+†+Yesus Kristus azu+†+

« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

Prenez garde aux erreurs qui prennent le masque de la vérité !

Il arrive souvent que ceux qui veulent détourner les catholiques de la vérité masquent leurs erreurs sous des airs de vérités, et même qu’ils usent consciemment ou non de détournement de vérités pour induire en erreur. Aussi, ne pouvant amener les âmes à l’erreur sans leur faire professer des erreurs, ils sont obligés de se contredire en disant ici une vérité pour attirer les catholiques, et là une erreur, pour leur donner une matière fausse à croire. Cette technique est aussi vielle que l’hérésie, le Pape saint Célestin Ier, au début du Vè siècle, qui eut à combattre l’hérésie de Nestorius, le disait déjà. Plus tard au temps du Pape Pie VI, les mêmes subterfuges furent utilisés. Enfin, plus récemment, les partisans de la forme la plus dégénérées du libéralisme, les modernistes, usèrent encore de la même technique, comme le dénonça saint Pie X. Il faut donc se méfier des loups déguisés en agneaux, et nous laissons la parole aux Papes pour vous décrire la chose bien mieux que nous ne le ferions nous-mêmes !

En condamnant les erreurs du Concile de Pistoie, le Pape Pie VI nous dit de traquer les erreurs cachées sous une fausse couverture de vérité :

« Ils [les Papes ses prédécesseurs et les Conciles Généraux] connaissaient l’artifice insidieux que mettent en œuvre les Novateurs pour réussir à tromper : ces perfides, pour ne pas choquer les oreilles Catholiques, s’appliquent le plus souvent à couvrir, sous une enveloppe trompeuse de paroles, les pièges qu’ils tendent, afin qu’à l’aide des divers sens dont elles sont susceptibles, l’erreur cachée s’insinue plus doucement dans les esprits, et qu’une doctrine vraie en elle-même étant corrompue par une addition légère en apparence, ou par un changement inaperçu des confessions de foi qui devaient opérer le salut conduisent à la mort d’une manière, pour ainsi dire, insensible. Or cette manière trompeuse de s’exprimer en termes équivoques, qui est un vice dans toute espèce de discours, est surtout intolérable dans un Synode dont le principal mérite est d’employer, en enseignant, une façon de parler si claire, qu’elle ne laisse aucun danger de s’y méprendre. Si donc, on vient à pécher ici en ce point, on ne peut pas, pour se justifier, recourir frauduleusement à cette excuse qu’on a coutume d’apporter, à savoir, que les passages trop durs qui sont échappés se trouvent expliqués dans un meilleur sens, ou même corrigés en d’autres endroits : comme si cette liberté effrontée que l’on se donne de dire tour à tour le oui ou le non, ou même de se contredire, quand on le juge expédient à sa cause (méthode qui fut toujours la ressource astucieuse et trompeuse des Novateurs pour insinuer l’erreur), n’accusait pas l’intention de tromper, bien plutôt qu’elle n’en justifiait ; comme si les gens simples surtout qui tomberont sur tel ou tel endroit du Synode exposé aux yeux de tous en langue vulgaire, avaient toujours présents les autres passages disséminés auxquels il faudrait aussi faire attention ; ou comme si, même en tenant compte de ces autres passages, chacun était capable de les expliquer les uns par les autres, de manière à ne courir aucun danger d’erreurs, ainsi que le prétendent vainement ces mêmes Novateurs ! Artifice souverainement funeste, sans nul doute, pour insinuer l’erreur. Célestin, notre Prédécesseur, l’avait autrefois découvert, par sa pénétration, dans les lettres de Nestorius, Évêque de Constantinople, et en avait fait l’objet du reproche le plus sévère : car ce grand pontife poursuit le fourbe dans ses faux-fuyants, l’atteint et le saisit, découvre son venin dans ce flux de paroles, où enveloppant des vérités dans des choses obscures, puis mêlant ensuite les unes avec les autres, il se réservait de pouvoir confesser ce qu’il avait nié, ou nier ce qu’il venait de confesser. Pour prévenir ces artifices trop souvent renouvelés dans tous les âges, la voie la plus sûre qu’on a trouvée a été que, pour éclaircir les propositions où, sous l’enveloppe de l’ambiguité, les Novateurs cachent cette diversité dangereuse et suspecte de sens, on notât le sens pervers qui renfermait l’erreur et qui était opposé au sens Catholique.

