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« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

Significations des changements de noms dans la Bible

Dans l’Ecriture Sainte, le nom est souvent lié au caractère de celui qui le porte (I Samuel XXV, 25), à sa vocation (Jérémie XX, 3), ou encore à une circonstance survenue dans sa vie (Exode II, 10).

Pour notre enseignement, l’Ecriture nous présente plusieurs personnes qui ont changé de nom. Dans bien des cas, il ne s’agit pas simplement d’une autre appellation ; ce changement correspond à une modification profonde du caractère de leur vie et de leur vocation.

Nous vous suggérons de lire les Homélies sur les changements de noms que la lumière de l’Orient, saint Jean Chrysostome (vers 344-407) écrivit et aujourd’hui classées dans le IVème Tome de es Homélies.

Voici une explication plus succinte de ces différents changements:

Abram – Abraham (Genèse XVII, 5)

Abram signifie « père élevé ». Le terme père désignait déjà cet homme comme le chef de la famille de la foi. Sa descendance est évoquée dès son entrée dans le pays de Canaan, et même avant (Genèse XII, 2 et 7). Dieu en donne plus tard la confirmation au patriarche longuement mis à l’épreuve (XV, 1-6). Dieu lui-même s’engage formellement par une alliance sans demander à Abram de s’engager lui aussi. Le brandon de feu passant entre les pièces des animaux manifeste la fidélité de Dieu et le caractère inconditionnel de ses promesses (v. 17-18).

Appelé à sortir d’un milieu idolâtre, Abram a été élevé dans la proximité de l’Eternel et dans sa communion. Dans l’action de grâce qu’elle adresse à Dieu après la naissance de Samuel, Anne déclare : « Il élève le pauvre, pour les faire asseoir avec les nobles ; et il leur donne en héritage un trône de gloire » (1 Sam. 2 : 8). Et Marie, la mère du Seigneur, dira : « Il a élevé les humbles » (Luc I, 52).

Abram et Saraï utilisent un triste expédient pour réaliser la promesse divine par des moyens humains (Genèse XVI, 1-6). Mais treize ans plus tard, l’Eternel réaffirme qu’il donnera une descendance à Abram, et cela par le moyen de Saraï (XVII, 4, 16). La promesse se précise et le caractère de l’alliance s’en trouvera changé. Le patriarche reçoit alors un nouveau nom : « Abraham », c’est-à-dire « père d’une multitude » (v. 5). Ainsi l’Eternel lie sa promesse au nom même de celui qu’il traite comme son ami. Sa descendance ne se limitera pas au peuple terrestre ; cette « multitude de nations » comporte tous les croyants, quelle que soit leur origine. La foi est le trait de famille qui les unit entre eux et les lie à Abraham, le père de la foi (Luc III, 8; Romains IV, 16).

Saraï – Sara (Genèse XVII, 15)

Le Dieu souverain donne à Saraï un nouveau nom : « Sara », qui signifie « princesse » (Genèse XVII, 15). Il précise à Abraham et à Sara que leur descendance comprendra des rois (v. 6 et 16). Le nom de Sara annonce la venue de Christ, le Messie, le « prince des princes » (Daniel VIII, 25 ; IX, 25). Et ce titre de prince se trouve trois fois dans le Nouveau Testament (Actes III, 15 ; V, 31; Apocalypse I, 5).

Si le nom d’Abraham évoque la multitude, celui de Sara annonce la qualité de Celui qui devait venir comme prince de cette descendance innombrable.

