+†+Yesus Kristus azu+†+

« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

Pie XII et les juifs, quelques réalités

Par Nicolas, ancien protestant, second rédacteur.

PIE XII ET LES JUIFS
La vérité « oubliée » par les médias…

« Le fait est que, contrairement à ce que répètent en boucle les crétins, la plupart des archives sont ouvertes et consultables. Le fait est que, dans le silence assourdissant du monde entier sur la Shoah, il a été plutôt le moins silencieux de tous. Le fait est qu’il a, sans avions ni canons, plus dit et plus fait que Churchill, Roosevelt et de Gaulle réunis. (…) le présenter comme le « pape d’Hitler », broder inlassablement sur ce fameux « silence de Pie XII » est absurde et assez dégueulasse. » (Bernard-Henri Lévy, 2010)

Origine de la « légende noire » sur Pie XII

Rien d’autre qu’une pièce de théâtre du dramaturge allemand d’extrême gauche Rolf Hochhuth, « Le Vicaire », écrite en 1959 et publiée en 1963, répandue avec le soutien de… Costa Gavras, qui en tirera son film « Amen », insulte quasi raciste à l’égard de l’Eglise.

Pourtant, le Saint-Office avait publié, en 1928 – donc avant la pièce ! – une condamnation claire et nette de l’antisémitisme. Certains, aujourd’hui, veulent faire croire qu’il a fallu attendre le Concile de Vatican II pour entendre l’Eglise s’élever contre l’antisémitisme. On voit aisément que cette critique est faite de mauvaise foi.

Des exemples de mensonges professionnels parmi d’autres…

On aura vu fleurir les initiatives médiatiques pour salir la mémoire de Pie XII. Comme toujours, leurs auteurs sont incapables de prouver la valeur de leur recherche historique…

La plus belle preuve de mensonge médiatique s’obtient aisément en comparant deux éditoriaux contradictoires du New York Times : 25 décembre 1942 : « La voix de Pie XII est bien seule dans le silence et l’obscurité qui enveloppe l’Europe ce Noël… Il est à peu près le seul dirigeant restant sur le Continent européen qui ose tout simplement élever la voix ».

Mais le 18 mars 1998, un journaliste écrit le contraire (il ne lit pas les archives de son propre journal !) : « Une enquête complète sur la conduite du pape Pie XII est nécessaire… Il revient maintenant à Jean Paul II et à ses successeurs de franchir un nouveau pas vers la pleine reconnaissance de la faillite du Vatican à s’opposer correctement au mal qui a balayé l’Europe ».

Oui, certainement, ce ne sont pas les mêmes journalistes qui ont écrit ces deux éditoriaux. Mais si les deux savent écrire, on peut en tout cas vérifier que le second ne sait pas lire. Dommage, pour un journaliste !

Autre exemple lamentable, celui du journaliste anglais John Cornwell, auteur de « Le pape de Hitler. Histoire secrète de Pie XII », qui a prétendu proposer par cet ouvrage la « première approche scientifique de Pie XII » (Sunday Times du 12 septembre 1999), et avoir été le premier et le seul à accéder aux Archives Vaticanes de la Secrétairerie d’Etat de Sa Sainteté dans le courant de l’année 1997.
Problème pour Cornwell : la présentation qu’il fait de sa visite est non seulement niée par une note du Saint-Siège (Documentation Catholique n°2216), mais aussi par d’autres historiens.

En effet de nombreuses personnes ont effectué cette visite avant lui, dont Madame Emma Fattorini qui avait publié cinq ans auparavant « L’Allemagne et le Saint-Siège. La nonciature de Pacelli entre la grande guerre et le République de Weimar » aux éditions Il Mulino. Donc l’ouvrage de Cornwell ne constitue certainement pas la « première » approche scientifique de Pie XII !
Mais John Cornwell aura menti deux fois. En affirmant de surcroît qu’il avait effectué un travail de recherche sur Pie XII, il a soigneusement omis de préciser que ses investigations avaient porté uniquement sur les périodes 1913 – 1915 et 1918 – 1921. Or… Pie XII n’était pas encore pape ! Et la « recherche » n’est en fait qu’un fragment de recherche. Au total, un ensemble d’erreurs que même un universitaire débutant ne commettrait pas.

