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Les livres des Maccabées font-ils mourir Antiochus Epiphane de trois manières différentes ?

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Extrait de La Sainte Bible vengée des attaques de l’incrédulité Et justifiée de tout reproche de contradiction avec la raison, avec les monuments de l’histoire, des sciences et des arts, etc. par l’abbé Joseph-François Du CLOT de La VORZE, Nouvelle édition augmentée de notes nombreuses et d’une table générale des matières, par M. l’Abbé A. Crampon, chanoine titulaire d’Amiens, Paris, Librairie de Louis Vivès, Editeur, 1875, tome 3, pp. 448-450

« Dans le premier livre des Machabées, disent les incrédules, il est dit [I Mach. VI] qu’Antiochus Epiphane, forcé de lever le siège d’Elymaïde, retourna dans la Babylonie; qu’étant encore en Perse, il apprit que son armée avait été défaite dans la Judée ; qu’il tomba malade de mélancolie et qu’il en mourut. On croit que ce fut à Tabis, ville de Perse. Dans le second livre [II Mach. I, 16],  il est dit au contraire qu’il périt dans le temple de Nanée, qu’il voulait piller; or, ce temple était dans la ville même d’Elymaïde. Enfin on lit [Ibid. IX, 28 ; IX, 7 suiv] qu’Antiochus mourut dans les montagnes, et loin de son pays. Voilà une contradiction formelle entre ces deux livres. »

D’abord il est clair qu’il n’y en a point entre la manière dont la mort d’Antiochus est rapportée au chapitre VI du livre premier, et celle dont elle est racontée au chapitre IX du second. Le premier livre ne dit que deux mots de la fin d’Antiochus, et le second en détaille les circonstances. Tous deux représentent ce prince devenu plus furieux par le mauvais succès de ses armes, précipitant sa marche pour regagner Babylone et revenir en Syrie, arrêté dans sa course par une maladie fâcheuse, dont l’auteur du second livre développe les circonstances et les progrès, que celui du premier n’a point expliqués. Polybe s’accorde avec eux en un point important, sur la fin malheureuse de ce méchant prince : il assure qu’il tomba dans une espèce de délire, et qu’il croyait voir des mauvais génies et des spectres hideux qui lui reprochaient sans cesse les mauvaises actions dont il avait souillé le cours de sa vie.

Quant à la difficulté que fait naître le verset treize du chapitre premier du second livre, il y a une solution très-simple. Ce n’est pas l’auteur de ce livre, mais les Juifs de Jérusalem qui parlent dans la lettre qu’ils écrivaient à ceux d’Egypte. Cette lettre fut écrite immédiatement après la purification du temple, par conséquent à la première nouvelle que l’on reçut en Judée de la mort d’Antiochus. Or, par cette première nouvelle, les Juifs de Jérusalem ne furent pas informés des vraies circonstances de cette mort : on publia d’abord qu’il avait été tué dans le temple de Nanée, à Elymaïde ; mais dans la suite on apprit qu’il était seulement entré dans cette ville, qu’il avait été repoussé par les habitants et forcé de s’enfuir; qu’il était tombé malade dans les montagnes, à Tabis ou ailleurs, et qu’il y était mort. L’auteur de ce second livre le savait très-bien, puisqu’il le rapporte ; mais comme il voulait copier fidèlement la lettre des Juifs, telle qu’elle était, il n’a pas voulu loucher à la manière dont ils racontaient la mort d’Antiochus, en se réservant d’en rapporter plus exactement les circonstances dans la suite de son histoire. Il n’y a donc ici ni contradiction ni méprise de la part de l’historien, mais un témoignage de sa fidélité.

« Le premier livre de cette histoire, ajoute encore Voltaire [Bible expliquée], dit qu’Antiochus mourut l’an 189 de l’ère des Séleucidcs, que les Juifs suivaient comme sujets des rois de Syrie; et dans le second livre, qui est une lettre prétendue écrite de Jérusalem aux hellénistes d’Alexandrie, l’auteur date de l’an des Séleucides 188 : ainsi il parle de la mort d’Antiochus un an avant qu’elle soit arrivée. »

Il y a autant de fautes que de mots dans ce texte. Ce n’est point de l’an 189, mais de l’an 149 que le premier livre des Machabées [Chap. VI] date la mort d’Antiochus. Le second livre, ne marque point la date de la mort de ce prince, qu’il rapporte au chapitre IX. Mais la lettre d’Antiochus Eupator adressée aux Juifs, qui fait mention de cette mort, est datée du 15 du mois Xantique de l’an 148. Quant à la date de 188 [II Mach. I, 10], elle n’a aucun rapport avec le décès d’Antiochus ; elle appartient à la seconde lettre que les Juifs de Jérusalem écrivirent à ceux d’Egypte longtemps après cet événement.

Il est faux que le second livre des Machabées ne soit autre chose que cette lettre. Ce second livre commence par une lettre, sans date, des Juifs de Jérusalem à ceux d’Egypte. Vient ensuite une lettre des Juifs de Jérusalem à Aristobule, datée de l’an 188. Au verset vingtième du second chapitre, commence la préface de l’abréviateur des cinq livres de Jason, et cet abrégé remplit le reste du livre.

Quant à la date de la lettre d’Antiochus Eupator, comparée avec celle de la mort d’Antiochus Epiphane, donnée au premier livre des Machabées, il faut observer que les Juifs de Jérusalem commençaient leur année au mois Nisan, dans lequel arrivait toujours l’équinoxe du printemps; au lieu qu’Antiochus Eupator, les Grecs d’Antioche, et tous les habitants d’Alexandrie et de la Cyrénaïque, ne comptaient encore que l’an 148 ; car le mois Xantique, du quinzième jour duquel est datée la lettre d’Eupator, commençait avec la première nouvelle lune du printemps. Antiochus Epiphano, son père, était mort peu de jours avant l’équinoxe du printemps, lorsque les Juifs de Jérusalem comptaient déjà l’an 149. Antiochus, qui adressa sa lettre aux Juifs dès qu’il en fut instruit, la data de 148, qui n’était pas encore expiré, suivant le calendrier usité dans ses Etats. Il est donc encore faux que le second livre des Machabées ait « parte de la mort d’Antiochus un an avant qu’elle soit arrivée. »

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Cette entrée a été publiée le 8 septembre 2017 par dans Foi Catholique.
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