+†+Yesus Kristus azu+†+

« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

Preuves du martyre et de la sépulture de saint Pierre à Rome


Toutes les preuves de la Papauté: ici

C’est à Rome sous Néron, vers 65, que saint Pierre reçu la palme du martyre, crucifié la tête en bas et qu’il est inhumé. Telle est l’affirmation unanime de deux milles ans de Tradition chrétienne, conservée et transmise par l’Église catholique. Toutefois, ce fait connait de nombreuses contestations de la part de ceux qui se disent chrétiens mais qui ont intérêt à ce que les prétentions papales soient fausses (certains protestants et assimilés) ou encore, ceux qui ont une haine irrationnelle de toutes les croyances chrétiennes immémoriales et des affirmations favorables à l’Église (les libéraux, modernistes, rationalistes, franc-maçons, athées etc). En ce 29 juin où la sainte Église célèbre le martyre des saints Apôtres Pierre et Paul, nous avons jugé à propos de publier toutes les preuves de la croyance traditionnelle de l’Église. Cette thèse consiste en la triple affirmation qu’il subit le martyre 1° crucifié la tête en bas, 2° à Rome, 3° qu’il fut enterré proche du lieu de son martyre:

Une mort prophétisée par le Christ:

La crucifixion la tête en bas de saint Pierre n’est pas mentionnée en tant que telle dans le Nouveau Testament. Cependant, elle y est prophétisée. En effet, peu avant sa Passion, le Christ dit à Pierre En effet, après la Cène, le Christ dit: « Mes petits enfants, je ne suis plus avec vous que pour un peu de temps. Vous me chercherez et comme j’ai dit aux Juifs qu’ils ne pouvaient venir où je vais, je vous le dis aussi maintenant. Je vous donne un commandement nouveau : que vous vous aimiez les uns les autres ; que comme je vous ai aimés, vous vous aimiez aussi les uns les autres. C’est à cela que tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » Simon-Pierre lui dit : » Seigneur, où allez-vous ? » Jésus répondit : » Où je vais, tu ne peux me suivre à présent ; mais tu me suivras plus tard. » (Jean XIII, 33-36). Cela signifiait que Pierre suivrait le Christ dans sa manière de mourir. C’est là l’interprétation que les chrétiens ont toujours donné à ces mots. En effet, le même Évangile nous dit plus loin: « En vérité, en vérité, je te le dis [Jésus s’adresse à Pierre] : lorsque tu étais plus jeune, tu te ceignais toi-même et tu marchais où tu voulais ; mais lorsque tu seras devenu vieux, tu étendras tes mains et un autre te ceindra et te portera où tu ne voudras. Il dit cela pour signifier de quelle mort il glorifierait Dieu. » (Jean XXI, 18-19); il s’agit là de la description imagée d’une crucifixion la tête en bas. En effet, le Christ lui prédit qu’il étendra les mains, ce qui correspond à un crucifiement, et le fait qu’il doivent être ceint par un autre fait sans doute possible référence aux liens qui lui seront mît aux pieds (et peut être autour de la taille ?) car un crucifié tête en bas n’a pas l’impossibilité de respirer qui est la manière dont les crucifiés tête en haut sont condamnés à mourir. C’est de cette manière que plusieurs célèbres pièces de l’art chrétien représenta son martyre:

Crucifixion de saint Pierre – Luca GIORDANO, 1692, Gallerie dell'Accademia de Venise

Crucifixion de saint Pierre – Luca GIORDANO, 1692, Gallerie dell’Accademia de Venise

Le Martyre de Saint Pierre, 1630 - 1650 par Mattia PRETI dit LE CALABRAIS

Le Martyre de Saint Pierre, 1630 – 1650 par Mattia PRETI dit LE CALABRAIS

Gravure moderne de son martyre

Gravure moderne de son martyre

Il est également possible de conclure au même résultat rien que par déduction. En effet, le Christ aurait-Il dit par là à Pierre que ce dernier allait mourir ? Non, cela n’aurait eu aucun intérêt, tout le monde va mourir, c’est si un miracle allait protéger Pierre de la mort qu’il aurait été la peine de lui préciser. Cela voulait-il signifier qu’il serait martyr ? Non plus, car tous les Apôtres ont été martyr (sauf saint Jean), dans ce cas le Christ n’aurait pas réservé sa réponse à Pierre mais à l’ensemble des Apôtres. Pierre, lorsqu’il fut condamné à être crucifié, demanda à l’être à l’envers car il se jugeait indigne de mourir exactement de le même manière que le Christ. Notons enfin que le Christ lui annonce que cela arrivera lorsqu’il sera « devenu vieux », détail dont le lecteur comprendra l’importance plus bas.

