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« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

Les voyages apostoliques de saint Pierre

Toutes les preuves de la Papauté : ici

lorsque nous affirmons que saint pierre fut le premier évêque de Rome, l’objection suivante apparaît : « i saint Pierre était l’évêque de Rome, pourquoi saint Paul ne le mentionne-t-il pas à la fin de son Epître aux Romains (XVI, 2-16) alors même qu’il s’agit des plus longues salutations de toutes les Epîtres ? Et pourquoi ce dernier écrit-il dans sa IInde Epître à Timothée que « seulement Luc » est avec lui (II Timothée IV, 11) alors qu’il se trouve alors à Rome ? » La réponse est que Pierre, bien qu’évêque n’en demeurait pas moins apôtre et qu’il se consacra aussi à l’évangélisation de très nombreuses autres contrées sans pour autant cesser d’être évêque de Rome. Ces deux Epîtres ont donc sans doutes été écrites à des moments où il ne se trouvait pas à Rome.

Nous vous proposons la descriptions des voyages apostoliques de sait Pierre par l’abbé Stéphane MAISTRE, Histoire complète de saint Pierre, prince des apôtres, de ses prédications, de ses miracles, de ses courses apostoliques et de son glorieux martyre, F. Wattelier et Cie, Libraires, 1870, pp. 367-371).

D’Antioche, S. Pierre retourna en Italie dont il parcourut les diverses Provinces, en y annonçant l’Evangile. C’est ce que rapportent Ëusèbe, Ruflin et d’autres anciens Auteurs. En effet, comme le témoigne Astérius [1] cet Apôtre ayant reçu, de Jésus-Christ la charge de paître et de nourrir son troupeau, il n’a pas langui dans une molle oisiveté. Il n’a pas choisi une vie douce et paisible; il n’a point cherché à éviter les périls. Il a vécu, au contraire, dans la plus grande et la plus continuelle activité ; il a fait de longues et pénibles courses dans toutes les parties de la terre, dans le but d’éclairer les aveugles par le flambeau de l’Evangile, de servir de guide à ceux qui étaient égarés, d’encourager et de faire avancer ceux qui marchaient déjà dans le sentier de la vérité et de la piété, de combattre sans cesse les ennemis de Dieu et de son Eglise, d’exhorter ses soldats, de souffrir toutes sortes de persécutions, d’endurer l’horreur des prisons les plus affreuses ; en un mot, de prêcher Jésus-Christ en tout lieu, parmi tous les travaux et tous les dangers que l’esprit peut imaginer. Il avait déjà envoyé de ses disciples dans toutes les parties de l’Univers, dans l’Orient el dans l’Occident. Il voulut encore y aller lui-même en personne. Après avoir confié à S. Lin [2] et à S. Clet l’administration de son Siège Pontifical de Rome, il partit pour la Grande-Bretagne [3] qu’une conquête récente venait d’ouvrir aux Romains. 11 franchit les Alpes, les Pyrénées, l’Océan, et aborda chez ces peuples belliqueux, barbares, inhumains, adonnés à l’idolâtrie, et il jeta dans leurs coeurs la féconde semence de la foi, qui devait bientôt y produire des fruits abondants.

Lorsqu’il eut soumis au joug de l’Evangile plusieurs de ces hommes inflexibles et féroces, prêts à livrer les plus rudes combats aux Romains, pour repousser le joug dominateur, le Pêcheur traversa l’Océan pour visiter l’Espagne [4], et passer delà en Afrique. Tertullien [5], S. Cyprien [Lettre 45], S. Grégoire [Registre des Lettres, II, 75], Innocent Ier [6], Métaphraste [29 junii] dans Baronius [an. n. 51, 52 ; Sanctorius, archiepisc. Urbin.], témoignent que S. Pierre a donné la foi à l’Afrique, et notamment à Carthage [Et Antiq. Script., ap. Bolland, 29 junii, p. 416.], à la Numidie et à la Mauritanie [Antiq. Scriptor., ap. Boll., 29 junii, p. 416, l. V; et Metaphrast., die 29 junii ; apud Baron., au. 51, n. 3.]. Après avoir parcouru les principaux lieux de ces contrées, de même que les deux Lybies et la Cyrénaïque, après avoir laissé S. Crescent comme évêque de Carthage [7], il arriva en Egypte, à Alexandrie, où il confirma publiquement l’institution de S. Marc, son disciple, comme évêque et administrateur de cette grande ville, se rendit dit de là dans la Thébaïde, institua S. Rufus évêque de Thèbes [7], cité opulente, très-peuplée et très-célèbre par ses cent portes, pénétra ensuite dans le fond de l’Ethiopie, dans les vastes régions de l’Aurore, visurus etiam Memmonis domum et secreta Aurom extremaque AEthiopum [Sanctorius, Archiepisc. Urbin., in vita B. Petri.].