On remarquera que, dans cette même circonstance de Genèse 17, le nom d’Isaac est donné par l’Eternel lui-même, avant même la naissance de l’enfant. Il signifie : « rire » (v. 19). Isaac ne changera pas de nom, mais le rire que son nom évoque changera de caractère : il a été d’abord le rire d’incrédulité d’Abraham (XVII, 17) et celui de Sara que Dieu discerne au fond d’elle-même (XVIII, 12-15). Il est au fait de toute l’incrédulité qui peut habiter nos cœurs. Puis, à la naissance d’Isaac, le rire incrédule de Sara se change en rire de joie et de reconnaissance envers Dieu (21 : 6). L’épître aux Hébreux souligne l’attitude de cette femme de foi (Hébreux XI, 11). En revanche le rire moqueur d’Ismaël est intolérable dans la maison de la foi (XXI, 9-10). Il est incompatible avec le travail que Dieu opère. La servante et son fils doivent être chassés; la servitude de la loi doit céder la place à la grâce (Galates IV, 22-31).

Jacob – Israël (Genèse XXXII, 28)

La vie de Jacob comporte deux parties: la première va de sa naissance jusqu’à Peniel (Genèse XXXII, 30), et la deuxième commence avec le jour nouveau qui se lève alors sur lui, lorsqu’il déclare : « J’ai vu Dieu face à face, et mon âme a été délivrée » (v. 30-31).

Jacob signifie « supplanteur ». Pendant toute la première période de sa vie, sa propre volonté prend les devants ; Jacob cherche à obtenir par ses propres moyens les bénédictions que l’Eternel, dans sa souveraineté, veut lui donner. A Peniel, le combat qui l’oppose à l’Ange dure toute la nuit, jusqu’au lever de l’aurore. Cette nuit est comme le résumé de toute sa vie passée ; elle ressemble à celle où, avec une énergie comparable, Simon Pierre pêchera sans rien prendre (Luc V, 1-11). Quel enseignement pour nous ! Tant d’énergie dépensée, tant de fatigues inutiles dans nos vies, perdues pour l’éternité ! Beaucoup plus tard, Jacob déclarera devant le Pharaon : « Les jours des années de ma vie ont été courts et mauvais » (47, 9).

Dans sa grâce, Dieu brise la propre volonté de Jacob : sa hanche est luxée (v. 25). Il ne nous fera jamais verser une larme inutile ; ce qui paraît être un handicap définitif pour Jacob devient au contraire une bénédiction dans la main de l’Eternel. La deuxième partie de sa vie commence alors. Sa propre volonté brisée, Jacob apprend à se rejeter sur l’Eternel. Un autre combat s’engage avec d’autres armes. C’est celui de la prière : « Il lutta avec Dieu… il pleura et le supplia » (Osée XII, 4-5). Ce combat amène la victoire, et Jacob entend ces paroles : « Tu as lutté avec Dieu… et tu as prévalu » (Genèse XXXII, 28). Il reçoit alors un nouveau nom : « Israël », vainqueur de Dieu. Ce nouveau nom témoigne de la victoire remportée par sa prière et sa supplication. Mais « Israël » signifie aussi prince de Dieu. Ce titre le relie à sa grand-mère Sara (princesse) et par cette dignité de prince, Dieu reconnaît la valeur de ce qu’il a lui-même produit en Jacob. En dépit de bien des faiblesses encore, l’homme « noble » qu’est devenu Israël « se proposera des choses nobles » (Isaïe XXXII, 8). Après les agissements charnels qui ont émaillé sa vie de supplanteur, le prince de Dieu peut voir quelques rayons de la gloire de l’Eternel, en attendant de jouir de sa communion à « Béthel », la maison de Dieu (XXXV, 1).

Joseph – Tsaphnath-Pahnéakh (Genèse 41, 45)

En réponse aux prières de Rachel, un fils lui est donné. Elle l’appelle Joseph, en disant : « Que l’Eternel m’ajoute un autre fils ! » (Genèse XXX, 22-24). Découragée et amère auparavant (XXX, 1), elle montre désormais une foi active : dès la naissance de Joseph, elle désire un autre fils. Dieu l’exaucera et lui donnera Benjamin.

Le sens du nom de Joseph – « qu’il ajoute » – porte déjà nos pensées sur Christ, le « premier-né entre plusieurs frères » (Romains VIII, 29).

