses modifications proposées par les critiques n’atteignent pas substantiellement le sens de l’oracle. Nous nous en tenons à la version des LXX qui nous paraît exprimer exactement le texte hébreu : ἐν παντἱ τόπῳ θυμἰαμα προσάγγεται ἐπἱ τῷ ὀνόματἰ μου ϰαἱ θυσἰα ϰαθαρά : In omni loco sacrificium incensi offertur nomini meo ct oblatio monda. C’est la traduction qu’adoptent Lagrange et Van Hoonacker.

Il nous semble que Malachie veut décrire dans ce verset le culte divin des temps messianiques. Le nom de Dieu est grand parmi les nations ; il est honoré par toute la terre, du levant au couchant. Or, cette universelle connaissance de Dieu est revendiquée par les prophètes comme un apanage des temps messianiques. Mich., III, 1-11 ; Soph., III, 9 ; Agg., II, 7 ; Zach., VIII, 20 sq.; IX, 10 sq., etc. L’oblation pure se fera en tout lieu, ce qui implique l’abolition de la loi mosaïque, en vertu de laquelle les sacrifices ne s’offraient légitimement qu’en un seul endroit. L’oblation pure est faite parmi les nations et par les nations; elle se substitue partout aux sacrifices lévitiques défectueux et inaugure le culte nouveau culte universel de Jahvé. Nous sommes donc transportés à l’époque messianique.

On objecte que le contexte ne nous permet pas de songer à des faits à venir. Tandis que le nom de Jahvé est magnifié parmi les nations, il est profané par les prêtres juifs, I, 11, 12 ; il s’agit bien d’une situation présente. D’ailleurs, les verbes sont au présent : mon nom est grand parmi les nations ; en tout lieu, on offre à mon nom… Nous croyons, au contraire, que le contexte nous invite à envisager un culte futur remplaçant le culte existant. Le prophète contemplant ce culte d’une manière absolue, abstraction faite de toute perspective chronologique, a pu décrire l’objet de sa vision en s’exprimant au présent.

Il faut reconnaître toutefois qu’un grand nombre de commentateurs ne veulent pas voir dans cette parole de Malachie l’énoncé d’une prophétie, mais la simple constatation d’un fait présent. « Est-ce une pure prédiction, se demande Reuss, s’agit-il des Juifs fidèles dispersés dans le monde entier ? Ou bien l’auteur reconnaîtrait-il dans les religions païennes mêmes un élément de vérité, une profession instinctive qu’il opposerait aux profanations de ceux qui devraient être les plus parfaits ? » Les rabbins en général appliquaient la parole de Malachie au culte de prières rendu à Jahvé par les Juifs dispersés dans toutes les parties du monde. C’était déjà l’interprétation des Juifs que saint Justin combattait dans son Dialogue, et il leur répondait avec raison : « Au temps où Malachie tenait ce langage, vous n’étiez pas encore répandus dans toutes les régions de la terre où vous êtes maintenant ; cela ressort même de l’Écriture. » Dial., 117, P. G., t. VI, col. 749. Il faut faire la même réponse à ceux qui disent que le prophète veut parler de l’adoration dont Jahvé aurait été l’objet de la part des prosélytes parmi toutes les nations de la terre. II n’y avait pas, au Ve siècle, au sein du paganisme, de prosélytes assez nombreux pour justifier le langage solennel de Malachie.

