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« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

La « Prophétie des Papes » de « saint Malachie » : un faux document

On entend de de manière récurrente des théories de fin du monde s’appuyant sur la Prophétie des Papes attribuée  à saint Malachie, dressant une liste des Papes jusqu’à la fin du monde, cette liste prenant fin avec François. Pour contribuer à la cessation de ce genre de théories fausses, voici les preuves que cette Prophétie est un faux, malgré l’acceptation qu’en firent plusieurs catholiques illustres, sans aucun doute par méconnaissance de l’affaire.

Voici le plan de notre étude :

I) Présentation du document

A) Qui est saint Malachie ?

B) Qu’est-ce qu’un « prophète » ?

C) Qu’est-ce que la Prophétie des Papes ?

D) Comment La Prophétie des Papes est-elle venue à notre connaissance ?

II) Pourquoi cette « prophétie » est-elle un faux ?

A) Personne n’en parle avant le XVIè siècle

B) Le nombre des prophéties : il y en a trop ou pas assez

C) Les prophéties changent « comme par hasard » complétement de type entre avant et après la date de découverte du texte

1) Des devises d’abord claires et précises puis vagues et floues

2) Une hypothèse sur l’origine du texte : le soutien au Cardinal Girolamo SIMONCELLI

D) Des correspondances non-significatives

E) Les « prophéties » contiennent des erreurs

1) Erreurs au sujet de Jean XXII et Eugène IV

2) Ces erreurs sont… une copie !

3) Certaines devises ne fonctionnent pas

F) Des relents de sciences démoniaques

G) Il est impossible que la fin du monde soit proche : il manque la réalisation de plusieurs prophéties bibliques !

III) Réfutations de deux légendes connexes

A) La Prophétie parle-t-elle d’un « Pape noir » qui serait un jésuite ?

1) Une possible 112è devise : « Caput nigrum : La tête noire »

2) Pourquoi cette devise est-elle inapplicable à François ?

3) Nostradamus est-il le faussaire ?

B) Une prophétie « confirmée » par les médaillons des Papes dans la basilique de Saint-Paul-hors-les-Murs ?

IV) Conclusion

I) Présentation du document

A) Qui est saint Malachie ?

La Prophétie des Papes est attribuée à saint Malachie d’Armagh (1094-1148), un Evêque irlandais, et non au prophète Malachie de l’Ancien Testament.

On le confond souvent avec Nostradamus. C’est sans doute dans la plupart des cas en raison du fait qu’ils sont tous les deux connus comme prophètes. Mais les deux personnages n’ont rien à voir. Toutefois, il est possible que le véritable auteur de cette Prophétie soit Nostradamus ayant pris un pseudonyme. Nous y reviendrons plus bas.

B) Qu’est-ce qu’un « prophète » ?

Le charisme de prophétie, tel qu’il existe par exemple dans l’Ecriture Sainte, peut consister en la prédiction d’événements futurs, mais d’une part pas forcément (il y a des prophètes qui ne prédisent pas l’avenir) et d’autre part pas seulement, car il s’agit aussi d’infailliblement déclarer la Révélation (soit en disant des vérités nouvelles, soit en interprétant authentiquement les vérités déjà révélées telle l’infaillibilité de l’Eglise enseignante aujourd’hui), dire des choses cachées et donner des ordre de la part de Dieu.

Aujourd’hui on réduit le charisme de prophétie à la seule prédiction des événements futurs, et c’est dans ce sens là qu’on parle de saint Malachie.

C) Qu’est-ce que la Prophétie des Papes ?

Il s’agit d’une liste de 111 ou 112 (selon les versions) devises, censées correspondre aux 111 ou 112 Papes depuis Célestin II (1143–1144), jusqu’au dernier, à la fin du monde.

D) Comment La Prophétie des Papes est-elle venue à notre connaissance ?

Le moine bénédictin Arnold Wion (se prononce « vion ») prétend avoir découvert en 1590 une prophétie, qu’il attribue à saint Malachie, censée désigner les prochains souverains pontifes. Il l’apporte aux cardinaux lors du conclave d’octobre 1590 et la fait publier pour la première fois en 1595 dans un document de cinq pages. Il fait publier en 1595 un volumineux ouvrage, intitulé Lignum vitæ, Ornamentum et decus Ecclesiæ, dont un des passages, dénommé Prophetia S. Malachiæ, Archiepiscopi, de Summis Pontificibus, constitue la prophétie des papes. Au XVIe siècle, ce passage du texte a été soumis aux commentaires du dominicain Alphonse CIACONI, spécialiste de la vie des papes et de l’héraldique ecclésiastique. Il s’essaie le premier à opérer des rapprochements entre devises de la prophétie et certains éléments concernant les papes, comme leurs noms de famille, leurs armoiries ou leurs lieux de naissance et bien d’autres types de références.

