+†+Yesus Kristus azu+†+

« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

Pie XII a-t-il été complaisant envers les religions païennes ?!

Notre dossier sur les accusations portées contre les Papes : ici

On accuse parfois Pie XII d’avoir favoriser les cultes païens, et même d’avoir positivement autorisé le culte des ancêtres, spécialement de Confucius en Chine ! Nous allons immédiatement réfuter ces accusations ridicule !

Voici le plan de notre étude :

I) L’enseignement de l’Eglise antérieurement à Pie XII

A) La possibilité de prouver l’existence de Dieu par la raison

B) Saint Paul sur les païens

1) L’état d’âme religieux des païens grecs

2) Les religions païennes sont démoniaques et superstitieuses

C) Les Pères de l’Eglise sur la philosophie des païens

1) Saint Justin Martyr (vers 100-165)

2) Saint Irénée de Lyon (vers 125-vers 202), disciple de saint Polycarpe de Smyrne (vers 69-155), lui-même disciple de l’Apôtre Saint Jean l’Evangéliste,

3) Clément d’Alexandrie (vers 155-vers 215)

4) Eusèbe de Césarée (vers 260-vers 339)

D) Saint Pie X et le bien dans les civilisations païennes

E) Pie XI sur la malice universelle des fausses religions

1) L’encyclique Mortalium Animos du 6 janvier 1928 – Sur l’unité de la véritable Eglise, condamne « la théorie erronée que les religions sont toutes plus ou moins bonnes et louables« 

2) L’encyclique Mit brennender Sorge du 14 mars 1937 sur l’Eglise dans le Reich Allemand

II) Les enseignements de Pie XII

A) L’encyclique Summi pontificatus parle des « valeurs spirituelles » des religions païennes

1) La signification de « valeurs » et de « spirituelles« 

2) Pie XII précise que celles-ci ne doivent pas être « indissolublement lié à des erreurs religieuses« 

3) Pie XII invoque Pie XI

4) Pie XII dans le sillon de saint Paul et des Pères de l’Eglise

B) L’encyclique Evangelii Praecones parle des « doctrines des païens » que « l’Église n’a jamais traité avec mépris et dédain« 

1) La signification du mot « doctrines« 

a) Cela renvoie à la doctrine philosophique

b) Des doctrines qui traduisent la religion naturelle

c) Pie XII se réfère à Summi pontificatus

2) L’Eglise a toujours traité avec « mépris et dédain » les doctrines religieuses des païens

a) L’attitude de l’Eglise depuis les apôtres

b) Pie XII lui-même loue saint Benoît d’avoir brisé, renversé, incendié ce qui servait au culte « où un peuple ignorant et rustique vénérait Apollon à la manière des vieux païens« 

C) Pie XII parle de « ce qui peut être juste et bon dans d’autres religions« 

1) Interpréter ces paroles de Pie XII en cohérence avec ses autres enseignements

2) Parallèle avec un décret de la Sacrée Congrégation de la Propagande de la Foi

D) Les hommages rendus en Chine aux ancêtres et à Confucius

1) Les Papes antérieurs les avaient interdit car ils avaient un caractère religieux

2) Pie XII les autorise car ils n’en ont plus

I) L’enseignement de l’Eglise antérieurement à Pie XII

A) La possibilité de prouver l’existence de Dieu par la raison

La possibilité et même l’obligation pour chaque individus de connaître l’existence de Dieu, ne serait-ce que par la simple raison humaine est un enseignement répété de l’Ecriture Sainte et du Magistère infaillible de l’Eglise. Nous le démontrons dans notre article :

Est-il possible de prouver l’existence de Dieu par la raison ? La réponse de l’Ecriture Sainte et du Magistère

Aussi la foi en un principe divin est une réalité naturelle à l’homme qui est exprimée dans les différentes fausses religions, mais qui n’en découle pas. Au contraire, il s’agit d’un reliquat de la révélation primitive que les fausses religions n’ont pas réussis à détruire.

B) Saint Paul sur les païens

1) L’état d’âme religieux des païens grecs

Saint Paul témoigne du caractère religieux des athéniens lorsqu’il leur dit :

« Athéniens, en tout je vous vois éminemment religieux. Car, passant et regardant ce qui est de votre culte, j’ai trouvé même un autel avec cette inscription :  » Au dieu inconnu.  » Ce que vous adorez sans le connaître, c’est ce que je vous annonce. » (Actes XVII, 22-23)

Mais il ne s’agit-là que d’une piété naturelle. En effet, comme nous allons immédiatement le voir, il était outré de la vanité du culte de ces mêmes athéniens, et n’avait guère d’égard pour les religions païennes en général.

2) Les religions païennes sont démoniaques et superstitieuses

Saint Paul en effet n’en était pas moins exaspéré de la religion des athéniens :

« Quant à ceux qui conduisaient Paul, ils le menèrent jusqu’à Athènes ; puis, ayant pris ordre pour Silas et Timothée de venir à lui au plus tôt, ils s’en retournèrent. Pendant que Paul les attendait à Athènes, il sentait en son âme une vive indignation au spectacle de la ville remplie d’idoles. » (Actes XVII, 15-16)

Ailleurs il déclare :

« je dis que ce que les païens offrent en sacrifice, ils l’immolent à des démons, et non à Dieu ; or je ne veux pas que vous soyez en communion avec les démons. Vous ne pouvez boire à la fois au calice du Seigneur et au calice des démons ; vous ne pouvez prendre part à la table du Seigneur et à la table des démons. » (I Corinthiens X, 20-21)

Nous retrouvons ici cet enseignement des Psaumes :

« Tous les dieux des nations païennes sont des démons. » (Psaume 95/96, 5)

C) Les Pères de l’Eglise sur la philosophie des païens

1) Saint Justin Martyr (vers 100-165)

Face au polythéisme du monde grec, saint Justin voit dans la philosophie une alliée du christianisme parce qu’elle a suivi la raison ; toutefois cette raison ne se trouve en sa totalité qu’en Jésus-Christ, le Logos en personne. Seuls les chrétiens le connaissent en son intégralité :

« Socrate, jugeant ces choses à la lumière de la raison et de la vérité, essaya d’éclairer les hommes et de les détourner du culte des démons ; mais les démons, par l’organe des méchants, le firent condamner comme athée et impie, sous prétexte qu’il introduisait des divinités nouvelles. Ils en usent de même envers nous. Car ce n’est pas seulement chez les Grecs et par la bouche de Socrate que le Verbe a fait entendre ainsi la vérité ; mais les barbares aussi ont été éclairés par le même Verbe, revêtu d’une forme sensible, devenu homme et appelé Jésus-Christ, et nous qui croyons en lui, nous disons que les démons qui se sont manifestés ne sont pas les bons génies, mais les génies du mal et de l’impiété, puisqu’ils n’agissent même pas comme les hommes qui aiment la vertu. » (Première Apologie, V, 3-4)

Mais à ce Logos, c’est tout le genre humain qui a participé. De ce fait, il y a toujours eu des hommes ayant vécu en accord avec le Logos ; en ce sens, il y a eu des « chrétiens », bien qu’ils n’aient eu qu’une connaissance partielle du Logos :

« Le Christ est le premier né de Dieu, son Verbe, auquel tous les hommes participent : voilà ce que nous avons appris et ce que nous avons déclaré. Ceux qui ont vécu selon le Verbe sont chrétiens, eussent-ils passés pour athées, comme, chez les Grecs, Socrate, Héraclite et leurs semblables, et, chez les barbares, Abraham, Ananias, Azarias, Misaël, Élie et tant d’autres, dont il serait trop long de citer ici les actions et les noms. Et aussi, ceux qui ont vécu contrairement au Verbe ont été vicieux, ennemis du Christ, meurtriers des disciples du Verbe. Au contraire, ceux qui ont vécu ou qui vivent selon le Verbe sont chrétiens, et intrépides, et sans peur. » (Première Apologie, 46, 2-4)