Beaucoup d’exégètes modernes (Wellhausen, Nowack, Marti, etc. voir aussi D. H. Müller, Discours de Malachie sur le rite des sacrifices, dans Revue biblique, 1896, p. 539) ont repris l’explication de Théodore de Mopsueste, d’après laquelle le prophète aurait en vue l’hommage implicite rendu au nom de Jahvé dans le culte dont les païens honoraient la divinité suprême : Ubique terrarum nomen meum cuncti sectantur cujusque regionis incolœ; nam singuli Deum c olere satagunt ejusque nomen venerari ceu principis et Domini, cujuscemodi ego revera sum, adeo ut etiamsi errare decepti nomen iis quos non decet imponunt, pihilominus nomen adhuc meum quodammodo honorent omnes et in nomine meo sacrificia perficiant, dumomnium rerum maximam et excellentissimam judicant numen divinum. Cité par Knabenbauer, In propheas minores, t. II, 2e édit., p. 524. Mais d’abord, il s’agit dans Malachie d’un culte nouveau remplaçant partout le culte ancien. Or, ce culte des païens n’est pas du tout exclusif du culte juif ; il peut très bien coexister avec lui. Ensuite, comment Malachie aurait-il pu appeler ce soi-disant culte des païens à la divinité suprême, une offrande pure au nom de Jahvé des armées ? Il n’est pas à ce point favorable aux païens, et il est loin de considérer leur religion comme une forme de la religion de Jahvé. « Comment comprendre, dit Van Hoonacker, Les douze petits prophètes, p. 712, que Malachie, qui attache visiblement une si grande importance aux sacrifices rituels, qui se montre d’ailleurs si sévère pour les négligences des prêtres juifs, eût considéré comme une compensation suffisante pour la suppression du culte de Jahvé à Jérusalem, le culte que les païens adressaient à leur dieu suprême ? » « Malachie, comme le fait remarquer aussi le P. Lagrange, Les prophéties messianiques des derniers prophètes, dans Revue biblique, 1906, p. 79 sq., serait le premier et le plus tolérant des syncrétistes… L’idée de Malachie se résoudrait dans cette absurdité : les nations honorent mon nom, car elles m’honorent en réalité sous d’autres noms; ou en cette autre : mieux vaut offrir une victime saine à Zeus, que d’offrir à Jahvé une victime moins parfaite… parce que c’est bien Jahvé que les nations prétendent honorer sous le nom de Zeus. »

« Un assez grand nombre de catholiques allemands, dit le cardinal Meignan, Les derniers prophètes d’Israël, p. 353, appliquèrent,avec Hengstenberg et Keil, les paroles de Malachie à la simple adoration de Dieu; le sacrifice dont il est question pourrait être celui dont parle saint Paul. Rom., XII, I. Saint Thomas explique ainsi l’oracle de Malachie : Uterque ritus (Judœorum et Samaritanorum) cessavit, veniente spirituali Evangelii veritate, secundum quam in omni loco sacrificatur, ut dicitura Malachia. Ila-IIae ,q.LXXXIV, a. 3, ad, 1um. Pour saint Thomas, le culte nouveau prédit par Malachie est celui-là même que le Christ annonçait à la Samaritaine. Joa., IV, 21-24 : Venit hora quando neque in monte hoc, neque in Jerosolymis adorabitis Patrem… quando veri adoratores adorabunt Patrem in spiritu et veritate. »

Ces commentateurs, tout en entendant la sentence de Malachie dans le sens d’une prophétie messianique, n’y voient que l’annonce du culte spirituel, de la véritable adoration de Dieu. Le prophète n’aurait pas en vue le sacrifice proprement dit de l’époque messianique. Cependant, le sens naturel et obvie des mots employés plaide en faveur d’un sacrifice proprement dit : on offre – sacrifice fumant – oblation pure. Ces mots reviennent fréquemment dans l’Ancien Testament, et dans Malachie même, I, 10, et désignent toujours un sacrifice véritable. D’ailleurs, l’offrande pure ne s’oppose pas aux sacrifices juifs comme un sacrifice spirituel s’opposerait aux sacrifices matériels, mais comme une oblation pure s’oppose aux offrandes souillées. Ce n’est pas parce
que matériels, mais parce que souillés que les sacrifices lévitiques sont réprouvés.

