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« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

Comment Pierre peut-il être le chef de l’Église malgré son triple reniement ?

Toutes les preuves de la Papauté: ici

Saint Pierre pleurant son triple reniement auprès de Marie

Saint Pierre pleurant son triple reniement auprès de Marie

Les non-catholiques disent souvent que Pierre ne peut pas avoir été le chef des Apôtres ni le premier Pape en raison de son triple reniement. En effet, comme le Christ l’avait prédit (Matthieu XXVI, 34 et Marc XIV, 30), lors de la Passion de ce dernier, avant que le coq n’ait chanté deux fois, Pierre le renia trois fois en répondant ne pas le connaître à ceux qui l’interrogeaient affirmant le reconnaître comme un compagnon de Jésus (Matthieu XXVI, 69-74; Marc XIV, 66-71; Luc XXII, 54-60; Jean XVIII, 17 et 25-27), Et aussitôt, entendant le chant du coq, Pierre se souvint de cette prédiction et regretta amèrement sa faute (Matthieu XXVI, 74-75; Marc XIV, 72; Luc XXII, 60-62).

À la réalité, ceci n’empêche nullement cela. En effet, cette faute ne contredit ni son infaillibilité ni son autorité sur les autres. Le reniement fait par saint Pierre le jour de la Passion ne doit pas nous troubler ici, car saint Pierre n’a pas perdu la foi, donc aucune atteinte n’a été porté à l’infaillibilité, mais il a seulement péché quant à la confession de la foi. La peur lui a fait désavouer ce qu’il croyait. Il croyait bien, mais il a mal parlé. Le Père GARRIGOU-LAGRANGE, dominicain et éminent philosophe et théologien thomiste du XXème siècle de remettre les pendules à l’heure sur ce sujet : « Le péché de Pierre – un triple reniement du Christ au cours de Sa Passion – fut un péché contre la confession extérieure de la foi : “Je ne connais pas le Christ”. Ce ne fut pas une perte de la foi. L’Apôtre aurait perdu la foi et péché mortellement contre l’acte intérieur obligatoire de la Foi s’il avait admis ce reniement dans son cœur ou s’il avait délibérément douté d’une quelconque vérité révélée au sujet de laquelle il avait reçu une instruction suffisante. Ses imprécations et jurements extérieurs, émis sous le coup de la peur, ne sont nullement une indication que tel eût été le cas. » (Les Vertus Théologiques, R.P. Réginald GARRIGOU-LAGRANGE, Volume 1 : Sur la Foi). D’ailleurs, le Christ ordonne à Ses Apôtres: « Les scribes et les pharisiens sont assis sur la chaire de Moïse. Observez donc tout ce qu’ils vous disent, mais ne faites pas ce qu’ils font. Car, ils disent bien ce qu’il faut faire, mais ne le font point. » (Matthieu XXIII, 2-3); preuve que le comportement personnel d’un individus n’importe pas au regard de son office religieux lorsque c’est Dieu qui le protège (en lire plus en cliquant ici).

Nous le voyons, Pierre n’au aucunement erré dans la foi: et même s’il l’avait fait, cela n’aurait aucune espèce d’importance car à ce moment là, il n’avait pas encore reçu la charge de papale ! En effet, comme nous l’explosions dans cet article, Pierre qui s’était vu promettre la fondation de l’Église sur lui par le Christ et de se voir remettre les clés du Royaume des Cieux (Matthieu XVI, 18-19), ne vit cette promesse se réaliser qu’en Jean XXI, 15-17 après la Résurrection, lorsque le Christ, après lui avoir fait précisément réparer ce triple reniement par une triple protestation d’amour, lui confia la charge de paître ses brebis et ses agneaux.

Comme dit l’abbé (et futur cardinal) Louis-Nazaire BÉGIN: « D’ailleurs personne n’ignore qu’à cette époque [du triple reniement]  Pierre n’était pas encore constitué chef de l’Église. Il avait bien reçu les promesses de la primauté ; il savait bien que Jésus-Christ devait bâtir son Église infaillible et indéfectible sur Pierre, sur lui-même ; il savait aussi que Jésus-Christ avait prié pour lui, afin qu’après avoir pleurer sa faute, il ne vint pas à faillir dans la foi et pût confirmer ses frères ; mais ce n’était encore jusque là que des promesses. Ce n’est qu’après la Résurrection que Jésus-Christ, voulant quitter cette terre, remonter vers les cieux, lui ordonne de paître son troupeau, ses agneaux et ses brebis, c’est-à-dire de gouverner avec autorité son Église. Alors seulement saint Pierre devint chef de l’Église, Pasteur et Docteur de tous les chrétiens, qui sont le troupeau de Jésus-Christ ; alors seulement il pût commencer à exercer cette sublime fonction. » (Abbé Louis-Nazaire BÉGIN, La primauté et l’infaillibilité des souverains pontifes, 1873, page 66)

