+†+Yesus Kristus azu+†+

« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

Le Pape Innocent III a-t-il nié sa propre infaillibilité ?

Toutes les preuves de la Papauté : ici

Le Pape Innocent III a nié sa propre infaillibilité ! Tel est un des cris de guerre des adversaires de la Papauté. C’est ce que nous allons voir !

Cette assertion se fonde sur la citation suivante d’Innocent III (1198-1216) :

« J’ai surtout besoin de la foi, parce que je ne relève pour toutes les autres fautes que du tribunal de Dieu ; pour les fautes contre la foi, au contraire, je puis être jugé par l’Église. » (2è sermon pour la consécration du souverain pontife, PL, 217/656)

La question paraît donc réglée… seulement voilà, il s’agit d’une citation tronquée qui dit exactement l’inverse lorsqu’elle est connue dans son entier ! La voici :

« Si moi-même je n’avais pas une foi solide, comment pourrais-je affermir les autres dans la foi ? Et c’est là une des parties principales de mes fonctions, car le Seigneur n’a pas dit à saint Pierre : « J’ai prié pour toi, afin que ta foi ne chancelle pas« , et : « Si tu te convertissais un jour, fortifie alors les tes frères« . Il pria, et il fut exaucé dans tout à cause de son obéissance. La foi du Saint-Siège ne chancela donc jamais dans les temps de troubles mais elle demeura toujours ferme et inébranlable, afin que le privilège de saint Pierre demeurât inviolable. Mais précisément pour cette raison j’ai surtout besoin de la foi, parce que je ne relève pour toutes les autres fautes que du tribunal de Dieu ; pour les fautes contre la foi, au contraire, je puis être jugé par l’Église. J’ai la foi et une foi constante, parce qu’elle est apostolique. » (2è sermon pour la consécration du souverain pontife, PL, 217/656)

La citation dans son intégralité démontre donc par le contexte ce qu’il veut réellement dire. C’est une façon de parler semblable à celle qu’utilise saint Paul, lorsque, pour indiquer que la vérité de l’Evangile est immuable : « Nous l’avons dit précédemment, et je le répète à cette heure, si quelqu’un vous annonce un autre Evangile que celui que vous avez reçu, qu’il soit anathème ! » (Galates I, 9).

En effet le Pape n’envisage pas ce cas comme réellement possible. Il insiste sur le fait que la foi est nécessaire, disant que cette nécessité est telle que, si par impossible le pape s’écartait de la foi, il serait soumis au jugement de l’Eglise. Et étant donner que la chose est impossible, cela signifie que sa foi est à jamais indéfectible de par la promesse du Christ. N’ayant que Dieu pour supérieur, il n’est sous la judicature de personne. Toutefois, la vraie foi étant enseignée par l’Eglise, c’est sur le fondement de cet enseignement que sa foi sera vraie ou fausse. Aussi, alors que tous ces autres actes ne peuvent être appréciés que par Dieu, sa foi peut l’être au regard de l’enseignement de l’Eglise. Mais cela ne signifie nullement que l’Eglise puisse le juger car précisément, il au début de cette citation que sa charge lui donne une foi « solide » donc infaillible, pour assurer sa charge : « Si moi-même je n’avais pas une foi solide, comment pourrais-je affermir les autres dans la foi ? Et c’est là une des parties principales de mes fonctions ». Puis il en donne la raison : la promesse du Christ à saint Pierre et par lui à ses successeurs : « car le Seigneur n’a pas dit à saint Pierre : « J’ai prié pour toi, afin que ta foi ne chancelle pas », et : « Si tu te convertissais un jour, fortifie alors les tes frères ». Il pria, et il fut exaucé dans tout à cause de son obéissance. La foi du Saint-Siège ne chancela donc jamais dans les temps de troubles mais elle demeura toujours ferme et inébranlable, afin que le privilège de saint Pierre demeurât inviolable ». Et après le morceau de phrase controversé, il ajoute encore : « J’ai la foi et une foi constante, parce qu’elle est apostolique ». C’est une profession tonitruante de l’infaillibilité ! Voilà pourquoi cet argument se retourne contre nos adversaires, à moins que, selon eux, le pape Innocent III ait voulu dire que le Christ pût manquer à sa promesse. Mais pourtant, le privilège qu’il a obtenu pour saint Pierre est nécessaire à l’accomplissement de la charge qu’il lui a confiée.

Afin de ne laisser subsister aucun doute sur la pensée authentique de ce pape, nous citerons maintenant un autre texte de lui. Innocent III, après avoir rappelé la promesse à saint Pierre (« J’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point »), fit le commentaire suivant :

« Notre Seigneur insinue évidemment par ces paroles que les successeurs de Pierre ne s’écarteraient en aucun temps de la foi catholique, mais qu’ils y ramèneraient plutôt les autres ; par là, il lui accorde le pouvoir d’affermir les autres, afin de leur imposer l’obligation d’obéir. » (Lettre Apostolicae Sedis primatus à l’évêque de Constantinople, 12 novembre 1199)

Ce passage est capital, car l’expression « en aucun temps » (nullo unquam tempore) rend absolument irréfutable qu’Innocent III croyait en l’infaillibilité perpétuelle du souverain pontife !

