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« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

Saint Pierre a-t-il écrit sa Ière Épître de Babylone ou Rome ?

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Saint Pierre a-t-il été à Rome ? Question importante s’il en est ! En effet, si Pierre n’est pas allé à Rome, alors c’est tout l’édifice de la Papauté qui s’écroule car la Pape est le chef visible de l’Eglise en tant que successeur de saint Pierre et il est successeur de sait Pierre en tant qu’évêque de Rome… A la réalité, les auteurs s’accordent presque tous à dire que le prince des Apôtres fut l’évangélisateur de cette ville. cependant, quelques uns, faisant de l’hypercritique, le nient. C’est en réponse à ces derniers que nous écrivons le présent article.

La venue de Pierre à Rome est attesté par ces mots qu’il écrivit: « L’Eglise de Babylone, élue avec vous, et Marc, mon fils, vous saluent. » (I Pierre V, 13). L’exégèse commune est de dire que « Babylone » est un image pour désigner Rome. En effet, dans la conscience juive, depuis l’Exil, Babylone représente l’idolâtrie, la tyrannie, les richesses matérielles et la luxure; autant d’éléments transposables à la Rome païenne du Ier siècle.  C’était la coutume chez les Juifs de donner des noms allégoriques à de semblables villes. Ils donnaient celui de Sodome à une ville infâme par ses débauches; celui d’Egypte à un pays idolâtre; celui de Chanaan à une race maudite de Dieu. L’hypothèse la plus commune est qu’il aurait camouflé le véritable lieu de rédaction de la lettre afin qu’il ne soit pas localisé si le document tombait entre de mauvaises mains.

On nous répondra que cette interprétation est bien cavalière et qu’il serait beaucoup plus naturel de considérer qu’il s’agit de la vraie Babylone en Mésopotamie, ou de la Babylone d’Egypte qui se tient sur l’actuel emplacement du Caire. Cependant, ces deux hypothèses sont impossibles.

Il ne peut d’abord par s’agir de Babylone de Mésopotamie. En effet, les apôtres allaient évangéliser dans les grandes villes, afin de toucher un maximum de gens. C’est ainsi que les villes dont il est question dans le Nouveau Testament sont Antioche, Athènes, Corinthe, Thessalonique, Colosse, Ephèse, Phillipes et bien entendu: Rome. Au contraire, lors des prédications de saint Pierre (33-vers 65), Babylone de Mésopotamie n’était plus du tout une ville importante comme par le passé. Aussi, Diodore de Sicile assure que les trésors de Babylone avaient été pillés par les rois des Perses, que les résidences royales et autres édifices avaient disparu par l’injure du temps, ou qu’ils tombèrent en ruines et qu’à son époque (Ier siècle avant J.-C.), une petite partie seulement de Babylone est habitée ; le reste de l’espace compris dans ses murs est converti en champs cultivés (Bibliothèque historique, livre II, numéro 9). La ville devait rester dans cet état encore longtemps puisque Strabon (vers 64 avant J.-C. – entre 21 et 26) nous apprend qu’au début Ier siècle, Babylone n’était plus qu’un monceau de ruines (Géographie, livre XVIII). Pline l’Ancien (23 avant J.-C. – 79) affirme pour sa part qu’à l’époque où il écrit, sous les règnes de Claude et de Néron, Babylone était « devenue un désert, dépeuplée qu’elle fut par le voisinage de Séleucie » (L’Histoire naturelle, livre VI, chapitre XXX, numéro 5). Ceux sont là des exagérations pour faire comprendre a quel point l’ancienne Babylone, riche, fastueuse et florissante avait chuté dans sa gloire: elle n’était plus que l’ombre de ce qu’elle avait été. Nous pourrions comparer ces exagérations à celles auxquelles ont eu recours les écrivains du Moyen-Âge pour d’écrire ce qu’était devenu Rome à l’époque où les Papes étaient en Avignon.

Par ailleurs, Pierre était l’apôtre des juifs (Galates II, 7-9), il devait donc aller là où son auditoire comprendrait un maximum de juifs. Or, la population déjà très réduite de Babylone ne comptait pas de juifs parmi ses membres. En effet, l’historien juif et violemment anti-chrétien Flavius Josèphe (vers 37-vers 100) atteste que Babylone était dépourvue de Juifs lors du règne de Caligula car ils avaient tous été tués ou expulsés (Antiquités Judaïques, livre XVIII, chapitre 9). Or comme nous le démontrerons dans un futur article, c’est sous le règne de Caligula ou dans les quelques années immédiatement consécutives que Pierre écrivit cette lettre; ce n’est qu’après que Babylone se peupla à nouveau de juifs.

