+†+Yesus Kristus azu+†+

« Il n’est pour l’âme aliment plus suave que la connaissance de la vérité » (Lactance)

Pourquoi la messe?

Texte de l’abbé William Most     

Puisque, comme l’Épître aux Hébreux (9:26-28) dit que Jésus s’est offert lui-même une fois pour toutes et qu’ainsi il a gagné toutes les grâces et les pardons, pourquoi avons-nous besoin de la messe ? Et, comment peut-elle être considérée comme un sacrifice lorsque son grand sacrifice a remplacé tous les sacrifices ?

Premièrement, quelques précisions sur le sacrifice en général. Quelquefois, des orateurs prétendent que partout dans le monde, toutes les personnes ont toujours fait des sacrifices et que la signification de ces sacrifices était toujours la même partout. C’est loin de la vérité. Les anthropologues ne diraient pas que tous les peuples ont toujours fait des sacrifices, mais cependant, ils étaient très répandus.

Surtout, il est entièrement certain que dans les diverses parties du monde on ne donnait pas la même signification à leurs sacrifices. À l’époque de Gilgamesh de Mésopotamie, quand le Noé Babylonien, Uta-Napishtim sorti de son arche et a offert le sacrifice, les dieux, qui se recroquevillaient sur les remparts du ciel, par peur de leur déluge, sont descendus et «grouillaient comme des mouches» autour du sacrifice. La raison en était qu’ils n’avaient plus à manger depuis un moment ! Le sacrifice était donc une nourriture des dieux. Une idée très similaire se retrouve parmi les Grecs. Aristophane, lors de sa comédie, “Les Oiseaux”, représente même les oiseaux comme menaçant les dieux ! S’ils ne font pas comme les oiseaux le veulent, les oiseaux mettront fin à leurs sacrifices.

Loin de telles notions puériles, s’érige le concept du sacrifice que l’on trouve dans les Écritures. En Isaïe 29:13, Dieu s’érige contre son peuple qui lui a fait honneur de leurs lèvres tandis que leurs coeurs sont loin de lui. C’était très vrai ! Les anciens Hébreux prenaient vraiment plaisir à la participation rituelle – en leurs rites de sacrifice. Un peuple avec peu d’opportunité de voir les spectacles et peu de variété lors d’une vie ennuyeuse, se réjouissait facilement de cette pompe.

Mais, leurs coeurs étaient loin de Dieu – ils étaient vides. Qu’est-ce qui manquait dans leurs coeurs? La sorte de disposition qui fut trouvé dans le coeur de Jésus lors de son sacrifice, sur lequel Romains 5:19 dit :

«Comme en effet par la désobéissance d’un seul homme la multitude a été constituée pécheresse, ainsi par l’obéissance d’un seul la multitude sera-t-elle constituée juste».

Telle était l’obéissance du nouveau Adam et ce qui donnait de la valeur à Son sacrifice. Sans cette valeur, cela aurait été une tragédie et non pas un sacrifice. Un aspect majeur de Son sacrifice est qu’il était le fondement de l’alliance nouvelle. Sous l’ancienne alliance du Sinaï, Dieu a dit au peuple en Exode 19:5 :

«Maintenant, si vous écoutez ma voix et gardez mon alliance, je vous tiendrai pour mon bien propre parmi tous les peuples, car toute la terre est à moi».

C’est cela, vous recevrez ma faveur à la condition de votre obéissance.

Pareillement, la condition essentielle accomplie par Jésus était la démonstration de Son obéissance jusqu’à la mort. Le jeudi saint, le signe publique qu’il a utilisé pour exprimer son obéissance, a été l’apparente séparation du corps et du sang en deux expèces, comme il dit au Père en paraphrasant : «Père, je connais le commandement que vous m’avez donné. Je vais mourir demain. Très bien, je me donne moi-même à la mort représentée par cette séparation apparente du corps et du sang en deux espèces. J’accepte et j’obéis». Il a fait la promesse cette nuit-là. Le lendemain, il l’a assumée. Puis, en lui-même, l’obéissance demeura la même. En réalité, c’était la continuité de celle du jeudi saint, effectivement depuis sa première entrée dans le monde, lorsqu’il est dit en Hébreux 10:7 :

«Alors, j’ai dit: voici, je viens car c’est de moi qu’il est question dans le rouleau du livre, pour faire, ô Dieu, ta volonté».

