+†+Yesus Kristus azu+†+

« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

L’Evangile selon saint Marc fut écrit à Rome

Toutes les preuves de la Papauté: ici

Le deuxième Évangile fut écrit par saint Marc, il s’agit là d’un fait connu. Ce qui est beaucoup moins connu en revanche, c’est que saint Marc fut le compagnon de voyage de saint Pierre (I Pierre V, 13). Aussi, c’est en cette qualité qu’il écrivit son Evangile, il s’agit d’une mise par écrit de l’enseignement que Pierre dispensa à Rome. Ce fait nous est connu par plusieurs moyens :

Le témoignage des premiers chrétiens

Saint Irénée de Lyon (vers 125-vers 202), disciple de saint Polycarpe de Smyrne (vers 69-155), lui-même disciple de l’apôtre saint Jean,  rapporte la rédaction des quatre Evangiles : « Pierre et Paul évangélisaient Rome et y fondaient l’Église. Après la mort de ces derniers, Marc, le disciple et l’interprète de Pierre, nous transmit lui aussi par écrit ce que prêchait Pierre. De son côté, Luc, le compagnon de Paul, consigna en un livre l’Évangile que prêchait celui-ci. Puis Jean, le disciple du Seigneur, celui-là même qui avait reposé sur sa poitrine, publia aussi l’Evangile, tandis qu’il séjournait à Ephèse, en Asie. » (Contre les hérésies, III, 1, 1). On pourrait croire que saint Irénée pense que l’Evangile de Marc fut rédigé après la mort de Pierre et Paul, ce qui est très étrange étant donné que tous les autres auteurs antiques disent le contraire et que tous les autres indices, comme nous le verrons plus bas, indiquent également l’inverse. La réalité est que ce passage de saint Irénée est mal compris. C’est Dom John CHAPMAN (1865-1933), O.S.B., qui nous en a dévoilé la signification réelle. voici sa pensée résumée par l’abbé Jean CARMIGNAC :

« Quelles sont les données contenues dans ce texte :

l) Matthieu a écrit en hébreu, quand il était encore en Palestine.

2) A première vue, on croirait volontiers que Matthieu écrit « pendant que Pierre et Paul prêchaient à Rome et fondaient l’Eglise ». Mais John Chapman a démontré que cette interprétation n’est pas exacte [St Irenaeus on the dates of the Gospels, dans le Journal of Theological Studies, vil. VI, n024, July 1905, pp. 563-569]: dans le contexte, Irénée veut montrer que l’enseignement des Apôtres n’a pas été perdu mais qu’il est parvenu jusqu’à nous, et donc il faut comprendre : « Bien qu’à Rome, quand ils fondaient l’Eglise, Pierre et Paul aient seulement prêché oralement l’Evangile, Matthieu, lui, l’a mis par écrit, quand il était encore en Palestine. »

3) Au sujet de Marc, Irénée change spontanément le temps des verbes et remplace les aoristes du contexte par un parfait grâce à lui la prédication de Pierre et de Paul nous a été transmise (paradédôké) après leur mort : ce n’est pas après leur mort que l’Evangile de Marc a été composé, mais c’est après leur mort qu’il a prolongé leur enseignement. En somme, d’après J. Chapman, Irénée affirme que Matthieu a écrit en hébreu et avant de quitter la Palestine, mais il n’affirme pas qu’il a écrit pendant le séjour de Pierre et Paul à Rome (s’y sont-ils trouvés ensemble ? ) ; il affirme que Marc était le disciple et le traducteur de Pierre, mais il n’affirme pas qu’il a écrit après la mort de Pierre et de Paul. » (Abbé Jean CARMIGNAC, La naissance des Evangiles synoptiques, François-Xavier de Guibert, 4è édition, page 64)

Cependant, cela reste un témoignage que par son Evangile, Marc fut un « l’interprète de Pierre ».

Le plus ancien historien de l’Eglise dont les œuvres soient parvenues jusqu’à nous: Eusèbe de Césarée (vers 260-vers 339) dans son Histoire ecclésiastique, affirme la même chose en s’appuyant sur les deux témoignages antérieures de Papias d’Hiérapolis (première moitié du IIème siècle), disciple de l’Apôtre saint Jean, et de Clément d’Alexandrie (vers 150-vers 215). Voici ses mots: « La parole de Dieu se répandait ainsi chez les Romains et la puissance de Simon s’éteignit et disparut aussitôt avec lui. Mais la lumière de la religion brilla d’un tel éclat dans l’esprit des auditeurs de Pierre que ce ne leur fut pas suffisant d’avoir entendu seulement l’exposé oral de cette prédication divine. Ils firent toutes sortes d’instances auprès de Marc, l’auteur de l’Évangile qui nous est parvenu et le compagnon de Pierre, pour qu’il leur laissât un livre qui leur fût un mémorial de l’enseignement donné de vive voix par l’apôtre, et ils ne cessèrent leurs demandes qu’après avoir été exaucés. Ils furent ainsi la cause de la rédaction de l’Évangile selon Marc. Pierre connut, dit-on, le fait par une révélation de l’Esprit et il se réjouit d’un pareil zèle : il autorisa l’usage de ce livre pour la lecture dans les églises. Clément rapporte ceci dans sa sixième Hypotypose et l’évêque d’Hiérapolis, Papias, le confirme de son propre témoignage. » (Histoire ecclésiastique, II, 15). Plus loin, Eusèbe rapporte ces autres mots de Papias au sujet de la rédaction de cet Evangile: « Et le presbytre dit ceci: « Marc, étant l’interprète de Pierre, écrivit exactement, mais sans ordre, tout ce qu’il se rappelait des paroles ou des actions du Christ; car il n’a ni entendu ni accompagné le Sauveur. Plus tard, ainsi que je l’ai rappelé, il a suivi Pierre. Or celui-ci donnait son enseignement selon les besoins et sans nul souci d’établir une liaison entre les sentences du Seigneur. Marc ne se trompe donc pas en écrivant selon qu’il se souvient ; il n’a eu qu’un souci, ne rien laisser de ce qu’il avait entendu et ne rien dire de mensonger. » (Histoire ecclésiastique, III, 39, 15). Dans ce dernier passage, Papias ne parle pas de lui-même et se fait l’échos du « presbytre ». Il s’agit de « Jean le Presbytre », une figure de l’Eglise primitive dont parle également saint Irénée. Il existe un débat pour savoir si Jean le Presbytre est la même personne que Jean l’Apôtre, peut-être un futur article exposera-t-il la question. Mais que ces deux Jean ne fassent qu’un ou non, c’est quoi qu’il en soit un témoignage de première qualité que nous livre Papias. Il rapporte aussi à propos de Clément d’Alexandrie: « Dans les mêmes livres, Clément établit encore, en ce qui regarde l’ordre des Évangiles, la tradition des anciens presbytres qui est la suivante. Il dit que les Évangiles qui contiennent les généalogies furent écrits avant les autres. Celui de Marc fut entrepris de la façon suivante : Pierre prêchait publiquement à Rome la parole de Dieu, et exposait l’évangile sous l’action de l’Esprit; ceux qui avaient assisté à ses prédications (ils étaient nombreux) exhortèrent Marc qui avait accompagné Pierre depuis longtemps et qui se souvenait des choses dites par lui, à les consigner par écrit. Il le lit et il donna l’Évangile à ceux qui le lui avaient demandé. Pierre l’apprit, et ne fit rien par ses conseils pour l’empêcher ni pour l’y pousser. Cependant Jean, le dernier, voyant que le côté matériel avait été mis en lumière dans les évangiles, poussé par les disciples et divinement inspiré par l’Esprit, fit un évangile spirituel. Voilà ce que dit Clément. » (Histoire ecclésiastique, VI, 14, 5-7)

Tertullien (vers 155-vers 230): « Les Eglises apostoliques couvriront aussi de leur patronage les Evangiles de Jean et de Matthieu que nous avons par elles et en conformité avec elles, quoique l’on attribue à Pierre l’Evangile publié sous le nom de Marc, son interprète, de même qu’à Paul le récit de Luc. » (Contre Marcion, IV, 5)

Origène (vers 185-vers 254) : « Le second [Evangile] est celui de Marc qui l’a fait comme Pierre le lui avait indiqué. » (cité par Eusèbe de Césarée dans Histoire ecclésiastique, VI, 25). Autre traduction « qui l’a composé d’après les instructions de Pierre », pour ceux qui lisent le grec : « ὡς Πέτρος ὑφηγήσατο αὐτῶι » (« hôs Petros huphêgêsato autôi »)

Saint Jérôme (347-420) écrit au sujet de saint Marc « Disciple et interprète de Pierre, écrivit, à la demande de ses frères de Rome, un évangile résumé d’après ce qu’il avait recueil. li de la bouche de Pierre lui-même. Cet apôtre l’ayant lu, l’approuva, le fit publier, et ordon na qu’il fût lu dans les églises. Ces faits son attestés par Clément dans le sixième livre de ses Hypotyposes. Pappias, évêque d’Hiéropolis, a fait mention de Marc, et Pierre, dans première épître, s’exprime ainsi : « Vos confrères de Babylone et Marc, mon fils chéri vous saluent.  » Par le mot de Babylone il désigne figurément l’Eglise de Rome. Marc alla ensuite en Egypte, emportant avec lui l’évangile qu’il avait rédigé. » (Livre des Hommes illustres).

Clément d’Alexandrie et Origène sont particulièrement bien placés pour faire de telles affirmations car ils sont d’Alexandrie dont saint Marc deviendra le premier évêque, ils sont donc les dépositaires de sa Tradition. Par ailleurs, ces deux personnages ainsi qu’Eusèbe et saint Jérôme nous livrent de précieux témoignages car ils avaient accès à deux immenses bibliothèques aujourd’hui disparues, qui contenaient un très grand nombre d’écrits anciens : la Bibliothèque d’Alexandrie et la Bibliothèque de Constantinople.

