+†+Yesus Kristus azu+†+

« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

L’Eglise

III. Une seule Eglise de JÉSUS-CHRIST

Il n’y a qu’un DIEU; il n’y a qu’un Christ, qu’une foi, qu’un baptême : donc il ne peut y avoir qu’une Église, c’est-à-dire une seule société qui possède la vraie foi, qui connaisse et adore le seul vrai DIEU, le seul vrai Christ. L’Eglise est l’envoyée de JÉSUS-CHRIST sur la terre; JÉSUS n’a pas deux envoyées, pas plus qu’il n’a deux religions, deux doctrines, deux baptêmes. L’Église est une comme JÉSUS-CHRIST est un, et parce que JÉSUS-CHRIST est un. Elle est sa seule épouse légitime et bien aimée, qui lui donne des enfants, qui lui engendre des chrétiens. Aussi les Apôtres ont-ils écrit dans le Symbole de la foi :  Je crois A LA sainte Église ; et non pas AUX saintes Églises; et le premier Concile général a formulé cette même vérité plus clairement encore en disant dans le Symbole de Nicée :  Je crois à l’Église qui est une.

Si, par impossible, on supposait deux Églises véritables, de deux choses l’une : ou bien ces Églises enseigneraient et pratiqueraient la même religion, et alors elles se confondraient en une seule ; ou bien elles se contrediraient, et l’une d’elles serait nécessairement dans le faux, et par là même cesserait d’appartenir à JÉSUS-CHRIST, qui est la vérité infinie. Donc il ne peut y avoir qu’une seule Église de JÉSUS-CHRIST.

IV. Que seule l’Eglise catholique est l’Eglise du Christ

Il est presque inutile de le démontrer. Seule, l’Église catholique remonte par une succession non interrompue de Pontifes et d’Évêques jusqu’à saint Pierre, premier Souverain-Pontife, et jusqu’aux Apôtres, premiers Évêques et premiers prédicateurs de l’Évangile ; or, qui ne sait que JÉSUS-CHRIST a lui-même envoyé au monde saint Pierre et les Apôtres ? C’est pour cette raison que l’Église catholique est aussi nommée Apostolique-Romaine. Elle est Romaine depuis son origine, depuis que son premier Pape, par l’inspiration de DIEU, a choisi la ville de Rome pour siège épiscopal et y est mort martyr. Le Pape, successeur de saint Pierre et Chef visible de l’Église, est Évêque de Rome; et toute l’Église, prenant le nom de son Chef, se glorifie du nom d’Église Romaine. Toutes les autres Églises bâtardes, qui, dans le cours des siècles, se sont séparées les unes après les autres de la grande et sainte Église Catholique, Apostolique, Romaine, se sont par là même séparées de JÉSUS-CHRIST, ont perdu la grâce de DIEU, et ont été des adultères et non point des épouses. L’histoire a enregistré la date de leur naissance, c’est-à-dire de leur divorce, et le nom connu des hommes pervers qui ont présidé à cette séparation est à lui seul une condamnation sans appel : ainsi, le divorce de l’Église gréco-russe en Orient a été consommé au IXe siècle par l’impie Photius, Patriarche de Constantinople; celui de l’Église protestante d’Angleterre par Henri VIII et sa digne fille Elisabeth, au XVIe siècle; la séparation des sectes protestantes d’Allemagne, de France, etc., par le moine apostat Luther, par le fanatique Calvin, et par d’autres hommes de cette trempe; tous sépares de JÉSUS-CHRIST et des Apôtres, non-seulement par l’interruption des siècles, mais encore par des doctrines tout opposées à la vraie foi apostolique.

Au milieu des défections des fausses Eglises, l’Eglise catholique s’avance à travers les siècles, toujours immuable dans sa doctrine, toujours une dans sa constitution, dans sa foi, dans sa morale, enfantant des Saints, continuant ses miracles, redressant les erreurs humaines, et répandant partout où elle pénètre la lumière de la vraie civilisation et la vie de la vraie religion.

