+†+Yesus Kristus azu+†+

« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

L’infaillibilité du consensus moral des Pères de l’Eglise

« C’est principalement pour l’explication de la parole sainte qu’ils [les Pères de l’Église] demeureront toujours nos maîtres. Nulle recherche, nulle science, si profonde soit-elle, ne nous rendra ce qu’ils avaient alors: le monde tel que Jésus l’avait connu, le même aspect des lieux et des choses, et surtout l’entretien des fidèles qui, ayant vécu près des apôtres, pouvaient rapporter leurs instructions. Ces circonstances réunies donnent à l’autorité des Pères un tel éclat, que les théologiens protestants eux-mêmes en ont été frappés. Ils l’avouent : « S’écarter d’un sentiment commun parmi eux, c’est une folie et une absurdité » » (Abbé Constant FOUARD, professeur à la faculté de théologie de Rouen, La vie de Notre-Seigneur Jesus-Christ, vingt-sixième édition, Paris 1920, p XVI.)

« En matière de Foi et de Morale, le consensus moralement (et non mathématiquement) unanime des Pères est un témoignage irréfutable de la Tradition divine » (V. ZUBIZARRETA,  Theologia dogmatico-scholastica, Ediciones ‘El carmen’, Vitoria 1948, vol. I, n° 699, tesis IV).

« En effet, seulement quelques Pères ne représentent pas l’Eglise Universelle et ne peuvent pas s’arroger l’autorité du magistère de l’Eglise, comme s’ils étaient l’organe qui transmet la Tradition. Mais, le consentement unanime des Pères en matière de foi ou de mœurs donné au théologien un argument certain et ferme. [ici, le théologien enseigne qu’il ne faut pas entendre l’expression « consensus unanime » au sens mathématique mais plutôt moral de telle sorte qu’il se peut qu’une minorité d’entre eux soutienne l’opinion opposée]. La raison théologique en est la suivante : les Pères furent placés par le Saint-Esprit dans l’Eglise afin que, tout en constituant le corps de l’Eglise enseignante, ils gardent la Tradition divine reçue par les Apôtres. Donc, leur consensus commun est, dans l’Église, règle infaillible de foi. » (V. ZUBIZARRETA, op. cit., n° 700).

Et quand les théologiens ont nié l’infaillibilité des Pères, ils ne voulaient parler que des Pères pris en particulier et non pas de leur consensus unanime.

Le Dictionnaire de Théologie Catholique enseigne la même doctrine : « Si les Pères sont unanimes à enseigner un point de doctrine, leur enseignement doit être considéré comme la doctrine même de l’Eglise. Un témoignage de cette nature doit être regardé comme infaillible, puisque c’est en définitive l’Eglise même qui s’exprime par la voix de ses représentants les plus autorisés. […] Cette unanimité exclut… une opposition provenant d’un groupe d’une certaine importance, mais elle n’exclut pas un nombre relativement faible de voix divergences. […] En définitive, l’unanimité qui est requise n’est pas une question de mathématique, mais une question d’appréciation. C’est une unanimité morale. » (Abbé Émile AMANN, Dictionnaire de Théologie Catholique, vol. XXII, col. 1199)

Aussi, les Papes et les conciles ont-ils explicitement enseigné que l’unanimité morale des Pères était infaillible et devait être tenue pour vraie :

Le Concile de Trente a émit sur ce sujet une déclaration officielle, au moins en ce qui concerne l’interprétation de la Sainte Ecriture : « 1507 En outre. pour contenir les esprits indociles. il décrète que personne, dans les choses de la foi ou des mœurs concernant l’édifice de la foi chrétienne, ne doit, en s’appuyant sur un seul jugement, oser interpréter l’Écriture sainte en détournant celle-ci vers son sens personnel allant contre le sens qu’a tenu et que tient notre sainte Mère l’Église, elle à qui il revient de juger du sens et de l’interprétation véritables des saintes Écritures, ou allant encore contre le consentement unanime des Pères, même si des interprétations de ce genre ne devaient jamais être publiées. (…)

1508 Mais le saint concile veut aussi, comme il est juste, imposer une règle en ce domaine aux imprimeurs… aussi décrète-t-il et statue-t-il que désormais la sainte Écriture, particulièrement cette édition ancienne de la Vulgate, soit imprimée le plus correctement possible ; qu’il ne soit permis à personne d’imprimer ou de faire imprimer tout livre traitant des choses sacrées sans nom d’auteur, ni de le vendre à l’avenir ou de le garder chez soi, si auparavant ces livres n’ont pas été examinés et approuvés par l’Ordinaire… » (Session IV, § 1507-1508)