Ou encore Dom Prosper GUERANGER, OSB, Abbé de Solesmes qui, répondant à l’hérétique Mgr de SURA disait: « Mgr de Sura ne se borne pas à prétendre vainement que la souveraineté de Pierre a été étendue à ses frères ; il poursuit ce Prince des apôtres, en cherchant à montrer que la prière du Sauveur n’a pas été efficace pour lui. Elle devait le protéger dans sa foi, et nonobstant cette prière divine, Pierre n’en a pas moins fait une chute profonde en reniant son Maître. Mgr de Sura part de là pour infirmer le droit que Pierre a reçu de confirmer ses frères (Tome II, page 92). La réponse n’est pas difficile à donner. L’office de Pierre ne devait commencer qu’après le départ du Sauveur. Le Vicaire n’est pas nécessaire, lorsque celui qu’il doit représenter est présent encore. Ainsi Notre-Seigneur parle d’abord au futur, comme il a fait pour l’Eucharistie : « Le pain que je donnerai, est ma chair pour la vie du monde ; » puis à la dernière Cène : « Prenez et mangez : ceci est mon corps. » Il dit donc à Pierre : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; » elle n’était donc pas bâtie encore. « Je te donnerai les clefs du royaume des cieux ; » il ne les lui donne donc pas encore. « Lorsque tu seras converti, confirme tes frères ; » ce privilège ne devait donc s’exercer qu’à une époque postérieure à la chute et à la conversion de Pierre. Le don merveilleux de cette foi qui ne doit jamais manquer, était donc réservé pour le temps où la parole du Verbe incarné cesserait de se faire entendre d’une manière sensible. Aussi est-ce seulement après sa .résurrection, que le Sauveur, ayant par une triple interrogation constaté devant les apôtres la conversion de Pierre, le met enfin en possession du pouvoir promis, en lui disant, non point au futur mais au présent : « Pais mes agneaux, pais mes brebis. » Le Pontificat suprême va commencer ; jusque-là il n’a encore existé qu’en promesse. Mgr de Sura n’a donc pas raison de voir la chute du Pontife dans la chute de Pierre avant la passion de son Maître. » (Dom Prosper GUERANGER, De la Monarchie Pontificale, 2è édition, 1870, pp. 97-98)

Par ailleurs, si nous devions nier son autorité à saint Pierre pour ce triple reniement, alors que devrions-nous dire de Noé qui fut le premier ivrogne de l’histoire (Genèse IX, 20-23) ? Dieu ne permit pas à Moïse et Aaron d’entrer en Terre promise à cause leur manque de foi dans le Seigneur (Nombres XX, 12), est-ce pour cela qu’il faut rejeter mes Dix Commandements rapportés par Moïse ? Le Roi David commis un adultère puis un meurtre pour cacher ce dernier (II Samuel XI), il dut d’ailleurs pour cela subir la mort prématurée de son fils (II Samuel XII, 14-15), est-ce pour cela que nous devrions rejeter environ la moitié des Psaumes qui sont de lui ? La roi Salomon, se laissant corrompre par des femmes étrangères offrit de l’encens aux idoles des faux dieux et pour cela, une partie de son royaume n’échut pas a ses descendants (I Rois XI, 1-13), est-ce pour autant qu’il faille rejeter ceux des Psaumes qui sont de lui ainsi que les livres des Proverbes, l’Ecclésiaste et le Cantique des Cantiques qu’il écrivit ? Que dire des Apôtres qui ont laissé Jésus seul pendant son agonie (Matthieu XXVI, 40; Marc XIV, 37, Luc XXII, 44-46) et qui se sont enfuit pendant sa Passion (sauf Judas qui vient de partir du groupe et saint Jean qui reste jusqu’au bout), faut-il rejeter les livres du Nouveau Testament qu’ils ont écrit ? Et enfin, que dire de saint Paul qui persécuta dans la violence et le sang l’Église de Dieu et qui même après sa conversion dira de lui-même qu’il « ne mérite pas d’être appelé apôtre » (I Corinthiens XV, 10) et qu’il est « le moindre de tous les saints » (Ephésiens III, 8) ?

