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« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

La croyance constante en l’Assomption

Dossier sur le culte de Marie : iciL_'Assomption_de_la_Vierge_Marie_par_Murillo

Vous trouverez souvent dans les « chronologies des inventions antiscripturaires de l’Eglise Catholique » que vous brandissent les fondamentalistes protestants, l’affirmation selon laquelle l’Assomption de la Vierge Marie est une invention de 1950.

 

Voici de quoi les réfuter:

 

D’abord, la démonstration biblique de l’Assomption: cliquer ici et ici.

 

Et la preuve que la croyance en l’Assomption est aussi vieille que le Christianisme:

 

Note préalable: l’Assomption n’a pas toujours porté le nom d’«Assomption», mais le fond doctrinal a toujours été le même, c’est pourquoi j’utilise le mot « Assomption » pour des époques où le mot n’existait pas encore. Je précise aussi que j’ai pris le parti de na pas référencer ici les nombreuses œuvres d’art représentant l’Assomption à des dates bien antérieures à 1950.

Dans la Bible

Certaines personnes considèrent qu’il est fantastique que Marie pourrait avoir été miraculeusement élevée au Ciel, en corps et en âme. Cependant, la Bible nous dit qu’Énoch, grand-père de Noé fut miraculeusement transporté pour marcher avec Dieu (Genèse V, 24 ; Hébreux XI, 5) et qu’Elie fut miraculeusement emporté au ciel (II Rois II, 1-11 ou IV Rois II, 1-11 dans la Vulgate). Il y a encore saint Paul qui rapporte qu’un homme fut emporter au Ciel, peut-être avec son corps, lui-même ne le sait pas (II Corinthiens XII, 2-4) : preuve que la chose est possible. Rappelons-nous aussi que ceux les justes qui sortirent de leurs tombeaux lors de la mort de Jésus sur la Croix (Matthieu XXVII, 52-53) montèrent au Ciel avec Jésus lors de son Ascension, même si cela ne nous est pas connu par l’Ecriture Sainte. Aussi, est-ce aberrant de penser que Marie, elle qui est « pleine de grâce » (Luc I, 28), c’est-à-dire sans péché, elle qui se déclara la servante du Seigneur (Luc I, 38), elle qui ordonna de faire tout ce que son Fils commanderait (Jean II, 5), ce qui signifie qu’elle sera la plus grande dans le Royaume des Cieux car « Celui donc qui aura violé un de ces moindres commandements, et appris aux hommes à faire de même, sera le moindre dans le royaume des cieux ; mais celui qui les aura pratiqués et enseignés, sera grand dans le royaume des cieux » (Matthieu V, 19), elle dont cette humilité lui valut d’être « bénie entre les femmes » (Luc I, 42), elle qui est la Mère de Dieu (Luc I, 43), elle qui consentit librement à donner sa chair et son sang et fut donc un instrument nécessaire de la Rédemption, raison pour laquelle toutes les générations la diront bienheureuse (Luc I, 48), ait bénéficié du même privilège que ces autres personnages, tous pécheurs ?

C’est aussi clairement enseigné dans la Bible – et c’est un article de l’ancienne foi chrétienne – que tous les hommes, bons ou mauvais, seront miraculeusement réunis à leurs corps, au jugement final, lors de la résurrection des justes et des réprouvés (I Corinthiens XV). Ainsi, ce n’est aucunement contraire aux réalités bibliques – ça y correspond – que de croire que Marie fut élevée au Ciel, car elle était sans péché : l’Arche Parfaite de Dieu.