Puis Joseph devient chef de l’Egypte et le Pharaon lui donne un nouveau nom : « Tsaphnath-Pahnéakh » (41, 45), c’est-à-dire « révélateur de secrets, sauveur du monde, soutien de la vie ». Chacune de ces expressions nous parle de Christ :

Révélateur de secrets – Si Joseph a expliqué les songes du Pharaon, Christ est la pleine révélation des conseils divins. Plus que cela, il est la pleine manifestation de Dieu lui-même : « Dieu a été manifesté en chair » (I Timothée III, 16).

Sauveur du monde – Après avoir été persécuté par le monde égyptien, Joseph le sauve de la famine. Il est l’image de Celui qui, après avoir été mis sur la croix par un monde hostile, fait proclamer dans ce même monde le message du salut à tous les hommes !

Soutien de la vie – Jésus, le prince de la vie, communique aux siens une vie divine et impérissable. Il a dit : « Moi, je leur donne la vie éternelle ; elles ne périront jamais, et personne ne les arrachera de ma main » (Jean X, 28). Il est, lui, le garant de la vie éternelle qu’il a communiquée aux siens.

Ben-Oni – Benjamin (Genèse XXXV, 18)

En mettant au monde son second fils, Rachel a un accouchement pénible et meurt. La perte de sa femme bien-aimée laissera dans le cœur de Jacob une douleur inoubliable qu’il rappellera avec émotion lorsqu’il adressera ses dernières paroles à Joseph (Genèse 48, 7). En proie à de terribles souffrances, Rachel appelle son fils : « Ben-Oni », c’est-à-dire fils de ma peine. Mais si tragique que soit l’événement, la foi de Jacob triomphe: il appelle l’enfant « Benjamin », fils de ma droite (XXXV, 18).

Ces deux noms sont riches d’enseignements :

– Le premier, « fils de ma peine », évoque les souffrances de Christ. Non seulement celles de la croix, mais aussi celles qui ont accompagné toute sa vie sur la terre depuis sa naissance (Matthieu II, 16-18). Il a été « l’homme de douleurs » (Isaïe 53, 3).

– Mais au-delà des souffrances, le deuxième nom, « fils de ma droite », évoque la position de gloire que le Père lui a donnée : « L’Eternel a dit à mon Seigneur : Assieds-toi à ma droite, jusqu’à ce que je mette tes ennemis pour le marchepied de tes pieds » (Psaumes 110, 1 ; voir aussi Actes II, 33 ; Romains VIII, 34 ; Colossiens III, 1; Hébreux I, 3 ; VIII, 1 ; X, 12 ; XII, 2). Si cette position de gloire « à la droite de Dieu » est la réponse divine à son œuvre à la croix, elle est aussi la place d’autorité d’où il exercera le jugement.

Osée – Josué (Nombres XIII, 17)

Osée signifie : « délivrance ». Avec Caleb et dix autres hommes, ce prince de la tribu d’Ephraïm a été envoyé par Moïse pour reconnaître le pays de Canaan (Nombres XIII, 1-17). Son nom évoque Celui qui nous a délivrés du pouvoir des ténèbres (Colossiens I, 13). Mais le type se précise lorsque Moïse l’appelle « Josué », c’est-à-dire : « L’Eternel est sauveur ». Nous n’avions pas seulement besoin d’une délivrance, mais d’un Sauveur. Les noms de Josué et de Jésus sont des transcriptions du même nom hébreu. Ainsi, dans le Nouveau Testament, ce nom prend tout son sens. Un ange du Seigneur, apparu à Joseph dans un songe, lui dit : « Marie ta femme… enfantera un fils et tu l’appelleras du nom de Jésus, car c’est lui qui sauvera son peuple de leurs péchés » (Matthieu I, 21).