Le témoignage de la Tradition:

Les antiques auteurs chrétiens:

Depuis le début du christianisme, la Tradition rapportant le martyre et la sépulture de saint Pierre à Rome est unanime et sans contestation. Le premier témoignage que nous possédons n’est autre que celui de saint Clément, évêque de Rome de 88 à 99, troisième successeur de Pierre, disciple de ce dernier ainsi que de saint Paul et saint Jean. Ce dernier, dans sa célèbre Lettre aux Corinthiens, écrite en 95 ou 96, parle ainsi: « Oui, regardons les saints Apôtres : Pierre, victime d’une injuste jalousie subit non pas une ou deux, mais de nombreuses épreuves, et après avoir ainsi rendu son témoignage, il s’en est allé au séjour de la gloire, où l’avait conduit son mérite. C’est par suite de la jalousie et de la discorde que Paul a montré quel est le prix de la patience : chargé sept fois de chaînes, exilé, lapidé, il devint héraut du Seigneur au levant et au couchant, et reçut pour prix de sa foi une gloire éclatante. Après avoir enseigné la justice au monde entier, jusqu’aux bornes du couchant, il a rendu son témoignage devant les autorités et c’est ainsi qu’il a quitté ce monde pour gagner le lieu saint, demeurant pour tous un illustre modèle de patience. À ces héros dont la vie a été sainte vient s’adjoindre une grande foule d’élus qui ont souffert, par suite de la jalousie, toutes sortes d’outrages et de tortures, et sont devenus, à leur tour, les plus excellent modèles parmi nous. » (Lettre aux Corinthiens, V, 3-7 et VI, 1). Nous pouvons lire qu’il parle des martyres de Pierre et Paul, ainsi que de la foule des élus venue s’adjoindre à ces deux Apôtres dans le martyre en disant qu’ils sont devenus des modèles parmi nous, c’est-à-dire parmi les romains depuis la ville desquels il parle. Donc un disciple de trois Apôtres, parlant au Ier siècle évoque du martyre de Pierre à Rome.

Saint Denis de Corinthe, évêque, écrit en 166 dans sa lettre à saint Soter, évêque de Rome pour le remercier de son aide financière: « Dans un tel avertissement, vous aussi avez uni Rome et Corinthe, ces deux arbres que nous devons à Pierre et à Paul. Car, de même l’un et l’autre ont planté dans notre Corinthe et nous ont instruits ; de même, après avoir enseigné ensemble en Italie, ils ont souffert le martyre au même temps » (Rapporté par Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, II, 25)

Le Fragment de Muratori (vers 170) : « Quant aux Actes de tous les apôtres, ils ont été écrits en un seul livre. Luc, pour l’excellent Théophile, (y) rassemble tous les faits qui s’étaient passés en sa présence, ainsi qu’il le montre aussi de manière évidente en laissant de côté le martyre de Pierre, et aussi le départ de Paul quittant la Ville [Rome] pour l’Espagne. » (Fragment de Muratori, Préface)

Les propos de Caïus (vers 200), prêtre romain sur le martyre de saint Pierre son rapportés par Eusèbe de Césarée (vers 260-vers 340) dans sa célèbrissime Histoire ecclésiastique: « L’histoire raconte que, sous son règne, Paul fut décapité et Pierre crucifié à Rome, et l’appellation de Pierre et de Paul attribuée jusqu’à ce temps aux cimetières de cette ville confirme ce récit. Ce fait, du reste, nous est encore garanti par Gaïus, homme ecclésiastique, qui vivait sous Zéphyrin, évêque de Rome [199-217]. Dans un écrit où il argumente contre Proclus, le chef de la secte des Cataphrygiens, il parle des lieux où furent déposés les saintes dépouilles des deux apôtres; il dit : » Je puis montrer les trophées des apôtres. Va au Vaticanum ou sur la voie d’Ostie ; tu trouveras les trophées des fondateurs de cette église. » » (Histoire ecclésiastique, II, 25)

Tertullien (vers 150-vers 230):

« si vous êtes sur les confins de l’Italie, vous avez Rome, dont l’autorité nous apporte aussi son appui. Heureuse Église ! les apôtres lui ont versé toute leur doctrine avec leur sang. Pierre y subit un supplice semblable à celui du Seigneur. Paul y est couronné d’une mort pareille à celle de Jean [Baptiste]. L’apôtre Jean y est plongé dans l’huile bouillante : il en sort indemne et se voit relégué dans une île. » (De la prescription contre les hérétiques, chapitre XXXVI, 2-3)

« Néron, le premier, ensanglante à Rome le berceau de la foi. C’est alors que Pierre, attaché au gibet, est ceint par une main étrangère; alors que Paul obtient le titre de citoyen romain en renaissant à une nouvelle vie par la noblesse de son martyre. » (Scorpiace, XV, 3)

Origène (vers 185-vers 254): « Pierre […] enfin, étant venu à Rome, fut crucifié la tête en bas, car il avait demandé s’il pourrait souffrir de cette façon. » (Troisième Commentaire de la Genèse, écrit en 232, rapporté par Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, III, 1)

Lactance (vers 250-vers 325): « Néron était déjà sur le trône lorsque saint Pierre vint à Rome. Ce grand apôtre, par la vertu des miracles que Dieu lui donnait la force d’opérer, gagna plusieurs païens, et bâtit au Seigneur un temple fidèle et de durée. Néron, ayant été informé que tous les jours à Rome et dans les provinces on abandonnait en foule le culte des dieux et l’ancienne religion pour la nouvelle, ce tyran exécrable résolut de ruiner cet édifice céleste. Ce fut donc le premier qui déclara la guerre aux serviteurs du vrai Dieu. Il fit crucifier saint Pierre et tuer saint Paul; mais ce ne fut pas impunément, car le Seigneur jeta les yeux sur la désolation de son peuple. » (De la mort des persécuteurs de l’Église, II)

Saint Pierre d’Alexandrie (mort en 311): « Ainsi Pierre, le premier des Apôtre, avait souvent été appréhendé, jeté en prison et traité avec ignominie, fut finalement crucifié à Rome. » (La lettre canonique, Canon 9, écrite en 306)