Il y a une grande différence entre la semence de quelque chose et la chose elle-même. Mais de toute manière, la présence partielle du Logos est don et grâce divine :

« Chez tous on trouve des semences de vérité ; mais ce qui prouve qu’ils n’ont pas bien compris, c’est qu’ils se contredisent eux-mêmes. » (Première Apologie, 44, 10)

« Notre doctrine surpasse toute doctrine humaine, parce que nous avons tout le Verbe dans le Christ qui a paru pour nous, corps, verbe et âme. [2] Tous les principes justes que les philosophes et les législateurs ont découverts et exprimés, ils les doivent à ce qu’ils ont trouvé et contemplé partiellement du Verbe. [3] C’est pour n’avoir pas connu tout le Verbe, qui est le Christ, qu’ils se sont souvent contredits eux-mêmes. [4] Ceux qui vécurent avant le Christ, et qui cherchèrent, à la lumière de la raison humaine, à connaître et à se rendre compte des choses, furent mis en prison comme impies et indiscrets. [5] Socrate, qui s’y appliqua avec plus d’ardeur que personne, vit porter contre lui les mêmes accusations que nous. On disait qu’il introduisait des divinités nouvelles et qu’il ne croyait pas aux dieux admis dans la cité. [6] Il chassa de sa république les mauvais démons et les divinités qui commettaient les crimes racontés par les poètes, et aussi Homère et les autres poètes, et il en détournait les hommes, et les exhortait à chercher à connaître par la raison le Dieu qu’ils ignoraient. « Il n’est pas facile, disait-il, de trouver le Père et le Créateur de l’univers, et quand on l’a trouvé, il n’est pas sûr de le révéler à tous. » [7] C’est ce qu’a fait notre Christ, par sa propre puissance. [8] Personne ne crut Socrate jusqu’à mourir pour ce qu’il enseignait. Mais le Christ, que Socrate connut en partie (car il était le Verbe et il est celui qui est en tout, qui prédit l’avenir par les prophètes et qui prit personnellement notre nature pour nous enseigner ces choses), le Christ fut cru non seulement des philosophes et des lettrés, mais même des artisans et des ignorants en général, qui méprisèrent pour lui et l’opinion et la crainte et la mort ; car il est la vertu du Père ineffable et non une production de la raison humaine. » (Deuxième Apologie, X)

« Voyant donc que, pour détourner les autres hommes, les mauvais démons jetaient ainsi le discrédit sur la doctrine divine des chrétiens, je me moquai et des mensonges et des calomnies et de l’opinion de la multitude. [2] Je suis chrétien, je m’en fais gloire, et, je l’avoue, tout mon désir est de le paraître. Ce n’est pas que la doctrine de Platon soit étrangère à celle du Christ, mais elle ne lui est pas en tout semblable, non plus que celle des autres, Stoïciens, poètes ou écrivains. [3] Chacun d’eux en effet a vu du Verbe divin disséminé dans le monde ce qui était en rapport avec sa nature, et a pu exprimer ainsi une vérité partielle ; mais en se contredisant eux-mêmes dans les points essentiels, ils montrent qu’ils n’ont pas une science supérieure et une connaissance irréfutable. [4] Tout ce qu’ils ont enseigné de bon nous appartient, à nous chrétiens. Car après Dieu nous adorons et nous aimons le Verbe né du Dieu non engendré et ineffable, puisqu’il s’est fait homme pour nous, afin de nous guérir de nos maux en y prenant part. [5] Les écrivains ont pu voir indistinctement la vérité, grâce à la semence du Verbe qui a été déposée en eux. [6] Mais autre chose est de posséder une semence et une ressemblance proportionnée à ses facultés, autre chose l’objet même dont la participation et l’imitation procède de la grâce qui vient de lui. » (Deuxième Apologie, XIII)

Saint Justin affirme que ces fragments de la vérité totale connus par les Grecs proviennent, au moins en partie, de Moïse et des prophètes. Ceux-ci sont plus anciens que les philosophes :

« Quand Platon a dit : « La faute est à l’homme libre qui choisit, Dieu n’y est pour rien » (Platon, Rép., X, 617 E ; attribué à Justin, Joh. Dam., Sacra, 100, p. 34 Hol), il a emprunté cette parole au prophète Moïse, car Moïse est plus ancien que tous les écrivains grecs. [9] Tout ce que les philosophes et les poètes ont dit de l’immortalité de l’âme, des châtiments qui suivent la mort, de la contemplation des choses célestes, et des autres dogmes semblables, ils en ont reçu les principes des prophètes, et c’est ainsi qu’ils ont pu les concevoir et les énoncer. » (Première Apologie, 44, 8-9)

« LIX. C’est à nos docteurs, nous voulons dire à l’enseignement des prophètes, que Platon emprunte sa théorie, lorsqu’il enseigne que Dieu façonna la matière informe pour en faire le monde. Pour vous en convaincre, écoutez les paroles mêmes de Moïse, le premier des prophètes, plus ancien que les écrivains de la Grèce, comme nous l’avons déjà dit. L’Esprit prophétique déclare par lui en ces termes comment et de quels éléments Dieu fit le monde à l’origine. « [2] Au commencement, Dieu fit le ciel et la terre. [3] La terre était invisible et informe et les ténèbres étaient sur l’abîme ; et l’esprit de Dieu était porté sur les eaux. [4] Et Dieu dit : Que la lumière soit, et il en fut ainsi. » [5] Le Verbe de Dieu tira donc le monde de cette matière dont parle Moïse ; c’est de lui que Platon et ses disciples l’ont appris, et nous avec eux ; vous pouvez vous en convaincre. [6] Il n’y a pas jusqu’à l’Érèbe des poètes que nous ne trouvions chez Moïse.

LX. Platon, dans le Timée, cherche, d’après les principes naturels, ce qu’est le fils de Dieu et s’exprime ainsi : « Il l’a imprimé en X dans l’univers. » C’est à Moïse qu’il doit cette notion. [2] Il est écrit en effet dans les livres de Moïse qu’en ce temps-là, lorsque les Israélites sortirent d’Égypte et traversèrent le désert, ils furent assaillis par des animaux venimeux, des vipères, des aspics et toutes sortes de serpents qui dévoraient le peuple. [3] Par l’inspiration et l’ordre de Dieu, Moïse fit une croix d’airain qu’il dressa sur le tabernacle, en disant au peuple : « Regardez ce signe avec foi et par lui vous serez sauvés. » [4] Il écrit qu’aussitôt après les serpents périrent, et il rapporte que le peuple échappa ainsi à la mort. [5] Platon lut ce récit, mais sans bien le comprendre. Il ne vit pas que ce signe était une croix : il crut que c’était un X, et il dit qu’après Dieu, le premier principe, la seconde vertu était imprimée en X dans l’univers. [6] S’il nomme aussi la troisième vertu, c’est que, comme nous l’avons dit plus haut, il avait lu dans Moïse que l’esprit de Dieu était porté sur les eaux. [7] Il donne la seconde place au Verbe de Dieu, qu’il montre imprimé en X dans l’univers, et la troisième à l’esprit qui est représenté planant sur les eaux : « Les troisièmes, dit-il, sont autour du troisième ». [8] Écoutez comment l’Esprit prophétique annonça aussi par Moïse la conflagration future. [9] Il parle ainsi : « Le feu toujours vivant descendra et dévorera jusqu’au fond de l’abîme. » [10] Ce n’est pas nous qui pensons comme les autres : ce sont les autres qui nous empruntent ce qu’ils disent. [11] Chez nous, on peut entendre et apprendre ces choses de ceux mêmes qui ne connaissent pas les caractères de l’écriture, gens ignorants et barbares de langage, mais sages et fidèles d’esprit, même quand ils sont infirmes ou privés de la vue. Vous comprendrez que ce n’est pas ici l’œuvre de la sagesse humaine, mais de la puissance divine. » (Première Apologie, 59-60)