Ce fut alors qu’il eut révélation d’aller à Jérusalem afin d’assister au trépas de la sainte Vierge [Iidem qui supra. Bolland., t. V, 29 junii, p. 416. « Revertitur Jerosolymam, adfuturus in transitu Dei Genitricis Marise, quem per revête lationem didicerat. »]. Les circonstances qui accompagnèrent la présence du Prince des Apôtres, à la mort, à la sépulture et à la résurrection de Marie, sont décrites dans la narration de l’assomption de la glorieuse Mère de Jésus-Christ.

De Jérusalem il revint en Egypte, et passa par l’Afrique, pour retourner à Rome [Ibid., Boll., p. 416, 417.]. Après avoir séjourné quelque temps dans cette ville, et y avoir réglé toutes choses, il parcourut encore les autres Provinces, y institua des évêques et des prêtres, donna, en particulier, S. Barnabé pour évêque à l’Eglise (le Milan ; nous avons dit qu’il avait confié l’église de Lucques à S. Paulin. Il pourvut également au gouvernement spirituel des villes de la Méditerranée. Ce soin des églises demanda beaucoup de temps. Or, pendant qu’il travaillait ainsi au ministère de la prédication, après qu’il eut gagné à Jésus-Christ des peuples innombrables, il reçut un avertissement céleste et l’ange du Seigneur lui dit :

— Pierre, le temps do votre mort et de voire délivrance approche, ils vous faut retourner à Rome ; c’est dans cette ville que vous souffrirez la mort delà croix, el ensuite vous recevrez la couronne de justice.

A ces paroles, S. Pierre glorifia Dieu et lui rendit des actions de grâces. Il acheva, pendant quelques jours, de mettre ordre aux affaires des églises, et revint à Rome vers la onzième année de l’empire de Néron.

________________

[1] hom. 1, Bibtioth. PP., Auct. 1, p. 148.

[2] L’ancien Auteur ecclésiastique cité par Bollaudus, dit que S. Pierre institua évêque son disciple S. Lin, afin de gouverner l’Eglise de Rome pendant son absence. S. Lin fut ordonné, ajoute Bollandus, sous ,le consulat de Saturninus et de Scipion, c’est-à-dire l’an 56, et pendant neuf années de la vie de S. Pierre, il fut sou Vicaire ou son Chorévêque. S. Pierre ordonna également S. Clet, pour être comme S. Lin, son Vicaire ou son Chorévêque. Mais tant que cet Apôtre vécut, il demeura Souverain Pontife de l’Eglise Catholique.

[3] Apud Metaphr., 29 Junii; apud Baron, an. 58, n. 51 ; apud Sanctorium, in Fita B. Pétri, n. 56, et Anliq. Scriptor., ap. Bolland., p. 416; Patricius Junius Biblioth. Jacobi. 1, Angliae regis; Vendelinus, apud Labbe, Conc. 1.1, p. 19.

[4] L’ancien auteur cité plus haut, dit que l’Apôtre, arrivé à Terracine, y prêcha l’Evangile et y établit évêque S. Epaphrodite ; que de là il se rendit à Sirmium (ou selon des Martyrologistes, Sexifirmium), autre ville d’Espagne, où il institua évêque S. Epœnetus, dont le Martyrologe espagnol fait la fête le 15 juillet; qu’après avoir quitté cette ville, il passa en Afrique où il confia le gouvernement de l’Eglise de Carthage à S. Crescent. Il est certain que S. Crcsccnt a prêché dans les Gaules, mais souvent les premiers disciples des Apôtres, après avoir ordonné des prêtres et des évêques on leur place, allaient fonder de nouvelles Eglises. Quant au voyage de S. Pierre dans les Espagnes, il est certifié par la tradition constante et générale de ee pays, et par tous les historiens. Espagnols: Ambroise, Morales, l. 10, c. 14; Pinéda, II° part., Monarchiae, c. 28, § 4 ; Mariète, de Sanctis Hispanise, 1 part., L. 1, c. 13 ; Alphose Chacon, de Summ. Pontif., in Petro ; Romain, l. 1, Reipubl. Christian., c. 3 ; Pujadès, in Historia Catlialoniae, l. 4, c. 9; etc.; Fl. Dexter, in Chron., an. 50. « Petrus, ut Christi vicarius, in Hispanias abiit— » Onuphrius Panvinus, in Chron. Eccl; Lipoman et Surius ; Haraus et Lipelous, in vita V. Petri ; Siméon Métaphraste, in relatione de peregrinationibus Aposl. Péeri et Pauli, ap. Surium, t. III. « Cum non diu, ait, mansisset apud Romanos, et sancto baplismo multos regenerasset, et ecclcsiam constituisset, et Linum episcopum ordinasset, venit Tarraconam ; in qua cum Epaphroditum ordinasset episcopum, venit Sirmium, civitalem Hispanise ; quo in loco cum Epœnclum constituisset episcopum, devenit Carthaginem, civitatem Africœ ; in qua cum Crescentem ordinasset episcopum, venit in Egyptum. Et cum Thebis, quœ septem habet portas, Rufum, Alexandrise autem Marcum Evangelistam eorum episcopos ordinasset…. » Le voyage de S. Pierre en Angleterre est rapporté par un ancien auteur grec qui a écrit de certaminibus, peregrinationibus, vita et morte Petri el Pauli. Le chapelain du comte d’Arundel apporta de la Grèce ce volume de Patricius Junius, bibliothécaire de Jacques Ier, roi de la Grande-Rretagne, et Vendelinus, ont tiré le passage suivant : « Moratus Petrus in Britannia dies aliquot, cum multos illuminassel verbo gratise, ecclesiasque constituisset, postquam episcopos quoque, et presbyteros ac diaconos ordinasset impositis manibus ; Duodecimo «Keronis anno (an 68) iterum Romam rediit; ubi Linum jam niortuum inveniens, Clemenlem loco illius ordinavit. »

