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« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

La vérité sur l’Eglise et l’esclavage

Toute la vérité sur les mensonges historiques contre l’Église: ici

La vérité sur la Controverse de Valladolid: ici

Textes de Papes contre l’esclavage:

Lettre Unum est du Pape Jean VIII de 873, aux princes de Sardaigne sur le devoir d’affranchir un esclave: cliquer ici.

Encyclique Sicut Dudum du 13 janvier 1435 du Pape Eugène IV, condamnant l’esclavage et excommuniant les esclavagistes: cliquer ici.

On accuse souvent le Pape Nicolas V d’avoir autorisé l’esclavage des Noirs en 1455, en réalité il n’en est rien, comme nous le prouvons dans cet article.

Le Pape Pie II déclara en 1462 que l’esclavage était un « grand crime » (magnum scelus)

le 29 mai 1537, suite à la plainte des Dominicains au sujet de colons espagnols qui avaient soumis les indiens d’Amérique Centrale, le Pape Paul III adresse au cardinal Juan de Tavera, l’assez véhément Bref apostolique Pastorale Officium soutenant Charles Quint dans sa démarche d’abolition de l’esclavage des indigènes.

Le 2 juin suivant, le même Paul III ré-écrit au même cardinal, la lettre Veritas ispa: (lire la lettre: ici): confirme le droit humain à la liberté et la propriété.

Enfin, le 9 juin de la même année, le même Pape confirme très officiellement les lettres précédentes dans la Bulle Sublimis Deus (la lire ici).

Le 3 décembre 1839, le Pape Grégoire XVI dirige très clairement l’Église du XIXe siècle vers l’abolition de l’esclavage par la Bulle In Supremo Apostolatus Fastigio dont voici un extrait: « […] il arriva enfin que, depuis plusieurs siècles, il ne se trouvait plus d’esclaves dans la plupart des nations chrétiennes. Mais, nous le disons avec douleur, il y en eut depuis, parmi les fidèles même, qui, honteusement aveuglés par l’appât d’un gain sordide, ne craignirent point de réduire en servitude, dans des contrées lointaines, les Indiens, les nègres ou autres malheureux, ou bien de favoriser cet indigne attentat en établissant le commerce de ceux qui avaient été faits captifs par d’autres. »

Le Pape Léon XIII écrit deux encycliques contre l’esclavage. La première, du 5 mai 1888, est In Plurimis (voir: ici): écrite pour le Brésil, In Plurimis argumente très clairement sur l’illicéité de l’esclavage. Et la deuxième, du 20 novembre 1890, est Catholicae Ecclesia (voir: ici): adressée à l’Afrique, Catholicae Ecclesiae adresse spécifiquement le rôle des missions en Afrique et suggère des actions concrètes comme des collectes de fonds pour l’affranchissement des esclaves africains.

Texte de Rodney Stark


    Le problème n’était pas que le leadership fut silencieux. C’était que presque personne ne l’a écouté.

 

        Quelques auteurs catholiques prétendent que ce ne fut pas avant les années 1890 que l’Église Catholique Romaine condamna l’esclavage. Un prêtre britannique a prétendu que cela n’a pas eu lieu avant 1965. Un Non-sens!

 

        Dès le septième siècle, Sainte-Bathilde (l’épouse du Roi Clovis II) devint célèbre pour sa campagne afin de faire cesser le commerce des esclaves afin de les libérer tous; en 851 Saint-Anskar débuta ses efforts pour faire stopper le commerce d’esclaves effectué par les Vikings. Que l’Église baptisa volontairement les esclaves démontre qu’ils furent  considérés comme ayant une âme, et très tôt, Rois et Évêques, incluant William le Conquérant (1027-1087) Saint-Wulfstan (1009-1095) et Saint-Anselme (1033-1109) interdirent l’esclavage des Chrétiens.