II) Pourquoi cette « prophétie » est-elle un faux ?

A) Personne n’en parle avant le XVIè siècle

Ange Manrique, contemporain de saint Malachie, ne mentionne aucune prophétie dans les papiers de l’évêque irlandais qu’il a eus en sa possession après la mort de ce dernier à l’abbaye de Clairvaux en 1148. Saint Bernard de Clairvaux, contemporain et ami de saint Malachie, a publié la biographie de ce dernier peu de temps après sa mort, sans jamais évoquer les prétendues prophéties qu’il aurait écrites. Pierre le Vénérable (considéré comme un saint à l’intérieur de l’ordre clunisien, mais il ne fut jamais canonisé) et Jean de Salisbury, également contemporains de saint Malachie, ont travaillé sur son œuvre et n’évoquent pas davantage de prophétie. Personne n’en a entendu parler pendant les quatre siècles et demi qui séparent la vie du vrai saint Malachie, de leur parution au XVIè siècle.

B) Le nombre des prophéties : il y en a trop ou pas assez

Les devises tiennent compte de certains antipapes mais pas de tous, tandis ce qu’elles devraient tenir compte de tous ou d’aucun, mais pas de certains et non d’autres.

C) Les prophéties changent « comme par hasard » complétement de type entre avant et après la date de découverte du texte

1) Des devises d’abord claires et précises puis vagues et floues

Les devises changent « comme par hasard » complétement de type entre les Papes d’avant et d’après sa parution officielle au XVIè siècle ! Les devises avant 1590 sont des jeux de mots précis sur le nom, l’origine ou les armes des papes, celles d’après 1590 ne sont que des évocations du type de règne que les Papes vont mener (Biographie universelle ou Dictionnaire historique, Furne et cie, 1841, p. 635). D’ailleurs, la plupart des devises postérieurs à 1590 demeurent parfaitement sibyllines et interchangeables, pouvant ainsi, sans guère de difficultés, s’appliquer à de nombreux Papes. Par exemple : pratiquement toutes les devises de Grégoire XVI à Pie XII sont interchangeables !

2) Une hypothèse sur l’origine du texte : le soutien au Cardinal Girolamo SIMONCELLI

Dès le XVIIe siècle, le théologien Louis MORERI et l’historien jésuite Claude-François MENESTRIER, ont émis l’hypothèse que le texte de Wion a été conçu lors du Conclave d’octobre 1590 pour l’influencer au profit du cardinal Girolamo SIMONCELLI. En effet, la devise décrivant le successeur d’Urbain VII est Ex antiquitate Urbis (de la vieille ville), et SIMONCELLI était d’Orvieto, en latin : Urbevetanum, vieille ville (Père Claude-François MENESTRIER, La Chimère des prétendues prophéties de Saint Malachie, Paris, 1689, p. 8). Si cette thèse est vraie, il faut aussi constater que la manoeuvre a échoué puisque ce Cardinal ne fut jamais élu Pape.

Aussi nous voyons les devises se diviser en deux catégories avec une césure incertaine : 1) elles sont d’abord claires et précises jusqu’à Urbain VII ; 2) la devise de son successeur étant « Ex antiquitate Urbis (de la vieille ville) », elle peut s’appliquer au Pape qui fut élu, à savoir Grégoire XIV qui était originaire de Milan, qui est une ville ancienne, mais elle pourrait encore mieux s’appliquer au Cardinal SIMONCELLI, originaire, comme nous l’avons dit, d’Orvieto, en latin : Urbevetanum, vieille ville ; 3) puis nous avons une liste tout à fait différente, composée de devises vagues et floues, offrant prise à de multiples interprétations.

D) Des correspondances non-significatives

Lorsqu’on considère tous les types les références à la réalité (souvent tirées par les cheveux d’ailleurs, chacun pourra le constater : https://fr.wikipedia.org/wiki/Proph%C3%A9tie_de_saint_Malachie#Devises_appliqu%C3%A9es_%C3%A0_des_pontificats_post%C3%A9rieurs_%C3%A0_la_proph%C3%A9tie) qui sont invoqués pour faire coller à la prophétie, et donc que chacun de ces types pourrait être utilisé pour chacun des Papes, on réalise facilement que celui veut trouver une correspondance dans un référentiel aussi large, y arrivera presque à coup sûr (surtout s’il peut se permettre d’élargir à l’envi le référentiel et de tirer la référence par les cheveux).