Lors de ses visites, qualifiées de « sporadiques » et « parfois très brèves » par les gardiens des archives, John Cornwell aura donc construit « sa » vérité à lui, et non celle de l’Histoire. On attend toujours ses explications…

Enfin, parmi les manipulations, il faut aussi noter l’intox réalisée à partir de cette photo. Ici, Mgr Pacelli, futur Pie XII, est reçu à l’époque de la « République de Weimar » (1918-1933) à la Chancellerie. Pourquoi ? Parce qu’il est nonce apostolique (représentant du pape) et que rendre visite aux autorités du pays fait partie de sa mission.

Les militaires allemands portent déjà l’uniforme qui fut tristement connu plus tard. C’est précisément ce qu’utilisent les menteurs pour présenter le futur Pie XII comme sympathisant des nazis.

Sauf qu’il ne s’agit pas du pape (et pour cause !), et que nous sommes ici sept ans AVANT la guerre mondiale. Il ne s’est donc encore rien passé !

Il y a donc ici manipulation, réalisée par certains, et ignorance crasse dont font preuve ceux qui « répètent » sans savoir de quoi ils parlent ?

 

Faits historiques : le Vatican s’oppose fermement à Hitler dès 1938, sous Pie XI, mais grâce au futur Pie XII

Le pape Pie XI avait prévu, en cas de demande de visite au Vatican de la part de Hitler, qu’il lui soit demandé comme condition sine qua non des excuses publiques pour la persécution que son régime infligeait à l’Eglise allemande : le pape disait considérer « Monsieur Hitler » comme « le plus grand ennemi du Christ et de l’Eglise des temps modernes ».

L’incompatibilité entre christianisme et nazisme s’était manifestée clairement lors de la « Nuit des longs couteaux » (30 juin 1934) : Hitler avait fait exécuter les chefs nazis dont il craignait la trahison, mais aussi trois responsables de l’Action catholique allemande : Klausener, Probst et Fritz Beck.

Dès lors Hitler montre qu’il veut créer une « Eglise » à lui (ce processus politique se rencontrera peu après en Thécosolovaquie, et on le trouve aujourd’hui en Chine). La persécution qui s’ensuivit contre les associations et la presse catholiques, en particulier sous forme de procès intentés à des clercs sur fausse dénonciation, incitèrent les évêques allemands, il faut le souligner, à demander à Pie XI de condamner le nazisme. Le pape répondit par sa célebre encyclique « Mit brennender Sorge » (« Avec un très grand regret »), qui fut diffusée en Allemagne sous le manteau et lue le Dimanche des Rameaux, 21 mars 1937, en guise d’homélie dans toutes les paroisses catholiques. Or ce qu’on oublie un peu trop vite, c’est que cette encyclique fut rédigée par Mgr Pacelli, futur Pie XII !

Pie XI avait évoqué une possible visite de Hitler au Vatican au cours d’une conversation confidentielle, le 7 avril 1938, avec Bonifacio Pignatti, alors ambassadeur du gouvernement fasciste italien près le Saint-Siège.

Pignatti avait informé Mussolini et son ministre Ciano que Pie XI déplorait « l’apothéose de M. Hitler » qui se préparait à Rome, et comparait le Führer à l’Antéchrist : « La persécution menée contre l’Eglise catholique en Allemagne était son oeuvre, entièrement et seulement sienne, et l’on en savait désormais assez pour pouvoir l’affirmer sans crainte d’un démenti ».

Le Saint-Siège ne faisait pas mystère de sa position. Et Hitler ne demanda pas à être reçu au Vatican. De fait, lors de sa venue à Rome, le 3 mai 1938, Pie XI était parti ostensiblement à sa résidence d’été de Castelgandolfo, interdisant que l’on hisse le drapeau du Reich sur quelque édifice de l’Eglise que ce soit, et L’Osservatore Romano de ce jour-là ne dit rien de la visite, mais publia à la Une une déclaration dénonçant le racisme.

Ces faits sont consignés dans un dossier du Ministre italien des Affaires étrangères de l’époque, Galeazzo Ciano, dans les Archives historiques de la Farnesina (le Quai d’Orsay romain), datant d’avril 1938, soit un mois avant le voyage d’Hitler à Rome, à l’invitation du « Duce », Benito Mussolini.

Les documents ont été publiés en mars 2001 à l’Institut polygraphique de l’Etat, par l’historien italien Gianluca André, professeur d’histoire politique internationale à l’université de Rome, dans un nouveau volume des « Documents diplomatiques italiens » (1er semestre 1938). Les documents diplomatiques de l’Europe de l’époque ne sont en effet pas tous publiés et ne cessent d’apporter des lumières sur l’hostilité des papes au nazisme.