Le terme de sauveur désigne plus qu’une fonction ; c’est un titre que Dieu partage avec son Fils, Jésus Christ. Dieu est « notre Dieu sauveur » (I Timothée II, 3 ; Tite 3 : 4) ; Jésus Christ est « notre Sauveur » (II Timothée I, 10 ; Tite I, 4 ; III, 6 ; II Pierre I, 11 ; III, 18).

Le nom de Josué est donné à Osée au moment où il va reconnaître le pays de la promesse. Notre Sauveur est notre précurseur dans la Canaan céleste. C’est lui qui a ouvert aux siens « les immenses richesses de sa grâce » (Ephésiens II, 7). Toutes leurs bénédictions sont dans les lieux célestes en Christ (I, 3).

Plus tard, le même nom, « Joshua », sera porté par le grand sacrificateur (Aggée I, 1), image de notre « grand souverain sacrificateur » devant Dieu. Josué et Joshua – un prince et un sacrificateur – nous parlent des deux titres de Celui qu’ils représentent : Christ, qui est roi et sacrificateur (Zacharie VI, 13 ; cf. Genèse XIV, 18 ; Hébreux VII, 1-2). Et cette double dignité, il la confère aux siens (I Pierre II, 9 ; Apocalypse I, 6).

Gédéon – Jérubbaal (Juges VI, 32)

Gédéon est appelé « Jérubbaal » – « que Baal plaide » – après avoir détruit l’autel de Baal dans la maison de son père. Il semble que c’est l’entourage de Gédéon qui lui a donné ce nom, en souvenir de sa fidélité pour s’opposer à l’idolâtrie qui avait envahi le pays où seul l’Eternel aurait dû être adoré.

Conduit certainement par Dieu, Joas (le père de Gédéon) dit aux hommes de la ville que ce n’est pas à eux de défendre Baal ; c’est à l’idole de plaider pour elle-même (Juges VI, 31). Bien évidemment, Baal était incapable de se défendre. Par contre, l’Eternel allait sauver son peuple, et il utiliserait pour cela celui dont le nom de Jérubbaal rappelait l’incapacité du faux dieu. L’action de Gédéon allait être un remarquable témoignage à la puissance de l’Eternel.

Naomi – Mara (Ruth I, 20)

Naomi signifie « mes délices ». Les circonstances difficiles que traverse cette femme lui font oublier la place privilégiée que l’Eternel lui avait donnée. Aigrie, elle se nomme elle-même « Mara », c’est-à-dire : « amère ». Nos infidélités et les circonstances de notre vie risquent aussi de nous faire oublier nos privilèges, ou notre position en Christ (Psaumes XVI, 3 ; Ephésiens I, 6). La tendance légale de notre cœur est de mesurer cette position selon notre pauvre réalisation. Naomi fait penser à Jacob qui déclarait : « Toutes ces choses sont contre moi» (Genèse 42, 36). Job ne discernait pas non plus le plan de Dieu lorsqu’il disait : « Oh! si mon chagrin était bien pesé, et si on mettait toute ma calamité dans la balance ! Car maintenant elle pèserait plus que le sable des mers ; c’est pourquoi mes paroles sont outrées » (Job VI, 1-3).

Mais ni Jacob, ni Job, pas plus que Naomi, ne pouvait discerner le but des circonstances qu’ils traversaient. Elles étaient le prélude à une bénédiction divine qu’ils n’auraient pas osé imaginer. La fin du livre de Ruth montre une Naomi silencieuse au milieu des autres femmes qui s’adressent à elle en bénissant l’Eternel (IV, 14-15). Pourquoi parler lorsque les mots sont incapables de traduire le sentiment de la grâce qui inonde le cœur ?

