+†+Yesus Kristus azu+†+

« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

Considérations de Bossuet sur l’autorité du Siège Romain

Toutes les preuves de la Papauté : ici

La Chaire Principale de S. Pierre étant fixée à Borne, la foi de S. Pierre est la foi de l’Eglise de Rome, où est te Centre de l’Unité catholique. — RÉFLEXIONS DE BOSSUET.

« Cette parole : Affermis tes frères ; confirma fratres tuos (S. Luc, XXII, 32), n’est pas un commandement qu’il fasse en particulier à S. Pierre ; c’est un office qu’il exige et qu’il institue dans son Eglise à perpétuité. La forme que Jésus-Christ a donné à ses Disciples, qu’il rassemblait autour de lui, est le modèle de l’Eglise Chrétienne jusqu’à la fin des siècles. Dès le moment que Simon fut mis à la tête du Collège Apostolique, qu’il fut appelé Pierre, et que Jésus-Christ le fil le fondement de son Eglise par la foi qu’il y devait annoncer au nom de tous ; dès ce moment il se fit l’établissement, ou, si l’on veut, la désignation d’une primauté dans l’Eglise en la personne de S. Pierre. En disant à ses Apôtres : Je suis avec vous jusqu’à la fin des siècles, il montra que la forme qu’il avait établie parmi eux, passerait à la postérité. Une éternelle succession fut destinée à S. Pierre, comme il en fut aussi destinée une de semblable durée à ses Apôtres. Il y devait toujours avoir un Pierre dans l’Eglise, pour confirmer ses frères dans la foi ; c’était le moyen le plus propre pour établir l’unité de sentiments, que le Sauveur désirait plus que toutes choses ; el celle autorité était d’autant plus nécessaire aux successeurs des Apôtres, que leur foi était moins affermie que celle de leurs auteurs.

En même temps que Jésus-Christ institua cet office dans son Eglise, il lui fallut choisir un siège fixe pour son exercice. Quel Siège lui choisîtes-vous, ô Seigneur ? Et qui pourrait assez admirer votre profonde sagesse ? Ce ne pouvait être Jérusalem, parce que l’heure était venue où, faute d’avoir connu le temps de sa visite, elle allait être livrée aux Gentils. L’heure des Gentils était venue : c’était le temps où ils devaient se ressouvenir du Seigneur leur Dieu, et entrer en foule dans son Temple, c’est-à-dire dans son Eglise. Que fîtes-vous donc, ô Seigneur ? El quel lieu choisîtes-vous pour y établir la Chaire de S. Pierre ? — Rome, la Maîtresse du Monde, la Reine des Nations, et en même temps la Mère de l’idolâtrie, la persécutrice des Saints. C’est elle que vous choisîtes, pour y placer ce siège d’unité, d’où la foi devait être prêchée, comme d’un lieu plus éminent, à toute la terre.