E) Les « prophéties » contiennent des erreurs

1) Erreurs au sujet de Jean XXII et Eugène IV

Les devises se trompent pour Jean XXII et Eugène IV. Mais « le meilleur » est qu’elles ne se trompent pas n’importe comment : elles se trompent en reprenant les mêmes erreurs qu’un historien du XVIè siècle ! En effet, la devise de Jean XXII est « Du cordonnier d’Os », ce que le Lignum vitæ fait correspondre à la réalité en disant que Jean XXII était « Un Français, de la famille Ossa, fils d’un cordonnier ». De même, la devise d’Eugène IV est « La louve célestine », ce que le Lignum vitæ fait correspondre à « Un Vénitien, ancien chanoine des Célestins, évêque de Sienne ». Premier manque de chance : Jean XXII était fils de banquier et non de cordonnier, et Eugène IV était un moine Augustin et non Célestin !

A cette « prophétie » s’applique donc cette sentence de l’Ecriture Sainte :

« Quand le prophète aura parlé au nom de Yahweh, si ce qu’il a dit n’arrive pas et ne se réalise pas, c’est là la parole que Yahweh n’a pas dite ; c’est par l’orgueil que le prophète l’a dite : tu n’auras pas peur de lui. » (Deutéronome XVIII, 22)

2) Ces erreurs sont… une copie !

Deuxième manque de chance : ces erreurs se trouvent déjà dans les Notices des Papes publiées en 1557 par Onofrio PANVINIO ! Le faussaire a donc écrit postérieurement à 1557 en copiant cet historien, et en reproduisant les erreurs. Cela suffirait déjà à discréditer tout le document.

Certains pourraient objecter qu’Onofrio PANVINIO a eu entre les mains la Prophétie des Papes qui lui aurait été antérieur et que c’est lui qui aurait copié dessus. La vérité est que même à admettre cette thèses pour le moins osée, cela importe peu car la preuve qu’on tire de cette ressemblance avec Onofrio PANVINIO n’est que secondaire, et le problème n’est pas tant que la Prophétie présente des ressemblances avec un auteur antérieur, mais que les affirmations en cause soient factuellement fausses : peu importe que l’auteur de la Prophétie ait copié sur Onofrio PANVINIO ou sur un autre auteur ou même qu’il ait commis une erreur personnelle ! Cela suffit à prouver que le texte ne vient pas de Dieu ! De plus il y a un très fort indice qui tend à prouver que c’est bel et bien l’auteur de la Prophétie qui a copié sur Onofrio PANVINIO et non l’inverse : le fameux changement radical de type de prophétie dont nous parlions plus haut a lieu avec la phrase correspondant normalement  au Pape Grégoire XIV qui fut élu, c’est-à-dire que cela couvre six Papes élus après la parution du livre d’Onofrio PANVINIO !

3) Certaines devises ne fonctionnent pas

Certaines devises n’ont même pas de moyen de correspondre à la réalité. La dernière en date est celle de Benoît XVI : « De Gloria Olivae : De la gloire de l’olivier (ou de l’olive) ». L’olivier peut signifier trois choses : 1) l’olivier au sens propre, 2) la paix, 3) le peuple d’Israël. Le règne de Benoît XVI ne fut la « gloire » d’aucune de ces trois choses-là.

F) Des relents de sciences démoniaques

D’après plusieurs analystes, le texte laisse transparaître que l’auteur était un adepte de l’astrologie (pratique occultiste, à ne pas confondre avec l’astronomie), de l’alchimie et de la cabale juive, autant de fausses sciences inspirées par le diable.

Aussi nous pouvons conclure de tout cela que la Prophétie des Papes est un faux car lorsque Dieu gratifie l’Eglise d’une prophétie, c’est clair, net et sans bavure : Il ne la lie pas consubstantiellement à un mensonge (l’identité de l’auteur), à des erreurs (les erreurs copiées et l’échec de la devise de Benoît XVI) et à des pratiques impies (astrologie, alchimie, cabale).

G) Il est impossible que la fin du monde soit proche : il manque la réalisation de plusieurs prophéties bibliques !

Si la prophétie est vraie, François devrait être le dernier Pape (ou l’avant-dernier comme nous le verrons), or nous ne pouvons pas être à la veille de la fin du monde ! En effet, il manque encore la réalisation d’au moins trois prophéties infaillibles de l’Ecriture Sainte avant la fin du monde : 1) La conversion des juifs, 2) La redécouverte de l’Arche d’Alliance ; 3) Le retour d’Enoch et Elie : https://philosophieduchristianisme.wordpress.com/2019/09/06/la-fin-du-monde-nest-pas-pour-demain/

III) Réfutations de deux légendes connexes

A) La Prophétie parle-t-elle d’un « Pape noir » qui serait un jésuite ?

