+†+Yesus Kristus azu+†+

« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

Saint Augustin: brève présentation du livre I des Confessions

Introduction

« Ainsi, Seigneur, en quelque état que je sois, je suis parfaitement connu de votre divine majesté, et c’est avec fruit néanmoins que je me confesse à elle.[1]»

Même si Augustin ne porte pas, comme les papes Léon et Grégoire, le titre honorifique de « Grand », il est sans conteste le Père de l’Église le plus illustre, celui dont l’influence fut la plus déterminante pour l’Église d’Occident[2]. Ces paroles de Drobner nous permettent déjà d’établir que nous avons affaire à un auteur capital dans la pensée chrétienne. Augustin (354-430) reçoit le baptême à trente et trois ans, avant de produire des œuvres considérables dont l’influence n’est plus à démontrer. Bien qu’il soit auteur d’une œuvre immense, les plus fameuses restent cependant La Cité de Dieu, De la Trinité, et les Confessions. Et c’est cette dernière, spécialement le premier livre, que nous présenterons à travers trois axes principaux : la contextualisation, un résumé du texte étudié et enfin une brève étude de l’être qu’est Dieu et les rapports qu’Il entretient avec l’être humain.

1.     Contextualisation

Les Confessions est une œuvre autobiographique, mais également théologique et philosophique, écrite en latin. Elle est rédigée pendant trois années : de 397 à 400. Lorsqu’Augustin s’engage à les rédiger, il n’a pas encore 45 ans. Mais l’on sait qu’il a reçu le baptême dix années auparavant. Le contexte dans lequel naît l’œuvre est celui des premiers siècles de l’Église (celui des conciles et des défenseurs de la foi orthodoxe). Ainsi, l’œuvre d’Augustin vient après le premier Concile de Constantinople (381). Mais c’est après la mort de saint Ambroise de Milan (avril 397 ap. J.C) que la rédaction des Confessions débute. Concernant le terme « Confessio », Drobner[3] souligne qu’il n’a pas seulement le sens de notre « confession », mais également celui de « reconnaissance » de la grandeur et de la bonté de Dieu. C’est ainsi donc que dans le Sermo Moguntinus 1, 1 sur le Psaume 117, 1, Augustin explique que dans l’Écriture sainte la confession s’exprime de deux manières : l’une dans le sens de son châtiment, l’autre dans le sens de la gloire rendue à Dieu. Malgré ces quelques précisions, il ne faut pas faire fi de l’essentiel : cette œuvre est le résultat d’une véritable introspection. Nous avons ici, avec Augustin, un texte à la fois biographique, mais également une présentation de l’évolution intérieure de son auteur. L’œuvre comporte deux grandes parties. La première allant du livre I au livre IX (connue dès l’année 398), la seconde allant du livre X au livre XIII.

2.     Résumé du livre I

Le premier livre des Confessions est composé de vingt chapitres. Dans le premier chapitre Augustin admire la grandeur de Dieu tout en soulignant la petitesse de l’homme. Dans les chapitres II et III, il montre d’une part que l’homme est en Dieu et inversement ; d’autre part que Dieu est partout et remplit toutes choses. Dans le chapitre IV, c’est l’agir et la toute-puissance de Dieu qui sont soulignés. Lorsque l’homme est perdu, c’est Dieu qui le cherche. Le chapitre V évoque de manière manifeste la prière. Car, Augustin demande à Dieu son amour et lui demande ensuite de le purifier de ses offenses. Dans le chapitre VI, le Père de l’Église nous décrit son enfance. C’est après avoir observé le comportement des enfants du plus jeune âge qu’il déduit quel avait été son comportement lors de cette période. Dans ce même chapitre, il souligne l’éternité et l’immutabilité divines. Au chapitre VII, il montre que « l’esprit des enfants n’est pas innocent »[4] et donc que l’enfance est en proie aux péchés. Dans le chapitre VIII, il montre de quelle sorte il a appris à parler. Dans les chapitres IX et X, l’évêque souligne son amour du jeu, et sa répugnance envers l’étude. D’ailleurs, l’excès d’amour pour le jeu et des fables le rendait paresseux dans ses études. Au chapitre XI, il raconte de quelle manière, dans son enfance, il fut surpris d’une douleur d’estomac et d’un étouffement soudain qu’on croyait qu’il allait rendre l’esprit. C’est ainsi qu’il désira fortement recevoir le baptême de Jésus-Christ. Mais, ce baptême est finalement différé. Dans les chapitres XII et XIII, il nous montre de quelle manière il était contraint d’étudier, et de quelle manière Dieu tourna cette contrainte à son bien. Petit à petit, il se rend compte de la vanité des fables et des fictions qu’il appréciait tant. Dieu est présenté comme « la lumière intérieure de l’esprit ». Dans le chapitre XIV, il montre à quel point il avait en aversion la langue grecque ; une aversion due au fait que c’était une langue étrangère, mais également parce qu’on le forçait à l’apprendre. Alors que d’un autre côté, il avait appris le latin sans qu’on lui obligeât, sans sévérité ni rudesse. Le chapitre XV est une prière à Dieu. Augustin veut se donner entièrement à Dieu, raison pour laquelle il faut relever la phrase suivante : « Seigneur, vous êtes mon Dieu et mon Roi […] Si je sais parler, si je sais lire, si je sais écrire, si je sais compter, que tout cela ne soit employé que pour votre honneur et pour votre gloire »[5]. Le chapitre XVI est une vive opposition vis-à-vis des fables inconvenantes. Dans le chapitre XVII, le Père de l’Église présente de quelle sorte il s’exerçait à imiter les pensées des poètes et à les réciter en public. Nonobstant les acclamations et les applaudissements, tout cela n’était que vanité. Le chapitre XVIII est une plainte. Augustin s’indigne du fait que les hommes préféraient les lois des Grammairiens que les lois et les règles du salut éternel reçues par Dieu. Le chapitre XIX reconnaît qu’en l’enfant, il n’y a point d’innocence. Enfin, par le chapitre XX, dans lequel Augustin rend grâce à Dieu des biens qu’Il lui avait accordés (l’être, la vie, le sentiment…), se clôt le premier livre premier.