Nous croyons que Malachie a annoncé pour l’époque messianique un véritable sacrifice, et non seulement un sacrifice métaphorique et spirituel d’adoration. Peut-on conclure davantage du v. 11 ? Malachie a-t-il déterminé quelque peu la nature et la forme de ce sacrifice ? Reinke, Knabenbauer, Lagrange, Crampon pensent que le prophète, en employant le mot oblation, en hébreu minefiah, a voulu indiquer le caractère non sanglant du sacrifice nouveau, conformément à la signification spéciale et quasi technique de ce mot en beaucoup d’endroits. Lev., II, I sq.; VI, 13; VII 9 ; Num., XV, 4, etc. « Ce sacrifice nouveau est appelé oblation, en hébreu minehah, mot qui désigne proprement les offrandes de grains, de farine, de pain et de vin. C’est le mot liturgique du rituel mosaïque qui était le plus propre à désigne le pain et le vin servant de matière à la consécration du corps et du sang de Notre-Seigneur dans l’eucharistie. » (Crampon). Au contraire, Schegg estime que le mot minehah a, au v. 11, le sens général d’offrande sacrificielle qu’il a incontestablement au v. 10 : « Je n’agréerai plus aucune offrande de votre main ! » Il voit même dans les deux mots employés par Malachie au v. 11 : sacrificium incensi et oblatio, une allusion aux deux autels affectés au culte de l’Ancien Testament, l’autel des parfums et l’autel des holocaustes. Dans cette explication, Malachie aurait en vue le sacrifice réel du Nouveau Testament sans pouvoir le déterminer davantage. Van Hoonacker reconnait que la question est difficile à trancher. Quoi qu’il en soit, c’est dans le sacrifice de la messe que la prophétie de Malachie a reçu son accomplissement. Et c’est ce qu’a reconnu la plus ancienne tradition chrétienne, ainsi qu’en témoignent la Didachè, c. XIV ; saint Irénée, Cont. hœr., IV, XVII, 5, P. – G., t. VII, col. 1023: saint Justin, Dialog., 41, P. G., t. VI, col. 564, et à leur suite Eusèbe, Dem. evang., I, 10, P. G., t. XXII, col. 89, 93; saint Jean Chrysostome, Adv. Jud., 5, P. G., t. XLVIII, col. 902 ; saint Augustin, De civ. Dei, XVIII, xxxv, P. L. , t. XLI, col. 594; saint Jérôme, In Ezec., XXI, 25 sq., P. L., t. xxv, col. 207 ; etc. Le concile de Trente aussi rappelle que la messe est cette offrande quam Dominus per Malachiam nomini suo quod magnum futurum esset in gentibus, in omni loco mundam offerendam pradixit. Sess. XXII, c. 1.

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6 commentaires sur “Le sacrifice de la messe prophétisé par Malachie

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  3. Daniel PIGNARD
    3 janvier 2017

    Malachie 1 :11 est traduit ainsi par la Bible Maredsous et par les Bibles Segond et du Semeur :

    Maredsous : Car du Levant au Couchant, mon Nom est =grand parmi les nations. En tout lieu, on offre à mon Nom un sacrifice d’encens, une oblation pure ; oui, mon Nom est grand parmi les nations, dit le Seigneur des armées.

    Segond : Car depuis le lever du soleil jusqu’à son couchant, Mon nom est grand parmi les nations, Et en tout lieu on brûle de l’encens en l’honneur de mon nom Et l’on présente des offrandes pures; Car grand est mon nom parmi les nations, Dit l’Éternel des armées.

    Bible du Semeur : Car, du soleil levant jusqu’au soleil couchant, ma renommée sera très grande au milieu des nations, et partout, en tout lieu, de l’encens me sera offert et des offrandes pures. Car, parmi les nations, ma renommée sera très grande, dit l’Eternel, le Seigneur des armées célestes.

    Il est donc très difficile d’y voir le sacrifice de la messe, le sacrifice des corps y suffisant (Rom 12 :1 ; Phil 4 :17 ; Heb 13 :15 -16)
    Héb 10 :12 dit qu’il n’a offert qu’un seul sacrifice.

    • Ressources Catholiques
      3 janvier 2017

      Offrande et oblation sont ici nécessairement synonyme de sacrifice car cela ne peut que faire référence aux sacrifices du Temple.

      De plus, la messe n’est pas un autre sacrifice, c’est l’unique sacrifice de la Croix, rendu efficacement présent sur l’autel.

      Rappelez-vous de ces mots de saint Paul sur la suffisance du sacrifice de la Croix: « Maintenant je suis plein de joie dans mes souffrances pour vous, et ce qui manque aux souffrances du Christ en ma propre chair, je l’achève pour son corps, qui est l’Eglise. » (Colossiens I, 24)

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