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« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

Le concile de Constance a-t-il nié l’infaillibilité du Pape ?


Toutes les preuves de la Papauté : ici

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De nombreux auteurs antipapalistes, tels les gallicans, ou antipapistes tout court tes les protestants, citent souvent des canons du concile de Constance (1414-1418), qui est reconnu par l’Église catholique et du concile de Bâle (1432-1439), qui ne l’est pas.

Voici la teneur de leur argument:

« Au XVe siècle, les canons des conciles de Constance (1415) et de Bâle (1432-39) proclament la subordination des papes aux conciles généraux. Le cardinal Pierre d’Ailly, le théologien Jean Gerson et d’autres docteurs gallicans firent porter par le concile de Constance les deux décrets suivants le 29 mars 1415 :

Le concile de Constance, légitimement assemblé dans le Saint-Esprit, formant un concile oecuménique et représentant l’Eglise militante, tient sa puissance immédiatement de Dieu, et tout le monde y compris le pape est obligé de lui obéir en ce qui concerne la Foi, l’extinction du schisme, et la réforme soit des membres, soit des chefs de l’Eglise.

Toute personne de quelque dignité qu’elle soit, même papale, est tellement obligée d’obéir aux décrets du concile ou de tout autre concile canoniquement assemblé, sur les points que l’on vient de dire, que si elle y résiste opiniâtrement, on pourra la punir selon les lois et les voies de droit.

Ce principe est confirmé par la deuxième session du concile de Bâle qui se tient le 15 février 1432. À la trente-troisième session de ce même concile, le 16 mai 1439, l’archevêque d’Arles secondé par les archevêques de Tours et de Lyon et par le docteur parisien Thomas de Courcelles, firent porter les trois décrets suivants — Ce fut l’évêque de Marseille, Louis de Glandève, qui les prononça :

C’est une vérité de la foi catholique, déclarée par le concile de Constance, et par le présent de Bâle, que la puissance du concile général, est supérieure au pape.

C’est une vérité de la foi catholique que le pape ne peut en aucune façon dissoudre, transférer ni proroger le concile général représentant l’Église universelle, à moins que le concile n’y consente.

On doit regarder comme hérétique quiconque contredit les deux vérités précédentes. »

Ça y est ! Le catholicisme et les prétentions de ses Papes s’effondrent !!! Pas si sûr ! En effet, reprenons les choses dans l’ordre.

D’abord, qu’en est-il du concile de Constance ? Ce concile fut réuni pour mettre fin au triste épisode du Grand schisme d’Occident où deux, puis trois personnages se disputaient le titre de Pape, sans que l’on ait su (et qu’on ne sache d’ailleurs toujours pas) qui était le vrai. C’est ainsi que le concile devait supprimer toutes les ambiguïtés et ne plus faire subsister qu’un seul et vrai Pape.

Analysons l’argument : le premier décret cité du concile de Constance dirait :

« Le concile de Constance, légitimement assemblé dans le Saint-Esprit, formant un concile oecuménique et représentant l’Eglise militante, tient sa puissance immédiatement de Dieu, et tout le monde y compris le pape est obligé de lui obéir en ce qui concerne la Foi, l’extinction du schisme, et la réforme soit des membres, soit des chefs de l’Eglise. »

Cela signifierait que le Pape ne serait pas infaillible… Seulement voilà, cette version très répandue du décret est un faux en écriture ! Et le vrai texte disait :

« Le concile de Constance, légitimement assemblé dans le Saint-Esprit, formant un concile oecuménique et représentant l’Eglise militante, tient sa puissance immédiatement de Dieu, et tout le monde y compris le pape est obligé de lui obéir en ce qui concerne la fin, l’extinction du schisme, et la réforme soit des membres, soit des chefs de l’Eglise. »

En décembre 1865, un prélat découvrit dans les archives de la bibliothèque vaticane les manuscrits originaux de toutes les sessions du concile de Constance. Il remarqua que des faussaires avaient recopié infidèlement les actes originaux: ils avaient remplacé un mot par un autre, en substituant la lettre « d » à la lettre « n ». En changeant à peine une lettre de l’alphabet, ils transformèrent le mot « finem » en « fidem », ce qui donne un sens tout à fait différent. Car le concile de Constance se réunit pour mettre « fin » au schisme, et non pour juger la « foi » du pape (donc soutenir que le concile serait supérieur au Pape).

