+†+Yesus Kristus azu+†+

« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

L’inquisition : les temps, les causes, les faits 2/7

LA CROISADE DES ALBIGEOIS
I

[…] L’herbe avait repoussé sous les pieds d’Attila. Après le Baptême de Reims, l’Église ne s’était pas attardée à pleurer sur les ruines du monde romain qui venait de s’effondrer.

Tout était à recommencer : elle recommença. Elle alla franchement aux Barbares, pour rebâtir, avec ces éléments nouveaux, mais frustes, la cité future. Tâche colossale, jamais achevée, qui absorba l’effort de plusieurs siècles, contrariée sans cesse et vingt fois compromise par les assauts du dehors et les crises du dedans. Les grands Évêques du Ve siècle, puissamment secondés par les moines, l’avaient amorcée. Les grands Papes des XIe et XIIe siècles y travaillaient encore, car il faut attendre, chez nous, jusqu’à S. Louis pour la voir aboutir.

Non pas certes que ce fut l’idéal. Mais c’était un acheminement, un résultat qui n’a pas duré et qu’on n’a plus atteint depuis. C’était la civilisation médiévale, l’ordre social-chrétien du Moyen Âge ; c’était la Chrétienté !

L’Église qui laborieusement avait mis sur pied cette société, qui l’avait façonnée pièce à pièce, au jour au jour, en gardait tout naturellement la direction morale. Ce monde nouveau, créé par elle, qui lui devait tout, reposait tout entier sur elle. Le droit, et la politique s’inspiraient de l’Évangile. La Religion était à la base et au faîte de l’édifice social, fondement et clef de voûte.

Les institutions et les lois, les populations et les gouvernements, tout était chrétien ; et si les mœurs, sous la pesée des pissions humaines, fléchissaient facilement, les faiblesses et les inconséquences des individus n’ébranlaient en rien l’esprit public profondément enraciné dans la foi ; en sorte que les cadres, l’armature, valaient souvent mieux que les gens.

Dans chaque pays, l’Église et l’État étaient étroitement unis, sans se confondre, et les opérations distinctes ou conjointes des deux pouvoirs prenaient leur équilibre dans le principe supérieur de la Religion.

Les rois, maîtres chez eux, n’étaient pas les vassaux du Pape ; ils ne tenaient pas leur pouvoir du Pape, mais, en tant que chrétiens, ils étaient sujets de l’Église et relevaient du Pape, de telle façon que, sans que cela impliquât une ingérence directe dans les affaires de l’État, le Pape, avec son magistère spirituel et sa suprématie morale, était devenu, par la logique même des choses, la première des puissances, au sommet de la hiérarchie sociale.

Représentant de la Justice et du Droit, en dehors et au-dessus des nationalités, il jouait, dans toute la Chrétienté, un rôle de tuteur, de modérateur et d’arbitre. Il reprenait les rois injustes et scandaleux. Il prévenait ou apaisait les conflits. Il jetait, dans les balances de la diplomatie médiévale, le poids très lourd de son autorité[2].

Du seul fait qu’elles étaient toutes filles de l’Église, qu’elles se rattachaient au même tronc et vivaient de la même sève qui animait tout le corps social, les nations catholiques se sentaient solidaires les unes des autres ; et, malgré les rivalités particulières qui les mettaient souvent aux prises entre elles, volontiers elles concentraient leurs forces et syndiquaient leurs impuissances pour faire tête aux ennemis du dehors, qui les menaçaient toutes. Il y avait donc, en dépit du morcellement féodal, une vaste et large confédération des États-Unis de l’Europe catholique dont le Pape était le Président-né et dans laquelle empereur, rois, princes, ducs et seigneurs conservaient leur autonomie, sauf dans les cas où l’intérêt général exigeait une action commune, comme, par exemple, l’immense mobilisation de l’Occident chrétien contre les Turcs.