L’analyse interne du texte

L’assertion traditionnelle est confirmée par l’étude du texte : « D’après la tradition ecclésiastique, le second évangile a été écrit à Rome à l’intention de chrétiens d’origine païenne. Cela ressort également de certaines particularités de cet évangile. Saint Marc n’insiste pas comme saint Matthieu sur l’accomplissement dans la personne et la vie de Jésus des prophéties de l’Ancien Testament [ndlr: pour cela il aurait fallu que les premiers destinataires connaissent l’Ancien Testament, ce qui ne serait pas le cas de païens romains ; et au contraire, on ne voit pas pourquoi Marc se serait privé de l’argument apologétique de la réalisation des prophéties si son premier lectorat en avait eu connaissance], dont il ne cite que deux : I, 2-3 = Is., XL, 3 et Mal. , III, 1. De plus il traduit en grec les mots araméens qu’il cite par exemple, βοανηργες , III, 17 ; ταλιθα κουμ, V, 41, aussi VII, 11, 34 ; X, 46; XIV, 36 ; XV, 34. Il explique également les usages juifs auxquels il fait allusion, par exemple les lustrations avant le repas, au retour du marché, le lavage des coupes et des vases, VII, 3-4; voir aussi, XI, 13; XIII, 3 ; XIV, 12; XV, 42. Enfin, on remarque dans le second évangile, plus que dans les autres, des mots latins grécisés et des latinismes qui laissent supposer qu’il a été écrit pour des lecteurs latins : par exemple, κεντυριων, XV, 39, 44, 45; σπεκουλάτωρ, VI, 27 ; δηνάριoν, VI, 37 ; XII, 15 ; XIV, 5; ξέστηϛ, VII, 4 ; κρἀβαττοϛ, II, 4, 9, 11, 12; ὄδον ποιεῖν, II, 23 = iter facere; τὁ ἱκανὸν ποιῆσαι, XV, 15, satisfacere. Il est surtout remarquable que, XII, 42, Marc ait cru devoir expliquer le nom d’une monnaie grecque par l’équivalent en monnaie romaine κοδράντης = quadrans. » (L. VENARD, Dictionnaire de Théologie Catholique, article « MARC (SAINT) », 3° Destinataires du second évangile)

Le témoignage indirect des auteurs païens

Les œuvres païennes nous informent incidemment sur l’origine romaine de cet Evangile: « Le Professeur Ilaria Ramelli de l’Université catholique du Sacré Coeur à Milan démontre que plusieurs passages du Satiricon de Pétrone sont des parodies de l’Evangile de Saint Marc.

Nous y trouvons ainsi, au cours d’un banquet, une onction faite avec une ampoule de nard préfigurant une onction funèbre, le chant d’un coq interprété comme un présage de malheur et de mort – ce qui n’est pas le cas normalement dans la culture latine –, l’épisode de condamnés à la crucifixion par un gouverneur de province, surveillés par un soldat pour que leurs corps ne soient pas volés, puis le troisième jour le vol d’un des cadavres sur une croix qui est remplacé par un autre, événement qui à son tour fait croire à la réanimation d’un mort, enfin nous y trouvons la promesse d’un gros héritage à qui mangera la chair d’un supposé richissime individu. L’auteur de la recherche s’est appliqué à explorer tous les textes grecs et latins antécédents pour voir si des thèmes semblables y étaient traités. Aucun ne s’est trouvé être, de loin, aussi significatif.  Les historiens s’accordent pour le dire, le Satiricon a été écrit autour de 64-65. Nous constatons que dans ces années-là non seulement l’Evangile de saint Marc était rédigé mais qu’il était connu à Rome, puisque, comme le démontre l’auteur, il est impossible que l’Evangéliste à l’inverse se soit inspiré de Pétrone [ndlr: entre autres à cause de la grivoiserie de l’œuvre…]. La même démonstration vaut pour un autre texte latin l’Hercules Oetaeus [ndlr: texte jadis attribué à tort à Sénèque qui mourut en 65, cette erreur révèle néanmoins l’époque de sa rédaction], puis à  une tragédie de la même époque mais d’auteur incertain, pour lequel il est impossible, nous dit toujours le Professeur Ramelli, qu’il y ait eu copie de la part des Evangélistes : en effet le mythe original évoqué par cette œuvre théâtrale, et naturellement attesté avant elle, présente dans cette version des modifications précisément sur les points qui ressemblent aux Evangiles et seulement sur ceux-ci (par exemple les ténèbres et le tremblement de terre, les appels au père, le Peractum est : « tout est accompli », la mère accompagnant son fils sur le lieu du supplice).  C’est donc toujours dans le sens « Evangile vers texte païen » qu’il y a lieu de voir l’imitation ou plutôt la parodie, avec les conséquences sur la date de rédaction des livres saints qui en découlent. » (Marie-Christine CERUTI-CENDRIER, Nouvelle revue CERTITUDES – juillet-août-septembre 2003 – n°15) En effet, on ne parodie qu’une œuvre préalablement connue de son auditoire ou de son lectorat, cela signifie donc qu’en 64-65, l’Évangile selon saint Marc était une référence connue de tout le monde à Rome, même chez les païens. Cela n’est explicable que par une rédaction romaine du texte, suivie d’une diffusion rapide.