Nous avons embrassé d’autant plus volontiers cette méthode pleine de modération, que nous avons reconnu qu’elle nous offrait un secours plus puissant pour réconcilier les esprits et les ramener à l’unité de sentiment dans le lien de la paix : ce qu’à notre grande satisfaction, nous avons vu déjà s’effectuer heureusement dans plusieurs, par la grâce de Dieu. Nous avons donc pensé que notre premier soin devait être d’ôter à ceux qui auraient encore l’obstination de s’attacher aux doctrines du Synode, si, ce qu’à Dieu ne plaise, il en restait encore, tout subterfuge dont ils pourraient se prévaloir désormais, pour exciter de nouveaux troubles, en prétextant qu’ils étaient unis avec des Écoles Catholiques, et que la juste condamnation dont on les a frappés, tombe sur ces Écoles elles-mêmes, puisqu’elles partageaient leurs sentiments : il n’est pas, en effet, d’efforts qu’ils ne fassent pour les représenter comme leur étant associées d’opinions et de pensées, malgré la résistance et l’opposition qu’elles manifestent. Ils font, pour cela, violence des expressions qui ont, dans ces écoles, un sens tout contraire, pour leur donner une certaine ressemblance autant qu’elles paraissent pouvoir s’y prêter, avec les sentiments qu’ils ont adoptés eux- mêmes. En second lieu, si quelques-uns sont encore trompés par des préventions trop favorables, à l’égard du Synode, par suite d’une opinion imprudemment adoptée, nous leur ôtons tout motif légitime de se plaindre : car s’ils ont des sentiments orthodoxes, comme ils prétendent, sans doute, le faire croire, ils ne pourront voir avec peine que l’on ait condamné des doctrines qui, dans le sens de la censure, renferment ostensiblement les erreurs qu’elles énoncent, et dont ils font profession d’être bien éloignés. » (Bulle Auctorem Fidei, 28 août 1794 – Condamnation des erreurs du concile de Pistoie)

Concernant une hérésie actuelle, le modernisme, auquel nous sommes tous confrontés, saint Pie X nous dit :

« 2. Ce qui exige surtout que Nous parlions sans délai, c’est que, les artisans d’erreurs, il n’y a pas à les chercher aujourd’hui parmi les ennemis déclarés. Ils se cachent et c’est un sujet d’appréhension et d’angoisse très vives, dans le sein même et au coeur de l’Eglise, ennemis d’autant plus redoutables qu’ils le sont moins ouvertement. Nous parlons, Vénérables Frères, d’un grand nombre de catholiques laïques, et, ce qui est encore plus à déplorer, de prêtres, qui, sous couleur d’amour de l’Eglise, absolument courts de philosophie et de théologie sérieuses, imprégnés au contraire jusqu’aux moelles d’un venin d’erreur puisé chez les adversaires de la foi catholique, se posent, au mépris de toute modestie, comme rénovateurs de l’Eglise; qui, en phalanges serrées, donnent audacieusement l’assaut à tout ce qu’il y a de plus sacré dans l’oeuvre de Jésus-Christ, sans respecter sa propre personne, qu’ils abaissent, par une témérité sacrilège, jusqu’à la simple et pure humanité.

3. Ces hommes-là peuvent s’étonner que Nous les rangions parmi les ennemis de l’Eglise. Nul ne s’en étonnera avec quelque fondement qui, mettant leurs intentions à part, dont le jugement est réservé à Dieu, voudra bien examiner leurs doctrines, et, conséquemment à celles-ci, leur manière de parler et d’agir.

Ennemis de l’Eglise, certes ils le sont, et à dire qu’elle n’en a pas de pires on ne s’écarte pas du vrai. Ce n’est pas du dehors, en effet, on l’a déjà noté, c’est du dedans qu’ils trament sa ruine; le danger est aujourd’hui presque aux entrailles mêmes et aux veines de l’Eglise; leurs coups sont d’autant plus sûrs qu’ils savent mieux où la frapper. Ajoutez que ce n’est point aux rameaux ou aux rejetons qu’ils ont mis la cognée, mais à la racine même, c’est-à-dire à la foi et à ses fibres les plus profondes. Puis, cette racine d’immortelle vie une fois tranchée, ils se donnent la tâche de faire circuler le virus par tout l’arbre: nulle partie de la foi catholique qui reste à l’abri de leur main, nulle qu’ils ne fassent tout pour corrompre. Et tandis qu’ils poursuivent par mille chemins leur dessein néfaste, rien de si insidieux, de si perfide que leur tactique: amalgamant en eux le rationaliste et le catholique, ils le font avec un tel raffinement d’habileté qu’ils abusent facilement les esprits mal avertis. D’ailleurs, consommés en témérité, il n’est sorte de conséquences qui les fasse reculer, ou plutôt qu’ils ne soutiennent hautement et opiniâtrement.

Avec cela, et chose très propre à donner le change, une vie toute d’activité, une assiduité et une ardeur singulières à tous les genres d’études, des moeurs recommandables d’ordinaire pour leur sévérité. Enfin, et ceci parait ôter tout espoir de remède, leurs doctrines leur ont tellement perverti l’âme qu’ils en sont devenus contempteurs de toute autorité, impatients de tout frein : prenant assiette sur une conscience faussée, ils font tout pour qu’on attribue au pur zèle de la vérité ce qui est oeuvre uniquement d’opiniâtreté et d’orgueil. Certes, Nous avions espéré qu’ils se raviseraient quelque jour : et, pour cela, Nous avions usé avec eux d’abord de douceur, comme avec des fils, puis de sévérité : enfin, et bien à contrecoeur, de réprimandes publiques. Vous n’ignorez pas, Vénérables Frères, la stérilité de Nos efforts; ils courbent un moment la tête, pour la relever aussitôt plus orgueilleuse. Ah! s’il n’était question que d’eux, Nous pourrions peut-être dissimuler; mais c’est la religion catholique, sa sécurité qui sont en jeu. Trêve donc au silence, qui désormais serait un crime! Il est temps de lever le masque à ces hommes-là et de les montrer à l’Église universelle tels qu’ils sont.