Le 13 novembre 1564, Pie IV instaura l’obligation pour tout le clergé de jurer obéissance à la profession de Foi tridentine, qui disait, entre autres : « j’accepte l’Écriture sainte, suivant le sens qu’a tenu et que tient notre sainte mère l’Église, à qui il appartient de juger du véritable sens et de l’interprétation des saintes Écritures. Je n’accepterai et je n’interpréterai jamais l’Écriture que selon le consentement unanime des Pères. ». (Bulle Injunctum Nobis)

Notons bien qu’il est mentionné que nous devons recevoir « le sens qu’a tenu et que tient notre sainte mère l’Église, à qui il appartient de juger du véritable sens et de l’interprétation des saintes Écritures » et « le consentement unanime des Pères », sans qu’aucune hiérarchie ou dérogation magistérielle ne soit prévue, il est donc impossible qu’il y ait une quelconque opposition dans l’interprétation des Écriture.

Pie IX déclara le 6 janvier 1870 lors de la 2ème session du concile Vatican I : « Moi, Pie, évêque de l’Eglise catholique, je crois et professe d’une foi ferme […] j’accepte l’Ecriture sainte suivant le sens qu’a tenu et que tient notre sainte Mère l’Eglise, à qui il appartient de juger du véritable sens et de l’interprétation des Saintes Ecritures et je n’accepterai ni l’interpréterai jamais l’Ecriture que selon le consensus unanime des Pères. » (Décrétales 802-803)

Léon XIII déclara : « Là où Dieu a mis ses dons, là doit être cherchée la vérité. Les hommes en qui réside la succession des apôtres expliquent les Écritures sans aucun danger d’erreur, saint Irénée nous l’a déjà enseigné [Contre les hérésies, IV, 26, 5.]. C’est sa doctrine et celle des autres Pères qu’a adoptée le Concile du Vatican, quand, renouvelant un décret du Concile de Trente sur l’interprétation de la parole divine écrite, il a décidé que, « dans les choses de la foi et des mœurs, tendant à la fixation de la doctrine chrétienne, on doit regarder comme le sens exact de la Sainte Écriture, celui qu’a regardé et que regarde comme tel notre sainte Mère l’Église, à qui il appartient de juger du sens et de l’interprétation des Livres sacrés. Il n’est donc permis à personne d’expliquer l’Écriture d’une façon contraire à cette signification ou encore au consentement unanime des Pères. » [Sess. III, cap. II, De Revel. ; cf. Conc. Trid., sess. IV, Decret. de edit. et usu sacr. libr.]. » (Encyclique Providentissimus Deus, 18 novembre 1893).

Léon XIII, à l’instar de Pie IV ordonne de « regarder comme le sens exact de la Sainte Écriture […] tel notre sainte Mère l’Église » et de ne pas l’interpréter contrairement « au consentement unanime des Pères », sans qu’aucune hiérarchie ou dérogation magistérielle ne soit prévue. Nous pouvons donc déduire que ce Pape établit une égalité, voir une identité entre les deux ! Ce serait d’ailleurs logique car la Tradition, seconde source de la Révélation ne nous ai connu que par les Pères.

Le même Pape dit encore dans la même encyclique « Celui qui professe l’Écriture Sainte doit aussi mériter cet éloge qu’il possède à fond toute la théologie, qu’il connaît parfaitement les commentaires des saints Pères, des Docteurs et des meilleurs interprètes. Telle est la doctrine de saint Jérôme et de saint Augustin, qui se plaint avec juste raison en ces termes : « Si toute science, quoique peu importante et facile à acquérir, demande, comme c’est évident, à être enseignée par un homme docte, par un maître, quoi de plus orgueilleusement téméraire que de ne pas vouloir connaître les Livres sacrés d’après l’enseignement de leurs interprètes [De util. cred. XVII, 35.]. »Tel a été aussi le sentiment des autres Pères, qu’ils ont confirmé par des exemples : « Ils expliquaient les Écritures non d’après leur propre opinion, mais d’après les écrits et l’autorité de leurs prédécesseurs, parce qu’il était évident que ceux-ci avaient reçu par succession des apôtres les règles pour l’interprétation des Livres sacrés [Rufinus, Hist. eccl. II, 9.]. »

Le témoignage des saints Pères, – « qui après les apôtres ont été pour ainsi dire les jardiniers de la Sainte Église, ses constructeurs, ses pasteurs, l’ont nourrie, l’ont fait croître [St Augustin, C. Julian. II, 10, 37.] » – a aussi une grande autorité toutes les fois qu’ils expliquent tous d’une seule et même manière un texte biblique, comme concernant la foi ou les mœurs : car de leur accord il résulte clairement que selon la doctrine catholique, cette explication est venue telle, par tradition, des apôtres.