Dans un monde comme celui-là où l’unité de la foi était la meilleure garantie de l’unité politique, comment, toute considération théologique mise à part, comment tolérer l’hérétique ! N’était-ce pas sa cohésion religieuse qui faisait la force de la Chrétienté, sa sécurité par conséquent ? Toucher à la foi, c’était la pire des forfaitures. L’hérésie, c’était le suprême danger que les Princes comme les Papes devaient prévoir, conjurer, et, coûte que coûte, réprimer, puisque tous les coups portés à la religion ébranlaient l’ordre social.

Quoi d’étonnant que menacés ensemble l’Église et l’État se soient mis d’accord pour se défendre[3] !

L’Église certes y était intéressée. C’est pour elle une question vitale que de sauvegarder l’intégrité du dogme et de réagir contre tout ce qui met en péril la foi, sans tolérer jamais qu’on y porte atteinte, puisqu’elle repose dessus et qu’elle en vit. C’est sacré, intangible !

On discute des opinions, des systèmes philosophiques : on ne discute pas le Credo. Toutes les religions positives, à doctrines précises, sont nécessairement intolérantes. Elles ne peuvent pas se laisser entamer en supportant les novateurs ou en transigeant avec eux : car la tolérance implique toujours une concession, un accommodement avec l’erreur au détriment de la Vérité ; et tout amoindrissement rité dogmatique est aussi fatal à l’Église qu’une voie d’eau à un navire.

L’État, en ce temps-là, l’eût-il voulu, ne pouvait s’abstenir. Outre que c’était son devoir de prêter son appui à l’Église[4], il y était contraint par la nécessité.

Toute société qui veut vivre, met à la base de sa constitution quelques principes fondamentaux qu’elle déclare intangibles : la famille, la propriété, la patrie !

Libre à quiconque d’avoir, dans son for intérieur, des préférences pour le collectivisme, la polygamie, l’internationale ! Mais s’il fait école, s’il passe à l’action, s’il s’insurge contre l’ordre établi, il est anarchiste.

L’État ne s’inquiète pas des rêveurs, mais il muselle le propagandiste ; il réduit par la force l’anarchie, parce que la tolérance du Pouvoir serait une trahison, une abdication.

Or, au Moyen Âge, la religion était une de ces colonnes fondamentales, la colonne maîtresse de l’édifice et l’hérétique d’Église était un anarchiste d’État. D’autant plus que les hérésies du Moyen Âge remorquaient avec elles des doctrines et des pratiques positivement antisociales[5]. Le peuple, là-dessus, pensait comme les Papes et comme les Princes. Il n’y avait pas de dissidents. Le suffrage universel et tous les référendums auraient ratifié cette alliance étroite des deux pouvoirs, cette identification de la paix publique avec la paix religieuse et l’assimilation, qui en découle, de l’hérésie à un crime de droit commun, passible des pénalités civiles. Ces conceptions sont à cent lieues de notre mentalité du XXe siècle.

Aujourd’hui la rupture entre la religion et la politique est plus accentuée encore dans les esprits que la séparation de l’Église et de l’État dans les lois. Volontiers on regarde l’hérésie comme un délit d’opinion sans grande conséquence ; et, jusque dans nos rangs, on prend son parti des timidités, des effacements, des capitulations de conscience qui se cachent sous les mots de libéralisme, de tolérance et de neutralité. On les compte, les catholiques dont la foi n’est pas humiliée sous le respect humain et qui osent, à l’occasion, relever une impertinence dans un salon, un défi dans un atelier ou une insulte dans une réunion publique. On est si bien accoutumé à cantonner sa religion dans sa vie privée, qu’on s’étonne lorsqu’il en est fait cas dans la vie sociale.

Nos pères avaient plus de tempérament. Leurs convictions avaient une autre vigueur. Leur foi robuste s’affirmait partout. Ils en étaient fiers et ils entendaient qu’elle fût respectée. C’est donc sur ce terrain et dans cette atmosphère que surgit l’hérésie au XIe siècle, et quelle hérésie !