2) Saint Irénée de Lyon (vers 125-vers 202), disciple desaint Polycarpe de Smyrne (vers 69-155), lui-même disciple de l’Apôtre Saint Jean l’Evangéliste,

Saint Irénée souligne fortement que, à tous les moments de l’histoire, le Logos a été avec les hommes, qu’il les a accompagnés en prévision de l’incarnation (Contre les hérésies, III, 16, 6 ; III, 18, 1 ; IV, 6, 7 ; IV, 20, 4 ; IV, 28, 2 ; V, 16, 1 ; Démonstration de la prédication apostolique, XII)

Par son incarnation, en se donnant lui-même, Jésus a apporté toute nouveauté. Le salut est donc attaché à l’apparition de Jésus, bien qu’il ait déjà été annoncé et que ses effets aient d’une certaine manière été anticipés :

« C’est là ce qui faisait dire à saint Paul, l’apôtre des gentils : « J’ai travaillé plus que les autres. » On conçoit combien il était plus facile d’instruire les Juifs, qui avaient déjà la connaissance des Écritures, qui connaissaient Moïse et les prophètes, et qui par conséquent étaient tout préparés à reconnaître le Christ, le premier-né des morts, le prince de la vie, venu pour délivrer l’homme des liens de la mort, et pour guérir avec la foi la plaie causée par la morsure du serpent. Il fallait donc que les apôtres, comme nous l’avons fait voir dans le livre précédant, persuadassent d’abord aux gentils d’abandonner leurs faux dieux pour adorer le seul et vrai Dieu qui a fait le ciel et la terre, et tout ce qui existe ; que c’est par son Fils, qui est le Verbe, qu’il a fait toutes choses ; que c’est ce Verbe qui s’est fait chair dans ces derniers temps et qui a habité sur la terre pour réformer l’humanité, pour chasser et vaincre le démon, l’ennemi de l’homme, associant ce dernier à sa victoire. Or, les Juifs connaissaient à l’avance toutes ces choses ; et, s’ils ne voulaient pas croire, c’est parce qu’ils méprisaient les avertissements de Dieu. N’avaient-ils pas reçu la loi divine qui leur défendait l’adultère, la fornication, le vol, la fraude, et toutes les actions qui peuvent faire tort au prochain ? Ils savaient que Dieu avait en horreur de pareilles actions : il leur était donc plus facile de les éviter, parce qu’ils connaissaient la loi qui les défendait. » (Contre les hérésies, IV, 34, 1)

3) Clément d’Alexandrie (vers 155-vers 215)

Pour Clément d’Alexandrie, l’homme est rationnel en tant qu’il participe à la raison véritable qui régit l’univers, le Logos. Il a plein accès à cette raison s’il se convertit et suit Jésus, le Logos incarné (Le Protreptique, I, 6, 4 ; X, 98, 4 ; Le Pédagogue, I 96, 1). Avec l’incarnation, le monde s’est rempli de semences du salut (Le Protreptique, X, 110, 1-3). Mais, depuis le commencement des temps, il existe également des semailles divines ayant fait que diverses parties de la vérité se trouvent parmi les Grecs et parmi les barbares, spécialement dans la philosophie considérée dans son ensemble (Les Stromates, I, vii, 37, 1-6), même si, mêlée à la vérité, l’ivraie n’a pas manqué (Les Stromates, VI, viii, 67, 2). La philosophie a eu pour les Grecs une fonction semblable à celle de la loi pour les Hébreux ; elle a été une préparation en vue de la plénitude du Christ (Les Stromates, I, v, 28, 1-3 ; I, v, 32, 4 ; VI, xvii, 153-154). Il existe cependant une claire différence entre l’action de Dieu dans les philosophes et dans l’Ancien Testament. Par ailleurs, c’est seulement en Jésus, la lumière qui éclaire tout homme, que l’on peut contempler le Logos parfait, la vérité entière. Les fragments de la vérité appartiennent au tout (Les Stromates, I, xii, 56-57).

Comme saint Justin et Clément affirme que ces fragments de la vérité totale connus par les Grecs proviennent, au moins en partie, de Moïse et des prophètes. Ceux-ci sont plus anciens que les philosophes. C’est chez eux, selon les plans de la Providence, que les Grecs ont « volé », eux qui n’ont pas su rendre grâces pour ce qu’ils ont reçu (Le Protreptique, VI, 70 ; Les Stromates, I, xiv, 59-60 ; I, xvii, 87, 2 ; II, i, 1). Cette connaissance de la vérité n’est donc pas sans rapport avec la Révélation historique qui trouvera sa plénitude dans l’incarnation de Jésus. Citons le passage suivant :

« Comment embrasser votre foi au milieu des divisions qui vous déchirent ? La vérité chancelle et croule sous la multitude des novateurs qui élèvent dogmes contre dogmes. — Tel est le premier grief dont on s’arme contre nous. Voici notre réponse : Parmi les Juifs et au milieu des philosophes que la Grèce a tenus dans la plus grande estime il a surgi des sectes nombreuses. Et cependant les dissidences qui séparent vos écoles sont-elles une raison pour vous de douter de la nécessité de la philosophie, ou de la vérité de la doctrine judaïque ? En outre, le Seigneur a prédit que l’hérésie serait semée dans le champ du la vérité comme l’ivraie dans les moissons : il est impossible que la prophétie n’ait pas son accomplissement dans ce qu’elle prédit. La cause de cet impur mélange, c’est que la jalousie s’attache à tout ce qui est beau. » (Stromata, VII ,15)

4) Eusèbe de Césarée (vers 260-vers 339)

Eusèbe affirme que tous ce qui se trouve chez les païens de bon et de vrai, l’Église le considère comme une préparation évangélique : Préparation évangélique, I, 1.

D) Saint Pie X et le bien dans les civilisations païennes

Saint Pie X enseigna que l’Eglise conservait tout ce qui est bon non pas dans les religions païennes, mais dans les civilisations païennes :

« L’Eglise, tout en prêchant Jésus crucifié, scandale et folie pour le monde (I. Cor. I, 23), est devenue la première inspiratrice et la promotrice de la civilisation. Elle l’a répandue partout où ont prêché ses apôtres, conservant et perfectionnant les bons éléments des antiques civilisations païennes, arrachant à la barbarie et élevant jusqu’à une forme de société civilisée les peuples nouveaux qui se réfugiaient dans son sein maternel, et donnant à la société entière, peu à peu sans doute, mais d’une marche sûre et toujours progressive, cette empreinte si caractéristique qu’encore aujourd’hui elle conserve partout. » (Encyclique Il Fermo proposito du 11 juin 1905 – Sur l’action catholique ou l’action des catholiques)

Parmi ces bons éléments, il y a le sentiment religieux inné à l’homme dont nous avons parlé.

