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« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

« Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens » ?

amaury

Une légende… devenue… vérité !

« Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ! » : cette phrase, vous l’avez déjà entendue de la part de non-catholiques prétendant là, faire un travail d’histoire, et étant certains que ce qu’ils disent est vérité. Seulement, lorsque vous leur démontrez qu’ils sont en train de mentir, ils se placent en victimes, refusant donc volontairement la vérité. Or, nous savons que c’est le diable qui est auteur et père du mensonge (Jn VIII, 44) : tous ceux adulent donc le mensonge, l’imitent. La plupart de ces historiens, n’ayant certainement jamais étudié l’histoire de l’Eglise, se contentent et se nourrissent de sites vulgairement anticatholiques qui, par ailleurs, souvent, se basent également sur des ouï-dire déclamés par de prétendus pasteurs, « élus » de Dieu, dans leurs assemblées. Nous consacrons assez de temps sur ce blog pour réfuter ces inepties et mensonges historiques sur l’histoire de l’Eglise.

Revenons donc à « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ! ». Cette phrase, souvent utilisée par les non-catholiques comme une arme pour « démontrer » la cruauté et la barbarie de l’Eglise catholique est très fréquente lors des discussions contre les pourfendeurs. Soumettons la chose à un simple et court examen, pour constater si elle y résiste. Nous reprenons ici un article court et efficace qui démantèle cette légende ! Écoutons :

EXTRAITS DE MANUELS SCOLAIRES

AULARD et DEBIDOUR. (Cours moyen, p. 33.) (Cf. aussi Récits familiers, p. 72.) À Béziers, on demandait au légat comment on pourrait distinguer des hérétiques ceux qui ne l’étaient pas. « Tuez-les tous, dit-il, Dieu reconnaîtra les siens. »

BROSSOLETTE (Cours moyen, p. 22). Image III représente le sac de Béziers avec cette légende : « Les barons du Nord […] se jetèrent sur Béziers, les habitants furent massacrés. Tuez-les tous ! Dieu reconnaîtra les siens, aurait dit un des croisés. » Il y eut 60 000 victimes. La ville fut pillée et brûlée.

CUVET (Cours élémentaire, p. 59) : À Béziers, toute la population fut massacrée.

DEVINAT (Cours moyen, p. 14) : C’est à Béziers qu’eut lieu le premier choc, où les hommes du Nord […] trouvèrent la foule du peuple entassée dans les églises et les prêtres à l’autel ; dans cette foule, il y avait des hérétiques mais aussi de bons chrétiens. Comment distinguer les hérétiques ? On le demanda à un légat du pape ; le légat répondit : « Tuez-les tous ! Dieu saura reconnaître les siens ! » Tout fut tué, hérétiques et catholiques, prêtres et soldats, femmes et enfants ; il ne resta pas âme vivante à Béziers.

GAUTHIER et DESCHAMPS (Cours supérieur, p. 34) : Béziers fut saccagé et 60 000 habitants massacrés.

GUIOT et MANE (Cours supérieur, p. 86) : « Tuez-les tous ! » Ces infortunés sont exterminés en masse.

…………………………………..

On a singulièrement exagéré le nombre des victimes qui furent faites au sac de Béziers. Césaire de Heisterbach, moine allemand, qui racontait ces événements, sans y avoir assisté et plus de soixante ans après la croisade, le porte à cent mille ! Il n’est plus que de soixante mille dans la Philippeis de Guillaume le Breton : mais n’oublions pas que Guillaume le Breton a écrit un poème épique dans lequel les exagérations, les récits mythiques et légendaires sont de règle. Avec le chroniqueur Guillaume de Nangis, plus au courant des méthodes historiques, nous descendons à dix-sept mille ; enfin le légat, Arnaud de Cîteaux, dans sa relation au pape Innocent III, ne parle plus que de quinze mille tués, exactement le quart du total qu’affirment MM. Brossolette, Gauthier et Deschamps, d’après les exagérations fort épiques de Guillaume le Breton.

Quelque réduit qu’il soit, ce chiffre lui-même semble exagéré et inspiré par le désir de souligner auprès du pape le désastre des Albigeois. Le principal massacre eut lieu dans l’église de la Madeleine qui ne pouvait pas contenir plus de deux mille personnes et, à moins de supposer que les vainqueurs se soient égorgés eux-mêmes, on ne peut pas admettre que l’on ait tué dans l’église toutes les personnes qu’elle contenait. Quant à la population qui, d’après MM. Calvet et Devinat, fut massacrée tout entière, elle le fut si peu que, derrière les croisés, la ville se réorganisa comme par le passé et se prépara à de nouvelles résistances. Comment aurait-elle pu le faire, si tous ses habitants avaient été massacrés ?