II

Les Cathares, comme ils se nommaient, c’est-à-dire les Purs (χαθαροι) étaient d’origine orientale. Ils se rattachaient, par une parenté lointaine, aux manichéens du IIIe siècle[6]. Traqués par le gouvernement de Constantinople (Xe siècle), ils avaient franchi le Danube, pour s’installer en Bulgarie, en Macédoine, gagner successivement l’Italie par l’Adriatique, puis le nord de la France où les foires de Champagne, de Picardie, des Flandres attiraient les Italiens ; et le peuple, les voyant remonter des provinces balkaniques, les appela Bulgares, par corruption Boulgres, bougres. Mais bientôt, répandus dans tout le pays, surtout dans le midi de la France, où ils concentrèrent leurs forces, on les désigna sous le nom d’Albigeois. Leur doctrine est basée sur le dualisme manichéen.

Dans le monde, disent-ils, dans l’être humain, le Bien et le Mal sont en présence et se heurtent. La création matérielle porte en elle-même, partout, des germes, des traces de corruption : elle ne peut pas être l’œuvre du Bon Dieu. Et cependant, la belle ordonnance des phénomènes de la nature atteste un plan de sagesse et de puissance : il faut qu’elle soit l’œuvre d’un autre Dieu, mais alors aussi puissant que mauvais. Il y a donc deux créateurs qui se font échec et se combattent : l’un, Principe du Bien, qui a fait la lumière, les anges, les âmes spirituelles dans le ciel ; l’autre, Principe du Mal, auteur des corps et de la matière[7].

L’Esprit mauvais, Satan, le Dieu méchant, s’est introduit dans le ciel. Il a séduit, non pas les anges, mais les âmes. Il les a attirées sur la terre pour les emprisonner dans les corps : ce sont des esprits déchus, en période d’épreuve, qui passent par des existences successives, même dans des corps d’animaux, jusqu’à complète purification.

Jésus-Christ, qui n’est que le premier des anges et qui n’a pas souffert, son corps n’étant qu’une illusion, un fantôme, est venu pour les aider, non par une Rédemption au sens où nous l’entendons, mais en leur indiquant la Voie et en fondant, pour les guider, l’Église cathare.

Leur morale découle de ces principes.

Le monde matériel est impur ; c’est le Mal : plus on s’en sert, plus on se souille ! La vie est un malheur, une abjection : à la détruire, on se libère !

D’où, un régime d’ascétisme farouche, outré, un mépris absolu de la chair, qui se traduit d’abord par la condamnation et l’abolition du mariage : la maternité est une honte et la génération une œuvre diabolique ; puis par l’abstinence perpétuelle de tout aliment de provenance animale, même le lait, même les œufs, en tant qu’impur, à cause aussi de la métempsycose ; enfin, outre la saignée fréquente que s’infligeaient les plus rigoristes, par des jeûnes sévères, trois fois la semaine, au pain et à l’eau, sans compter trois carêmes de quarante jours chacun.

Le corps est l’ennemi : on le traite en ennemi. « N’aie pas pitié de ma chair née de la corruption ; aie seulement pitié de mon âme, captive dans ma chair ! » Voilà la prière cathare.

Avec cela, un culte lugubre, extrêmement simplifié : plus de sacrements, plus de messe, plus de croix, plus de purgatoire ; des réunions dans des salles nues, avec un prêche, des prières qui se réduisent au Pater, le pain bénit et une sorte de coulpe faite par les assistants !

C’est la religion de la désespérance : pas de libre-arbitre ! aucun mérite aux bonnes œuvres ! le salut par la seule Église cathare ! Il faut en être, mais c’est assez d’en être pour aller au ciel.

On y entre par des initiations, après avoir abjuré le baptême catholique ; car l’Église romaine, c’est la Synagogue de Satan qu’il faut détruire.