Saint Augustin (384-430): « Pour le Maître, Pierre mourra crucifié et Paul décapité. Solennité des saints apôtres Pierre et Paul. Simon, fils de Yonas et frère d’André, fut le premier parmi les disciples de Jésus à confesser le Christ, Fils du Dieu vivant, et Jésus lui donna le nom de Pierre. Paul, Apôtre des nations, annonça aux Juifs et aux Grecs le Christ crucifié. Tous deux annoncèrent l’Évangile du Christ avec foi et amour et subirent le martyre sous l’empereur Néron; le premier, comme le rapporte la tradition, fut crucifié la tête en bas et inhumé au Vatican, près de la voie Triomphale, en 64; le second eut la tête tranchée et fut enseveli sur la voie d’Ostie, en 67. Le monde entier célèbre en ce jour le triomphe de l’un et de l’autre avec un honneur égal et une même vénération. » (Sermon pour la fête des saints Pierre et Paul)

Nous pouvons ajouter à cela le témoignage indirect et involontaire de l’historien romain et païen Tacite (58-vers 120). Ce dernier écrivit ses célèbres Annales qui sont l’histoire de Rome de 14 à 68. Il y rapporte que peu de temps après le Grand incendie de Rome, qui débuta le 18 juillet 64, « aucun moyen humain, ni largesses impériales, ni cérémonies expiatoires ne faisaient taire le cri public qui accusait Néron d’avoir ordonné l’incendie. Pour apaiser ces rumeurs, il offrit d’autres coupables, et fit souffrir les tortures les plus raffinées à une classe d’hommes détestés pour leurs abominations et que le vulgaire appelait chrétiens. », puis en décrivant différents supplices que ces derniers eurent à subir, il écrit : « d’autres mouraient sur des croix », « crucibus affixi » selon le texte latin original (Annales, XV, 44). Une source neutre vient donc nous confirmer qu’à l’époque où la Tradition rapporte la mort par crucifixion de saint Pierre à Rome, des chrétiens y furent ainsi suppliciés. C’est le sort qui aura et celui de Pierre et lorsque son tour vint, il aura demandé à ne pas être crucifié la tête en haut, ne se jugeant pas digne de mourir comme le Christ, mais la tête en bas. Cette confirmation est d’autant plus importante qu’une tradition inventée a posteriori n’aurait pas pu être aussi précise.

Le culte à l’endroit de la sépulture de saint Pierre:

Ces attestations écrites sont confirmée par l’antique ferveur de l’Église autour du tombeau du Prince des Apôtres. En effet, ces tombes sont l’objet de pèlerinages pendant des siècles de persécution et sont enregistrées dans certains actes des Martyrs qui ont été capturés alors qu’ils priaient sur les tombes des apôtres; lire à ce sujet ce qu’en dit l’article (en anglais) de The Catholic Encyclopedia (cliquer ici).

Mais la preuve la plus solide nous vient du règne de l’empereur Constantin. Ce dernier se convertir au christianisme en 306, devint empereur légitime en 310 (après une usurpation en 306 également) et prit l’Édit de Milan ou Edit de Tolérance ou encore Edit de Constantin en 313 par lequel le christianisme cessait d’être une religion illégale. Il offrit aux chrétiens de construire un lieu de culte sur le lieu de la sépulture de Pierre. L’endroit que lui indiquèrent ces derniers prouve leur conviction ancrée de longue date de son martyre à Rome. En effet, c’est non seulement en cette ville mais en plus en un endroit improbable pour une construction ! Il s’agit des hauteurs du Circus Vaticanus, aussi nommé Cirque de Calligula et Néron, couramment appelé Cirque de Néron. Ce site n’est absolument pas pratique pour construire quoi que ce soit car il est en pente, en voici un dessin:

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Margherita GUARDUCCI (1902-1999), fameuse archéologue dont nous reparlerons pourra dire: «  L’emplacement était pourtant on ne peut plus mal adapté à cette construction. Pour le transformer en une surface plane, capable de recevoir l’édifice, il fallait enterrer une nécropole encore utilisée, et de plus, entailler la colline vaticane. L’empereur usant de ses pleins pouvoirs, ordonna que tout cela se fasse. Ainsi la nécropole fut enterrée et entrecoupée de robustes murs de fondation […]. L’ampleur même de l’œuvre à accomplir et les obstacles énormes à surmonter pour la mener à bien, disent assez l’exceptionnelle importance attribuée à cet endroit du Vatican, car on le tenait pour le lieu précis où se trouvait la tombe du Prince des Apôtres.  » (Saint Pierre retrouvé. Le martyre, la tombe, les reliques, 1974, éditions Saint-Paul pages 47-48). Une grande partie de la colline du Vatican est nivelée afin d’obtenir une base solide pour la première basilique Saint-Pierre. L’autel de la basilique est prévu d’être situé directement au-dessus de la tombe comme le voulait l’empereur (Pierre MARAVAL, L’Empereur Constantin dans La Marche de l’histoire, 29 novembre 2011). Toutefois, l’affaire est compliquée par la chambre supérieure, ou memoria, au-dessus de la voûte (monument sépulcral). Cette chambre supérieure était devenu chère aux Romains au fil des siècles de persécution et ils ne sont pas disposés à ce qu’elle soit détruite (lire ce qu’en dit The Catholic Encyclopedia). La memoria est transformée en chapelle de la confession. Au-dessus, à l’étage principal de la basilique, l’autel est dressé directement sur la chapelle de la confession. Le respect de l’endroit conduit à cette disposition restant pratiquement inchangée de nos jours.