A ces raisons, nous pouvons ajouter celle de l’absence de chrétiens à Babylone au Ier siècle. En effet, aucun chrétien de Mésopotamie, ni aujourd’hui ni auparavant, n’a jamais revendiqué une fondation apostolique par saint Pierre, et cela est vrai tant de ceux d’entre eux qui sont actuellement catholiques, qu’orthodoxes, qu’Arméniens monophysites ou qu’Assyriens nestoriens. De plus, le très anti-catholique historien Ernest RENAN (1823-1892), obligé de reconnaître l’évidence, écrivit dans l’appendice de son ouvrage L’Antéchrist: « Que Βαϐυλών en ce passage désigne réellement Babylone sur l’Euphrate, c’est là une thèse insoutenable, d’abord parce que vers cette époque « Babylone », dans le style secret des chrétiens, désigne toujours Rome ; en second lieu, parce que le christianisme au Ier siècle sortit à peine de l’empire romain et se répandit fort peu chez les Parthes. » Le christianisme chez les Parthes dont parle est sans doute celui introduit par saint Thomas dans le Nord de l’actuelle Irak. Enfin, la Talmud de Babylone, rédigé par la communauté juive reconstituée de la ville, affirme qu’il n’y eut pas de chrétiens en cette cité avant le IIIème siècle. Notons qu’une Tradition rapporte que le premier évêque de Babylone fut Abdias, un des soixante douze disciples; cependant, cette Tradition rapporte aussi qu’il fut collaborateur des saints apôtres Simon et Jude, donc même si cette dernière est vraie, il demeure intact que saint Pierre ne fut pas en la Babylone de Chaldée.

Maintenant éliminée l’hypothèse de la Babylone de Chaldée, qu’en est-il de celle de la Babylone d’Egypte ?

Cette Babylone en Egyote ne peut pas être la Babylone dont parle Pierre, tout simplement parce que ce n’était pas une ville ! En effet, il ne s’agissait que d’une place fort perchée en haut d’une montagne escarpée et au début du Ier siècle, l’une des trois légions romaines chargées de garder l’Egypte y avait son cantonnement (Strabon, Géographie, XVII, 30). Le sommet de ce mont comprenait peut être quelques quartiers d’habitation, mais en raison de la place que devait prendre le camps romain pour toute une légion (6000 hommes avec toutes les infrastructures que cela nécessite), il ne devait guère y avoir grand monde d’autre que les légionnaires, que Pierre aurait eu du mal à évangéliser, ne pouvant pas pénétrer dans le camp; et parmi les habitants, s’il y avait des juifs, ceux-ci devaient être bien peu nombreux. Il s’en suit qu’il est complétement improbable que Pierre ait écrit sa lettre depuis la Babylone d’Egypte, pour les mêmes raisons qu’il est improbable que ce fut depuis la Babylone de Chaldée. Cette forteresse ne fut intégrée à la ville voisine de Fostat qu’en 639, au moment de l’invasion arabo-musulmane, par le général Amr ibn al-As. Les dynasties musulmanes suivantes, les Abbassides et les Toulounides, fondèrent ensuite Al-Askar (750) et Al-Qataï (868) avant que l’ensemble, agrandi, prenne le nom d’Al-Qahira (la Victorieuse). Fostat et el-Qahira sont unifiées et réunies dans une seule enceinte, gardée par une citadelle, par le monarque ayyoubide Salah ed-Dîn en 1173. Fostat forme aujourd’hui le Vieux Caire.

Il existe encore une autre théorie selon laquelle Pierre écrirait depuis Jérusalem. En effet, la ville de Babylone décrite au chapitre XVII de l’Apocalypse est Jérusalem. Mais d’une part il est possible que l’Apocalypse, fonctionnant sur une double référence, désigne comme « Babylone », à la fois Jérusalem et la Rome païenne des premiers siècles; et d’autre part, comme nous le démontrerons en un futur article, il est chronologiquement impossible que Pierre se fut trouvé à Jérusalem au moment de la rédaction de son Epître.

Nous pouvons ajouter encore une autre remarque quant à la phrase dont nous traitons. En effet, elle et  le verset suivent disent: « L’Église de Babylone, élue avec vous, et Marc, mon fils, vous saluent. Saluez-vous les uns les autres par un baiser d’amour. La paix soit avec vous tous qui êtes dans le Christ ! Amen ! » (I Pierre V, 13-14). Tout le monde comprendra que par là, Pierre nous informe sur l’endroit depuis lequel il écrit, que celui-ci soit indiqué au sens littéral ou au sens allégorique. Mais ces mots nous apprennent également autre chose: ils nous renseignent sur la nature du lien que Pierre entretient avec cet endroit. Le fait qu’il parle au nom de la communauté depuis laquelle il écrit (en y adjoignant au passage une invocation de la paix divine) signifie qu’il a un lien avec cette ville d’une nature différente que celle d’un simple Apôtre de passage. Et ce lien, ça est le lien épiscopal ! Pierre écrit en tant qu’évêque de la « Babylone » depuis laquelle il écrit. En effet, dans les deux premiers siècle, chaque fois qu’une lettre commence de cette manière là, cela signifie que c’est l’Église locale, soit en tant que que communauté, soit par la voix de son évêque, qui s’exprime. Voici les autres occurrences :