Les vrais initiés, qui composaient l’état-major, et dont le nombre était restreint, s’appelaient modestement les Parfaits, les Élus,les Bonshommes, comme disaient les paysans, les Purs, qui ont en eux l’esprit-saint (voir la note 11) et devant qui les autres doivent se prosterner.

Ils avaient des signes secrets pour se reconnaître. Ils cessaient toute relation avec leur famille, car la doctrine cathare aboutit logiquement à la haine du père et de la mère, auteurs de la vie ; mariés, ils devaient se séparer de leur conjoint. Ils affectaient une grande austérité de vie, toute pharisaïque, en façade, comme les Manichéens leurs pères[8]. La masse des simples adeptes, les Croyants, revendiquaient le nom de chrétiens ; mais, « ils n’étaient pas plus chrétiens que les adorateurs d’Ormuz ou d’Ahriman, les fakirs de l’Inde, ou les fatalistes de l’Islam[9] ».

Ceux-là bénéficiaient de larges tempéraments. On tolérait pour eux le mariage ou plutôt l’union libre, car « le mariage est plus criminel que la débauche » ; et on le détournait systématiquement de sa fin naturelle par ces immorales pratiques qui dépeuplent aujourd’hui nos foyers[10]. On ne les astreignait pas aux rigides observances. D’ailleurs, ils ne se gênaient guère, puisqu’il leur suffisait de recevoir avant de mourir, le Consolamentum des Parfaits, le Baptême de l’Esprit, pour être sauvés[11] ; et, la plupart, au risque d’être surpris, en ajournaient la réception in extremis.

Les ardents le recevaient en bonne santé et se laissaient ensuite mourir de faim, pour être sûrs de ne pas perdre la grâce.

Ce suicide religieux, l’Endura, était organisé et recommandé comme un grand acte de dévotion. Il équivalait au martyre. On l’imposait aux enfants, aux malades ; et, quand l’instinct de la conservation se révoltait, les parents, les amis, s’interposaient pour prémunir le patient contre sa propre faiblesse et mener quand même l’affaire à bien[12].

Les historiens disent que l’Endura a fait plus de victimes que l’Inquisition en France.

Il est incontestable que soutenus par ce fanatisme exalté qui aspirait à libérer l’âme de l’emprise du corps, les Cathares se sont montrés souvent intrépides en face de la mort. La secte prêchait, avec le refus des impôts et l’interdiction du serinent[13], la communauté des biens, en évoquant les mœurs de la primitive Église.

Elle s’insurgeait contre tout code pénal, car les malfaiteurs, pas plus que les autres, ne sont responsables de leurs actes et la justice humaine n’a pas le droit de punir. Elle niait la Patrie et proscrivait la guerre. En dehors du clan, elle ne connaissait ni parents, ni amis, ni prochain. Elle condamnait le travail manuel comme immoral : la nature étant maudite, tout effort pour l’améliorer est un péché[14]. Ne sont-ce pas là les théories de nos libertaires et de nos pires anarchistes ?

Tandis que leurs groupements très fermés agissaient dans l’ombre, par les sociétés secrètes, ces loups s’affublaient volontiers de peaux de brebis. Très habiles propagandistes, ils circonvenaient les individus, s’insinuaient dans les familles, les réunions, les corporations, répandaient des livres et des brochures. Ils fondaient des ouvroirs, des ateliers pour attirer les ouvriers ; des pensionnats, des couvents où ils offraient gratuitement l’instruction aux filles des bourgeois ruinés, des seigneurs, des hobereaux sans fortune ; ils façonnaient ainsi, sans bruit, dans ces maisons d’entraînement, d’intrépides apôtres. Ils s’ingéniaient, pour donner le change, à mettre en relief les rares pratiques extérieures du culte catholique qu’ils avaient conservées[15] : certains rites, quelques fêtes plus populaires, Noël, Pâques, la Pentecôte, l’usage de Nouveau Testament, une hiérarchie calquée sur la hiérarchie romaine : des évêques, des prêtres et des diacres, élus toujours parmi les Parfaits[16].