Il est possible de retrouver les propos de Madame Ilaria RAMELLI à ce sujet dans Les Nouvelles de L’ASSOCIATION JEAN CARMIGNAC où son travail fut traduit par Mademoiselle BOURGEOIS. Cette traduction est parue en quatre parties: 1ère partie: n°19 – août 2003, page 8 ; 2ème partie: n°20 – novembre 2003, page 7 ; 3ème partie: n°21 – février 2004, page 5 ; 4ème partie: n°22 – mai 2004, page 3.

Il est également possible de lire plus largement à ce sujet l’étude « Indices de la connaissance du Nouveau Testament chez les romanciers de l’Antiquité et autres auteurs païens du 1er siècle ap. J.-C » pubilée en dix parties, de cette même Ilaria RAMELLI dans Les Nouvelles de L’ASSOCIATION JEAN CARMIGNAC: 1ère partie: N°34 – juillet 2007, page 6 ; 2ème partie: N°35 – septembre 2007, page 3 ; 3ème partie: n°36 – novembre 2007, page 5 ; 4ème partie: n° 37 – mars 2008, page 4 ; 5ème partie: n° 38 – juin 2008, page 3 ; 6ème partie: n° 39 – août 2008, page 3, 7ème partie: n° 40 – décembre 2008, page 8 ; 8ème partie: n° 41 – mars 2009, page 5 ; 9ème partie: n° 42. – juin 2009, page 8 ; 10ème partie: n° 43 – septembre 2009, page 8.

La Basilique Saint Marc à Rome est-elle construite sur la maison de l’Evangéliste ?

Article de Marie-Christine CERUTI-CENDRIER dans Les Nouvelles de l’ASSOCIATION JEAN CARMIGNAC n°28 – décembre 2005 (pp. 9 à 11) :

La Basilique Saint Marc à Rome est-elle construite sur la maison de l’Evangéliste ?

C’est la question que, avec un maximum de déférence, je me suis permis de poser, il y a quelques années, à un ecclésiastique responsable de ce lieu de culte. Et je me vis répondre d’un ton très agressif que je n’avais qu’à m’adresser à la personne qui avait fait les fouilles dont le nom me fut donné mais pas l’adresse : Margherita Cecchelli. Je fus chassée séance tenante sans ménagements. Il est vrai que j’avais précisé que je faisais partie d’une association qui défendait l’historicité des Evangiles. Cet accueil provoqua mes réflexions : Comment le fait de poser une telle question pouvait-il provoquer tant de courroux ? A l’époque je m’occupais aussi de la tombe de saint Pierre sous la basilique du même nom (voir notre n° 7 juillet 2000) qui ne DEVAIT pas s’y trouver, du Saint Suaire qui ne DOIT pas être authentique (n° 8 novembre 2000) et comme toujours de bien d’autres choses qui n’ont pas le droit d’exister comme les écrits de l’abbé Carmignac, parce qu’elles soulignent l’authenticité de ce à quoi nous croyons, si bien que les raisons de cette colère m’apparurent bien probables et je décidai de ne pas abandonner l’affaire.

Le temps passa. L’année dernière Madame Smits, une amie membre de notre association, m’informa que la basilique avait un nouveau curé qu’elle connaissait et aimait beaucoup et elle me le présenta. L’accueil fut chaleureux. Il croyait bien, lui, que la maison où résida saint Marc s’était trouvée sous sa basilique. Il me parla même de quelque motif qui confirmait cette thèse, d’une certaine route… Quand je l’ai rappelé il y a quelques jours il n’osait plus y croire. Bien que personne officiellement n’ait nié que saint Marc ait habité sur les lieux, une énorme chape de silence désapprobateur sur ces « légendes » l’avait certainement condamné à la prudence.

Et pourtant…

Et pourtant, même s’il est impossible d’affirmer en toute sécurité que cette basilique ait été bâtie sur un emplacement aussi vénérable, il existe des indices, des indices dont la présence est indéniable.

Précisons tout d’abord que ce n’est pas d’une maison qui aurait appartenu à saint Marc qu’il s’agit mais de celle d’une famille romaine qui l’aurait accueilli et où il aurait écrit son Evangile. En effet une ancienne tradition que rapportait justement une affiche à la porte de l’église veut que saint Marc ait écrit « dans un oratoire aux abords du Capitole » : ce qui correspond à l’emplacement dont nous parlons. C’est cette même tradition que rapportait Jean Paul II dans l’homélie qu’il a prononcée dans cette église le 29 décembre 1985 : « Il m’est précieux de parler de vocation sacerdotale et religieuse, et de spiritualité familiale, dans cette chère basilique. En effet elle a le privilège d’une singulière tradition : ici, aux pieds du Capitole l’évangéliste Marc aurait habité, hôte d’une famille romaine, lui qui est venu à Rome d’abord avec saint Pierre, dont il était le disciple, et ensuite pour rejoindre Paul qui était prisonnier. « Prends Marc avec toi – est-il écrit dans la seconde lettre à Timothée – parce qu’il me sera utile pour le ministère » (II Tm 4, 11). Le même évangéliste aurait édifié ici une chapelle, transformée ensuite en basilique par le Pape saint Marc en 336. C’est l’évangéliste Marc, par conséquent, qui protège et inspire votre communauté paroissiale. »

Eusèbe de Césarée (265-340), in Histoire Ecclésiastique II,15 et VI,14, rapporte ce que disait Clément d’Alexandrie (150-211 ou 216) d’accord avec Papias (vers 130) : c’est sur la prière instante et même très insistante des premiers chrétiens de Rome que saint Marc a entrepris la rédaction de son Evangile.