Pie XII : opposition immédiate au nazisme

Après la mort de Pie XI, son successeur prend pour nom Pie XII, signe fort du nouveau pape indiquant que la politique de Pie XI serait poursuivie. Le nouveau pape est aujourd’hui décrit comme un personnage hautain et désincarné. L’on se trompe beaucoup à propos de ce pape qui, lorsqu’il utilisait le réseau téléphonique interne du Vatican, se présentait par un simple « Ici Pacelli… ».

Pie XII, donc, s’inscrit dans la démarche de Pie XI. Rien d’étonnant de la part du rédacteur de « Mit brennender sorge ». A peine élu, il écrit sa première encyclique : « Summi Pontificatus ». Les polémiqueurs actuels reprochent à Pie XII de ne pas y avoir mentionné les juifs. En quelque sorte ils ont raison. Car Pie XII a fait bien mieux : il les nomme « fils bien-aimés » ; de ce fait, effectivement, le mot « juif » n’est pas écrit (!!!). La stratégie de Pie XII est probablement trop subtile pour certains esprits actuels, qui ne comprennent pas l’enjeu : il s’agit de contrer l’idéologie nazie. Pie XII écrit que ces « fils bien-aimés » font partie de la « famille humaine ». Peut-on mieux contredire les théories racistes des nazis, qui présentent les juifs comme des « sous-hommes » ? Le comportement même de nazis nous permet de comprendre la valeur de l’encyclique « Summi Pontificatus » : 88.000 exemplaires sont lâchés par les avions alliés sur l’Allemagne… or la jeunesse hitlérienne reçoit l’ordre de ne pas en laisser subsister un seul exemplaire. Voilà bien la preuve que le propos de Pie XII était détesté par les nazis.

Le New-York Times rapporte que le 2 mars 1940, en contradiction avec la Loi italienne le Vatican décide d’embaucher un juif, prenant ainsi le contrepied d’une loi italienne limitant l’embauche des juifs.

Enfin le message de Pie XII, pour la Noël 1942, provoque une grosse colère de Hitler. On peut donc en déduire que ce message n’allait pas dans le sens du nazisme !

Témoignage d’un officier allemand (décembre 2000)

Dans l’Osservatore Romano du 19 décembre 2000 est paru l’entretien de Helmut Ruppert, journaliste du « Katolische Nachrichtenagentur », avec Nikolaus Kunkel, 80 ans. Ce dernier, officier pendant la seconde guerre mondiale, fut affecté en 1943 au quartier général allemand de Rome.

Son témoignage est sans ambiguité. Profitant de moments d’incertitude et de désordre dans les organes dirigeants italiens, les SS avaient résolu d’appliquer à Rome « la solution finale de la question juive ».

Le quartier général s’attendait à recevoir l’ordre d’occuper le Vatican, et l’ambassadeur d’Allemagne auprès du Saint-Siège connaissait l’intention d’Hitler de capturer le pape Pie XII et de tirer sur lui en cas de fuite (rapporté dans « L’Osservatore Della Dominica » du 28 juin 1964 par un de ses collaborateurs).

Les organismes dirigeants italiens étaient alors divisés entre pro et anti collaboration. Cette pagaille arrangeaient alors le commandant allemand du Q.G., un catholique peu soucieux d’aider la Gestapo à se saisir du pape (rappelons ici que la Gestapo étaient généralement détestée par les Militaires allemands).

Le 16 octobre 1943 les SS entreprirent la rafle des 8000 juifs résidant à Rome. Ce jour là, 1000 d’entre eux furent arrêtés. Pour tenter de faire cesser cette opération, le supérieur général des Salvatoriens ainsi qu’un autre prélat se rendirent immédiatement au Quartier Général allemand pour informer l’occupant que Pie XII s’adresserait à l’opinion publique mondiale si les persécutions ne cessaient pas. Cette tentative réussit, puisque la rafle prit fin le lendemain sur ordre d’Himmler.

Le lieutenant Nikolaus Kunkel estime aujourd’hui que parmi les 7000 juifs passés à travers les mailles du filet nazi, beaucoup ont trouvé refuge au Vatican dont les accès sont toujours restés ouverts. Il remarque aussi que le commandant du quartier général allemand, qui était catholique, a été muté quelques jours après sur le front russe malgré une santé fragile. Il estime d’autre part que si Pie XII s’était publiquement opposé à Hitler, les catholiques Allemands ainsi que ceux des pays occupés auraient à leur tour subi des persécutions.