Ils avaient sans cesse à la bouche le nom de Jésus-Christ, annonçaient une prochaine effusion de l’Esprit-Saint qui régénérerait le monde, et se posaient ainsi moins en adversaires de l’Église qu’en réformateurs. Pour le menu peuple et pour les paysans, qui n’y regardaient pas de si près, l’illusion était facile, d’autant plus qu’ils n’avaient sous les yeux qu’un clergé discrédité et sans influence.

Jamais ce chancre de l’hérésie n’aurait mordu autant sur cette Société du XIe siècle, si elle n’avait été déjà profondément entamée. On était loin encore des beaux jours du Moyen Âge. L’Église venait de s’arracher, au prix d’une lutte formidable, de l’étreinte du Pouvoir civil qui avait failli l’étouffer. Elle sortait fort meurtrie de la crise des Investitures laïques. Grégoire VII et Urbain II avaient commencé l’ouvre d’assainissement ; Innocent III, Grégoire IX, Innocent IV, ne l’avaient pas encore achevée[17].

C’est que, en enrichissant l’Église, aux siècles précédents, la féodalité l’avait asservie. Les grasses prébendes fondées par la piété ou la pénitence des ancêtres, excitaient la convoitise des ambitieux ; et ce n’étaient ni les plus aptes ni les plus vertueux qui intriguaient davantage. Le Prince réservait évêchés et abbayes à ses favoris, fils de famille sans vocation, plus préoccupés du bénéfice que de la charge pastorale. Du haut en bas, la même intrusion des Seigneurs poussait aux cures des incapables et des indignes.

Le sel de la terre s’était terriblement affadi !

Triste épiscopat ! Clergé pire encore ! Brebis galeuses et mauvais bergers ! Le IVe Concile de Latran est obligé de reconnaître que « la corruption du peuple a sa source principale dans le clergé[18] ».

Que pouvaient devenir, en effet, dans ces conditions, les populations abandonnées ? Les pires s’enfonçaient plus avant dans le vice ; les meilleurs, dégoûtés, se détournaient de leurs pasteurs ; les âmes d’élite se réfugiaient dans les cloîtres les plus réguliers que le grand mouvement de Cluny avait déjà réformés[19].

Le Midi était plus malade encore que le Nord.

Dans ces régions du littoral envahies depuis toujours par les étrangers, Grecs, Levantins, Italiens, trafiquants de toute nationalité, qui y apportaient leurs tares plutôt que leurs qualités, terre promise des Juifs[20] qui s’y étaient fait de grosses situations commerciales et qu’on admettait aux charges publiques, les gens du Midi, race aimable et frivole, au cœur léger, à l’esprit mobile, voluptueuse et sceptique par tempérament, tout à la joie de vivre, grisée de soleil sous son grand ciel bleu, d’une religion sentimentale plus en surface qu’en profondeur, les gens du Midi avait glissé plus vite et plus loin dans la décadence.

Nulle part ailleurs, le clergé n’était aussi négligent ni plus méprisé. On trouvait encore de saints Évêques dans le Nord : on n’en comptait guère dans le Midi.

Les nobles ne valaient pas mieux et les bourgeois frondeurs s’insurgeaient aussi volontiers contre leur Évêque que contre leur Seigneur[21].

Tout ce monde-là fit bon accueil aux Cathares : le peuple parce qu’il est crédule et qu’il escomptait quelque profit de cette « réforme » ; les indépendants, les mécontents, parce qu’ils en voulaient au St-Siège de les avoir troublés dans leur quiétude en les rappelant à la discipline ; les autres, par curiosité, parce que ces nouveautés, qu’ils sentaient suspectes, les amusaient sans les gêner beaucoup […]

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6 commentaires sur “L’inquisition : les temps, les causes, les faits 2/7

  1. +++Yesus Kristus azu+++
    17 juillet 2014

    NOTES.

