+†+Yesus Kristus azu+†+

« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

Les Papes nous parlent de sainte Thérèse de Lisieux !

Image illustrative de l’article Thérèse de Lisieux

Marie-Françoise Thérèse MARTIN, en religion sœur Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face, également connue sous les appellations sainte Thérèse de Lisieux, sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face ou encore la petite Thérèse, est une religieuse carmélite française née à Alençon dans l’Orne en France le 2 janvier 1873 et morte à Lisieux en France le 30 septembre 1897.

Le retentissement de ses publications posthumes, dont Histoire d’une âme publiée peu de temps après sa mort et diffusée à plus de cinq cents millions d’exemplaires, en fait l’une des plus grandes saintes du XIXe siècle. On trouvera l’Histoire d’une âme disponible à la lecture en ligne en cliquant ici. La dévotion à sainte Thérèse s’est développée partout dans le monde. Nous vous proposons une recension de ce qu’ont dit les les Papes à son sujet.

Saint Pie X

Saint Pie X

Frappés du nombre de témoignages de prières exaucées par Thérèse de l’Enfant Jésus, des fidèles du monde entier demandent qu’elle soit reconnue comme sainte. Le 15 mars 1907, saint Pie X souhaite également sa glorification. Le procès ordinaire de béatification, sous la responsabilité de l’évêque de Bayeux et Lisieux, Mgr Thomas-Paul-Henri LEMMONIER, s’ouvre le

En 1907, dix ans seulement après la mort de sainte Thérèse, saint Pie X reçut en cadeau l’édition française de l’Histoire d’une âme et, trois ans plus tard, en 1910, la traduction italienne de l’autobiographie de la sainte. Traduction qui en était déjà à l’époque à sa seconde édition. La même année, après avoir lu l’Histoire d’une âme, il dit au moment où il recevait d’un évêque missionnaire un portrait de Thérèse, alors qu’elle n’était même pas béatifiée :

« C’est la plus grande sainte des temps modernes ! »

La simplicité de sa doctrine spirituelle, centrée sur l’absolue nécessité de la grâce, faisait faire la grimace à un bon nombre d’ecclésiastiques. Dans le cadre d’un catholicisme tout imprégné de jansénisme, son refus des pénitences, sa spiritualité centrée sur la confiance et l’abandon docile à la miséricorde de Dieu, semblait en contradiction avec la rigueur d’une ascèse fondée sur le renoncement et sur le sacrifice de soi. L’écho de ce « soupçon » concernant la doctrine de Thérèse arriva ainsi aux oreilles du Pape qui, un jour, répliqua en ces termes à l’un des « détracteurs » de la sainte :

« Son extrême simplicité est ce qu’il y a de plus extraordinaire et de plus digne d’attention dans cette âme. Révisez votre théologie. »

Benoît XV

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Benoît XV (1914-1922) fit à son tour accélérer son cours. Le 14 août 1921 il proclama le Décret sur les vertus héroïques de la petite Thérèse et, pour la première fois, un pape utilisa l’expression « enfance spirituelle » en référence à la « doctrine » de la sainte de Lisieux. Il dit :

« L’enfance spirituelle est formée de confiance en Dieu et d’un abandon aveugle entre Ses mains […]. Il n’est pas difficile de montrer les mérites de cette enfance spirituelle pour ce qu’elle exclut comme pour ce qu’elle suppose. Elle exclut en effet l’orgueilleuse idée de soi; elle exclut la présomption d’atteindre par des moyens humains une fin surnaturelle ; elle exclut l’idée fausse que l’on se suffit à soi-même à l’heure du danger et de la tentation. Et, par ailleurs, elle suppose une foi vive dans l’existence de Dieu ; elle suppose un hommage concret à Sa puissance et à Sa miséricorde ; elle suppose le recours confiant à la Providence de Celui dont nous pouvons obtenir la grâce d’éviter tout mal et de parvenir à tout bien. […] Nous souhaitons que le secret de la sainteté de Sœur Thérèse de l’Enfant-Jésus ne reste inconnu à personne. » (Lire le décret sur l’héroïcité des vertus de Thérèse de Lisieux ici : http://archives-carmel-lisieux.fr/carmel/index.php?option=com_content&view=article&id=12964:d%C3%A9cret-sur-l-h%C3%A9ro%C3%AFcit%C3%A9-des-vertus&catid=1063:le-proces-apostolique&Itemid=1819 ou ici https://www.bibliotheque-monastique.ch/bibliotheque/bibliotheque/saints/carmel/thereseenfj/070.htm)

On notera qu’à l’époque, un délai de cinquante ans était nécessaire avant une canonisation, mais le Pape Benoît XV exempta la cause de Thérèse de ce délai tant sa sainteté était grande !