4. Et comme une tactique des modernistes (ainsi les appelle-t-on communément et avec beaucoup de raison), tactique en vérité fort insidieuse, est de ne jamais exposer leurs doctrines méthodiquement et dans leur ensemble, mais de les fragmenter en quelque sorte et de les éparpiller çà et là, ce qui prête à les faire juger ondoyants et indécis, quand leurs idées, au contraire, sont parfaitement arrêtées et consistantes, il importe ici et avant tout de présenter ces mêmes doctrines sous une seule vue, et de montrer le lien logique qui les rattache entre elles. Nous Nous réservons d’indiquer ensuite les causes des erreurs et de prescrire les remèdes propres à retrancher le mal. […]

20. Ce  qui jettera plus de jour encore sur ces doctrines des modernistes, c’est leur conduite, qui y est pleinement conséquente. À les entendre, à les lire, on serait tenté de croire qu’ils tombent en contradiction avec eux-mêmes, qu’ils sont oscillants et incertains. Loin de là : tout est pesé, tout est voulu chez eux, mais à la lumière de ce principe que la foi et la science sont l’une à l’autre étrangères. Telle page de leur ouvrage pourrait être signée par un catholique: tournez la page, vous croyez lire un rationaliste. » (Encyclique Pascendi Dominici Gregis du 8 septembre 1907 – Sur les erreurs du modernisme, n°2 à 4 et 20)

Puis le même saint Pie X , bien qu’il ait appelé à la charité envers les personnes, détruisit leur doctrine dans cette même encyclique, puis multiplia les excommunications et dépositions de modernistes pour le bien du troupeau. 

Saint Pie X va même jusqu’à viser une attitude de bienveillance pratique envers les modernistes de la part de gens qui ne le sont pas :

« Ce qui est fort étrange, c’est que des catholiques, c’est que des prêtres, dont Nous aimons à penser que de telles monstruosités leur font horreur, se comportent néanmoins, dans la pratique, comme s’ils les approuvaient pleinement: c’est que des catholiques, des prêtres, décernent de telles louanges, rendent de tels hommages aux coryphées de l’erreur, qu’ils prêtent à penser que ce qu’ils veulent honorer par là, c’est moins les hommes eux-mêmes, non indignes peut-être de toute considération, que les erreurs par eux ouvertement professées et dont ils se sont faits les champions. » (n° 16)

Plus bas dans l’encyclique, saint Pie X dit comment il faut traiter non seulement les modernistes, mais encore ceux qui les défendent pour de faux motifs, furent-ils de bonne foi, tellement le danger est mortel :

« On devra avoir ces prescriptions, et celles de Notre Prédécesseur et les Nôtres, sous les yeux, chaque fois que l’on traitera du choix des directeurs et professeurs pour les Séminaires et les Universités catholiques. Qui, d’une manière ou d’une autre, se montre imbu de modernisme sera exclu, sans merci, de la charge de directeur ou de professeur; l’occupant déjà, il en sera retiré; de même, qui favorise le modernisme, soit en vantant les modernistes ou en excusant leur conduite coupable, soit en critiquant la scolastique, les saints Pères, le magistère de l’Eglise, soit en refusant obéissance à l’autorité ecclésiastique, quel qu’en soit le dépositaire; de même qui, en histoire, en archéologie, en exégèse biblique, trahit l’amour de la nouveauté; de même enfin, qui néglige les sciences sacrées ou paraît leur préférer les profanes. Dans toute cette question des études, Vénérables Frères, vous n’apporterez jamais trop de vigilance ni de constance, surtout dans le choix des professeurs: car, d’ordinaire, c’est sur le modèle des maîtres que se forment les élèves. Forts de la conscience de votre devoir, agissez en tout ceci prudemment, mais fortement. » (n° 66)

2 commentaires sur “Prenez garde aux erreurs qui prennent le masque de la vérité !

  1. Samuel
    16 février 2021

    Merci pour ce post

  2. Carlito
    17 février 2021

    Merci pour ce travail, hélas je vois que le modernisme est toujours en bonne odeur de « sainteté » dans notre Eglise d’aujourd’hui et qu’elle en a même pénétré jusqu’au haute instance de toute la hiérarchie du Pape jusqu’au plus simple laïc !

    Mais apparemment, cela ne date pas d’aujourd’hui. En faite, c’est l’esprit mondain contre le Saint-Esprit ! La chair contre la divinité etc ….. c’est un manque de soumission à la Sagesse Eternelle qui est la source et le moteur de tous ces dérèglements …. et bien sûr le diable est là pour y insufflé tout cela !

    Mais la Sainte Vierge Marie est là pour lui écrasé son orgueil démesuré !

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Cette entrée a été publiée le 16 février 2021 par dans Foi Catholique.
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