Le signe publique du vendredi a été la séparation actualisée du corps et du sang. (Luc 22:19). il avait lors de sa mort, parce que la mort rend permanente les dispositions par lesquelles nous quittons ce monde.

Pourquoi ceci ? Bien que son oeuvre soit perpétuelle, cependant, c’est la volonté du Père que nous soyons sauvés et que soyons sanctifiés, dans la mesure où nous ne sommes pas seulement les membres du Christ, mais comme lui et spécialement comme lui, dans l’obéissance totale. Ce que nous voyons dans le thème «syn christo» de Saint Paul est que nous devrions souffrir avec lui, mourir avec lui, se relever avec lui, monter au trône avec lui.

L’Épître aux Romains 8:17 dit :

«Enfants, et donc héritiers; héritiers de Dieu, et cohéritiers du Christ, puisque nous souffrons avec lui pour être aussi glorifiés avec lui».

Non selon nos propres mérites – aucune créature de par son propre pouvoir ne pourrait établir de revendication face à Dieu– mais nous pouvons partager le droit qu’il a généré (en raison du mérite de Sa revendication pour le Salut) afin de devenir ses membres et comme lui, le centre auquel nous devons conduire notre obéissance est précisément une double consécration, la même qu’il a réalisée le premier le jeudi saint.

Il serait bon pour nous de prendre quelques moments avant chaque messe afin de penser au passé, nous demandant :

«Qu’est-ce que j’ai fait depuis la messe précédente dans l’obéissance ? »

Si j’ai fait le bien, je peux l’offrir à son obéissance, afin que tout puisse se mêler à l’offrande du Christ entier, la tête et ses membres. Si j’ai fait quelque chose de mal, je devrai m’en confesser. À ce moment, je peux voir à l’avance quelle sera la volonté du Père pour moi. Alors, est-ce que je suis prêt à obéir ? Si non, je connais la volonté du Dieu me concernant. Mais si c’est oui, les obéissances passées et futures peuvent se concentrer sur un moment éternel de double consécration.

Par conséquent, la messe est clairement un sacrifice, non pas dans le sens qu’il y a besoin de gagner qu’est-ce qui a été déjà gagné par Lui. Le Père désire que nous soyons les héritiers avec lui, étant comme Lui.

Saint Thomas d’Aquin, dans la Somme théologique I.19.5.c. offre un principe théologique très utile que nous pouvons paraphraser car son latin est très fluide : “Dans son amour du bon ordre, si la volonté de Dieu est qu’une chose soit mise en place pour servir, pourquoi devrait-il en donner une deuxième – même si tout ceci ne lui convient pas. Il ne peut pas changer.” Ainsi, toute la grâce et le pardon sont gagnés une fois pour toutes. Cependant, pour garder l’ordre et pour «accomplir toute justice» (cf. Mt 3:15) en le donnant, ce processus splendide a été conçu par lequel notre union avec lui est un splendide effet pour lequel Saint Augustin a dit, l’Église «apprend à s’offrir elle-même à travers Lui» “ (La Cité de Dieu 10.20).

Comme nous avons vu, un sacrifice devrait comporter deux éléments; les signes extérieurs et les dispositions intérieures. Le signe extérieur de la messe est encore le même comme il l’a lui-même conçu le Jeudi Saint. Ses dispositions intérieures sont les mêmes pour lesquelles il est mort car comme nous avons dit, la mort fait permanente l’attitude de l’âme avec laquelle nous quittons ce monde.

Le signe extérieur est multiplié à la suite de son commandement : «faites cela en mémoire de moi». La disposition intérieure qu’est l’obéissance en Lui est identique. À celle-ci, devrait y être ajoutée notre propre disposition d’obéissance en union avec lui. Par conséquent, la messe est un sacrifice comportant deux éléments, qui sont la répétition du grand sacrifice, depuis le signe extérieur et sa disposition intérieure d’obéissance qui demeurent les mêmes.

Nous apprenons de la plainte de Dieu aux Hébreux qu’ils l’honoraient seulement avec leurs lèvres, alors que leurs coeurs étaient loin de Lui. Nous ne devons pas être satisfaits, comme les hébreux, que par les choses extérieures ou rituelles. La participation publique est bien objectivement, mais ce qui est le plus important, est que nous devons joindre nos coeurs au sien dans l’offrande du Christ entier.

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2 commentaires sur “Pourquoi la messe?

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