Voici de larges extraits de cette Lettre qui montrent bien quelle étaient la vision qu’Innocent III avait de son propre ministère :

« La primauté du Siège apostolique, qui a été établie non pas par un homme mais par Dieu, et de façon plus juste encore par le Dieu homme, est confirmée en vérité par de nombreux témoignages aussi bien des évangiles que des apôtres, d’où ont procédé par la suite les dispositions canoniques qui affirment de façon unanime que la très sainte Eglise consacrée dans le bienheureux Pierre, le prince des apôtres, a la prééminence sur les autres comme leur maîtresse et leur mère. C’est lui en effet… qui a mérité d’entendre : « Tu es Pierre… Je te donnerai les clés du Royaume des cieux » [Matthieu XVI, 18, s].

En effet, bien que le premier fondement de l’Eglise et le principal soit le Fils unique de Dieu Jésus Christ, selon ce que dit l’Apôtre : « Car un fondement a été posé, en dehors duquel aucun autre ne peut être posé, et qui est le Christ Jésus » (I Corinthiens III, 11), Pierre n’en est pas moins le second fondement de l’Eglise et qui vient au deuxième rang et s’il n’est pas non plus le premier dans le temps, par son autorité, il n’en a pas moins la prééminence parmi les autres dont l’apôtre Paul dit : « Vous n’êtes plus des étrangers, ni des émigrés, vous êtes concitoyens des saints et de la famille de Dieu, édifiés sur le fondement des apôtres et des prophètes » [Ephésiens II, 20] […]

Sa primauté, la Vérité elle-même l’a exprimée également par elle-même lorsqu’elle a dit : « Tu seras appelé Cephas » [Jean I, 42] : même si cela est traduit par « Pierre« , il n’en est pas moins présenté comme la « tête » de sorte que, de même que la tête a la prééminence parmi les autres membres du corps, puisque aussi bien c’est en elle que vit la plénitude des sens, de même aussi Pierre excelle parmi les apôtres par l’éminence de sa dignité, et ses successeurs parmi tous ceux qui président aux Eglises, tandis que les autres sont appelés à avoir part à la sollicitude en sorte que rien n’est perdu par eux de la plénitude de leur pouvoir. C’est à lui que le Seigneur a confié le souci de paître ses brebis par une parole répétée par trois fois, de sorte qu’est considéré comme étranger au troupeau du Seigneur celui qui ne veut pas l’avoir aussi pour pasteur en ses successeurs. Il n’a pas distingué en effet entre telles brebis et telles autres, mais il a dit simplement : « Pais mes brebis » [Jean XXI, 15-17], afin qu’on comprenne qu’absolument toutes lui ont été confiées.

[Jn 21,7 est expliqué de façon allégorique] : Etant donné que la mer désigne le monde Ps 104,25… par le fait qu’il s’est jeté à la mer, Pierre a manifesté le privilège du pouvoir singulier du pontife, par lequel il avait assumé le gouvernement de l’univers entier, tandis que les autres apôtres étaient comme contenus dans un navire, puisqu’à aucun d’entre eux l’univers entier n’avait été confié, mais qu’à chacun était assignées des provinces particulières, ou plutôt des Eglises déterminées.

…(Une preuve allégorique analogue est tirée de Mt 14, 28-31 par le fait que Pierre a marché sur les eaux de la mer, il a montré qu’il a reçu le pouvoir sur tous les peuples.

Qu’il ait prié pour lui, le Seigneur le reconnaît lorsqu’il dit au moment de la Passion : « J’ai prié pour toi, Pierre, afin que ta foi ne défaille pas. Et toi. quand tu seras converti, fortifie tes frères » [Luc XXII, 32] ; par là il signifiait manifestement que jamais ses successeurs ne dévieraient de la foi catholique, mais que bien plutôt ils y rappelleraient d’autres et aussi qu’ils confirmeraient les hésitants, et il lui accorda le pouvoir d’en confirmer d’autres par le fait qu’il impose aux autres la nécessité d’obéir. […]

Il lui a dit également… comme tu l’as lu : « Tout ce que tu lieras sur la terre sera lié aussi aux cieux, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié aussi aux cieux » [Matthieu XVI, 19]. Mais si tu trouves que cela a été dit en même temps à tous les apôtres, cela ne l’a pas été aux autres sans lui : mais tu reconnaîtras qu’à lui a été donné par le Seigneur, sans les autres, le pouvoir de lier et de délier, en sorte que ce que le autres ne peuvent pas sans lui, lui-même, du fait du privilège qui lui a été transmis par le Seigneur et de la plénitude du pouvoir qui lui a été accordée, il le peut sans les autres. […]

[Pierre] vit le ciel ouvert et descendre un vase, comme un grand linge qu’on fait descendre du ciel vers la terre. tenu aux quatre coins, et qui contenait tous les quadrupèdes et les serpents de la terre et tous les oiseaux du ciel Ac 10,9-12 … Et une voix lui dit pour la première fois : « Ce que Dieu a rendu pur, ne l’appelle pas immonde. » Par là est manifestement indiqué que Pierre fut établi à la tête de tous les peuples, puisque ce vase signifie l’univers, et tout ce qui y est contenu, la totalité des nations, des juifs aussi bien que des païens. » (DS, 774-775)

Publicités

2 commentaires sur “Le Pape Innocent III a-t-il nié sa propre infaillibilité ?

  1. Pingback: Réponses aux objections historiques contre la primauté et l’infaillibilité du Pape (2) | +†+Yesus Kristus azu+†+

  2. Pingback: Les fondements bibliques de la Papauté (1) : Matthieu XVI, 18 : le Christ fait de Pierre la pierre de fondement de son Église | +†+Yesus Kristus azu+†+

Réagir à l'article

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :