+†+Yesus Kristus azu+†+

« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

L’inquisition : les temps, les causes, les faits 3/7

LA CROISADE DES ALBIGEOIS (Suite)

III

[…] Dès le XIe siècle, l’hérésie Albigeoise est déjà répandue partout et mille sectes extravagantes[22], plus ou moins apparentées à celle-là, pullulent de tous côtés, comme la vermine sur un corps malade. Mais, dans aucun pays, les Cathares ne sont effrontés comme dans le Midi. Ils prêchent sur les places publiques, tiennent au grand jour leurs assemblées, un concile même, que vint présider, de Constantinople, leur pape Nicétas. Ils partagent le territoire en diocèses et se comportent absolument comme si le Catharisme était le culte officiel, reconnu et établi.

Enhardis par la faiblesse, l’indolence ou la complicité des autorités locales, ils deviennent turbulents, agressifs et passent à l’action directe. Ils malmènent les prêtres et les moines, pillent les couvents, brûlent les églises et ne reculent pas devant un meurtre à l’occasion ; tant et si bien que le comte de Toulouse, dont la tolérance scandaleuse fit croire longtemps qu’il pactisait avec eux, finit par trembler pour ses propres intérêts et réclama des Rois de France et d’Angleterre, en 1179, une intervention armée : « Les églises sont désertes ou détruites, écrit-il ; les prêtres eux-mêmes se laissent infecter. On refuse le baptême. On traite l’Eucharistie d’abomination. Les cœurs sont aussi durs que la pierre. Les peines canoniques ne produisent aucun effet. Seul le glaive qui frappe les corps donnera un salutaire avertissement. »

Dans les provinces du Nord, sous le gouvernement immédiat du roi de France, où ils se sentaient moins à l’aise, ils mirent, au début, une sourdine à leur prosélytisme inlassable, qu’ils dissimulaient habilement sous les dehors des rites catholiques, pour n’éveiller point de suspicions.

Mais leur jeu fut vite éventé.

Les gens du Nord, que n’avait point entamés autant le scepticisme énervant du Midi, étaient plus revêches ; ils avaient la main lourde, et, bientôt, les Cathares malfaisants devinrent l’objet de la méfiance et de l’aversion publiques. On les traita comme on traitait alors les auteurs de maléfices. À tort ou à raison, on les confondit avec les sorciers, ces êtres mystérieux et sournois, encore nombreux au Moyen Âge, habiles à manier les poisons, toujours prêts à nuire, que le peuple abomine et qu’il va consulter en secret, car il ne se défend pas de l’attrait malsain de l’occultisme et il cherche à bénéficier quand même de cette puissance étrange qui lui fait peur[23].

Les Codes antiques avaient été impitoyables pour les sorciers[24]. Au Moyen Âge, dans tous les pays, la pratique de la sorcellerie, qui impliquait tant de méfaits, était punie de mort.

Le peuple n’attendit pas une législation spéciale contre les Cathares. Avec son bon sens natif, il flaira l’ennemi sous l’hérétique. Il se fit justicier. Il reconnut vite, à ses fruits empoisonnés, que l’arbre était mauvais. Il ne perdit pas son temps à l’émonder. Il le jeta au feu sans vouloir rien entendre.

Les premières exécutions de Cathares à Orléans, en 1017, à Milan, à Asti, en 1040, à Liège à trois reprises (1035-1048-1111), à Cambrai[25], à Cologne, à St-Gilles, à Troyes, à Soissons, sont de véritables lynchages, malgré les Évêques, malgré l’autorité civile, quelquefois avec son acquiescement[26].

La fureur des foules déchaînée tout à coup frappait en aveugle, sans attendre un jugement « craignant, dit un chroniqueur, que les Évêques ne soient trop débonnaires[27]Clericalem verens mollitiam ». Le clergé était donc plus tolérant que les laïques.

Aucune loi, au XIIe siècle, ne condamnait les Cathares à mort. Mais, c’était dans l’air ; et, sans que l’on pût dire d’où elle venait, cette vague de colère fut si violente que le Midi lui-même n’échappa point, pour un temps, à ces soubresauts de l’âme populaire[28] !