[5] Tertullien (vers 155-vers 230), carthaginois : « Parcourez les Eglises apostoliques où les chaires même des apôtres président encore à leur place, où on lit leurs lettres authentiques qui rendent l’écho de leur voix et mettent sous les yeux la figure de chacun d’eux. Êtes-vous tout proche de l’Achaïe : vous avez Corinthe. N’êtes-vous pas loin de la Macédoine : vous avez Philippes ; si vous pouvez aller du côté de l’Asie : vous avez Ephèse ; si vous êtes sur les confins de l’Italie, vous avez Rome, dont l’autorité nous apporte aussi son appui. Heureuse Église ! les apôtres lui ont versé toute leur doctrine avec leur sang. Pierre y subit un supplice semblable à celui du Seigneur. Paul y est couronné d’une mort pareille à celle de Jean (Baptiste). L’apôtre Jean y est plongé dans l’huile bouillante : il en sort indemne et se voit relégué dans une île. Voyons ce qu’elle a appris, ce qu’elle a enseigné. Avec les Églises d’Afrique qui lui sont unies, elle ne connaît qu’un seul Dieu créateur de l’univers » (De la prescription contre les hérétiques, XXXVI, 1-5)

[6] Saint Innocent Ier constate ce fait en ces termes : « Manifestum (est) [il est manifeste que], in omnem Italiam, Gallias, Hispanias, Africain, et Siciliam, Insulasque inlerjacentes, nullum hominum instituisse Ecclesias, nisi eos quos Venerabilis Apostolus Petrus, aut ejus successores constituerunt sacerdotes… Oportet hocsequi, quod Ecclesia Romana custodit, a qua eos principium accepisse, non est dubium : ne dùm peregrinis assertionibus sludent, caput inslilutionum videantur omittere. » (Lettre I, à Decentium)

[7] Voici le texte de S. Grégoire le Grand qui marque que l’Afrique a reçu do S. Pierre; le commencement de son sacerdoce : « Les évêques de « Numidie et de Mauritanie avaient demandé: ut omnes vobis retro temporum consuetudines servarentur, quas à B. Pétri Apostolorum Principis ordinationum initiis hactenus vetustas longa servant. » S. Augustin dit dans le même sens en parlant do S. Pierre : « Ad cujus missa per mundum relia cuni cœterls etiam populus iste (Carthagineusis) pertinuil. » Baronius et d’autres auteurs entendent d’après les textes des pères précités, que l’Afrique, la Lybie Tripolitaine, la Lybie Pentapole ou Cyrénaïque, la Proconsulaire où est Carthage, la Byzacène, la Numidie el la Mauritanie, ont reçu la foi par S. Pierre. Us ajoutent que si S. Paul avait parcouru les divers peuples depuis Jérusalem jusqu’à l’Illyrique, et avait le dessein d’évangéliser encore l’Espagne, à plus forte raison S. Pierre a qui était confiée la direction de toutes les églises du monde, a-t-il dû parcourir la terre pour les fonder et les visiter. Ibid.; La fêle de S. Rufus est placée au 21 novembre. Bolland.

[8] Bolland.; S. Athanase, de fuga, rapporte comme un fait constant, que Dieu fît connaître alors à S. Pierre et à S. Paul qu’ils devaient bientôt souffrir le martyre à Rome. (Dans Tillemont, Mém., 1.1, p. 184). Et 2 Petr., 1, 14.

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