1) Une possible 112è devise : « Caput nigrum : La tête noire »

Selon certains, le texte publié par Arnold Wion serait incomplet : il manquerait une devise. Une tradition orale dirait qu’il y a une devise supplémentaire, qui suivrait celle de Benoît XVI et qui précéderait la dernière, et qui serait donc celle de François. Saint Malachie, de retour à Rome aurait eu une dernière vision et aurait ajouté une dernière devise : « Caput nigrum : La tête noire ».

2) Pourquoi cette devise est-elle inapplicable à François ?

Certains disent que cela correspond assez bien à François, car il fut Jésuite, puisque la couleur des Jésuites est le noir, et leur supérieur général est surnommé « Le Pape noir ». Cela dit, François ne fut jamais supérieur général de la Compagnie de Jésus, et au moment de son élection, il n’était plus Jésuite depuis longtemps (les Constitutions des Jésuites interdisent aux membres de la Compagnie d’être Evêques, ceux qui sont ainsi promus doivent donc quitter la Compagnie).

3) Nostradamus est-il le faussaire ?

Il y a deux éléments qui nous le font penser.

Premièrement, on retrouve une histoire de « Pape noir » chez Nostradamus. En effet, il dit que : « Jeune noir rouge prendra la hiérarchie » (Centurie VI, 25). Un « noir », ce serait un Jésuite, un « rouge », ce serait un cardinal, et « prendre la hiérarchie » signifierait en devenir le chef, c’est-à-dire Pape. Cela correspondrait à la devise « Caput nigrum : La tête noire ». Mais alors cela éloignerait la correspondance avec François qui, lors de son élection n’était plus ni jeune ni Jésuite.

Deuxièmement, Nostradamus était versé dans les sciences occultes mentionnées plus haut, raison pour laquelle il était dans le collimateur de l’Inquisition. Ce qui aura pu le faire usurper l’identité de saint Malachie.

B) Une prophétie « confirmée » par les médaillons des Papes dans la basilique de Saint-Paul-hors-les-Murs ?

Il y a à Rome, en la basilique de Saint-Paul-hors-les-Murs toute une série de médaillons qui représentent tous les Papes depuis saint Pierre. Il y a un nombre limité de médaillons libres, et une légende populaire veut que lorsque tous les médaillons seront pris, la fin du monde interviendra lors du règne du dernier Pape concerné.

Des propagandistes à sensations ont fait croire que le nombre de médaillon correspondait exactement à celui des devises de La Prophétie des Papes, et que François serait donc le dernier. C’est de la pure désinformation : n’importe qui se rendant sur place peut se rendre compte qu’il en reste d’autres de libres après lui.

Sur la partie droite de l’image ci-dessous, nous voyons les médaillons représentants de droite à gauche Paul VI, Jean-Paul Ier, Jean-Paul II et Benoît XVI :

On peut voir qu’il y a encore six médaillons libres après ce dernier. François occupant actuellement le médaillon qui se trouve juste à gauche de celui de Benoît XVI, il y en a donc encore au moins cinq de libres.

Par ailleurs, le 24 novembre 2005, à l’occasion de la présentation à Benoît XVI de son médaillon, le site www.cath.ch pouvait même affirmer : « Il reste désormais 28 espaces libres dans la célèbre frise de la basilique majeure » (https://www.cath.ch/newsf/rome-le-medaillon-representant-benoit-xvi-bientot-installe-a-saint-paul-hors-les-murs/). Aujourd’hui avec François, il en reste donc 27.

IV) Conclusion

Aussi pouvons-nous conclure de tout cela que la Prophétie des Papes est un faux car lorsque Dieu gratifie l’Eglise d’une prophétie, c’est clair, net et sans bavure : Il ne la lie pas consubstantiellement à un mensonge (l’identité de l’auteur), à des erreurs (les erreurs copiées et l’échec de la devise de Benoît XVI) et à des pratiques impies (astrologie, alchimie, cabale). Et aucune preuves « secondaires » ne saurait rattraper cette affaire. Il est don grand temps que cesse les théories de fin du monde nourries par ce faux ! Quoi qu’il en soit, nous réjouissons d’avance qu’au plus tard à la fin du pontificat du successeur de François, toutes ces théories cesseront d’elles-mêmes car elles n’auront plus d’objet !

2 commentaires sur “La « Prophétie des Papes » de « saint Malachie » : un faux document

  1. Renders
    3 juin 2020

    Bonjour,

    au paragraphe A, il y a une erreur : ce n’est pas « trois siècles et demi » mais « QUATRE siècles et demi ».

    • Ressources Catholiques
      3 juin 2020

      Merci, c’est corrigé !

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Cette entrée a été publiée le 29 janvier 2020 par dans Foi Catholique.
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