Cette même archéologue accrédite l’emplacement de la tombe près du Cirque en disant: «  Tous les spécialistes de l’antiquité païenne le savent  : certaines exécutions capitales étaient parfois considérées comme des attractions de choix dans les programmes  ; quelque chose comme le “ clou du spectacle ”. Le public qui remplissait les gradins des cirques ou des amphithéâtres avait des goûts féroces et les organisateurs des jeux s’appliquaient à les satisfaire, ou pour mieux dire, à les exciter. Or, les crucifixions comptaient parmi ces macabres “ numéros ” qui faisaient courir les foules. On a trouvé à Pompéi une inscription qui peut se situer entre 62 et 79 après Jésus-Christ, donc plus ou moins du temps de Néron. Elle invitait les habitants à assister à des combats de gladiateurs qui devaient avoir lieu prochainement à l’amphithéâtre de Cumes. Et pour rendre l’invitation plus alléchante, on annonçait, en “ numéro ” spécial, l’exhibition de cruciarii, c’est-à-dire de condamnés au supplice de la croix. Le “ divertissement ” proposé consistait donc à regarder des malheureux mourir sur une croix.

«  Dès lors, il est probable que dans les spectacles du Vatican, des croix, et parmi elles celle de Pierre, furent plantées dans le cirque même. On peut se les représenter au bord de la piste où les chiens féroces poursuivaient et déchiraient les victimes revêtues de peaux de bêtes. Du reste, les tragiques torches humaines dont parle Tacite devaient elles-mêmes être dressées dans le cirque. Elles étaient nées de l’imagination morbide de Tigellinus, le célèbre préfet des prétoriens et le mauvais génie de Néron, et nous savons qu’elles étaient destinées à “ éclairer les spectateurs ”.

«  Ainsi, toutes ces horreurs durent avoir lieu seulement à l’intérieur du cirque. En fut le témoin muet, l’obélisque qui s’élève aujourd’hui au milieu de la place Saint-Pierre. S’il pouvait parler, il aurait à nous raconter des scènes d’une horrifiante cruauté, au milieu desquelles resplendissait le sublime héroïsme des victimes.  » (p. 24-26)

Un peu plus tard, Julien l’Apostat (empereur 361 à 363), élevé dans le christianisme (ou plus exactement dans l’hérésie arienne) et revenu au paganisme de ses ancêtres (d’où son surnom de « l’apostat ») persécuta les chrétiens à l’occasion de son règne. Il écrivit également un ouvrage intitulé Contre les Galiléens dans lequel il dit que le tombeau de saint Pierre est un lieu de culte secret.

La basilique Saint Pierre de Rome:

L’Église édifia la basilique Saint Pierre de Rome au dessus de la nécropole du Vatican. Voici des images:

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Le « Trophée de Gaïus » sous l'autel la basilique actuelle, partie en rouge sur le croquis ci-dessus

Le « Trophée de Gaïus » sous l’autel la basilique actuelle, partie en rouge sur le croquis ci-dessus

Comme vous pouvez le voir sur les deux derniers schémas, le maître autel de la basilique se trouve précisément au dessus de la tombe de l’apôtre. C’est en se fiant à la Tradition que cela fut fait. Mais la croyance antique allait connaître une éclatante confirmation par l’archéologie !

Les recherches modernes:

Le 10 février 1939, mourut le Pape Pie XI. Ce dernier avait demandé à être enterré aussi proche que possible de la tombe de saint Pierre (ad caput sancti Petri, littéralement « au près de la tête de saint Pierre »). Il ordonna donc des fouilles qui commencèrent sous Pie XII qui les autorisa dès le lendemain de son élection.

L’équipe archéologique du Vatican dirigée et supervisé par le prélat et politicien allemand Ludwig KAAS, qui avait autorité sur le projet met au jour un complexe de mausolées païens sous les fondations de la basilique Saint-Pierre (la nécropole du Vatican), datant des IIème et IIIème siècles.

Les fouilles font apparaître une double rangée de bâtiments funéraires, situés sur la pente de la colline du Vatican, placés côte à côte à partir de l’Ouest vers l’Est. Ils sont construits en maçonnerie de briques et l’intérieur est orné de stucs, de peintures et de mosaïques. D’autres fouilles révèlent une nécropole dont le noyau principal remonte au IIème siècle, mais qui aurait été utilisée pendant une longue période entre le Ier siècle et le début du IVème siècle.

En 1942, Ludwig KAAS, découvre des restes dans une seconde tombe du site. Craignant que ces reliques, présumées comme étant celles d’un saint, n’aient pas le respect qu’elles méritent, au mépris des procédures archéologiques, il ordonne secrètement qu’elles soient stockées ailleurs pour y être préservées. En effet, les architectes de Constantin commencèrent par exhumer les ossements de saint Pierre de leur première fosse située sous un petit monument appelé “ trophée de Gaïus ”, du nom du savant ecclésiastique qui en atteste l’existence au deuxième siècle. Les reliques furent enveloppées dans une étoffe de pourpre entrelacée de fils d’or et déposées dans un monument plus vaste, appelé “ monument constantinien ” (c’est la conclusion certaine à laquelle arriva GUARDUCCI comme on pourra le lire plus bas), englobant l’édicule du deuxième siècle, et revêtu de plaques de marbre et orné de bandes de porphyre. C’est là qu’elles ont été retrouvées, dans un loculus situé à l’extérieur du monument, au cours de la première campagne de fouilles (1940-1942), mais à l’insu des chercheurs, parmi d’autres groupes d’ossements. Recueillis dans une des caisses préparées pour recevoir séparément chaque ensemble d’ossements trouvés au cours des travaux, elles sont tombées dans l’oubli pendant de longues années. C’est à Margherita GUARDUCCI que revient le mérite et la gloire de les avoir identifiés.