 

        Puisqu’en faisant exception des petits hameaux, Juifs et Vikings au nord, tout le monde était au moins nominalement un Chrétien,  l’esclavage était effectivement supprimé en Europe médiévale, excepté aux frontières méridionales et orientales avec l’Islam où des deux côtés on asservissait les prisonniers de l’autre. Toutefois, même cette pratique a épisodiquement fait l’objet de condamnation: au dixième siècle, les évêques de Venise ont proclamé une expiation publique pour la participation passée dans le commerce d’esclaves des Maures et ont cherché à empêcher tout Vénitien de participer à l’esclavage. Puis, au treizième siècle, Saint-Thomas d’Aquin conclut que l’esclavage était un péché. Ainsi, une série de papes supportèrent sa position en 1435, année où culminèrent trois déclarations majeures contre l’esclavage par le Pape Paul III en 1537.

 

        Il est significatif qu’au jour d’Aquin, l’esclavage était déjà une chose du passé ou des contrées éloignées. En conséquence, il  porta peu d’attention au sujet intrinsèque, prêtant plutôt d’attention au servage, qu’il tint également pour répugnant.

 

        Cependant, dans son analyse globale de la moralité dans les rapports humains, Aquin considérait l’esclavage comme étant en opposition à la loi naturelle, concluant que toutes les «créatures raisonnables» ont un droit à la justice. Par conséquent, il ne trouva aucune base naturelle pour prétendre à esclavage de personnes plutôt que d’autres, « de ce fait enlevant toute espèce de justification possible pour l’esclavage basée sur la race ou la religion.» La raison, et non pas la coercition, est la base, morale de l’autorité, parce qu’aucun «homme n’est par sa nature assujetti  à un autre.»

 

        Sur cette question, Aquin a distingué deux formes de  «sujétion» à l’autorité, l’une juste et l’autre injuste. La première existe lorsque les dirigeants travaillent pour l’avantage et le bénéfice de leurs sujets. La forme injuste de soumission « est celle de l’esclavage, dans lequel l’autorité contrôle le sujet pour ses propres avantages.» Se fondant sur l’immense autorité donnée à Aquin par l’Église, la position officielle était donc que l’esclavage était un péché.

 

        Il est vrai que quelques papes n’ont pas observé l’obligation morale d’opposition à l’esclavage. En 1488, le pape Innocent  VIII accepta un cadeau de cent esclaves Maures fait par le Roi Ferdinand d’Aragon, donnant certains d’entre eux à ses cardinaux. Naturellement, Innocent était un cas à part puisqu’il en est venu à commettre dans sa vie des actions parfaitement immorales. Cependant, la laxité ne doit pas être confondue avec la doctrine.  Ainsi. tandis qu’Innocent engendra beaucoup d’enfants, il n’a en aucun temps changé la doctrine officielle de l’Église comme quoi le clergé devait être célibataire. De la même manière, son acceptation d’un cadeau d’esclaves ne devrait pas être confondue avec des enseignements officiels de l’Église sur l’esclavage, enseignements qui ne changèrent pas. Ceux-ci ont été énoncés fréquemment et explicitement lorsqu’il devenait pertinent de le faire.

 

        Lors des années 1430, les Espagnols colonisèrent les îles Canaries et commencèrent à asservir la population indigène. Il n’était pas question de servage mais d’un véritable esclavage de sorte que des Chrétiens et les Maures pratiquèrent longtemps  sur les captifs en Espagne. Quand la rumeur de ces actions atteignit le Pape Eugène IV (1431 à 1447), il publia une Bulles, «Sicut Dudum». Le pape n’y a pas mâché ses mots. Sous la menace de l’excommunication, il donna quinze jours à partir de la réception de sa Bulle pour « restaurer à leur liberté au plus tôt toute personne de l’un ou l’autre sexe qui était par le passé, des résidants de les dites îles Canaries. . . Ces personnes doivent être totalement et perpétuellement libres et doivent être laissées libres sans exaction ou demande de quelques sommes d’argent que ce soit. Le Pape Pie II (1458 à 1464) et le Pape Sixte IV (1471 à 1484) ont poursuivi cette action par des Bulles additionnelles condamnant l’esclavage des insulaires dans les îles Canaries, qui, malheureusement, a quand même continué… Ce que cet épisode démontre est la fragilité de l’autorité papale de l’époque, et non pas une indifférence de l’Église au péché de l’esclavage.

       

        Avec le succès des invasions Espagnoles et Portugaises du Nouveau Monde, l’esclavage des indigènes et l’importation des Africains s’en sont suivis, et quelques esclavagistes ont eu comme raisonnement que cela n’était pas en violation de la moralité chrétienne, prétendant que ces derniers n’étaient pas « des créatures raisonnables» ayant droit à la liberté mais étaient plutôt des espèces d’animaux, et que donc légitimement sujets à l’exploitation humaine. Ce subterfuge théologique par les esclavagistes-commerçants fut astucieusement employé par Normand F. Cantor pour accuser le Catholicisme alors qu’il dit  : « l’Église a accepté l’esclavage… au seizième siècle en Espagne, les chrétiens discouraient au sujet de savoir si les esclaves noirs avaient une âme ou étaient des créations animales du Seigneur.» Cantor ne donna aucune indication comme quoi Rome à plusieurs reprises dénonça l’esclavage dans le Nouveau Monde comme motif d’excommunication.

 

        Et pourtant  c’est précisément ce que fit le Pape Paul III (de 1534 à 1549) sur cette question. Bien que membre d’une famille ecclésiastique Romaine, et quelquefois libertin dans ses premières années (il a été fait cardinal à vingt-cinq ans mais n’a pas accepté l’ordination jusqu’à ce qu’il ait eu cinquante ans). Paul se transforma et devint un  pape efficace et pieux qui a pleinement reconnu la signification morale du Protestantisme et lança la Contre-Réforme. Sa Bulle magnifique contre l’esclavage dans le Nouveau Monde (aussi bien que les Bulles semblables par d’autres papes) furent d’une façon ou d’une autre «oubliées» des archives historiques jusque très récemment.

 

        Je crois que ceci est redevable aux polarisations extrêmes des historiens protestants, qui ont pu également avoir été méprisants de la prédication du  pape affirmant que Satan était la cause de l’esclavage :

 

 « [ Satan, ] l’ennemi de la race humaine, s’oppose toujours à tout homme bon de sorte que sa course puisse se terminer, il a planifié  d’une manière, inattendue bien avant maintenant, un moyen par lequel il pourrait empêcher la parole salvatrice de Dieu d’être annoncée aux nations. Il a remué le monde de ses alliés qui, désirant satisfaire leur propre avarice, osent affirmer en long et en large que les Indiens de l’Ouest et du Sud qui sont venus à notre connaissance en ces périodes puissent être réduits à notre service comme des animaux brutaux, sous le prétexte qu’ils ne connaissent pas la foi Catholique. Et ils les réduisent ainsi à l’esclavage, les traitant par des afflictions qu’ils emploieraient à peine avec les animaux»

 

 «Par conséquent, Nous… considérant que les Indiens eux-mêmes sont en effet des hommes vrais… par notre décret Apostolique d’Autorité, décrétons et déclarons par ces lettres présentes que ces mêmes Indiens et touts autres peuples,   même s’il sont en dehors de la foi, ne doivent pas être privés de leur liberté ou de leurs autres possessions et ne sont pas à être réduits en esclavage, ou de ce qui en résulte, et quoi que ce soit qui soit fait en contradiction de ce que nous disons, est proclamé comme nul et non avenant.

(l’italique est de moi)

 

        Dans une seconde Bulle sur l’esclavage, Paul  appliqua la sanction de l’excommunication à quiconque sans regard pour : « sa dignité,  son état, sa condition, ou sa fonction… qui de quelque façon que ce soit prétend réduire les dits Indiens à l’esclavage ou de les dépouiller de leurs biens.»  