3.     Dieu et l’homme dans le livre I des Confessions

C’est par le biais d’une étude hautement approfondie que nous devrions aborder la question du rapport entre Dieu et l’homme chez Augustin. Cependant, à cause de la brièveté de ce travail, nous nous bornerons à l’essentiel.

S’il est une chose qui est obvie en lisant ce premier livre des Confessions, c’est la vision quasi dichotomique du rapport entre Dieu et l’homme que propose Augustin. On est confronté à une grandeur de Dieu sans conteste et infinie face à une petitesse et la misère de l’homme. Cependant, il faut souligner que réduire la pensée du Docteur de l’Église à une telle dichotomie ne serait rien d’autre que la biaiser. En effet, s’il est vrai que Dieu est d’une « grandeur infinie » et que « les plus hautes louanges sont infiniment au-dessous »[6] de Lui, il n’en demeure pas moins qu’Il est également immanent à l’homme. Ainsi, Augustin s’exclame : « Je ne serais donc point, mon Dieu, je ne serais point du tout si vous n’étiez point en moi »[7]. En fait, comme nous l’avons déjà souligné plus haut Dieu est la lumière intérieure de l’esprit – suivant les paroles du Père de l’Église. Dans le chapitre III, le Docteur de l’Église soutient également que Dieu est partout et tout entier en toutes choses, mais qu’il ne peut être contenu tout entier dans les choses. « Toutes les choses mobiles ont dans vous une cause qui ne passe point et est immobile »[8]. Ainsi donc, s’il peut sembler au premier abord qu’il y a une opposition radicale entre Dieu (absolument transcendant et créateur) et l’homme, cela ne saurait rendre parfaitement compte de la vision du Père de l’Église. Car, Dieu est à la fois transcendant, mais aussi près de l’homme. Il est sa lumière, celui qui est la source de l’être de l’homme ; celui qui, nonobstant sa grandeur recherche l’homme lorsque celui-ci est perdu. Augustin peint ainsi un Dieu tout-puissant, mais humble et miséricordieux.

Conclusion

En définitive, on ne saurait dialoguer de toute la pensée de l’évêque d’Hippone en si peu de mots. Mais, ce bref aperçu nous permet de prendre en considération sa pensée qui aura d’ailleurs une influence considérable, notamment à l’époque moderne. Car, soulignons en guise de conclusion que Les Confessions de Rousseau s’inspirent du titre d’Augustin ; Pascal, dans ses Pensées, cite à maintes reprises l’œuvre d’Augustin ; René Descartes[9] lorsqu’il énonce la célèbre formule Cogito ergo sum, « Je pense donc je suis », s’inspire fortement de la formule déjà présente dans La Cité de Dieu (XI, 26) d’Augustin. Tout compte fait, les Confessions d’Augustin fait partie des œuvres capitales et décisives dans la pensée chrétienne ; œuvre respirant d’un tel lyrisme qu’il serait « cruel » de ne pas la recommander aux férus de littérature.


[1] SAINT AUGUSTIN, Confessions, Arnauld d’Andilly (trad.), « Folio classique », Gallimard, 1993, p. 332.
[2] DROBNER R. Hubertus, Les Pères de l’Église. Sept siècles de littérature chrétienne. FEISTHAUER Joseph (trad.), Desclée, 1999, p. 425.
[3] Ibid., p. 445.
[4] SAINT AUGUSTIN, op., cit., p. 38.
[5] Ibid., p. 54.
[6] SAINT AUGUSTIN, op., cit., p. 25.
[7] Ibid., p. 27.
[8] Ibid., p. 34.
[9] DESCARTES René, Discours de  la méthode, présenté par Laurence RENAULT, Flammarion, Paris, 2000. Voir notamment la partie IV. Pp. 65-66.

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