Il faut croire, tout de même, que pour concentrer à ce degré, sur leur dos, l’exécration universelle, les manichéens du Moyen Âge n’étaient pas les pieux utopistes, les petits saints, philosophes « de mœurs pacifiques », dont « la doctrine était pure et simple » au dire des manuels scolaires et qui n’avaient d’autre tort que de « ne pas comprendre la doctrine chrétienne de la même manière que les catholiques », ni d’autre but que de « réagir contre la corruption et les excès de l’Église, pour ramener la morale chrétienne à une parfaite pureté »[29].

Ils devaient ressembler, comme se ressemblent les frères, à ceux que Dioclétien condamnait déjà au feu au IIIe siècle, et, pour ce même motif d’anarchie[30] ; à ceux que les gouvernements de Byzance, aussi bien sous Constantin le catholique que sous les empereurs ariens[31], traquaient comme révolutionnaires ; à ceux dont le Pape Léon le Grand avait dit, en 447, que « si on n’arrivait pas à les réduire, c’était la fin de toute civilisation[32]» ; à ceux que le code pénal des rois Wisigoths, aux Ve et VIe siècles, envoyait au supplice comme perturbateurs de l’ordre public[33] ; à ceux dont les mœurs dissolues, soigneusement abritées sous le manteau épais d’austérités pharisaïques, ont fini par ouvrir les yeux à S. Augustin, qui les fréquenta avant sa conversion[34].

Et, vraisemblablement, ils avaient quelques traits de commun avec ces hérétiques d’Allemagne que le pape Grégoire IX, un peu plus tard, appellera « des bêtes fauves, véritables bandits, débauchés, sacrilèges, qui répandaient le sang comme l’eau, sans égard ni au sexe ni à l’âge, qui avaient crucifié des prêtres et des religieux, brûlé des jeunes filles, immolé des enfants, incendié les églises et les couvents, à tel point que les fidèles se réfugiaient au fond des forêts pour échapper à la mort et célébrer les mystères[35].

De fait, plus ils se sentent forts, plus ils osent. Ils se font appuyer par des bandes de soudards, ces routiers, ces truands, sans foi ni loi, mi-brigands, mi-soldats, plus brigands que soldats, toujours prêts à marcher pour le plus offrant, qui trouvaient la nouvelle religion plus commode que l’autre et frappaient d’autant plus volontiers sur les curés et les moines, pour le compte des Cathares, que la besogne leur plaisait et qu’ils en tiraient profit.

Un énergumène, Tanchelin (1168), traînait avec lui, dans les Flandres, une bande de 3 000 routiers qui terrorisaient la région. Les habitants du Berri, en 1183, durent livrer une véritable bataille, sous les murs de Chateaudun, pour pacifier leur pays[36].

Dans le Midi, centre de l’insurrection et foyer de la contagion, c’était partout l’insécurité, la terreur, des sacrilèges, des brigandages et des meurtres[37]Les chroniques de l’époque sont remplies des méfaits de la Secte. Les Conciles y reviennent sans cesse et déplorent l’inertie des pouvoirs civils[38].

La tâche était lourde, pour la papauté, de veiller, dans ces conditions d’indifférence et de mauvais vouloir, au salut de la Chrétienté. Loin des évènements, difficilement renseignés, mal servis, en face de ces mille petites puissances féodales ombrageuses et jalouses, les Papes étaient, à la fin du XIIe siècle, à bout d’expédients. Ils avaient beau légiférer, les anathèmes, les excommunications, les sanctions canoniques, qui pesaient bien encore sur la conscience des princes, n’ébranlaient plus leur bras ; car il était trop tard : la justice était désarmée par la multitude des coupables.

IV

 Et cependant il fallait à tout prix aviser.

Les historiens les plus prévenus contre l’Église, entre autres l’Américain protestant H. Ch. Lea, qui les résume tous et dont le parti pris, souvent malveillant, n’est pas toujours loyal, Lea, qui se présente au public français sous le patronage significatif de Salomon Reinach, avoue, après avoir étalé avec complaisance, à côté des misères du clergé, la doctrine habilement parée des prétendus réformateurs, que dans cette crise, la cause de l’orthodoxie s’identifiait avec la cause de la civilisation et que, si le Catharisme l’avait emporté sur le Catholicisme, l’Europe serait retombée à la sauvagerie des temps primitifs[39].