    1. « L’historien de l’Église sera d’autant plus fort qu’il aura été plus loyal à ne rien dissimuler des épreuves que les fautes de ses enfants, et parfois même de ses ministres, lui ont fait subir dans le cours des siècles » (Léon XIII, Encyclique au Clergé de France, 8septembre 1899).

    2. Cf. G. Goyau, Les Papes et la Civilisation. Maîtrise des papes sur la société du Moyen Âge (Éd. Didot, 1895), p. 58, 82, 86.

    3. Les Ordonnances des Roys de la 3e race expriment très nettement cette idée de l’accord nécessaire des deux pouvoirs contre l’hérétique : « La justice laïc le doibt prendre et envoier au juge ordinaire (l’Évêque) et quand li juge l’auroit examiné, se il trouvoit que il feust bougre, il le devrait fère envoiér à la justice laïc et la justice laïc le doigt fère ardoir » (Cf. n° CXXIII).

    4. Cf. Mgr D’HULST, Conférences, 1895. L’Église et l’État, p. 127. – CH. M. Le Droit social de l’Église, p. 224.

    5 « L’hérésie du Moyen Âge s’est presque toujours doublée de systèmes antisociaux. En un temps où la pensée humaine s’exprimait le plus souvent sous une forme théologique, les doctrines socialistes, communistes et anarchistes se sont montrées sous une forme d’hérésie. Dès lors, par la force des choses, la cause de l’Église et celle de la Société étaient étroitement unies, pour ainsi dire confondues ; et ainsi s’explique et se précise la question de la répression de l’hérésie au Moyen Âge. » (J. GUIRAUD, La répression de l’hérésie au Moyen Âge. Cf. Questions d’histoire, p. 44.)

    6. Cf. DUCHESNE, Hist. anc. de l’Égl. T. I, p. 555.

    7. Quelques docteurs cathares admettent un dualisme mitigé, en ce sens que Satan, Esprit très puissant, mais créature déchue du Dieu Bon, reste vis-à-vis de Lui dans une certaine dépendance. Cf. J. M. VIDAL. Doctrine et morale des derniers ministres albigeois(Revue des questions historiques, 1er Avril 1909, p. 366).

    8. « Deux sortes d’attraits faisaient la fortune du Manichéisme, écrit M. de Champagny, l’attrait d’une austérité éclatante et l’attrait de la volupté cachée… Là est le secret du développement et de la persistance de cette Secte dont la folie nous étonne et dont la dépravation nous révolte. Les âmes orgueilleuses étaient attirées par la dignité austère des Élus ; les âmes sensuelles, par les voluptés honteuses qu’on tolérait chez le vulgaire des Croyants » (De CHAMPAGNY, Les Césars, T. III, p. 222-226).

    9 J. GUIRAUD, Revue des Questions historiques (1er Avril 1906, p. 612).

    10. Cf. S. AUG. Contra Faustum, Lib. XV, c. 7, xxx, 6. – De natura boni, cap. 44-47.
    GRÉGOIRE IX, Bulles Speciosus forma (3 sept. 1232), et Vox in Rama (15 juin 1233). Cf. Bullar. Ord. Praedicat.
    J. GUIRAUD, Questions d’histoire, p. 19-21-79.
    MICHELET, Histoire de France (Éd. définitive), T. I1, p. 318.
    GAFFRE, Inquisition et inquisitions. Note 1, p. 36.