Un matin de mai 1952, elle descendit pour la première fois sous la basilique vaticane pour visiter les fouilles. Avec la permission du pape Pie XII, elle voulait observer le graffito dont l’un des archéologues, le jésuite Antonio FERRUA, venait de publier le dessin dans la Civilta cattolica et dans le quotidien Il Messaggero  :

«  Cette inscription consistait en deux lignes d’écriture. Dans la première, on voyait, parfaitement reconnaissables, les quatre premières lettres du nom grec de Pierre  : PETP (OC). Dans la seconde, on lisait les trois lettres  : ENI […], “ Pierre est ici, dedans ”.  » (p. 60)

«  À ma grande surprise, le graffito n’y était pas, ou, plus exactement, il n’y était plus.  » (p. 62)

L’explication de ce mystère était simple  : le jésuite avait détaché du mur le morceau d’enduit portant cette inscription et l’avait emporté. « Premier d’une série de mystérieux épisodes qui avaient pour but d’occulter mes découvertes successives sur saint Pierre », confiera Margherita GUARDUCCI bien des années plus tard (30 JOURS, février 1990, p. 51).

Graffito portant l'inscription « ΠΕΤR EN(I) »: « Pierre est ici, dedans » en grec

Graffito portant l’inscription « ΠΕΤR EN(I) »: « Pierre est ici, dedans » en grec

Notons que l’historien spécialiste de la Rome antique, Jérôme CARCOPINO pensait que la fin manquante de l’inscription n’est pas la lettre « I » mais « Δ ». La phrase donnerait alors « ΠΕΤR EN(Δ) », ce qui ne veut plus dire « Pierre est là, dedans », mais radicalement l’inverse a savoir: « Pierre est absent ». Mais même dans ce cas, ce serait une preuve de la sépulture du saint car cela prouve bien que normalement il aurait dût être là, sinon ça n’aurait eut aucun sens de faire une telle inscription. En effet, ce chercheur défendait l’hypothèse d’un transfert temporaire des reliques lors de la persécution de Valérien. C’est à cette occasion que l’inscription aurait été apposée.

Margherita GUADUCCI s’attacha alors à déchiffrer l’inscription du mausolée des Valerii, découvert en 1942  : «  Pierre, prie pour les saints hommes chrétiens ensevelis près de ton corps.  » C’était déjà un résultat  : «  La lecture de l’invocation à saint Pierre procura une grande joie à Pie XII. Malgré son éloignement relatif de la tombe [une vingtaine de mètres], elle attestait explicitement le culte de l’Apôtre dans les souterrains de la basilique. Pour la première fois, on parlait de son corps, allusion certaine à ses ossements qui, chose étrange, n’avaient pas été retrouvés.  » (p. 64)

Or, un matin, se trouvant devant le mur appelé “ mur g ”, en raison des graffiti dont il est couvert, en compagnie du “ sampietrino ” qui avait pris part depuis le début à tous les travaux de fouilles sous la Confession de la Basilique, Margherita GUARDUCCI lui demanda  :

«  Giovanni, vous qui avez toujours suivi de près les travaux, vous rappelleriez-vous, par hasard, si rien d’autre n’a été trouvé là-dedans que le peu de chose dont parle la relation  ?

–Si, répondit aussitôt celui-ci. Il devait y avoir autre chose.  »

Sans la moindre hésitation, il conduisit l’archéologue vers un réduit où étaient remisées des caisses de dimensions diverses. Après une brève recherche, il s’arrêta devant une petite caisse de bois, munie d’un couvercle fixé par deux clous.

«  Voilà, elle est ici.  »

Cette caissette contenait des ossements «  fragiles, légers, de couleur très claire –presque blancs – et abondamment incrustés de terre, signe évident qu’ils provenaient d’une tombe creusée dans la terre nue.  »

«  Je remarquai aussi, écrit l’archéologue, de petits restes d’étoffe, de couleur rougeâtre, où brillaient des fils d’or.  »

Elle était si éloignée de l’idée que ces os fragiles, légers, de couleur laiteuse, étaient ceux du Prince des Apôtres, que ceux-ci attendirent presque dix ans l’examen anthropologique qui s’imposait  : «  C’est seulement en octobre 1962 que le professeur Correnti coupa la ficelle dont, en septembre 1953, j’avais entouré la petite caisse de bois trouvée dans le réduit des grottes vaticanes.  » (p. 110)

Ce professeur travailla “ à l’aveugle ”. On lui donna plusieurs groupes d’ossements, respectivement siglés T, K et VMG (vide du mur g).

Or, il ignorait tout des données archéologiques et topographiques. «  Si j’étais loin de penser aux reliques de saint Pierre, lui l’était encore bien plus que moi  !  » (p. 112)

Le Mur G contenant le loculus

Le Mur G contenant le loculus

Le résultat des deux premiers groupes «  provoquèrent une retentissante désillusion  ». Le groupe T, «  celui auquel jusqu’alors on attribuait la plus grande importance, s’était subdivisé en trois individus, dont une petite vieille de plus de soixante-dix ans  ! Et le groupe K en quatre individus, «  et pas un seul ne présentait le moindre titre à une identification avec l’Apôtre  ».