Témoignage d’un prêtre (février 2001)

Le 19 février 2001 le Père Peter Gumpel, sj, postulateur de la cause de Pie XII, raconte la réaction du pape à la nouvelle de la rafle de Rome :

Pie XII fut informé tôt le matin par la princesse Pignatelli Aragona. Il appela immédiatement par téléphone le secrétaire d’Etat, lui ordonnant d’appeler l’ambassadeur d’Allemagne le baron Hans Von Weizsäcker, et de protester formellement. Mais il ne se limita pas à cela. Il fit le choix décisif d’utiliser l’un de ses étroits collaborateurs secrets, le Supérieur Général des Salvatoriens, le Père Pancrazio Pfeiffer, qu’il envoya auprès du général Stahel, commandant à Rome, qui eut ensuite le courage de donner un coup de téléphone furieux à Himmler.

Himmler, prit peur et ordonna immédiatement la cessation de cette persécution. Toutes les maisons ecclésiastiques de Rome reçurent alors l’ordre de procurer toute l’aide possible à la population juive persécutée, et ainsi des milliers de vies humaines furent épargnées. On estime que pour la ville de Rome, l’Eglise sauva 4.447 personnes. A la suite des protestations de Pie XII, l’opération, qui devait durer deux jours, fut arrêtée le jour même à 14 heures : mille des huit mille Juifs réclamés par Hitler furent cependant déportés.

Témoignages de juifs durant l’après-guerre

Les arguments historiques ne suffisant pas aux pseudos historiens, il faut donc écouter ceux dont on n’osera pas mettre en doute la parole. Qui ? Des allemands ? Des catholiques ? Non : des juifs ! Beaucoup d’entre eux n’ont pas peur de dire la vérité, parfois contre d’autre juifs, plus jeunes (beaucoup trop jeunes d’ailleurs !). Voici donc un rappel des principaux témoignages, sans commentaires.

Le grand rabbin de Rome, Israele Zolli (contemporain de Pie XII) : « La rayonnante charité du Pape, penché sur toutes les misères engendrées par la guerre, sa bonté pour mes correligionnaires traqués, furent pour moi l’ouragan qui balaya mes scrupules à me convertir au catholicisme ». Oui : le grand rabbin de Rome s’est converti au catholicisme après avoir obeservé Pie XII !… Quel démenti sans appel pour les accusateurs de ce pape !

(Ce témoignage est a rapprocher de cet autre juif, caché à la basilique St-Jean de Latran, pour qui l’on fit faire une soutane pour qu’il soit caché parmi les servants d’autel durant les cérémonies religieuses. Son souvenir fut tel que peu après il se convertit lui aussi au catholicisme !)

31 octobre 1944 : le New-York Time rapporte que le député démocrate Celler écrit à Pie XII : « Vos actions humanitaires et clémentes au nom des réfugiés juifs qui fuyaient la mort ont attiré la profonde grattitude et l’appréciation du peuple américain ».

29 novembre 1944 : soixante-dix juifs sauvés par Pie XII se rendent au Vatican pour lui dire leur reconnaissance.

11 octobre 1945 : le New-York Time rapporte que le Congrès Juif Mondial remercie le Vatican en lui faisant don de 20.000 dollars en reconnaissance du travail accompli pour sauver des juifs durant la persécution nazie.

9 février 1948 : une quarantaine de représentants de « l’United Jewish Appeals » se rendent au Vatican pour remercie Pie XII de son action.

26 mai 1955 : un orchestre de 94 instrumentistes juifs venant de quatorze pays différents interprètent devant Pie XII la 9ème Symphonie de Beethoven « en reconnaissance de l’oeuvre humanitaire grandiose accomplie par Sa Sainteté pour sauver un grand nombre de juifs pendant la Seconde Guerre mondiale ».

Lors du décès de Pie XII, en 1958, Madame Golda Meir, Premier Ministre israélien, déclare devant l’O.N.U. : « Nous partageons la douleur de l’humanité pour la mort de Sa Sainteté Pie XII (…) nous pleurons un grand serviteur de la paix et de la charité. Pendant les dix années de la terreur nazie, quand notre peuple a souffert un martyre effroyable, la voix du Pape s’est élevée pour condamner les bourreaux et pour exprimer sa compassion envers les victimes. »

Retenons enfin l’affirmation du juif le plus célèbre, Albert Einstein lui-même, qui affirmait dès 1940 : « L’Eglise catholique a été la seule à protester contre les assauts hitlériens portés à la liberté ».