 

        Mais rien ne s’est produit. Bientôt, en plus de l’exploitation brutale des Indiens, les bateaux esclavagistes Espagnols et Portugais ont commencé à naviguer entre l’Afrique et le Nouveau Monde. Et comme les missionnaires Catholiques d’outre-mer avaient éveillé Rome afin qu’elle condamne l’esclavage des Indiens, des appels semblables ont été envoyés au sujet des esclaves noirs importés. Le 22 Avril 1639, le pape Urbain VIII (1623 à 1644), sur demande des Jésuites du Paraguay, publia une Bulle  « Commissum Nobis»  réaffirmant la loi de «notre prédécesseur Paul III» pour ceux qui réduisent d’autres à l’esclavage puisqu’étant ainsi sujets à l’excommunication. Par la suite, la Congrégation du Saint Office (l’Inquisition Romaine) a même abordé la question. Le 20 Mars 1686. Elle intervint sous forme de questions et réponses :  

 

Il est demandé :

 

S’il est permis de capturer par la force et la duperie des noirs ou autres indigènes qui n’ont porté préjudice à personne?

Réponse : non.

 

S’il est autorisé d’acheter, de vendre ou de faire des contrats en tout respect des noirs ou autres indigènes qui n’ont pas porté préjudice à personne et n’ont rien fait et qui ont été faits captifs par la force de la duperie?

Réponse : non

 

Si les propriétaires de Noirs et autres natifs qui n’ont porté préjudice à personne et ont été capturés par la force ou la ruse, doivent les remettre en liberté ?

Réponse: Oui

 

Si les ravisseurs, les acheteurs et les propriétaires de Noirs ou autres indigènes qui n’ont porté préjudice à personne et qui ont été capturés par la force ou la duperie n’ont pas le droit de leur demander de payer compensation?

Réponse : Oui.

 

        Rien d’ambigu ici. Le problème ne fut pas que l’Église ne condamna pas l’esclavage; ce fut que peu entendirent et que la plupart d’entre eux refusèrent d’écouter. À cette époque, les papes avaient peu ou à peu près pas d’influence sur les Espagnols et les Portugais puisqu’à ce moment-là, l’Espagne même régnait sur la majeure partie de l’Italie; en 1527, sous la conduite de Charles V, les espagnols ont même saccagé Rome. Si le pape avait si peu d’influences en Espagne ou au Portugal, il en avait à peu près aucune dans le Nouveau Monde et les nouvelles colonies, excepté indirectement par le travail des ordres religieux. En fait, il était illégal même d’éditer les décrets papaux « dans les possessions coloniales espagnoles sans le consentement royal,»  et le roi s’arrogeait le droit de désigner également tous les évêques.

 

        Néanmoins, la Bulle d’Urbain VIII fut lue en public par les Jésuites à Rio de Janeiro, avec comme résultat qu’ils furent attaqués à l’université locale des Jésuites avec pour compte qu’un certain nombre de prêtres furent blessés. Dans Santos, une foule a piétiné un Jésuite vicaire-général quand il a essayé de publier la Bulle, et les Jésuites ont été expulsés de Sao Paulo lorsque la rumeur se répandit de leur action pour faire connaître la Bulle contre l’esclavage. Ainsi, la connaissance des Bulles anti-esclavagistes et des décrets postérieurs de l’Inquisition contre l’esclavage ont été généralement limités au clergé, particulièrement aux ordres religieux, ce qui de ce fait a limité leur impact public.

 

        Naturellement, les Espagnols et les Portugais n’étaient pas les seuls esclavagistes du Nouveau Monde. Et même si  les Bulles papales furent publiées partout, elles n’eurent aucune force morale chez les Anglais et les Hollandais. Ainsi, il doit être noté que l’introduction de l’esclavage au Nouveau Monde n’a fait l’objet d’aucune dénonciation de personnalités hollandaises ou Protestantes Anglaises.

 

        Cependant, bien que les Bulles papales contre l’esclavage aient été rejetées dans le Nouveau Monde, les vues anti-esclavagistes de l’Église ont eu un effet significatif de modération dans les Amériques Catholiques par les moyens du  «Code Noir et du Código Negro Español. Dans les deux cas, l’Église a inspiré leur formulation et leur renforcement, démontrant de ce fait son opposition fondamentale à l’esclavage et cela en essayant d’assurer « les droits des esclaves et son bien-être matériel,» et en imposant des «obligations aux propriétaires d’esclaves, limitant ainsi leur contrôle sur ces derniers.» Comme Eugene Genovese l’a mentionné : « le Catholicisme a fait une différence profonde dans les vies des esclaves. [ En ] donnant aux sociétés esclavagistes américaines brésiliennes et espagnoles une éthique. . .  celui d’une véritable législation spirituelle.»