Que vos conseils, d Seigneur, sont admirables, et que vos voies sont profondes ! Votre Eglise devait être principalement établie parmi les Gentils ; et vous choisîtes aussi la ville de Rome, le chef de la Gentililé, pour y établir le siège principal de la Religion Chrétienne. Il y a encore ici un autre secret que vos Saints nous ont manifesté. Dans le dessein que vous aviez de former votre Eglise en la tirant des Gentils, vous aviez préparé de loin l’Empire Romain pour la recevoir. Un si vaste Empire, qui unissait tant de nations, était destiné à faciliter la prédication de votre Evangile et à lui donner un cours plus libre. Il vous appartient, ô Seigneur, de préparer de loin les choses, el de disposer pour les accomplir des moyens aussi doux, qu’il y a de force dans la conduite qui vous fait venir à vos fins. À la vérité, l’Evangile devait encore aller plus loin que les conquêtes Romaines : et il devait être porté aux Nations les plus barbares. Mais enfin l’Empire Romain devait être son siège principal. Ô merveille ! Les Scipions, les Luculles, les Pompées, les Césars, en étendant l’Empire de Rome par leurs conquêtes, préparaient la place an règne de Jésus-Christ, et selon cet admirable conseil, Rome devait être le Chef de l’empire spirituel de Jésus-Christ, comme elle l’était de l’empire temporel des Césars. Rome fut sous ses Césars plus victorieuse et plus conquérante que jamais : elle contraignit les plus grands empires à porter le joug ; en même temps elle ouvrit une large entrée à l’Evangile. Ce qui était reçu à Rome et dans l’empire Romain prenait de là son cours pour passer plus loin. Rome ruina l’Ancien Sanctuaire que le Seigneur établissait parmi les Gentils, c’est-à-dire l’Eglise Chrétienne et Catholique ; et peu à peu Rome devint le chef de ce Nouvel Empire. Pour préparer les voies à ce grand ouvrage, ô Seigneur, vous fîtes dès lors éclater la foi Romaine, et votre Apôtre, S. Paul, écrivit à cette Eglise que sa foi était devenue célèbre par tout l’Univers. (Rom. I, 8). Comme c’était dans cette Eglise que devait principalement éclater la vocation des Gentils, vous inspirâtes à ce même Apôtre, de lui développer le mystère de cette vocation ; et l’Eglise Romaine reçut dès lors la Divine Epître aux Romains, le précieux dépôt do la révélation d’un si grand mystère, où était compris le secret de la Prédestination et de la Grâce. Lorsqu’il fallut consommer l’ouvrage el mettre Rome à la tête de toutes les Eglises chrétiennes, Seigneur, vous y envoyâtes le grand pêcheur d’hommes, je veux dire l’Apôtre S. Pierre, afin de consacrer celte Eglise par son sang, el d’y établir le principal Siège des Chrétiens, où la foi devait être affirmée. Ce fut alors qu’il eut besoin de savoir marcher sur les eaux, de savoir fouler aux pieds les flots soulevés, comme vous le lui aviez appris, et de ne pas craindre lorsqu’il enfoncerait. Car il eut à surmonter toutes les tempêtes que les fausses religions, la fausse sagesse, la violence et la politique du monde excitèrent contre l’Eglise. S. Paul était le Maître des Gentils : mais ce n’était pas à lui qu’était donnée celle Chaire principale : c’était à S. Pierre ; et pour accomplir le dessein de Dieu sur Rome, il fallait que S. Pierre y fixât son Siège. Paul y vint dans le même temps : la direction particulière qu’il avait reçue pour les Gentils, y expira avec lui, ces deux Apôtres scellèrent dans Rome de leur sang le témoignage de Jésus-Christ. En allant au dernier supplice, ils annoncèrent aux Juifs leur dernière désolation, comme un événement qu’on allait voir au premier jour, et confirmèrent par-là la Vocation des Gentils. Les Evoques qui leur succédèrent dans l’Eglise Romaine, qu’ils venaient d’illustrer à jamais par leur martyre, et sanctifier par leur tombeau, recueillirent leur succession : mais la Chaire qu’ils remplirent s’appela La Chaire de Saint Pierre, et non pas la Chaire de Saint Paul : et ils furent nommés successeurs de Pierre, et non pas de Paul. Dès là, Seigneur, vous avez tellement disposé les choses, que les successeurs de Saint Pierre, à qui on donna par excellence le nom de Papes, c’est-à-dire celui de Pères, ont confirmé leurs frères dans la foi ; et la Chaire de Saint Pierre a été la Chaire d’unité, dans laquelle tous les évoques et tous les fidèles, tous les Pasteurs et tous les troupeaux, se sont unis. Que vous rendrons-nous, ô Seigneur, pour toutes les grâces que vous avez faites à votre Eglise par ce Siège ? C’est là que la vraie foi a toujours été confirmée. N’entrons point dans les disputes qui causent des dissensions et non pas l’édification de vos Enfants. Suivons les grands événements el les grands traits de l’Histoire de l’Eglise. Nous verrons l’autorité de ce grand Siège être partout à la tête de la condamnation et de l’extirpation des hérésies. La foi Romaine a toujours été la foi de l’Eglise. La foi de S. Pierre, c’est-à-dire celle qu’il a prêchée et qu’il a laissée en dépôt dans sa chaire el dans son Eglise, qui s’y est toujours inviolablement conservée, a toujours été le fondement de l’Eglise Catholique, el jamais elle ne s’est démentie.

Qu’importe, qu’il y ait peut-être dans cette belle suite deux ou trois endroits fâcheux : la foi de S. Pierre n’a pas défailli, encore qu’elle ait souffert quelque éclipse dans le reniement qui lui a été particulier, et dans l’incrédulité qui lui a été commune avec ses frères les Apôtres. Il en est ainsi de S. Pierre considéré dans ses successeurs : tous ses successeurs sont un seul Pierre. Quelque défaillance qu’on croie remarquer dans quelques-uns, il suffit que la Vérité de l’Evangile soit demeurée dans le total, et qu’aucun dogme erroné n’ait pris racine, ni fait corps dans la succession et la Chaire de S. Pierre. Si bien que la foi Romaine, c’est-à-dire la foi que Pierre a prêchée et établie à Rome, et qu’il a scellée de son sang, n’a jamais péri, et ne périra jamais.

Voilà, Seigneur, le grand secret de cette promesse : Simon, j’ai prié pour toi, que ta foi ne défaille pas : el toi, confirme tes frères ! Nous tenons cette explication de vos Saints, et toute la suite des événements la justifient. 0 Seigneur, qui ne vous louerait, et qui ne serait ravi en admiration, de voir tout l’état de votre Eglise depuis sa première origine, jusqu’à la consommation des siècles, si clairement renfermé, expliqué, prédit, et promis, dans deux lignes de votre Evangile ! Que reste-t-il, ô Seigneur, sinon que nous vous prions do remplir la Chaire de S. Pierre de dignes sujets : de leur ouvrir les yeux pour entendre le grand mystère de Dieu sur le Siège, qu’ils occupent. Faites, Seigneur, qu’à travers la pompe et le faste qui les environnent, ils considèrent le fond qui les soutient ; qu’ils songent toujours que leur vraie gloire est de succéder à un Pêcheur ; que la nacelle où ils sont portés, et dont ils tiennent le gouvernail, serait couverte de flots et abîmée par la tempête, sans les promesses faites à Pierre ; et que devant confirmer leurs frères dans la foi, ils les doivent aussi affermir dans la Règle de la discipline. » (Bossuet, cité in : Abbé Stéphane MAISTRE, Histoire complète de saint Pierre, prince des apôtres, de ses prédications, de ses miracles, de ses courses apostoliques et de son glorieux martyre, F. Wattelier et Cie, Libraires, 1870, pp. 339-343).

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Cette entrée a été publiée le 31 juillet 2017 par dans Catholicisme, Foi Catholique, Papauté, Protestantisme, Vatican, et est taguée , .
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