Le Pape Alexandre III, en 1179, au IIIe concile de Latran, estime déjà qu’une Croisade était indispensable.

Trente ans se passent encore avant qu’Innocent III s’y détermine. Il faut qu’il y soit contraint par l’imminence du danger et que l’assassinat de son légat Pierre de Castelnau, de son ambassadeur à lui, Chef de la Chrétienté, lui force la main. Mais avant d’en arriver à cette extrémité, la Papauté avait épuisé tous les moyens pacifiques. On ne l’accusera pas de précipitation : il y avait deux siècles que les sectaires s’insurgeaient contre la société chrétienne.

N’a-t-elle pas d’abord essayé de les convaincre par des prédications, des discussions, des conférences contradictoires ? Un premier effort en 1101 ; puis les grandes missions de S. Bernard avec les cisterciens, en 1147 et 1177[40] ; enfin, 60 ans plus tard, celles de S. Dominique, avec les Frères Prêcheurs spécialement fondés pour ce rude apostolat[41].

N’a-t-elle pas multiplié, par la voix des conciles, par des appels directs, pressants, ses instances auprès des gouvernements et des princes : « Agissez ; faites votre devoir ; gouvernez ; appliquez les lois ! L’hérésie bouleverse vos états ; elle mine le terrain sous vos pieds ; elle fomente la révolution : défendez-vous, défendez vos peuples, défendez le patrimoine commun de la Société et de la religion ! »

N’a-t-elle pas prêté main-forte aux autorités locales, en leur envoyant des légats pour faciliter la recherche, l’examen des hérétiques ? Et c’est parce que ses avertissements, ses avances, ses menaces sont restés à peu près sans écho que la papauté débordée a été amenée, par la force des choses, à des rigueurs extrêmes[42].

Le roi de France, Philippe-Auguste, sollicité à cinq reprises, de prendre l’initiative et la direction du mouvement, s’était dérobé, sans contester toutefois le bien-fondé de la croisade. En guerre avec les Anglais qu’il débusquait des provinces de l’Ouest, il avait allégué la nécessité où il se trouvait de réserver toutes ses forces pour cette expédition[43].

L’appel du pape[44] n’en eut pas moins un retentissement considérable dans toutes les régions du Nord et de l’Est, parce qu’il répondait au sentiment, aux préoccupations du pays. Séduits par les faveurs spirituelles qu’on leur offrait, les mêmes qu’aux Croisés de Terre Sainte, à moins de risques et à moins de frais, les seigneurs se levèrent avec un tel élan qu’à Rome on en fut surpris, presque inquiet. Les détails de l’opération militaire importent peu à notre sujet : ce fut la guerre avec le cortège de misères qu’elle traîne fatalement après elle.

Il n’y aurait rien à en dire si des historiens protestants ou libres-penseurs, plus soucieux de leur passion que de la probité historique, n’avaient exploité, avec une toute particulière mauvaise foi, contre l’Église, le Sac de Béziers, en prétendant que ce massacre avait été froidement prémédité et qu’aux soldats qui hésitaient dans la crainte d’égorger pêle-mêle les catholiques avec les cathares, le légat avait donné cette consigne sauvage : « Tuez-les tous, Dieu saura bien reconnaître les siens ! »

Les manuels scolaires n’ont eu garde d’oublier ce mot atroce. Ils l’ont mis en vedette[45].

La vérité, c’est que si le vicomte de Béziers, protecteur avéré des Cathares, ne s’était point obstiné follement dans sa résistance, la croisade eût pu se terminer là, sans effusion de sang, par le seul effet de l’intimidation des rebelles et par la répression des hérétiques anarchistes, sous l’action normale des tribunaux.

La vérité, c’est qu’on a tout fait pour épargner la vie des habitants, s’ils consentaient à livrer les sectaires notoires à la justice. Il est prouvé aussi que ce sont les routiers, ces ribauds indisciplinés, pillards et paillards, « impies comme nos modernes, dit Michelet, et farouches comme des barbares[46] », la plaie et l’appoint obligé des armées de ce temps-là, qui ont fait le coup. Les chefs n’étaient pas maîtres de leurs troupes, écrivent les légats : « Il y a dans l’armée trop de gens qui sont avec nous de corps, mais non d’esprit[47]. »

Pendant que les états-majors délibéraient pour combiner l’attaque du lendemain, les ribauds, les valets mercenaires, provoqués par une stupide sortie des assiégés, qui les narguaient, et hypnotisés par l’appât du butin, se ruèrent sur les Bitterrois imprudents, pénétrèrent sur leurs talons, par la porte[48], massacrant, comme des fous, ceux qui leur tombèrent sous la main, principalement dans l’église de la Madeleine. Les chevaliers, les croisés durent les chasser hors de la ville à coups de trique ; et c’est pour se venger que cette canaille y mit le feu.

Quant à la réplique cynique mise au compte du légat, que nos maîtres d’école répètent, avec le ton qui convient, à tous nos bambins de France, il est au moins curieux qu’elle ait échappé à tous les chroniqueurs contemporains[49]. Nous l’aurions ignorée toujours si elle ne nous était revenue d’Allemagne, au XIVe siècle, dans un recueil de légendes, d’anecdotes, de récits burlesques qui ne méritent aucun crédit, les Dialogi miraculorum de P. Césaire d’Heisterbach ; et encore, sous cette rubrique suspecte : « On raconte que le légat aurait dit… dixisse fertur ? »

C’est donc un misérable racontar, dont le savant historien d’Innocent III, Luchaire, membre de l’Académie des inscriptions et belles lettres, a fait justice naguère, dans ses cours à la Sorbonne.

Dire maintenant qu’une fois sortie du fourreau, la lourde épée des chevaliers a toujours frappé juste et n’a jamais frappé trop fort ; que les croisés sont entrés sans arrière-pensée dans les desseins du Pape et n’en sont pas sortis ; que la politique n’a pas faussé l’esprit de la croisade ; que les chefs n’ont pas joint ou superposé, à l’œuvre de pacification, des visées de conquête pour rattacher au domaine royal des provinces qui n’y tenaient jusqu’alors que par un fil ; que les intrigues et les rivalités des seigneurs, l’ardeur même des légats, les passions humaines n’ont pas engendré des abus : c’est une autre affaire.

Nous ne faisons pas le procès des croisés. Nous cherchons à dégager, de cet enchevêtrement d’influences et de responsabilités, le rôle et la responsabilité de l’Église.

Ces abus, quels qu’ils soient, ne peuvent rester à la charge de l’Église que si l’Église s’en est faite complice ou si elle a fermé les yeux.

Or, à lire la correspondance d’Innocent III, on a la sensation très nette que les croisés vont toujours plus loin que le pape, et que, entraînés par leur zèle ou par celui des autres, les légats, trop ardents, outrepassent leur mandat : il leur reproche des décisions, des initiatives qui excédaient leurs pouvoirs[50].

À plusieurs reprises, il prend la défense des vaincus. Il ne veut pas que l’on condamne le comte de Toulouse, encore moins qu’on le dépouille, sans qu’un procès canonique ait établi juridiquement sa culpabilité et ses trahisons. Il désavoue, il blâme le parti de l’action à outrance qui tente d’exploiter la croisade, non plus contre les Cathares, mais contre les seigneurs du Midi et les catholiques. Il réprouve les excès de Simon de Montfort : ce n’est pas pour lui tailler un fief dans le midi que le pape a prêché la croisade. Il met fin à l’expédition malgré les légats, malgré les chefs militaires. Il s’agissait de sauvegarder la paix de la chrétienté, en réprimant l’hérésie : c’est fait. La croisade n’a pas d’autre objet. Le pape entend n’être ni dupe ni complice des politiciens ou des diplomates[51].

Bref, Innocent III a été l’homme providentiel de son temps. Il a rempli, avec la clairvoyance et la fermeté d’un esprit supérieur, la tâche de chef et de tuteur de la société chrétienne en décidant la croisade. Il en a été le moteur et le suprême modérateur ; et, si les résultats restent à son actif, les fautes commises ne lui sont point imputables[52]. […]

Publicités

7 commentaires sur “L’inquisition : les temps, les causes, les faits 3/7

  1. +++Yesus Kristus azu+++
    18 juillet 2014

    NOTES.

    22. Tanchelin, en Hollande et en Belgique ; Éon de l’Étoile, en Bretagne ; Pierre de Bruys, dans le Midi ; Henri de Lausanne, au Mans, à Poitiers, à Bordeaux ; Arnaud de Brescia, en Lombardie, en Suisse ; Pierre Waldo, à Lyon, etc. – Cf. LEA, T. I, ch. II. –VACANDARD, Op. cit., p. 38. – Bernard GUI, Practica. V° Pars (DOUAIS, p. 130).

    23. La sorcellerie « avorton dégoûtant, des vieilles religions vaincues », dit Michelet… Jusque-là on avait étudié les moyens de chasser le diable ; on chercha désormais à le faire venir » (Cf. Histoire de France, Liv. V, ch. 5). – Que la sorcellerie ait servi de masque aux pires malfaiteurs, que les véritables sorciers, neuf fois sur dix, aient été doublés d’un criminel avéré, c’est incontestable. Il suffit de lire leurs livres pour comprendre les haines populaires et les folles terreurs de ces temps-là. Mais les procès de sorcellerie n’en restent pas moins la honte des XVe, XVIe et XVIIe siècles. On voit des sorciers partout. La justice aveugle, crédule et soupçonneuse, multiplie les arrestations arbitraires, sur un mot, sur un signe, sur la moindre suspicion ; et les malheureux qui tombent entre ses mains sont perdus : quoi qu’ils disent ou quoi qu’ils fassent, leurs gestes, leurs paroles, leur silence, tout est interprété contre eux. En face de ces juges affolés que la peur rend impitoyables, l’inculpé est fatalement condamné : c’est le sorcier, la sorcière qu’on abat comme une bête malfaisante.
    Les procès de sorcellerie, qu’il ne faut pas confondre avec les procès d’inquisition, ont fait, en Allemagne surtout, après la révolution luthérienne, plus de victimes que l’Inquisition en Espagne. Et les trois quarts de ceux qu’ils ont envoyés au bûcher eussent été relâchés par les tribunaux d’Inquisition (Cf. GAFFRE, Op. cit., p. 142, note IX. – J. JANSSEN, 1° L’Allemagne et la réforme, T.VI, p. 106 ; 2° Les Jésuites et les procès de sorcellerie (Cf. Congrès scientifique, 1891. Sect. Histoire, p. 195). – NICOLAY,Histoire des croyances, T. I, p. 284.

    24. Cod. THEOD., Lib. IX et XVI, tit. v, no 10. – Cod. JUST, Lib. V et IX. Decretales C Vergentis X. De haereticis. – MOMSEN, T. II, p. 361.

    25. Les habitants de Cambrai furent excommuniés par Grégoire VII pour cette exécution sommaire. Cf. GREG. VII, Lib. IV, Epist. 20. – Recueil des historiens. T. XIV, p. 601.

    26. Recueil des historiens, T. XI, p. 11. T. XII, p. 26. – HAVET, L’Hérésie et le bras séculier au Moyen Âge, p. 20. – H. MAILLET, L’Église et la répression sanglante de l’hérésie, p. 35. – VACANDARD, Op. cit., p. 40.
    En France, c’est le Roi Robert lui donne le signal des exécutions « avec le consentement de tout le peuple, parce qu’il appréhendait la ruine de la société et la perversion des âmes (Raoul GLABER. Cr. MIGNE, Patrol., T. 112, c. 660). – En Allemagne, en 1052, c’est l’Empereur Henri III qui fit pendre des Cathares « pour répondre au vœu populaire ». Cf. MIGNE. T. 143, c. 225. – J. GUIRAUD.Questions d’histoire, p. 17. – LUCHAIRE, Innocent III et la Croisade des Albigeois, p. 149. – J. HAVET, L’hérésie et le bras séculier, p. 499, 570, 593.

    27. GUIBERT DE NOGENT, Cf. BOUGUET, Recueil des historiens des Gaules et de la France, T. 111, p. 266.

    28 Les gens de Toulouse se sont vantés eux-mêmes d’avoir brûlé des Cathares. (Cf. BOUGUET, Ibid. T. XIX, p. 204. – Ch. LEA, p. 60).

    29. ROGIE et DESPIQUES. Histoire de France. Cours supér., p. 131 ; Cours moyen, p. 34. – AULARD. Histoire de France. Cours supér., p. 91 ; Cours moyen, p. 29. – GAUTHIER et DESCHAMPS. Cours supér., p. 34 ; – BROSSOLETTE. Cours moyen, p. 22.