« Ce synode, légitimement assemblé au nom du Saint-Esprit, formant un concile général représentant l’Église catholique militante, tient immédiatement de Jésus-Christ son pouvoir, auquel toute personne de tout état, de toute dignité, même papale, est tenue d’obéir, en ce qui regarde l’extinction et l’extirpation dudit schisme (obedire tenetur in his quae pertinent ad finem et extirpationem dicti schismatis) » (Concile de Constance, 4e session, 30 mars 1414). FAUSSE version: « est tenue d’obéir en ce qui regarde la foi et l’extirpation dudit schisme ».

Et c’est ce décret falsifié qui fut produit au concile de Bâle le 16 mai 1439 ! Les canons dudit concile sont donc, de par le fait même, absolument nuls et sans valeur puisqu’édictés sur le fondement d’un faux en écriture !

On pourra objecter que c’est un peu facile et qu’on pourrait aussi bien dire que ceux sont les manuscrits du Vatican qui sont falsifiés. À la réalité, il y a un moyen de prouver que c’est la version vaticane qui est la vraie. En effet, ce concile s’occupa entre autres de traiter des hérésies de John Wiclef (vers 1331-1384) et celles de Jean Huss (vers 1370-1415). Les doctrines de chacun de ses deux personnages furent résumées en propositions que le concile condamna. Or, la condamnation de ces deux hérésiarques témoigne que le concile croyait en l’infaillibilité et en la l’universalité de juridiction de l’évêque de Rome. Examinons les propositions condamnées au sujet de la Papauté :

« Si le pape est réprouvé et mauvais et, par conséquent, un membre du diable, personne ne lui a donné le pouvoir sur les fidèles, sauf peut être César. » (8ème proposition de John Wiclef condamnée)

Si le concile condamne l’affirmation que personne n’ait donné au Pape le pouvoir sur les fidèles, sauf peut-être César, cela veut nécessairement dire que le concile affirme parallèlement que c’est le Pape qui a le pouvoir sur les fidèles, et donc que c’est lui le supérieur de toute l’Église visible.

« L’Église romaine est la synagogue de Satan, le pape n’est pas le vicaire proche et immédiat du Christ et des apôtres. » (37ème proposition de John Wiclef condamnée)

 C’est clair comme de l’eau de roche : le concile condamne que le Pape ait d’autre supérieur que le Christ car dans le cas contraire, il ne condamnerait pas l’idée selon laquelle il ne soit pas le vicaire immédiat du Christ. Donc si le concile considère que le Pape est le vicaire immédiat du Christ, c’est qu’il considère que son autorité ne lui est pas donnée par l’Église militante par la voie du concile général et qu’il n’a pas besoin de ce dernier pour être infaillible.

« Il n’est pas nécessaire au salut de croire que l’Église de Rome est supérieure aux autres églises » Et on ajoute : « Cette proposition est erronée si l’on veut nier par là la primauté du souverain pontife sur les autres églises particulières » (41e proposition de John Wiclef condamnée lors de la 8e session, du 4 mai 1415 – Mansi, 27 / 634; ALB, 852-853; Dz. 1191)

Donc le concile de Constance condamne que les choses nécessaires au salut aient existé sans Pape ! Par là, le concile rejoint ce que disait un peu plus d’un siècle auparavant le Pape Boniface VIII :

« nous déclarons, disons et définissons qu’il est absolument nécessaire au salut, pour toute créature humaine, d’être soumise au pontife romain. » (Bulle Unam Sanctam, 18 novembre 1302)

Ce dernier décret qui se passe de commentaire, et qui renforce nos conclusions quant à la proposition condamnée précédente, fut confirmé par le pape Martin V, élu par le concile dans la bulle Inter cunctas, du 22 février 1418.

« Les apôtres et les prêtres fidèles du Christ ont di­rigé fermement l’Église pour les choses nécessaires au salut avant que la fonction de pape ne soit introduite; et ils feraient ainsi jusqu’au jour du jugement en cas de défaillance tout à fait possible du pape » (29ème proposition de Jean Huss condamnée)

Par ailleurs, si il condamne que la défaillance du Pape soit possible, c’est qu’il affirme qu’il est infaillible !

Donc si la version du décret brandie par les ennemis de la Papauté était la vraie, cela signifierait que d’une main le concile aurait enseigné que le Pape est inférieur au concile général et faillible et de l’autre, il aurait condamné qu’on puisse croire de telles choses, ce qui aurait été totalement schizophrène !

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2 commentaires sur “Le concile de Constance a-t-il nié l’infaillibilité du Pape ?

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