Pie XI

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Pie XI (1922-1939), plus que tout autre pape, eut pendant toute sa vie et même avant son élection au siège de Pierre une profonde dévotion pour Thérèse. Lorsqu’il était nonce apostolique à Varsovie, il avait toujours sur son bureau l’Histoire d’une âme ; une habitude qu’il garda lorsqu’il devint archevêque de Milan. Durant son pontificat, Thérèse fut rapidement élevée à l’honneur des autels.

Et le 11 février 1925 déjà, dans le discours qu’il prononça à l’occasion de l’approbation des miracles nécessaires pour la béatification, il parlait ainsi de Thérèse :

« Miracle de vertu dans cette grande âme, qui nous fait dire avec le divin Poète “chose venue du ciel sur la terre pour montrer des miracles” […]. La petite Thérèse s’est faite Elle aussi une parole de Dieu […]. La petite Thérèse de l’Enfant-Jésus veut nous dire qu’il y a pour nous un moyen facile de participer à toutes les œuvres les plus grandes et les plus héroïques du zèle apostolique à travers la prière. »

S’adressant aux pèlerins français accourus à Rome pour la béatification de Thérèse, il dit :

« Vous voici à la lumière de cette Étoile – comme Nous aimons l’appeler – que la main de Dieu a voulu faire resplendir au début de Notre Pontificat, présage et promesse d’une protection dont Nous sommes en train de faire l’heureuse expérience. »

Elle fut béatifiée le 29 avril 1923 (Voici le texte du décret de béatification : https://www.bibliotheque-monastique.ch/bibliotheque/bibliotheque/saints/carmel/thereseenfj/071.htm).

Peu après la cérémonie de la béatification, le Pape dit à Mgr LEMONNIER, évêque de Bayeux :

« C’est le plus beau jour de Notre pontificat. Depuis quelques jours, je sens auprès de moi la présence de la Bienheureuse Thérèse. »

Le 16 juin 1923 Pie XI nomme la bienheureuse Thérèse de l’Enfant Jésus Patronne des noviciats de l’ordre du Carmel ; en 1923 elle est nommée Protectrice de toutes les Missions Carmélitaines. Comme à cette époque la sainte n’est que bienheureuse son culte ne peut être que limité ; et pour une bienheureuse ces deux privilèges même limités à l’Ordre du Carmel sont déjà exceptionnels.

Les faits remarquables survenus après la béatification ne manquent pas, et l’on en choisit deux : le cas d’une jeune Belge, Mlle Maria PELLEMANS, souffrant d’une tuberculose pulmonaire et intestinale avancée, et miraculeusement guérie sur la tombe de Thérèse. L’autre cas est celui d’une italienne, sœur Gabrielle TRIMUSI, qu’une arthrite du genou et une tuberculose des vertèbres obligent à porter un corset ; elle est brusquement soulagée de ses infirmités et quitte son corset après un triduum célébré en l’honneur de Thérèse. Le décret d’approbation des miracles est publié en mars 1925.

Elle fut canonisée le 17 mai 1925, au cours de l’Année Sainte.

Thérèse de Lisieux est canonisée le , en présence de cinq cent mille personnes, par Pie XI qui l’appelle « l’étoile de son pontificat » comme nous le disions. Lors de la canonisation, Pie XI affirmera de Thérèse de Lisieux :

« L’Esprit de vérité lui découvrit et enseigna ce qu’il cache ordinairement aux sages et aux prudents et révèle aux humbles. Elle acquit, en effet, — au témoignage de Notre Prédécesseur immédiat — une telle science des choses surnaturelles, qu’elle a pu tracer aux autres une voie certaine de salut. » (Homélie pendant la messe de canonisation : https://www.bibliotheque-monastique.ch/bibliotheque/bibliotheque/saints/carmel/thereseenfj/071.htm#_Toc59447440)

Pie XI en prière devant la statue de sainte Thérèse, inaugurée dans les jardins du Vatican, le 17 mai 1927