    30. DUCHESNE. Histoire ancienne de l’Église. T. I, p. 565.

    31. VACANDARD. L’Inquisition, p. 82.

    32. Epist. Leonis PP. I, ad Turribium.

    33. Lex Wisigothorum. Nov. Tit. II.

    34. « Pendant neuf années, je me suis fait votre auditeur assidu et vigilant et je n’ai jamais vu un seul Élu qui n’ait été reconnu coupable ou qui n’ait prêté le flanc à de honteux soupçons… Tous paraissaient adonnés à la même corruption ». S. AUG. De moribus manich.,Lib. II, cap. XIX, no 68. – Confessions, Lib. IV, c. Ier.
    Dans ce même traité et dans d’autres, il insiste, avec preuves à l’appui, sur leur dépravation : « carnales nimis ». Cf. Ibid. cap. X,XVIII, 65, 68… 72. Contra Faustum. Lib. XV. c. 7. ; Lib. XXX. c. 6. – De natura boni, cap. 44 à 47. – Confessions, lib. VI, c. VI,VII.
    S. Bernard écrit de l’un d’eux, chef de secte : « C’est un moine apostat qui s’est plongé dans les sales plaisirs de la chair et du vice et qui, obligé par la honte de ses débauches à se dérober à la vue de ses amis ou plutôt forcé de s’éloigner à cause de ses crimes, erre partout comme un vagabond. Il a laissé dans les villes où il a passé, Lausanne, le Mans, Poitiers, Bordeaux, de tels souvenirs qu’il n’oserait y reparaître » (Lettre 241, au comte de Toulouse).
    S. Bernard insiste également, dans ses prédications, sur la corruption des Cathares. Cf. Serm. in Cant. 65. 66.

    35 Grey. PP. IX. Epist. 151. Lib. VI. Cf. Mon. Germ. hist. Epist. saec. XIII. T. I. p. 393. – RAYNALD. Annal. ad an. 1232 § 6, 7,8 ; ad an. 1233 § 41, 46, 47 ; ad an. 1237, § 66. – H. MAILLET. L’Église et la répression sanglante de l’hérésie, p. 83.

    36. Historiens de France. T. XVII, p. 11, note 6.

    37. LEA I, p. 142. – J. GUIRAUD, Questions d’histoire, p. 38. – Le IIIe concile de Latran (can. 26) fait une peinture navrante des excès de l’hérésie, dans le Midi.

    38 Conciles de Toulouse, 1139 – de Latran IIe, 1139 – de Reims, 1148, 1157 – de Montpellier, 1162 – de Tours, 1163 – de LatranIIIe, 1179 – de Vérone, 1184 – de Narbonne, 1195, etc. Cf. Mansi. Sacr. Concil. Collect. T. XXI et XXII.

    39. « Nous reconnaissons sans hésiter que, dans ces circonstances, la cause de l’orthodoxie n’était autre que celle de la civilisation et du progrès. Si le catharisme était devenu dominant ou seulement l’égal du catholicisme, il n’est pas douteux que son influence n’ait été désastreuse. L’Ascétisme dont il faisait profession, en ce qui concerne le mariage, aurait inévitablement conduit, s’il était devenu général, à l’extinction de l’espèce ; et, comme ce résultat implique une absurdité manifeste, il est probable qu’on aurait substitué au mariage des unions libres entraînant la destruction de l’idée de famille… Si cette croyance, qui faisait un péché de tout effort vers l’amélioration matérielle de la condition des hommes, avait recruté une majorité de fidèles, elle aurait eu pour effet de ramener l’Europe à la sauvagerie des temps primitifs. Ce n’était pas seulement une révolte contre l’Église, mais l’abdication de l’homme devant la nature » (Cf. H. Ch. LEA, Histoire de l’Inquisition au Moyen Âge, T. 1, p. 120). – L. TANON, Op. cit., p. 10.
    – « Ce n’étaient point des sectaires isolés, écrit Michelet, mais une église tout entière qui s’était formée contre l’Église… Les biens du Clergé étaient partout envahis » (Cf. MICHELET, Histoire de France, T. II, p. 469). Ailleurs il avoue, tout en plaidant leur cause, « qu’ils mettaient en commun, par charité, leurs biens et leurs femmes » (Ibid. T. III. éd. définitive, p. 153).
    – « Le triomphe de la Papauté sur les Albigeois, dit l’historien protestant de S. François d’Assise, fut celui du bon sens et de la raison », p. 40.
    – « En poursuivant à outrance le Catharisme, l’Église poursuivait vraiment un office de salubrité publique. Et l’État, n’avait qu’à lui prêter main-forte, s’il ne voulait périr lui-même avec tout l’ordre social (VACANDARD, Op. cit.. p. 123).
    – « On conçoit qu’avec le rejet de toute autorité, la destruction du mariage et la condamnation de la propriété, le Catharisme ait paru aux contemporains devoir amener, non seulement la ruine du catholicisme, nais aussi la ruine de la société » (LAVISSE etRAMBAUD, Histoire générale. T. II, p. 271.)