E) Pie XI sur la malice universelle des fausses religions

1) L’encyclique Mortalium Animos du 6 janvier 1928 – Sur l’unité de la véritable Eglise, condamne « la théorie erronée que les religions sont toutes plus ou moins bonnes et louables« 

Pie XI condamne :

« la théorie erronée que les religions sont toutes plus ou moins bonnes et louables, en ce sens que toutes également, bien que de manières différentes, manifestent et signifient le sentiment naturel et inné qui nous porte vers Dieu et nous pousse à reconnaître avec respect sa puissance. En vérité, les partisans de cette théorie s’égarent en pleine erreur, mais de plus, en pervertissant la notion de la vraie religion ils la répudient, et ils versent par étapes dans le naturalisme et l’athéisme. La conclusion est claire: se solidariser des partisans et des propagateurs de pareilles doctrines, c’est s’éloigner complètement de la religion divinement révélée. » (Encyclique Mortalium Animos du 6 janvier 1928 – Sur l’unité de la véritable Eglise)

De là, absolument tout dans les fausses religions est faux et mauvais. Y compris ce qui y traduit « le sentiment naturel et inné qui nous porte vers Dieu et nous pousse à reconnaître avec respect sa puissance« . Ce sentiment chez les païens qui reste chez eux n’est qu’un reste de la religion naturelle que les démons n’ont pas réussis à détruire.

Certains seraient tenté de surinterpréter le mot « également« , en disant que par là Pie XI condamne cette idée uniquement en tant qu’elle mettrait toutes les religions à égalité. Mais c’est impossible pour trois raisons. Premièrement Pie XI condamne « la théorie erronée que les religions sont toutes plus ou moins bonnes et louables« , or si la théorie erronée qu’il condamne considèrent toutes les religions comme « plus ou moins bonnes et louables« , c’est que même cette dernière ne ne les considère pas comme égales. Deuxièmement, dans le contexte Pie XI condamnait des réunions interreligieuses organisées par des chrétiens oeucuménistes qui considéraient au maximum les différentes Eglises chrétiennes comme égales, mais pas au delà. Troisièmement le mot « également » est absent du texte original en latin, ainsi que de la traduction officielle en anglais, cela signifie donc que « également » a sa signification d’addition et non de comparaison, seule signification compatible avec le texte et le contexte.

2) L’encyclique Mit brennender Sorge du 14 mars 1937 sur l’Eglise dans le Reich Allemand

Pie XI enseigne que toute religion non-catholique est une corruption de la notion même de Dieu dans l’encyclique Mit brennender Sorge du 14 mars 1937 sur l’Eglise dans le Reich Allemand. Voici ces mots :

« Prenez garde, Vénérables Frères, qu’avant toute autre chose la foi en Dieu, premier et irremplaçable fondement de toute religion, soit conservée en Allemagne, pure et sans falsification. Ne croit pas en Dieu celui qui se contente de faire usage du mot Dieu dans ses discours, mais celui-là seulement qui à ce mot sacré unit le vrai et digne concept de la Divinité.

Quiconque identifie, dans une confusion panthéistique, Dieu et l’univers, abaissant Dieu aux dimensions du monde ou élevant le monde à celles de Dieu, n’est pas de ceux qui croient en Dieu.

Quiconque, suivant une prétendue conception des anciens Germains d’avant le Christ, met le sombre et impersonnel Destin à la place du Dieu personnel, nie par le fait la Sagesse et la Providence de Dieu, qui  » fortement et suavement agit d’une extrémité du monde à l’autre  » (Sagesse, VIII, 1) et conduit toutes choses à une bonne fin : celui-là ne peut pas prétendre à être mis au nombre de ceux qui croient en Dieu. » (n°9)

Pie XI dénie donc la qualité de « croyants en Dieu », alors même que comme nous l’avons vu la connaissance de l’existence de Dieu est accessible à la raison naturelle, aux panthéistes, c’est-à-dire à une portion énorme des religions païennes !

Or, quel est « le vrai et digne concept de la Divinité » ? Pie XI donne lui-même la réponse :

« Aucune foi en Dieu ne peut se maintenir longtemps pure et sans alliage si elle n’est soutenue par la foi au Christ. « Personne ne connaît le Fils si ce n’est le Père, et personne ne connaît le Père si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils voudra le révéler. » (Luc, X, 22.) « La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. » (Jean, XVII, 3.) Personne ne peut donc dire : je crois en Dieu, cela me suffit en fait de religion. La parole du Sauveur ne laisse aucune place à des échappatoires de cette sorte. « Qui renie le Fils n’a pas non plus le Père, et qui confesse le Fils a aussi le Père. » (I Jean, II, 23.) » (n°18)

Ici le judaïsme pharisiano-talmudique se trouve doublement condamné ! Premièrement parce qu’il n’est pas « soutenu par la foi au Christ », ce qui signifie qu’il ne pourra pas se « maintenir longtemps pure et sans alliage », or Pie XI exhorte ici les Evêques à faire maintenir en Allemagne la foi en Dieu « pure et sans falsification ». Deuxièmement parce que, comment pourrait-on mieux définir le judaïsme pharisiano-talmudique que comme le reniement du Fils qui est le reniement du Père, tel qu’il est rapporté en I Jean II, 23 que cite Pie XI ? Surtout lorsqu’on sait que le verset précédent dit carrément : « Qui est le menteur, sinon celui qui nie que Jésus est le Christ ? Celui-là est l’antéchrist, qui nie le Père et le Fils. » (I Jean II, 22).

Il suffirait de s’arrêter là pour prouver que Pie XI n’inclut pas les juifs parmi les croyants. Mais nous jugeons utile de signaler au passage qu’il ne considère pas non plus comme croyants les baptisés non-catholiques. En effet, il écrit :

« La foi au Christ ne saurait se maintenir pure et sans alliage si elle n’est protégée et soutenue par la foi dans l’Église, « colonne et fondement de la Vérité » (I Tim., III, 15). C’est le Christ lui-même, Dieu éternellement béni, qui a dressé cette colonne de la foi. L’ordre qu’Il a donné d’écouter l’Église (Matth., XVIII, 17), d’accueillir dans les paroles et les commandements de l’Église ses propres paroles et ses propres commandements (Luc, X, 16), vaut pour les hommes de tous les temps et de tous les pays. L’Église fondée par le Rédempteur est une, la même pour tous les peuples et pour toutes les Nations. » (n°21)

Et cette foi en l’Eglise n’existe que dans la soumission au Pape :

« La foi à l’Église ne pourra se maintenir pure de toute falsification si elle n’est appuyée sur la foi à la primauté de l’évêque de Rome. Dans le même instant où Pierre, devant tous les disciples et apôtres, confessait la foi au Christ, Fils du Dieu vivant, il recevait en réponse, comme récompense de sa foi et de sa confession, la parole qui fondait l’Église, l’unique Église du Christ, sur le roc de Pierre (Matth., XVI, 18). » (n°25)

II) Les enseignements de Pie XII

A) L’encyclique Summi pontificatus parle des « valeurs spirituelles » des religions païennes

Dans Summi Pontificatimus, Pie XII écrit ceci :

« Toutes les orientations, toutes les sollicitudes, dirigées vers un développement sage et ordonné des forces et tendances particulières, qui ont leur racine dans les fibres les plus profondes de chaque rameau ethnique, pourvu qu’elles ne s’opposent pas aux devoirs dérivant pour l’humanité de son unité d’origine et de sa commune destinée, l’Eglise les salue avec joie et les accompagne de ses vœux maternels. Elle a montré à maintes reprises dans son activité missionnaire, que cette règle est l’étoile directrice de son apostolat universel. D’innombrables recherches et investigations de pionniers, accomplies en esprit de sacrifice, de dévouement et d’amour par les missionnaires de tous les temps, se sont proposé de faciliter l’intime compréhension et le respect des civilisations les plus variées et d’en rendre les valeurs spirituelles fécondes pour une vivante et vivifiante prédication de l’Evangile du Christ. Tout ce qui, dans ces usages et coutumes, n’est pas indissolublement lié à des erreurs religieuses sera toujours examiné avec bienveillance, et, quand ce sera possible, protégé et encouragé. Notre immédiat prédécesseur, de sainte et vénérée mémoire, appliquant ces règles à une question particulièrement délicate, prit là-dessus des décisions si généreuses qu’elles dressent comme un monument à l’ampleur de son intuition et à l’ardeur de son esprit apostolique. Et il n’est pas nécessaire, Vénérables Frères, de vous annoncer que Nous voulons marcher sans hésitation dans cette voie. Ceux qui entrent dans l’Eglise, quelle que soit leur origine ou leur langue, doivent savoir qu’ils ont un droit égal de fils dans la maison du Seigneur, où règnent la loi et la paix du Christ. C’est en conformité avec ces règles d’égalité, que l’Eglise consacre ses soins à former un clergé indigène à la hauteur de sa tâche, et à augmenter graduellement les rangs des évêques indigènes. Et pour donner à Nos intentions une expression extérieure, Nous avons choisi la fête prochaine du Christ-Roi pour élever à la dignité épiscopale, sur le tombeau du prince des apôtres, douze représentants des peuples ou groupes de peuples les plus divers. »

Certains y voient une approbation relative du paganisme. Mais c’est erroné comme nous allons le voir.