« L’Église de Dieu qui séjourne à Rome à l’Église de Dieu qui séjourne à Corinthe, à ceux qui ont été appelés et sanctifiés dans la volonté de Dieu, par Notre Seigneur Jésus-Christ. » (Saint Clément de Rome, Lettre aux Corinthiens, incipit, vers 95)

« Polycarpe et les presbytres qui sont avec lui à l’Église de Dieu qui séjourne comme une étrangère à Philippes ; que la miséricorde et la paix vous soient données en plénitude de la part du Dieu tout-puissant et de Jésus-Christ notre Sauveur. » (Saint Polycarpe de Smyrne, Lettre aux Philippiens, incipit, vers 110)

« L’Église de Dieu qui séjourne à Smyrne à l’Église de Dieu qui séjourne à Philomelium et à toutes les communautés de la sainte Église catholique qui séjournent en tout lieu: que la miséricorde, la paix et l’amour de Dieu le Père et de notre Seigneur Jésus-Christ vous soient données en plénitude [cf. Jude 2]. » (Lettre de l’Église de Smyrne ou Martyre de Polycarpe, incipit, 155 ou 169)

« Les serviteurs du Christ qui habitent Vienne et Lyon en Gaule, aux frères de l’Asie et de Phrygie qui ont la même foi et la même espérance de la rédemption que nous, paix, grâce et gloire de la part de Dieu le Père et du Christ Jésus notre Seigneur. » (Lettre des martyrs de Lyon, incipit, 177, rapportée par Eusèbe, Histoire ecclésiastique V, 1)

C’etait par ailleurs un usage déjà en vigueur chez les juifs de l’Ancienne Alliance. En effet, le deuxième livre des Machabées qui fut rédigé par les juifs de Judée à l’intention de ceux d’Egypte, chacun considère en tant que communauté formant un tout, commence par ces mots: « À leurs frères, aux Juifs qui sont en Égypte, salut! Les Juifs, leurs frères, qui sont à Jérusalem et dans le pays de Juda souhaitent une heureuse paix! Que Dieu vous fasse du bien et qu’il se souvienne de son alliance avec Abraham, Isaac et Jacob, ses fidèles serviteurs! Qu’il vous donne à tous un coeur pour l’adorer et accomplir ses volontés de grand coeur et de bon gré! Qu’il ouvre votre coeur à sa loi et à ses préceptes, et qu’il y fasse la paix! Qu’il exauce vos prières et se réconcilie avec vous, et qu’il ne vous délaisse pas au temps du malheur! » (II Machabées I, 1-5) Nous y retrouvons une salutation, puis des invocations de bénédiction et de paix.

Pierre n’écrit pas la lettre en tant que qu’évêque, cela il le fait en son nom propre (I Pierre I, 1), aussi, ce qu’il fait au nom de la communauté chrétienne de « Babylone », ce n’est pas écrire la lettre, mais donner le salut et invoquer la paix de Diru; cela revient exactement au même en ce qui nous concerne: il a le pouvoir d’agir au nom d’une communauté particulière, cela signifie qu’il en est l’évêque. Nous ne retrouvons cette formule dans aucune des épîtres de saint Paul ou de saint signale d’Antioche. Il est ainsi établi que c’est en tant qu’évêque de « Babylone » que Pierre écrit, or, s’il est pratiquement incontesté que saint Pierre fut le premier évêque de Rome, il n’est en revanche jamais ne serait-ce qu’allégué qu’il ait put etre l’évêque d’une autre Babylone.

Preuve est donc faite que I Pierre V, 13 établit bibliquement la venue de saint Pierre à Rome. C’est la seule preuve biblique qu’il est possible d’apporter. Il existe aussi d’importantes preuves extra-bibliques. À commencer par la tombe et les ossements de saint Pierre qui furent retrouvés sous la Basilique Saint Pierre de Rome. Il y a encore la très certaine rédaction de l’Évangile selon saint Marc, sous la dépendance de Pierre à Rome. Ou enfin le témoignage unanime de l’antiquité chrétienne en faveur de la venue de l’apôtre à Rome, et ce sans aucune voie discordante.

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3 commentaires sur “Saint Pierre a-t-il écrit sa Ière Épître de Babylone ou Rome ?

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