Aperçu historique général

Nous suggérons de lire l’étude intitulée La mort et l’Assomption de la Sainte Vierge dans la tradition des cinq premiers siècles du Père Martin JUGIE, publié dans Echos d’Orient :

http://www.persee.fr/doc/rebyz_1146-9447_1926_num_25_141_4540 (Tradition anténicéenne, Eudoxe l’Arien, saint Ephrem le Syrien)

http://www.persee.fr/doc/rebyz_1146-9447_1926_num_25_142_4557 (Saint Grégoire de Nysse, Sévérien de Gabala, les Pères Latins, la position de saint Epiphane)

http://www.persee.fr/doc/rebyz_1146-9447_1926_num_25_143_4573 (Du concile d’Ephèse au IIè concile de Constantinople : Inexistence d’une fête de l’Assomption ou de la Dormition durant cette période, La tradition hiérosolymitaine du Ve siècle et du début du VIe, Autres témoignages patristiques de cette période, Les premiers apocryphes sur la Dormition, Un texte du Pseudo-Denys l’Aréopagite)

Saint Ephrem le Syrien (vers 306-373)

Il évoque le concept selon lequel le corps de Marie serait resté, après son décès, intact – à savoir non atteint par « l’impureté » de la mort. On trouvera plus d’information à son sujet dans le premier volet de l’étude du Père JUGIE.

Saint Épiphane de Salamine (vers 315-403)

« Si la Sainte Vierge était morte et avait été inhumée, sa fin paisible aurait été entourée d’honneurs, la mort l’aurait trouvée pure et sa couronne aurait été virginale… Si elle avait été martyrisée selon ce qui est écrit : « Et votre coeur sera transpercé par un glaive », elle brillerait glorieusement parmi les martyrs et son saint corps aurait été déclaré bienheureux ; car par elle, la lumière est venue dans le monde. » (Panarion, 78, 23).

Par-là, saint Épiphane nous dit que nul n’est capable de fournir une quelconque information sur le corps de Marie car rien de ce qui aurait dû lui arriver en cas de « mort normale » n’a eu lieu.

Lors du concile de Chalcédoine (451)

Juvénal, évêque de Jérusalem, se voit demander lors du concile de Chalcédoine (451) le corps de Marie par le couple impérial, Marcien et Pulchérie. Juvénal répond que Marie est morte entourée de tous les apôtres, sauf saint Thomas, qui est en retard. À son arrivée, quelques jours plus tard, Thomas demande à voir la tombe, mais celle-ci s’avère vide ; les apôtres en déduisent alors qu’elle a été emportée au ciel. Cet épisode nous est rapporté par saint Jean Damascène : Homiliæ I-III in dormitionem B. V. Mariæ, Migne, XCVI, 699-762.

Saint Grégoire de Tours (vers 538-vers 594)

« Les apôtres déposèrent son corps sur un catafalque, le placèrent dans une tombe et le veillèrent dans l’attente du Seigneur. Et voici que le Seigneur se tint debout devant eux ; et le saint corps ayant été élevé, Il ordonna qu’il fût emporté au ciel dans une nuée, où désormais uni à son âme, [Marie] se réjouit avec les élus du Seigneur… » (Les Huit Livres des Miracles, I, 4)

« Mais Marie, la glorieuse Mère du Christ, qui est crue vierge tant avant qu’après qu’elle l’ait porté, a, comme nous l’avons dit plus haut, été translatée au Paradis, au milieu du chant des chœurs angéliques, où le Seigneur l’avait précédée. » (Ibid. I, 8)

Pseudo-Timothée de Jérusalem (VIè-VIIè siècles)

« Par conséquent la Vierge est immortelle jusqu’à ce jour, voyant que celui qui l’avait habitée la transportait dans les régions de son assomption. » (Homélie sur Siméon et Anne)

La datation de ce personnage varie entre 350 au VIIIème siècle ! Ces variations viennent du fait que c’est un personnage des VIè-VIIè siècles que l’auteur réel et à ce jour inconnu affirme être du IVè siècle.