    11. Dans le plan du Dieu bon, claque âme était sous la garde d’un esprit, ange gardien d’essence supérieure, qui s’était séparé d’elle au moment de sa chute et était resté au ciel. Or, par le Consolamentum, l’âme déchue était non seulement purifiée, mais réunie à son esprit saint, d’où ce nom de Consolamentum, au rite fondamental des Cathares ; d’où aussi ce mépris et ce désir de la mort ; car les âmes ainsi régénérées n’aspiraient plus qu’à s’évader de la prison du corps pour retourner au ciel (Cf. GUIRAUD, Initiation cathare,Op. cit., p. 106).

    12. Cf. Ch. MOLINIER. L’Endura, coutume religieuse des derniers sectaires albigeois (Annales de la faculté de Bordeaux, III, 1881).
    J. GUIRAUD, Morale des Albigeois. Cf. Questions d’histoire, p. 51. Revue historique, T. XLIV, p. 225.
    DOAT, Documents relatifs à l’Inquisition. T. XXII, p. 170.
    Mgr DOUAIS, Les Albigeois, p. 252.
    L. TANON, Histoire des tribunaux de l’Inquisition en France, p. 225.
    VACANDARD, L’Inquisition, p. 115.

    13. Le serment, au Moyen Âge, était le lien du faisceau social. Toutes les relations d’autorité ou d’affaires reposaient sur la bonne foi, la parole donnée.

    14 H. MAILLET, L’Église et la répression sanglante de l’hérésie, p. 22.
    H. Ch. LEA, Histoire de l’Inquisition, T. I, p. 20, 120.

    15. Outre cette analogie toute factice qui fait, de certains usages de la secte, une contrefaçon des pratiques catholiques du XIIIe siècle, il y avait, entre les rites cathares du Moyen Âge et les antiques observances de la primitive Église, depuis longtemps, oubliées, une telle ressemblance qu’on croirait à une adaptation parfaite. On dirait, à lire leurs rituels, que le Consolamentum est calqué sur l’initiation chrétienne des catéchumènes, sur la réconciliation des pénitents et la consécration épiscopale des premiers temps. Et cette similitude suffirait, s’il en était besoin, à authentiquer la parenté étroite des Cathares avec les Manichéens du IIIe siècle (Cf. J. GUIRAUD, Initiation cathare, p. 96-149).

    16. Sur la doctrine Cathare : Bernard GUI, Practica inquisitionis heretice pravitatis, 4e P. fo 130 et seq. (DOUAIS, p. 237) ; – J. M. VIDAL. Doctrines des derniers ministres Albigeois (Cf. Revue des Questions historiques. 1er Avril-1er Juillet 1909) ; – J. GUIRAUD, Questions d’histoire et d’archéologie chrétiennes, ch. I, II et III. S. Dominique, p. 21-25 ; – H. Ch. LEA, Histoire de l’Inquisition au Moyen Âge, T. I, ch. III ; – SCHMEDT, Histoire et doctrines de la Secte des Cathares ou albigeois ; – LUCHAIRE,Innocent III et la Croisade des albigeois ; – VACANDARD, L’Inquisition, p. 80, 115 ; – F. VERNET, Dictionnaire de théologie catholique. Art. Albigeois ; – Mgr DOUAIS, 1° Les Albigeois. 2. Hérétiques du Comté de Toulouse d’après une enquête de 1245(Cf. Compte-rendu du Congrès scientifique international des catholiques. Section Histoire. Paris, 1891, p. 148).

    17. Cf. O. DELARC, Grégoire VII et la réforme de l’Église au XIe siècle. T. III. – G. GOYAU, Les Papes et la civilisation, p. 50. – L. PAULOT, Urbain II, Liv. II, p. 75.

    18. Ch. LEA, Op. cit. I, p. 146.

    19. Cf. A. BAUDRILLART, Cluny et la Papauté, p. 10.

    20. Cf. Grande Encyclopédie. Art. Juifs, par Théod. REINACH.

    21. Sur la noblesse du Midi. Cf. MICHELET, Histoire de France, Liv. IV, ch. 6 T. II, p. 401-409. – Ch. LEA, Op. cit. I, 157.

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