Daniel – Belteshatsar (Daniel I, 7)

Daniel signifie : « Dieu est juge ». Ce nom est instructif. Dieu apprécie avec une balance juste toute notre vie. Le prophète Elie réalisait à qui il avait affaire quand il prononçait la première parole qui nous est rapportée de sa bouche : « L’Eternel… devant qui je me tiens est vivant… » (I Rois XVII, 1). L’apôtre Paul exhorte aussi son enfant Timothée : « Etudie-toi à te présenter à Dieu : approuvé » (II Timothée II, 15). Sachons soumettre toute notre vie à l’appréciation divine.

Mais à Babylone, le prince des eunuques donne à Daniel un autre nom : « Belteshatsar » – « selon le nom de mon dieu », dira Nebucadnetsar (Daniel IV, 8). La référence n’est plus le Dieu d’Israël ; c’est l’une des idoles dont le monde est rempli. Ce changement de nom est révélateur. Le monde cherche à imprimer son caractère sur les croyants, aujourd’hui comme autrefois. L’expression : « le chef de l’autorité de l’air » (Ephésiens II, 2) est très significative à cet égard. Ne devons-nous pas souvent confesser à Dieu : « D’autres seigneurs que toi ont dominé sur nous » (Isaïe XXVI, 13). Mais notre Seigneur pouvait dire en parlant du chef du monde : « Il n’a rien en moi » (Jean XIV, 30).

Malgré ce nom idolâtre auquel il n’a pas pu se dérober, Daniel restera fidèle et continuera à se tenir devant son Dieu. Gardons-nous du monde, nous aussi, pour qu’il ne règne pas sur nos cœurs.

Simon – Pierre (Jean I, 43; Matthieu XVI, 18)

André, le frère de Simon, faisait partie de ceux qui avaient suivi Jésus. Il dit à son frère : « Nous avons trouvé le Messie » (Jean I, 41), puis il le conduit auprès de Jésus. Après avoir regardé Simon, le Seigneur change son nom : « Tu seras appelé Céphas (ce qui se traduit par : Pierre) » (v. 42). Pierre était destiné à devenir la pierre de fondement que le Christ place pour édifier son Eglise: il est l’élément de stabilité perpétuelle; cette vocation est confirmée par le Seigneur lui-même en Matthieu XVI, 17-18. En lire plus à ce sujet en cliquant ici.

Jacques et Jean – Boanergès (Marc III, 17)

« Boanergès » est le nom que Jésus donne à Jacques et à Jean, les deux fils de Zébédée (Marc III, 17). Ce nom signifie : « fils de tonnerre ». Il peut paraître surprenant qu’il ait été attribué à Jean, que la Parole présente plutôt comme un disciple plein de douceur. Il est très probable que ce nom est en relation avec l’attitude de ces deux disciples lorsque le Seigneur, allant à Jérusalem, n’a pas été reçu dans un village de Samaritains (Luc IX, 51-56). Imitant la conduite du prophète Elie, Jacques et Jean sont prêts à faire descendre le feu du ciel sur ces villageois inhospitaliers. Mais l’heure du jugement n’était pas encore venue.

Le premier feu qui descend du ciel, dans l’histoire d’Elie (I Rois XVIII, 38), correspondait bien à la venue du Seigneur en grâce. En effet, au Carmel, le feu est tombé sur le sacrifice, en épargnant le peuple pourtant coupable. Ainsi Jésus allait à Jérusalem pour être la victime sur laquelle tomberait le jugement divin. Cependant, Jésus n’était pas « venu appeler des justes, mais des pécheurs » (Matthieu IX, 13). « Car Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde afin qu’il juge le monde, mais afin que le monde soit sauvé par lui » (Jean III, 17). Les deux disciples n’avaient pas saisi cela. Et ils ont voulu imiter la conduite d’Elie, lorsqu’il a appelé le jugement de Dieu sur les messagers d’un roi impie (II Rois I, 10 et 12).

« Vous ne savez pas de quel esprit vous êtes animés » (Luc IX, 55), leur dit le Seigneur. Ce n’était pas l’esprit de l’Agneau de Dieu venant s’offrir en sacrifice.