« Les auditeurs de Pierre […] supplièrent Marc, dont l’Evangile nous est parvenu et qui était le compagnon de Pierre, de leur laisser un monument écrit de l’enseignement qui leur avait été transmis oralement. Et ils ne cessèrent pas tant qu’ils ne l’eurent pas décidé et ne furent ainsi devenus la cause de l’Evangile écrit qui porte le nom de Marc » (II 15). Au chapitre VI Clément ajoute d’après Eusèbe que « ayant composé son Evangile, il le donna à ceux qui le lui avaient demandé ».

Y aurait-il rien d’étonnant à ce qu’une de ces familles ait logé saint Marc pour qu’il accomplisse son précieux travail avec plus de facilité? De plus, nous sommes à deux pas de l’endroit où saint Paul a été emprisonné dans une maison privée et où il a reçu la visite des grands noms de l’Eglise naissante (voir l’article du Frère Maximilien-Marie dans notre n° 18). Il s’agissait certes de sa première captivité et c’est au cours de la seconde qu’il a demandé à Timothée de lui amener Marc (II Tm IV, 11). Mais puisque le propriétaire de la maison où se trouvait Paul lors de sa première captivité était devenu chrétien, il n’y aurait rien d’incongru à penser que dans le quartier était née une communauté de chrétiens fervents.

Mais voyons plutôt le compte-rendu [Margherita Cecchelli S. Marco a piazza Venezia : una basilica romana del periodo Costantiniano – Estratto – Atti di Convegni – 21 – Università di Macerata pubblicazioni della Facoltà di Lettere e Filosofia 67 – (Saint Marc place de Venise : une basilique romaine de l’époque de Constantin – Extrait – Actes de congrès – 21 – Université de Macerata, publications des Facultés de Lettres et Philosophie – 67 -)] rédigé par le Professeur Margherita Cecchelli à la suite des fouilles qu’elle a faites (entre 1988 et 1990) sous la partie sud de la Basilique, la plus proche du Capitole. Elle ne se prononce pas sur l’existence ou non de la maison habitée par l’évangéliste. Elle n’en souffle pas mot. La raison du nom de Saint Marc, explique-t-elle, est qu’à l’époque où fut bâtie la première basilique (au IVème siècle) il était d’usage de donner aux « créations cultuelles » érigées, le nom du pape qui les avait instituées. Or en 336, date présumée de la construction de cette basilique, le Pape s’appelait Marc. Monsieur Antonio Palummieri qui a bien voulu me seconder dans mes recherches sur cette église et qui m’a fourni le compte-rendu du Professeur Cecchelli, me faisait remarquer toutefois que certaines des églises de Rome ont changé plusieurs fois de nom à cause des circonstances les plus diverses. Celle-ci n’en a jamais changé même si plusieurs saints et martyrs y ont plus tard été enterrés. Et de même son emplacement a toujours été scrupuleusement gardé.

Quant au Pape Marc il n’a régné que huit mois, en 336, date présumée de la construction de cette basilique, puis il est mort et nous savons bien peu de choses de lui, sauf qu’il a été canonisé par la suite. Quoi qu’il en soit et quelles que soient les raisons qui lui ont fait porter ce nom, il ne serait pas extraordinaire qu’il ait eu une dévotion particulière pour son saint patron et ait donc tenu à faire construire une basilique sur les lieux où s’élevait autrefois la maison où il écrivit son Evangile. Il serait malgré tout pour le moins étonnant que ce saint Pape ait pu donner son propre nom à la basilique, comme le dit le rapport de l’archéologue.

Mais il y a d’autres indices. Le Professeur Cecchelli signale en passant que l’empereur Constantin (coresponsable de l’érection de la basilique du IVème siècle) avait « voulu fonder les deux basiliques de l’Ostiense et du Vatican, sur les tombes des apôtres Paul et Pierre ». Puisqu’il tenait à garder la mémoire des lieux – et cela n’a rien d’étonnant étant donné la mère qu’il a eue – serait-il surprenant qu’il ait voulu garder aussi celle d’un endroit aussi exceptionnel pour l’Evangile? Aurait-il, ce que ne nous dit pas notre spécialiste mais qui se trouve dans le Liber Pontificalis, contribué à la construction de l’église à cet emplacement en faisant don de « valeurs immobilières » : le fond Antonien, sis via Claudia, qui rapporte « triginta solidos », le fond Vaccano, sis via Appia, qui rapporte « solidos quadraginta et trenusios duos », le fond Orrea, sis via Ardeatina, qui « rend » « solidos quinquaginta quinque et tremisium unum », sans parler de dons mobiliers : une patène d’argent de 30 livres, deux agneaux d’argent de 20 livres, une coupe d’argent de 10 livres, trois calices d’argent pour le ministère d’un poids de 10 livres, une couronne d’argent de 10 livres, aurait-il fait tout cela s’il s’était agi d’une église quelconque ?