La vraie datation est établie par lePère Martin JUGIE, La mort et l’Assomption de la Sainte Vierge (Citta del Vaticano, 1944), p. 70ff. Cf. B. CAPELLE, Les homilies liturgiques du pretendu Timothee de Jerusalem, in Ephemerides Liturgicae, Vol. 63, 1949, pp. 5-26. L’auteur du message précise que :

« Après une enquête très approfondie et scientifique, l’auteur conclut que Timothée est un auteur inconnu, qui a vécu entre le sixième et le septième siècle » (p. 23).

L’empereur byzantin Maurice Ier (539-602)

Il instaure dans son empire, la fête de la Dormition de la Vierge Marie chaque année à la date du 15 août (et met ainsi fin aux divergences sur la date), semble-t-il pour commémorer l’inauguration d’une église dédiée à la Vierge montée au ciel, le Sépulcre de Marie (M. PICCIRILLO et A. PRODOMO, New Discoveries at the Tomb of the Virgin Mary in Gethsemani, Jérusalem,‎ 1975).

Saint Modeste de Jérusalem (537-634)

« A titre donc de très glorieuse Mère du Christ, le Sauveur notre Dieu, Auteur de la vie et de l’immortalité, elle est vivifiée, dans une incorruptibilité éternelle de son corps, par Celui-là même qui l’a ressuscitée du tombeau et l’a élevée jusqu’à lui, comme lui seul la connaît. » (Encomium in Dormitionem Sanctissimae Dominae Nostrate Deiparae Semperque Virginis Mariae, PG 86-II, 3306, attribué à S. Modeste de Jérusalem, n. 14)

En lire plus sur saint Modeste de Jérusalem : http://www.mariedenazareth.com/tout-sur-marie/marie-remplit-le-monde/terre-sainte/jerusalem-st-modeste-et-lassomption-de-marie/

Theoteknos de Livias (mort en 650)

« Il était convenable […] que le très saint corps de Marie, le corps porteur de Dieu, réceptacle de Dieu, divinisée, incorruptible, illuminée par le grâce divine et pleine de grâce […] Devrait être confié à la terre pendant un moment et élevé au ciel dans la gloire, avec son âme agréable à Dieu. » (Homélie sur l’Assomption)

Saint Germain de Constantinople (mort en 730)

« Va donc à ton lieu de repos, va et souviens-toi de nous pour toujours auprès de ton Fils. Va selon le corps et reste selon l’esprit avec nous tes serfs et tes esclaves. Voici que toute notre espérance repose en toi et que nous avons confiance d’être sauvés par tes prières saintes […] Cela pouvait-il jamais arriver, Très Sainte-Mère de Dieu, que le ciel et la terre se sentent honorés de ta présence, et que toi, avec ton départ, tu laisses les hommes privés de ta protection ? Non. Il est impossible de penser ces choses. En effet, de même que lorsque tu étais dans le monde tu ne te sentais pas étrangère aux réalités du ciel, ainsi, après que tu sois partie de ce monde, tu n’es pas du tout devenue étrangère à la possibilité de communiquer en esprit avec les hommes… Tu n’as pas du tout abandonné ceux auxquels tu as garanti le salut… en effet, ton esprit vit pour l’éternité et ta chair ne subit pas la corruption du sépulcre. Toi, ô Mère, tu es proche de tous et tu protèges chacun et, bien que nos yeux ne puissent pas te voir, nous savons toutefois, ô Très Sainte-Mère, que tu habites parmi nous et que tu es présente selon les manières les plus diverses… Toi (Marie) tu te révèles entièrement, comme il est écrit, dans ta beauté. Ton corps virginal est totalement saint, tout chaste, entièrement une maison de Dieu si bien que, également pour cette raison, il est absolument réfractaire à toute réduction en poussière Celui-ci est immuable, du moment que ce qui était humain en lui a été assumé dans l’incorruptibilité, restant vivant et absolument glorieux, intact et participant à la vie parfaite. En effet, il était impossible que soit gardée dans le sépulcre des morts celle qui était devenue vase de Dieu et temple vivant de la très sainte divinité du Fils unique. D’autre part, nous croyons de manière certaine que tu continues à marcher avec nous. » (Homélie pour la Dormition de la Très Sainte Mère de Dieu, PG 98, coll. 344B-346B, passim)

Pape Théodore Ier (642-649)

La fête est introduite à Rome sous l’influence du pape Théodore et prend le nom d’Assomption.