 

        La prédominance d’anti-religieux, et particulièrement d’anti-Catholique, polarisée principalement dans la relation de l’histoire sur l’esclavage est bien démontrée par la «rubrique» sur  «Le Code Noir dans la Colombia Encyclopedia de 1975»  sous le mot Louisiane nous lisons : « [ Le code Noir adopté en 1724 pourvoit au contrôle rigide de la vie des [ esclaves ] et à la protection des blancs. Des dispositions complémentaires ont établi le Catholicisme comme religion officielle.» Et c’est fait ! Pas la plus légère reconnaissance des nombreux articles conçus pour protéger les esclaves. Il ne s’agissait pas d’une proclamation d’émancipation c’est un fait, mais le «Code des Barbades» n’en était pas un non plus.

 

        Comme exemple additionnel de la polarisation biaisée  antireligieuse chez les historiens contemporains, considérez que dans son article sur le Code Noir, Robin Blackburn a écrit « la politique officielle feinte l’encouragement des mariages d’esclaves dans les colonies françaises,» seulement à la fin de sa phrase il admet que cela avait des résultats « limités» mais  des résultats non négligeables. Il cite alors un document de la Martinique rapportant que la moitié des esclaves d’âge à se marier l’était. Puisque la distribution de l’état matrimonial des esclaves est précisée, ceci équivaut en fait au taux de mariage en France à ce moment-là, et il semblerait que selon lui, le soutien au mariage « soit feint.» 

 

        Également remarquable est le fait que tant d’historiens distingués sur l’esclavage ont à peine mentionné l’existence du Code Noir et ont ignoré le Código Negro Español  si complètement qu’il n’apparaît même pas dans les index de leurs travaux. Mais si beaucoup d’historiens n’ont prêté que peu ou pas d’attention à ces codes, l’Église inspira ces codes, non plus que pratiquement personne a même mentionné le Code des Barbades (sous aucun nom), excepté les quelques historiens se spécialisant dans des lois sur l’esclavage, et quelques auteurs qui ont écrit spécifiquement au sujet de l’histoire de l’esclavage à la Barbade, bien que le code ait été observé dans toutes les Indes Occidentales Britanniques. Je pense que le code des Barbades aurait suscité une attention considérable s’il avait été produit par des Catholiques plutôt que par des Protestants… 

 

        Mais peut-être que la plus importante omission à noter dans les écrits sur l’esclavage dans le Nouvel Monde, et particulièrement de l’esclavage et des mauvais traitements faits à des populations indigènes, concerne la République Jésuite du Paraguay. Pendant plus de 150 années (1609-1768), les Jésuites ont administré un secteur de plus de deux fois la taille de la France, localisé au sud du Brésil et à l’ouest du territoire cédé au Portugal par le Traité de Tordesillas(1494).

 

        Là, un petit groupe de Jésuites espagnols ( probablement jamais plus considérable que deux cents) fonda, protégea, éduqua , et conseilla une civilisation remarquable d’environ une trentaine de «réductions,» ou communautés, formée exclusivement  d’Indiens Guarani. Non seulement les arts et l’industrie se sont-ils épanouis dans la république des Jésuites (villes avec des rues pavées et des bâtiments, des orchestres symphoniques impressionnants, des imprimeries), mais encore une véritable tentative fut faite d’un gouvernement représentatif. Leur but en fondant cette république, est expliqué par le Jésuite supérieur Antonio Ruiz de Montoya en 1609, il s’agissait de christianiser et «civiliser» les Indiens de sorte qu’ils puissent être des sujets libres de la couronne, égaux aux Espagnols, et d’ainsi  : « amener la paix entre les Espagnols et les Indiens, une tâche si difficile que, depuis la découverte des Indes Occidentales il y a plus de cent ans, cela n’a toujours pas été possible.»