XV. Ce que c’est qu’un schisme

Un schisme est un grand péché et une grande sottise. C’est la séparation d’avec le Pape, Chef de l’Église; et par conséquent la séparation d’avec l’Église, société de DIEU ; et par conséquent la séparation d’avec DIEU même. Le schisme est la révolte d’un certain nombre de chrétiens, ecclésiastiques ou laïques, contre l’autorité légitime de l’Église et de son Chef. C’est un péché mortel de premier ordre, et les Princes, les Évêques, les prêtres et les laïques qui s’en rendent coupables, auront à rendre au tribunal de JÉSUS-CHRIST un compte d’autant plus terrible que presque toujours ce crime de haute trahison catholique est suivi du crime d’hérésie plus grave encore : la désobéissance a pour digne salaire l’apostasie de la foi. La Grèce, la Russie, la Suède, la Prusse, l’Angleterre ont été, par le schisme, jetées dans l’hérésie. Une Église schismatique, c’est-à-dire séparée du Pape et de l’Église universelle, tombe immédiatement sous le joug des puissances de ce monde, et s’avilit bientôt dans une honteuse servitude. Elle perd toute sa sève religieuse, toute son autorité morale, toute sa force, toute sa doctrine; elle devient, entre les mains du pouvoir, un instrument servile et méprisé ; et trop souvent son ministère n’est qu’une succursale de la police. On appelle cela une Eglise nationale; et un clergé ravalé de la sorte a le bonheur de posséder une Constitution civile. Pauvres Églises nationales et pauvres constitutions civiles du clergé ! vous êtes trop pitoyables pour que nous vous redoutions, trop absurdes pour que nous songions à vous réfuter ! Membres vivants de la sainte Église de DIEU, nous voulons toujours vivre de sa vie, ne faire qu’un avec elle et avec le Christ, et demeurer inviolablement unis au Souverain-Pontife, qui est le centre de l’unité chrétienne, le seul Docteur qui ne s’égare jamais, l’Évoque universel de tous les enfants de DIEU !

Le schisme, c’est la mort, c’est le déshonneur; et nous n’en voulons pas !

XVI. Du mensonge historique contre l’Eglise et la Papauté

« Mentons, mentons ferme, écrivait l’honnête Voltaire à l’un de ses honnêtes amis; il en restera toujours quelque chose. » Voilà le mot d’ordre que suivent fidèlement depuis plus d’un siècle tous les ennemis de la foi. Ils ont menti, ils mentent et ils mentiront; et DIEU sait s’il en reste quelque chose ! Hélas ! ce déluge de mensonges inonde, non pas seulement la France, mais l’Europe, mais le monde entier. C’est une vaste conspiration, qui dénature tous les faits, parodie tous les caractères, invente toutes les faussetés, pour faire croire à la jeunesse, au peuple et à tout le monde, que l’Église catholique est un éteignoir, un foyer d’intrigues, de noirceurs, de crimes; que la Papauté est violente et sanguinaire; que son existence est incompatible avec la sûreté de l’État, avec la paix publique; qu’elle ne vit que d’ambition et de cupidité; que les Papes ont été les ennemis du genre humain, et que le temps est venu de venger cet abominable passé. Voilà ce qu’on dit, voilà ce qu’on écrit, ce qu’on imprime dans les trois quarts de nos journaux, de nos romans soi-disant historiques, assistés en cela des innombrables pamphlets anticatholiques que répand par millions la propagande protestante. Voilà ce qu’on dit et voilà ce qu’on croit; le MENSONGE HISTORIQUE est la grande arme des impies.

Je ne puis ici réfuter en détail ces calomnies aussi grossières qu’abominables; je me borne à constater le fait, à l’affirmer devant DIEU et devant la science, et à supplier tout honnête homme, dans l’intérêt de son salut éternel, de ne pas ajouter foi  à ces assertions malfaisantes qu’enfante chaque jour, non l’amour de la vérité, mais une aveugle ignorance et une haine satanique contre Notre-Seigneur JÉSUS-CHRIST.