Au-dessus et à la place de la basilique du IVème siècle restaurations, embellissements et reconstructions se sont succédées, cherchant toujours à sauvegarder après les invasions et les inondations mais aussi à rendre toujours plus magnifique ce lieu de culte. Inversement sous la basilique du IVème siècle les travaux de P. Ferrua, Krautheimer et Corbett (fouilles de 1947-50) ont établi que « la basilique de Marc a été construite sur une série de murs plus anciens appartenant à un édifice romain qui présente des parties du IIème et IIIème siècle », et une mosaïque en blanc et noir qui ornait une villa romaine sous-jacente a été retrouvée. Elle représente « un beau vase d’où sortent et se répandent deux vignes luxuriantes mais la moitié a péri dans les travaux actuels » écrivait le Père Ferrua dans La Civiltà Cattolica du 4 septembre 1948. Ce symbole de Christianisme, discret – mais nous pourrions être en pleine période de persécutions – est-il dû au hasard ?

Certes la maison des amis de saint Marc, au Ier siècle, n’avait sans doute pas été construite pour traverser les millénaires, mais il y a tout lieu de penser que les constructions toujours plus riches et imposantes qui se sont succédées en se superposant révèlent que nous avons affaire à un lieu d’importance exceptionnelle puisque c’est une règle assez répandue de constater un tel phénomène dans ces cas là, qu’il s’agisse de commémorer des faits profanes ou religieux. Et puis la date du début des travaux énormes pour reconstruire splendidement Saint Marc, entrepris par Grégoire IV – même si celui-ci avait été, avant d’accéder au trône pontifical en 827, prêtre titulaire de l’église – est-ce une coïncidence si elle correspond justement à la date de la translation du corps de saint Marc à Venise en 828 ? Précisons pour ceux qui l’ignorent que deux marchands vénitiens, Bono da Malamocco et Rustico da Torcello, ont réussi à enlever – avec la complicité des prêtres Staurazius et Théodore qui en avaient la garde –, et à rapporter à Venise, le corps de saint Marc qui se trouvait à Alexandrie. En effet la ville était entièrement aux mains des Sarrasins et les malheureux ecclésiastiques craignaient avec la dévastation de leur église la profanation des reliques. C’était au mois de janvier de cette année là.

Mais il reste encore plus intrigant. Je veux parler de cette route que nous évoquions avec le nouveau curé de cette paroisse : une route dont la largeur a été rétrécie tout exprès en 336 pour laisser de la place à un mur bâti pour en consolider un autre préexistant qui a été intégré à cette époque à la basilique construite par le Pape Marc. Si celle-ci n’avait été qu’une église érigée en cet endroit par hasard parce qu’il y avait là de la place – mais justement il n’y en avait pas, ou pas assez… – cette route aurait-elle été rétrécie ? et surtout quel était ce mur qui a eu besoin d’être consolidé pour édifier ce « nouveau » lieu de culte ?

Aujourd’hui l’accès aux souterrains est interdit à qui que ce soit, et les fouilles commencées il y a dixsept ans sont arrêtées depuis 1992. Monsieur Palummieri me disait que les restes mis à jour entre 1947 et 1950 sont aujourd’hui dans un état de délabrement bien supérieur à ce qui a été découvert à l’époque. En fait les recherches pour savoir s’il reste quelque chose d’une maison romaine ou d’un oratoire du Ier siècle n’ont pas été faites. Tout a été interrompu – faute de crédits nous dit-on. Et nous nous retrouvons dans le même cas que celui de Santa Maria in via Lata (notre n° 18) : pourquoi ces crédits pour un lieu aussi essentiel à la culture chrétienne et donc à notre civilisation, viennent-ils à manquer ?

Le fragment retrouvé dans une des grottes de Qûmran

Mais l’argument le plus fort réside certainement dans les découvertes de Qûmran. En effet, en 1947 furent découvertes par hasard sur les bords de la Mer Morte des grottes qui avaient été scellées en 68, au moment ou la Judée était attaquée par les romains. Dans ces grottes, furent retrouvés plus de 900 manuscrits juifs, de l’Ancien Testament et autres. Mais parmi les documents retrouvés, il en est un d’une importance particulière: un fragment de manuscrit enregistré sous le nom de « 7Q5 ». Ce fragment qui n’avait suscité que peu d’intérêt au départ fut étudié en 1972 par le jésuite espagnol José O’CALLAGHAN, papyrologue et professeur de papyrologie grecque à l’Institut biblique pontifical à Rome. Ce dernier cherchait encore à superposer les fragments non-identifiés à des passages de la version grecque de l’Ancien Testament comme ses prédécesseurs dans l’affaire, mais en vain. Il chercha alors s’il n’était pas possible de les faire coïncider avec des textes du Nouveau Testament. Hypothèse improbable, mais qui donna lieu à d’étonnantes découvertes.