 

        La république s’est épanouie, mais plutôt que de devenir un fondement pour l’égalité et la paix, son existence a offensé beaucoup de fonctionnaires et de planteurs coloniaux, et provoqua des tentatives d’expropriation. Néanmoins, les Jésuites sont parvenus à devancer et contrecarrer ces tentatives pendant plusieurs générations. Mais ensuite, les choses ont commencé à se dégrader. La première étape dans la chute de la république est venue en 1750 quand les Portugais et les Espagnols ont signé un nouveau traité, redivisant l’Amérique du Sud le long des frontières naturelles.

 

        Comme résultat, sept des réductions sont tombées sous la juridiction portugaise. Il leur fut ordonné de passer le pouvoir aux autorités civiles, les Jésuites résistèrent et firent appel aux Couronnes Portugaises et Espagnoles pour conserver les réductions libres. Mais leurs adversaires étaient trop forts et sans scrupule, faisant circuler des fausses rumeurs de  conspiration des Jésuites contre les deux Couronnes. Ainsi en 1754, des troupes espagnoles furent envoyées contre les sept réductions de l’Ouest, alors que les Portugais avançaient à l’Est. Les deux forces européennes ont été défaites par les Indiens, qui étaient tout à fait bien entraînées dans la tactique militaire et possédaient des mousquets et des canons.

 

        Bien que les Jésuites n’eurent aucune participation dans les batailles, ils ont été blâmés comme traîtres et comme conséquence à cette lutte contre l’esclavage, ils furent expulsés du Portugal et de tous les territoires portugais en 1758. Bientôt, des accusations supplémentaires de complots durent portés contre le Jésuites en Espagne alors que tous les membres de l’ordre furent arrêtés au début de 1667 et expulsés dans les états pontificaux. En juillet, les autorités coloniales étaient prêtes à expulser les Jésuites d’Amérique latine, et le rassemblement  de ces derniers débuta à Buenos Aires et à Cordoue. Mais ce ne fut pas avant l’année suivante que les troupes espagnoles  s’emparèrent des vingt-trois «réductions» restantes et se saisirent des Jésuites demeurant, sur quoi les pères (même très malades et vieux) ont été attachés à des mules et transportés à travers les montagnes par mauvais temps, beaucoup sont décédés. Ainsi, étaient les Jésuites expulsés de l’hémisphère occidental. Bientôt, leur république tomba en ruine et fut pillée par les autorités civiles. Découragés par les mauvais traitements et la perte des «Pères Robe Noire» (les jésuites), les survivants Guaraní s’enfuirent, la plupart dans les villes. Ainsi, périt une brillante civilisation… 

 

        Bien sûr, parmi les quelques historiens à traiter de la république des Jésuites, certains vocifèrent contre le colonialisme et le Catholicisme, condamnent les Jésuites «fanatiques» pour l’imposition de la religion et de la civilisation aux Indiens païens, et dénoncent des efforts des Jésuites pour soutenir une république comme un cruel paternalisme et une exploitation.

 

        Mais même si l’on devait accepter la version la plus extrémiste de ces assertions, on est confronté aux efforts sincères et efficaces des Jésuites pour protéger les Indiens contre les planteurs et les autorités coloniales qui ont souhaité les ramener à l’esclavage ou de les supprimer entièrement. D’avoir réussi à ériger avec les indiens, une civilisation indienne avancée dans ce contexte historique est un exploit tout à  fait extraordinaire. D’ailleurs, nos historiens parlent au moins de cet événement historique important, alors que la plupart des autres historiens l’ont tout simplement ignoré.

 

        J’ai pu trouver seulement deux livres sur le sujet en langue anglaise écrits depuis les trente dernières années, l’un d’entre eux traduit du Portugais et tous deux maintenant indisponibles. D’autant plus que j’ai pu découvrir, une seule reconnaissance du sujet dans l’encyclopédie Britannica  autre que cette simple phrase sous le mot : « Paraguay, histoire de » : « Pendant la majeure partie de l’ère coloniale, le Paraguay a été connu principalement comme une énorme mission de Jésuites de 30 reducciones.» Il n’est même pas dit ce que sont les  «reducciones». Quant aux travaux principaux sur l’esclavage dans le Nouveau Monde, qui tous ont des choses amères (et souvent anti-Catholiques) à dire au sujet de l’esclavage et de l’abus des Indiens en Amérique latine: ils conservent un silence absolu sur la république des Indiens du Paraguay .