Pour la dernière question, on s’empressera sûrement de le répondre qu’il s’agit d’un passé révolu de la vie de saint Paul mais qu’après sa conversion sur le chemin de Damas, tout a changé et qu’il est bel et bien Apôtre ! Je répondrai que c’est tout à fait juste et que c’est exactement la même chose qui se produisit avec Pierre: il regretta son geste dès qu’il entendit le coq chanter pour la deuxième fois (Matthieu XXVI, 74-75; Marc XIV, 72; Luc XXII, 60-62), il expia ensuite sa faute et c’est à cette occasion là que le Christ dit de lui le chef de l’Église (Jean XXI, 15-17). Cela prouve bien s’il le fallait que son triple reniement ne l’empêche pas d’être Pape ! Et de même que saint Paul continua à dire qu’il était le moindre de tous les saints et indigne d’être appelé Apôtre même après sa conversion, aussi « Saint Pierre a pleuré toute sa vie son reniement, il pleurait encore à l’heure de sa mort, en se ressouvenant de son péché » (Saint Curé d’Ars)

Laissons le mot de la fin au R.P Marin de BOYLESVE (1813-1892), jésuite, qui anéantit cette objection dans un de ses ouvrages :

Le Pape est infaillible dans la foi, c’est à lui d’y affermir les autres évêques, et non aux autres évêques de l’affermir et de le rendre infaillible. Mais, peu d’heures après, Pierre a failli trois fois, il a renié son Maitre. On ne s’explique pas comment cette objection a pu être posée avec quelque sérieux. Les solutions surabondent.

1° Pierre alors était-il vicaire de Jésus-Christ? Était-il déjà investi de la souveraineté pontificale, et chargé d’enseigner l’Église ? Évidemment non, puisque Jésus vivait encore et se trouvait présent sur la terre. Pierre n’a pu entrer en charge qu’après l’Ascension de son divin Maître, ou du moins, et tout au plus, après l’investiture expresse que nous entendrons dans un instant.

2° … Ce n’était certes pas comme docteur universel, mais tout à fait comme particulier et pour son compte personnel, qu’il disait: Je ne connais pas cet homme. Tremblant pour lui-même, il ne songeait pas le moins du monde à enseigner quoi que ce soit à qui que ce fût ; très peu préoccupé, en ce moment, de ce qu’il fallait ou ne fallait pas croire pour être sauvé, il n’avait devant lui que de misérables valets dont pas un n’appartenait à l’Église, qui du reste n’existait pas encore et n’était pas encore formée. Jésus avait dit, il est vrai, que cet apôtre était la pierre sur laquelle il bâtirait son Église ; mais si les matériaux de l’édifice étaient amassés, et si la première pierre était désignée, elle n’était pas encore posée, et le fondement n’était pas établi.

3° Enfin, en cette triste circonstance, la foi a-t-elle manqué à Pierre ? Voyez-vous cette table servie en gras et entourée de convives, qui tous, à l’exception le ce jeune homme, catholique mais timide, sont plus qu’indifférents à l’égard de la loi de l’abstinence. Aujourd’hui c’est vendredi. Le bon jeune homme, fort embarrassé de se trouver là, accepte ce qu’on lui offre et fait gras. Un convive qui, à son embarras même, l’a reconnu pour ce qu’il est, lui rappelle, avec un sourire légèrement railleur, que c’est vendredi. — « Monsieur, répond le jeune homme avec une apparente hardiesse, Monsieur, je ne sais ce que vous dites ». — Absolument comme Simon-Pierre ! Oh ! ce n’est pas la foi qui manque à ce chrétien-là, c’est autre chose. Non, mille fois non, Pierre n’a point manqué de foi ; c’est le courage qui chez lui fit défaut.

Or si Jésus-Christ a garanti à Pierre l’infaillibilité dans la foi. il ne lui a point promis l’impeccabilité dans la conduite et dans la parole. Placés dans des circonstances analogues, d’autres Papes pourront aussi faiblir ; mais pas un ne faillira dans sa foi et dans son enseignement pontifical.

Réponses aux principales objections contre la puissance et contre l’infaillibilité du Pape, R.P. Marin de BOYLESVE, 1877

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8 commentaires sur “Comment Pierre peut-il être le chef de l’Église malgré son triple reniement ?

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  2. Béréenne attitude
    24 février 2016

    C’est Jésus le chef de l’église! 🙂

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