Saint André de Crète (vers 660-740)

Ce métropolite de Crète parle de l’Assomption de la Vierge dans ses sermons : https://www.mariedenazareth.com/tout-sur-marie/les-grands-temoins-marials/du-vii-siecle-a-1054/st-andre-de-crete-env-660-740/mort-et-assomption-de-la-vierge/

Saint Jean Damascène (vers 676-749)

« Il fallait que Celle qui avait conservé sans tache sa virginité dans l’enfantement, conservât son corps sans corruption même après la mort. Il fallait que Celle qui avait porté le Créateur comme enfant dans son sein, demeurât dans les divins tabernacles. Il fallait que l’Epouse que le Père s’était unie habitât le séjour du ciel. Il fallait que Celle qui avait vu son Fils sur la croix et avait échappé au glaive de douleur en le mettant au monde, l’avait reçu en son sein, le contemplât encore siégeant avec son Père. Il fallait que la Mère de Dieu possédât tout ce qui appartient à son Fils et qu’elle fût honorée par toute créature comme la Mère de Dieu et sa servante. » (Encomium in Dormitionem Dei Genitricis Semperque Virginis Mariae, hom. II, n. 14 ; cf. également ibid., n. 3, PG 96, 741)

Concile de Mayence (813)

La fête de l’Assomption est citée sous ce nom par le Concile de Mayence parmi les fêtes d’obligation dans tout l’empire des francs (Rémy Ceillier, Histoire générale des auteurs sacrés et ecclésiastiques, L. Vivès, 1863, p. 644, § 8).

Saint Théodore Studite (759-826)

Texte adapté de : https://www.persee.fr/doc/rebyz_1146-9447_1926_num_25_144_4588

Son homélie sur la Dormition exprime en termes plus voilés la même doctrine. La Vierge y est appelée un fruit de bénédiction, un ciel terrestre, l’arche de la sainteté préparée par Dieu lui-même, la colombe tout immaculée. Elle est plus sainte que les saints, plus élevée que toute créature. Par elle la mort introduite par Eve a été vaincue (Ό επίγειος ουρανός, tiotnil. in Dormit. Deiparae, ι ; P. G., t. XCIX, col. 720 D. — Ή ΟεΟκατασκεύαστος κιβωτός τοΰ αγιάσματος, col. 721 Α. — Ή πάναγνος περιστερά, col. 721 Β. — ευλογίας γόνος, col. 721 C. «- ‘Αγίων άγιωτέρα, και πάντων υψηλότερα» eol. 72^ C. — – Πάλαι δια τής προμήτορος Εύ’ας 6 θάνατος εΐσελθών έ*οττμοκράτησε* νϋν δέ τη μακαριά θυγατρί αυτής όμιλήσας άποκέκρουσται, εκείθεν έκνικώμενος, όθεν το κράτος εΐσεδεξατο, col. 721 C.).