Sur le troisième groupe, le travail du professeur dura d’octobre 1962 à juin 1963  :

«  La première connaissance des résultats me fut donnée par lui-même dans les premiers jours de juin, alors que l’actuel souverain pontife Paul VI était encore le cardinal Montini.

«  Vous savez, me dit le professeur, c’est très curieux. Dans votre petite caisse de bois, j’ai trouvé les os d’un seul individu et non de plusieurs, comme dans le groupe T et dans le groupe K.

–D’un seul individu  ? lui répondis-je. Et vous avez pu en établir le sexe  ?

– Oui, masculin.

–Et l’âge  ?

–D’un âge avancé, dans les soixante à soixante-dix ans. Et il ajouta  : C’était un homme de constitution robuste.  »

«  Puis il continua en m’indiquant que toutes les parties du squelette, sauf les pieds, étaient plus ou moins représentées. Il y avait des fragments de la calotte crânienne, des maxillaires, une dent canine, des fragments de côtes, de vertèbres, du bassin, la main gauche presque entière et des fragments assez importants des membres inférieurs. En outre, sur quelques os, en leurs parties les plus saillantes, on remarquait des taches rougeâtres, et sur tous il y avait – cela je l’avais constaté moi-même – de la terre en abondance.

«  Même à ce moment-là, je ne pensais pas que ce puisse être là les ossements de Pierre. Comme d’habitude, ma pensée se reportait aussitôt à l’ouverture de la cachette par le côté est, vers les pièces de monnaie médiévales et l’os de chien trouvé parmi les ossements humains.

«  N’avez-vous pas vu, vous aussi, demandai-je au professeur, un os d’animal  ?

–Certainement, je l’ai vu  ; j’en ai même vu plus d’un   ! Il y en avait également dans le groupe T et dans le groupe K. Savez-vous que dans la caissette de bois, il y avait aussi de minuscules os de souris  ? J’en ai trouvé quelques-uns et je crois qu’il s’agit d’une seule petite souris.

«  L’idée de la petite souris m’amusa. Puis je convins avec le professeur Correnti qu’il était vraiment singulier de voir ces ossements appartenir à un seul individu. Et là-dessus prit fin la conversation.  »

«  Combien de temps me fallut-il pour commencer à soupçonner, puis à penser avec précision qu’il s’agissait des reliques de saint Pierre  ? Au moins deux jours, je crois.

«  Repensant à ma conversation avec le professeur Correnti, je repris ce que j’en avais tiré, et m’aperçus, avec émerveillement, que tout s’éclairait d’une lumière nouvelle. Le professeur avait été catégorique  : les ossements humains provenant de la cachette du mur G appartenaient à un unique individu, de sexe masculin, d’âge avancé, entre soixante et soixante-dix ans, de constitution manifestement robuste. Or je savais que le loculus était, dans le monument de Constantin, le seul considéré à cette époque comme la tombe de Pierre, et Pierre était précisément un individu de sexe masculin, mort à un âge avancé, ayant eu comme pêcheur habitué aux plus rudes fatigues, une robuste constitution. Les os étaient abondamment incrustés de terre  ? Mais la tombe primitive de Pierre était justement une très modeste tombe creusée dans la terre nue, les fouilles l’avaient démontré. Sur quelques os, m’avait dit le professeur Correnti, on notait des taches rougeâtres  ? Mais j’avais moi-même trouvé, au milieu des os, de petits restes d’étoffe rougeâtre entrelacée de fils d’or. Je commençai alors à comprendre comment les choses avaient dû se passer. Constantin fait relever de l’antique tombe de Pierre les restes de ses ossements. Il les fait envelopper dans un précieux drap de pourpre et d’or, et les dépose dans le loculus du monument-tombe qu’il a érigé en l’honneur du Martyr. La pourpre et l’or, personne ne pouvait le nier, convenaient admirablement à la dignité d’un martyr qui était en même temps le Prince des Apôtres.

«  À ce moment également, s’éclaira pour moi d’un jour nouveau le fameux graffito  : Petros eni (“ Pierre est ici, dedans ”). Au début, je pensais qu’il se rapportait à la tombe primitive creusée sous l’édicule. Mais à présent, me rappelant qu’il provenait de l’intérieur du loculus et celui-ci apparaissant désormais comme la seconde tombe de l’Apôtre, il était logique, voire nécessaire, de mettre en relation l’inscription avec le loculus. Ainsi la phrase “ Pierre est ici, dedans ”, écrite à l’intérieur de la cachette prenait une profonde signification.

«  Mais comment expliquer la présence dans le loculus des monnaies médiévales et des os d’animaux  ?

«  En ce qui concerne les monnaies médiévales, j’arrivais assez vite à une hypothèse, qui fut confirmée par la suite  : elles s’étaient glissées dans la cachette à travers les fissures des murs. Celles-ci étaient très visibles, et d’autre part, les fidèles au cours des siècles avaient jeté des myriades de pièces dans la tombe de Pierre. On en avait retrouvé dans des endroits les plus inattendus.

«  Pour les os d’animaux, la chose fut plus longue et plus laborieuse. […] L’unique manière de justifier la présence de ces os d’animaux à l’intérieur du loculus était de penser qu’ils se trouvaient déjà dans le terrain où la tombe primitive de Pierre avait été creusée, et au temps de Constantin, furent recueillis par inadvertance avec les ossements humains. Dès lors la difficulté se transformait pour moi en une preuve positive. En effet, on était ainsi obligé de remonter à l’âge où cette zone du Vatican était encore un terrain rural où paissaient des moutons et habitaient des paysans. Et cela reportait aux temps des “ jardins ” de Néron, c’est-à-dire exactement à l’époque de saint Pierre.  » (ibid., p. 112-115).