À cause de l’exceptionnelle rencontre des lettres NNHC que contient le fragment 7Q5, seuls trois passages du Nouveau Testament pouvaient convenir  : Mt XIV, 34; Mc VI, 53; Lc V,1. Quelle ne fut pas sa surprise de constater qu’en Mc VI, 52-53, toutes les autres lettres du 7Q5, réparties en cinq lignes, se superposaient à des lettres identiques à ces deux versets disposés en cinq lignes, selon les règles des scribes de l’époque.

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Fragment de Marc retrouvé

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Suite à cette découverte, il fut découvert d’autres documents de la grotte 7 appartenant au Nouveau Testament. En effet, mis à part le 7Q1 et le 7Q2 qui appartiennent à l’Ancien Testament, et le 7Q3 et le 7Q19 qui résistent à toutes les tentatives d’identification, ainsi que les fragments n° 11 à 14, 16 à 18 illisibles car n’étant constitués que d’une, deux ou trois lettres, le Père O’CALLAGHAN a identifié les autres fragments  : ils appartiennent tous au Nouveau Testament  !

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Le lecteur se demande certainement pourquoi nous parlons de cela ici. La réponse est toute simple: ce fragment fut retrouvé dans une jarre portant l’inscription « Rome » en alphabet hébreu !

Haut de la jarre

Haut de la jarre

Gros plan sur le mot « Rome » en caractères hébraïques

Gros plan sur le mot « Rome » en caractères hébraïques

 

 

 

 

 

 

Le 7Q5 appartenait à un rouleau complet du second Évangile, œuvre de Jean-Marc, le fidèle disciple de Pierre à Rome, donc sous le contrôle des témoins oculaires, et de là propagée dans toutes les communautés dispersées à travers l’Empire pour la lecture liturgique.

Par ailleurs, la datation scientifique de ce morceau de parchemin recoupe une nouvelle fois la Tradition catholique rapportant non seulement sa rédaction à Rome, mais encore en l’an 44. C’est une datation qui fut retrouvé dans un manuscrit dans un monastère du Mont Sinaï. Cette datation était déjà connue un siècle plus tôt et ne devait sûrement pas sortir de nulle part… Ce précieux manuscrit dont la copie daterait « de l’an 50 au plus tard » selon l’avis du papyrologue Carsten Peter THIEDE, était conservé par la communauté chrétienne de Qumrân dans une amphore marquée par le bibliothécaire du nom de l’Église de “ Rome ”, de qui on l’avait reçu.

« En 1962, soit sept ans après sa découverte, ce manuscrit a été édité avec d’autres papyrus de même origine, sans avoir été identifié. Cette publication fut accompagnée d’une datation établie sur les conseils de l’expert C.H. Roberts (éditeurs du papyrus 52 de saint Jean à Manchester) sur des critères paléographiques et sans le moindre parti pris puisque le fragment n’était pas encore identifié. C.H. Roberts situait le papyrus entre 50 avant et 50 après Jésus-Christ. La datation paléographique des manuscrits datés. Le style d’écriture du 7Q5, qualifié par C.H. Roberts de Zierstil ou « style décoratif », a disparu dans les années 50 de notre ère. » (Savoir et Servir n° 68, La Bible : Vrai ou Faux ?, éditions du MJCF, p. 49)

Une datation encore plus précise, sans autre preuve mais que nous avons tout lieu de croire au vu de ce que nous savons par ailleurs, place la rédaction de cet Evangile en l’an 44 (« XIè année après l’Ascension de Notre Seigneur Jésus-Christ« ). Cette tradition nous est connue par deux documents des Xè et XIè siècles retrouvés au monastère Sainte-Catherine du Sinaï. Le Professeur ZANINOTTO put dire que ces dates étaient déjà connues au IXè siècle. Ces dates aussi précises n’ont sûrement pas été inventées. De plus, une trace aussi tardive d’une tradition, validée par la science moderne ne peut que porter à croire que ces dates sont vraies et qu’elles ont été transmises au fil dessiècles. Vous trouverez ci-dessous les photographies des passages de ces documents, recopiés par le Professeur GARRIT :