Sur le mystère final qui a clos l’existence terrestre de Marie, ce second discours est suffisamment explicite. L’objet de la fête byzantine de la Dormition, κοίμηση, ou de l’Assomption, μετάστασης (Saint Théodore emploie à la fois les deux termes de κοίμησις et de μετάστασες, bien qu’ils ne soient pas synonymes), n’est pas déterminé avec la même clarté par les divers orateurs qui en ont parlé. Les uns mettent au premier plan le fait de la mort et les circonstances plus ou moins légendaires qui l’ont accompagnée, tandis qu’ils taisent ou signalent à peine l’élément capital du mystère : la glorification de la Mère de Dieu en corps et en âme et son entrée triomphale au ciel. Les autres, au contraire, insistent avant tout sur l’Assomption proprement dite (II y a aussi une troisième catégorie d’orateurs, peu nombreux il est vrai, qui n’enseignent pas la résurrection de la Vierge, tuais la translation de son corps conservé incorruptible au paradis terrestre jusqu’à la résurrection commune). Théodore appartient plutôt à ce second groupe. Dès le début de sa courte homélie, son regard se fixe sur la Vierge glorieuse s’envolant vers les demeures éternelles et revêtue du manteau de la double incorruptibilité et immortalité : celle de l’âme et celle du corps (Σήμερον ό επίγειος ουρανός, τΰ> της αφθαρσίας πέριβολαίω έλισσόμενος, έξαλλάττεται είς διαμονήν τήν βελτίονα. — Έξαλλάττουσα των λοιπών, είκότως έχεις τοϋ συναμφοτέρου το αφθαρτον. Ibid., ι, 2, col. 720 D, 724 Α). Sans doute, il affirme que Marie est morte) ou plutôt qu’elle s’est endormie d’un doux sommeil. Mais cette dormition lui a apporté une nouvelle vie, κοίυιηιης ζωοφόρος (Col. 724 Α). Elle a été suivie d’une véritable résurrection παλινζωΐα (Συνδεδεταί μου ή γλώττα, to της παλινζωΐας σου μυστήριαν έκδιηγουμένη. Ibid., 5, ■col. 728 C). L’Orateur connaît les légendes qui avaient cours dans le monde byzantin sur les derniers moments de la Vierge. Il ne leur fait que de discrets emprunts : prière de Marie demandant que les apôtres soient présents à son trépas; arrivée miraculeuse de ceux-ci sur les nuées; descente de Jésus lui-même accompagné des chœurs angéliques. Et c’est à peu près tout. Par contre, il invente ingénument une série de douze. Avec un pour chaque apôtre, que les Douze débitent pour répondre à ;la Mère de Dieu, qui leur a adressé la parole (La Vierge est successivement comparée, à l’échelle de Jacob, .au buisson ardent, à la toison de Gédéon, à la cité du grand Roi dont parle le Psalmiste, à la maison d’Ephrata (Mich, ν, 2), à la montagne ombragée d’Habacuc (Habac. III, 3), k la lampe dorée de Zacharie (Zach. III? 9 ; VI,12), au propitiatoire universel dont parle Malachie {Mal. vu), à la nuée légère d’Isaïe (Is, XIX, 1), au livre, des ordonnances du Seigneur signalé·, par Jérémie (Jer. XXV, 13), à la*porte fermée d’Ezéchiel (42, 2), à la montagne d’où a été détachée la pierre angulaire {Dan. 11, 45). Dans son homélie sur la Nativité de la Vierge, Théodore multiplie aussi les Χαpie Les litanies de ce genre rencontrent dans la plupart des homélies mariales des orateurs byzantins).

En fait de légendes sur l’Assomption. Théodore en connaissait une contenant un. détail important, que nous ne trouvons pas dans les récits grecs actuellement publiés. Dans la δ ιΒασκαλ ία χρονική, après avoir parlé du jeûne de la Théotocos, c’est-à-dire de celui qui précède la fête de l’Assomption, il ajoute :

« Et en ce même jour de la sainte Dormition de la tout immaculée Mère de Dieu, s’il tombe un mercredi ou un vendredi, nous nous abstenons de viande ou de laitage, à cause du grand et étonnant prodige qui suivit ce merveilleux sommeil. Nous Usons, en effet, dans les divins, écrits de saint Clément de Rome que les saints apôtres du Sauveur restèrent trois jours entiers auprès du tombeau, jusqu’au moment où un ange du Seigneur vint leur révéler toute la vérité. » (Οί γαρ θεΐοι -τότε τοϋ σωτήρος απόστολοι, ,ώς :ε.ΰρομεν-έν τ.οΐςίΛεέοις ΐσυγγ^άμ.μ«σι Κλή- ·μ8ντος ?τ<9ϋ ‘Ρωμαίου, τρεις -πληρεϊς ημέρας τώ τάφω ,προσψιένοντες^.σαν, ·εως ου ;ύπο θείου αγγέλου το παν έμυήθησαν. Catechesis chronica, 11 ; P. G., t. XQIX,.eol. 1701.C)

Nous ignorons à quel écrit du Pseudo-Clément Théodore fait ici allusion. Ce qui est sûr, c’est que cette apparition d’un ange aux apôtres trois jours après la mort de Marie, pour leur annoncer qu’elle était ressuscitée — car c’est bien de cela qu’il s’agit — n’est mentionnée par aucun des apocryphes connus du Transitus Mariae. On voit, du reste, que cet-épisode est calqué sur le récit évangélique de la résurrection de Notre-Séigneur.

Saint Théodore Studite, né à Constantinople en 759, mort en exil au monastère bithynien de Saint-Tryphon, dans la presqu’île d’Acritas ou de Touzla, le 11 novembre 826, a précédé d’une génération seulement Photius, puisque ce trop célèbre fauteur du schisme oriental avait vu le jour en 820. Il y a donc un intérêt spécial à connaître ce que pensait de la primauté du Pape cet illustre moine du couvent constantinopolitain de Stoudion, qui est, on l’a écrit très justement, « une des figures les plus attachantes de la Byzance impériale et la gloire de l’Église d’Orient au IXe siècle. On a pu dire de lui qu’il fut l’un des derniers catholiques de Constantinople, le dernier peut-être des écrivains ecclésiastiques grecs qui n’aient point connu l’asservissement aux empereurs; que son éloquence atteint parfois à l’éloquence de saint Jean Chrysostome et de Démosthène lui-même »

Aussi sa vision de la Papauté nous est exposée dans l’article La primauté de saint Pierre et du Pape d’après saint Théodore Studite (759-826) par le Père Sévérien SALAVILLE (dans Revue d’Etudes Byzantines, 1914, Numéro 104,  pp. 23-42). Voici le plan de cet article :

I. – La primauté de saint Pierre.

II. – La primauté du Pape.

1° L’épiscopat de saint Pierre à Rome.

2° La primauté du Pape est de droit divin.

3° Universalité de juridiction sur le monde entier.

4° Le pouvoir du Pape est sans appel.

5° Droit de convocation et d’approbation des conciles.

6° L’infaillibilité du Pape.

7° La Papauté centre de l’unité de la foi et de la communion.

Il faut noter que les Orthodoxes, célébrant ce saint le 11 novembre, le chantent comme :

« L’intrépide défenseur de la vérité, la colonne et le soutien de la foi orthodoxe, le guide inspiré de l’orthodoxie, le docteur de la piété, le flambeau de l’univers qui, par ses enseignements, a éclairé tous les fidèles, la lyre du Saint-Esprit, etc. » (Τής αληθείας σφόδρον συνήγογον, στύλον, έδραί’ωμα ορθοδόξου πίστεως. — ‘Ορθοδοξίας οδηγέ, Οεόπνευστε, εύσεβείας διδάσκαλε, της οΐκουμε’νης ό φωστήρ, ταΐς διδαχαΐς σου πάντας έφώτισας, λύροΕ του Πνεύματος. Voir dans les Menées l’office des Vêpres et de l’aurore, au 11 novembre)

Ils épuisent en son honneur la magnificence des titres et des épithètes. Ou ce langage signifie quelque chose, ou ce n’est qu’une phraséologie rhétorique sans substance. Pour un esprit logique il n’est point d’autre alternative. Par les saints qu’elle célèbre, la liturgie grecque est la condamnation la plus expresse qui se puisse imaginer du schisme oriental. Quand on chante saint Jean Chrysostome, saint Léon de Rome, saint Grégoire le Grand, saint Maxime le Confesseur, saint Jean Damascene, saint Théodore Studite et tant d’autres, si l’on connaît leur doctrine et si l’on est conséquent, on ne peut qu’être catholique.

Tradition syriaque du IXè siècle

Au IXème, une tradition qui nous est connue par un manuscrit syriaque rapporte que l’Assomption a lieu à Éphèse, dans la maison connue aujourd’hui comme la « Maison de la Vierge Marie », accompagnée de l’apôtre saint Jean, à qui le Christ, sur la croix, avait confié Marie (Shoemaker, p. 74 et 75.).

Schisme d’Orient (1054)

Le schisme de l’église orthodoxe qui croit en l’Assomption et la fête le 15 août comme l’Eglise catholique. L’église orthodoxe critique le terme « Assomption » mais croit néanmoins à la vérité qu’il recouvre.

Le Mystère d’Elche

Depuis une date incertaine mais  contenue entre le XIIIème et la XVème siècle, à Elche en Espagne, a lieu chaque année une représentation théatrale de l’Assomption de la Vierge dans sa basilique du grandiose Mystère d’Elche.

L’ancienne pratique anglicane

Entre 1530 et 1549 : la fête de l’Assomption est présente dans le calendrier liturgique anglican. Elle sera par le suite supprimée mais le 15 août est resté la fête principale de la Vierge Marie (sans référence à son Assomption).

Le voeu de Louis XIII

En 1637 le roi Louis XIII désirant un héritier consacre la France à la Vierge Marie et demande à ses sujets de faire tous les 15 août une procession (jour de l’Assomption) dans chaque paroisse afin d’avoir un fils. Comme Louis XIV naît l’année suivante, la fête célébrée par le Vœu de Louis XIII (qui place la France sous la protection de Notre-Dame de l’Assomption) prend une importance particulière en France (Naissance du futur « Roi-Soleil »).

Après le dogme de l’Immaculée Conception

A partir de 1854, la proclamation du dogme de l’Immaculée conception entraîne de nombreuses pétitions à Rome pour que soit officiellement défini le dogme de l’Assomption.

« De 1854 à 1945, huit millions de fidèles écriront en ce sens. Il faut y ajouter les pétitions de 1 332 évêques, de 83 000 prêtres, religieuses et religieux. Face à ces demandes répétées, Pie XII demande aux évêques du monde de se prononcer. 90 % des évêques y sont favorables. 10 % des évêques s’interrogent sur l’opportunité d’une telle déclaration » (L’assomption, ou comment la tradition devient dogme).

Définition du dogme

Le 1er novembre 1950, Pie XII institutionnalise la fête mariale qui existe depuis plus de quatorze siècles en proclamant solennellement, infailliblement, le dogme de l’Assomption pour l’Église Catholique : n’ayant commis aucun péché, Marie est directement montée au Paradis, avec son âme et aussi avec son corps car épargnée par le péché originel (dogme de l’Immaculée Conception), rien n’oblige son enveloppe charnelle à attendre la résurrection des corps à la fin des temps:

« En l’autorité de notre Seigneur Jésus-Christ, des bienheureux Apôtres Pierre et Paul, et par notre propre autorité, nous prononçons, déclarons, et définissons comme un dogme divinement révélé que l’Immaculée Mère de Dieu, la Vierge Marie, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre, fut élevée corps et âme à la gloire céleste » (Constitution dogmatique Munificentissimus Deus § 44, 1er novembre 1950).

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5 commentaires sur “La croyance constante en l’Assomption

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  3. michel
    8 août 2015

    Evangile de St Matthieu 1:20 aux dires de l’ange Gabriel « Joseph fils de David ne crains pas de prendre Marie ta femme »… plus loin dans la lecture Matthieu 13:55 pourquoi tant d’insistance « le charpentier? » Joseph le charpentier Marie son épouse et les frères et soeurs de Jésus euh pardon cousins de Jésus,…à en croire que les évangiles ils ne disent que des bêtises… heureusement que certains ont redressé la situation de cette humble jeune fille de Galilée qui s’est dite elle même très humble et qui s’apprêtait à épouser ce brave Joseph le charpentier de Nazareth… après la naissance de Jésus plus de trente années ont passées trente années d’une vie où Marie a levé son regard vers Dieu trente années de difficultées il y avait tout un petit monde autour d’elle, désormais pour elle pour Marie justice est faite, Marie est sinon plus, Marie est l’égale de son fils… »Immaculée Conception « Nouvelle Arche de l’alliance » « nouvelle Eve »… Marie comme son fils fut enlevée au cieux…toute fois la dessus je ne dirais trop rien sinon que ça ne nous regarde pas, les pensées de Dieu sont insondables, et puis dans les saintes écritures quelqu’un enlevé aux cieux ça s’est déjà vu, oui mais j’ose aussi espérer, j’aurais bien voulu que Joseph lui aussi fut enlevé aux cieux, et les cousins? ceux qui étaient avec Marie dans la chambre haute au jour de la première pentecôte…oui bon enfin…Marie fut enlevée aux cieux.. au fait Marie était elle??? avec les apôtres lors de l’institution de l’eucharistie, que nous protestants nous appelons Sainte Scène… vous savez là quand Jésus à dit..év de Matthieu.26:26 pendant le repas, Jésus, ayant pris du pain et prononcé la bénédiction, le rompit et en le donnant aux disciples « il dit » : « Prenez, mangez : ceci est mon corps. »
    27 Puis, ayant pris une coupe et ayant rendu grâce, il la leur donna, en disant : « Buvez-en tous,
    28 car ceci est mon sang, le sang de l’ALLIANCE, versé pour la multitude en rémission des péchés.
    29 Je vous le dis : désormais « je ne boirai plus « DE CE FRUIT DE LA VIGNE », jusqu’au jour où j’en boirai du nouveau, avec vous dans le royaume de mon Père. » il faut ajouter ce qui est dit ailleurs dans un autre evangiles « faites ceci en mémoire de moi »…St Luc 19:22…
    …à Cana en Galilé Jésus changea l’eau en vin,Marie était là, qui d’entres nous n’aurait pas ce jour là aimé êtres présents avec Marie pour goûter ce vin… quel vin merveilleux a été goûté ce jour là… l’eau que Jésus a changé en vin…revenons sur terre…oui parfois les évangiles ne disent que des bêtises heureusement que nous avons eu de grands correcteurs…

  4. Ressources Catholiques
    9 août 2015

    L’Église catholique n’a jamais dit que Marie était supérieure ni même égale à Son divin Fils. C’est une absurdité.

    En second lieu, il est possible que Marie fut présenté lors de la Sainte Cène même si les Évangiles n’en font pas mention. C’est même fort probable.

    Ensuite, les affirmations catholiques sur Marie sont scripturairement fondees:

    – Marie Nouvelle Eve: https://philosophieduchristianisme.wordpress.com/2014/03/20/marie-est-la-nouvelle-eve-17/

    – Marie Arche de la Nouvelle Alliance: https://philosophieduchristianisme.wordpress.com/2014/03/22/le-culte-marial-est-biblique-37-limmaculee-conception-suite-marie-est-larche-de-la-nouvelle-alliance/

    – son Immaculée Conception: https://philosophieduchristianisme.wordpress.com/2014/03/21/limmaculee-conception-est-biblique-27/

    – son Assomption: https://philosophieduchristianisme.wordpress.com/2014/03/24/le-culte-de-marial-est-biblique-57-lassomption-et-la-royaute-de-marie-au-ciel-dans-la-bible/

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