Quelque réduit que puisse être le nombre des victimes, ce carnage doit nous faire horreur et nous ne saurions l’excuser : il était barbare de tuer ainsi des ennemis vaincus et sans défense. Mais à qui remonte la responsabilité de cet acte ; est-ce à l’Église ? Quel sentiment l’a inspiré ? est-ce le fanatisme religieux ? Nous sommes renseignés sur ce point par un historien de la croisade, Guillaume de Tudèle (Ce même renseignement nous est formé par le meilleur historien de la Croisade, Pierre de Vaux-Cernay, qui vivant dans l’entourage et dans l’intimité de Simon de Montfort, était fort bien au courant des projets et des décisions des chefs de l’expédition).. Il nous dit que ce massacre avait été décidé à l’avance par les seigneurs qui conduisaient l’armée du Nord ; ils voulaient par cette mesure cruelle intimider les populations du Midi qu’ils allaient combattre et hâter leur soumission en leur inspirant la terreur de subir le même sort dans le cas où elles résisteraient. C’est donc un mobile d’ordre militaire et politique qui a inspiré cet acte ; il fut le résultat d’un plan froidement réfléchi, et non l’explosion du fanatisme catholique. Il faut donc incriminer la cruauté des chefs militaires, les nécessités de la guerre et non le sentiment religieux. Le massacre de Béziers fut un fait de guerre comme l’incendie du Palatinat ordonné par Louis XIV.

Quant au mot barbare attribué au légat, Arnaud de Cîteaux, Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens ! il est apocryphe, et aucun historien sérieux n’ose plus le citer. MM. Gauthier et Deschamps, ainsi que Calvet, n’ont pas voulu s’en servir ; Brossolette, qui n’a pu se décider à rejeter entièrement cette arme rouillée, ne l’emploie qu’avec précaution ; il déclare que le légat aurait dit ce mot. Mais MM. Aulard et Debidour, Guiot et Mane, l’affirment, trop heureux d’avoir cette légende à exploiter contre l’Église. M. Auguste Molinier, dont l’anticléricalisme était notoire, a écrit dans ses notes à l’Histoire du Languedoc : « On doit déclarer absolument apocryphe ce mot barbare que la plupart des auteurs ont prêté au légat Arnaud. » Il s’est senti entièrement convaincu par l’étude qu’a écrite sur ce sujet M. Tamisey de Larroque dans les Annales de philosophie chrétienne. Dans cet article, cet érudit conteste absolument l’authenticité de ce mot pour deux raisons : 1° Il n’est rapporté par aucun des témoins oculaires ou des écrivains contemporains dignes de foi. On ne le trouve ni dans Pierre de Vaux-Cernay qui a suivi en personne l’expédition qu’il raconte et, abbé cistercien, vivait dans l’intimité du légat Arnaud, abbé de Cîteaux ; ni dans Guillaume de Puylaurens qui, méridional lui-même, n’a pas manqué de rapporter ce qui était désavantageux aux Croisés ; ni dans Guillaume de Tudèle, ni dans les actes de chancellerie et les chartes. Le seul qui cite ce mot, c’est le moine allemand Césaire de Heisterbach, dont l’œuvre n’a aucune valeur historique, parce qu’elle a été écrite soixante ans après les événements, d’après des racontars et sans la moindre critique. 2° M. Tamisey de Larroque fait ensuite remarquer combien il est étrange de supposer que des soldats, échauffés par le combat et ayant déjà commencé le sac d’une ville, suspendent leur fureur et leur pillage pour demander au prélat une consultation sur l’extension à donner au massacre.

L’argumentation de M. Tamisey de Larroque a été admise non seulement par M. Molinier, mais par tous les historiens qui se respectent ; elle ne traîne plus que chez les auteurs ignorants ou de mauvaise foi.

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Texte extrait de : Jean GUIRAUD, Histoire partiale, Histoire vraie, 1914.

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Que dire de plus ? Encore un mythe protestant qui s’effondre ? Oui ! Nous commençons à nous habituer à ces mensonges historiques !

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5 commentaires sur “« Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens » ?

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  3. Pingback: POUR UNE FOI CATHOLIQUE BÂTIE SUR LE ROC (Mt.7, 25) | documentation.erlande

  4. dupont
    4 novembre 2016

    Dommage que vous n’assumiez pas vos erreurs.

    • Ressources Catholiques
      4 novembre 2016

      Surtout dommage que vous n’ayez pas l’honnêteté d’admettre une preuve quand vous en voyez une.

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