Peu après la canonisation :

« Dans un pontificat se rencontrent toujours bien des difficultés. Nous avons sans cesse invoqué la « Petite Fleur« , comme on l’appelle en vos pays, et toujours avec succès. »

Pie XI manifestait son admiration par des paroles bien caractéristiques :

« C’est un déluge, un ouragan de gloire qui se déverse sur Lisieux ! Et cette gloire ne passera pas, elle demeurera à jamais. […] Toute l’Eglise romaine est reconnaissante à Lisieux de lui avoir fait don d’une telle beauté, d’un si grand bonheur spirituel. c’est elle qui vous rend aujourd’hui « la Petite Thérèse » devenue la « Grande sainte Thérèse« ! »

Le Pape se plait à rappeler aux Carmes et aux Carmélites qu’:

« en cette année sainte (1925), nous avons de si grand coeur, et au milieu d’une si vive allégresse du monde catholique, accordé et décerné les honneurs des saints »

Le 30 septembre 1925, pour la première fois, l’Église universelle célèbre « sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la sainte Face », plus communément appelée « sainte Thérèse de Lisieux ». À cette occasion, le pape Pie XI offre à la sainte la Rose d’or qui, traditionnellement, honore les chefs d’états ou leur épouse. C’est la première fois également que ce présent pontifical est offert à une personne décédée. Thérèse de Lisieux est proclamée sainte patronne des Missions à l’égal de Saint François-Xavier le 14 décembre 1927.

Mais avec la canonisation Pie XI s’empresse d’élargir le cercle des concessions :

– le 29 juillet 1925, il proclame sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus Protectrice officielle de l’Oeuvre de Saint-Pierre Apôtre, pour le recrutement et la formation du clergé indigène.

– Le 24 novembre 1926 le Pape permettait à tout l’Ordre des Carmes d’ajouter aux Litanies des saints L’invocation « Sancta Theresia ».

– Le 13 juillet 1927 la fête liturgique de sainte Thérèse est étendue à toute l’Eglise universelle.

– Le 17 mai 1927, le Pape Pie XI inaugure dans les jardins du Vatican une statue de marbre de la sainte abritée sous un édicule de style roman. Par la même occasion, il constitue sainte Thérèse gardienne des jardins du Vatican. Désormais, chaque jour, le Saint-Père viendra s’incliner devant sa céleste intendante et lui confier ses soucis quotidiens.

– Le 14 décembre 1927, sainte Thérèse est proclamée patronne principale de tous les missionnaires et de toutes les missions catholiques du monde entier à l’égal de saint François-Xavier.

– Le 11 juillet 1937, inauguration et bénédiction de la basilique de Lisieux par le légat du Pape, le cardinal Eugenio Pacelli, futur Pie XII. Le pape aurait aimé se rendre lui-même à Lisieux ; mais comme cela ne fut pas possible, il donna sa bénédiction en direct par radio message.

A cela il faut ajouter les indulgences concédées à l’acte d’offrande à l’Amour miséricordieux, à la prière à la sainte Face composée par Sainte Thérèse de Lisieux, à une prière et une invocation à sainte Thérèse patronne des missions.

On peut mentionner aussi qu’elle a été nommée patronne de la Russie en 1929, du Mexique, deux pays en proie à  de terribles persécutions.

Le 14 décembre 1927, elle fut proclamée patronne universelle des missions catholiques en même temps que saint François Xavier. Sa béatification et sa canonisation furent les premières du pontificat de Pie XI. On trouvera le texte complet de la Bulle Vehementer exultamus du 17 mai 1925 retrançant toute las sainteté de sa vie et les miracles après sa mort en cliquant ici.

Pie XI attribua par la suite à l’intercession de Thérèse une protection particulière dans les moments cruciaux de son pontificat. En 1927, dans l’une des périodes les plus dures de la persécution contre l’Église catholique au Mexique, il confia ce pays à la protection de Thérèse :

« Je désire que, quand la pratique religieuse sera rétablie au Mexique, l’on reconnaisse en sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus la médiatrice de la paix religieuse dans votre pays. »

Il lui confie toutes ses difficultés. Pie XI attribue à sa chère Sainte l’heureuse issue des tractations concernant les accords de Latran en 1929.

