+†+Yesus Kristus azu+†+

« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

L’Eglise a-t-elle perséuté les juifs au Moyen-Âge ?

Dossier sur les accusations historiques portées contre l’Eglise : ici

Texte de Lumières médiévales, tiré de :

Joshua PRAWER, Histoire du royaume Latin de Jérusalem : Le Monde byzantin

Salo WITTMAYER BARIB, Social and Religious History of the Jew, 1975.

Roger Samuel KOHN, Les juifs de la France du Nord dans la seconde moitié du XIVe siècle, E. Peeters, 1988

L’image du juif persécuté ne vaut pas pour le haut Moyen Âge, ainsi que le montre Bernhard Blumenkranz. La population chrétienne, loin de s’attaquer aux Juifs, paraît coexister avec eux sans grand problème. Lors que le juif Priscus est tué à Paris, en 582, le meurtrier doit échapper aux représailles d’une foule déchaînée. Il réussit à s’enfuir, mais un de ses serviteurs est tué. Dans l’Eglise, la position des Pères latins sur la question juive est claire : « Il est interdit de tuer les juifs, tout en les abaissant, parce qu’ils témoignent de la vérité de la foi chrétienne, incarnant comme ils le font le sort de ceux auxquels la foi fut donnée d’abord, et qui, dans leur aveuglement, l’ont repoussée, et se refusent à voir la lumière qui brille autour d’eux » (Joshua Prawer citant un canon de l’Eglise).

Le pape Grégoire le Grand (590-604) prône en effet la persuasion pour la conversion des Juifs. Il refuse que leurs biens soient saccagés et souhaite qu’ils soient défendus par la loi. Si l’Eglise met tout en oeuvre pour convertir les Juifs, notamment les missions, celles-ci s’avèrent beaucoup moins sévères que celles décidées par les Wisigoths au concile de Tolède (633), qui prennent beaucoup plus l’allure de conversions forcées. En Gaule mérovingienne au contraire, les missions ont un caractère prosélyte mais non violent. En 936, le pape Léon VII répondant à l’archevêque de Mayence qui lui demande s’il faut contraindre les juifs au baptême ou plutôt les expulser, lui recommande de leur prêcher, mais de ne pas les obliger au baptême. En 1120, Calixte II émet une Bulle visant à protéger les Juifs lors des croisades et interdisant les conversions de force.

C’est du peuple que vient l’antisémitisme, fermement condamné par l’Eglise. Lors du pogrom de Spire le 3 mai 1096, l’évêque abrite la communauté juive de sa ville dans son palais mais il ne peut cependant pas empêcher la mort de douze juifs. L’évêque de Worms tente également de protéger la communauté juive locale en l’hébergeant dans le palais épiscopal, mais ce dernier est pris d’assaut par le croisé Emich de Flonheim, ce qui aboutit à leur massacre. Le chroniqueur Hugues de Flavigny note comment ces appels du clergé sont ignorés : « il semble incroyable que de tels massacres se soient produit le même jour dans de nombreux lieux différents et d’une telle violence, malgré la désapprobation et la condamnation de la part du clergé ». René Grousset affirme en tout cas dans son Histoire des Croisades que « l’antisémitisme va contre toutes les intentions de l’Eglise et (même) du pouvoir impérial ».

C’est Bernard de Clairvaux prêchant la deuxième croisade (1147-1149), qui brise l’antisémitisme comme oeuvre de salut. Lors de ses déplacements en Allemagne, il ne cesse de répéter : « Ne touchez pas aux Juifs, ils sont la chair et les os du Seigneur ». Dans sa lettre aux habitants d’Allemagne, il écrit : « Nous avons appris, et nous en sommes réjouis, que parmi vous brûlait l’ardeur de Dieu. Mais il ne faut pas s’attaquer aux Juifs, ni les tuer, ni même les expulser. lls ont été dispersés et souffrent un dur exil sous des souverains chrétiens. Mais ils reviendront vers le soir et, au temps marqué, ils croiront. Et alors, selon les paroles de l’apôtre : jusqu’à ce soit entré la totalité des païens, c’est alors qu’Israël sera sauvé » (Romains XI, 25-26).

Le pape Clément VI joue un rôle déterminant dans la protection des Juifs pendant la Peste Noire, qui sévit à partir de 1348 et aggrave la suspicion à l’égard de ces personnages occultes. Clément VI publie deux bulles : celle du 4 juillet 1348 interdit de les contraindre au baptême, et celle du 26 septembre condamne les persécutions, menaçant d’excommunication ceux qui les maltraiteraient . A partir du XIVème siècle, les seuls territoires où les communautés juives prospèrent sont les états du pape en Avignon et le royaume de Provence. La plus grande diaspora juive survivante en cette fin de XIVème siècle est celle de Carpentras, dans le Comtat Venaissin qui fait partie des Etats pontificaux. L’Eglise protège aussi les Juifs pour des raisons économiques : ils sont les seuls à pouvoir pratiquer les prêts à intérêts et acquièrent vite des fortunes importantes.

La cause du malentendu sur les persécutions des Juifs par l’Eglise au Moyen Âge est que ces dernières sont présentées comme la conséquence d’une idéologie religieuse. Or comme l’a montré François Menant, « l’ostracisme dont les Juifs sont victimes constitue un sous-produit de la naissance de l’Etat ». En 1306 en effet, Philippe le Bel promulgue un décret d’expulsion générale des Juifs du Royaume de France. lors qu’en Espagne commencent les premières répressions de Juifs, qui culminent avec leur expulsion définitive du royaume ibérique en 1492 par les Rois Catholiques, Charles VI de Valois (1380-1422) met fin au judaïsme médiéval français, en le chassant définitivement de ses terres. A la Renaissance, l’Espagne est vidée de ses Juifs.

Citons enfin les préconisations faites par Luther pour les Juifs dans « Des Juifs et de leurs mensonges » (1543) : « Tout d’abord, mettre le feu à leurs synagogues ou écoles et enterrer ou couvrir de saleté tout ce qui ne brûlera pas, de façon que personne ne puisse jamais revoir une de leurs pierres ou leurs cendres. En second, je conseille que leurs maisons soient rasées et détruites. En trois, je conseille que tous leurs livres de prières et écrits talmudiques, qui servent à apprendre une telle idolâtrie, leurs mensonges, leurs malédictions et leurs blasphèmes, leur soient retirés… En quatre, je conseille que leurs rabbins aient l’interdiction d’enseigner sous peine de perdre la vie… »

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Cette entrée a été publiée le 5 avril 2018 par dans Foi Catholique, Mensonges historiques.
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