XVIII. Du grand crime de ceux qui attaquent l’Église

Attaquer l’Église et le Saint-Siège, c’est attaquer JÉSUS-CHRIST, c’est attaquer DIEU :  « Qui vous méprise, me méprise. » La guerre à l’Église, de quelque prétexte qu’on essaye de la couvrir, est une guerre sacrilège et parricide, parce que l’Église est l’oeuvre de DIEU et la Mère de l’humanité. Quel nom donner au mauvais fils qui hait sa mère, qui la calomnie, qui l’outrage, la frappe, qui voudrait la chasser et la tuer ? Attaquer l’Église, c’est attaquer l’âme et le salut éternel de chacun de nous; car notre âme et notre salut sont, par la Providence, confiés à l’Église, comme notre vie et notre santé, lorsque nous étions enfants, étaient, par cette même Providence, confiées à notre bonne mère. C’est attaquer la société et la civilisation, qui sont également l’objet de la mission sacrée de l’Église catholique, et qui dégénèrent bientôt lorsque la lumière de la foi et la force de la Religion ne sont plus là pour les garantir. C’est attaquer surtout le pauvre peuple, le nombre infini des malheureux qui n’ont pour partage en ce monde que les larmes et les privations, et que l’Église seule sait consoler, en leur montrant l’éternité qui approche, en leur montrant la crèche et la croix de JÉSUS-CHRIST, les souffrances des martyrs, les travaux des Saints, le tabernacle de l’Eucharistie, le cœur paternel du prêtre, l’amour tutélaire et chéri de la Bienheureuse Vierge MARIE, Mère du très-doux Sauveur.

Enfin, c’est attaquer l’enfance, dont l’innocence et la faiblesse n’ont d’autre abri que l’Église, et de laquelle DIEU a dit dans son Évangile : « Si quelqu’un scandalise un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux qu’on lui attachât une meule au cou et qu’on le jetât au fond de la mer ! » Le même Seigneur a dit encore : « Si quelqu’un n’écoute point l’Eglise, qu’il soit pour vous comme un païen et un voleur. » Que sera-ce des hommes qui non-seulement n’écoutent point l’Église, mais se révoltent ouvertement contre elle, lèvent sur sa tête sacrée une main maudite ! Ces gens-là sont sur le grand chemin qui mène droit en enfer : Lata via quae ducit ad perditionem.

XIX. Si l’Eglise doit durer longtemps encore.

Nous n’en savons rien ; mais ce que nous savons, parce que JÉSUS-CHRIST et ses Apôtres nous l’ont dit, c’est que l’Église durera autant que le monde, vu que le monde n’existe que pour le Christ et son Eglise. Ce que nous savons, c’est qu’a l’approche des derniers temps de l’Église et du monde, il y aura des séductions terribles, capables d’ébranler les élus eux-mêmes; une apostasie générale des sociétés en tant que sociétés; une perte quasi-universelle de la foi ; des fléaux et des misères de tout genre; enfin une persécution générale, plus redoutable que toutes les précédentes, et une tribulation telle, dit l’Évangile, qu’il n’y en aura point eu de semblable depuis le commencement du monde : Tribulatio magna, qualis non fuit ab initio mundi.

Ces mauvais jours sont-ils près de nous ? Je l’ignore; mais ce que je sais et ce que tout le monde voit, c’est qu’une crise effrayante menace l’Église dans le monde entier, et qu’il nous faut tous, si nous ne voulons pas succomber à la tentation, veiller et prier, devenir des chrétiens plus sérieux, plus dévoués aux intérêts de la foi, plus assidus à la Table sainte, plus généreux pour le sacrifice; en un mot, plus saints et plus détachés de la terre. Il faut payer de notre personne, payer de nos biens, nous mettre tout entiers au service de JÉSUS et de son Église. Nous n’avons rien à craindre, nous sommes à DIEU, et l’avenir est à nous ! Que l’armée sainte du Christ resserre ses rangs autour de ses chefs immédiats, qui sont les Évêques, et autour du Pasteur suprême des âmes, qui est le Souverain-Pontife ! Qu’elle ne se laisse pas séduire par les ruses schismatiques de Satan, et que, dans les épreuves qui pourraient survenir, elle se rappelle toujours la grande parole de saint Ambroise : LA OU EST PIERRE, LA EST L’ÉGLISE. — Ubi Petrus, ibi Ecclesia.

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Mgr de Ségur, L’Eglise, Oeuvres complètes, Tome II, 5è édition

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2 commentaires sur “L’Eglise

  1. dina01
    26 juillet 2013

    Même si deux ou trois sont réunis je suis là au milieu d’eux.

  2. Antoine
    12 mai 2015

    Il est bien evident que Vatican II n’est pas la vraie Eglise de Dieu… C’est bien une secte de la contre-eglise du Christ. Je préfere être catholique traditionel!

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