 

        En revanche, une attention considérable a été prêtée par des historiens au fait que pas tout le clergé catholique, incluant  les Jésuites, ont accepté que l’esclavage fut un péché. En effet, parfois au milieu des sociétés esclavagistes elles-mêmes, des membres du clergé  ont eu des esclaves pendant le dix-huitième et tôt durant le dix-neuvième siècle. Les Jésuites dans le Maryland furent  propriétaires d’esclaves. Le reste du clergé était très confus au sujet de cette question. Par exemple, Dominican Bartolome de Las Casas (1474-1566) a fait une campagne amère et tout à fait réussie contre l’esclavage des Indiens, pendant laquelle il a proposé que des esclaves soient apportés d’Afrique pour les remplacer. Plus tard, il est venu à regretter vivement cette proposition et a exprimé un doute de savoir si Dieu le pardonnerait pour ce péché terrible.

 

        Il faut également reconnaître que l’Église, habituellement, n’a pas confronté les gouvernements de front et n’a pas essayé par la  force de faire cesser l’esclavage. Reconnaissant que les papes avaient menacé d’excommunication, mais dans la pratique, l’Église a travaillé à essayer d’améliorer les conditions de vie des esclaves autant que possible. Ainsi, l’église était persistante dans son affirmation que l’esclavage était seulement un état de service, et que ceux qui furent asservis, étaient entièrement humains et pleinement égaux aux yeux de Dieu.

 

        Pendant que l’éminent  Cardinal italien Hyacinthe Gerdil (1718-1802) disait que : « l’esclavage ne peut pas être compris comme conférant à un seul homme le même pouvoir qu’un homme a sur son bétail. . . L’esclavage ne supprime pas l’égalité naturelle des hommes… [ et est ] sujet à la condition que le maître prenne le soin qui est dû à son esclave et le traite avec humanité.»

 

        Comme déjà mentionné, c’était dans cet esprit que le premier article du « Código Negro Español» exigeait de tous les maîtres d’avoir leurs esclaves baptisés et spécifiait de sérieuses sanctions  pour les maîtres qui n’ont pas permis à leurs esclaves d’assister à la messe ou de célébrer les jours de célébrations. En revanche, l’Église d’Angleterre ne reconnaissait pas les esclaves comme des « êtres humains baptisables.» Ces deux vues ont eu un effet profond, non seulement sur ceux impliqués dans l’esclavage, mais sur des attitudes envers les ex-esclaves et l’affranchissement des esclaves.

       

        Ce qui est clair est que l’affirmation commune comme quoi l’Église Catholique a généralement favorisé l’esclavage, n’est pas vraie. En effet, comme il sera vu, quand les Quakers américains initièrent le mouvement abolitionniste, ils  trouvèrent des âmes soeurs non seulement chez d’autres Protestants mais également parmi les Catholiques Romains.

 

        Si le monothéisme possédait un potentiel certain de provoquer des doctrines anti-esclavagistes comme cela est avancé par certains, il faut également se demander pourquoi l’Islam ne s’est-il donc pas retourné contre l’esclavage ? En effet, pourquoi l’esclavage persiste-t-il dans certaines régions  islamiques, alors qu’il vient tout récemment de cesser dans d’autres nations musulmanes en réponse à une pression intense de l’ouest (chrétien)?

 

        Pour répondre à cette question, nous devons reconnaître que les théologiens travaillent dans des limites intellectuelles définies, non pas simplement en conclusion de fondements culturels particuliers. Par exemple, il serait tout à fait impossible pour les théologiens juifs, chrétiens, ou islamiques de déduire que Dieu n’a aucun intérêt dans le comportement sexuel humain. Les textes révélés ne permettront simplement pas une telle conclusion. Ni les théologiens chrétiens ne pourraient déduire que Jésus a favorisé la polygamie, du moins sans une révélation additionnelle. Le problème fondamental auquel font face les théologiens musulmans vis-à-vis de la moralité de l’esclavage est que Mahomet a acheté, vendu, capturé, et possédé des esclaves.

 

        Comme Moïse, le Prophète a conseillé que des esclaves soient bien traités : « Et que ceux qui n’ont pas de quoi se marier, cherchent à rester chastes jusqu’à ce qu’Allah les enrichisse par Sa grâce. Ceux de vos esclaves qui cherchent un contrat d’affranchissement, concluez ce contrat avec eux si vous reconnaissez du bien en eux; et donnez-leur des biens d’Allah qu’Il vous a accordés. Et dans votre recherche des profits passagers de la vie présente, ne contraignez pas vos femmes esclaves à la prostitution, si elles veulent rester chastes. Si on les y contraint, Allah leur accorde après qu’elles aient été contraintes, Son pardon et Sa miséricorde.», également il est possible de gagner la rémission si l’on a tué un compagnon croyant par erreur en libérant un esclave : «Il n’appartient pas à un croyant de tuer un autre croyant, si ce n’est par erreur. Quiconque tue par erreur un croyant, qu’il affranchisse alors un esclave croyant et remette à sa famille le prix du sang, à moins que celle-ci n’y renonce par charité. Mais si [le tué] appartenait à un peuple ennemi à vous et qu’il soit croyant, qu’on affranchisse alors un esclave croyant. S’il appartenait à un peuple auquel vous êtes liés par un pacte, qu’on verse alors à sa famille le prix du sang et qu’on affranchisse un esclave croyant. Celui qui n’en trouve pas les moyens, qu’il jeûne deux mois d’affilée pour être pardonné par Allah. Allah est Omniscient et Sage.»(4,92).

 

        Comme ce fut le cas des règles juives au sujet de l’esclavage, les critiques de Mahomet ainsi que l’exemple ont probablement atténué bien souvent les conditions de vie des esclaves dans l’Islam contrastant avec le monde Romain ou Grec. Cependant, la moralité fondamentale sur le fondement de l’esclavage ne fut pas remise en cause. Tandis que les théologiens chrétiens furent capables de remettre en cause l’acceptation biblique de l’esclavage, ils n’auraient pas pu probablement le faire si Jésus avait possédé des esclaves. Le fait que Mahomet posséda des esclaves fait que pour les  théologiens musulmans, il est impossible en manœuvrant intellectuellement de surmonter ce problème, et cela même s’ils désiraient le faire.

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8 commentaires sur “La vérité sur l’Eglise et l’esclavage

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  4. Joe-Marie
    11 mars 2016

    Salut ,, dernièrement on m’as relancé avec les Pape Nicolas V ,
    Bien entendu j’ai fait mes recherche et ça sens le mauvais tour de protestant pur et dur mais je constate que dans votre article vous ne fait pas mention de la bulle papale de 1454 « Romanus Pontifex »peut être n’aie-je pas trouvé le bonne article !
    Je suis conscient qu’au niveau traduction sa doit laisser a désirer et que c’est sortie du contexte de l’époque mais je constate qu’il y a des gens qui adhère a cela et beaucoup de haine en découle ,
    sur Google sa pustule de mensonge créer par nos ennemis ,
    Pour tout te dire sur facebook je suis tombé sur ‘les amis de Jésus`
    et beaucoup vomissent sur le catholicisme ,
    amis de Jésus qui déteste sa Mere fait le faire 😦
    Apres les Kacouiste maintenant des protestant en majeur parti provenant de l’Afrique finalement tous les mêmes !
    Depuis que j’ai rencontré cette femme Africaine le Bon Dieu me fais découvrir plein de chose au sujet de se Pays,, je suis même tombé sur ce site 😉
    Bref continuez votre excellent travail !
    Je partage votre site avec des catholiques et des écris avec les autres,
    Merci d’être et soyez bénit pour toute cette documentation !
    Il m’arrive de prier pour vous
    Car vous m’aidez a grandir dans ma foi !!
    Au plaisir

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Cette entrée a été publiée le 22 mai 2014 par dans Mensonges historiques, et est taguée , .
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