1) La signification de « valeurs » et de « spirituelles« 

Il ne s’agit que des dispositions d’âme purement humaines des païens, et de leurs philosophies qui en sont l’expression.

Nous en voulons pour preuve que le texte original en latin exprime cette idée par les mots : « animi ornamenta« , ce qui se traduit par « qualités spirituelles » ou « qualités d’âme« . Il s’agit de qualités relatives aux personnes des païens et non à leur religion.

La traduction officielle en anglais comporte les mots « spiritual values« . Le premier sens de en anglais de « spiritual » est naturel et non religieux (la notion d’esprit est profane, pas seulement religieuse), et une traduction privilégiée de « values » est « qualifications« .

La traduction officielle en espagnol comporte les mot « cualidades espirituales » : « qualités spirituelles« .

La traduction officielle en italien comporte les mots « valori spirituali« , or « valori » se traduit par « mérites » ou « vertu« .

2) Pie XII précise que celles-ci ne doivent pas être « indissolublement lié à des erreurs religieuses« 

Pie XII parle de :

« l’intime compréhension et le respect des civilisations les plus variées et d’en rendre les valeurs spirituelles fécondes pour une vivante et vivifiante prédication de l’Evangile du Christ. Tout ce qui, dans ces usages et coutumes, n’est pas indissolublement lié à des erreurs religieuses sera toujours examiné avec bienveillance, et, quand ce sera possible, protégé et encouragé. »

Nous pourrions dire que tout est dit : il ne s’agit que des qualités naturelles et de la religion naturelle que les fausses religions n’ont pas réussis à détruire, ou que l’intelligence naturelle aura réussis à retrouver (nous renvoyons en particulier aux propos de saint Justin).

3) Pie XII invoque Pie XI

Pie XII fonde son enseignement sur celui de son prédécesseur Pie XI. Or comme nous l’avons vu, ce dernier condamnait « la théorie erronée que les religions sont toutes plus ou moins bonnes et louables« , en précisant que « se solidariser des partisans et des propagateurs de pareilles doctrines, c’est s’éloigner complètement de la religion divinement révélée. » (Encyclique Mortalium Animos du 6 janvier 1928 – Sur l’unité de la véritable Eglise). Il est donx impensable que Pie XII ait pensé autrement.

4) Pie XII dans le sillon de saint Paul et des Pères de l’Eglise

Pie XII est donc dans la droite ligne de saint Paul et des Pères de l’Eglise qui affirme les valeurs humaines et de la religion naturelle qui reste chez tous les hommes, et que la religion catholique seule peut élever au niveau surnaturelle.

B) L’encyclique Evangelii Praecones parle des « doctrines des païens » que « l’Église n’a jamais traité avec mépris et dédain« 

Pie XII enseigne

« La nature humaine garde en elle, malgré la tache héritée de la triste chute d’Adam, un fonds naturellement chrétien (cf. Tertull., Apologet., cap. XVII ; ML, I, 377 A) qui, éclairé par la lumière divine et nourri de la grâce, peut s’élever à la vertu authentique et à la vie surnaturelle. Pour ce motif, l’Église n’a jamais traité avec mépris et dédain les doctrines des païens ; elle les a plutôt libérées de toute erreur et impureté, puis achevées et couronnées par la sagesse chrétienne. De même, leurs arts et leur culture, qui s’étaient élevés parfois à une très grande hauteur, elle les a accueillis avec bienveillance, cultivés avec soin et portés à un point de beauté qu’ils n’avaient peut-être jamais atteint encore. […]

Nous écrivions Nous-même en Notre première Encyclique Summi Pontificatus ces paroles : « D’innombrables recherches et investigations de pionniers, accomplies en esprit de sacrifice, de dévouement et d’amour par les Missionnaires de tous les temps, se sont proposé de faciliter l’intime compréhension et le respect des civilisations les plus variées et d’en rendre les valeurs spirituelles fécondes pour une vivante et vivifiante prédication de l’Évangile du Christ. Tout ce qui, dans ces usages et coutumes, n’est pas indissolublement lié à des erreurs religieuses sera toujours examiné avec bienveillance, et quand ce sera possible, protégé et encouragé » (A. A. S., 1939, p. 429). » (Encyclique Evangelii Praecones du 2 juin 1951 – Pour le progrès des missions)

1) La signification du mot « doctrines« 

a) Cela renvoie à la doctrine philosophique

Ici « doctrines » signifie « philosophies« . En effet, la traduction anglaise comporte le mot « philosophies » et la traduction italienne le mot « pensiero« . Or toutes ces traductions sont validées par le Vatican, elles doivent donc toutes être comprises en cohérence les unes avec les autres. Or doctrine est compatible avec philosophie, mais philisophie n’est pas compatible avec doctrine religieuse. De plus, le mot « doctrinas » du texte original en latin peut cetes signifier doctrine religieuse, mais paut aussi signifier enseignement, formation théorique, culture, éducation, art, science, théorie, méthode.

Certains voudraient que le mots « doctrinas » signifie forcément « doctrine religieuse » puisqu’un peu plus loin Pie XII parle « leurs arts et leur culture » comme d’une chose séparée. Mais cela ne tient pas puisque si Pie XII distingue entre d’une part « leurs arts et leur culture » et d’autre part leur « doctrinas« , alors certes ces dernières peuvent être leur doctrines religieuses, mais elles peuvent aussi bien être leurs doctrines philosophiques puisque force est de constater qu’il n’englobe pas dans le mot « doctrinas » toute l’étendue qu’il peut avoir. Aussi « doctrinas » signifie forcément « doctrines philosphiques », d’une part parce que les différentes traductions souvent être cohérentes entres elles, et d’autre part parce que les autres éléments de contexte l’indique comme nous allons le voir immédiatement.

b) Des doctrines qui traduisent la religion naturelle

Pie XII commence son propos en disant :

« La nature humaine garde en elle, malgré la tache héritée de la triste chute d’Adam, un fonds naturellement chrétien (cf. Tertull., Apologet., cap. XVII ; ML, I, 377 A) qui, éclairé par la lumière divine et nourri de la grâce, peut s’élever à la vertu authentique et à la vie surnaturelle. »

S’il s’agit du « fonds naturellement chrétien » qui a échappé à la corruption, parmi laquelle l’invention des fausses religions, qui appelle à petre nourri de la grâce, c’est bien encore une fois qu’il s’agit du reliquat de la religion naturelle qui a à la destruction.

c) Pie XII se réfère à Summi pontificatus

Un peu plus loin, Pie XII se réfère à son propre enseignement passé :

« Nous écrivions Nous-même en Notre première Encyclique Summi Pontificatus ces paroles : « D’innombrables recherches et investigations de pionniers, accomplies en esprit de sacrifice, de dévouement et d’amour par les Missionnaires de tous les temps, se sont proposé de faciliter l’intime compréhension et le respect des civilisations les plus variées et d’en rendre les valeurs spirituelles fécondes pour une vivante et vivifiante prédication de l’Évangile du Christ. Tout ce qui, dans ces usages et coutumes, n’est pas indissolublement lié à des erreurs religieuses sera toujours examiné avec bienveillance, et quand ce sera possible, protégé et encouragé » (A. A. S., 1939, p. 429). » (Encyclique Evangelii Praecones du 2 juin 1951 – Pour le progrès des missions)

Et nous avons vu qu’il ne pouvait s’agir dans cette encyclique que de philosophie naturelle. Etant donné que la seconde encyclique renvoir à la première, leur sens est donc le même.