« Cette découverte ne pouvait que susciter des critiques auxquelles J. O’Callaghan a répondu point par point [« Note sur les fragments grecs de la grotte 7 de Qumran », Revue biblique, n° 79, 1972, p. 321-324]. Ses travaux se trouvèrent d’ailleurs justifiés par deux publications américaines postérieures [Estrada W. White, The First New Testament, Nashville 1978, et W.N. Pickering The Identity of the New Testament Text, Nashville/ New York 1980, pp. 155-158 et 233-234], mais qui ne ranimèrent pourtant pas le débat. Finalement, le papyrologue C.P Thiede, directeur de l’Institut de recherche épistémologique fondamentale de Paderborn, a réexaminé le problème, repris tous les articles parus depuis 1972, s’est rendu au musée John Rockefeller de Jérusalem et a publié ses conclusions dans un livre en 1986 [C.P. Thiede, Die ältestes Evangelien-Handschrift, das Markus-Fragment von Qumran Arfänge der schrifilichen Überlieferung des Neuen Testaments, Wuppertal 1986, 1990], réédité et complété en 1992 après deux visites visites au musée Rockefeller [C.P. Thiede, Qumrân et les Évangiles — les manuscrits de la grotte 7 et la naissance du Nouveau-Testament, FX. de Guibert, Paris, 1994]. Parce que le 7Q5 donne la soudure entre deux récits évangéliques, il apporte La preuve que l’évangile de Marc était déjà entièrement constitué dans sa forme définitive au milieu du premier siècle chrétien. C.P. Thiede peut conclure :  » Ainsi, non seulement toutes les positives de l’exactitude de l’identification ont été apporté, mais en plus toutes les objections possibles ont été éliminées. Sur bases des règles paléographigue et des critigues textuelles, il est certain que 7Q5 et Marc 4, 52-53, plus ancien fragment du Nouveau Testament, écrit vers l’an 50 et certainement avant 68. Et que le passage en tamt que tel ne provient pas d’un recueil antérieur à Marc mais préssupose un évangile déjà complètement terminé. » (Savoir et Servir n° 68, La Bible : Vrai ou Faux ?, éditions du MJCF, p. 51) Orsolina MONTEVECCHI, présidente honoraire des papyrologues mondiaux, valida elle aussi l’identification du 7Q5 à Marc 4, 52-53. Nous renvoyons les lecteurs à tous ces ouvrages.

Nous pouvons par ailleurs noter que ceux qui contestent l’authenticité du 7Q5 ne sont pratiquement jamais papyrologues ; les papyrologues quant à eux, sachant de quoi ils parlent, disent pratiquement tous que ce fragment est authentique. A un bien moindre niveau, nous suggérons de lire les articles des Nouvelles de L’ASSOCIATION JEAN CARMIGNAC suivants:

– « « La Guerre contre Jésus », le nouveau livre d’Antonio Socci (extrait relatif au 7Q5) » (n° 51 – septembre 2011, page 7)

– « Un acquis : l’attribution du 7Q5 à L’Evangéliste saint Marc, par Christian Fayat » (même numéro, page 9)

– « Historicité des Evangiles : la preuve par le 7Q5 » par Christian FAYAT (n° 52 – décembre 2011, page 3)

Autres indices bibliques

Il est indubitable que l’Évangile selon saint Marc fut rédigé sous la dépendance de saint Pierre. Il faut donc que cela se fit à un moment et en un endroit où les deux se trouvaient au même endroit. Les auteurs antiques nous rapporte que cela se fit à Rome, cette affirmation est confirmé par la Ière Épître de Pierre où ce dernier nous informe qu’il est avec Marc à « Babylone », c’est-à-dire Rome.

Il est également à noter que le nom même de « Marc » est à tout le moins un très fort indice de l’origine romaine de son Evangile. En effet, le prénom de l’évangéliste est Jean et il est fils d’une Marie, c’était donc un Hébreux, et Marc n’est que son surnom: « Après un temps de réflexion, il se rendit la maison de Marie, la mère de Jean, surnommé Marc, où une assez nombreuse assemblée était en prière. » (Actes XII, 12). Or, Marc est un nom latin (Marcus) qui vient de Mars, dieu de la guerre et de la fertilité des cultures. Le prénom Marc a été très présent durant les premiers siècles de notre ère, chez les chrétiens comme chez les païens. Cela veut donc dire que l’évangéliste eut d’importants contacts avec le moitié Ouest de l’empire (où se trouve Rome) où on parlait latin, contrairement à la moitié Est où on parlait grec. Ajoutez à cela le simple bon sens qui veut que les voyages apostoliques avaient pour destinations les plus grandes villes, pour toucher le plus grand nombre d’âmes et que la plus grande ville de langue latine était Rome, ainsi que toute la Tradition chrétienne et la plus antique qui fait aller Marc à Rome et y rédiger son Evangile pour Pierre… et cela nous donne une preuve de plus !

Enfin, lorsque saint Paul écrit sa IIème Epitre à Timothée depuis sa prison romaine, vers 65, juste avant qu’il ne meurt (vers la même époque que saint Pierre), il lui demande de venir le voir avec Marc: « Prends Marc et amène-le avec toi, car il m’est d’un grand secours pour le ministère. » (II Timothée IV, 11). Pourquoi Marc plus qu’un autre lui aurait-il été « d’un grand secours pour le ministère » ? Surtout lorsqu’on sait que ce même Paul refusa la proposition de Barnabé de prendre Marc avec lui lors d’un de ses voyages et que ce dissentiment causa leur séparation (Actes XV, 37-39). Son lien historique avec l’Eglise de Rome pourrait être une explication de cette demande surprenante.

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4 commentaires sur “L’Evangile selon saint Marc fut écrit à Rome

  1. Pingback: Démonstration de la primauté de Pierre et de la Papauté | +†+Yesus Kristus azu+†+

  2. Pingback: Saint Pierre a-t-il écrit sa Ière Épître de Babylone ou Rome ? | +†+Yesus Kristus azu+†+

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