Pie XII avait pris la décision historique de commencer les travaux le 28 juin 1939, vigile de la fête des apôtres Pierre et Paul. Mais il fallut attendre 1952 pour voir Margherita GUARDUCCI s’y engager, et leur donner le tour décisif qui aboutit à identifier les ossements de saint Pierre en 1963, après la mort de Pie XII (9 octobre 1958).

Ce Pontife avait suivi les travaux avec un intérêt passionné  :

«  Désireux d’être mis au courant au fur et à mesure des derniers résultats, il me recevait lui-même en audience et s’entretenait longuement avec moi. Il se faisait montrer et expliquer les photographies et les dessins, et me demandait des renseignements sur la science épigraphique en général et sur la technique du déchiffrement en particulier. Parmi les souvenirs les plus chers de ma vie, resteront toujours pour moi les “ leçons ” d’épigraphie données à cet exceptionnel élève. Il y montrait une remarquable finesse d’intuition, une mémoire prodigieuse et une étonnante capacité de se familiariser rapidement avec une science qui jusque-là lui avait été totalement étrangère.

«  En juillet 1958 sortaient de l’imprimerie les premières épreuves de mon travail sur les graffiti. Le 5 de ce mois, j’en portai un exemplaire au Pape, avant son départ pour Castelgandolfo. Ce fut la dernière fois que je le vis. Il m’avait manifesté son intention de venir personnellement devant le mur g, pour lire sur l’original les précieux graffiti qu’il connaissait déjà presque un par un, par les photographies ou les relevés. Mais ce projet ne put malheureusement se réaliser  : le 9 octobre, à Castelgandolfo, le grand pontife s’éteignait.  »

Margherita GUARDUCCI

Margherita GUARDUCCI

Paul VI succéda à Jean XXIII qui n’accorde que peu d’intérêt à ses travaux en juin 1963. Margherita GUARDUCCI raconte  : «  Le 25 novembre 1963, je devais être reçue en audience par le pape Paul VI, pour lui offrir mon petit livre sur saint Pierre, destiné aux Pères du Concile œcuménique, et déjà traduit en cinq langues. Je décidai de profiter de l’occasion pour mettre le Saint-Père au courant de mon “ secret ”. […]  » (p. 115-116)

Elle continue  : «  Le souvenir de cette audience est resté ineffaçable dans ma mémoire. J’avais été conduite dans la salle immédiatement contiguë à la bibliothèque privée. Mon audience devait donc être la première des audiences spéciales.

«  Une fois terminée la série des audiences privées, le Pape sort de son bureau et s’avance vers moi. Sur la table de marbre d’un meuble doré se trouvent déjà mes six petits volumes dans leur écrin. Après avoir offert mon présent par de brèves paroles, je dois faire part au Souverain Pontife de la grande nouvelle qui me brûle les lèvres. Je vois alors des personnes traverser la salle, et passer tout près de moi. Je ne me sens pas à mon aise. Le Pape s’en aperçoit, et ordonne de fermer la porte. Alors seulement je me décide à parler et à dire que, selon une extrême probabilité, les reliques de saint Pierre ont été identifiées. Le Pape esquisse un mouvement de surprise. Une lumière s’allume dans ses yeux. D’une voix altérée par l’émotion, il m’exprime sa joie et me demande qui a déjà connaissance de la nouvelle. J’énumère quelques noms et me déclare prête à lui apporter les preuves de ce que je viens de lui annoncer. Mais ce n’est pas le moment propice et mon exposé est remis à une prochaine occasion.  » (p. 116)

Cette occasion se présenta à deux reprises  : le 10 janvier 1964, à son retour de Palestine, et encore le 13 février, Paul VI se fait expliquer longuement l’ensemble des résultats acquis, avec plans et photographies, et approuve le programme de recherches complémentaires capables de procurer une certitude absolue.

Ces recherches pluridisciplinaires commencèrent par l’analyse des restes d’étoffe rougeâtre entrelacée de fils d’or trouvés au milieu des ossements  : «  Les examens furent réalisés dans les laboratoires de l’Institut de chimie de l’Université de Rome, par les soins du professeur Maria Luisa Stein, spécialiste en analyse des tissus, et du professeur Paolo Malatesta. Il m’importait de savoir à quel genre d’étoffe appartenaient ces restes de tissus, et surtout d’avoir la certitude que les fils métalliques étaient de l’or véritable. […]

«  Je fus moi-même présente à une partie de ces examens et il me fut donné d’observer au microscope les minuscules fragments déposés sur le verre du porte-objet. Je me rappelle l’extraordinaire impression que me firent les fils d’or  : leur aspect était merveilleusement transformé. À travers l’objectif, ils apparaissaient comme de brillantes petites bandes de métal  ; on aurait dit de vifs petits serpents enroulés autour d’une tige de fibre rougeâtre. Je me demandais, et les deux spécialistes qui exécutaient les examens se le demandaient avec moi, comment avaient pu faire les anciens pour réduire le métal en lames si minces, les tailler en bandes si fines et enrouler ces bandelettes rigides autour des fils. C’était la démonstration d’une technique merveilleusement évoluée, et cela aussi confirmait combien cette étoffe était précieuse. À la fin des examens me fut délivrée une attestation certifiant que la plus grande partie des échantillons provenait d’un tissu de laine et que l’or était authentique.  » (p. 118)