2) L’Eglise a toujours traité avec « mépris et dédain » les doctrines religieuses des païens

L’idée que Pie XII aurait nié que l’Eglise n’ait jamais traité avec « mépris et dédain » les doctrines religieuses des païens aurait été grandement contraire à la réalité des faits !

a) L’attitude de l’Eglise depuis les apôtres

Nous avons déjà vu les affirmations de saint Paul, nous les rappelons :

« Quant à ceux qui conduisaient Paul, ils le menèrent jusqu’à Athènes ; puis, ayant pris ordre pour Silas et Timothée de venir à lui au plus tôt, ils s’en retournèrent. Pendant que Paul les attendait à Athènes, il sentait en son âme une vive indignation au spectacle de la ville remplie d’idoles. » (Actes XVII, 15-16)

Et ce alors même qu’il reconnaissait les athéniens eux-mêmes comme « éminemment religieux » (Actes XVII, 22) !

Il affirma ailleurs :

« je dis que ce que les païens offrent en sacrifice, ils l’immolent à des démons, et non à Dieu ; or je ne veux pas que vous soyez en communion avec les démons. Vous ne pouvez boire à la fois au calice du Seigneur et au calice des démons ; vous ne pouvez prendre part à la table du Seigneur et à la table des démons. » (I Corinthiens X, 20-21)

Nous retrouvons ici cet enseignement des Psaumes :

« Tous les dieux des nations païennes sont des démons. » (Psaume 95/96, 5)

Les exemples pourraient être fort nombreux, mais nous nous limiterons à quelques-uns d’entre eux :

Tout d’abord rappelons ce que disait Pie XI au sujet du panthéisme :

« Prenez garde, Vénérables Frères, qu’avant toute autre chose la foi en Dieu, premier et irremplaçable fondement de toute religion, soit conservée en Allemagne, pure et sans falsification. Ne croit pas en Dieu celui qui se contente de faire usage du mot Dieu dans ses discours, mais celui-là seulement qui à ce mot sacré unit le vrai et digne concept de la Divinité.

Quiconque identifie, dans une confusion panthéistique, Dieu et l’univers, abaissant Dieu aux dimensions du monde ou élevant le monde à celles de Dieu, n’est pas de ceux qui croient en Dieu.

Quiconque, suivant une prétendue conception des anciens Germains d’avant le Christ, met le sombre et impersonnel Destin à la place du Dieu personnel, nie par le fait la Sagesse et la Providence de Dieu, qui  » fortement et suavement agit d’une extrémité du monde à l’autre  » (Sagesse, VIII, 1) et conduit toutes choses à une bonne fin : celui-là ne peut pas prétendre à être mis au nombre de ceux qui croient en Dieu. » (Encyclique Mit brennender Sorge du 14 mars 1937 sur l’Eglise dans le Reich Allemand, n°9)

Pie XI dénie donc la qualité de « croyants en Dieu », alors même que comme nous l’avons vu la connaissance de l’existence de Dieu est accessible à la raison naturelle, aux panthéistes, c’est-à-dire à une portion énorme des religions païennes !

Pie XI parlait aussi des catastrophes morales véhiculées par le culte des faux dieux :

« [Saint Augustin] nota dans ses pages toute la compulsion et la folie, tous les outrages et la luxure, introduits dans la vie des hommes par les démons par le culte des faux dieux. » (Encyclique Ad Salutem Humani, 20 avril 1930, à l’occasion du 1 500e anniversaire de la mort de saint Augustin)

Et Léon XIII déclarait au sujet de l’hindouisme :

« L’Orient, courageusement et avec succès exploré par les Portugais, est aujourd’hui convoité par beaucoup pour son commerce lucratif. Cependant, nous avons un objectif plus noble en tête. Nous réfléchissons sur ces immenses régions des Indes où les hommes de l’Évangile ont consacré leur travail pendant des siècles. Nos pensées se tournent tout d’abord vers le bienheureux apôtre Thomas qui est appelé à juste titre le fondateur de la prédication de l’Évangile aux hindous. Ensuite, il y a François Xavier qui, longtemps après, s’est consacré avec zèle à la même vocation louable. Grâce à son extraordinaire persévérance, il a converti des centaines de milliers d’hindous des mythes et des superstitions ignobles des Brahmanes à la vraie religion. Sur les traces de ce saint homme ont suivi de nombreux prêtres, séculiers et religieux, qui, avec l’autorité et la permission du Saint-Siège, se sont inlassablement efforcés de préserver et de promouvoir les institutions et les mystères chrétiens introduits par Thomas et renouvelés par Xavier. Aujourd’hui encore, ils poursuivent ces nobles efforts ; pourtant, dans les vastes étendues de la terre, beaucoup sont encore privés de la vérité, misérablement emprisonnés dans l’obscurité de la superstition ! Combien un très grand champ, surtout dans le nord, est encore inculturé pour recevoir la semence de l’Evangile ! » (Encyclique Ad Extremas, 24 juin 1893 – Sur les séminaires pour le clergé indigène)

Notons que dans l’avant dernière phrase, Léon XIII ne parle pas seulement de l’Inde, mais du monde entier (« les vastes étendues de la terre« ), c’est donc les religions païennes du monde entier qui sont l’obscurité et la superstition ! Si cela n’est pas du mépris et du dédain, alors qu’est-ce que du mépris et du dédain ?!

Pie XII lui-même approuva une Instruction de la Congrégation de la Propagande de la Foi que nous reverrons plus bas dans laquelle le culte à Confucius est appelé « superstition » :

« On peut admettre que les fonctionnaires et les élèves catholiques, ayant reçu l’ordre d’assister à des cérémonies publiques qui paraissent être des actes de superstition » (Instruction de la Congrégation de la Propagande de la Foi du 7 décembre 1939 visant certaines cérémonies pratiquées en Chine)

b) Pie XII lui-même loue saint Benoît d’avoir brisé, renversé, incendié ce qui servait au culte « où un peuple ignorant et rustique vénérait Apollon à la manière des vieux païens« 

Pie XII loue saint Benoît d’avoir brisé, renversé, incendié ce qui servait au culte païen :

« C’est pourquoi, se fiant à Dieu et sûr de son très efficace secours, il s’en alla vers le sud, et s’établit dans la localité « appelée Mont Cassin, au flanc d’une haute montagne… ; sur l’emplacement d’un très ancien temple, où un peuple ignorant et rustique vénérait Apollon à la manière des vieux païens. Tout à l’entour, des bois consacrés au culte des démons avaient grandi, et, à cette époque encore, une multitude insensée d’infidèles s’y livrait à des sacrifices sacrilèges. A peine arrivé l’homme de Dieu brisa l’idole, renversa l’autel, incendia les bosquets sacrés ; sur le temple même d’Apollon il édifia la chapelle du Bienheureux Martin, et là où se trouvait l’autel du même Apollon il construisit l’oratoire de S. Jean ; enfin, par sa continuelle prédication, il convertit à la foi les populations qui habitaient aux environs » (S. Grégoire le Grand, Dialogues, II, 8 : PL 66, 152). » (Encyclique Fulgens radiatur du 21 mars 1947 – A l’occasion du XIV° centenaire de la mort de saint Benoît)

Cela se passe de commentaire !