    40. E. VACANDARD, Vie de S. Bernard, T. II, p. 217-222.

    41. J. GUIRAUD, S. Dominique, p. 31, 36, 40. – BOLLAND., Acta SS., 4 août.

    42. LUCHAIRE, Innocent III et la Croisade des Albigeois, p. 41, 68, 115. – HÉFÉLÉ, Ximenès, p. 271.

    43. Philippe-Auguste avait mène répondu au pape que s’il voulait lui obtenir, du roi d’Angleterre, une trêve de deux ans, et faire lui-même tous les frais de la Croisade, il ne refuserait pas d’en prendre le commandement. C’était une façon polie de signifier son refus à Innocent III, car les finances pontificales déjà fortement obérées par la croisade de Terre-Sainte, n’étaient pas en état de supporter une pareille charge. (Cf. LUCHAIRE, Op. cit., p. 118-127.)

    44. Lettre d’Innocent III, du 9 mars 1208.

    45. AULARD, Histoire de France, Cours moyen, p. 35. – ROGIE et DESPIQUES, p. 34. – E. DEVINAT, p. 14. – L. BROSSOLETTE, p.22, etc.

    46. Cf. MICHELET, « Sur les mœurs des routiers », Histoire de France, Liv. IV, ch. 7.

    47. Cf. LUCHAIRE, Op. cit., p. 141.

    48. Cf. LEA, T. 1, p. 173.

    49. Ni la chronique de Pierre de Vaulx Cernay (ch. XVI, Patrol. MIGNE, T. CCXIII, ni Guillaume de Puylaurens (ch. XIII, Collection Guizot, T. XV), ni la fameuse chanson des Croisades (v. 421-481), ni la chronique de S. Denis, ni Guillaume le Breton, ni Albéric de Trois-Fontaines, ni Guillaume de Nangis, qui rapportent tous les menus faits de la croisade, ne font mention de cette sinistre parole. – Cr. TAMIZEY DU LARROQUE, Revue des questions historiques, T. I, 1866, p. 68. – M. A. MOLINIER, qui ne dissimule pas son hostilité pour l’Église, écrit, dans son Histoire du Languedoc, que « l’on doit déclarer absolument apocryphe ce mot barbare que la plupart des auteurs ont prêté au légat Arnaud ».

    50. Mgr DOUAIS, L’Église et la Croisade des Albigeois.

    51. LUCHAIRE, p. 155, 199, 201, 230.

    52. « La papauté a été un pouvoir essentiellement modérateur qui réagit aussi bien contre les intempérances de la foi que contre les iniquités et les coups de force des laïques » (LUCHAIRE, p. 37).

  2. Pingback: L’inquisition : les temps, les causes, les faits 2/7 | +†+Yesus Kristus azu+†+

  3. Pingback: L’inquisition : les causes, le temps, les faits 4/7 | +†+Yesus Kristus azu+†+

  4. Pingback: La vérité sur l’Inquisition, les cathares, Giordano Bruno, l’affaire Galilée et la Saint Barthélémy! | +†+Yesus Kristus azu+†+

  5. Pingback: L’Eglise a-t-elle interdit de lire la Bible? | +†+Yesus Kristus azu+†+

  6. Pingback: Pour en finir avec l’Inquisition! | +†+Yesus Kristus azu+†+

  7. Pingback: Pour en finir avec les cathares! | +†+Yesus Kristus azu+†+

Réagir à l'article

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :