+†+Yesus Kristus azu+†+

« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

Le martyre de la bienheureuse Anuarite

Anuarite 1

La jeune Marie-Clémentine Anwaurite 

Anuarite [Marie-Clémentine Anuarite Nengapeta] est une enfant du pays, fille de la forêt où elle est née et a vécu pendant toute sa jeune vie. Une enfant du pays, née près de Wamba et morte à Isiro, à une centaine de kilomètres de là, à l’âge d’à peine 25 ans.

Anuarite est née le 29 décembre 1939, à Bedegao, un petit village de la forêt à 10 km du centre de Wamba, dans la Province Orientale du Congo-Kinshasa. Sa mère, Isude Julienne, était une femme douce mais tenace qui savait faire face aux difficultés de la vie. Anuarite était sa quatrième fille quand le père, Amisi Batshuru, aurait voulu au moins un garçon. Lui était un homme actif, jovial, aimant le mouvement et la vie en plein air, fier de sa personne et sûr de lui-même. Il était chauffeur de camion et faisait souvent de longs voyages (il était d’ailleurs absent lorsque naquit la petite Anuarite). En 1940, il s’enrôla dans le corps expéditionnaire qui opéra entre autre en Palestine. De là il envoya une lettre à sa femme en l’invitant à recevoir le baptême avec les enfants, qu’elles reçurent le 17 juillet 1943. La maman s’appela Julienne et les filles : Bernadette, Suzanne, Léontine et Alphonsine.

En 1956, à l’âge de 16 ans, elle fait son entrée au probandat de la Congrégation des Sœurs de la Sainte Famille (Jamaa Takatifu). En réalité, trois ans avant, comme sa mère s’opposait à son projet de vie religieuse, la jeune Anuarite s’était hissé, sur un camion qui emmenait les aspirantes, sans avertir qui que ce soit, et s’en fut ainsi à Bafwabaka, où elle demanda son admission. Mise devant le fait accompli, Maman Isude n’eut plus rien à dire. Cette anecdote nous donne un aperçu du caractère bien trempé d’Anuarite, et de sa détermination à suivre le Christ quoi qu’il en coûte.

En 1957 elle est admise au noviciat, sous le nom de Marie-Clémentine. Elle fera sa première profession le 5 août 1959, et renouvellera ses vœux temporaires jusqu’à sa mort.

Anuarite n’était pas spécialement brillante, son intelligence était limitée; mais elle brillait par ses qualités : sa bonne humeur habituelle, sa serviabilité, sa simplicité et sa vivacité. La devise qu’elle a choisie résume sa vie aussi bien spirituelle que communautaire : servir et faire plaisir. Servir Jésus et chercher toujours à lui plaire, mais aussi servir ses Sœurs et leur faire plaisir, et au-delà servir toute personne comme un frère, une sœur en Christ.

Lorsqu’éclate la rébellion des Simbas, en 1964, Anuarite vit avec ses Sœurs au couvent de Bafwabaka. C’est là que les rebelles les trouvent, le 29 novembre, quelques jours seulement après l’assassinat de Mgr Joseph Wittebols et de tous les prêtres belges, à Wamba (26 novembre 1964). Toutes les Sœurs (18 professes, 9 novices et 7 postulantes) sont emmenées à bord d’un camion, soi-disant pour les mettre en lieu sûr, à Wamba. Mais, le lendemain, après la rencontre avec le colonel Ngalo à Vube, le programme change, et le camion prend la route d’Isiro.

Arrivées à Isiro le 30 novembre après 18h, les Sœurs sont emmenées d’abord à la villa où résidaient les chefs rebelles. C’est là que les événements dramatiques se précipitèrent. Le colonel Ngalo, chef des rebelles d’Isiro, avait jeté son dévolu sur Sr. Anuarite, qu’il voulait prendre pour femme [il voulut en fait aussi abuser d’elle]. Après le refus de cette dernière, ce qui le mit en rage. Comme les autres Sœurs avaient été transportées à la Maison Bleue, le colonel Olombe, un autre chef rebelle, y emmena également Anuarite.

Après le repas, il la fit sortir à l’extérieur pour la conduire à Ngalo, mais sans plus de succès. Il voulut présenter à Anuarite les avantages de devenir la femme du grand chef des rebelles, mais elle lui répondit qu’elle était fiancée à Jésus pour qui elle devait se garder entièrement. Dans un accès de colère, il la frappa avec la crosse de son fusil, en plein front. Se redressant, Anuarite s’écria avec joie : « C’est ça que je voulais ! C’est ça que je voulais ! ». Voyant qu’elle avait une force qu’il ne maîtrisait pas (et qu’il imputait à une autre sorcellerie que la sienne), il se mit à la frapper plus violemment avec une colère grandissante. Enfin, Anuarite tomba au sol en lui déclarant : « Je te pardonne parce que tu ne sais pas ce que tu fais ». Pris d’une peur quasi mystique devant ce qu’il croyait être la manifestation d’un fétiche plus puissant, Olombe appela deux gardes du corps à son secours. L’un d’eux avait un long couteau, une baïonnette. Olombe lui ordonna de frapper Anuarite au flanc. Le soldat la transperça plusieurs fois, Anuarite gémit : « Hou ! Hou ! » Pour l’achever, Olombe prit son révolver et tira sur elle; il l’atteignit au bras gauche et lui broya l’humérus.

Olombe entra alors dans la maison ivre de colère et dit aux sœurs : « Je l’ai tuée, comme elle l’a voulu. Venez chercher son corps ». Quatre Sœurs sortirent et transportèrent la Sr Anuarite, qui était dans le coma, dans la chambre qu’on appelle aujourd’hui l’oratoire. C’est là qu’elle rendit son âme à Dieu. C’était le 1er décembre 1964, à 1h05 du matin.

Le cadavre fut enveloppé dans un pagne et transporté jusqu’au cimetière de Dingilipi où on l’enterra à côté de la fosse commune. C’est là qu’on le retrouva lors de la première exhumation, sept mois plus tard, et on put alors lui offrir une sépulture plus digne au cimetière de Kinkole (16 juillet 1965).

Depuis le premier décembre 1978 elle repose dans un caveau de la cathédrale (…)

La Sr Silvana Clerici (Missionnaire Combonienne), infirmière à l’hôpital de Wamba, témoigne de l’attachement d’Anuarite à la Mère du Sauveur :

« La Sr Anuarite aimait beaucoup la Ste Vierge Marie. Nous avions reçu des statuettes de la Vierge, d’une dizaine de centimètres, en provenance d’Italie; comme je savais qu’Anuarite aimait beaucoup Marie, je lui ai donné une de ces statuettes. Je ne peux pas oublier ses yeux brillants de joie, de respect et de politesse quand elle a reçu la statuette dans ses mains. Elle s’est tenue debout en silence, s’exclamant joyeusement : ‘ô ! Quelle très belle Vierge !’. Elle posa la statuette sur son cœur et la contempla longuement. Au moment de se séparer, elle nous remercia grandement et nous promit de toujours garder cette statuette précieusement, en disant : ‘Je la garderai toujours avec moi !’. De fait, pendant leur voyage à Isiro avec les Simba, ses consœurs savaient qu’Anuarite avait emmené avec elle, dans la poche de son jupon, sa belle ‘statuette de la Vierge’. Elle la garda toujours dans sa poche, même lorsque, à Vube, les Simba eurent arraché les chapelets et autres objets pieux aux Sœurs en les menaçant de mort. »

Ainsi, lorsqu’Anuarite est morte, ses consœurs l’ont enveloppée avec sa petite statuette, et c’est avec elle qu’elle fut enterrée. C’est cette même statuette qui permettra l’authentification du corps de la Sr Anuarite lors de la première exhumation, le 16 juillet 1965, au cimetière de Dingilipi, à Isiro (…)

Source : anuarite.org


Elle est morte martyre de la pureté. Elle est béatifiée par le pape Jean Paul II le 15 août 1985. Elle est commémorée le 1e décembre.

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2 commentaires sur “Le martyre de la bienheureuse Anuarite

  1. PGB
    2 avril 2015

    Bonjour,

    J’ai aimé relire cette histoire.
    Merci beaucoup

  2. Lilly
    10 août 2015

    L’intelligence du cœur, beaucoup plus utile que l’autre.
    « Heureux les simples en esprit », moi je l’interprète: ceux qui ont moins d’esprit que d’intelligence du cœur.

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