Le deuxième examen concernait les os incrustés de terre  : «  Il s’agissait de savoir si la terre incrustée dans les os était la même que celle du champ P où se trouvait la tombe primitive de l’Apôtre. On se rendit à l’Institut de pétrographie de l’Université de Rome. Le professeur Carlo Lauro, directeur de l’Institut, envoya au Vatican son assistant, le professeur Giancarlo Negretti, pour prélever les échantillons nécessaires à la confrontation. Les examens longs et difficiles donnèrent un résultat pleinement positif. La terre des ossements était de sable marneux, comme l’étaient les six échantillons, et présentait d’autres caractéristiques l’inscrivant dans le même milieu géologique et pétrographique. Une éventuelle différence de terre aurait démontré une provenance différente des ossements. Au contraire, la terre était parfaitement semblable à celle de la tombe primitive.  » (p. 119)

La contre-épreuve consista à expertiser le «  crâne de saint Pierre  » conservé et vénéré dans la basilique du Latran. Permission demandée à Paul VI. Accordée… Résultat négatif, qu’il aurait fallu publier aussitôt, ce qu’on ne fit pas, au grand désappointement de Margherita GUARDUCCI: «  Mais j’ai cru absolument nécessaire de demander la permission, aussitôt obtenue, de pouvoir affirmer ouvertement que l’examen scientifique du contenu des reliquaires ne modifiait en rien les conclusions acquises au sujet des ossements du loculus du mur g.  » (p. 121-122)

«  La présence aujourd’hui, au Vatican, des vraies reliques de Pierre, inflige un coup mortel à toutes les autres, dispersées dans les églises, chapelles et curies épiscopales.  » Mais cette affirmation, loin de scandaliser la foi des simples, ne peut que mettre en plus éclatante lumière, cette vérité toute simple, propre à donner un fondement inébranlable à notre foi en l’Église fondée sur Pierre  :

«  À une époque où, à Rome, n’existait pas encore le commerce des reliques, les ossements furent enfermés dans un monument parfaitement datable, dans un loculus resté intact jusqu’à nos jours, et mêlés à divers objets qui contribuent, chacun pour son compte et avec une impressionnante cohérence, à démontrer leur authenticité.  » (p. 145-146)

Conclusion:

L’archéologie et les sciences modernes prouvent l’antique croyance de l’Église: saint Pierre fut martyrisé à Rome et y est enterré. Nous en avons la certitude en raison de ce faisceaux d’éléments:

– les ossements retrouvés sont ceux d’un homme du Ier siècle,

– les rotules étaient abîmées comme peuvent l’être celles des pêcheurs qui poussent leur bateau à la mer. Or les Évangiles nous apprennent qu’avant d’être Apôtre, Pierre était pêcheur,

– l’homme est de constitution robuste, ce qui va dans le sens des évangiles qui décrivent un homme énergique et qui portait une épée lors des déplacement du groupe,

– l’homme est décédé entre 60 et 70 ans. Cet âge avancé est important car comme je le rappelle, le Christ avait prédit son martyre à Pierre pour lorsqu’il serait « devenu vieux »,

– aucun os des pieds n’a été retrouvé : cela pourrait indiquer qu’on a coupé ceux du défunt (ce qui était commun aux suppliciés qui mouraient la tête en bas afin de les décrocher de la potence),

– la terre retrouvée avec les os correspond exactement à celle dans laquelle saint Pierre est censé avoir été inhumé selon la Tradition,

– les os ont été conservés dans un tissu précieux de couleur pourpre (ajouté à l’époque de Constantin), et brodé de fil d’or, ce qui indique un personnage illustre

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10 commentaires sur “Preuves du martyre et de la sépulture de saint Pierre à Rome

  1. Pingback: Démonstration de la primauté de Pierre et de la Papauté | +†+Yesus Kristus azu+†+

  2. Pingback: Jean-Paul II et le croix renversée | +†+Yesus Kristus azu+†+

  3. KADIO
    4 juillet 2016

    Que Dieu, par l’intercession de la Vierge Marie (Mère de la Sagesse), vous bénisse et vous remplisse de la sagesse Ressources Catholiques

  4. Biloa
    10 juillet 2016

    salut à vous chers frères
    j’aimerai bien lire un article qui parle de
    l’orthodoxisme et savoir ce que vous en
    pensez justement j’ai déjà lu beaucoup
    de vos arcles je n’ai pas lu un article qui
    parle de la foi orthodoxe(du moins à ma
    connaissance) mais les autres oui !!

  5. Biloa
    13 juillet 2016

    Bonjour merci pour les articles et la documentation que vous m’avez conseillé je les lirai avec attention mais une question demeur si les reponse sont les même avec les protestants puis qu’ils ont le même language pourquoi le Papa concélèbre t’il avec les orthodoxe ??? non pas avec les protestant

    • Ressources Catholiques
      13 juillet 2016

      Pas de quoi. Aucun Pape n’a jamais a ma connaissance concélèbré avec des orthodoxes.

  6. Pingback: Saint Pierre a-t-il écrit sa Ière Épître de Babylone ou Rome ? | +†+Yesus Kristus azu+†+

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  8. Pingback: Dossier : toutes les preuves de la venue et de l’épiscopat de saint Pierre à Rome | +†+Yesus Kristus azu+†+

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