Car s’il faut dénoncer des silences, ce n’est certainement pas Pie XII qu’il faut pointer du doigt, mais bien plus Roosevelt et Churchill qui dans le même temps se sont gardés de dire quoi que ce soit. Pour la France ce n’est guère mieux : le général de Gaulle n’a jamais fait la moindre déclaration pour condamner l’anti-sémitisme nazi ! Voilà un sujet tabou ! Ainsi les piètres historiens qui dénoncent les silences de Pie XII veulent faire du bruit avec du vide, et par contre ferment les yeux sur un autre silence…

Reconnaissance d’un rabin new-yorkais (février 2001)

Le rabbin David Dalin, de New York, a demandé le Mardi 20 Février 2001 que Pie XII soit officiellement reconnu comme un « juste ».

« Dans le Talmud, il est écrit, dit-il: « Qui sauve une vie, sauve le monde entier », eh bien, plus que tout autre au XXe s., Pie XII a respecté ce principe. Aucun autre pape n’a été aussi magnanime avec les Juifs. Toute la génération des survivants de l’Holocauste témoigne que Pie XII a été authentiquement et profondément un ‘juste’. »

C’est avec ces paroles que se conclut un long article du rabbin David Dalin dans la revue «The Weekly Standard». Dalin termine en affirmant : « Contrairement à ce qu’a écrit John Cornwell, selon lequel Pie XII aurait été le ‘pape de Hitler’, je crois que le pape Pacelli a été le plus grand soutien des Juifs ».

« Pie XII,écrit-il, fut l’une des personnalités les plus critiques envers le nazisme. Sur 44 discours que Pacelli a prononcés en Allemagne entre 1917 et 1929, 40 dénoncent les dangers imminents de l’idéologie nazie. En mars 1935, dans une lettre ouverte à l’évêque de Cologne, il appelle les nazis « faux prophètes à l’orgueil de Lucifer ». La même année, dans un discours à Lourdes, il dénonçait les idéologies « possédées par la superstition de la race et du sang ». Sa première encyclique en tant que pape, « Summi pontificatus », de 1939, était si clairement anti-raciste que les avions alliés en lâchèrent des milliers de copies sur l’Allemagne pour y nourrir un sentiment anti-raciste ».

A ceux qui reprochent à Pie XII de ne pas avoir parlé assez fort contre le nazisme, Dalin rapporte les propos de Marcus Melchior, grand rabbin du Danemark, qui a survécu à la Shoah: « si le pape avait parlé, Hitler aurait massacré beaucoup plus que six millions de Juifs et peut-être 10 millions de catholiques ». Il rapporte aussi ceux du procureur Kempner, représentant les Etats-Unis au procès de Nurenberg ajoutait : « Toute action de propagande inspirée par l’Eglise catholique contre Hitler aurait été un suicide ou aurait porté à l’exécution de beaucoup plus de Juifs et de Catholiques ».

A propos de l’aide apportée aux Juifs, le rabbin Dalin rappelle que « au cours des mois où Rome a été occupée par les nazis, Pie XII a donné pour instruction au clergé de sauver des Juifs par tous les moyens. Le cardinal Boetto de Gênes en sauva à lui seul au moins 800. L’évêque d’Assise, 300. Lorsqu’on a remis au cardinal Palazzini la médaille des « justes » pour avoir sauvé des Juifs au séminaire romain, il affirmait: « Le mérite en revient entièrement à Pie XII qui a ordonné de faire tout ce qui était possible pour sauver des Juifs de la persécution ». L’aide apportée par le pape Pacelli était si connue qu’en 1955, à l’occasion des célébrations du 10ème anniversaire de la Libération, l’Union des Communautés Israélites proclamait le 17 avril « Jour de gratitude » pour l’assistance fournie par le pape durant la guerre »

Témoignage du Grand Rabbin de Rome sur l’attitude du clergé (février 2001)

Le Professeur Elio Toaff, Grand Rabbin de Rome a apporté son témoignage dans l’ouvrage « Les juifs sauvés par Pie XII », du journaliste Antonio Gaspari. L’ouvrage a été présenté le 19 février 2001, en présence du Professeur Elio Toaff. Il raconte : « J’habitais, disait-il, à Ancône, à 50 m. de l’Eglise du Gesù, et je connaissais don Bernardino, avec lequel je m’arrêtais souvent pour parler, moi, Juif, et lui, prêtre. Notre relation était amicale et cordiale. Un jour, alors que je revenais chez moi, il vint à ma rencontre en disant : viens avec moi, parce que là, les nazis t’attendent ». Il m’a caché au presbytère jusqu’à ce que les soldats s’en aillent. Il m’a sauvé la vie. Et Don Francalacci de Pietrasanta a caché mon père, ma mère, ma femme avec notre fils qui était petit ».