C) Pie XII parle de « ce qui peut être juste et bon dans d’autres religions« 

Pie XII déclara :

« Rendez témoignage à Jésus-Christ. Démontrez que tout ce qui peut être juste et bon dans d’autres religions trouve sa signification plus profonde et son achèvement parfait dans le Christ, tandis que la foi catholique révèle une connaissance de la vérité divine et une puissance de salut, de sanctification et d’union de l’homme avec Dieu, qui la rendent infiniment supérieure. » (Radiomessage aux fidèles de Malabar réunis pour fêter saint Thomas, apôtre et saint François-Xavier, 31 décembre 1952)

1) Interpréter ces paroles de Pie XII en cohérence avec ses autres enseignements

Pie XII doit être interpréter en cohérence avec lui-même, c’est la logique élémentaire ! Aussi Pie XII ayant enseigné ce qu’il a enseigné par ailleurs, ce passage de son discours ne peut rien signifier d’autre que les éléments de la religion naturelle que les fausses religions n’ont pas détruits. Ce qu’il appelle « fond naturellement chrétien« .

De plus il est intéressant de noter que Pie XII s’adresse ici aux fidèles de Malabar, c’est-à-dire de la côte Est de l’Inde, à savoir une partie du même lectorat direct que celui de l’encyclique de Léon XIII que nous avons cité, et les deux évoquent l’apôtre saint Thomas, ainsi que saint François-Xavier. Or Léon XIII mentionne ce dernier comme ayant « converti des centaines de milliers d’hindous des mythes et des superstitions ignobles des Brahmanes » ! Il est impensable que Pie XII ait pu vouloir dire quelque chose de contradictoire.

2) Parallèle avec un décret de la Sacrée Congrégation de la Propagande de la Foi

Voici le texte intégral de l’Instruction de la Sacrée Congrégation de la Propagande de la Foi du 8 décembre 1939 sur la façon de traiter avec plus de prudence des questions missionnaires :

« La Sacrée Congrégation de la Propagande a souvent noté que dans des journaux ou des revues, dans des livres ou des discours publics qui traitent des questions missionnaires, on décrit parfois les coutumes, les cultes, le caractère et les conditions de vie des peuples auxquels ont doit porter la foi catholique, d’une manière qui met en relief plutôt les mauvais côtés que les qualités. Certes, on agit ainsi sans mauvaises intentions ; au contraire, on voudrait exciter un plus vif amour envers ces frères qui ne jouissent pas encore de la lumière du Christ et obtenir de plus larges secours en faveur des oeuvres religieuses et charitables ; mais combien une telle attitude s’écarte de la politesse réciproque qui doit commander les rapports entre les peuples, combien elle blesse l’équité et la justice, enfin quelle juste indignation elle suscite dans les peuples dont on parle ainsi, cela apparaît clairement à toute personne qui, faisant un retour sur elle-même, essaye de s’imaginer ce qu’elle ressentirait si elle savait que des étrangers ont usé d’un langage semblable en parlant de sa patrie.

Il faut d’autant plus éviter une telle attitude qu’elle peut faire naître une idée fausse et offensante des missionnaires, opinion qui nuirait à la réussite de leur apostolat ; on pourrait croire que les missionnaires ne s’approchent pas des peuples avec cette cordiale charité qui empêche de juger les autres selon sa propre conception et qu’ils n’essayent pas, avec un esprit ouvert et bien disposé, de les comprendre, de les estimer et de les aimer.

C’est pourquoi la Sacrée Congrégation de la Propagande recommande vivement à tous ceux qui traitent de questions missionnaires, par écrit, de vive voix, de parler des autres nations avec le même respect dont ils désirent qu’on use pour leur propre pays.

Qu’ils n’oublient pas, en outre, que beaucoup de peuples chez lesquels s’exerce l’apostolat missionnaire se distinguent par une ancienne et noble culture et civilisation, et qu’ils ne supporteraient pas et s’indigneraient d’être classés sans discernement parmi les peuples qu’on tient ici et là pour moins évolués. Il n’est pas juste, enfin, de tirer de cas particuliers un jugement général injurieux et faux sur tout un peuple.

Nous devons toujours avoir sous les yeux et observer scrupuleusement les très sages avis de saint Paul : « Ne donnons aucun sujet de scandale en quoi que ce soit, afin que notre ministère ne soit pas un objet de blâme. Mais rendons-nous recommandables en toutes choses, comme des ministres de Dieu. » (II Corinthiens VI, 3-4) »

Nous remarquons que la première fois que la Congrégation évoque ce qui est traité de manière négative elle cite le culte, c’est-à-dire la religion. Mais à chaque fois qu’elle réévoque ce qu’il ne faut pas heurter chez les païens, elle ne cite plus que des éléments naturels (patrie, culture, civilisation). Aussi le culte n’est ici envisagée qu’en tant qu’il est une émanation de ces éléments naturels. De plus le Congrégation affirme qu’il ne faut pas parler de toutes ces choses de manière offensante. Mais ne pas être offensant pour ne pas choquer, dans un souci de charité, est différent de ne pas porter un jugement objectif de dédain et de mépris pour quelque chose qui le mérite. La Congrégation demande en somme aux missionnaires d’imiter l’attitude de saint Paul qui disait :

« Je me suis fait faible avec les faibles, afin de gagner les faibles. Je me suis fait tout à tous, afin de les sauver tous. Je fais tout à cause de l’Evangile, afin d’y avoir part. » (I Corinthiens IX, 22-23)

D) Les hommages rendus en Chine aux ancêtres et à Confucius

On dit enfin que Pie XII autorisa les catholiques de Chine à participer aux cérémonies païennes d’hommages rendus aux ancêtres et à Conficius en général, contrairement à ses prédécesseurs.

1) Les Papes antérieurs les avaient interdit car ils avaient un caractère religieux

L’Etat chinois imposa depuis des siècles la participation à ses sujets à des cérémonies d’hommages païens aux ancêtres et en particulier à Confucius. Interdiction avait été faite aux catholiques de Chine de participer à cérémonies par Pape Clément XI, comme incompatibles avec la foi chrétienne, par la Bulle Ex illa die, du 19 mars 1715.

Plus tard, face à la désobéissance, le Pape Clément XII renouvela l’interdiction dans un Bref du 26 septembre 1735.

Benoît XIV renouvela encore l’interdiction en l’imposant par serment à tous les prêtres de Chine dans la Constitution Ex quo singulari du 11 juillet 1742.

2) Pie XII les autorise car ils n’en ont plus

Nous ne pouvons pas mieux faire que de laisser la parole au Pape Pie XII qui pulvérise l’idée qu’il aurait permis aux catholiques de Chine de mettre ne serait-ce qu’un orteille dans une cérémonie païenne ! Voici l’Instruction de la Congrégation de la Propagande de la Foi autorisant ces cérémonies, ayant reçu l’approbation de Pie XII :

« L’on sait parfaitement qu’en Extrême-Orient, certaines cérémonies autrefois liées à des rites païens n’ont plus aujourd’hui, par suite des changements apportés par les siècles dans les moeurs et les idées, qu’une signification purement civile de piété envers les ancêtres, d’amour pour la patrie, ou de politesse dans les rapports sociaux.

C’est pourquoi cette Sacrée Congrégation de la Propagande a donné en 1935 et en 1936, avec l’approbation du Souverain Pontife Pie XI d’heureuse mémoire, aux Ordinaires de Mandchourie et de l’empire japonais, conformément au canon CIS 22 du Code de droit canonique, de nouvelles règles mieux adaptées à la situation actuelle.