L’avis de ces mêmes Pères est aussi digne d’être pris en très grande considération lorsqu’ils traitent des mêmes sujets en tant que docteurs et comme donnant leur opinion particulière ; en effet, non seulement leur science de la doctrine révélée et la multitude des connaissances nécessaires pour interpréter les livres apostoliques les recommandent puissamment, mais encore Dieu lui-même a prodigué les secours de ses lumières à ces hommes remarquables par la sainteté de leur vie et par leur zèle pour la vérité.

Que l’interprète sache donc qu’il doit suivre leurs pas avec respect et jouir de leurs travaux par un choix intelligent. Il ne lui faut cependant pas croire que la route lui est fermée, et qu’il ne peut pas, lorsqu’un motif raisonnable existe, aller plus loin dans ses recherches et dans ses explications. Cela lui est permis, pourvu qu’il suive religieusement le sage précepte donné par saint Augustin : « ne s’écarter en rien du sens littéral et comme évident ; à moins qu’il n’ait quelque raison qui l’empêche de s’y attacher ou qui rende nécessaire de l’abandonner [De Gen. ad litt. VIII, 7, 13.] » . Cette règle doit être observée avec d’autant plus de fermeté, qu’au milieu d’une si grande ardeur d’innover et d’une telle liberté d’opinions, il existe un plus grave danger de se tromper.

Celui qui enseigne les Écritures se gardera aussi de négliger le sens allégorique ou analogique attaché par les saints Pères à certaines paroles, surtout lorsque cette signification découle naturellement du sens littéral et s’appuie sur un grand nombre d’autorités.

L’Église, en effet, a reçu des apôtres ce mode d’interprétation et l’a approuvé par son exemple, ainsi que cela ressort de la liturgie. Ce n’est pas que les Pères aient prétendu ainsi démontrer par eux-mêmes les dogmes de la foi, mais parce qu’ils ont expérimenté que cette méthode était bonne pour nourrir la vertu et la piété. » (Encyclique Providentissimus Deus, 18 novembre 1893).

Enfin, saint Pie X enfonce encore un peu plus le clou en 1910 dans le « serment antimoderniste » dont il impose la prestation à tous les nouveaux prêtres comme condition à leur ordination: « Quatrièmement, je reçois sincèrement la doctrine de la foi transmise des apôtres jusqu’à nous toujours dans le même sens et dans la même interprétation par les pères orthodoxes ; pour cette raison, je rejette absolument l’invention hérétique de l’évolution des dogmes, qui passeraient d’un sens à l’autre, différent de celui que l’Eglise a d’abord professé. Je condamne également toute erreur qui substitue au dépôt divin révélé, confié à l’Epouse du Christ, pour qu’elle garde fidèlement, une invention philosophique ou une création de la conscience humaine, formée peu à peu par l’effort humain et qu’un progrès indéfini perfectionnerait à l’avenir. […] Enfin, je garde très fermement et je garderai jusqu’à mon dernier soupir la foi des Pères sur le charisme certain de la vérité qui est, qui a été et qui sera toujours « dans la succession de l’épiscopat depuis les apôtres », non pas pour qu’on tienne ce qu’il semble meilleur et plus adapté à la culture de chaque âge de pouvoir tenir, mais pour que « jamais on ne croie autre chose, ni qu’on ne comprenne autrement la vérité absolue et immuable prêchée depuis le commencement par les apôtres. » » (Motu proprio Sacrorum Antistitum, 1er septembre 1910)

Saint Pie X ajouta ce serment à la profession de Foi tridentine et l’ensemble de cette « profession de foi catholique » fut mise en tête du Code de droit canonique de 1917 promulgué par Benoît XV; ce code étant couvert de l’infaillibilité pratique nous renseigne encore une fois sur l’infaillibilité du consensus unanime des Pères.

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