Joseph – Barnabas (Actes IV, 36)

A l’époque des évangiles et des Actes, le nom de Joseph était courant ; nous trouvons ainsi Joseph, le mari de Marie, mère de Jésus (Matthieu I, 19), Joseph d’Arimathée (Matthieu XXVII, 57), Joses, qui semble en être le diminutif grec (Matthieu XIII, 55). Mais ce qui est moins courant, c’est que quelqu’un s’appelant Joseph reçoive des apôtres un nom aussi beau que celui de « Barnabas », ce qui veut dire : « fils de consolation » (Actes IV, 36). Heureux témoignage rendu au service de ce disciple exercé par les besoins des croyants ! Il vend sa terre et en apporte la valeur aux apôtres. Quelle consolation pour les nécessiteux !

Le rôle de consolateur de Barnabas se manifeste particulièrement en Actes IX, 27. Les disciples ont des difficultés à comprendre la mesure de la grâce dont Saul de Tarse a été l’objet. Le persécuteur est devenu un frère… cela leur paraît inconcevable ! Mais Barnabas va chercher Saul et l’amène aux apôtres. Il raconte comment la grâce a cherché un ennemi pour en faire un disciple.

Nos cœurs peuvent être étroits et peu enclins à reconnaître la grâce lorsqu’elle se manifeste. Ne doutons pas de la puissance de Dieu, ni de la surabondance de sa grâce (II Corinthiens IX, 14).

Saul – Paul (Actes XIII, 9)

A l’origine, Saul de Tarse porte le même nom que le premier roi d’Israël : « Saül ». L’un et l’autre étaient Benjaminites (I Samuel IX, 1 ; Philippiens III, 5). Saül, le roi selon le cœur de l’homme, était grand et dépassait en stature tout le peuple (I Samuel IX, 2). Saul de Tarse était grand dans le judaïsme : « Je faisais des progrès dans le judaïsme plus que beaucoup de ceux de mon âge dans ma nation, étant extrêmement zélé pour les traditions de mes pères » (Galates I, 14). Si les fils d’Israël admiraient la grandeur et la beauté physique du roi Saül, les coreligionnaires de Saul de Tarse pouvaient être impressionnés par la stature religieuse du disciple de Gamaliel (Actes XXII, 3). Mais le roi Saül restera le roi selon la chair que l’Eternel mettra de côté : « Je t’ai donné un roi dans ma colère, et je l’ai ôté dans ma fureur » (Osée XIII, 11).

Quel contraste avec Saul de Tarse ! La grâce souveraine de Dieu en fait un « vase d’élection » pour son service, un instrument pour porter le nom du Seigneur « devant les nations, les rois et les fils d’Israël » (Actes IX? 15). Comment pourrait-il garder son nom de Saul de Tarse, alors que plus rien dans sa vie ne sera comme avant ? Au début du service du grand apôtre des nations, l’Ecriture dit avec une grande sobriété : « Saul, qui est aussi appelé Paul, rempli de l’Esprit… » (Actes XIII, 9). Or Paul signifie « petit ». Devant la grandeur de son Seigneur, le grand Juif considéré prend sa place dans la modestie, la petitesse et l’humilité. Il n’y a rien qui puisse nous mettre autant de côté que de contempler la grandeur et la majesté de notre Seigneur. Paul renonce à toute grandeur religieuse et accepte joyeusement d’être petit au service d’un Dieu infiniment

Nous pourrions donner encore d’autres exemple de noms non pas changés, mais reçus pour signifier une fonction , une dignité ou une vocation: Noé (Genèse V, 28), Jaebets (I Chroniques IV, 10), Salomon-Jedidja (II Samuel XII, 24 et 25), Eliakim-Joakim (II Rois XXIII, 34) ou encore Jésus qui veut dire Saveur (Matthieu I, 20-23) !

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Cette entrée a été publiée le 2 mars 2017 par dans Etudes bibliques, Foi Catholique, et est taguée .
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