Récemment, dans leur réunion plénière du 4 de ce mois de décembre, les éminentissimes Pères, membres de cette même Congrégation de la Propagande, ont examiné la question de savoir s’il n’y avait pas lieu d’adopter la même façon d’agir dans les pays où l’on constatait que le temps avait produit les mêmes changements de situation.

Après avoir pesé attentivement le pour et le contre et demandé l’avis des personnes prudentes et expertes, les éminentissimes Pères ont décidé de faire les déclarations suivantes :

1. Etant donné qu’à plusieurs reprises le gouvernement chinois a explicitement proclamé que chacun est libre de professer la religion de son choix et qu’il n’a aucunement l’intention de porter des lois ou des ordonnances en matière religieuse et que, par conséquent, les cérémonies prescrites ou accomplies par les autorités publiques en l’honneur de Confucius n’ont pas pour but de rendre un culte religieux, mais uniquement de promouvoir et de rendre l’honneur qui convient à un personnage illustre, ainsi que l’hommage dû aux traditions des ancêtres, il est permis aux catholiques d’assister aux cérémonies qui s’accomplissent devant l’image ou la tablette de Confucius, dans les monuments élevés en son honneur ou dans les écoles.

2. C’est pourquoi il n’est pas défendu de placer dans les écoles catholiques, surtout si les autorités l’ordonnent, l’image de Confucius ou la tablette qui porte son nom, ni de la saluer d’une inclination de tête. Si jamais l’on craignait le scandale, le catholique aura soin de déclarer la droiture de son intention.

3. On peut admettre que les fonctionnaires et les élèves catholiques, ayant reçu l’ordre d’assister à des cérémonies publiques qui paraissent être des actes de superstition, y assistent pourvu que, conformément au canon 1258, ils se comportent d’une manière passive et ne participent qu’à l’hommage qu’on peut, à bon droit, regarder comme purement civil. Ils déclareront, comme plus haut, leur intention, chaque fois que la chose paraîtra nécessaire pour écarter toute fausse interprétation de leur geste.

4. On tiendra pour licites et honnêtes les inclinations de tête et autres manifestations de respect civil devant les défunts ou les images des défunts et même devant la tablette qui porte le nom du défunt.

D’autre part, les éminentissimes cardinaux considérant que le serment sur les rites chinois imposé par la constitution Ex quo singulari (11 juillet 1742) du pape Benoît XIV, à tous les prêtres « dans l’empire chinois, les royaumes et les provinces proches ou limitrophes » ne concorde pas parfaitement avec les normes récentes édictées par cette Sacrée Congrégation, et qu’en outre ce serment est devenu aujourd’hui, comme moyen disciplinaire, absolument superflu, du fait qu’ont cessé, comme chacun sait, les vieilles controverses sur les rites chinois et que du reste les missionnaires et les autres prêtres n’ont nullement besoin de la contrainte d’un serment pour obéir promptement et filialement au Saint-Siège, ont décidé de supprimer l’obligation de ce serment, partout où il était en usage soit en Chine, soit ailleurs. Les autres prescriptions du Souverain Pontife Benoît XIV qui n’ont pas été modifiées par des instructions plus récentes, par-dessus tout celle qui défend de discuter la question des rites chinois, restent en vigueur.

A l’audience du 7 décembre 1939, ces décisions des éminentissimes cardinaux ont été soumises, par le cardinal soussigné préfet de la Propagande, à notre Saint-Père le pape Pie XII. Sa Sainteté a daigné les approuver toutes et les ratifier. » (Instruction de la Congrégation de la Propagande de la Foi du 7 décembre 1939 visant certaines cérémonies pratiquées en Chine)

3 commentaires sur “Pie XII a-t-il été complaisant envers les religions païennes ?!

  1. Carlito
    16 avril 2020

    Merci ce bel enseignement comme toujours très documenté !

    Mais pourquoi certains gestes me choquent profondément, comme le fait que notre Bon Pape Jean-Paul II à Assise en 1986 laisse adorer sur l’autel du Seigneur une autre divinité que celle de la Sainte Trinité ??? Et que ce pape François, fit venir la Patchamama, me désole, il y eu une vraie célébration faite dans les jardins du Vatican etc …. tout cela m’indispose même s’il n’ont pas eu l’intention d’adoration …. mais je ne saurais analyser en détail le pourquoi et votre enseignement vient me conforter dans mon ressentiment ? Le moindre que je puisse dire c’est qu’il a eu un vrai cafouillage pastorale. Je ne suis pas contre de voir chez « les autres » des semences du Verbe mais delà à inviter de vraies idoles dans le sanctuaire de Dieu ??? N’y aurait-il pas dans tout cela un début de « syncrétisme religieux » même s’il s’en défendent ?

    Carlito

  2. Carlito
    16 avril 2020

    J’ai conscience que je ne parle pas de Pie XII mais cela est quand même dans le même sujet …..
    Je ne connais pas beaucoup ce Pape mais je ne pense pas qu’il est invité une quelconque idole au Vatican avec cérémonie et ses fidèles ….. enfin je n’en sais rien ?
    Sinon, il faut que j’approfondisse ma Foi Catholique ….!
    Carlito

  3. Archidiacre
    17 avril 2020

    Je clarifie pour les sédévacantistes qui s’imagineraient que cet article invalide ma réfutation d’Abauzit:
    – Abauzit rejetait les citations de saints car « non magistérielles ». Il ne peut pas s’en servir sans se réfuter encore lui-même.
    – Je n’ai jamais dit que Pie XII valorisait l’erreur ou l’idolâtrie, il parlait bien entendu uniquement de ce qui est vrai et non intrinsèquement païen (et je suis d’accord pour dire que ce peut être issu de la raison ou de la révélation). Mais le Pape François aussi faisait la distinction (il parle même d’emprunts au catholicisme populaire).
    – Je maintiens l’avis que le mot philosophie peut englober le religieux et que les deux sens sont possibles, surtout quand l’artistique et le culturel est mentionné après. Je maintiens aussi que les deux sens sont possibles pour les « valeurs spirituelles » et je ne suis pas convaincu par ce jeu de traductions, je le trouve équivoque. J’ajouterai qu’Adrien impliquait qu’il était impossible qu’une phrase magistérielle nécessite de telles explications et interprétations dans sa première réponse, cela le réfute encore sa fausse doctrine.
    -Il est parfaitement possible qu’il ne s’agisse que de philosophie rationnelle ou de qualité humaine, je n’ai jamais été fermé à cette lecture. Même en concédant cela, ça ne change rien à mes arguments, car ce n’était que quelques exemples, et cela démontre aussi l’hypocrisie d’Abauzit qui imposait un sens soi-disant « prioritaire » des mots magistériels pour le Pape François alors qu’il ne le fait pas pour Pie XII.
    – Le fait est aussi que le radiomessage confirme que Pie XII pense qu’il peut y avoir des vérités dans les religions païennes, et bien sûr qu’il ne s’agit pas de ce qui est indissociable de l’erreur païenne. L’argument selon quoi ce n’est pas un message magistériel ne change rien: soit Adrien dit que Pie XII a prononcé une hérésie ici soit il concède que ce qu’il dit, lui et le Pape François, est vrai.
    – L’article confirme que ces coutumes chinoises ayant à l’origine une signification païenne l’ont perdue en circonstance et en se sécularisant. C’est exactement comme tel que j’ai employé cet exemple. Jamais je n’ai dit qu’il s’agissait de prendre part à des rites païens.

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Cette entrée a été publiée le 15 avril 2020 par dans Foi Catholique.
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