Il s’adressa à elle pour lui demander une solution au dur conflit qui opposait le Saint-Siège et le gouvernement fasciste en 1931 et qui faillit coûter la vie à l’Action catholique italienne :

« Ma petite sainte, faites que pour la fête de la Vierge tout soit réglé. »

La controverse prit fin le 15 août de cette année-là. À la fin de l’Année Sainte 1925, Pie XI avait déjà envoyé à Lisieux sa photographie au bas de laquelle il avait écrit ces mots éloquents :

« Per intercessionem S. Theresiae ab Infante Iesu protectricis nostrae singularis benedicat vos omnipotens et misericors Deus. »

Lorsqu’en 1936-1937 Pie XI est gravement malade, il se recommande à sa chère Sainte qu’il appelle son second Ange Gardien, il demande au Carmel de Lisieux de prier sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, et le 4 janvier 1937 il peut envoyer un télégramme d’action de grâces et exprimer ses remerciements auprès du Carmel de Lisieux. Dans la suite le Pape ne perd pas une occasion de publier sa gratitude pour sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, et parfois de la manière la plus solennelle comme dans une encyclique sur le rosaire du 29 septembre 1937 où, faisant mention de sa santé recouvrée, il déclare :

« Cette grâce, comme nous avons eu déjà l’occasion de l’écrire Nous l’attribuons à la spéciale intercession de la Vierge de Lisieux : sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus »

Et, en 1937, au terme de la longue maladie dont il fut atteint durant les dernières années de son pontificat, il remercia publiquement celle :

« qui, d’une façon très valide et très évidente, est venue en aide au Souverain Pontife et semble encore disposée à l’aider : Sainte Thérèse de Lisieux. »

Cette grande dévotion que Pie XI manifestait envers sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus provenait de l’éminente sainteté de la Carmélite de Lisieux que le Pape avait su discerner. Dans ses discours il aimait à faire ressortir les raisons profondes qui justifiaient une telle vénération. Dans un prochain article nous citerons quelles textes de Pie XI, où il  met bien en valeur la sainteté de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et sa « petite voie ».

Pie XII

Pie XI ne put réaliser son désir de se rendre personnellement à Lisieux dans les derniers mois de sa vie. À la veille de la Seconde Guerre mondiale le pontificat passa dans les mains de Pie XII (1939-1958) qui connaissait bien et appréciait beaucoup la petite sainte !

Il entretint toute sa vie des rapports épistolaires avec le Carmel de Lisieux. Le début de cette correspondance date de 1929, époque de sa nonciature apostolique à Berlin, quand il envoya à Lisieux une lettre de remerciement pour l’envoi qui lui avait été fait de la première édition allemande de l’Histoire d’une âme. Il fut ensuite plus d’une fois chargé par Pie XI de se rendre au Carmel de Thérèse pour présider des fonctions à sa place. Lorsqu’il se rendit à Buenos Aires, en 1934, comme légat pontifical au Congrès eucharistique international, il emporta avec lui une relique de Thérèse à laquelle il avait confié sa mission. Pendant tout son pontificat il resta en contact par lettre avec Sœur Agnès et sœur Céline, les sœurs de Thérèse qui vivaient encore dans le Carmel de Lisieux.

Il déclara sainte Thérèse de Lisieux sainte patronne secondaire de la France, comme Sainte Jeanne d’Arc le 3 mai 1944 (http://www.clerus.org/bibliaclerusonline/pt/clt.htm#bq).

Dans son radiomessage du 11 juillet 1954, , à l’occasion de la consécration de la basilique de Lisieux, le cœur de la “voie de l’enfance spirituelle” indiquée par Thérèse, Pie XII déclarait :

« Fille d’un chrétien admirable, Thérèse a appris sur les genoux de son père les trésors d’indulgence et de compassion qui se cachent dans le cœur du Seigneur! […] Dieu est un Père dont les bras sont constamment ouverts à ses enfants. Pourquoi ne pas répondre à ce geste ? Pourquoi ne pas crier sans trêve vers lui notre immense angoisse ? Il faut faire confiance aux paroles de Thérèse quand elle invite le plus misérable comme le plus parfait à ne faire valoir devant Dieu que la faiblesse radicale et la pauvreté spirituelle d’une créature pécheresse. » (Texte complet : http://www.vatican.va/content/pius-xii/fr/speeches/1954/documents/hf_p-xii_spe_19540711_lisieux.)

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Cette entrée a été publiée le 19 février 2020 par dans Foi Catholique.
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