Ouverture des archives secrètes du Vatican sous Jean-Paul II

A la demande de Jean-Paul II, les archives secrètes du Vatican sur l’action de Pie XII durant la Seconde Guerre mondiale ont été progressivement ouvertes. Au début du mois de juin 2004, une première statistique s’impose : un nombre très impressionnant de familles de prisonniers ont cherché des nouvelles de leurs proches grâce à un bureau créé spécialement par Pie XII pour remplir cette mission. Ce bureau a effectué des recherches sur 2,1 millions de prisonniers, sans distinction de religion.

Symposium international le 15 septembre 2008 à Rome

Il s’agit d’un symposium de haut niveau organisé par l’organisation Pave The Way Foundation (PTWF) auquel participent des historiens et des rabbins ayant survécu à l’holocauste, témoins de l’oeuvre d’assistance portée aux juifs

Le fondateur et président du PTWF, Gary Krupp, a raconté que lui et son épouse étaient au début totalement convaincus que Pie XII et l’Eglise catholique étaient antisémites et collaborateurs des nazis. Mais plusieurs rencontres avec des témoins de l’époque leur ont ouvert les yeux.

Un des témoignages les plus marquants pour Gary Krupp fut celui de Mgr Giovanni Ferrofino, âgé aujourd’hui de 96 ans, qui était à l’époque le secrétaire du nonce apostolique en Haïti, Mgr Maurilio Silvani, à ce poste de 1939 à 1946. Il raconte que Pie XII lui envoyait deux fois par an des télégrammes cryptés lui demandant des visas à l’intention de juifs devant fuir l’Europe occupée par les nazis. A chaque fois Mgr Ferrofino se rendait chez le président de la république dominicaine de l’époque, le général Rafael Trujillo, pour lui demander 800 visas au nom du pape. Cette procédure se répéta deux fois par an de 1939 à 1945. Ce qui signifie que, grâce à Pie XII, au moins 11.000 juifs furent embarqués au Portugal et mis à l’abri en République dominicaine.

D’où les propos de Gary Krupp passés sur les ondes de Radio Vatican le 20 juin 2008, à l’issue d’une rencontre avec le pape Benoît XVI, affirmant : « Pie XII a sauvé dans le monde plus de juifs que tout autre personne dans l’histoire ».

Ceux qui ont oublié de dénoncer…

Pie XII n’a « rien dit ». On a vu que c’est faux. En revanche, d’autres n’ont absolument rien dit, même quand ils étaient concernés de près. De Gaulle n’a rien dit, même après la rafle du Vel d’Hiv. On n’a pas entendu un seul juif le lui reprocher. Et qu’a dit Churchill contre les horreurs du régime nazi ? Pas grand chose, à vrai dire. Là encore, peu de monde pour faire des réflexions. Or pourtant, l’argent des nazis était dans une banque anglaise, même après le début des hostilités… Alors, dire que Pie XII « n’a rien dit » alors qu’il a rédigé « Mit brennender sorge », c’est tout simplement prendre le contrepied de l’Histoire.

Question conclusive du webmaster :

Problématique posée à l’adresse des détracteurs de Pie XII : qui sont les juifs qui défendu la mémoire de Pie XII ? Deux possibilités : soient ces juifs étaient fous, soit ils étaient… anti-sémites. Entre deux bêtises, les calomniateurs devront choisir au moins l’une des deux… à moins qu’ils ne reconnaissent leur tort, ce qui paraît fort peu probable vu leur enfermement dans la stratégie du mensonge.

Source: de Ecclesia (de l’Eglise)


A LIRE :
« La Shoah et Pie XII : les 3 tentations de Costa-Gavras »
dans

« HISTOIRE DU CHRISTIANISME Magazine » N°9
à commander en tant qu’ancien numéro
Par correspondance CLD, BP 203 – 37172 Chambray-les-Tours – France (13, 50 euros, port compris, tarif 2002). Tél : 02 47 28 20 68.

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